Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Cyrano de Taï-Marc LE THANH et Rébecca DAUTREMER

Publié le par Hélène

                       

♥ ♥ ♥ 

Mon avis :

Cyrano est laid parce qu'il a un gros nez. Cyrano est malheureux parce qu'il est amoureux de sa belle cousine Roxane, qui, elle est amoureuse de Christian, "bête. Comme un caillou." mais très beau. Alors Cyrano décide d'aider Christian à charmer Roxane en parlant à sa place, dans l'ombre, avec un air inspiré. ("Un air inspiré est le contraire d'un air expiré. Un air expiré est déjà passé dans les poumons et il donne une teinte rougeaude au visage (ce qui n'est pas très joli pour dire la poésie)". 

Si les grands axes de l'histoire sont là, l'auteur a choisi de placer l'histoire dans le Japon des samouraïs et a priviligié l'humour pour présenter l'histoire aux enfants. Les petites remarques humoristiques qui ponctuent l'histoire bien connue de ces amours malheureuses permettent aux plus jeunes d'aborder l'histoire plus simplement, mais elles ont aussi le désavantage de désamorcer le tragique qui fait aussi la beauté du texte mythique d'Edmond Rostand. 

                         

Toutefois, les illustrations de Rébecca Dautremer sont magnifiques, les tons rouge passion illuminant le destin de Cyrano et Roxanne et nimbant cet album d'une beauté atemporelle.

Une très belle réécriture de cette histoire d'amour impossible...

 

Présentation de l'éditeur : Site de Rebecca Dautremer 

Du même auteur : DAUTREMER Rebecca L’amoureux

D'autres avis : CristieKarine:) 

 

Cyrano, Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, Gautier-Languereau, Petits bonheurs, 2005, 7.5 pour mon édition petit format.

Publié dans Jeunesse Album

Partager cet article

Repost 0

Le coeur est un muscle involontaire de Monique PROULX

Publié le par Hélène

♥ ♥

"On n'est jamais aussi heureux que lorsqu'on n'avait pas prévu de l'être." p. 146

Florence et Zéno dirigent une agence chargée de promouvoir des artistes en leur offrant un site Web "percutant". Si Florence semble blasée par ce projet, plus emportée par l'enthousiasme de Zéno et par son amour pour lui que par sa propre volonté, Zéno est quant à lui survolté, se démenant corps et âme pour ses artistes, un peu trop au goût de Florence.  Aussi quand par hasard, Florence se retrouve sur les traces du romancier mythique Pierre Laliberté qui cache son identité, Zéno l'encourage-t-il à poursuivre l'enquête pour découvrir qui se cache derrière lui. 

"On ne connaît personne. On a beau tâter chaque centimètre de peau, mémoriser la couleur de la voix et les soubresauts de l'humeur, étudier, comparer, analyser et croire enfin que ça y est, un être humain qui tient dans une éprouvette à nous étiquetée et familière, on ne connaît personne." p. 49

A travers le personnage de Pierre Laliberté, inspiré de l'écrivain québecois Réjean Ducharme qui lui aussi a choisi de vivre dans l'anonymat, Monique Proulx offre une belle réflexion sur les feux de la rampe qui exposent les artistes, sur l'art et finalement sur ce qui constitue le sel de la vie. La jeune Florence quant à elle est une jeune femme perdue, souvent révoltée dans un monde qu'elle ne comprend pas toujours : 

"Et de l'autre côté, à l'Ouest et au Nord, à Montréal et ailleurs, des hommes, des femmes, et bientôt des enfants, gaspillent en ce moment leur énergie vitale dans des boulots qui les rapetissent, courent après les heures extra et les contrats lucratifs, se morfondent d'impuissance dans leurs bureaux aseptisés, leurs usines débilitantes, se font pincer les nichons par des patrons crétins, s'agitent trop et vieillissent vite, bazardent leurs idéaux et leur intégrité d'antan pour parvenir à acheter ces tissus exotiques, ces meubles, ces parfums ruineux, ces bijoux en or, ces automobiles polluantes, ces voyages et ces fuites qui se révèlent insuffisants dés le départ et réclament des remplaçants. 

Où sont les perdants ? Au Nord ou au Sud ?" p. 223

Florence évolue au fil des pages et des rencontres, elle s'apaise pour plus d'harmonie, pour un passage en douceur vers l'âge adulte. 

"Les transitions sont des moments dangereux qui nous perchent au milieu de rien, désintégrés par la perte de l’instant fort auquel on s’était habitué et l’inexistence de celui qui suivra (manger ? travailler ? pleurer ?). C’est sûrement dans les transitions que les dépressifs sombrent dans la dépression, les criminels dans le crime, et les artistes dignes de ce nom dans des illuminations qui bousculeront leur vie et celle des autres."

Mes réserves : La voix à la première personne de la narratrice m'a gênée : mièvre, faible face à ses sentiments, elle ressemble à une adolescente à qui on aimerait donner des claques pour qu'elle se bouge...

 

Présentation de l'éditeur : Editions Boréal 

Du même auteur Champagne Les aurores montréales 

D'autres avis : Topinambulle 

 

Le coeur est un muscle involontaire, Monique Proulx, Les éditions du Boréal, 2004, 398 p., 12.95 euros

 

Partager cet article

Repost 0

Dark Horse de Craig JOHNSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Invitez un bon flic chez vous une fois, et un an plus tard il sera capable de vous dire si le grille-pain est blanc ou en inox." 

Un dark horse est un participant très peu connu (comme un cheval de course) qui se fait remarquer de manière inattendue ou une personne qui se dévoile très peu. Mary Barsad est de celles qui se dévoilent peu, femme volontaire passionnée par les chevaux et pourtant dans son mariage, elle a misé sur le "mauvais cheval". Le jour où ce dernier brûle la grange dans laquelle sont enfermés ses chevaux de course, le monde de Mary bascule. Elle se retrouve sonnée, atterrée, avec à quelques mètres d'elle son mari qui a reçu six balles dans le corps... Confuse, elle s'accuse de ce crime sanglant et est emprisonnée dans les geôles de Longmire. Malgré ses dires, le shérif Walt Longmire est persuadé qu'elle n'a pas pu commettre un tel acte. Il part sr place, à Absalom dans le Wyoming pour mener sa propre enquête incognito. 

Savant mélange de nature writing et d'enquête policière palpitante, Dark Horse est la cinquième enquête des aventures de Walt Longmire. Dans une atmosphère rappelant les meilleurs westerns, les personnages évoluent dans les grands espaces sans reconnaître la terre de leurs ancêtres. 

"Je pensai à la manière dont nous labourions et cultivions la terre, dont nous y plantions des arbres, l'enfermions dans des clôtures, y construisions des maisons et faisions tout notre possible pour repousser l'éternité de la distance - tout pour donner au paysage une espèce d'échelle hmaine. Mais peu importait ce que nos faisions pour essayer de façonner l'Ouest, c'était l'Ouest qui nous façonnait inévitablement." p. 249

Les personnages bien campés apportent densité et profondeur à cette série à ne manquer sous aucun prétexte !

PS : beaucoup se demanderont pourquoi je découvre seulement maintenant cette série qui pourtant était faite pour moi. J'avoue avoir tenté l'aventure avec le premier "Little bird". J'ai commencé deux fois cette lecture et je l'ai abandonné deux fois. Raison pour laquelle j'ai finalement commencé par le 5ème de la série, pioché avec détermination en librairie, et avec succés cette fois-ci. Maintenant je vais reprendre dans l'ordre, mais sans passer par la case "Little bird"...

 

Présentation de l'éditeur : GallmeisterPoints 

 

Dark Horse, Craig Johnson, traduit de l'anglais (EU) par Sophie Aslanides, Gallmeister, 2013, 336 p., 23.60 euros 

Dark Horse, Craig Johnson, traduit de l'anglais (EU) par Sophie Aslanides, Points, 377 p., 7.95 euros

Partager cet article

Repost 1

La foi du braconnier de Marc SEGUIN

Publié le par Hélène

"Les mots sont aussi une fuite rapide vers une incarnation de vérité." p. 130

Marc S. Morris est un chasseur errant. Après son suicide raté il raconte comment il en est arrivé à cette extrémité. Amoureux de la fuite en avant il a passé dix ans à sillonner l'Amérique à bord de son pick-up, suivant les méandres aléatoires d'un "FUCK YOU" tracé sur une carte routière. A l'âge où l'on devrait devenir "responsable", il cherche encore son identité :

"Quand, au milieu de toutes les nuits, la sensation lâche de ne pas savoir pourquoi on existe nous réveille, il est temps de s'anesthésier à coups de futur, d'espoir et de projets. Il faut que j'essaye." p. 102 

Il tente bien de se couler dans le moule d'une "normale" avec femme-enfants-chien-chat et une passion inutile comme le bridge, mais sans succés. Il peine à trouver sa place dans cette Amérique régie par la violence, et s'il essaie d'avoir foi en la nature humaine, il se trouve irrémédiablement fasciné par la mort, tuant les animaux pour ne pas tuer ses semblables. Le pays l'a façonné à aimer tuer. Il chasse les femmes comme il chasse les animaux, mais ne trouve jamais l'extase, insatisfait sitôt ses séances de jambes en l'air passées. Il pense un temps que la vraie foi pourra l'éclairer mais elle-même n'est que mystification. 

Portrait sans concession de la jeunesse américaine, ce road movie placé sous le signe du "fuck you" a des accents de révolte moderne...

"C'est dans la soustraction du véritable Soi, de ce que l'on voudrait être, que se trouve l'identité humaine. Son identité. Plus la valeur tend vers le zéro, plus on est en voie d'être heureux." p. 79

Mes réserves : je me suis lassée du road movie absurde de cet éternel insatisfait et de ses parties de jambes en l'air ou de chasse. 

 

La foi du braconnier, Marc Séguin, Bibliothèque québesoise, 2012, 153 p., 11 euros

 

 

Partager cet article

Repost 0

Discours d'un arbre sur la fragilité des hommes de Olivier BLEYS

Publié le par Hélène

♥ ♥

Entre affrontement entre modernité et ancestralité, la famille Zhang vit pauvrement au milieu d'un quartier désafffecté. Les usines et entrepôts ont été laissés à l'abandon et les Zhang vivent dans des conditions précaires dans un vieille maison qui menace de s'écrouler. Mais ils restent unis autour du vieil arbre de la cour, au pied duquel leurs parents sont enterrés. Ils restent fidèles à leurs parents et à leurs valeurs. Wei tient son rôle de chef de famille au sérieux, son épouse Yun le seconde pour élever leur fille Meifen, et prendre soin du beau père Hou Chi attaché à son écran de télé et de la belle mère la vieille Cui. Mas un projet immobilier fleurit dans le quartier, mettant en danger leur fragile équilibre. 

Olivier Bleys s'est inspiré pour ce récit des photographies des "maisons-clou", ces maisons que refusent de quitter leurs propriétaires et qui, décalées, perdurent dans un environnement hostile.  En vingt ans l'expropriation est devenu un problème majeur en Chine et l'auteur a souhaité ainsi mettre en scène des "irréductibles petits chinois" (dit-il) face à la puissance de la bureaucratie chinoise. 

Les propriétaires de cette "maison clou" de Nanning, ville du sud de la Chine, refusent sa destruction et bloquent l'achèvement de la route.  (REUTERS)

@france info

Mes réserves

Si le projet est intéressant, malheureusement des longueurs pèsent sur le récit. Puis, clou du spectacle, tout finit joyeusement dans des clichés qui frisent le Marc Lévy :

"Au fond je suis un homme comme les autres ! Les hommes bâtissent des maisons, labourent des champs, ils tracent des routes et amassent des trésors. Et un jour, ils découvrent que tout cela n'est pas grand-chose, que la vraie valeur de la vie, ce sont d'autres êtres humains, une femme ou un enfant à leurs côtés... Cela, même le plus borné des hommes finit par le comprendre. Il est souvent trop tard." p. 285

Bilan : Un début intéressant, puis la débrouile de Wei devient pathétique voire glauque pour finir par un discours lénifiant sur l'importance des rapports humains. What else ? comme dirait Georges...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

Du même auteur  Concerto pour la main morte

D'autres avis : Nadael 

Sur les maisons clou : Voyager Loin 

 

Discours d'un arbre sur la fragilité des hommes, Olivier Bleys, Albin Michel, 2015, 292 p., 20 euros

Partager cet article

Repost 0

Les gardiens du Louvre de Jirô TANIGUCHI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Qui sont les gardiens du Louvre ? Si vous pensiez comme moi qu'il s'agissait des véritables gardiens, dont parle également Davodeau dans le Chien qui louche, vous fites fausse route (et moi avec vous...)

Les gardiens de Taniguchi sont des êtres qui habitent le palais du Louvre mais qui se trouvent "dans les limbes oniriques de votre imagination. Une dimension bien plus proche de la réalité que du rêve."

Surprenant, je vous l'accorde... Ainsi, ne vous étonnez pas si, comme le narrateur, vous rencontrez la victoire de Samothrace en chair et en os -et avec sa tête- ou encore Asai Chû devant une peinture de Corot ou de Degas. Lors d'un séjour à Auvers sur Oise, le narrateur -un brin fiévreux je vous l'accorde- rencontre même Vincent Van Gogh.

Cela aurait pu fonctionner si l'auteur n'avait pas tant insisté sur les expliquations "oniriques" de ces apparitions, sur les vertiges du narrateur qui justifieraient l'errance psychologique, et s'il n'était pas parti dans diverses directions : Corot, Van Gogh, le destin du Louvre pendant l'Occupation et le sort réservé aux oeuvres d'art à cette époque, et j'en passe...

Il n'en reste pas moins que les dessins sont toujours aussi beaux, hommages aux peintres nommés...

 

Présentation de l'éditeur : Futuropolis ; Louvre Editions 

Du même auteurL’homme qui marche ;  L’orme du Caucase  ; Les années douces  ; Un zoo en hiver Furari Seton tome 1 Venise

D'autres avis : Jacques  ; Sandrine

 

Les gardiens du Louvre, Jiro Taniguchi, Futuropolis, 2014, 20 euros

 

Ma participation à la Bd de la semaine, chez Stephie

 

Publié dans Manga - Manhwa

Partager cet article

Repost 0

Au café du rendez-vous de Ingrid WINTERBACH

Publié le par Hélène

♥ ♥

Karolina entomologiste revient dans sa ville Voorspoed en Afrique du Sud pour recenser les papillons de l'espèce Hebdomophrda crenilinea du veld. Elle arpente le veld aux côtés de Willie, rencontré par hasard au détour d'une route, et qui cherche "un peu de tout" pour concocter des remèdes. Le soir elle loge à l'hôtel et se rend dans la salle du snooker, lieu emblématique de la ville. 

"La salle du snooker était un lieu où l'on ne savait jamais à quoi s'attendre." p. 186

C'est un lieu de pulsions et de folie réprimée hanté par des hommes désoeuvrés : Pol avocat, le magistrat, homme silencieux veillant sur la salle, le lieutenant Kieliemann sergent, le capitaine Gert Els difficilement contrôlable et Jess qui médite. 

Karolina ressent à la fois attirance et répulsion pour eux, elle revient irrémadiablement en cet endroit quand elle ne va pas danser le tango. 

La nuit elle fait des rêves agités, comme si un danger latent la guettait, tapi dans l'ombre : 

"Tout peut arriver, songea Karolina. Elle pouvait être amenée à tout vivre, être exposée à n'importe quoi ; elle ne pouvait prétendre à aucune protection d'aucune nature. A aucune garantie." p. 45

A l'extérieur, le township gronde, prêt à imploser dans le silence et la chaleur poisseuse. 

"L'air était chargé de désirs indicibles, de peurs et de préjugés profondément enracinés, une hystérie latente remontait peu à pe à la surface. Elle éclaterait tôt ou tard, sous des formes différentes. Un bain de minuit, une chasse à l'homme, une séance de pillage." p. 40

Dans cette atmosphère prégnante de violence sous jacente, passion et mort s'entremêlent sensuellement.  Karolina est fascinée par un couple d'amants illicites, par ce risque, cet amour sans lendemain que la mort frôle sans cesse. Elle-même rêve de recommencer de zéro, loin des hasards de l'existence. 

 

Mes réserves : Un rythme lancinant parcourt ces pages brûlantes présentant des êtres régis par des instincts primaires. Les allusions sexuelles sont nombreuses, et quelquefois superflues, comme si l'auteur souhaitait insister lourdement sur ce point.

"Elle dansa avec le dénommé Kolyn. Il portait des tennis qui lui montaient jusqu'aux chevilles. Ses testicules étaient frais et souples." p. 153

 

Présentation de l'éditeur : Phébus 

Premières pages : Phébus 

Vous aimerez aussi : Cette vie de Karel Schoeman

 

Au café du rendez-vous, Ingrid Winterbach, traduit de l'afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein, Phébus, août 2015, 240 p., 20 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Afrique

Partager cet article

Repost 0

Un ange cornu avec des ailes de tôle de Michel TREMBLAY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans le Montréal des années 50 Michel Tremblay grandit environné des mots magiques qu'il trouve dans les livres. Il lit sans relâche et découvre avec ravissement la comtesse de Ségur, Hergé et son Tintin au Congo, Jules Verne et ses aventures extraordinaires, des pièces classiques avec Eschyle... Tout en prenant plaisir à échanger avec lui sur ses lecteures, sa mère s'étonne de cette frénésie : 

"C'est ben beau de lire, j't'ai toujours encouragé mais le crâne va te péter ! Tu vas te rendre aveugle ! Tu vas devenir gros comme un éléphant, tu bouges pas des grandes journées de temps ! Y fait beau, sors un peu !

- Moman, c'qu'on nous fait lire à l'école est plate pour mourir, j'veux me faire une éducation tu-seul !" 

Petit à petit ses goûts s'affinent au gré de sa personnalité. Eduqué dans un établissement catholique, il se délecte de la liste des livres mis à l'index, par provocation et révolte contre cette éducation faite d'humiliation pour provoquer la culpabilité, fer de lance de cette religion. 

Années après années son esprit critique se forme et lui-même se prête au jeu de l'écriture. Il commence par réécrire la fin de "Blanche Neige et les sept nains" et finit par écrire et publier son propre recueil "Contes pour buveurs attardés". 

En évoquant son parcours de lecteur, Michel Tremblay nous communique sa passion lumineuse pour les livres et la lecture, élément constitutif de sa personnalité d'écrivain. "Ouvrir un livre demeure l'un des gestes les plus jouissifs, les plus irremplaçables de la vie." 

 

Présentation de l'édteur : Actes Sud 

Du même auteur La grosse femme d'à côté est enceinte 

D'autres avis : Découvert chez Karine:) ; Dasola 

 

Un ange cornu avec des ailes de tôle, Michel Tremblay, Actes sud, babel, 1994, 8.70 euros

 

Participation au mois québecois chez Karine:)

 

Partager cet article

Repost 0

Les fantômes de Belfast de Stuart NEVILLE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Les accords de 98 ont mis fin à la guerre sanglante entre Irlande du Nord, et pourtant l'équilibre est encore fragile. 

Gerry Fegan ex-tueur de l'IRA  a purgé sa peine de prison mais se remet difficilement du rôle qu'il a joué pendant la guerre. Alcoolique dépressif, il est hanté par les fantômes des douze personnes qu'il a assassinées. Elles réclament justice et lui demandent de tuer les commanditaires de leurs meurtres. Gerry ne connaîtra la paix qu'à ce prix. En attendant, il a beau tenter d'assommer ceux qu'il nomme "les douze suiveurs" à coups de verres d'alcool, rien n'y fait, leurs cris résonnent nuit et jour dans son esprit marqué à jamais. Douze personnes. Cinq soldats et quatre civils parmi eux qui étaient là au mauvais endroit au mauvais moment.

Pourra-t-il se racheter à leurs yeux ? 

Premier roman noir de l'irlandais Stuart Neville, Les fantômes de Belfast hurlent sans doute dans la conscience de bien des irlandais victimes ou bourreaux dans cette guerre sanguinaire. Les tueurs étaient-ils des criminels ou des "victimes des circonstances" ? Servaient-ils une cause ou des intérêts plus personnels ? Les anciens terroristes sont devenus aujourd'hui des politiques véreux qui n'hésiteront pas à se mettre au travers de la route de Gerry.

Une tension de chaque instant tangible et glaçante court en ces pages...

"Le meilleur premier roman que j'ai lu depuis des années... Une folle virée au pays de la terreur." (James Ellroy)

 

Présentation de l'éditeur : Editions Payot et Rivages ; Poche

D'autres avis : Télérama Les 8 plumes 

 

Les fantômes de Belfast, traduit de l'anglais (Irlande) par Fabienne Duvigneau, 2013, Rivages noir, 425 p.,  9.65 euros 

Publié dans Roman policier Europe

Partager cet article

Repost 0

Les aurores montréales de Monique PROULX

Publié le par Hélène

♥  

Ce que j'ai aimé :

27 histoires assez courtes s'enchaînent dans ce recueil de nouvelles mettant en vedette Montréal et ses habitants. Ces derniers sont scrutés par l'oeil acéré de Monique Proulx à qui rien n'échappe. De fait, une psychologie très fine des rapports humains s'ébauche sous nos yeux, avec la question du rapport à l'autre au centre des réflexions, que ce soit dans un rapport familial, amoureux, professionnel. Les êtres se frôlent et s'épaulent, mais ils se quittent également victimes des difficultés de communication ou de compréhension inhérentes aux rapports humains... Le couple est le catalyseur de ces tensions, les hommes et les femmes étant bien souvent aux antipodes les uns des autres : 

"Il serait agréable de vivre avec les femmes, elle sont la douceur, la beauté totale du monde, mais voilà, elles aiment l'inquiétude, elles la chérissent tant qu'elles lui inventent sans cesse des raisons d'exister. L'inquiétude attire les reproches qui éloignent l'amour, l'inquiétude fronce de rides les passions les plus jeunes. M'aimes-tu encore, à quoi tu penses, pourquoi tu ne téléphones pas, les pauvres questions de l'inquiétude créent, à partir de rien, des monstres qui deviennent réels. 

Entre toutes les voltiges possibles, toutes les voies aériennes, les femmes choisissent fatidiquement la pesanteur." ("Jouer avec un chat")

Dans "Léa et Paul par exemple" deux époques sont mises en parallèle : celle des temps heureux, de l'amour fou puis celle de l'après, avec la rupture et la douleur qu'elle engendre : 

"Ils sont là, au milieu de tout ça, le feu qui danse sur la grève, la lune, le lac engourdi par la nuit, le chant du huard, leurs doigts se trouvent sans se chercher, ils ont envie de crier tellement cet amour est un état de grâce qui ne peut pas ne pas durer toujours.

"Tout cela ne tient donc qu'à un fil, la beauté, l'ordonnance harmonieuse de nos visages et de nos corps que nous offrons aux autres comme des bouquets d'éternité, tant de soins et de maquillages pour un masque si précaire. (...) Oui, la légèreté est votre meilleure monture, la plus susceptible de vous emporter sans heurt où il faut aller, c'est la légèreté qui nous manque le plus dans cette vie de plomb où nous n'apprenons qu'à peupler de nos anxiétés l'univers merveilleux, merveilleusement vide." ("Blanc")

Monique Proulx s'interroge également sur la place des individus dans la société, elle mentionne les immigrants, les sans-abris, des êtres déracinés qui peinent à se mouvoir dans leur nouvelle vie. Dans ce contexte, il est difficile de rester soi-même, de "demeurer un être humain." comme le dit un jeune indien sans abri dans "Rouge et blanc". La double ou triple appartenance ethnique de ces montréalais provoque des difficultés prégnantes d'adaptation. 

L'altérité est vécue à la fois comme une chance et une difficulté, si bien qu'une tristesse latente s'échappe de ces nouvelles portées par un style lyrique précis.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Boreal

Vous aimerez aussi : Du même auteur : Champagne

D'autres avis : Catherine 

 

Les aurores montréales, Monique Proulx, Boréal compact, 1997, 248 p., 13.95 euros

 

Partager cet article

Repost 0