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Une vie de Guy de MAUPASSANT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"La vie, voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit."

Jeanne, fille unique du baron et de la baronne Le Perthuis des Vauds, rejoint la demeure familiale après avoir passé plusieurs années au couvent. A l'orée de cette nouvelle vie, la jeune fille est impatiente, tout l'enthousiaste, même la pluie normande ne semble pas être un obstacle à son bonheur. Installée aux Peuples, elle n'est que ravissement, et sa rencontre avec Julien de Lamare sera l'apogée de cette période heureuse de sa vie. Rapidement, elle se marie avec le jeune homme, persuadée d'avoir trouvé l'amour dont elle rêvait au couvent. Malheureusement, Julien ne sera pas le mari aimant et bienveillant qu'elle espérait.

"Elle en voulait en son cœur à Julien de ne pas comprendre cela, de n'avoir point ces fines pudeurs, ces délicatesses d'instinct ; et elle sentait entre elle et lui comme un voile, un obstacle, s'apercevant pour la première fois que deux personnes ne se pénètrent jamais jusqu'à l'âme, jusqu'au fond des pensées, qu'elles marchent côte à côte, enlacées parfois, mais non mêlées, et que l'être moral de chacun de nous reste éternellement seul par la vie." p. 123

La jeune Jeanne ira alors de désillusions en désillusions, s'installant dans un ennui latent, un mal de vivre prégnant que rien ne vient combler.

"Mais voilà que la douce réalité des premiers jours allait devenir la réalité quotidienne qui fermait la porte aux espoirs indéfinis, aux charmantes inquiétudes de l'inconnu. Oui, c'était fini d'attendre.

Alors plus rien à faire, aujourd'hui, ni demain ni jamais. elle sentait tout cela vaguement à une certaine désillusion, à un affaissement de ses rêves." p. 136

Ce premier roman de Maupassant est une peinture remarquable des mœurs provinciales de la Normandie du XIXème siècle. Maupassant dénonce les lois sociales et les contraintes hypocrites qu'elles imposent aux femmes mais aussi les contraintes liées à la nature, pesant sur tout être humain. Si le roman est résolument pessimiste, il est porté par une écriture tellement belle qu'on en oublie la noirceur pour n'en retenir que la quintessence, la pureté.

De ce magnifique roman, Léon Tosltoï lui-même dira :

Une vie est un roman de premier ordre ; non seulement c’est la meilleure oeuvre de Maupassant, mais peut-être même le meilleur roman français depuis les Misérables, de Victor Hugo (…). Cette fois la vie n’est plus, pour l’auteur, une suite d’aventures de débauchés; ici, le fond du roman, comme le titre l’indique, est la description d’une vie détruite, de la vie d’une femme innocente et charmante, prête à tout ce qui est noble, et détruite précisément par cette sensualité des plus grossières et des plus bestiales qui apparaissait à l’auteur, dans ses récits antérieurs, comme le phénomène le plus essentiel de la vie. Cette fois la sympathie de l’auteur se porte vers le bien”. Léon Tolstoï, Guy de Maupassant, Éditions de l’Anabase, 1995

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de Poche

Du même auteur :  Une partie de campagne ♥ ♥ Bel-Ami ♥ ♥ ♥ ; Pierre et Jean ♥ ♥ 

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Le verger de marbre de Alex TAYLOR

Publié le par Hélène

♥ ♥

Lors d'un malencontreux accident, Beam Sheetmire, dix-sept ans, tue un homme qui l'agresse. Aidé de son père, il se débarrasse du corps sur les berges de la rivière du Kentucky. Le père de Beam décide que le mieux pour lui est de fuir, d'autant plus qu'il découvre que la victime était le fils du caïd local Loat Duncan. Beam part alors, avec sur ses traces les sbires de Loat, prêts à en découdre. 

Beam est un adolescent perdu qui ne sait pas bien se forger une identité, surtout après cet acte irrévocable :

"- Vous croyez qu'on peut changer qui on est ? demanda-t-il.

Pete se racla la gorge puis cracha dans le feu.

- Je dirais que c'est à peu près le seul choix que Dieu donne à l'homme. "

Oscillant entre lâcheté et courage, il fuit son passé, rencontrant en chemin des personnes qui tentent de l'aider ou de le couler.

Ce que j'ai moins aimé :

- Ce n'est pas une lecture qui me marquera, elle me semble bien volatile...

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

D'autres avis : Télérama ; France Inter ;

 

Sélectionné pour le Prix polar SNCF

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Captive de Margaret ATWOOD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En 1873 Grace Marks, seize ans, est condamnée à la prison à perpétuité pour avoir assassiné son jeune employeur et sa gouvernante, avec l'aide de son petit ami, condamné à mort. Etait-elle victime, simple complice, conspiratrice ? A-t-elle feint la folie ? Nul ne le sait réellement. Le Docteur Jordan s'empare du dossier, bien décidé à plonger dans l'âme de Grace pour en sonder les profondeurs. Mais saura-t-il accéder dans ces recoins secrets de l'âme ?

Alors que sa mère le destine à une jeune femme aimante ordinaire, des visions apocalyptiques de ce que serait sa vie s'offrent à lui : "Sa mère croit-elle réellement qu'il puisse être séduit par une telle vision de lui-même - marié à Fidelia Cartwright et emprisonnée dans un fauteuil près de la cheminée, figé dans une sorte de stupeur pétrifiée tandis qu'à côté de lui sa chère femme l'enroulerait lentement dans des fils de soie multicolores, tel un cocon ou une mouche piégée dans la toile d'une araignée ?" p. 392

Peu à peu, il est pris dans les filets de Grace, qui, telle une Shéhérazade brode pour mieux le retenir...

Inspiré d'un sanglant fait divers qui a bouleversé le Canada du XIXe siècle, Margaret Atwood écrit là un roman remarquable dans par sa construction que par ses réflexions. Elle choisit de multiplier supports et points de vue, faisant alterner le point de vue de Grace, celui de Simon, mais aussi des lettres, autant de prismes qui ont tendance à donner une vision déformée des personnages. Qui sont-ils vraiment ? Eux-mêmes le savent si peu... Qui détient la vérité et peut-on dire que cette vérité existe tant l'être est capable de refouler sentiments et pensées ?

"Que de mystères demeurent à découvrir dans le système nerveux, cette toile de structure matérielle et éthérée, ce réseau de fils qui parcourent le corps, compose de mille fils d'Ariane, menant tous au cerveau, ce sombre labyrinthe où gisent, éparpillés, les os humains et où rôdent les monstres...

Et aussi les anges, se dit-il. Et aussi les anges." p. 247

Cette plongée dans l'âme humaine à travers le personnage de Grace s'avère passionnante !
 

Présentation de l'éditeur : 10-18
D'autres avis : Eva

 

Merci à l'éditeur !

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Un monde simple et tranquille de LAO SHU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Lao Shu - qui signifie Vieil arbre- est un peintre chinois loin d'être traditionnel. Il a créé un blog sen 2011 sur l'un des sites Internet les plus connus de Chine et il y affiche régulièrement ses dessins et peintures exécutés au pinceau, agrémentés de courts textes, souvent des poèmes en vers de six caractères. Il nous livre ses états d'âme et ses réflexions existentielles. Un personnage sans visage, portant une longue robe à larges manches, à la façon des lettrés de la Chine d'autrefois, évolue dans des paysages ou des activités quotidiennes, flânant au bord d'un lac, arrosant ses fleurs, musardant dans la campagne. Symbole d'une époque révolue qui suscite une profonde nostalgie chez Lao Shu, ce personnage incarne l'époque républicaine, qui a précédé la révolution menée par Mao Zedong en 1949. Il permet surtout au peintre de créer un monde à part, à la fois onirique et reflet de ses préoccupations. Son personnage semble vouloir fuir un quotidien ou une société pesante. Il préfère se délecter du parfum des fleurs et de la beauté de la nature que de subir des conversations vides de sens.

 

 

 

Ce livre est une pure merveille de poésie, un joyau de beauté à garder précieusement près de soi, à lire, relire, contempler, pour ne pas se laisser rattraper par le temps et les préoccupations sans intérêt. Pour nous rappeler que la beauté existe, autour de nous, et magnifiée dans l'art.

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Publié dans Littérature Asie

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Bonne année !

Publié le par Hélène

Bonne année !

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Le discours de Fabrice CARO

Publié le par Hélène

♥ ♥

"La vie est un vélo rouge sans petites roues"

Adrien passe une soirée en famille, mais il est peu concentré et impliqué dans les conversations, son esprit louvoie. Il faut dire qu'à 17h24 il a envoyé un texto à son ex qui a souhaité "faire une pause", à 17h56 Sonia a lu le message envoyé mais sans répondre si bien que son esprit est happé par son téléphone, bien loin des considérations des uns et des autres sur le chauffage au sol. Quand de surcroit son beau-frère lui demande de préparer un discours pour leur mariage, Adrien ne sait plus à quel saint se vouer...

Quelques belles trouvailles voient le jour, comme ce moment où il se confie à sa mère en lui disant qu'il frôle la dépression, et qu'elle lui rétorque, pragmatique, "bois du jus d'orange", ou bien encore ces scènes autour de la tyrannie du texto, mais, mais...

Ce que j'ai moins aimé :

Cette lecture permet de passer un bon moment, grâce à de belles trouvailles mais le ton finit par lasser. Le discours ressemble à un one man show sans grande originalité. J'ai attendu en vain une profondeur rédemptrice, mais sans succès...

Face au discours frivole de la famille, lui se demande "où va le beau quand il n'est plus" et son regard est quelque peu méprisant, condescendant face à eux...

"En fait tout ça n'était qu'une couverture, la taxe d'habitation, le gratin dauphinois, peut-être une profondeur insoupçonnées surgirait-elle tout à coup de nulle part, sous le chauffage au sol, une fois la dalle arrachée, trouverait-on du Shakespeare, du sang, des larmes, de la sueur, de la vodka sur des violons tziganes ?"

Il se place dans la peau d'un pseudo-intellectuel qui redoute de devoir danser "La Chenille" lors du mariage ...

Ces moqueries m'ont semblé finalement gratuites et si j'imagine que l'auteur se moque aussi de cet Adrien dépressif, j'ai fini par rire jaune !

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Nouvelle collection Sygne

D'autres avis : plus enthousiastes : Noukette ; The autist reading ; Agathe

Du même auteur : Zaï, zaï, zaï , Et si l'amour c'était aimer ?

 

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Bilan lectures 2018

Publié le par Hélène

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Joyeuses Fêtes !

Publié le par Hélène

 

Je serai de retour le 27 décembre !

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Mais leurs yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Elle était une ornière sur la route. Foison de vie sous la surface mais sans cesse martelée par les roues."

Janie revient à Eatonville en Floride et ce retour aux sources lui permet de revenir sur son parcours.

Mariée par sa grand-mère au vieux Logan Killicks, elle ne suit que peu de temps les voeux de son aïeule qui voulait la mettre à l'abri du besoin en la mariant. Rapidement, elle se rend compte que jamais elle ne parviendra à aimer cet homme. Avide de liberté et d'amour, elle s'évade alors avec Joe Starks, un homme aux ambitions dévorantes. Mais là encore, elle est déçue, jusqu'au jour où elle rencontre Tea Cake...

« Fut un temps moi j’ai jamais compté d’arriver à rien, Tea Cake, sauf à étre morte de toujours rester tranquille à ma place et me forcer de rire. Mais toi t’es venu et t’as fait quèque chose de moi. Alors moi chuis bien heureuse de n’importe quelle chose qu’on traverse ensemble. »

Trajectoire d'une femme qui s'émancipe peu à peu au fil de ses relations, ce roman est paru aux Etats-Unis en 1937 et ce fut le premier roman écrit par une afro américaine. De nombreux dialogues ou monologues sont écrits en "black english", magnifiquement traduits par Sika Fakambi, dont il faut saluer ici le travail !

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas été autant touchée que prévu par cette histoire, dont Zadie Smith disait "J'aime ce roman comme aucun autre." et que l'on comparait à Scott Fitzgerald, Hemingway... Il faut dire que la barre était haute !

Bilan : Un beau destin de femme.

 

Présentation de l'éditeur : Zulma 

D'autres avis : Abracadabooks

 

Merci à l'éditeur.

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Bilan 2018 - BD

Publié le par Hélène

Voici la sélection des BD marquantes de cette année :

La forêt millénaire de Jiro TANIGUCHI

Culottées de Pénélope BAGIEU

Calvin et Hobbes tome 1 de Bill WATERSON

Alexandrin ou l'art de faire des vers à pied par Alain KOKOR et Pascal RABATE

Edelweiss de MAYEM et MAZEL

La saga de Grimr de Jérémie MOREAU

 

Un grand merci à Stéphie , Moka et Noukette pour ces rendez-vous BD du mercredi.

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