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Un mois- Un éditeur : Les éditions Philippe Picquier

Publié le par Hélène

Un mois un éditeur présente ce mois-ci les éditions Philippe Picquier

Leur présentation :

"Depuis 1986, les Editions Philippe Picquier se sont attachées à publier en France des livres de l’Extrême-Orient, avec la certitude que « l’Asie est suffisamment vaste pour qu’on ne s’occupe que d’elle ». Le catalogue - comprenant une collection de livres de poche - est consacré à la Chine, au Japon et à l'Inde et s'ouvre progressivement à l'Asie du Sud-Est. Une maison d’édition singulière qui a trouvé sa place dans le paysage éditorial français en publiant aussi bien des traductions des oeuvres des principaux écrivains de ces pays - classiques, modernes ou contemporains - que des essais, des livres d’art, des reportages et maintenant des livres pour enfants, destinés à faire connaître les cultures orientales aux lecteurs français dans leur richesse et leur diversité.

D’un texte à l’autre, d’un livre à l’autre, de nouvelles collections ont été crées avec la complicité de directeurs de collection. Ce sont encore des livres de contes, de cuisine. Ce sont surtout des écrivains nouveaux du Japon, de la Chine, de l’Inde, du Vietnam que nous publions et dont les préoccupations, les modes de pensée ou l’écriture permettent d’affirmer aujourd’hui qu’ils n’ont rien d’exotique et qu’ils peuvent se mesurer avec de grands écrivains d’envergure internationale.
Derrière ce catalogue, il y a beaucoup de voyages, de rencontres et de découvertes. Des conseillers, des amis aussi, et surtout la complicité de traducteurs remarquables qui prodiguent leurs conseils, lisent, commentent, partagent leurs goûts et leurs choix avec nous."

 

Voici quelques uns de mes titres préférés de cet éditeur

(cliquez sur les titres pour accéder aux billets) 

Deux odes à la douceur de vivre :

Les années douces de Hiromi Kawakami

Park Life de Shuichi YOSHIDA

Une plongée dans la cuisine indienne :

La colère des aubergines de Bulbul SHARMA
De magnifiques albums jeunesse :

Nuages de Kim JAE-HONG

Akiko la courageuse de Antoine GUILLOPPE

 

Mô et le maître du temps de Marie SELLIER et Catherine LOUIS

Et pour finir une BD foisonnante :

Manabé Shima de Florent CHAVOUET

 

Pour en savoir plus sur cet éditeur : sur Babélio

A suivre ce mois-ci sur nos blogs...

Publié dans Littérature Asie

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Le K de Dino BUZZATI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le jour de ses douze ans le petit Stefano Roi demande à son père l'autorisation de l'accompagner sur son voilier. AU loin, il aperçoit une forme noire que son père identifie comme "le K" "C'est le monstre que craignent tous les navigateurs de toutes les mers du monde. c'est un squale effrayant et mystérieux, plus astucieux que l'homme. Pour des raisons que personne ne connaîtra peut-être jamais, il choisit sa victime et une fois qu'il l'a choisie, il la suit pendant des années et des années, toute la vie s'il le faut, jusqu'au moment où il réussit à la dévorer."

De fait le père de Stefano lui interdit de courir les mers. Malgré tout, le jeune garçon reste attiré par la belle bleue et dés qu'il peut jette un oeil au loin. Il aperçoit à chaque fois le K qui l'attend patiemment. L'attirance est telle qu'à l'âge de 22 ans, après la mort de son père, il décide de suivre la même trajectoire que lui et de devenir marin. Il vit alors dans la menace continuelle du monstre, mais cette présence obsessionnelle "décuple sa volonté, sa passion pour la mer, son ardeur pour les heures de péril et de combat."

A la fin de sa vie il décide de partir à la rencontre de cet ennemi qu'il a fui toute sa vie.

Le K lui annonce alors qu'il ne le poursuivait pas pour le dévorer, mais pour lui remettre  une petite Perle de la Mer qui "donne à celui qui la possède fortune, puissance, amour et paix de l'âme. Mais il était trop tard désormais."

Face à l'inconnu, le jeune Stefano s'est laissé influencer par des peurs ancestrales, des croyances infondées et n'a compris son erreur que bien trop tard. Cette courte nouvelle nous  invite finalement à prendre des risques, qu'il s'agisse de rencontres ou d'une métaphore plus large de la condition humaine. A toujours fuir, le risque est de passer à côté de l'essentiel...

Un texte à lire, relire, offrir pour enfin comprendre que l'Autre, loin d'être un ennemi, peut offrir des trésors inestimables ...

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

La bonne nouvelle du lundi chez Martine

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Printemps des poètes 2017 - Afrique(s)

Publié le par Hélène

Du 4 au 19 mars 2017

Ce 19e Printemps des poètes invite à explorer le continent largement et injustement méconnu de la poésie africaine francophone. Si les voix majeures de Senghor, U Tam'si ou Kateb Yacine par exemple, ont trouvé ici l'écho qu'elles méritent, tout ou presque reste à découvrir de l'intense production poétique africaine, notamment celle, subsaharienne, qui caractérisée par une oralité native, tributaire de la tradition des griots et nourrie par ailleurs des poésies d'Europe, offre des chemins neufs sur les terres du poème.

Parole libérée, rythmes imprévus, puissance des symboles et persistance du mythe: écoutons le chant multiple des Afriques , du Nord et du Sud.
Il va de soi que cette exploration ne peut ignorer les voix au-delà du continent africain, des Antilles à la Guyane, de Madagascar à Mayotte ...

Ce 19e Printemps des Poètes sera l'occasion de mettre en avant notamment l'oeuvre de Léopold Sedar Senghor et de Tchicaya U Tam'si.

Jean-Pierre Siméon
Directeur artistique

Inauguration sur les ondes 

4 et 5 /03 Week-end France Culture les Afriques

Clôture : au Cabaret sauvage
19 mars : Clôture du Printemps des Poètes
et lancement de la 22e semaine de la langue française et de la Francophonie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Remèdes à la mélancolie d'Eva BESTER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Eva Bester anime une émission sur France Inter le dimanche à 10h dans laquelle elle recueille les remèdes de son invité pour se soustraire à la mélancolie, "le morne regret des chimères absentes" (Baudelaire) . Dans le prolongement de son émission, elle rassemble ici certains remèdes proposés par ses invités et nous propose de piocher des instants de plaisir.

Certains remèdes sont cocasses comme celui de Dany Lafferrière pour qui balayer est un palliatif efficace à la mélancolie. Qu'il s'agisse de cuisiner avec des amis (Adrien Bosc), de savourer un plat de spaghettis aux palourdes, de rire des chatouilles (Antonin Peretjatko), de lire ce qui est écrit sur les paquets de céréales (Christophe Bourseiller), des textes de Desproges, se cacher sous les tables dont les nappes vont jusqu'au sol (s'il est recouvert de moquette), chacun nous offre une étincelle de bonheur.

Mes préférés : 

- Regarder des gens en train de faire de l'aquagym de Babx

"Oui, en fait, donc là je dois l'avouer, j'ai eu pendant un mois l'idée que j'allais faire un peu de sport parce que j'étais ressorti d'un été un peu abominable après une tournée et donc j'allais me remettre en forme dans une salle tout ce qu'il y a de plus absurde, alors là c'est génial en plus et avec des machines et des trucs pour se remettre en forme, et il y avait cette piscine, ce bassin plus exactement, où, derrière une vitre, je voyais des gens régulièrement sautiller sans jamais s'arrêter sur une musique, tout ça dans l'eau. Et tout d'un coup je me suis arrêté et je me suis dit : " Au milieu de l'univers, il se passe ça !", c'est à dire au milieu de tous ces schismes permanents, des guerres, des planètes qu'on n'a pas encore découvertes, il y a un endroit dans tout cet infini où il y a des gens en train de faire dong-dong-dong dans de l'eau avec des bonnets de bain, totalement persuadés de ce qu'ils sont en train de faire et ça m'a fasciné ! Je me suis vraiment dit que l'humain était d'une poésie incroyable pour pouvoir se mettre comme ça dans des pareilles situations et surtout croire dur comme fer à ce qu'il est en train de faire."

- L'absurde "L'absurde drôlatique est la parfaite application de la leçon nietzschéenne : certes, la vie est tragique mais au lieu de nous lamenter, on peut transcender la bassesse de notre condition par l'imagination au service de l'art et du rire. l'absurde est un moyen d'élévation." p. 171

Neige de nuit à Kambara de Hiroshige (Chantal Thomas)

- L'espace et les étoiles car " Je crois que penser aux étoiles, pour moi, c'est l'occasion de se replonger dans le cosmos, dans l'univers : dés qu'on songe à son immensité, même s'il n'est pas infini, dés qu'on songe à cet espace absolument sans commune mesure avec notre corps et nos habitudes terrestres, on ne peut plus se contenter de macérer dans sa seule petite tristesse, ni dans son seul horizon, même s'il est joyeux." Roger-Pol Droit

- la citation choisie par Cécile Sciamma

"Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui n'attendent que le moment de nous voir un jour beaux et courageux. Peut-être que toutes les choses qui font peur sont au fond des choses laissées sans secours qui attendent de nous le secours. Pourquoi voulez-vous exclure de votre vie toute inquiétude, toute souffrance, toute mélancolie alors que vous ignorez leur travail en vous." Rainer Maria Rilke Lettres à un jeune poète

- La chanson choisie par Agnès Desarthe :

- Les films comme The big Lebowski des frères Coen (Christophe Bourseiller et Agnès Desarthe), Chantons sous la pluie pour la scène de danse (Agnès Jaoui et Robin Renucci), Stardust memories de Woody Allen.

Ce que j'ai moins aimé : les arts visuels, les arts sonores ne rendent pas tellement à l'écrit.

Bilan : Une bouffée de bonheur à prescrire de toute urgence !

 

Présentation de l'éditeur : Autrement

D'autres avis :Cathulu, repéré chez elle en début d'année, merci à elle !

 

Merci à l'éditeur pour cette belle découverte !

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Le long silence de Thomas MCGUANE

Publié le par Hélène

Thomas McGuane nous livre en ces pages des courts récits autobiographiques dans lesquels il évoque sa passion pour la pêche. En effet, les parties de pêche lui permettent de se découvrir pleinement humain en étant attentif au monde, il écoute et observe ce qui l'entoure avec acuité et sa présence au monde devient évidente. Que ce soit la chasse, l'observation des oiseaux, la pêche ou le bateau à voile "chacun de ces loisirs offre de magnifiques possibilités d'observer le temps, le paysage dans sa lumière changeante, le mouvement de l'eau." p.301

Les pêcheurs suivent le rythme des saisons, se mettent à l'unisson du balancement du monde et vivent ainsi des instants suspendus hors du monde ou au contraire profondément ancrés dans l'univers.

"Je suis bouleversé par la perfection des choses : le profil splendide de chacune des truites, la beauté angélique miniature des éphémères, et les eaux soyeuses et sauvages de le Big Hole River. Car c'est pour de telles choses que nous sommes déposés sur ce tas de boue en rotation." p.124

Bien campés dans leurs bottes comme dans le monde, ils apprennent à profiter du moment présent :

"Il trouva des signes d'immortalité dans la pêche et le long des rivières où des instincts humains ancestraux rencontrent la nature au paroxysme du cyclique et du mystérieux, où le comportement humain fait si clairement partie de la nature, où notre détachement, même de la brièveté de nos propres vies, est réconfortant." p. 332

http://pecheur.info/flyfishing-is-a-joke.html

Ce que j'ai moins aimé :

Partie de pêche après partie de pêche, j'ai fini par me lasser du vocabulaire technique, des détails et de l'aspect finalement très répétitif des récits.

Bilan :

De belles anecdotes à picorer pour se plonger dans l'univers lumineux de cet auteur, icône du nature writing américain.

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

D'autres avis : Le Bouquineur ; Lecture commune avec Electra

Du même auteur : Sur les jantes

Sur le même thème :  Dérive sanglante  ; Casco bay Mon Amérique 

 

Le long silence, Thomas McGuane, traduit par Anatole Pons, Gallmeister, novembre 2016, 376 p., 23.90 euros

 

Merci à l'éditeur.

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Jeux de miroirs de E. O. CHIROVICI

Publié le par Hélène

Pete Katz, agent littéraire reçoit le manuscrit inachevé d'un auteur inconnu qui raconte ses années d'étudiant à l'université de Princeton et ses relations ambivalentes avec la brillante Laura et son professeur Joseph Wieder, professeur reconnu dans le domaine de la psychologie cognitive qui travaille sur de mystérieux écrits autour de la mémoire et du souvenir.  Le manuscrit s'achève avec l'assassinat de ce dernier. Depuis l'affaire est restée irrésolue. Peter comprend que cette histoire si elle n''et pas totalement réelle est du moins inspirée par des faits réels puisque le professeur a effectivement été retrouvé assassiné mais que l'assassin n'a jamais été retrouvé. La suite du manuscrit donnera t-elle la clé du meurtre ? L'agent tente alors d'en savoir plus sur l'auteur et commence alors une enquête menée d'embûches. Et c'est là que le rythme du roman, plutôt bien mené jusqu'ici, se ralentit de façon excessive, prenant plaisir à emporter son lecteur sur des pistes très différentes, quitte à prendre le risque de le perdre en route !

Ce que j'ai moins aimé :

- Les ficelles assez grossières avec des phrases comme "malheureusement rien ne devait se passer comme je l'espérais", ou encore le détail qui tourne en tête et qui peut-être détient la clé de l'énigme mais que l'on ne parvient pas à saisir (ficelle utilisée en son temps jusqu'à plus soif par Mary Higgins Clark) "Il me semblait avoir aperçu quelque chose du coin de l'oeil. Mais quoi ? Cela demeurait un mystère."

- Le style agrémenté de "genre" en lieu et place de "comme" "celle d'un individu "normal", inoffensif, genre mécanicien ou chauffeur de bus." p. 241

- La résolution alambiquée.

Bilan : L'idée de départ était intéressante, proposant une réflexion sur l'incroyable "capacité de l'esprit humain à maquiller ou même à falsifier les souvenirs. Est-il possible d'oublier complètement un évènement et d'en créer un faux souvenir ? Et si notre imagination était capable de transformer une réalité prétendument objective en quelque chose d'autre, qui nous appartient en propre ? L'esprit est-il en mesure de récrire un évènement donné, d'agir à la fois comme un scénariste et un metteur en scène ?" Note de l'auteur

La première partie est effectivement prenante, bien menée mais ensuite l'intrigue s'essouffle, et le manque de rythme devient prégnant.

 

Présentation de l'éditeur : Les Escales

D'autres avis : Valérie ; Eva ; A propos des livres

 

Jeux de miroirs, Eugen Chirovici, traduit de l'anglais par Isabelle Maillet, Les Escales, janvier 2017, 314 p., 21.90 euros

Merci à L'agence Anne et Arnaud pour l'envoi.

Publié dans Roman policier Europe

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Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar de Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Tomas est un jeune cheminot dans la ville de Trutnov en Tchécoslovaquie au début des années 70. Son chemin croise celui de Vaclav Havel, alors que celui-ci n'est encore qu'un artiste de théâtre. Une amitié se noue entre les deux hommes, amitié de coeur mais aussi amitié d'idées. Face au régime communiste qui se durcit et poursuit les dissidents comme Vaclav, Tomas fait rapidement son choix. Il reste résolument du côté de la liberté et de la culture, centrale, "comme un outil de savoir et de plus grande conscience sur le monde."

Avec tact et retenue, Antoine Choplin évoque la montée au pouvoir de Vaclav Havel, des premières heures hésitantes jusqu'au succès, et ceci par l'intermédiaire de cet acolyte de l'ombre, Tomas, un  cheminot ordinaire amoureux des écorces et des oiseaux, un homme que rien ne prédestinait à jouer un rôle dans l'histoire, mais  qui décide simplement de suivre ses préceptes moraux et d'accomplir ce qui lui semble juste aux côtés de personnes qu'il apprécie. L'amitié qui relie les deux hommes est touchante, discrète, de ces liens solides qui ne nécessitent pas une effusion disproportionnée quand on sait que l'essentiel nous rassemble.

A travers le destin de Tomas Kusar, Antoine Choplin nous offre un roman tout en délicatesse retraçant l'engagement de ces hommes qui se battent pour des valeurs, et qui passent au travers des épreuves inhérentes à leurs positions, par conviction, par passion pour la vie et la liberté indissociables dans un monde qui chancèle.

 

D'autres avis : Caroline ; Yves ; Leiloona ; Jostein ;

Du même auteur : La nuit tombée ; Le héron de Guernica Radeau  ; L'incendie Une forêt d'arbres creux

 

Quelques jours dans le vie de Tomas Kusar, Antoine Chopli, La fosse aux ours, janvier 2017, 18 euros

 

La fosse aux ours est l'éditeur du mois pour Un mois un éditeur

 

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Le port des marins perdus de Teresa RADICE et Stefano TURCONI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Je crois que chaque poème désire trouver la voie qui mène au coeur de celui qui l'écoute et qui se l'approprie ! Quand cela arrive... Le poète a rempli sa tâche non ? La tâche du semeur d'émotions."

Automne 1807. Un jeune homme est retrouvé amnésique sur les côtes au large du Siam. Il ne se souvient que de son prénom : Abel. Un navire de sa majesté le recueille et le capitaine du vaisseau prend soin de lui. Ce navire a une histoire particulière puisque son commandant s'est enfui avec le trésor du bord. De retour en Angleterre, Abel est accueilli par les trois filles du commandant déchu. Il fait aussi la connaissance de Rebecca, tenancière de maison close et de Nathan McLeod, son amant capitaine au grand coeur. Tous joueront un rôle essentiel dans le destin du jeune Abel, être perdu dans un monde qu'il ne connait plus. En navigateur aguerri il parcourt la vie comme les mers : en pratiquant ce qu'il nomme la "navigation à l'estime" : sans point fixe il vit dans une incertitude totale "Pas de cap précis, aucune terre en vue". Son seul horizon semble être ce "port des marins perdus" : « Il apparaît et disparaît dans la brume, mais il n'est pas donné à tout le monde de le voir. Parce que ce n'est pas toi qui choisis d'entrer dans le port, c'est le port qui te choisit. »

Le fil rouge du récit est la célèbre La Complainte du vieux marin, composée entre 1797 et 1799 par Samuel Taylor Coleridge, long poème qui décrit les aventures surnaturelles d'un capitaine de bateau qui fit naufrage. Ce poème romantique, tout comme les autres nombreux poèmes de l'ouvrage qu'ils soient de  William Blake, de Lord Byron ou de William Wordsworth permettent au jeune Abel de comprendre le monde, de percer petit à petit le mystère de son existence.

"La vie tend des fils invisibles... Les fils tressés vus de trop près, ne sont que confusion de lignes et de couleurs... Il faut du temps, et la juste distance, pour en deviner le dessin... et le sens."

Des questions essentielles surgissent au fil des textes, mais leur beauté éternelle enseigne également au jeune Abel à s'inscrire dans l'éternité du présent. Lecture après lecture, il apprend à vivre en sachant qu'il va mourir et à prendre confiance pour savourer le parfum et le goût du pain, sans remords ou regrets.
 
"C'est un beau soir, calme et libre ;
Moment sacré, paisible comme une religieuse,
Souffle coupé d'adoration ; le soleil ample
se couche dans la quiétude ;
Le ciel très doux se recueille sur la mer." Wordsworth
 

Mes petits bémols :

L'absence de couleur et la longueur (plus de 300 pages)

Bilan : un très beau conte fantastique aux accents littéraires enchanteurs !

 

Présentation de l'éditeur : Glénat

D'autres avis : Découvert chez Noukette et Jérôme ; Tamara

Télérama

 

Le port des marins perdus, Teresa Radice et Stefano Turconi, Glénat, juin 2016, 22 euros

 

Ma Bd de la semaine, accueillie cette semaine chez Steph

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La vierge froide...ou les ravages d'Emma de Jorn RIEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Mads Madsen aime raconter des histoires pour peupler les soirées longues d'hiver au pays du grand froid du nord-est du Groenland. Un soir, il invente Emma. La femme en ces lieux est "une entité lointaine et imaginaire, à laquelle on ne fait allusion qu'avec des tournures vagues et prudentes." Et ce soir-là, Emma va lui échapper et vivre sa propre vie.

"Emma, tiens, c'est comme si elle était faite rien qu'avec des beignets de pommes. Les fesses, les seins, les joues et tout et tout. Rien que des beignets, mon garçon. Et au milieu de toute cette pâtisserie, deux yeux bleu ciel et une moue rouge."

Après une telle description, William le noir commence à languir lui aussi après Emma et décide d'acquérir les droits sur elle contre vingt paquets de cartouche et un fusil. Emma et William peuvent alors vivre leur idylle.

Mais arrive Bjorken qui achète les droits à son tour...

"C'est quand même une fille magnifique.

- Tout à fait fantastique, pour ainsi dire vivante, soupira William."

Cette nouvelle fait partie des célèbres racontars celtiques de Jorn Riel, auteur danois qui a fait vécu 16 ans au Groenland. De ce voyage exceptionnel il a rapporté la série des racontars arctiques, suite de fictions brèves ayant pour héros les derniers trappeurs du nord-est du Groenland, série qui ravit les lecteurs grâce à un humour décapant ! L'auteur vit aujourd’hui en Malaisie. "Histoire de décongeler", dit-il...

Pour tout vous dire, ces racontars sont mon propre "remède à la mélancolie"... Jubilatoires et décalés ils constituent un pendant idéal à la morosité ambiante !

 

Le recueil : La vierge froide et autres racontars  qui existe aussi adapté en Bande dessinée

Les racontars dans l'ordre (il est préférable en effet de les lire dans l'ordre pour saisir toute la saveur des personnages) :

1) La vierge froide et autres racontars - 1993

2) Un safari arctique et autres racontars - 1994

3) La passion secrète de Fjordur et autres racontars - 1995

4) Un curé d'enfer et autres racontars - 1996

5) Le voyage à Nanga : un racontar exceptionnellement long - 1997

6) Un gros bobard et autres racontars - 1999

7) Le canon de Lasselille et autres racontars - 2001

8) Les ballades de Haldur et autres racontars - 2004

9) La circulaire et autres racontars - 2006

10) Le Naufrage de la Vesle Mari et autres racontars - 2009

 

Je vous parlerai aussi prochainement de Une vie de racontars dans lequel l'auteur se livre.

 

Publié dans Nouvelles

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Neh Manzer ou les Neuf-loges

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce recueil de neuf contes est issu du Kharezm, région d'Asie centrale qui se situe aujourd'hui dans les frontières de l'Ouzbékistan. Composé entre le XVème et XVIème siècle et porté à la connaissance des lecteurs français en 1808 grâce à la traduction du baron Daniel Lescallier, haut fonctionnaire au service de l'Empire et "orientalise", il présente neuf histoires orientales merveilleuses. Le prétexte au conte est le même que celui des Mille et une nuits : une condamnation à mort différée de jour en jour grâce à une série de contes. Chirzade est en effet marié à Goulchade mais il se doit de tuer le père de sa femme qui a tué sa propre mère. Chaque fois qu'il se rappelle la vengeance nécessaire qu'il doit accomplir, sa femme Goulchade commence une histoire qui éloigne Chirzade de son objectif.

Des génies, des musiciens des êtres maléfiques qui abusent des liqueurs soporifiques, des déguisements, des coups de foudre, des princesses plus belles que la lune, des serviteurs dévoués, des hommes qui se transforment en perroquet pour abuser des belles princesses, des fées, tout l'imaginaire des contes surgit des brumes de la nuit pour enchanter nos sens et notre imagination. S'ils n'ont pas la force des contes des Mille et Une nuits, ces neuf contes flattent néanmoins nos penchants orientalistes.

 

Présentation de l'éditeur : Libretto

 

Neh Manzer ou les Neuf Loges, contes traduit du persan par Le baron Daniel Lescallier Libretto, janvier 2017, 144 p., 7.70 euros

Publié dans Littérature Asie

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