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Melnitz de Charles LEWINSKY

Publié le par Hélène

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                                                  ♥ ♥ ♥

L’histoire passionnante d’une famille juive suisse sur plusieurs décennies.

  

L’auteur :

 

Charles LEWINSKY est un écrivain suisse, également metteur en scène et dramaturge.

 

L’histoire :

 

Nous suivons l'histoire de la famille Meijer, famille juive suisse, de 1871 à 1945. Le roman s'ouvre sur Salomon, boucher, sa femme Golda et leurs deux filles Mimi et Hannele, fille adoptive du couple. Les jeunes filles sont en âge de se marier et elles vont user de tous leurs charmes pour séduire ce mystérieux cousin, Janki arrivé un soir à l'improviste. C'est ainsi que s'ouvre cette grande saga passionnante qui balaie la fin du XIXe siècle et la moitié du XXe, avec au centre des décennies la guerre franco-prussienne, la guerre de 14-18, et la Seconde Guerre mondiale. Chacune des parties est basée sur une décennie et par conséquent sur une génération de la famille différente à chaque fois. Les personnages évoluent au fil de l'actualité des époques, observée par l'oncle Melnitz, fantôme qui se charge de les rappeler à l'ordre quand la nécessité se présente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le côté « saga familiale » : à la fois comédie par ses chapitres légers quand il s'agit de mariages ou de naissances, mais aussi drame quand les guerres s'introduisent au cœur de la petite histoire pour la bouleverser.

-          Le fait qu'il s'agisse d'une famille juive qui ressent les évènements du début du siècle, famille juive suisse de surcroît donne un éclairage sur l’Histoire très original

-          Le découpage en décennies fait qu'on ne colle pas entièrement à chaque destin, on retrouve quelquefois le personnage qui était le héros d'une partie des années plus tard, et ce n'est plus lui qui est au centre de l'histoire. Cet aspect gigogne rend le roman passionnant et enrichissant.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La prolifération des personnages au fil des époques peut faire perdre le fil.

 

Premières phrases :

 

" Après sa mort, il revenait. Toujours.

Le dernier jour de la semaine de deuil, lorsque la perte s'était fondue dans le quotidien, que la douleur, il fallait déjà la chercher, telle une piqûre d'insecte hier encore urticante et aujourd'hui devenue à peine perceptible, quand on avait mal au dos à force de rester assis sur les sièges bas imposés aux survivants, pour ces sept jours, par l'antique coutume, il revint, avec le plus grand naturel, pénétra dans la pièce au milieu des autres visiteurs, dont rien en apparence ne le distinguait."

 

Vous aimerez aussi :

 

La saga des émigrants de Vilhelm MOBERG

 

 Melnitz, Charles LEWINSKY, Grasset, septembre 2008, 22.90 euros

POCHE : Melnitz, Charles LEWINSKY, Livre de poche, mai 2010, 9 euros

 

TAGS : Littérature suisse - Famille - Saga - Guerre -Antisémitisme

Publié dans Littérature Europe

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Par-dessus bord de Kenneth COOK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L’histoire émouvante d’un pêcheur qui aimait un peu trop les bateaux…

 

L’auteur :

Kenneth COOK est un écrivain australien décédé en 1987. Par-dessus bord fut publié en 1967, traduit et édité en France en 2007.

 

L’histoire :

Jack Forster, pêcheur dans un petit port australien, secourt le Santa Maria, un thonier appartenant à des Italiens. L’un d’eux se noie accidentellement, aussi les propriétaires du bateau qui leur a porté malheur décident-ils de le vendre. Jack se porte alors acquéreur, même s’il doit se ruiner pour rassembler l’argent nécessaire. Il pense néanmoins qu’il remboursera rapidement ses dettes puisque la saison du thon commence…

 

Ce que j’ai aimé :

-          Le portrait émouvant de cet homme aveuglé par son attirance pour le bateau : il voit danser devant ses yeux optimistes les tonnes de thons qu’il pourrait rapporter et l’argent qu’il gagnerait ainsi. Oubliant toute prudence, il va s’accrocher à ce rêve et le mener jusqu’au bout…

-          Les scènes qui se déroulent en mer, dignes des plus grands écrivains de romans maritimes.

-          La spirale de l’endettement minutieusement décrite.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Les calculs pécuniers très détaillés.

Premières phrases :

« Alors qu’il mouillait une ancre de soixante-quinze kilos, l’Italien s’empêtra la jambe dans la chaîne et plongea directement par-dessus bord : deux « plouf » successifs, un bouillonnement blanc sur l’eau verte, puis rien que l’eau verte. »

Vous aimerez aussi :

Le dernier mousse de Francisco COLOANE

 

Par-dessus bord, Kenneth COOK, Editions Autrement, janvier 2008, 175 p., 14 euros

TAGS : Littérature australienne - Mer- Dettes- Racisme

Publié dans Littérature Océanie

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Les invités de l’île de Vonne Van DER MEER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥  

Des nouvelles au charme doux et cotonneux…

 

L’auteur :

Vonne Van Der MEER est née aux Pays- Bas, elle travaille en tant que metteur en scène mais écrit également des nouvelles.

 

L’histoire :

La Rose des Dunes est une maison située sur une île aux larges des côtes hollandaises. Elle accueille chaque été de nouveaux locataires. Des familles avec des enfants, des personnes seules venues faire le point, des femmes trahies…

Ce que j’ai aimé :

-          Le fil conducteur donné par la maison : les histoires ne sont pas isolées les unes des autres puisque La Rose des Dunes forme un mince lien qui le réunit. C’est une idée originale qui fonctionne bien.

-          L’atmosphère nébuleuse, le calme que communique comme par magie l’environnement, comme si la mer murmurait des réponses secrètes aux êtres qui la questionne.

 

« Ce coup d’éclat éclaira le ciel et, peu après, elle put lui dire qu’il n’avait plus à se racheter de quoi que ce soit. Que ça s’arrangerait, un jour. Que le temps ferait le reste, le temps, le vent et le sel. » (p. 43)

 

« Tandis qu’elle regardait par la fenêtre le ciel qui s’assombrissait, où ne perçaient plus que quelques traînées de lumière, elle eut l’impression que quelqu’un venait derrière elle et posait une main sur sa tête. Regardait par-dessus son épaule et tendait le doigt vers les premières étoiles, vers quelque chose qui était plus vieux que la douleur qu’elle ressentait. » (p.156)

 

-          L’évocation pleine de charme de ces tranches de vie prises sur le vif.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Le charme diffus de ce roman ne laisse percer aucune réticence…

Premières phrases :

« Il est grand temps que je termine. S’ils ont pris le bateau de midi, ils peuvent être ici dans une demi-heure. Ca m’est arrivé une fois : en nage, contente de mon travail, je ferme la maison , glisse la clef sous le paillasson et les découvre là, plantés à côté d’une carriole de plage où trônent bagages et enfants, au bord du sentier de coquillages. »

Vous aimerez aussi :

Une suite existe intitulée Le bateau du soir.

Battements d’ailes de Milena AGUS

La maison dans les dunes, Vonne Van DER MEER, Editions Héloïse d’Ormesson, avril 2005, 284 p., 20 euros

POCHE : Les invités de l’île, Vonne Van DER MEER, 10/18, juin 2007, 300 p., 7.40 euros

TAGS : Littérature néerlandaise - Nouvelles-   Mer-

 

EmiLit n'a pas été enthousiasmée, Papillon davantage.

Publié dans Littérature Europe

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Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps de Koffi KWAHULE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un magnifique chant aux accents jazzy

  

L’auteur :

 

Koffi KWAHULE est un écrivain ivoirien qui a obtenu en 2006 le prix Ahmadou KOUROUMA pour son roman Babyface.  Il a beaucoup écrit pour le théâtre.

  

L’histoire :

 

Le narrateur s’installe dans une chambre de bonne, rue Saint Maur à Paris.  Il y trouve une bande magnétique visiblement laissée là par le précédent locataire qui s’est jeté sous un train. Sur cette bande ce dernier s’adresse à un mystérieux Monsieur Ki et raconte des histoires qui se déroulent dans un village africain, Djimi, village voisin de celui du narrateur lui-même. Il va alors retranscrire les histoires que raconte cet étrange locataire pour essayer d’éclaircir cette coïncidence…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le style : il épouse les rythmes de la rhapsodie, à la fois décousu et unitaire. Chaque personnage a droit à l’improvisation, et si chacun semble rivé dans sa solitude, l’ensemble s’assemble et devient soudain cohérent.

-          Les contes magiques et envoûtants : la sorcellerie tient une place importante et loin d’être tournée en dérision, elle est porteuse d’enseignements philosophiques éclairés :

 

« Les gens croient qu’on meurt parce qu’on est atteint du cancer ou du sida, ou parce qu’on a ceci ou parce qu’on a cela ; on meurt simplement pour la même raison que le soleil brille, que la mer fait des vagues ou que le nouveau-né sourit. On n’a rien fait pour mériter de naître et on ne fera rien pour démériter de mourir. Ne pas tricher avec elle. De toute façon, tôt ou tard, elle aura le dernier mot. Alors que nous coûte-t-il d’être honnêtes avec elle. Ceux qui se suicident sont de mauvais perdants, et on devrait les pendre ! Point à la ligne. » (p. 79)

 

- L’évocation de l’Afrique par ces africains exilés : la nostalgie les émeut et les enserre à la fois :

 

« Comme ça, de but en blanc, un matin un masque entre chez toi, rue Saint-Maur, en plein paris, et te somme de retourner au village au motif que c’est toi que les Anciens et la Confrérie de l’Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale ont choisi pour perpétuer la tradition. Au nom de quel mérite ? Au nom de quel parjure ? Au nom de quoi bon Dieu ? Personne ne sait. C’est ainsi. Ca a toujours été ainsi. Non, mais, où se croient-ils ? C’est fini, ces conneries-là ! » (p. 120)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien…

  

Premières phrases :

  

"Ki, l'autre signe, le premier, ç'a été cela, la mort de l'oncle Koui Gaspard. parce qu'il désirait être à ma place. Je t'en ai encore parlé l'autre jour, mais ces histoires-là, c'est comme une obsession, une bande magnétique qui se déclence toute seule dans ta tête... Mon destin. Par rapport à l'Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale."

  

Vous aimerez aussi :

 

Verre cassé d’Alain MABANCKOU

 

Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le tempsde Koffi KWAHULE, Editions Gallimard, Continents noirs, janvier 2010, 146 p., 16 euros

 

TAGS : Littérature ivoirienne- Emigration-Sorcellerie-Solitude

Publié dans Littérature Afrique

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La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL

Publié le par Hélène

                                            

    ♥ ♥ ♥ ♥

Un roman délirant garantie anti-déprime.

  

L’auteur :

  

Jorn RIEL est un auteur danois qui a vécu de nombreuses années au Groenland. Il en a ramené « Les  Racontars celtiques », suite de fictions brèves mettant en scène des trappeurs du Nord-Est groenlandais.

  

L’histoire :

 

La vierge froide est le premier des recueils de Racontars et nous présentent ces drôles de bonhommes vivant au bout du monde. On y rencontre Valfred « infatigable dormeur », Herbert, William le Noir, Mads Madsen, dans des aventures plus cocasses les unes que les autres…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         L’humour

Ce recueil est un de mes préférés car c’est ici qu’apparaît Emma, femme imaginaire qui deviendra célèbre dans ces contrées dont la femme est absente. Son invention est l’occasion de nombreuses transactions  très drôles. C’est un humour complètement absurde

-         L’optimisme : Ces hommes du bout du monde pourraient sombrer facilement dans une mélancolie dépressive. Mais leur solidarité et leur vivacité d’esprit les aide à garder un optimisme à toute épreuve, optimisme très communicatif, pour le plus grand plaisir du lecteur.

-         La philosophie

Comme l’explique  Herbert à son coq « C’est une station pour âmes sensibles. Ses habitants doivent être capables de réfléchir aux choses et d’en sentir toutes les merveilles. » (p. 30)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien, je suis une fan invétérée…

 

Premières phrases :

 

« L’obscurité de la nuit polaire n’avait pas dérangé Anton. Il avait même accueilli le passage de la lumière à l’obscurité à la manière d’une bénédiction. A mesure que la clarté diminuait, tout s’était ralenti, et la période avant Noël avait été un temps de repos tout juste interrompu par de courtes visites aux pièges et de longues veillées dans la cabane de Valfred. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Un privé à Babylone de Richard BRAUTIGAN

 

La vierge froide et autres racontars, Jorn RIEL, Gaïa, 2000, 196 p., 19 euros

POCHE : La vierge froide et autres racontars, Jorn RIEL, 10/18, sept. 1999, 157 p., 6 euros

TAGS : Littérature danoise- Solitude-Amitié

Publié dans Littérature Europe

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Le goût des pépins de pomme de Katharina HAGENA

Publié le par Hélène

                                                           gout pépins de pomme  

♥ ♥ ♥ ♥

Un joli roman sur le thème du souvenir.

  

L’auteur :

 

Katharina HAGENA est une écrivaine allemande qui signe là son premier roman. Ell est professeure de littérature à l’université d’Hambourg.

 

L’histoire :

 

A la mort de Bertha, ses trois filles Inga, Harriet, Christa, ainsi que sa petite-fille Iris se retrouvent sur les lieux de leur enfance à Bootshaven au nord de l’Allemagne. Iris hérite de la maison familiale et va s’y installer le temps de régler les questions de succession. Ce sera l’occasion d’appeler à elle les souvenirs liés à la maison.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le charme diffus qui se dégage de cette lecture. De subtils entrelacs naissent entre la vie des personnages et la nature créant une atmosphère bucolique et aérienne presque magique.

-          Le thème de la mémoire et du souvenir : Iris rassemble des souvenirs éparpillés aux quatre vents et les offre à cette maison dépositaire de la mémoire familiale. La construction du roman épouse le caractère décousu de ses souvenirs confus et marqué quelquefois du sceau des secrets.

-          La description très fine que fait l’auteur des malades d’Alzheimer. Bertha avait sombré en effet les dernières années dans les affres de cette maladie tentaculaire.

-          L’intrigue liée à la mort de Rosemarie, la cousine d’Iris apporte la juste dose de mystère…

-          Plus prosaïquement, j’ai apprécié la couverture du roman, parfaitement en adéquation avec le récit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les réflexions quelquefois assenées plus que suggérées en une suite de question sans fin. Le texte pose de lui-même ces questions sur la mémoire et le souvenir, nul besoin d’en rajouter.

-          La bluette sentimentale. Etait-elle bien nécessaire ?

 

Premières phrases :

 

« Tante Anna est morte à seize ans d’une pneumonie qui n’a pas guéri parce que la malade avait le cœur brisé et qu’on ne connaissait pas encore la pénicilline. La mort survint un jour de juillet, en fin d’après-midi. Et l’instant d’après, quand Bertha, la sœur cadette d’Anna, se précipita en larmes dans le jardin, elle constata qu’avec le dernier souffle rauque d’Anna toutes les groseilles étaient devenues blanches. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les cinq quartiers de l’orange de Joanne HARRIS

 

Merci à Julia GALLET des Editions Anne Carrière pour cette belle découverte.

 

Le goût des pépins de pommes, Katharina HAGENA, Editions Anne Carrière, janvier 2010, 19.50 euros

 

TAGS : Littérature allemande - Famille- Femmes

 

D'autres avis chez Aifelle, Mango, Sylde.

Publié dans Littérature Europe

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Battements d’ailes de Milena AGUS

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Sans magie, la vie a un goût d’épouvante. »

 

L’auteur :

Milena AGUS est une écrivain sarde qui a publié son premier roman en 2005. Mal de pierres paru en 2006 connut un beau succès.

L’histoire :

Madame tient une maison d’hôtes en Sardaigne. La narratrice, une jeune fille de 14 ans lui rend souvent visite, elles sont en effet voisines. La jeune fille décrit dans son journal avec beaucoup de tendresse son environnement, cette Madame à la forte personnalité, son grand-père qui la défend souvent, ou encore son père qui s’est enfui criblé de dettes et dont l’esprit revient quelquefois, comme un battement d’ailes.

Ce que j’ai aimé :

-          La magie qui court dans les pages comme dans la vie des personnages car :

« Sans magie, la vie a un goût d’épouvante. » (p. 26)

-          La galerie de personnages cocasses : Madame si fleur bleue dans ses relations amoureuses, le grand-père si drôle qui s’ennuie quand tout va bien, les amants de Madame, souvent ingrats, la tante spécialiste de Leibniz, le fils du voisin, trompettiste de jazz, ou encore la maman des voisins, une croyante à la philosophie très simple.

-          L’humour transparaissant en filigrane dans les propos des personnages :

« Mais la grand-mère des voisins est un être humain important parce que avec son cerveau plus petit qu’un petit pois, elle est la preuve ontologique de l’existence de Dieu. Comment pourrait-elle en effet, alors qu’elle manque autant de cervelle, marcher, parler, exprimer des pensées et éprouver des sentiments si l’âme n’existe pas ? Donc l’âme existe. Donc Dieu existe. » (p. 82)

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

Premières phrases :

« Notre position est 39°9’ au nord de l’équateur et 9°34’de l’est du méridien de Greenwich. Ici, le ciel est transparent, la mer couleur saphir et lapis-lazuli, les falaises de granit or et argent, la végétation riche d’odeurs. »

Vous aimerez aussi :

  Les invités de l'île de Vonne VAN DER MEER

 

Battements d’ailes, Milena AGUS, Liana Levi, Février 2008, 153 p., 15 euros

POCHE : Battements d’ailes, Milena AGUS, Piccolo de Liana Levi, mai 2009, 153 p., 7 euros 

 

TAGS : Littérature italienne - Famille -Femmes

 

Vous le trouverez aussi chez Papillon, EmiLie, Clara, Leiloona.

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La rose du cimarron de James Lee BURKE

Publié le par Hélène

                                           rose du cimarron  

♥ ♥ ♥

Un très bon roman policier aux allures de western. 

 

L’auteur :



James Lee BURKE est un écrivain américain spécialisé dans les romans policiers. Il est surtout connu pour ses romans mettant en scène le héros Dave Robicheaux, comme dans le roman Dans la brume électrique avec les morts confédérés adapté en 2008 sur grand écran par Bertrand TAVERNIER.

 

L’histoire :

La rose du cimarron inaugure une nouvelle série dont le héros n’est plus Dave, mais l’avocat Billy Bob Holland. Celui-ci est un ancien ranger hanté par la mort de son ami L. Q. Navarro qu’il a abattu accidentellement lors d’une traque impliquant des trafiquants de drogues.

Quand son fils illégitime Lucas  est accusé du meurtre de sa petite amie Roseanne, il décide d’assurer sa défense, au risque de se heurter à son passé.

 

 Ce que j’ai aimé :

-       L’atmosphère de violence latente subtilement rendue, comme léguée en héritage par les générations précédentes.

-       Les plages de beauté et d’amour que le héros essaie de s’octroyer dans ce monde violent : ses parties de pêche avec le petit Pete, sa relation amoureuse avec la belle Mary Beth, l’entretien de son cheval Beau…

-       Le personnage de Billy Bob est touchant. Il est d’un côté doté d’une foi en la vie, ainsi il n’hésite pas à se lancer dans des relations qui peuvent mettre en péril la vie de ceux qu’ils côtoient, mais d’un autre côté il sait que cette violence omniprésente dans sa vie est aussi en lui.  Il est capable du meilleur comme du pire. L. Q. Navarro dont le fantôme lui rend visite régulièrement agit comme sa conscience, leurs discussions l’aidant à retourner sur le droit chemin.

-       L’évocation de l’histoire du grand-père de Billy Bob livrée apporte un intérêt supplémentaire au roman : il raconte dans ses carnets sa relation avec La rose du cimarron, une jeune femme appartenant au gang des Dalton.

 

Ce que j’ai moins aimé :

-       A bien y réfléchir, je ne vois rien à redire.

 

Premières phrases :

« Mon arrière grand-père était Sam Morgan Holland, un conducteur de  bestiaux qui menait des troupeaux de vaches de San Antonio jusqu’au Kansas sur la piste du Chrisholm. Presque toute son existence, il se colleta avec le whisky, les Indiens et les voleurs de bétail, et vit des torrents en crue ou des éclairs de chaleur disperser régulièrement ses bêtes affolées sur la moitié du Territoire de l’Oklahoma. »

 

Vous aimerez aussi :

Ténèbres, prenez-moi par la main de Dennis LEHANE

 

La rose du cimarron, James Lee Burke, Rivages, avril 2001, 334 p., 21 euros

POCHE : La rose du cimarron, James Lee Burke, Rivages noir, mars 2003, 421 p., 9 euros

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La saga des émigrants de Vilhelm MOBERG

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Une saga en 8 tomes (5 pour le format poche) sur les premiers pionniers suédois à s’installer en Amérique au XIXème siècle.

  

L’auteur :

 

Vilhelm MOBERG était un écrivain et dramaturge suédois, décédé en 1973. La saga des émigrants fut publiée entre 1949 et 1959. En 1998 il fut élu meilleur roman suédois du siècle par les suédois.

 

L’histoire :

 

Au milieu du XIXème siècle, Kristina et Karl Oskar, un jeune couple suédois décident de quitter leurs terres stériles pour émigrer en Amérique, terre de tous les possibles. Ils sont accompagnés par Robert, le frère de Karl Oskar et de son compagnon Arvid. Seront du voyage également Danjel Andreasson, un hérétique, et Ulrika de Västergöhl, la catin du village.

Tome 1  « Au Pays » : ce tome explique pourquoi et comment ils décident de quitter la Suède

Tome 2 « La traversée » : comme son nom l’indique, ce tome est consacré à la traversée de l’Atlantique

Tome 3 « La terre bénie » : leur installation dans le Mississipi

Tome 4 « Les pionniers du Minnesota » : l’édification d’une colonie suédoise et le récit de Robert parti à la quête de l’or.

Tome 5 « Au terme du voyage » : inclue la guerre de sécession, la révolte des Sioux et dresse le bilan de ces années de déracinement.

(Je me suis référée ici à l’édition en Livre de Poche, raison pour laquelle je ne mentionne que 5 tomes)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’aspect historique : l’auteur maîtrise parfaitement son sujet et s’est documenté pour nous conter les aventures de ces premiers pionniers suédois à conquérir le sol américain dans les années 1840. Il balaie dix années de cette histoire en incluant la formation de cette petite communauté suédoise, la ruée vers l’or (vécue par Robert), la guerre de sécession, les affrontements entre tribus indiennes…

-          L’aventure humaine : l’écriture rend hommage à ses personnages, sans ajouter de fioritures, de digressions sentimentales, elle décrit au plus juste ce voyage et cette installation dans un ailleurs qui deviendra mythique.

-          Les questions théologiques et philosophiques abordées enrichissent considérablement le récit : l’hérésie, les questions nombreuses de Kristina sur sa foi en la Bible, le destin…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le deuxième tome entièrement consacré à la traversée vers l’Amérique.

 

 

Premières phrases :

 

«  Mjödahult est une des plus anciennes fermes de Ljuder. Son nom est cité dans le procés-verbal d’un jugement deux cent ans avant la découverte de l’Amérique. La famille Niba habite et cultive cette ferme aussi loin que l’on remonte la mémoire des générations et depuis qu’il existe des dcouments écrits. »

 

Vous aimerez aussi :

Le roman de Bergen de Gunnar STAALESEN (non lu)

 

La saga des émigrants, Vilhelm MOBERG, Gaïa, 8 tomes, 1999, 19 euros le tome

POCHE : La saga des émigrants, Vilhelm MOBERG, Livre de poche, 5 tomes, 9 euros le tome

 

TAGS : Littérature suédoise - Saga familiale - Famille

 

D'autres avis : Cuné, Sylde.

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Quand viennent les cyclones de Anita NAIR

Publié le par Hélène

quand-viennent-cyclones

♥ ♥ ♥ ♥

Un roman à la fois profond et léger.

  

L’auteur :

 

Anita NAIR est une écrivaine indienne qui signe son premier roman en 1997. Compartiment pour dames en 2007 a rencontré un franc succès.

 

L’histoire :

 

Mira, 40 ans est une femme apparemment comblée : elle a un mari aimant, deux enfants en parfaite santé, une mère et une grand-mère à ses côtés et un métier qui lui plaît : elle est écrivain de livres de cuisine. Jusqu’au jour où son mari la quitte pour une autre femme, la privant ainsi de son statut social. Elle est donc amenée à travailler aux côtés de J. A. Krishramurthy, spécialiste des cyclones et marqué par la tragédie qu’a connue sa fille Smriti, dans le coma après avoir été mystérieusement attaquée dans un village indien éloigné.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La capacité du roman à s’adapter à plusieurs publics : Quand viennent les cyclones a un côté léger  avec le portrait de cette femme de 40 ans qui doit se reconstruire après une rupture sentimentale. Ses rencontres amoureuses, ses ennuis professionnels, ses enfants divisés par la rupture, tous ces thèmes apportent un souffle léger au roman. Parallèlement les chapitres consacrés à Jak abordent des sujets plus graves : le coma de sa fille, le rôle des parents dans l’éducation de jeunes adultes, le choc des cultures, la culpabilité, le pardon…

-          L’engagement : Anita Nair dénonce notamment le foeticide des filles en Inde :

« Parce que le garçon transmet le nom, qu’il hérite de la fortune familiale et qu’il peut s’occuper de ses parents âgés, il est sans conteste préféré à la fille qui devra être correctement dotée pour trouver un mari et quitter la famille. » 

(source : Amnesty International http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/la_chronique/juin_2006_sommaire/inde_foeticide)

Anita Nair éclaire également intelligemment l’évolution lente de la société indienne : elle met en avant le poids des traditions et le rôle du mari prépondérant, mais ouvre également sur une modernité qui s’installe non sans heurts.  

-          Les pistes de réflexion ouvertes : Les parents sont-ils toujours responsables de ce que deviennent leurs enfants ? Qui est responsable d’un divorce dans un couple ? Quelle place doivent occuper les femmes dans un couple ? Doit-on s’engager au péril de nos vies ? Autant de sujets qui méritent un arrêt…

-          La poésie : elle transparaît à travers le parallélisme entre les vies et les changements climatiques, ainsi que dans la comparaison entre Mira et Héra, déesse grecque.

 

 « La fissure qui est en tout,

C’est par là qu’entrera la lumière

Et toute la grâce, toute la joie sera sienne

Toute la vie épousera ses désirs,

Un jour, un jour parfait. » (p. 382)

 

-          Pour couronner le tout, l’intrigue liée à l’attaque de la jeune Smriti aiguillonne l’intérêt du lecteur tout au long de sa lecture.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les scènes qui frôlent la mièvrerie : les confidences de Mira à Vinnie par exemple, ou encore les moments que passent Mira avec le jeune acteur. Cette relation n’apporte d’ailleurs rien à l’intrigue, elle n’est là à mon avis que pour plaire aux amateurs de « chick lit »…

 

Premières phrases :

 

« Toute le vie épouse ses désirs en cette parfaite journée de septembre. Tant de grâce, tant de joie, pourquoi cela lui arrive-t-il, pourquoi à elle ?

Mîra, visage levé, sourit de nouveau au ciel. Un soleil fluide brasse un distillat de senteurs, de notes hautes espiègles, dansantes. Pomme, jasmin, noix, rose, musc, vin. Un chrysanthème solitaire. Le « pop » des bouchons. La courbe constante de l’arc qui s’écoule dans les verres. Le verre frais  contre sa joue. »

 

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Noces indiennes de Sharon MAAS

 

Un grand Merci à Judith OTT pour cette belle découverte...

 

Quand viennent les cyclones, Anita NAIR, Albin Michel, août 2010, 400 p., 21.50 euros

 

TAGS :  Littérature indienne - Femmes -Deuil- Famille

 

Publié dans Littérature Asie

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