Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Chroniques de Tahiti tome 1 L'arbre à pain de Célestine HITIURA VAITE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Alors qu'il est rentré ivre, le compagnon de Materena l'a demandé en mariage. Même s'il n'en a plus reparlé par la suite, Materena commence à planifier ce mariage, achetant même un lit qui devrait être son cadeau de mariage.

Ce mariage est l'occasion de dresser la chronique d'une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti. Grâce à ce texte atypique, l'immersion est totale et dépaysante.

Ce que j'ai moins aimé :

Il faut se laisser porter par ces petites anecdotes détachées les unes des autres, reflet de la vie quotidienne des polynésiens, entre discussion avec une cousine que l'on croise, un mari qui se laisse aller à la paresse, un congélateur qui tombe en panne...

Bilan :

Ce petit roman est frais et original. Il est le premier d'une série de trois romans

 

Présentation de l'éditeur : Au vent des îles ; 10/18

Publié dans Littérature Océanie

Partager cet article
Repost0

Le voyage d'Octavio de Miguel BONNEFOY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Octavio est un analphabète vénézuélien qui fait partie d'une bande de brigands. La belle Vénézuela entreprend de lui apprendre à lire et écrire et un nouvel univers s'offre à lui. Mais  les évènements risquent de les éloigner quand Octavio débute un grand voyage.

Ce premier roman de Miguel Bonnefoy à l'univers si particulier est agrémenté de personnages mythiques au charme indéniable. A la fois conte, récit de voyage, aventures poétiques, son lyrisme nous emporte vers des rivages enchantés. 

"Sa peau prit une couleur de sable, comme si on l'avait taillée dans un bloc de quartz. Aux hommes, il ne racontait jamais son histoire. Il évitait la compagnie des bavards, préférant celle des perdrix et des ramiers, dans l'ombre vaste des samanes. A l'aube, il marchait dans les rues en quête d'un bonheur. AU crépuscule, il se trainait jusqu'à un abri que la charité lui avait offert. Il avait cette attitude recueillie, désœuvrée. La nuit, il ne rêvait pas."

"La terre était noire, lourde, grasse. Des hectares entiers séchaient au vent, fertiles et épais, que personne ne cultivait. Octavio y lisait là l’oiseau à la trace de ses pattes, la souris à ses débris, la mule à l’empreinte du sabot. Il voyait le sillon d’herbes que laissait le cheval dans sa marche du pré à l’écurie. Plus loin, entre les pins, des fougères étaient couchées par des couples pendant l’amour, des prénoms gravés sur l’écorce des hêtres et des arbres à pluie, aux coupes vastes et étranges, peignaient leurs ombres sur les pâturages. Effacés par le vent, des dessins sur le sable faisaient comme un retour aux premiers gestes, à l’encoche taillée, à la corde nouée. Un retour à un monde où l’on désignait les choses en les pointant du doigt et où l’on comptait les heures au déplacement de la lumière."

Ce premier roman a remporté de nombreux prix, parmi lesquels le prix de la Vocation et le prix Fénéon.

 

Présentation de l'éditeur : Rivages poche

Du même auteur : Sucre noir ♥ ♥ ♥ ♥ ; Héritage ♥ ♥ ♥

Partager cet article
Repost0

Conférence avec Scholastique MUKASONGA

Publié le par Hélène

Hier avait lieu une conférence avec Scholastique Mukasonga au centre des arts d'Enghien les Bains, avec la médiathèque George Sand d'Enghien 

Envahie par l'émotion, l'auteure a répondu aux questions avec le souffle court, comme si les mots ne pouvaient pas aller jusqu'au bout du souffle, comme si la suffocation créée par ce génocide l'empêchait de s'exprimer. L'écrit a sans doute permis de dire ce que la parole n'autorisait pas...

LES VOIX MULTIPLES DU RWANDA


Scholastique Mukasonga est née en 1956 au sud-ouest du Rwanda, dans la province de Gikongoro. En 1960, sa famille est déportée, avec d’autres Tutsi. Elle réussit à survivre en dépit des persécutions et des massacres à répétition. En 1973, elle part en exil au Burundi. Elle achève ses études d’assistante sociale et travaille pour l’UNICEF.

Animé par Pierre Edouard Peillon

 

Pouvez-vous nous présenter Notre Dame du Nil et Kibogo est monté au ciel ?

J'ai  écrit mon premier roman Notre Dame du Nil parce que j'avais une histoire à raconter, plus douloureuse que ce que ce que j'ai vécu. Cette histoire est inspirée de de ma propre expérience, j'ai créé ces personnages pour me décharger de cette histoire.

Kibogo se passe dans les années 40 que je n'ai pas connues. Je suis partie en quête du passé, j'ai consulté pour ce faire le livre du père Pagès et celui du père Delmas. J'ai alors découvert l'histoire de Kibogo déjà racontée par ma mère dans mon enfance. Il s'est sacrifié pour sauver son peuple de la sécheresse. Au Rwanda, à cette époque, colonisation et évangélisation avaient partie liée. En 1931, la destitution du roi Musinga qui refusait le baptême entraîna la conversion massive de la population. Souvent, ces baptêmes à la chaîne, pour beaucoup opportunistes, aboutirent à un syncrétisme qui constituait une forme de résistance. Le roman s'attache à montrer de façon satirique cette jonction difficile entre la culture ancestrale et l'évangélisation imposée.

 

Pourquoi ce passage de l'autobiographie à la fiction avec Notre Dame du Nil ?

Au départ je ne voulais écrire qu'un livre Inyenzi ou les Cafards,

Il s'agissait d'un devoir de mémoire, j'avais été choisie pour être la mémoire. Le drame du génocide est que l'on a des morts sans corps et sans sépulture. Inyenzi était un tombeau de papier, un lieu où je mettrai les miens. Je ne pensais pas écrire autre chose, j'écrivais juste pour sauver la mémoire, j'étais survivante, c'était comme un devoir.

J'ai souhaité publier à nouveau pour recruter d'autres gardiens de la mémoire. Vous, les lecteurs. L'écriture et les rencontres avec les lecteurs m'ont soulagée, il n'existe pas d'autre thérapie possible.

Après La femme aux pieds nus, hommage à ma mère, j'ai repris des forces, je revivais, parce que c'était un récit tendre, que j'ai écrit avec plaisir. Après je ne pouvais pas ne pas écrire.

Dans Inyenzi il y avait des passages que je n'avais pas pu écrire, dans Iguifou mon recueil de nouvelles, la première nouvelle est autobiographique, je ne pouvais pas parler de cette petite dans Inyenzi, j'en ai parlé dans la nouvelle.

Je voulais ensuite écrire un roman qui ne serait pas moi.

AInsi j'ai atteint la résilience.
 

Pourquoi ce choix du pensionnat dans Notre Dame du Nil ?

Ce pensionnat est comme un microcosme de tout le Rwanda, de tout ce qui va l'embraser. J'ai pris ce lycée pour montrer la préparation du génocide, ce huis clos montre que ce n'étaient pas des massacres mais un génocide, pas de la folie, mais un crime préparé.

 

Quelle est l'origine de votre nom ?

Au Rwanda, chaque nom a une signification. Le prénom n'a pas de sens, il est choisi pas le prêtre, mais le nom est donné par le père. Il y a un message dans le nom.

Maman a déjà eu une fille. Or les filles sont souhaitables au Rwanda pour l'ainée et la cadette : l’ainée parce qu'elle va seconder la mère, la cadette comme bâton de vieillesse. Alors Mukasonga veut dire "encore une fille", c'est un reproche à ma mère. Mais j'ai transformé mon nom avec tout ce que j'ai fait, cela signifie maintenant culminant, "muka" c'est "la femme de" et "songa" c'est "le point culminant  la haute colline", je ne suis plus la fille de trop mais celle qui a accompli sa mission.

 

Est-ce que vous vous imposez l'humour dans vos livres ?

L'humour fait partie de la tradition rwandaise, c'est l'élégance rwandaise. Les choses graves passent plus facilement surtout avec une histoire aussi lourde. Le lecteur saisit mieux le message.

De plus quand j'ai voulu publier, j'ai dû retravailler mes manuscrits, or quand on écrit sur le génocide on se doit de préserver les lecteurs pour qu'ils ne souffrent pas, C'est pour ça que dans chacun de mes livres il y a des plages de répit, de plaisir, par exemple j'inclus des recettes de cuisine.

 

Voyez-vous une embellie dans les relations franco rwandaises ?

Pendant longtemps il n'y a pas eu d'ambassadeur français au Rwanda, or il vient d'être nommé, c'est plutôt bon signe.

De plus le déplacement de notre président Emmanuel Macron le 27 mai 2021 était attendu depuis 27 ans. Sarkozy est venu en 2010, il a parlé d'"aveuglement", un mot peu clair pour nous. Mais cette fois-ci Macron a initié une commission pour chercher la vérité de ce qui s'est passé au Rwanda durant la présence de la France au Rwanda. Lors de son discours, il a dit "je viens reconnaitre les responsabilités accablantes et lourdes de la France pendant le génocide des tutsis au Rwanda". Il a dit utiliser le mot "nuit", il a dit "Seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent nous faire le don du pardon". Il a dit "Ibuka"  (souviens toi) puis  il a dit "Diibuka" (je me souviens), ça veut dire qu’il était là avec nous, c’est un bon début.

Maintenant nous attendons les actes, nous avons besoin de la communauté internationale. Il a inauguré le nouveau centre culturel francophone pour les trois pays des grands lacs, je suis française et rwandaise, je voudrais que ces eux pays se donnent la main.

Les rwandais attendent que la justice puisse se suivre aussi.

 

Que pense la jeunesse de ces rapports franco-rwandais ?

La jeunesse veut que la justice fasse le travail contre les génocidaires. Sans rancœur. Si la France avait réagi en 1994 il n'y aurait pas eu de génocide, des massacres sans doute mais pas de génocide. Nous ne sommes pas rancuniers, les jeunes veulent que la vérité soit dite et que les actes soient posés.

 

A lire : L'iguifou ♥ ♥ ♥ ♥ ; Notre-Dame du Nil ♥ ♥ ♥ ; Un si beau diplôme ♥ ♥ 

Publié dans Littérature Afrique

Partager cet article
Repost0

Déception et abandon du mois

Publié le par Hélène

Un manoir en Cornouailles de Eve CHASE

Pitch :

Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?

Mon avis :

J'ai tellement peu adhéré au style et aux personnages que je n'ai pas même cherché à connaître quel était le mystère ou le lien entre les deux époques !

 

Partager cet article
Repost0

Le salon de beauté de Melba ESCOBAR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Karen est esthéticienne à La Maison de la Beauté, luxueux institut de la Zona Rosa, l'un des quartiers animés de Bogota. Elle tente d'économiser pour faire venir son fils de quatre ans qui habite chez sa mère, loin de Bogota. Ses clientes aiment se confier à elle, comme cette jeune fille Sabrina, si heureuse de se préparer pour son premier rendez-vous galant. Le lendemain, la jeune fille est retrouvée morte et l'affaire est enterrée avec la jeune femme.

A travers le portrait de Karen, l'auteur dresse un tableau très juste de la misère humaine, de ces espoirs sabordés parce que l'on se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Ces êtres livrés à eux-mêmes ne peuvent pas compter sur une police corrompue, ni sur les élites et les puissants tout aussi achetés. Ils doivent s'épauler, s'entraider s'ils espèrent sortir de leur marasme. Le salon de beauté apparait comme un havre de paix dans cette ville tourmentée, loin des désillusions de la vie. Mais c'est un univers régi par ses propres règles, ses conflits inévitables et garder sa place s'avère tout aussi difficile que de s'établir dans la société.

Derrière les paillettes du salon, se profile un roman social puissant, à la fois roman d'apprentissage, roman urbain et roman policier. 

Un très bon polar colombien !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Partager cet article
Repost0

Rendez-vous à Parme de Michèle LESBRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Nos vies sont peuplées d'ombres flottantes. "

Alors qu'elle ouvre un carton de livres ayant appartenu à un ami qui vient de mourir, la narratrice retrouve un exemplaire de La chartreuse de Parme de Stendhal, roman qui la replonge dans son passé. Lors d'un été, alors qu’elle n'avait que quatorze ans, elle avait rencontré un homme meurtri par la vie qui lui lisait à voix haute des romans et qui lui avait dit « Quand vous serez plus grande, vous irez à Parme, il faut lire ce roman de Stendhal à Parme. »

Elle décide alors, sur un coup de tête, de partir pour l'Italie. Elle se laisse porter par le temps, jamais seule puisque ses lectures et sa passion pour le théâtre l'habitent et nimbent son voyage d'une aura particulière, évanescente.

Le charme de ce roman est ténu, il tient sur un fil, le fil tout aussi mince de cette intrigue qui n'en est pas une. Mais tout se passe justement en coulisses, dans les interstices de la mélancolie. Cette écriture aux accents nostalgiques évoque quelquefois celle de Modiano et nous emporte dans un monde doux et voluptueux.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Chemins ♥ ♥ ♥ 

Partager cet article
Repost0

Les cris de l'innocente de Unity DOW

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Y a-t-il un monstre qui dort en chacun de nous ? Et si nous sommes tellement paralysés par la peur, si nous n'osons pas affronter ce mal, qui prendra garde aux cris de l'innocente ?"

Amantle désire devenir médecin et elle est envoyée au dispensaire d'un petite village de brousse proche du delta de l'Okavango au Botswana, pour effectuer son service national. Elle reçoit un accueil glacial des infirmières auprès desquelles elle est censée se former et se retrouve à effectuer des rangements. C'est ainsi qu'elle découvre les vêtements couverts de sang d'une petite fille disparue cinq ans plus tôt. A l'époque la disparition avait été classée sans suite, la police prétendant qu'elle avait été attaquée par un lion, mais la découverte de ces vêtements risque de remettre en cause ce verdict, et semble corroborer les soupçons de la famille et du village qui croit à un crime rituel orchestré par des hommes puissants.

Amantle, une jeune femme au caractère bien trempé, décide de chercher elle-même la vérité, aidée par ses amies, même si elle se heurte aux autorités bien décidées à lui mettre des bâtons dans les roues.

L'immersion dans ce petit village est totale, truculente quand il s'agit de décrire la vie du village, mais glaçante quand l'auteure s'en prend aux arcanes du pouvoir corrompues et habitées par le mal à l'état pur. Face à ces puissances, les villageois ont bien peu de poids ! L'auteure est juge à la Cour suprême du Botswana et a rédigé plusieurs rapports sur la condition des femmes et des enfants dans son pays, elle maitrise parfaitement son sujet.

Ce que j'ai moins aimé :

Le personnage de Amantle manquait de subtilité pour moi, elle semble un peu trop sûre d'elle, caricaturale, tout comme ses amies.

D'autres personnages apparaissent un peu tardivement dans l'histoire. La construction aurait pu être mieux maitrisée : pourquoi par exemple cette digression avec la fille d'un des coupables ?

Pour finir, la fin est assez décevante.

Bilan :

Un bon roman si vous voulez découvrir le Botswana mais un roman plus faible en ce qui concerne les personnages et l'intrigue policière.

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Partager cet article
Repost0

Tant qu'il reste des îles de Martin DUMONT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ce pont, il a chuchoté, c'est la mort de la poésie. [...]
C'est pas rien, une île... C'est un bout de terre planté au milieu de l'océan. Un caillou peut-être, mais avec la mer autour. Un truc magique, un endroit d'où tu ne peux pas te barrer comme ça, juste sur un coup de tête. Et même pour la rejoindre d'ailleurs ! Une île, ça se mérite. Faut prouver qu'on est digne de l'atteindre, faut être à la hauteur. [...] Si tu construis un pont, tu détruis tout, non ? Moi, je dis que tu la tues, cette île. "

Léni travaille sur un chantier naval sur l'île. Il regarde de loin les conflits qui éclatent au sujet du pont en construction, conscient des facilités que ce pont engendrera, mais aussi comprenant les discours de ses amis qui veulent bloquer ce chantier qui brouille leur quotidien et risque de perturber l'île. Le béton avance pourtant inexorablement. Léni est concentré sur la garde de sa fille qu'il aimerait voir plus malgré le divorce, et se trouve aussi perturbé par l'arrivée de Chloé, une journaliste qui s'installe dans la région pour un temps souhaitant fuir la capitale. mais Léni pourra-t-il créer un pont entre elle et lui ?

Avec sensibilité et délicatesse, l'auteur évoque la fin d'un monde, accompagnée de son corollaire, la peur de la nouveauté et du changement. Les personnages lumineux incarnent réellement cette difficulté de s'attacher ou de se détacher que ce soit d'un continent, d'un travail, d'un couple. Reste la joie procurée par l'union et l'harmonie avec les autres, les hommes désœuvrés se retrouvant le soir dans le bar de Christine pour des soirées hors du temps autour de parties de cartes ou d'un air d' accordéon.

"J’aime la symbolique des ponts, tout ce qu’ils représentent en termes de liens, d’abolissement des frontières et des barrières. Même si la magie des îles tient en grande partie à leur inaccessibilité. On peut dire que j’écris sur la mer, les bateaux, ou même sur la maladie, comme dans mon premier roman. Mais le centre de mes textes, ce sont les gens. Pas d’histoires grandioses ou d’aventures particulières. Juste des personnes qui se débattent avec leur vie, qui font ce qu’elles peuvent pour s’en sortir dignement et être heureuses autant qu’il est possible de l’être. Voilà ce qui m’intéresse. Les gens, leur complexité, leurs réactions face à une situation perturbatrice, et surtout les relations qu’ils nouent entre eux." explique l'auteur.

Un pari réussi pour ce très beau roman !

 

Présentation de l'éditeur : Les avrils

Merci à Lecteurs.com pour cette très belle découverte

Partager cet article
Repost0

Autopsie d'un drame de Sarah VAUGHAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Liz est médecin aux urgences pédiatriques, or ce soir-là, elle reçoit le bébé de son amie Jess. La petite Betsey âgée de dix mois présente les signes d'un traumatisme crânien alors sa mère n'a pas d'explications cohérentes à offrir, et semble avoir tardé à porter la petite fille aux urgences. De fait, le doute s'installe dans l'équipe soignante : aurait-elle été victime de maltraitance ? Liz elle-même en vient à douter, même si elle connait Jess, mère au foyer impliquée avec trois enfants. Les services sociaux sont alors contactés et une enquête se met en marche.

Ce que j'ai aimé :

"Je n'ai pas une minute pour souffler, il faut sans cesse les surveiller. Vérifier qu'ils ne font pas quelque chose de dangereux sans réfléchir, être sur mes gardes, m'assurer qu'ils vont bien. "

L'accent est mis sur la solitude des mères qui veulent faire croire que tout va bien quand en réalité tout s'effondre dés qu'elles rentrent et qu'elles doivent affronter un enfant qui pleure sans discontinuer. Elles subissent une pression sociale qui veut qu'une mère doit être une bonne mère, heureuse d'avoir ses enfants auprès d'elle, responsable et aimante. La scène où Jess avoue qu'elle ne va pas si bien que cela est éclatante de vérité :

"Tout va très bien, merci. Voilà ce qu'elle aurait répondu avant. Cachant ses angoisses derrière une façade aussi fragile et brillante que du sucre filé, dissimulant ses pensées sombres sous un vernis éclatant. Mais il y a d'autres mères qui connaissent ce qu'elle traverse : c'est une des choses qu'elle a retenues de son entretien avec le Dr Arnold. Et pour cette raison elle décide d'être honnête.

- Pas terrible, avoue-t-elle."

Le roman insiste que la nécessité de sensibiliser les femmes à la dépression post-partum, et à considérer ce passage à vide comme une maladie et non pas comme un manquement des mères dans leur rôle !

Ce que j'ai moins aimé :

- J'ai deviné à  la page 60 (sur 360) ce qui s'était passé. De fait, l'auteur devait être consciente de ce défaut car elle choisit pour finir de nous concocter un retournement de dernière minute très peu crédible !

- J'ai trouvé des raccourcis assez choquants, par exemple l'idée que toute femme victime de dépression post-partum pouvait avoir des envies meurtrières envers son enfant.

- Les pères ont tous un mauvais rôle, laissant toutes les corvées aux femmes, flirtant avec d'autres femmes, quand ils ne fuient pas purement et simplement le foyer familial.

- Les liens amicaux entre mères sont peu cohérents, il vaut mieux lire les romans de Liane Moriarty qui décrit bien mieux cet univers à la Desperate Housewives.

- Pour finir ce parallèle entre l'histoire de Jess et l'histoire de la mère de Liz semble un peu forcé et excessif !

Bilan :

Clairement décevant !

 

Présentation de l'éditeur : Préludes éditions

Du même auteur : Anatomie d'un scandale ♥ ♥ ♥ ♥

D'autres avis : Eva

Publié dans Roman policier Europe

Partager cet article
Repost0

Retour à Brixton Beach de Roma TEARNE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Alice vit au Sri Lanka en 1973. Elle est très proche de son grand-père maternel, Bee. Le climat politique de la région se tend opposant les Tamouls et les Cinghalais. Le père d'Alice, Stanley est justement tamoul alors que sa mère Sita est cinghalaise, ils décident ainsi de quitter le pays pour se rendre en Grande-Bretagne, là où, ils l'espèrent, leurs origines ne seront plus sources de conflit. Leur départ est un déchirement pour Bee et pour Alice qui peine à s'adapter à cette nouvelle vie.
Le couple et Alice se heurtent aux difficultés de l'exil et à cette tendance de reformer loin de chez soi la communauté perdue. La Grande-Bretagne ne sera sans doute pas l'eldorado promis...

Nous suivons ces évolutions à travers le regard de la fillette qui grandit déchirée entre ces deux pays et communautés. Ce regard permet de mettre en avant l'absurdité de ces conflits violents, ainsi que la difficulté de vivre ensemble. Alice reste tournée vers son pays mais contrainte de suivre ses parents, elle tait ses véritables aspirations, qu'elle exprime plutôt dans l'art.

 Ce que j'ai moins aimé :

Des longueurs (sur 624 pages c'est un peu inévitable...)

De nombreux destins se brisent à cause du silence, de cette incapacité à communiquer ses émotions ou sentiments, ou bien du destin contraire inscrit dans les cieux ? Il n'en reste pas moins que la lumière évoquée par l'Alice enfant s'estompe peu à peu pour laisser place à une noirceur déstabilisante.

Bilan :

Un roman néanmoins marquant sur l'histoire peu connue du Sri Lanka.

 

Présentation de l'éditeur : Le Livre de poche

Publié dans Littérature Asie

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>