Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'éphémère 88 plaisirs fugaces, anthologie établie par Bruno DOUCEY et Thierry RENARD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Il s'agit surtout de passionner le temps" Vladimir Jankélévitch

L’ comme L’instant, E comme Envol, P comme Passion, H comme Humanité… C’est sur le mode d’un acrostiche que les Éditions Bruno Doucey ont conçu l’anthologie de la 24e édition du Printemps des Poètes. L’éphémère et son unique voyelle invoquée quatre fois, l’inachevé, le fugace, le passager… Sans omettre ces insectes qui ne vivent qu’un jour, l’enfance et ses changements incessants, la brièveté de la vie humaine au regard des temps géologiques, la mémoire en lutte contre l’effacement, le rêve plus insaisissable que l’oiseau, la neige qui renvoie le monde à son impermanence. Bien sûr il y a l’envers de toute chose : l’éternité et le « dur désir de durer » dont parle Éluard, la mort seule immortelle. Mais reconnaissons-le, l’éphémère est avant tout une invitation à vivre pleinement le peu de temps qui nous est donné. Ici et maintenant. Et sans attendre !

88 poètes parmi lesquels :

Katerina Apostolopoulou, Margaret Atwood, Édith Azam, Nawel Ben Kraïem, Hélène et René-Guy Cadou, Louis‑Philippe Dalembert, René Depestre, Ananda Devi, Patrick Dubost, Jin Eun-young, Nancy Huston, Charles Juliet, Yvon Le Men, Jean-Michel Maulpoix, Hala Mohammad, Ada Mondès, Paola Pigani, André Velter, Sapho, Fabienne Swiatly, Carmen Yáñez, Hyam Yared...

 

L’instant éternellement présent

Épingle ses éclats

Propulse les écueils

Habite les saisons

Efface peu à peu

Mon texte jamais écrit

Et pas un seul mot

Rien ne le retiendra

Encre sur la paume

      au creux du temps

Acrostiche réalisé à partir de fragments de poèmes de : André Velter, Murielle Szac, Imasango, Albane Gellé, Samantha Barendson, Marianne Catzaras, Thierry Renard, Jeanne Benameur, Louise Dupré, Stéphane Juranics

 Présentation de l'éditeur : Bruno Doucey

Quelques morceaux choisis :

 

Partager cet article
Repost0

Printemps des poètes

Publié le par Hélène

Voyageurs du soir qui suivez la rumeur
Des vagues et l’étoile bleue des baies,
Gardez-vous de trop songer à vos songes
Et d’héberger pour longtemps les chagrins
Qui saccagèrent votre vie passée.
Il est au bout de la nuit une terre tout ensemble
Proche et lointaine que le jour naissant
Exalte d’hirondelles et de senteurs de goyave.
Un pays à portée de cœur et de sourire
Où le désir de vivre et le bonheur d’aimer
Brûlent du même vert ardent que les filaos.
Craignez de le traverser à votre insu :
Les saisons sur vos talons brouillent le paysage ;

Mais chaque pas est la chance d’un rêve.

Fatho Amoy, « Avis », Chaque aurore est une chance, Éditions CEDA, 1980.

 

Publié dans Poésie française

Partager cet article
Repost0

Les flammes de pierre de Jean-Christophe RUFIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Tu vois ce que ça peut faire la montagne ? Les petits drames de la vie, ça les casse, ça les réduit en poudre. Il n'y a plus que l'essentiel. On est vivant. Voilà tout."

Rémy est guide de haute montagne quand il rencontre Laure, jeune citadine venue prendre l'air. Rapidement un lien particulier s'établit entre les deux jeunes gens, malgré leurs différences, et malgré la distance de Laure qui semble refuser une quelconque intrusion dans son univers.

Ce que j'ai aimé :

L'histoire d'amour en elle-même est anecdotique, centrée sur les différences qui séparent ou enrichissent. Le véritable sujet est la montagne, ce qu'elle révèle aux hommes et ce qu'elle révèle des hommes. Le massif du Mont Blanc est un cadre d'exception pour chanter la passion des âmes habitées par l'immensité.  

"Le monde de l'altitude avec ses risques et son inconstance violente est un révélateur des âmes. Elle avait cru Rémy d'une espèce particulière parce qu'il faisait preuve, face au danger, d'une maîtrise impressionnante. Ce talent était en fait donné à d'autres mais la montagne seule avait le pouvoir de reconnaitre ceux qui étaient touchés par cette grâce. La mer aussi, sans doute, comme l'équitation ou la course automobile, détient ce pouvoir ainsi que toutes les grandes épreuves physiques. La montagne, en ceci qu'elle s'empare de l'être humain nu, sans le secours d'une coque, d'une monture ou d'une carrosserie, le contraint à un combat à mort qui mobilise ses dernières ressources morales."

"En montagne, il n' y a pas d'absolu qui ne soit construit sur l'évidence de l'éphémère, pas de conquête qui n'ait en même temps fait éprouver des limites, pas de bonheur qui ne trouve son relief dans la souffrance et dans la mort."

"Elle se dit que la montagne lui apportait exactement tout ce dont la société avait prétendu la délivrer. Elle avait vécu dans un monde qui ne veut plus voir la mort, qui a la douleur en horreur, qui veut réduire l’effort à son maximum, un monde de confort et de protection qui fait des êtres qui le peuplent des victimes plutôt que des héros, des consommateurs plutôt que des créateurs, des esclaves plutôt que des souverains. En venant se perdre dans ces hauteurs, elle avait rencontré des épreuves et peut-être une tragédie mais aussi, et c’était étrange de le sentir en cet instant, l’impression voluptueuse d’être redevenue totalement, irrémédiablement humaine, c’est-à-dire vulnérable et agissante, combative et mortelle. "

Bilan :

Plutôt destiné aux passionnés de montagne qui se reconnaitront.

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Du même auteur Immortelle randonnée ♥ ♥ ;  Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla ♥ 

Partager cet article
Repost0

Printemps des poètes 2022

Publié le par Hélène

Du 12 au 28 mars 2022

Édition 2022 L'Éphémère

L’éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,
Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !
L’amoureux pantelant incliné sur sa belle
A l’air d’un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe,
Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied, m’ouvrent la porte
D’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?

Charles Baudelaire
1821-1867
« Hymne à la beauté »
Les Fleurs du mal , 1857

ophie Nauleau
Partager cet article
Repost0

Le dernier baiser de James CRUMLEY

Publié le par Hélène

♥ ♥

Sughrue, détective privé part à la recherche de Trahaerne, écrivain à succès arpentant les bars des Etats-Unis pour le ramener auprès de son ex-femme. Après l'avoir retrouvé, il se voit confier une nouvelle mission : retrouver une jeune fille disparue dix ans auparavant. Sughrue embarque donc dans sa quête l’écrivain alcoolique ainsi qu'un bouledogue tout aussi imbibé...

Ce que j'ai aimé :

Une mélancolie lancinante teinte ces pages, Sughrue semblant errer à la recherche d'une amarre, d'un lieu où s'arrêter, d'une personne à aimer. Mais il reste satellite, se posant là où le vent le porte, peuplant ses nuits de jeunes femmes à qui il s'attache pour leur plastique avant de passer à la suivante. Ses enquêtes semblent donner un semblant de sens à cette vie désincarnée.

Ce que j'ai moins aimé :

Quelques longueurs, ou langueurs selon le point de vue adopté...

Bilan :

Un roman noir au rythme lancinant...

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Challenge Gallmeister organisé par Les Passions de Chinouk et Readlookhear

Thème du mois : Roman noir

Partager cet article
Repost0

Moderato Cantabile de Marguerite DURAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Alors que son fils prend sa leçon de piano et peine à retenir la signification de « moderato cantabile » dans la sonatine de Diabelli, un cri venu du rez-de-chaussée interrompt la leçon. En sortant, Anne et son fils apprennent qu'une femme a été assassinée d'une balle en plein cœur. La mère de l'enfant est fasciné pour ce couple fusionnel et revient inexorablement dans le café, lieu du crime. Elle rencontre là un homme, Chauvin, qui essaie de percer aussi le mystère de cette relation et de ce désir extrême. Peu à peu les deux esseulés se rapprochent, les disparus peuplant la solitude de cette femme fascinée par le désir d'un autre.

La puissance d'évocation de l'écriture de Marguerite Duras transparait encore ici : en s'attachant pourtant seulement aux apparences, en décrivant seulement le rayon de soleil émergeant des nuages, elle donne à voir en filigrane la profondeur des êtres, affleure l'émotion, suggère sans dire.

"Dehors, dans le parc, les magnolias élaborent leur floraison funèbre dans la nuit noire du printemps naissant. Avec le ressac du vent qui va, vient, se cogne aux obstacles de la ville, et repart, le parfum atteint l’homme et le lâche, alternativement "

Un texte superbe !

"Ce qui me semble pourtant dominer dans ce livre net et précis, c'est précisément l'émotion, la sensibilité, le murmure savamment réprimé d'une plainte vraiment belle et tout à fait déchirante. Ici un écrivain de tête écrit raisonnablement ce que dicte celui qui a des raisons que la raison ne connait pas. " Claude Roy 1958

Présentation de l'éditeur : Editions de Minuit

Du même auteur : L’amant

Partager cet article
Repost0

Cendrillon de Joël POMMERAT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Sandra saisit mal des derniers mots de sa mère murmuré sur son lit de mort. Elle comprend qu'elle ne doit jamais cesser de penser à elle sans quoi sa mère mourra à jamais. La jeune femme vit alors dans la peur perpétuelle d'oublier cette mère tant aimée. Son père décide de se remarier, et tous deux viennent vivre chez la nouvelle belle-mère qui assigne à Sandra mille tâches ménagères. Sandra accepte vaillamment, pensant ainsi expier ses manquements. Puis vient le jour du bal....

Joël Pommerat opte pour une adaptation du conte moderne avec des familles recomposées, le harcèlement subi par la jeune femme, la difficulté à faire son deuil, les violences relationnelles... Il s'approprie le conte populaire.

"Je me suis intéressé particulièrement à cette histoire quand je me suis rendu compte que tout partait du deuil, de la mort (de la mère de Cendrillon). À partir de ce moment, j’ai compris des choses qui m’échappaient complètement auparavant. J’avais en mémoire des traces de Cendrillon version Perrault ou du film de Walt Disney qui en est issu : une Cendrillon beaucoup plus moderne, beaucoup moins violente, et assez morale d’un point de vue chrétien. C’est la question de la mort qui m’a donné envie de raconter cette histoire, non pas pour effaroucher les enfants, mais parce que je trouvais que cet angle de vue éclairait les choses d’une nouvelle lumière. Pas seulement une histoire d’ascension sociale conditionnée par une bonne moralité qui fait triompher de toutes les épreuves ou une histoire d’amour idéalisée. Mais plutôt une histoire qui parle du désir au sens large : le désir de vie, opposé à son absence. C’est peut-être aussi parce que comme enfant j’aurais aimé qu’on me parle de la mort qu’aujourd’hui je trouve intéressant d’essayer d’en parler aux enfants.[...]" Joël Pommerat, entretien avec Christian Longchamp

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas été sensible à cette adaptation, peut-être éprouverai-je plus d'intérêt en voyant la mise en scène, souvent la lecture ne suffisant pas pour le théâtre. J'ai trouvé cet univers très noir, manquant de lumière et d'humanité.
 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Dysfonctionnelle de AXL CENDRES

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Même avec une chose que tout le monde croit perdue, on peut faire quelque chose de merveilleux."

Fidèle, Fifi ou Bouboule appartient à une famille qu'elle qualifie de "dysfonctionnelle" : son père fait des séjours réguliers en prison car se trouve un peu trop souvent "au mauvais moment au mauvais endroit", sa mère rescapée des camps effectue des séjours réguliers en maison de repos, si bien que Fifi évolue dans un milieu mouvant, entourée de ses frères et sœurs : Grégorio qui aime un peu trop à la bagarre, Alyson, jolie fille qui aime les mauvais garçons, Dalida qui se sent différente et peu à sa place dans cette famille, Maryline, la sœur dont elle se sent proche, JR, Le James Dean kabyle, et Jésus le divin enfant. Dans le "bar du bout du monde" tenu par son père, havre de paix, les enfants grandissent malgré tout, aux côtés de la grand-mère Zaza et de l'oncle fidèle. Dotée d'une mémoire photographique, Fifi est envoyée dans un lycée des beaux quartiers et là, découvre l'amour...

Certes cette famille est atypique, mais le portrait de la famille de Sarah, issue des beaux quartiers avec un père médecin est aussi éloquent, là aussi règnent incompréhension, disputes, et secrets. Toutes les familles se ressemblent, et il faut réussir à extraire du magma du quotidien pas toujours drôle un peu de magie, des moments de communion, d'harmonie, des moments parfaits qui restent à jamais gravés dans les cœurs. Chez Fifi, ça ne marche pas toujours comme il faudrait, mais "ça tient debout", tant l'être humain est capable de résilience, même au milieu du chaos. Axl Cendres nous offre ici un beau portrait d'adolescente, nimbée d'humanité.

Présentation de l'éditeur : Editions Sarbacane

Publié dans Jeunesse Roman

Partager cet article
Repost0

Les étoiles, la neige et le feu de John HAINES

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"C'est dans la clarté et la force brève d'une rencontre avec la nature , dans ce témoignage d'amour et - puisque c'est d'un livre dont il s'agit- dans les souvenirs qu'on rappelle à soi pour les conter, que l'on peut recouvrer certains moments vitaux de cette expérience. Ils recèlent cette vitalité première de l'existence sans laquelle il n'est aucun art possible, aucune approche spirituelle, aucun rapport authentique au monde." Préface de l'auteur

John Haines a fait le choix de se retirer de la civilisation pour se retirer pendant vingt-cinq ans dans une cabane au coeur de l'Alaska, réapprenant les gestes essentiels des pionniers : chasser pour se nourrir, couper du bois pour se chauffer, tracer des pistes. Il s'adapte à cette vie harmonieuse proche de la nature et nous livre son émerveillement profond de cette vie. 

Les soirées sont bercées par les récits des voisins à qui on rend visite pour échanger autour du feu des anecdotes, des destins atypiques, des légendes qui se teintent quelquefois de magie à la lueur du feu. Jamais ce récit ne se fait lassant tant il déborde d'un amour inconditionnel pour ces personnes et pour ce mode de vie, loin de tout. On se surprend à guetter nous aussi le passage d'un élan, en espérant qu'il ne disparaisse pas de ces paysages paradisiaques...

Il s'agit du premier roman édité chez Gallmeister sous le titre Vingt-cinq ans de solitude, inscrivant la maison d'édition dans le nature writing et prouvant le talent indéniable de Oliver Gallmeister pour dénicher des récits envoûtants !

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Challenge Gallmeister organisé par Les Passions de Chinouk et Readlookhear

Thème du mois : Nature writing

Partager cet article
Repost0

Derniers mètres avant le cimetière de Antti Tuomainen

Publié le par Hélène

♥ ♥

Jaakko, 37 ans, est le chef d’une entreprise spécialisée dans la culture de champignons “matsutake”. Son univers vacille le jour où il découvre que quelqu'un l'empoisonne à petits feux et que sa femme le trompe. De plus, des concurrents s'installent juste à côté de son entreprise. Jaako décide alors d'enquêter pour mieux comprendre qui souhaite sa mort.

Ce que j'ai aimé :

Un début original dépaysant

Ce que j'ai moins aimé :

On s'embourbe un peu au fur et à mesure, pour une fin qui retombe comme un soufflé

Je n'ai pas ri deux fois par page ! Loin de là !

Bilan :

Ne tient pas ses promesses...
 

Présentation de l'éditeur : 10/18

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>