Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pour avoir vu un soir la beauté passer - 62 poètes d'aujourd'hui

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Autour du thème de la beauté, thème du printemps des poètes 2019, 62 poètes contemporains se côtoient dans cette anthologie. ne reste plus qu'à se laisser conquérir par cette beauté contemporaine...

 François de Cornière

 Francis Danemark

Jean-Michel Maulpoix

 

Présentation de l'éditeur : Castor Austral

Les auteurs : Marc Alyn, Michel Baglin, Marie-Claire Bancquart, Linda Maria Baros, Claude Beausoleil, Claude Ber, Zéno Bianu, Daniel Biga, Alexandre Bonnet-Terrile, Alain Borer, Nicole Brossard, Michel Bulteau, Laure Cambau, Gérard Cartier, Bernard Chambaz, Jean-Pierre Chambon, William Cliff, François de Cornière, Cécile Coulon, CharlElie Couture, Seyhmus Dagtekin, Francis Dannemark, Jacques Darras, Julie Delaloye, Philippe Delaveau, Patrice Delbourg, Ariane Dreyfus, Antoine Emaz, Dominique Fabre, Daniel Fano, Alexis Gloaguen, Guy Goffette, Hubert Haddad, Alejandro Jodorowsky, Charles Juliet, Abdellatif Laâbi, Werner Lambersy, Yves Leclair, Yvon Le Men, Jérôme Leroy, Jean-Paul Michel, Bernard Noël, Jean Portante, Serge Pey, Éric Poindron, Bernard Pozier, Jacques Roubaud, Valérie Rouzeau, James Sacré, Nohad Salameh, Dominique Sampiero, Eric Sarner, Eugène Savitzkaya, Jean-Pierre Siméon, Jean-Luc Steinmetz, Lucien Suel, Jacques Vandenschrick, André Velter, Franck Venaille, Laurence Vielle, Thomas Vinau.

 

Publié dans Poésie française

Partager cet article
Repost0

Antonia - Journal 1965-1966 de Gabriella ZALAPI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Antonia est une jeune femme de 29 ans mariée à un homme qui ne l'estime pas, et des envies de liberté la parcourent : "J'ai épousé Franco aveuglée par le désir d'être aimée. je me suis trompée." dit-elle. "Franco est un homme tiède, sans courage. Sa vie s'étend sur quelques mètres carrés. Parler avec lui c'est restreindre mon horizon, restreindre mon vocabulaire, restreindre mon imaginaire."

Quand elle se confie à son père tant aimé, celui-ci la rabroue et l'enjoint à aimer son mari, "pour le meilleur et pour le pire". A la mort de sa grand-mère, Antonia reçoit une boîte de documents retraçant la vie de cette femme, elle se consacre alors à reconstituer le passé, se perdant dans la vie de son ancêtre pour oublier ses déconvenues.

Mais peu à peu, sa volonté s'affirme, elle s'affranchit des conventions sociales étouffantes et s'admoneste : "Antonia, tu dois : émerger, apparaître, sortir, te montrer, jaillir des tréfonds, manifester ta présence. Qu'attends-tu ?"

Dans ce journal intime, elle note ses pensées mais aussi les fulgurances trouvées ailleurs, comme cette réplique de Fellini dans 8 1/2 : "Est-ce que tu serais capable de tout planter là et de recommencer ta vie ? De choisir une chose, une seule chose et d'y rester fidèle ? ... De faire en sorte qu'elle devienne ta raison de vivre ? ... Une chose qui résumerait tout, qui renfermerait tout, parce que ta propre fidélité la rendrait infinie ? En serais-tu capable ?"

Gabriella Zalapi est artiste plasticienne et elle utilise ici des photographies, souvenirs ou archives issues de sa propre histoire familiale pour nous conter ce destin de femme et cette émancipation féminine peu évidente dans les années 60 en Sicile. Antonia est son premier roman, il lui permet de s'interroger sur ce qui fonde une identité. 

Ce que j'ai moins aimé : Le côté fragmenté et assez répétitif  du journal a émoussé mon intérêt en cours de lecture.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

D'autres avis : Cathulu ;  Paolina ; Télérama

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Printemps des poètes #2

Publié le par Hélène

Paul ELUARD

Publié dans Poésie française

Partager cet article
Repost0

Feuillets d'Hypnos de René CHAR

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Enfonce-toi dans l'inconnu qui creuse. oblige-toi à tournoyer."

René Char a écrit ces Feuillets d'Hypnos entre 1943 et 1944 – lorsque le poète était engagé dans la Résistance sous le nom de Capitaine Alexandre. Ils ne furent publiés qu’à la fin de la guerre, en 1946, car René Char souhaitait que l'action prime en ces périodes tourmentées. Les poèmes prennent la forme de courtes notes, de maximes, anecdotes, souvenirs éparpillés et consignés, récits de guerre (arrestations, tortures, représailles, exécutions sommaires...), conseils d'un commandant à ses troupes, notes saisies au fil de l'action. 237 fragments au total, dans lesquels le vif du combat transparait.  Ces pages fulgurantes esquissent aussi le portrait des hommes compagnons de résistance, et rend hommage à ceux tombés morts. Une partie des feuillets a été brûlée à la fin de la guerre et le poète les a repris un peu plus tard, abrégeant ou développant selon le cas.

"Nous n'appartenons à personne sinon au point d'or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qu tient éveillés le courage et le silence."

Témoignage du quotidien, ces fragments se concentrent sur la volonté et nécessité de combattre et de témoigner pour laisser une trace et rassembler les hommes.

"Nous sommes pareils à ces crapauds qui dans l'austère nuit des marais s'appellent et ne se voient pas, ployant à leur cri d'amour toute la fatalité de l'univers."

Nécessité aussi de l'écriture, pour échapper au pire, pour respirer entre les mots :

"Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté."

Un texte essentiel.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Vous aimerez aussi : L'honneur des poètes

 

Publié dans Poésie française

Partager cet article
Repost0

La cantine de minuit - tome 1- de YARO ABE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

A Shinjuku, cette gargote propose aux noctambules de les accueillir, et, si le patron a les ingrédients, de cuisiner ce qui leur fait plaisir. Ouvert de minuit à sept heures du matin, ce petit restaurant est très fréquenté, strip-teaseuse, acteur ou actrice, yakuza, boxeur, les rencontres se succèdent et les affinités culinaires se créent autour du patron toujours prêt à les accueillir et à les écouter. Certains soirs, des joutes oratoires voient le jour autour de la question de savoir s'il faut manger le poisson avec de la sauce soja ou de la sauce sucrée, d'autres soirs, les habitués se racontent des histoires de fantômes, la jeune Mayumi vient soigner son surpoids, et même le jour de Noël tous se retrouvent là-bas et mangent du crabe ensemble... Ce n'est rien d'autre finalement que la vie qui passe, avec ces couples qui se font et se défont, tout comme les carrières aussi ne reste que le plaisir du partage autour d'un bon repas. Nos papilles gustatives salivent en effet à l'évocation de saucisses en forme de poulpe, de curry qui a reposé toute une nuit, de concombres marinés dans du son de riz, de beignet aux oignons, plats typiques du Japon mais peu connus ici.

"Tout le monde vient se remplir la panse,

Tout le monde vient se remplir le coeur,

Tout le monde repart avec le sourire de ce petit restaurant réconfortant situé dans un recoin de la ville."

 

Présentation de l'éditeur : Le lézard noir

D'autres avis : Télérama

 

 

La Bd de la semaine est chez Noukette

Publié dans Manga - Manhwa

Partager cet article
Repost0

La maîtresse de Carlos Gardel de Mayra SANTOS-FEBRES

Publié le par Hélène

♥ ♥

En 1935, le grand Carlos Gardel, icône du tango au sommet de sa gloire, séjourne le temps de quelques concerts à San Juan de Porto Rico. C'est là que la jeune Micaela le rencontre, alors qu'elle aide sa grand-mère guérisseuse : les deux femmes sont appelées auprès du chanteur pour le soulager d'un mal qui le ronge. Cette rencontre éloigne pour un temps la jeune fille de sa passion pour la botanique et de ses études pour entrer à L'Ecole de médecine tropicale. La découverte de son désir, du plaisir érotique l'attache aux pas du grand artiste.

Quelques mois plus tard, le grand Gardel périt dans un accident d'avion, suivi de près par la grand-mère de Micaela. La jeune femme, forte de son expérience, suit son destin et tentant de tenir la promesse faite à sa grand-mère, cherche à échapper à son milieu en se consacrant à ses études de médecine. Elle entremêle savamment la culture de guérisseuse de sa grand-mère aux enseignements reçus.

"Et j'ai pensé au savoir de ma grand-mère. A la façon dont le mangé coolie arrête saignements, herbe aux vers chasse les parasites du corps, dont l'aneth tire le lait des poitrines les plus arides ; dont la feuille de dartrier assèche les tumeurs. En revanche, à l'école, tout n'était que vinblastine, vincristine, tannine, alcaloïdes et produits chimiques finalement également tirés des plantes ; mais d'une autre manière."

Dans ce beau roman, toute la tristesse du tango transparaît à travers l'histoire de cette jeune fille. Oscillant entre tradition et modernité, la jeune Micaela devra faire des choix, notamment durant ses recherches autour d'Enovid, la pilule contraceptive dont le berceau fut Porto Rico. Hantée par l'élan fulgurant vécu auprès de Gardel, son destin est porté par la même passion dévorante, nécessitant des sacrifices et teintant sa vie de mélancolie.

Dans l'ombre de Gardel, Mayra SANTOS-FEBRES nous chante une romance intense teintée de tristesse, à l'image de la chanson "Volver" du grand Carlos :

"Volver...
Con la frente marchita
La nieve del tiempo
Platearon mi sien.
Sentir...
Que es un soplo la vida
Que veinte años no es nada
Que febril la mirada
Errante entre la sombra
Te busca y te nombra.
Vivir...
Con el alma aferrada
A un dulce recuerdo
que lloro otra vez. "

"Revenir,
Avec le front marqué
La neige du temps
Plaquée sur mes tempes.
Sentir..
que la vie n'est qu'un souffle,
Que vingt ans ne sont rien,
Que mon regard fébrile,
Errant dans l'ombre,
Te cherche et dit ton nom.
Vivre..
Avec l'âme enchaînée
A un doux souvenir,
Que je pleure à nouveau.
J'ai peur de la rencontre
Avec ce passé qui revient
Défier ma vie. "

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

D'autres avis : Babélio

Merci à l'éditeur.

Partager cet article
Repost0

Printemps des Poètes 2019

Publié le par Hélène

"J’ai vu une enfance violentée rêver devant un amandier en fleurs.
J’ai vu un homme emprisonné retrouver souffle à la lecture d’un poème.
J’ai vu le ciel déverser des tonnes d’azur sur nos morts.
J’ai vu la neige brûler moins que les larmes.
J’ai vu le soleil consoler un coquelicot, et réciproquement.
J’ai vu un arc-en-ciel en cavale sous l’orage.
J’ai vu un ange noir chanter sous les étoiles.
Et je n’ai trouvé qu’un mot pour dire cela qui transcende le chaos, l’éphémère et la joie mêlés de nos vies : LA BEAUTÉ.

J’entends Aragon, immortalisé par Ferré : Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses. J’entends Eluard : J’ai la beauté facile, et c’est heureux. J’entends Char bien sûr : Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. Mais aussi ces innombrables voix de poètes qui ne cessent d’extraire la beauté ensauvagée du monde.

Et comme pour donner raison à ce thème du Printemps des Poètes, Enki Bilal accepte d’en signer l’affiche tandis qu’un faon traverse la tempête à l’instant sous mes yeux."

Sophie Nauleau, 13 mai 2018.

Pour le programme, c'est ICI

Partager cet article
Repost0

Vacances !

Publié le par Hélène

De retour le samedi 9 pour l'ouverture du Printemps des Poètes !

Partager cet article
Repost0

A la ligne - Feuillets d'usine de Joseph PONTHUS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"J'écris comme je pense sur ma ligne de production

divaguant dans mes pensées seul déterminé

J'écris comme je travaille

A la chaîne

A la ligne"

"L'usine comme une déflagration physique, mentale", tels sont les sentiments de Joseph Ponthus quand il découvre les lignes de production. Porté par l'amour, il quitte son métier d'éducateur spécialisé en région parisienne pour gagner la Bretagne et se heurte alors à l'absence de travail dans son domaine. De guerre lasse, il finit par se tourner vers les agences d'intérim et devient ouvrier dans des usines de poissons ou des abattoirs.

Commencent alors les jours sans fin, sans lendemain, rendus fragiles par la précarité du statut. Ces jours que l'on prend parce qu'on ignore de quoi demain sera fait. A cela s'ajoute la difficulté du travail, les gestes répétitifs, les odeurs prégnantes, la douleur physique et morale. Seul l'esprit peut s'échapper, en comptant les heures, en espérant les pauses, en attendant avec impatience la fin de la journée. Puis, enfin, le repos, la maison, la femme aimée, le chien Tok-Tok, un univers familier, rassurant, confortable. Mais Joseph ne veut pas oublier, il souhaite garder une trace, et s'astreint à écrire en rentrant, malgré la fatigue qui tombe brusquement sur les épaules.

Pour cet homme issu d'un milieu plutôt intellectuel, la ligne de production se révèle un calvaire qu'il transfigure dans ses mots, peut-être pour donner un sens à l'horreur d'un quotidien pesant. La ligne de production, puis la ligne pour se souvenir, pour respirer. Pendant ses heures de labeur, outre ses compagnons de ligne qui l'épaulent, l'accompagnent également Cendrars, Céline, Aragon, Apollinaire. Paradoxalement le seul moyen de se rattacher au réel est la littérature. En s'identifiant à Dantès dans son château d'If, l'ouvrier tente de supporter sa prison qu'est l'usine. Il utilise sa culture et ses lectures pour tenir, se fabriquer un monde, en lui, pour oublier le quotidien annihilant; l'art fonde finalement son identité et l'empêche de devenir fou. "Qu'incessamment en toute humilité, Ma langue honore et mon esprit contemple" disait son ancêtre à qui il rend indirectement hommage aujourd'hui par ce magnifique témoignage percutant comme une balle en plein cœur.

En rassemblant ces bouts d'insignifiance qui donnent du sens aux heures, Joseph Ponthus nous rappelle s'il en est besoin du pouvoir magique de la littérature comme un chant intérieur qui "enchante" les jours.

Un roman essentiel !

Présentation de l'éditeur : Editions La table ronde

D'autres avis : Moka ; Clara ; Cathulu

Partager cet article
Repost0

Vilnius, Paris, Londres de Andreï KOURKOV

Publié le par Hélène

♥ ♥

Grâce à Schengen les frontières s'ouvrent aux lituaniens le 21 décembre 2007. Les plus jeunes décident alors de tenter leur chance ailleurs, loin de ce qu'ils ne connaissent que trop. Ainsi, Ingrida et Klaudijus partent pour Londres et s'exilent au fond du Surrey pour devenir gardiens d'un manoir déserté, quand Barbora et Andrius choisissent Paris. Andrius deviendra clown d'hôpital, pendant que Barbora est baby-sitter et gardienne de chiens. Enfin, le dernier couple, Renata et Vitas, reste en Lituanie : Renata souhaitant veiller sur son grand-père âgé et peu attirée par les feux de l'étranger, qui lui ont pris ses parents. Vitas décide alors de créer sa propre entreprise.

Si les lumières de l'ailleurs ont éclairé leurs cœurs et esprits, la réalité se charge de les rappeler à l'ordre : ici comme ailleurs, la vie n'est pas simple, et les vicissitudes de l'existence restent prégnantes. La précarité guette ceux qui ont fait le choix de partir sans rien, la nécessité de gagner son pain quotidien s'avérant plus difficile dans un pays dont on ne maîtrise ni les codes, ni la langue. La désillusion les guette...

Parallèlement à ces destins, le vieil homme Kukutis chemine vers la France, appelé par son cœur sui lui indique que certains de ses compatriotes souffrent et sont en danger. Arrivera-t-il à temps pour les sauver ?

Dans ce roman prenant malgré quelques longueurs (sur 650 pages c'est un peu inévitable), Andreï Kourkov narre la trajectoire de ces êtres pour qui l'Europe de l'ouest est un rêve doré qui ne tient pas toujours ses promesses...

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

Du même auteur Laitier de nuit ♥ ♥ ♥ Surprises de Noël ♥ ♥ ♥ ; Le concert posthume de Jimi Hendrix ♥ 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0