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Abandon du mois

Publié le par Hélène

Pitch : Anne, journaliste française, enquête, dans ce seul pays musulman doté de la force nucléaire, sur les risques d’un détournement possible de la bombe par les terroristes. Dans la beauté aristocratique de Lahore, célèbre pour ses palais, ses mosquées et ses jardins moghols, la jeune femme se heurte aux réseaux d’espions de tous bords, de militaires et de policiers, de familles patriciennes et de djihadistes.
Elle va tenter de pénétrer une organisation extrémiste responsable d’attentats meurtriers, sera prise en otage, connaîtra la faim, la soif et l’angoisse de la mort.
Parmi ceux qui la guident, son étrange ami Karim pourra-t-il la sauver  ? Karim, l’homme de théâtre qui monte des pièces de Beckett à Lahore, Karim qui aime le Pakistan passionnément et garde un dangereux secret.

Mon avis : l'auteure est journaliste, grand reporter spécialiste du Moyen -Orient, et elle souhaite par ce roman nous éclairer sur toutes le facettes du Pakistan. J'ai bien dit toutes, quitte à ce que son roman ressemble à un exposé politico-économique. Entre les salafistes, le statut des femmes et celui des enfants, la montée de l'islamiste, l'arme nucléaire, les Talibans... Alors oui, elle met en scène un personnage fictif -journaliste elle aussi, c'est pratique -, personnage qui va vivre des péripéties -beaucoup de péripéties, une passion amoureuse -inévitable-, mais l'ensemble reste artificiel, forcé, porté par un style lui aussi journalistique.

Un roman qui ravira davantage les adeptes des documentaires que les âmes romanesques.

Présentation de l'éditeur : Fayard

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Alto Braco de Vanessa BAMBERGER

Publié le par Hélène

♥ ♥

A la mort de sa grand-mère Douce, la jeune Brune retourne sur le plateau de l'Aubrac, "Alto braco", «haut lieu» en occitan, l’ancien nom du lieu.

Elle est accompagnée de Granita, son autre grand-mère qui l'a également élevée à Paris, au-dessus du Catulle, le bistrot dont les deux femmes s'occupaient. Elles se sont tenues loin de leur pays, mais en revenant vers leurs origines, Brune a l'impression qu'un fragile sentiment d'appartenance naît en elle.

Démêlant les fils de son histoire personnelle, elle découvre dans son pays la vie âpre des paysans, entre logique économique implacable et volonté de respect des animaux.

Ce que j'ai moins aimé :

L'auteure se consacre plus à la peinture du monde paysan avec les problématiques autour du bio, de l'appellation "label rouge", des marchés étrangers, de la cause des animaux, que sur l'aspect proprement romanesque de son roman.

En ce qui concerne cet aspect, elle multiplie les secrets de famille, les révélations qui tout à coup illuminent comme par magie le comportement ou les peurs de l'héroïne, accumulant de façon artificielle ces effets !

A vouloir trop dire, les descriptions du plateau de l'Aubrac sont malheureusement noyées et manquent cruellement de lyrisme.

L'auteure est journaliste et son métier transparait un peu trop à mon goût, aussi bien dans son style que dans la construction et le fond du roman.

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

D'autres avis : Audrey ; Le marque page

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Le Grand Nord-Ouest de Anne-Marie GARAT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Je crois juste qu'au milieu de l'obscurité insensée de la vie il y a des bouées, des falots, des feux de camp allumés, des noms, un regard, je m'y suis accrochée."

A la mort de son mari, Lorna del Rio quitte en urgence la vie dorée qu'elle menait à Hollywood, emmenant dans son sillage la petite Jessie, six ans. Elle rejoint le Grand Nord Ouest du Yukon et de l'Alaska, suivant une carte mystérieuse aux yeux de la fillette qui suit aveuglément sa mère. Le caractère fantasque et volontaire de cette femme qui n'hésite pas à faire usage de son colt, les mènera jusqu'aux confins des forêts, là où les indiens ont élu domicile...

Quel secret cache la belle Lorna ? Pourquoi le FBI a-t-il dû intervenir ? Quinze ans plus tard, Jessie revient vers Bud Cooper qui a joué un rôle non négligeable dans son histoire, et lui raconte les aventures improbables qu'ont vécues Lorna et Jessie.

Ce roman d'aventures mené par une plume remarquable nous emporte aux frontières de la mémoire et, auprès de la jeune Jessie, les questionnement sur l'identité et la parenté affleurent. Ses expériences, ses rencontres, comptent finalement davantage dans sa vie et sa construction que ses véritables origines.  C'est auprès de Kaska l'indienne et d'Herman qu'elle grandira et posera les jalons de ce que sera son esprit. A travers la rencontre avec l'autre, si différent, à travers l'échange, la petite Jessie grandit et se construit.

Ce que j'ai moins aimé : J'ai préféré la première partie consacrée à la fuite de Lorna et Jessie, plus que la deuxième durant laquelle Bud et Jessie reviennent sur les lieux de l'aventure, partie comportant plus de longueurs et bien moins rythmée.

Bilan : Un beau roman d'aventures nous emportant sur la piste des trappeurs et des chercheurs d'or !

"Alors, je n'avais pas conscience de ces beautés, seulement du calme souverain, de l'immobilité de toutes choses immuables qui nous gagnaient jusqu'à le devenir nous-mêmes, immobiles, immuables, tels de vieux totems attendant que réchauffent la gamelle de haricots au lard et le café, membres transis, courbatus par l'interminable journée de route."

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Nadael ; Télérama

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Sixtine de Frédéric MAUPOME et Aude SOLEILHAC tome 1 et 2

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥ ♥

A la disparition de son père, trois pirates apparaissent devant la jeune Sixtine pour veiller sur elle. d'années en années ils l'accompagnent, êtres fantômatiques qu'elle est seule à voir, ils l'épaulent, la conseillent. A l'âge de l'adolescente, la jeune fille s'intéresse à ses origines, au grand désarroi de sa mère qui semble vouloir garder le mystère sur leur passé. Il faut dire que elle doit se démener avec des soucis financiers qui les obligera peut-être à quitter leur maison.

Sixtine est une jeune fille hors norme, "élevée" par des pirates qui n'ont peur de rien, elle a hérité de leur côté casse-cou, plus important pour elle que les apparences et les rumeurs des copines du lycée. Elle est accompagnée par des amis fidèles qui vont l'aider dans la quête de ses origines. Ses drôles de pirates- fantômes, pas très fins, apporte une touche d'humour à ce tendre récit.

Si l'on retrouve les thèmes des récits jeunesse tels que les relations amicales, parentales, la mode, les influences des autres, l'école, des thèmes plus graves sont abordés avec délicatesse et tendresse : le deuil, la précarité, les différences sociales, le regard des autres.

Alliant action, mystères et humour cette série est une vraie réussite ! J'ai hâte de découvrir le tome 3 !

 

Présentation de l'éditeur : Editions de la Gouttière

 

D'autres avis : Mo ; Moka ;

Du même auteur : Anuki

 

BD de la semaine chez Moka :

 

Publié dans Jeunesse BD

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Haïkus - Pensées de femmes

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le haïku japonais est souvent connu par le biais d'oeuvres masculines, qu'il s'agisse de Bashô, Shiki ou Buson. Elisabetta Trevisan a ainsi souhaité mettre en avant les femmes en réalisant une anthologie de haïkus de femmes, ceci en choisissant des textes issus du recueil Du rouge aux lèvres.

Elle a ainsi choisi 60 haïkus permettant de mettre en lumière des auteures classiques ou contemporaines comme Teijo Nakamura, Mornoko Kuroda, Nobuko Katsura. Elle balaie différentes thématiques, l'amour, la souffrance, la maternité, les enfants.

Pour illustrer ces haïkus, différents peintres des XVIIIe, XIXe et XXe siècles sont mis en avant : Utamaro Kitagawa, Goyo Hashiguchi, Suzuki Harunobu, Kiyoshi Saito...

Un beau recueil à découvrir.

 

Présentation de l'éditeur : Seuil

Reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babélio :

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Le vent l'emportera de Gunnar STAALESEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Une enquête de Varg Veum, le privé norvégien

Varg Veum est mandaté par une amie de son amie pour retrouver son mari disparu. Il se rend alors au large de Bergen sur ces îles battues par les vents. Il y est question d'un projet de parc éolien, la populations se divisant entre ceux qui ne veulent pas voir ces lieux défigurés et ceux qui appuient le dossier.

Ce roman bien conçu pointe du doigt les contradictions des écologistes, prêts à dénaturer l'environnement pour le sauver. En coulisses, les intérêts ne sont pas toujours aussi transparents qu'il y paraît. Au sein même des familles les avis divergent... Placé au centre des querelles, Varg Veum, fidèle à lui-même, tente de rester juste et équitable en tentant de défendre ceux qu'il aime.

Une série toujours efficace, entremêlant savamment intrigue policière et actualité.

 

Présentation de l'éditeur : Gaia et Folio

Du même auteur : L'écriture sur le mur ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Les chiens enterrés ne mordent pas ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ;  Comme dans un miroir de Gunnar STAALESEN ♥ ♥ ♥ (Policier)

La série des Varg Veum dans l'ordre :

  1. Le loup dans la bergerie (Rocher en 1994. Gaïa Polar en 2005. Folio Policier en 2004)
  2. Pour le meilleur et pour le pire (Gaïa Polar en 2002. Folio Policier en 2004)
  3. La belle dormit cent ans (Gaïa Polar en 2002. Folio Policier en 2005)
  4. La Femme dans le frigo (Gaïa Polar en 2003. Folio Policier en 2006)
  5. La nuit tous les loups sont gris (Gaïa Polar en 2005. Folio Policier en 2007)
  6. Anges déchus (Gaïa Polar en 2005. Folio Policier en 2008)
  7. Fleurs amères (Gaïa Polar en 2008. Folio Policier en 2010)
  8. Les chiens enterrés ne mordent pas (Gaïa Polar en 2007. Folio Policier en 2011)
  9. L’écriture sur le mur (Gaïa Polar, . Folio Policier, 2012)
  10. Comme un miroir (Gaïa Polar en 2012. Folio Policier en 2013)
  11. Face à face (Gaïa en août 2013)
  12. L’enfant qui criait au loup (Gaïa en septembre 2014)
  13. Coeur Glacé (Gaïa en septembre 2015)
  14. Le vent l’emportera (Gaïa en septembre 2015)
  15. Où les roses ne meurent jamais (Gaïa en septembre 2018. Folio en 2019)
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La ville d'hiver de Dominique BONA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sarah profite d'un vide dans sa vie sentimentale et professionnelle pour s'installer dans une villa Belle Epoque de la ville d'hiver, sur les hauteurs d'Arcachon. Elle a alors envie de donner un sens à ce qui l'entoure et s'intéresse à la villa, mystérieusement nommé Teresa, et à cette ville d'hiver qui a abrité les tuberculeux pendant plusieurs siècles. Peu à peu, à la faveur de ses rencontres avec le libraire et d'un étrange notable de la ville bibliophile invétéré, elle plonge dans le passé de la ville, puis, par effet de résonance, dans le sien. Elle croise alors des personnages issus du passé comme le poète Gabriele d'Annunzio, ou encore la belle russe Eva, à la mort mystérieuse.

Ses recherches documentaires l'accaparent, la vie des morts se glissant dans les interstices de sa propre histoire, dans cette grande villa baroque, les extravagances des uns et des autres s'exacerbent.

Roman au rythme lancinant, s'adaptant aux errances de la jeune femme, La ville d'hiver est un roman d'atmosphère, exhalant un parfum suranné particulier. L'ambiance particulière de ces stations balnéaires désertées en hiver, entre charme incertain et tristesse prégnante est admirablement évoquée en ces pages.

"Pas un bruit ne montait vers elle, pas un frisson de vent. la nuit se retirait, le matin se levait. Attirée par le demi-jour qui créait dans la chambre, à travers les voilages, une atmosphère irréelle et changeante, elle était venue jeter un coup d’œil au jardin. Et c'étaient des images incendiées de soleil qu'elle voyait surgir, ramenées de très loin, d'une autre nuit et d'un autre décor vide, tout semblable à ce jardin désert."

 

 

Présentation de l'éditeur : Grasset / le Livre de poche

Vous aimerez aussi : Seule Venise de Claudie GALLAY

D'autres avis : L'Express

 

La ville d'hiver de Dominique Bona, Le livre de poche, avril 2007, 219 p., 4.82 euros

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Incendies de Wajdi MOUAWAD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ne haïr personne, jamais, la tête dans les étoiles, toujours."

Quand le notaire Lebel lit aux jumeaux Jeanne et Simon le testament de leur mère Nawal, ils découvrent avec surprise qu'ils ont un frère et que leur père qu'ils croyaient mort est vivant. Leurs destins se trouvent bouleversés par ces révélations qui les poussent vers la découverte de leur identité. Ils remontent alors aux sources de leur enfance, lors de la guerre civile au Liban.

En 2011, lors d'une rencontre avec Josée Lambert, une photographe québécoise, Wajdi Mouawad entend parler de Souha Bechara, militante libanaise pendant la guerre civile qui a tenté, en 1988, s'assassiner Antoine Lahad, chef des milices chrétiennes du Sud Liban. Elle fut alors incarcérée pendant dix ans dans une prison. Ce témoignage et l'histoire de cette femme touche profondément Wajdi Mouawad : lui aussi a passé son enfance au Liban qu'il quitte à l'âge de 8 ans pour échapper aux conflits qui s'intensifient entre les communautés de son pays. A partir de cette femme, il imagine le portrait de Nawal. Nawal est cette femme qui cherche à casser le fil de la haine, le cercle infernal de la violence, parce que sa grand-mère lui a ordonné d'apprendre à lire et écrire pour sortir de la misère et de la haine.
"Nous, [...] les femmes de notre famille, sommes engluées dans la colère depuis si longtemps ; j'étais en colère contre ma mère et ta mère est en colère contre moi tout comme tu es en colère contre ta mère. Toi aussi tu laisseras à ta fille la colère en héritage. Il faut casser le fil. Alors apprends... apprends à lire, à écrire, à compter, à parler : apprends à penser. Nawal. Apprends."

"Nous n'aimions pas la guerre ni la violence, nous avons fait la guerre et avons été violents. A présent , il nous reste encore notre possible dignité. Nous avons échoué en tout, nous pourrions peut-être sauver encore cela : la dignité."

L'écriture est un moyen pour l'auteur de retrouver le monde, un monde arraché par la guerre, par l'Histoire, les mots permettant de se lover à nouveau dans le monde de l'enfance et de l'enchantement.

"J'ai compris qu'il fallait choisir : ou je défigure le monde ou je fais tout pour le retrouver."

L'importance de la parole, du dialogue est en effet au centre du récit. Quand Hermile raconte un élément clé de la vie de Nawal que les enfants ne connaissent pas, Jeanne demande pourquoi Nawal lui a raconté cela, à lui, et non à eux. A quoi l'homme répond "Parce que je lui ai demandé !". Les êtres se livrent à ceux qui écoutent, non à ceux qui redoutent la parole. Cette parole est nécessaire pour dire, pour comprendre. Les discussions entre Nawal et Nawda agissent comme un miroir : deux faces, deux choix face à la guerre. Deux personnages que l'on comprend, que l'on approuve et désapprouve, dont les arguments résonnent en nous. N'est-il pas préférable dans ce cas de  ne haïr personne, de ne pas prendre parti car "Tout parti est faillible et possible, aveugle et cohérent, rival et né d'un même sang." (postface Charlotte Farcet) ?

"Au journaliste qui me demandait quelle était ma position dans le conflit du Proche-Orient, je n’ai pas pu lui mentir, lui avouant que ma position relevait d’une telle impossibilité que ce n’est plus une position, c’est une courbature. Torticolis de tous les instants.
Je n’ai pas de position, je n’ai pas de parti, je suis simplement bouleversé car j’appartiens tout entier à cette violence. Je regarde la terre de mon père et de ma mère et je me vois, moi : je pourrais tuer et je pourrais être des deux côtés, des six côtés, des vingt côtés. Je pourrais envahir et je pourrais terroriser. Je pourrais me défendre et je pourrais résister et, comble de tout, si j’étais l’un ou si j’étais l’autre, je saurais justifier chacun de mes agissements et justifier l’injustice qui m’habite, je saurais trouver les mots pour dire combien ils me massacrent, combien ils m’ôtent toute possibilité à vivre.
Cette guerre, c’est moi, je suis cette guerre. C’est un «je» impersonnel qui s’accorde à chaque personne et qui pourrait dire le contraire ? Pour chacun le même désarroi. Je le sais. J’ai marché toute la nuit à la faveur de la canicule pour tenter de trouver les mots, tous les mots,tenter de dire ce qui ne peut pas être dit. Car comment dire l’abandon des hommes par les hommes ? Ébranlés, ébranlés. Nous sommes ébranlés car nous entendons la marche du temps auquel nous appartenons et aujourd’hui, encore, l’hécatombe est sur nous.
Il n’y a que ceux qui crient victoire à la mort de leurs ennemis qui tirent joie et bonheur de ce désastre. Je ne serai pas l’un d’entre eux même si tout concourt à ce que je le sois. Alors justement, comment faire pour éviter le piège ? Comment faire pour ne pas se mettre à faire de la politique et tomber ainsi dans le discours qui nous mènera tout droit à la détestation ?
Je voudrais devenir fou pour pouvoir, non pas fuir la réalité mais, au contraire, me réclamer tout entier de la poésie. Je voudrais déterrer les mots à défaut de ressusciter les morts. Car ce n’est pas la destruction qui me terrorise, ce ne sont pas même les invasions, non, car les gens de mon pays sont indésespérables malgré tout leur désespoir et demain, j’en suis sûr, vous les verrez remettre des vitres à leurs fenêtres, replanter des oliviers, et continuer, malgré la peine effroyable, à sourire devant la beauté. Ils sont fiers. Ils sont grands. Les routes sont détruites ? Elles seront reconstruites. Et les enfants, morts dans le chagrin insupportable de leurs parents, naîtront encore. Au moment où je vous écris, des gens, là-bas, font l’amour. Obstinément.
Je les connais. Ils ont trouvé une manière de gagner qui consiste à perdre et cela dure depuis 7000 ans (...) Ce qui est terrifiant, ce n’est pas la situation politique, c’est la souricière dans laquelle la situation nous met tous et nous oblige, face à l’impuissance à agir, à faire un choix insupportable : celui de la haine ou celui de la folie."

Wajdi Mouawad, Le Devoir,
juillet 2006, extraits.

Un texte essentiel, pur, dur, pour aller au-delà de la haine... Enfin.

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur : Anima

 

Publié dans Théâtre

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Participer à un jury littéraire

Publié le par Hélène

Récemment, une lectrice me demandait comment participer à des jurys littéraires. J'ai donc décidé de lister les jurys littéraires auxquels vous pouvez participer en tant que lecteurs. Je me suis référée pour ce faire aux dates d'inscription de 2018.  J'en ai sans doute oublié, n'hésitez pas à m'en signaler pour que je les rajoute.

En ce moment :

Prix Orange du Livre

https://www.lecteurs.com/article/prix-orange-du-livre-2019-les-candidatures-pour-integrer-le-jury-sont-ouvertes/2443469

20 novembre 2018 jusqu'au 13 janvier 2019

Dernier lauréat : 2018 : Joachim Schnerf, pour Cette nuit, Éditions Zulma

Prix France Télévisions

http://leclub.francetv.fr/jeu-leclub/prix-litteraires-france-televisions-2019

Roman : Le bon coeur de Michel Bernard, La Table ronde
 
 

https://prixdeslecteurs.livredepoche.com/inscription.html

  • Valérie Tong Cuong, Prix des Lecteurs Littérature française pour Par amour publié aux Editions Jean-Claude Lattès en  2017 ;
  • Yaa Gyasi, Prix des Lecteurs Littérature étrangère pour No Home publié chez Calmann-Levy en  2017 ;
  • Jane Harper, Prix des Lecteurs dans la catégorie Polar pour Canicule publié aux Editions Kero en 2017 ;
  • François Reynaert, Prix des Lecteurs dans la catégorie Documents/essais, pour La Grande histoire du monde, publié aux Editions Fayard en 2016.

FEVRIER

Jury du livre Inter

https://www.franceinter.fr/culture/faires-partie-du-jury-du-prix-du-livre-inter

Du mardi 13 février 2018 au mardi 13 mars inclus : réception des candidatures au jury. 

Dernier Lauréat : Fief de David Lopez chez Seuil

Jury Seuil Policiers

https://www.babelio.com/jury-seuil-policiers

AVRIL

Prix Roman Fnac (pour les adhérents Fnac)

Lauréate 2018 : La vraie vie de Adeline DIEUDONNE

MAI

Prix des lectrices de Elle

http://www.elle.fr/Loisirs/Livres/News/Et-si-vous-deveniez-juree-du-Grand-prix-des-Lectrices-3073399

4 mai jusqu'au 14 mai 2018

Lauréats 2018 :

Roman : Anna Hope pour La Salle de bal - Gallimard

Document : Delphine Minoui, Les passeurs de livres de Daraya: une bibliothèque secrète en Syrie - Seuil

Policier : Eva Dolan, Les Chemins de la haine - Liana Levi

Prix des lecteurs de Points et prix du meilleur polar des lecteurs de Points

http://lecerclepoints.com/page-591.htm#page

Lauréat roman : Une bouche sans personne de Gilles MARCHAND

Polar : Une enquête de Nicole Laguna et du gomaandaan Kandar Baad de Cédric Bannel

JUIN

Prix Landerneau des lecteurs

https://www.mouvement.leclerc/prix-landerneau-des-lecteurs-2018

Lancé au mois de juin. Jusqu'au 2 juillet 2018

Lauréat 2018 : Serge Joncour - Chien-Loup - Éditions Flammarion

NOVEMBRE

https://www.lecteurs.com/article/participez-au-choix-du-15e-laureat-du-prix-des-lecteurs-quais-du-polar-20-minutes/2443459

8 nov-7 dec 2018

Lauréat 2018 : Illusion tragique de Gilda Piersanti
Prix Orange du Livre

https://www.lecteurs.com/article/prix-orange-du-livre-2019-les-candidatures-pour-integrer-le-jury-sont-ouvertes/2443469

20 novembre 2018 jusqu'au 13 janvier 2019

Dernier lauréat : 2018 : Joachim Schnerf, pour Cette nuit, Éditions Zulma10

DECEMBRE

Prix des lecteurs de BFM/L'Express

https://www.lexpress.fr/culture/livre/jure-d-un-prix-litteraire-et-pourquoi-pas-vous_2051181.html

30 novembre avant 21 décembre 2018

Lauréat 2018 Wilfried N'Sondé pour Un océan, deux mers, trois continents (Actes Sud)

 

Pour connaître mon avis en tant que jurée sur certains de ces prix c'est ICI

Publié dans Prix littéraires

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Deux remords de Claude Monet de Michel BERNARD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Le gel de la fin de nuit avait racorni les dernières roses. Aux branches des arbres, dans le verger et sur les berges de l'étang, persistaient quelques feuilles oscillantes qu'un caprice retenait de tomber."

En ce 6 décembre 1870 Gaston Bazille est à la recherche du corps de son fils, Frédéric Bazille, mort à la guerre. Le jeune homme était un peintre talentueux, ami de Monet, un jeune homme attachant, touché en plein vol, fauché dans sa jeunesse. De cette amitié, est resté ce tableau de Monet, "Déjeuner sur l'herbe", quintessence de la joie insouciante de cette période de leurs vies.

La première partie du roman s'attache à ses pas, jusqu'à sa fin, tragique.

Puis, nous le quittons pour découvrir la merveilleuse Camille, les années de bonheur aux côtés de Monet, quelquefois dans la misère, quelquefois dans l'opulence, d'Argenteuil à Vétheuil.

Pour la dernière partie du roman nous retrouvons Claude Monet à Giverny, durant ses dernières années aux côtés de Blanche la fille de sa deuxième femme Alice. Sa vue décline, son moral aussi, éclairé par ses rencontres amicales avec Clémenceau.

"Il disait alors que la peinture, ce n'est ni le temps passé, ni l'éternité, c'est  l'espace et le l'instant, le paysage et le temps, ce que durent les traces de pâtes vertes, bleues, jaunes et rouges répandues sur de la toile tissée serrée."

A cette période déclinante, il demande à ce que son oeuvre "Femmes au jardin" soit exposée à l'Orangerie, avec ses Nymphéas. cette toile figure Camille trois fois : de face et de profil, et à l'arrière-plan, elle fait apparaitre la jeune fille qu'avait aimé Frédéric. Ce tableau, Frédéric Bazille l'avait acquis pour que son ami ne meure pas de faim, et, à l'heure de l'enterrement, le corps du jeune homme avait été veillé sous le tableau, dans la propriété familiale des Bazille, sur les hauteurs de Montpellier.

"S'il avait donné son oeuvre à la France, ce n'était pas pour les quelques millions d'individus qui portaient le nom de Français aujourd'hui, mais pour le million et demi de jeunes hommes qui n'étaient pas revenus des tranchées, pour ceux qui étaient morts à sa place en 1870, et tous ceux-là, les millions d'hommes et de femmes qui avaient aimé, souffert, travaillé et rêvé sur ce morceau de terre, dans cette partie du monde, pour en faire sous le ciel changeant une des plus belles oeuvres humaines, le plus beau des jardins."

Dans ce roman délicat, au style impressionniste, Michel Bernard évoque avec tendresse les remords de Claude Monet, ces deux êtres partis trop tôt, en plein vol. En les mettant en lumière, il s'inscrit dans la lignée de Monet : offrir l'éternité aux aimés, par le merveilleux intermédiaire de l'art.

 

Prix Libraires en Seine 2017

Prix Marguerite-Puhl-Demange 2017

 

Présentation à l'éditeur : La petite Vermillon

D'autres avis : Aifelle ; Luocine ; Ys ; Zazy

 

Merci à Robert Chelle, mémoire de l'ENA, pour ce cadeau lumineux...

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