Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Courir au clair de lune avec un chien volé de Callan WINK

Publié le par Hélène

♥ ♥

« Des nouvelles vraiment impressionnantes, dont les personnages m’ont habité longtemps. » Jim Harrison

Salué par le maître Jim Harrison et par Thomas McGuane, Callan Wink est un jeune auteur qui fait preuve dans ce premier recueil de nouvelles d'une profondeur d'analyse prometteuse.

Il met en scène des protagonistes souvent divisés entre le poids des responsabilités et l'envie de liberté. Perry, le héros de Une autre dernière bataille, trompe sa femme atteinte d'un cancer avec une jeune indienne crow une fois par an, dans Exotisme, James est un professeur perdu qui part vers la liberté pendant les vacances d'été. Son frère quant à lui a fait le choix d'une vie de famille rangée. Comme dans la symétrie d'un jeu de miroirs l'un envie le mode de vie de l'autre :

""J'aimerais juste pouvoir me barrer quand l'envie m'en prend, aller vivre sur un ranch, réparer des clôtures, baiser des femmes que je viens de rencontrer et boire de la bière toute la journée."

James s'esclaffa; "Ne me tente pas, mon vieux. J'échangerais ma place contre la tienne sans l'ombre d'une hésitation. Enfiler tes chaussons. Boire ton bourbon de luxe. Profiter de ton compte en banque. Etrangler ta femme."" p. 139

Certains font les mauvais choix ou s'interrogent longtemps sur la pertinence des dits choix. Ainsi, pour avoir voulu courir après le profit, Rand, entrepreneur zélé, en a trop demandé à ses ouvriers, jusqu'à la catastrophe, un soir de Noël (La danse du soleil). De fait, les rapports familiaux sont souvent complexes et les jeunes errent désoeuvrés dans une vie qui les dépasse, face à des attentes frustrantes (Les respiriens, Dérapage et Moïse au pays des indiens crows)

Car chacun lutte comme il peut contre une solitude qui s'attache d'un peu trop près à leurs pas à l'image de cette éleveuse de boeufs texans dans Regarder en arrière.

Mes réticences : Si ces textes sont forts, il manque encore un petit supplément d'âme que l'on espère trouver dans les oeuvres futures de ce jeune auteur...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

 

Courir au clair de lune avec un chien volé, Callan Wink, traduit de l'américain par Michel Lederer, Albin Michel, Terres d'Amérique, septembre 2017, 290 p., 22 euros

 

Merci à Babélio

Partager cet article

Repost 0

Mademoiselle à la folie ! de Pascale LECOSSE

Publié le par Hélène

Catherine est actrice. Catherine vit dans un monde de strass, de soirées dorées, de champagne à volonté. Catherine a un amant ministre de la culture, marié.

A ses côtés, Mina, la fidèle assistante, essentielle.

Un beau jour le monde stable de Catherine se trouble. des visages deviennent inconnus, des objets disparaissent, des êtres perdus apparaissent. Mina la protègera de cette maladie qui s'insinue dans leur vie.

Durant les premières pages, j'ai été déconcertée par des phrases ou expressions toutes faites, des clichés, à tel point que j'ai pensé que c'était un effet de style, un message subliminal sur le langage trop usité, sur ces expressions tellement utilisées qu'elles sont usées jusqu'à la corde et ne signifient plus rien. Il est possible que ce style soit un choix, comme si Catherine répétait un rôle ou présentait des phrases dites et redites aux interviews. mais le doute reste là et si telle était l'intention de l'auteure, ce n'est pas assez exploité à mon goût, et si ce n'était pas le projet, cela rend le vide de l'écriture assez prégnant.

"Le public est mon partenaire , je suis devenue comédienne pour qu'il m'aime."

"Mon fonds de commerce, c'est moi et j'en prends le plus grand soin."

Au-delà de cet aspect stylistique, je n'ai pas non plus été touchée par le rapport entre les deux femmes, si bien que pour moi, Mademoiselle à la folie est un premier roman décevant, manquant de corps.

 

Présentation de l'éditeur : Editions de la Martinière

D'autres avis : Les livres de George

 

Mademoiselle à la folie, Pascale Lécosse, Editions de la Martinière, 128 p., 14 euros

 

Merci à l'agence Anne et Arnaud.

Partager cet article

Repost 0

Forum Fnac Livres

Publié le par Hélène

 

Du 15 au 17 septembre aura lieu la deuxième édition du forum Fnac Livres à la Halle des Blancs Manteaux dans le 4ème arrondissement à Paris avec avec près d’une centaine d’écrivains incontournables et des figures de la rentrée 2017.

 

Pour plus d'informations : https://www.fnac.com/forumfnaclivres

 

Pour ma part, je serai présente le vendredi pour l'inauguration et pour une rencontre avec Lola Lafon. J'espère vous y croiser !

 

Partager cet article

Repost 0

En lieux sûrs de Linwood BARCLAY

Publié le par Hélène

♥ ♥

Cynthia a connu un épisode traumatisant dans son enfance (cf Cette nuit-là) qui l'amène à être surprotectrice envers sa fille Grace. Cette dernière se supporte plus la situation et le climat entre la mère et la fille est explosif. Cynthia décide de prendre du recul et se s'installer pour un temps loin de sa fille et de son mari. Mais Grace continue les provocations, elle fréquente un jeune malfrat local qui une nuit la pousse à pénétrer dans une maison dont les propriétaires sont absents. Ce sera l'écart de trop...

Si l'on retrouve Cynthia, Terry et Vince, personnages de Cette nuit-là, les deux romans peuvent se lire indépendamment l'un de l'autre. Celui-ci sera davantage centré sr l'adolescence, ses risques inhérents et les rapports conflictuels avec les parents.

Bien conçu, En lieux sûrs est efficace et prenant, doté de rebondissements savamment dosés, et de l'enlèvement final qui devient un contre-la-montre haletant. Les ficelles du thriller à suspens sont maitrisées par l'auteur qui écrit ici son treizième roman depuis 2009, soit presque un par an ! Il souffre aussi des écueils de certains pages-turners, des psychologies quelque peu bâclées au profit de l'action et des étapes tellement bien définies qu'elles deviennent attendues. Il n'en reste pas moins que l'ensemble fonctionne plutôt bien pour vous rappeler que où que vous soyez, vous n'êtes jamais en lieux sûrs ...

 

Présentation de l'éditeur : Belfond noir

Du même auteur : Cette nuit là

Vous aimerez aussi : Les apparences de Gillian Flynn, La maison d'à côté de Lisa Gardner

 

En lieux sûrs, Linwood Barclay, traduit de l'anglais  (Canada) par Renaud Morin, Belfond Noir, mars 2017, 432 p., 21.9 euros

 

Merci à l'éditeur

Partager cet article

Repost 0

L'homme de la montagne de Joyce MAYNARD

Publié le par Hélène

♥  ♥ ♥

Ete 1979. Rachel, 13 ans et Patty 11 ans sont livrées à elles-mêmes : après le divorce de leurs parents, leur père est parti et leur mère a sombré dans une dépression la déconnectant de la réalité. Rachel et Patty qui se qualifient de "bizarres et un peu foldingues" profitent de cette liberté forcée pour arpenter la montagne avoisinante. Elles se balancent à des lianes, dévalent la montagne en roulés-boulés, trainassent dans la cabine rouillée d'un camion avec un sac de crackers, écrivent des histoires qu'elles se lisent à haute voix, jouissant pleinement de cette belle complicité entre soeurs. Elles se créent un monde à elles, ensemble, unies.

Mais un évènement va sonner le glas de ces sorties insouciantes : une jeune fille est retrouvée morte, assassinée par celui que l'on surnommera par la suite après la découverte d'autres corps "L'étrangleur du crépuscule". Le père des filles, inspecteur, est en charge de cette enquête très médiatisée. Vouant un amour sans failles à ce père absent, Rachel et Patty sont persuadées qu'il attrapera rapidement le coupable.

Au travers du portrait touchant de Rachel et de ses rapport fusionnels avec sa soeur, se profile l'adolescence et ses choix : faut-il assumer le fait d'être "bizarre", à part, ou choisir d'être populaire en papotant et en se vernissant les ongles ? Faut-il entrer dans la norme et avoir un petit copain qui vous pétrit les seins en s'imaginant être sensuel ou préférer courir les montagnes en faisant rire sa soeur ?

"Les filles de treize ans sont grandes et petites, grosses et maigres. Ni l'un ni l'autre, ou les deux. Elles ont parfois la peau la plus douce, la plus parfaite, et parfois, en l'espace d'une nuit, leur visage devient une sorte de gâchis. Elles peuvent pleurer à la vue d'un oiseau mort et paraitre sans coeur à l'enterrement de leurs grands-parents. Elles sont tendres. Méchantes. Brillantes. Idiotes. Laides. Belles." p. 238

Treize ans est aussi l'âge où l'on découvre son corps et sa sexualité, l'âge où on admire encore ses parents en les prenant comme modèles, mais où l'on comprend aussi qu'ils sont faillibles. Joyce Maynard saisit avec talent cet âge intermédiaire entre l'enfance et l'adolescence, ce moment où tout bascule et plus rien n'est sûr. L'intrigue policière n'est au fond qu'un prétexte pour peindre de magnifiques portraits d'adolescentes.

Ce que j'ai moins aimé : La fin est décevante.

Bilan : Un roman très sensible et touchant sur l'adolescence.

 

Présentation de l'éditeur : Philippe Rey ; 10-18

D'autres avis : Télérama  ; Chez Florence

 

Du même auteur : Les filles de l'ouragan

Vous aimerez aussi : The girls de Emma Cline

 

Lu dans le cadre du Blogoclub organisé par Amandine et Florence Le livre d'après

 

Partager cet article

Repost 0

Les beaux étés tome 3 Mam'zelle Estérel de ZIDROU et Jordi LAFEBRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

1962 quand on dansait "Let's twist again" !

Mam'zelle Estérel est la 4L qui a accompagné les vacances de la famille Faldérault pendant des années. A l'heure de la vendre, ils se souviennent se ses premières vacances en compagnie de MamYvette et Gros Papy, les parents de Mado. Quand tous espèrent pique-niquer et aller camper au bord de la Méditerranée, Yvette-la parfaite comme la surnomme sa fille a prévu des vacances à St Etienne et a réservé dans un hôtel tenu par des belges pour ne pas "être dépaysés".

Comme le dit Mado "Ma mère, c'est comme le coca-cola,: un verre, ça va. toute la bouteille, bonjour les caries !" Quand Pierre son cher et tendre optimiste lui dit qu'elle va se détendre pendant les vacances, Mado répond "Ma mère, se détendre ?! Autant demander à un ressort de matelas de s'allonger pour faire bronzette !"

Effectivement la cohabitation n'est pas de tout repos, Yvette menant son petit monde à la baguette, surveillant surtout de près le Gros Papy victime d'un infarctus l'an dernier, et pourtant grand amateur de frites. De plus, pour ces vacances,  Yvette leur a préparé un programme à l'aide du guide Michelin avec visites d'églises et de cathédrales à la clé. Pierre propose bien de passer outre le programme du Michelin pour aller flâner au bord de la Loire mais la réponse est catégorique : ""Flâner" ?! Ne dites pas de bêtises, voyons, Pierre ! Quand on visite, on ne flâne pas : on visite !" Mais ces heures passées ensemble leur permettent aussi de se redécouvrir, de visiter des pans du passé qui éclairent le présent pour finalement mieux s'apprécier.

Humanité et tendresse prévalent dans ce magnifique album. La joie de vivre de chacun permet de passer outre toutes les épreuves.

 

Présentation de l'éditeur : Dargaud

Vous aimerez aussi : Les beaux étés tome 1, Les beaux étés tome 2

D'autres avis : Jérôme, Noukette

 

Les beaux étés tome 3 Mam'zelle Estérel, Zidrou et Jordi Lafebre, Dargaud, 2017, 56 p., 13.99 euros

 

Reprise de la Bd de la semaine accueillie aujourd'hui par Stephie

 

Partager cet article

Repost 0

Trois saisons d'orage de Cécile COULON

Publié le par Hélène

♥ ♥

Au bord des falaises nommées Les trois gueules s'est bâti le village des Fontaines autour de la carrière exploitée par deux frères. Petit à petit une vie s'est construite et André est le médecin qui officie là-bas, pour les "fourmis blanches" qui travaillent à la carrière et à l'usine. Il connait la nature et sait que elle peut prendre des vies rapidement, de façon aléatoire, sans préambules. Mais il sait aussi que la vie reste souvent la plus forte, preuve en est dans cet enfant qui lui tombe du ciel, Benedict. Ce dernier s'attache à ce père modèle et à ce lieu atypique et il grandit également là, dans les pas de son père, devenant médecin lui aussi. Il rencontre Agnès, une fille de la ville qui le rejoint et donne naissance à Bérengère.

Ainsi trois générations se mettent en place et sont prêtes à jouer leur rôle dans le destin qui s'accomplit autour de ce lieu qui apparait maudit aux gens de la ville.

Ce récit magnétique prenant aux accents de tragédie rappelle la nécessité de se plier aux lois de la nature quoi qu'il advienne. Le coeur a ses raisons qui échappent aux brides de l'esprit rationnel comme le dit le proverbe. Il peut faire éclater des orages dévastateurs, de ceux qui retentissent longuement dans l'atmosphère et altèrent à jamais les paysages, brûlant arbres et âmes sur leur passage. Il ne sert quelquefois à rien de lutter...

Un beau récit tragique parfaitement maitrisé.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Viviane Hamy

D'autres avis : Jostein ; Leiloona ; Noukette ; Valérie 

 

Trois saisons d'orage, Cécile COULON, Editions Viviane Hamy, janvier 2017, 265 p., 19 euros

 

Partager cet article

Repost 0

L'histoire de mes dents de Valéria LUISELLI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Gustavo "Grandroute" Sanchez a découvert sa vocation : il se découvre un talent indéniable en tant que commissaire-priseur. Son plus grand coup ? Vendre ses dents en les faisant passer pour les dents de Platon, Pétrarque ou Virginia Woolf.

Entre parabole et allégorie, Valérie Luiselli propose un roman délirant, truffé d'aventures rocambolesques, avec des clowns, des allégories éclairantes, des citations philosophiques.

"Quand le vent tourne, certains construisent des murs, d'autres des moulins à vent."

Sous la légèreté apparente, le sens profond se dessine, nous enjoignant à nous interroger sur la valeur qu'on accorde aux objets, dans l'art ou ailleurs.

"Comment le fait de mettre un objet ou un nom à distance de son contexte dans une galerie, un musée, ou un panthéon littéraire - une procédure duchampienne inversée - affecte sa signification et son interprétation ? Comment le discours, le récit et les signatures ou les noms d'auteurs modifient la façon dont nous percevons l'oeuvre d'art et le texte littéraire ?"

Ce métier atypique de Grandroute permet ainsi de mettre en valeur le pouvoir de la fiction, par le truchement des récits permettant d'embobiner le chalant des ventes...

Les dernières pages éclairent le texte en proposant un dossier avec photos et citations, une chronologie rédigée par la traductrice et une postface qui raconte les origines du roman.

Mes bémols : un peu trop décalé à mon goût, je n'ai pas été très enthousiaste...

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Olivier

 

Merci à l'agence Anne et Arnaud

 

L'histoire de mes dents, Valéria Luiselli, traduit de l'anglais par Nicolas Richard, Editions de l'Olivier, août 2017, 189 p., 19.50

Partager cet article

Repost 0

Sorties poches à ne pas manquer !

Publié le par Hélène

Cette semaine sont sortis en poche deux romans qui font partie de mes coups de coeur de la rentrée littéraire 2016 :

 

Petit Pays de Gaël FAYE

et

The Girls de Emma Cline

 

J'avais eu la joie de rencontrer les deux auteurs :

Emma Cline lors d'une rencontre à la librairie Gallimard : ICI

 

Gaël Faye lors d'un déjeuner organisé par la Fnac et l'agence Anne et Arnaud pour le forum Fnac du livre 2016 : ICI

lors des rencontres pour le Goncourt des lycéens : ICI

pour la remise du prix  ICI

lors d'une rencontre musicale à la maison de la poésie ICI

 

Je ne peux que vous conseiller leur lecture !!

Partager cet article

Repost 0

Le diable en personne de Peter FARRIS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"J'imagine que ce que tout un chacun peut espérer, c'est un havre de paix ?"

En Georgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya réussit miraculeusement à échapper à ses kidnappeurs qui avaient comme projet de l'assassiner pour la livrer aux alligators. En effet, cette jeune prostituée en savait un peu trop sur l'un de ses clients renommés. Maya trouve refuge sur les terres de Leonard Moye, un marginal quelque peu excentrique qui prend sous son aile la jeune femme et chasse toute personne qui porterait atteinte à son intégrité. Un lien particulier se noue peu à peu entre les deux solitaires poursuivis par des êtres sans scrupules qui trouveront là un adversaire à leur taille.

Peter Farris peint une Amérique corrompue, régie par la violence, un monde presque apocalyptique, dans lequel le Mal régit tout rapport. Dans ce monde sans compromissions, la seule façon de se sauver est de trouver un semblant de paix et de réconfort dans la relation quelquefois miraculeuse avec ses semblables. Cette rencontre improbable entre deux êtres qui prennent soin l'un de l'autre éclaircit un tableau plutôt sombre.

Mon bémol : La psychologie des personnages est quelque peu caricaturale : la prostituée pas très futée, le vieux bourru qui ne demande qu'à être attendri, les politiciens véreux, drogués et libidineux. Cela est peut-être volontaire, pour tourner en dérision certains codes du roman noir, mais il n'en reste pas moins que certains personnages sonnent creux...

Bilan : Une belle découverte.

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

 

Le diable en personne, Peter Farris, traduit de l'américain par Anatole Pons, Gallmeister, août 2017, 272 p., 20.50 euros

 

Merci à l'éditeur

Partager cet article

Repost 0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>