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L'aile des vierges de Laurence PEYRIN

Publié le par Hélène

Alors qu'elle vient de perdre son mari, Maggie est contrainte de s'engager en temps que domestique à Sheperd House, manoir du Kent. Pour cette petite fille de suffragette et fille d'une sage femme féministe, entrer au service des Lyon-Thorpe est un crève-cœur. Elle se console en se disant qu'elle ne restera pas longtemps en ces lieux et que bientôt, elle pourra partir pour l'Amérique.

Ce que j'ai moins aimé :

Sous couvert d'un personnage féministe, l'auteure nous plonge dans une histoires romanesques au possible, avec quelques scènes pseudo érotiques pour agrémenter l'intrigue. Le personnage de Maggie est assez caricatural, les ficelles romanesques centrées sur des quiproquos et des destins manqués attendues, tout comme les rebondissements visibles à 10 mètres.

Bilan : J'ai abandonné, noyée sous le romanesque...

 

Présentation de l'éditeur : Calmann Lévy ; Pocket

D'autres avis : http://ivredelivres.com/aile-vierges-laurence-peyrin/ qui met en avant les contradictions de cette Maggie soit disant féministe...

 

Elu L’été en Poche des blogueurs littéraires

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Dans les eaux du grand Nord de Ian McGUIRE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Hiver 1859, le baleinier "le Volunteer" prend la mer en direction du cercle polaire arctique. A son bord, Summer, ancien chirurgien de l'armée à la réputation houleuse. Quelques jours après le départ, un garçon de cabine est retrouvé sauvagement assassiné. Le coupable est forcément à bord. Summer se demande alors dans quel croisière satanique il s'est embarqué... De plus, peu à peu, les objectifs de l'expédition deviennent troubles...

Ce que j'ai moins aimé : Quelques longueurs. J'aurais aimé plus de suspens.

Bilan : Ce roman ne parvient pas parfaitement à entremêler les deux genres du roman d'aventures et du roman policier pour les rendre suffisamment efficaces l'un et l'autre. N'est pas Joseph Conrad qui veut...

 

Présentation de l'éditeur : 10-18

D'autres avis : Télérama 

Sur le même thème : Sequoias de Michel Moutot

 

Sélectionné pour le Prix polar SNCF

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La fin de la solitude de Benedict WELLS

Publié le par Hélène

♥ ♥

Prix de littérature de l’Union européenne.

Prix littéraire des lycéens de l’Euregio.

Liz, Marty et Jules perdent leurs parents dans un accident de voiture et sont placés dans un orphelinat. rapidement, ils s'éloignent les uns des autres, chacun suivant sa trajectoire pour faire son deuil. Li a tendance à se réfugier dans les drogues, les fêtes et les relations sans lendemain, Marty reste plus froid, et Jules le rêveur s'essaie dans la photographie et se rapproche de Alva, une jeune pensionnaire. Le temps passe, Jules raconte les étapes de sa vie, comment les cicatrices se forment et se déforment au fil des aléas de la vie.

Des liens indéfectibles perdurent malgré les épreuves, la fratrie, ses liens uniques et irremplaçables : "Soudain, je nous vois à soixante-dix ans, nous soutenant l'un l'autre. je n'ai pas choisi Marty et, au fond, nous sommes radicalement différents, mais il y a une chose qui le distingue de tous les autres : il est toujours là. A mes côtés depuis quarante et un ans." p. 135

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai trouvé la tonalité assez triste et pathétique.

Bilan :

Une belle trajectoire de vie !

"La vie n'est pas un jeu sans gagnant ni perdant. Elle ne nous doit rien et les choses arrivent comme ça. Parfois c'est juste et tout a un sens, et parfois tellement injuste qu'on doute de tout. J'ai arraché son masque au destin et, en dessous, je n'ai trouvé que le hasard." p. 287

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

D'autres avis : Babélio

Publié dans Littérature Europe

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Des âmes simples de Pierre ADRIAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Quand le ciel entre quelque part, il donne une valeur à l'insignifiant."

Le narrateur de ce récit lumineux est un jeune homme qui a décidé de poser ses valises  quelques temps à Lescun bourg, dans le monastère de Sarrance en vallée d'Aspe. Il reste auprès du curé, Pierre, et écoute jour après jour l'histoire de cet homme, de cette vallée, de ces trajectoires qui s'arrêtent dans le monastère pour ensuite repartir. En ces lieux, la lumière s'échappe des âmes qui gardent le foi, la foi en l'homme, la foi en l'humanité, comme la foi en Dieu. Pierre rassemble, console, et porte invariablement vers le goût des choses simples, de l'entraide bienveillante. "Certains endroits élèvent", tout comme certains hommes.

"A quoi bon invoquer les saints si on ne reconnaît pas ceux qui nous entourent. dans leur vallée, dans ce gouffre, inconnus, ils passent sur cette terre. cela existe, les saints. Et nous ne le dirions pas ?"

Un beau récit simple et profond à la fois.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Prix littéraires :

  • • Prix Roger-Nimier 2017
  • • Prix Spiritualités d'aujourd'hui du roman 2017

D'autres avis : Télérama ; Alex ;

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Miss Jane de Brad WATSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Quand elle vient au monde en 1915 dans une ferme du Mississipi, de Dr Watson qui assiste à sa naissance remarque une malformation. La jeune Jane devra accepter de vivre différemment, et ne pourra jamais avoir une vie identique aux autres.

Mais sa force et sa bonne humeur l'aident à surmonter toutes les épreuves qui se présentent à elles, ainsi que l'appui du Dr Watson, et plus effacé mais tout aussi présent, de son père.

Brad Watson explique sur son site s'être inspiré de sa grand-tante Mary Ellis «Jane» Clay, qui souffrit d’incontinence urinaire sa vie durant, ne put avoir d’enfants et resta célibataire jusqu’à sa mort à 87 ans, en 1975, sept ans avant la première intervention chirurgicale pratiquée avec succès sur sa maladie.

La jeune Jane connaît les mêmes silences entourant sa maladie, les mêmes obstacles. Elle se réfugie dans la nature pour contrer les aléas de son existence, ce qui permet de donner vie à des pages vibrantes de lyrisme. Ses sens suppléent aux défauts de son corps, et si la jeune femme devenue adulte fera une incursion en ville, elle reviendra finalement vers ses racines, la ferme, la nature protectrice.

Ce que j'ai moins aimé : Il a manqué un souffle romanesque, surtout sur la fin à mon sens.

Bilan : Une lecture agréable autour d'un personnage dont le courage et la force permettent de passer outre ce destin particulier et d'offrir ainsi une belle leçon de vie.

 

Présentation de l'éditeur : Grasset

D'autres avis : Nadège https://lesmotsdelafin.wordpress.com/2018/12/11/miss-jane-brad-watson/

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Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla de Jean-Christophe RUFIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Edgar rencontre pour la première fois la belle et sauvage Ludmilla lors d'un voyage aux confins de la Russie. Ce personnage atypique le marque, si bien qu'il revient rapidement sur ses traces pour la retrouver et l'épouser. Commence alors une histoire de couple tumultueuse, qui connaît ses gloires et ses revers. Incessamment.

Pour l'anecdote, l'auteur s'est lui-même marié trois fois avec la même femme.

Ce que j'ai moins aimé :

Cette histoire est un peu lassante, d'autant plus que le titre nous disait à quoi s'attendre, on attend donc le divorce, puis le remariage, puis le divorce, puis le remariage, puis ... zzzzz

De même en ce qui concerne la vie professionnelle des protagonistes, l'auteur semble avoir voulu mettre en avant les antithèses propres à une vie et il ponctue tout leur parcours de déconvenues et de couples allégoriques antithétiques : à la pauvreté succède la fortune, puis la ruine, l'amour flou se marie avec la trahison, puis l'amour fou, puis la lassitude, fidélité et infidélité font un passage remarqué, la leçon semble claire : la vie n'est qu'aléas -et l'argent ne fait pas le bonheur- ...

Pour finir, les personnages ne sont pas réellement attachants, plutôt caricaturés, et le narrateur lui-même semble fade, fasciné par ce couple au point de s'oublier.

Bilan : Mitigé ... Si on se laisse néanmoins emportés par le destin tourbillonnant de ce couple, l'ensemble manque de corps et de profondeur.

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Babélio

Du même auteur : Immortelle randonnée ♥ 

 

Merci à l'éditeur.

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Enfin le royaume de François CHENG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Forme brève, mais moins abrupte que le haïku, le quatrain ne s'en tient pas au lapidaire, il sait donner du rythme à la pensée, à l'émotion, à la surprise, il sait initier un questionnement, amorcer une méditation, esquisser un chant.
À la suite des poètes chinois des origines, mais aussi d'Omar Khayyâm et d'Emily Dickinson, François Cheng atteste ici du pouvoir singulier de ce mode d'expression resserré, pourtant si peu enclos, si ouvert aux résonances, aux errances fertiles, voire à une manière salutaire d'envoûtement simple. " (Présentation de l"éditeur)

 

«Car vivre

C’est savoir que tout instant de vie est rayon d’or

Sur une mer de ténèbres,

C’est savoir dire merci»

 

Présentation de l'éditeur : Folio Gallimard

 

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La boîte noire de ITO Shiori

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En 2015, Ito Shiori a 26 ans, elle est journaliste. Un soir, elle rejoint N. Yamaguchi – directeur dans une grande chaîne de télévision et proche du Premier ministre – au restaurant pour parler affaires. Quelques heures plus tard, elle reprend conscience dans une chambre d’hôtel, en train de se faire violer. Si la justice inculpe dans un premier temps son agresseur, l'arrestation est finalement annulée après un appel téléphonique du chef de la brigade criminelle, proche du premier ministre. Le non lieu est prononcé.
Confrontée à la mauvaise volonté des pouvoirs publics et au silence des médias, Shiori mènera seule l’enquête sur sa propre affaire. A ce jour, elle n’a toujours pas obtenu justice.

Dans ce livre témoignage glaçant Ito Shiori dénonce les violences sexuelles au Japon :

"Je veux parler de l'avenir, des mesures à prendre pour qu'il n'y ait plus d'autres victimes et des moyens à mettre en place pour que les victimes d'agression sexuelles puissent obtenir de l'aide. Si je parle du passé, c'est uniquement pour réfléchir au futur."

Elle évoque la question du consentement : que faire quand les actes se passent dans une pièce close, une "boîte noire" ? De fait, elle insiste sur ses propres erreurs, la première étant de ne pas être allée de suite porter plainte, pour que les examens, le kit de viol puisse attester des faits. Elle s'est retrouvée prise au piège de ses hésitations, puis au piège de son agresseur qui, bien après l'acte, par le biais de ses relations, a fait planer sur elle l'ombre des doutes. Ito Shiori pointe ainsi du doigt "les imperfections de la loi, la façon dont les enquêtes sont menées et l'attitude de la société, qui forcent les victimes à se résigner et rester silencieuses."

La journaliste est devenue une figure emblématique du mouvement #MeToo au Japon, devenu #WeToo. Son engagement et sa force lui permettent de combattre avec courage tous ses détracteurs pour qui le silence est préférable. Dans son livre comme dans ses interviews elle n'édulcore rien : 

« J'ai connu une souffrance dont je n'imaginais même pas l'existence. J'ai appris que les personnes qui vivaient avec cette souffrance étaient bien plus nombreuses que ce que j'aurais pu imaginer.
Aux personnes qui ont vécu les mêmes épreuves que moi, à ceux qui soutiennent un être cher en souffrance, je souhaite dire : vous n'êtes pas seuls.»

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

D'autres avis : Libération ; Grazia

 

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Sudestada de Juan Sáenz Valiente

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Georges est un détective privé sans scrupules et sans humanité sévissant à Buenos Aires. Il fait son travail froidement, sans état d'âme. Quand le mari de la célèbre chorégraphe Elvira Puente lui demande de filer sa femme pour découvrir si elle a un amant, il s'apprête à être tout aussi impartial. Mais cette rencontre risque bien de bouleverser sa vie et ses habitudes !

 

Le Sudestada du titre est un vent sec et pluvieux qui va contraindre Georges à cohabiter quelques temps avec la mystérieuse Elvira, bloqués dans une propriété isolée. 
Avec finesse, l'auteur révèle peu à peu la part d'humanité qui siège en son détective glacial, et montre combien une rencontre peut changer une vie. L'art ne sera pas étranger à ce bouleversement, remuant en l'homme une beauté enfouie sous des années de conformisme qui ont fini par éroder ses sentiments.
Une très belle réussite !

 

A noter : la couverture n'est pas du tout représentative de la BD

 

Présentation de l'éditeur : Michel Lafon

D'autres avis : Babélio

Sélectionné pour le Prix polar SNCF 2019

Vous avez jusqu'au 15 mai pour voter !

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Le Clézio, l'homme du secret de Aliette ARMEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"J'ai toujours cru que la littérature c'était comme la mer, ou plutôt comme le vol d'un oiseau au-dessus de la mer, glissant très près des vagues, passant devant le soleil."

("Lettre d'Albuquerque" Le Clézio)

Le Clézio est un écrivain qui a su se prémunir naturellement de la notoriété et ses risques. La qualité de ses écrits est indéniable parce qu'il est cet homme qui écrit par nécessité, parce qu'il croit en la littérature et en ses pouvoirs :

"Elle [la littérature] n'était pas un monument érigé en souvenir d'univers disparus, mais une passerelle pour entrer dans une nouvelle manière d'exister : la musique de ses mots aiguisait la capacité à être attentif aux moindres frémissement de la vie, à en percevoir les sensations et les émotions."

Pour cet homme mystique dans le sens où il est passionné "par les expériences, par les vertus religieuses, par la foi, quelle que soit la foi.", l'écrit révèle. Aliette Armel rappelle ce qui fait le prix de l’œuvre de cet auteur et de son secret : "Non pas l'or et le pourpre des distinctions les plus prestigieuses et des couvertures de livres pompeuses, mais la singularité d'une existence nomade, en quête d'un sens dont les civilisations oubliées demeuraient dépositaires, et la richesse d'une écriture forgée au cœur de la nature et dans l'observation des rituels."

Elle revient sur ses rencontres avec cet homme insaisissable,  nous raconte sa propre découverte de son oeuvre, nous livre ses propres hésitations face à cet homme fascinant. En choisissant de présenter les écrivains par le biais de sa propre expérience, Aliette Armel choisit résolument l'humilité. L'auteure se place à sa propre hauteur de vue, et cela lui permet également de livrer son ressenti et ses émotions. Elle, qui a pourtant eu l'immense honneur de pouvoir assister à la remise du prix Nobel de littérature à J.-M. G. Le Clézio à Stockholm, ne se met pas en avant, et laisse juste transparaitre sa fascination pour cet écrivain aux multiples contours, si insaisissable.

Avec intelligence, elle nous enjoint simplement à retrouver cet homme mystérieux dans ses écrits. Ce que je vais faire de ce pas aux côtés de Bitna...

 

Présentation de l'éditeur : Le Passeur Editeur

Du même auteur : Pondichéry, à l’aurore  ; En compagnie de Marguerite Duras

De Le Clézio :  Désert Voyage au pays des arbres 

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