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Ma vie dans les monts de Antoine MARCEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Il existe une autre dimension mais, du fait qu'elle n'est pas visible,les hommes l'ignorent. Entre les branches des arbres, dans les sous-bois, passe un je-ne-sais-quoi d'espace et de lumière qu'on ne verrait peut-être pas si certains peintres ne l'avaient pas mis en évidence. Il y a, dans l'ordinaire, quelque chose qui transcende l'ordinaire, la formule est de l'ancien maître de haïku Bashô."

Après avoir voyagé en Afrique, en Chine et au Moyen-Orient, Antoine Marcel fait le choix de se retirer loin de l'agitation du monde, dans les monts d'Auvergne. Il se consacrera ainsi entièrement à l'émerveillement, dans un esprit simple et dépouillé du superflu.

Ce que j'ai aimé :

L'auteur nous livre avec simplicité une vie au jour le jour enrichi de cultures, de réflexions sur le sens de la vie, sur la vie, sur le monde et l'univers.

De nombreuses références littéraires comme Soseki :

"En quittant le souci du monde, oublier le moi, les choses.

Regarder simplement par la fenêtre et les vieux pins sombres.

L'immense nature, au coeur de la nuit, pure de tout bruit ;

Silencieux et seul, se tenir assis comme un vieux bouddha." SOSEKI, Poèmes

Ou encore Holderlin qui dit d'habiter la terre en poète "Dans le fond, ce que tout homme cherche, c'est un monde à habiter. Un monde dans lequel pouvoir vivre en fidélité à soi-même, à ce que l'on possède de plus précieux."

Ce que j'ai moins aimé :

Il faut être initié un minimum au bouddhisme, au zen pour comprendre toutes les nuances de ce récit / essai.

Bilan :

Un texte riche dont on ressort grandi, même si tout n'est pas intelligible pour un néophyte.

 

Présentation de l'éditeur : Arléa

Vous me demandez pourquoi j'habite
parmi les monts bleu-vert ?
Je souris mais je ne réponds point.
Fleurs de pêcher sur l'eau qui court,
tout s'en va et s'efface.
Ici c'est une autre terre, un autre ciel,
très loin du monde des humains.
          Libai, Réponse au sein des montagnes 
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Au-delà de la mer de Paul LYNCH

Publié le par Hélène

« L'espoir ce n'est rien qu'une petite flamme, pense Bolivar. On le nourrit d'une petite chose et puis d'une autre. C'est ainsi que nous vivons.«

Alors qu'une tempête se prépare, Bolivar, pêcheur sud-américain, décide de prendre la mer, pressé par le besoin d'argent. Son compagnon habituel de pêche restant introuvable, il emmène avec lui le jeune Hector. La tempête les rattrape rapidement, leur moteur tombe en panne et ils se retrouvent tous les deux seuls, face à l'immensité déserte.

Ce que j'ai moins aimé :

- Trop statique, l'action n'évolue pas et les réflexions liées à cette situation particulière n'ont pas trouvé d'écho en moi...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

Publié dans Littérature Europe

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No home de Yaa GYASI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Tout commence au Ghana au 18ème siècle dans un incendie qui marquera les générations futures de cette famille. Effia et Esi sont deux demi-soeurs qui ne se connaissent pas, l'une est mariée de force à un anglais, capitaine du fort de Cape Coast, qui est un fort d'esclaves au Ghana, tandis que l'autre devient esclave, et est envoyée en Amérique.

Par la suite, le roman s'attache à leur descendance, du XVIII ème siècle à nos jours, chaque chapitre ouvrant sur un nouveau personnage issu de la lignée de l'une des demi soeurs, alternativement sur le sol ghanéen, et sur le sol américain. L'auteure s'attache à des moments historiques comme le Fugitive Slave Act, la guerre de Sécession ou encore la reconstruction pour parvenir finalement à notre époque.

A l'image des conteurs africains l'auteure nous emporte et montre comment l'histoire se répète et comment les générations sont marquées les unes après les autres, chaque être gardant en lui les stigmates des précédentes et se construisant sur les ruines ou les fondations de ces dernières. Doté d'une finesse et d'une complexité éclairées, le roman expose les coulisses du racisme pour mieux en explorer la cruauté.

"Nous croyons celui qui a le pouvoir. C'est à lui qu'incombe d'écrire l'histoire. Aussi quand vous étudiez l'histoire, vous devez toujours vous demander : "Quel est celui dont je ne connais pas l'histoire ? Quelle voix n'a pas pu s'exprimer ?" Une fois que vous avez compris cela, c'est à vous de découvrir cette histoire. A ce moment-là seulement,vous commencerez à avoir une image plus claire, bien qu'encore imparfaite."

Un grand roman !

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Publié dans Littérature Afrique

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Le baiser des Crazy Mountains de Keith MCCAFERTY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Alors qu'il séjourne dans un bungalow du Montana, le romancier Max Gallagher découvre un cadavre  coincé dans sa cheminée. La victime est Cindy Huntington, une jeune fille disparue cinq mois auparavant. Le shérif Martha Ettinger aidée de Sean Stranahan enquêtent autour de cette famille passionnée par le rodéo.

Le Montana et ses paysages sont des personnages à part entière dans cette série nature writing. La psychologie des personnages est très fine, les dialogues ficelés font toujours mouche, nous entrainant dans les affres de l'âme humaine. La disparition de la jeune Cindy mène à s'interroger sur les mystères que peuvent constituer les adolescents pour leur entourage : la mère de Cindy se remet en question en tant que mère, qu'a t-elle pu manquer, qu'aurait-elle pu faire de plus ou de moins, est-elle responsable des changements de sa fille ? Elle s'interroge aussi en tant que femme, au sein de son couple et sa solitude transparait dans chacun de ses actes. Son personnage est profondément humain et touchant. Face à elle, Sean est décontenancé, leurs solitudes s'aimantant inexorablement.

Ce que j'ai moins aimé :

L'atmosphère est assez sombre, teintée d'une mélancolie que j'ai personnellement ressentie au fond de moi comme déprimante.

Bilan :

Une très bonne série de policiers "nature writing"

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur dans la même série : Meurtres sur la Madison ♥ ♥ ♥ ; Les morts de Bear Creek ♥ ♥ ♥ ♥ ; La Vénus de Botticelli Creek ♥ 

Ce n'est pas nécessaire de les lire dans l'ordre, mais toutefois cela vous permettra de suivre l'évolution des liens entre Sean et Martha.

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Le roi Arthur de Michael MORPUGO

Publié le par Hélène

♥ ♥

Un jeune garçon décide de partir à l’aube pour gagner à pied les îles du Levant. Mais il s’endort et se fait surprendre par le brouillard. Il entend alors une cloche qu’il essaie de suivre en vain, et finit par se faire prendre par l’eau. Il se réveille finalement aux côtés d’un vieil homme et de son chien, Bercelet. Le vieil homme n'est autre que le roi Arthur, qui régna sur le royaume de Bretagne, et va lui raconter son parcours. Défile alors l'histoire des chevaliers de la table ronde : Lancelot, Perceval, Tristan, Gauvain...

Derrière l'image lisse des chevaliers, héros forts et courageux, nous découvrons des êtres faillibles, la pureté étant finalement rare. Ce sont des êtres humains en proie à des passions contre lesquelles ils ne peuvent lutter, comme le prouvent Lancelot ou Tristan, amoureux de celle qui leur est interdit.

« Un jour ou l’autre, il nous est arrivé à tous de trahir une promesse, si les promesses sont faciles à faire, elles sont également faciles à rompre. »

Le récit cadre donne un côté onirique fantastique attirant, mais par la suite le récit devient très dense.

Ce que j'ai moins aimé :

Le récit est très dense, les histoires s'enchainent, laissant peu de place aux personnages pour respirer.

Le style est assez basique, il manque un souffle lyrique, épique, poétique.

Bilan :

Une bonne façon d'entrer dans la légende arthurienne et peut-être, de donner envie de découvrir ensuite les récits de Chrétien de Troyes.

 

Titre recommandé par le Ministère de l'Éducation Nationale en classe de 5e.

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Publié dans Jeunesse Roman

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Les enfants du fleuve de Lisa WINGATE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Memphis, 1939. Alors que leur mère vit un accouchement difficile et que son mari l'amène à l'hôpital, Rill Foss, douze ans et ses quatre frères et soeurs restent seuls en attendant leur retour. Mais des inconnus surviennent pour les enlever loin de leur péniche familiale amarrée sur les bords du Mississippi. Ils sont jetés dans un orphelinat, la Société des foyers d'accueil du Tennessee, dirigé par Georgia Tann, et réalisent peu à peu qu'ils ne reverront jamais leurs parents et que leur vie au bord du fleuve est révolue. 

Des années plus tard, en Caroline du Sud, Avery Stafford est de retour dans la ville de son enfance pour seconder son père, sénateur. Lors d'une visite dans une maison de retraite, elle se laisse aborder par une vieille dame qui prétend la connaitre. Avery plonge alors dans les archives familiales et décide d'enquêter sur les origines de sa grand-mère.

Si l'auteure utilise cette vieille thématique toujours efficace des secrets de famille pour construire son roman, elle le fait intelligemment en se basant sur des faits réels. Cet orphelinat et cette directrice aux méthodes cruelles ont réellement existé pendant des décennies. Pus de 500 enlèvements ont été orchestrés par Georgia Tann dans la région de Memphis de façon à fournir des bébés à des couples riches, contre rémunération. Les enfants ont été élevés dans des conditions déplorables, si bien que plus d'un a trouvé la mort.

Ce que j'ai moins aimé :

La construction consistant à alterner les histoires permet certes d'alléger la dureté des scènes liées à l'orphelinat puisque les chapitres sur Avery s'avèrent plus légers, frôlant quelquefois même la caricature et la bluette amoureuse classique. Toutefois, cette partie de l'histoire aurait peut-être pu être traitée avec plus de subtilité, bien trop superficielle, elle fait perdre du crédit au roman.

Bilan :

Un roman qui reste marquant.

 

Présentation de l'éditeur : Pocket

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Ma rentrée littéraire 2021

Publié le par Hélène

Pour finir avec les rentrées littéraires, voici les romans qui m'attirent dans celle de 2021 :

Clélia Renucci La fabrique des souvenirs

Estelle-Sarah Bulle Les étoiles les plus filantes

Alain Mascaro Avant que le monde ne se ferme

Paolo Cognetti La félicité du loup

Cécile Coulon Seule en sa demeure

Ta-Nehisi Coates La danse de l'eau

Paul Lynch Au-delà de la mer

Kawai Strong Washburn Au temps des requins et des sauveurs

 

Liste évolutive bien sûr ! A suivre en ces pages !

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Rentrée littéraire 2020

Publié le par Hélène

Là où chantent les écrevisses de Delia Owens

Présentation de l'éditeur : Les rumeurs les plus folles courent sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, en Caroline du Nord. Pourtant Kya n’est pas cette créature sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. Abandonnée à l’âge de dix ans par sa famille, c’est grâce au jeune Tate qu’elle apprend à lire et à écrire, découvre la science et la poésie. Mais Tate, appelé par ses études, doit partir à son tour. Et lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…
Mon avis : Roman sur la différence, parcourus par des lueurs éblouissantes, ce roman est une petite pépite brute, pure, de celles qui palpitent longtemps au fond de nos cœurs !
 

 

 

Présentation de l'éditeur :

“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.”

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.

Mon avis : Un roman fort.
 
*
D'autres titres de cette rentrée littéraire : Télérama
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Rentrée littéraire 2019

Publié le par Hélène

Par les routes de Sylvain PRUDHOMME

Présentation de l'éditeur : La quarantaine, écrivain, Sacha quitte Paris pour le calme d’une petite ville du Sud. À peine installé, il retrouve son ami de jeunesse. Celui qu’il a toujours appelé l’autostoppeur vit désormais avec Marie et leur fils, habitués à ses disparitions et ses retours inopinés. Mais l’arrivée de Sacha bouleverse cet équilibre familial.
Entre Sacha et Marie, les liens se resserrent. Que vaut la liberté face à l’amitié et à l’amour ?

Mon avis : Le temps d'un voyage, les discussions s'enflamment, les liens se créent, le partage règne, comme dans cette magnifique scène finale, ode à la vie ! Un roman magnifique, doté d'une profondeur dans la légèreté, un vrai coup de coeur !!

De pierre et d'os  de Bérengère Cournut

Présentation de l'éditeur :  « Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman)

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

Mon avis : Ce très beau roman nimbé d'onirisme nous entraine aux confins d'une culture fascinante portée par ce personnage terriblement attachant. L'intense spiritualité de ce peuple s'échappe de chaque page, de chaque chant retranscrit, nous emportant bien loin de nos propres croyances occidentales.

 

D'autres titres pour cette rentrée littéraire : Télérama

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Rentrée littéraire 2018

Publié le par Hélène

Leurs enfants après eux de Nicolas MATHIEU

Présentation de l'éditeur :  Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.

Mon avis : Parce qu'il a su puiser dans sa propre jeunesse et ses souvenirs pour écrire, parce qu'il sait restituer une atmosphère, une ambiance par la biais d'une sensation, d'un bruit, d'un détail, Nicolas Mathieu offre ici un récit d'une justesse exemplaire, parfaite adéquation entre acuité d'observation et d'analyse et beauté de l'écriture réinventée.  Il évoque l'éducation, la transmission, les rêves adolescents, les désillusions sentimentales, le marasme et le vide toujours à l'affût, les rêves trop grands, et tout à coup au détour d'une page, l'évidence nous traverse, il parle de nous, il parle de notre jeunesse, il parle de l'humain.

Prix Goncourt -

 

Ásta de Jón Kalman Stefánsson

Présentation de l'éditeur : Reykjavík, début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur fille Ásta, d’après une grande héroïne de littérature islandaise. Un prénom signifiant – à une lettre près – amour et qui, croient-ils, ne peut que porter chance à leur fille…

Mon avis : Un roman lumineux qui fusionne les nuits sombres et les aurores boréales pour enfanter la beauté ...

 

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