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Quelqu'un qu'on aime de Séverine VIDAL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Des falaises fragiles, en sursis, voilà ce qu'on est."

Matt a promis à son grand-père atteint des premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer de l'emmener à travers les Etats-Unis sur les traces de son idole Pat Boone, crooner mythique des années 50, concurrent direct de Elvis Presley. Son grand-père avait en effet suivi la tournée du chanteur et Matt pense qu'en revenant sur les pas de cette période heureuse, les souvenirs vont affluer plutôt que refluer.

De fil en aiguille, ils ne seront finalement pas seuls dans leur virée, ils seront accompagnés de Amber, 18 mois, la fille que Matt vient de se découvrir, de Luke, ado en fugue, et d'Antonia, trentenaire prête à changer de vie. Leur road-trip à travers le pays s'annonce rédempteur pour chacun.

"Matt craignait le pire et ce n'est pas ce qui est arrivé. C'est même tout le contraire. A l'horizon il n'y a pas de soleil couchant magnifique, on ne voit pas à cent mètres dans ce chaos glacial, il n'y a rien, rien de ce qu'il avait prévu, rêvé. Mais Matt s'en fout, ce sera ce que ce sera. Et ça sera sans doute pas si mal."

Ce voyage est semé d'aléas, ceux de la vie, jamais totalement linéaire, la vie avec ses joies et ses pleurs. Les personnages comprendront l'importance d'être présents, de vivre ici et maintenant, avant que tout ne s'effrite, avant que la falaise sur laquelle nous nous tenons ne sombre dans une mer déchainée. Nos trajectoires provisoires peuvent nous angoisser, mais elles doivent aussi nous rappeler à accorder le juste prix à chaque étape et chaque rencontre.

Un beau roman profondément humain.

 

Présentation de l'éditeur : Sarbacane

D'autres avis : Babélio

Vous aimerez aussi : La petite voix du coeur de Billie Letts

Site de l'auteur : http://severinevidalmeslivres.blogspot.com/2015/07/quelquun-quon-aime.html

 

Quelqu'un qu'on aime, Séverine Vidal, Editions Sarbacane, août 2015, 288 p., 15.50 euros
 

Dés 13 ans

Merci à ma nièce pour ce beau conseil de lecture !

Publié dans Jeunesse Roman

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Au bord de la terre glacée de Eowyn IVEY

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Nous sommes complexes, brouillons, magnifiques."

En 1885, les terres d'Alaska sont encore inexplorées. Le colonel Allen Forrester décide de monter une expédition qui remonte la Wolverine River pour se rendre aux confins de cette région et la cartographier. Il s'entoure des soldats Pruitt et Tillman, d'un trappeur et de guides indiens, laissant derrière lui sa femme enceinte. Les deux époux communieront à distance en racontant dans leur journal leur quotidien. Pour le colonel, le journal est l'occasion de noter l'avancée de l'expédition, pour Sophie, il est une façon de lui raconter tout ce qu'elle vit pendant son absence.

La jeune femme ne reste pas longtemps désoeuvrée et choisit de se lancer dans l'art naissant de la photographie. Elle s'intéresse ainsi aux oiseaux qui peuplent son univers, et cherche à capter l'essence de la lumière et du mouvement à travers eux. 

"Je cherche certains jeux de lumière et d'ombre, certaines lignes brisées et un équilibre des masses qui me feraient percevoir une chose située au-delà de la raison."

Elle opte ainsi pour une certaine forme de liberté, mal vue des femmes de la société du fort, peu habituées à tant d'indépendance.

Parallèlement, son mari s'avance vers les territoires inexplorés, rencontrant les indiens qui y ont déjà élu domicile. Si les paysages sont magnifiques, ils recèlent aussi leur lot de dangers que les hommes devront braver pour mener à bien leur mission...

Ce roman d'aventures très prenant allie ainsi journal intime, correspondance entre un descendant du couple et un conservateur de musée, photographies d'époque... De fait, ces différentes sources rendent la lecture incroyablement fluide et passionnante. Les chapitres courts s'enchaînent, et le lecteur n'a de cesse de plonger dans ces univers si différents, ponctués de découvertes fascinantes. Ces découvertes ne seraient pas possibles sans l'art d'observer propres aux deux époux. Ils comprennent peu à peu l'importance de regarder ce qui les entoure pour se reconnecter à la nature et aux cultures qui les fondent. Les légendes indiennes ainsi tiennent une place importante dans leur univers, entre une jeune femme qui emporte la brume avec elle, un vieil homme qui se change en oiseau, un geai qui indique où sont les caribous, la légende des femmes qui étaient des oies, toutes ces légendes parlent d'un temps où les hommes et la nature étaient connectés, d'un temps où les hommes respectaient les signes de la nature et apprenaient à son contact sans chercher à tout prix à l'asservir.

Plus qu'un roman d'aventures, il s'agit aussi d'un roman d'amour. Tout d'abord autour de cette belle histoire d'amour et exemple de force, de volonté, entre les deux époux : alors que le colonel aurait pu sombrer dans le désespoir, dans la folie, alors que Sophie aurait pu se complaire dans sa mélancolie, l'un et l'autre bravent les éléments, la nature, le sort, pour se fabriquer leur propre destin, leur place dans le monde. Mais surtout, histoire d'amour pour ce qui nous entoure, pour le monde qui, si on sait l'écouter, a des secrets fondateurs à nous murmurer...

 

Présentation de l'éditeur : Editions 10/18

Du même auteur : La fille de l'hiver

D'autres avis : Jérôme

 

Merci à l'éditeur.

 

Au bord de la terre glacée, Eowyn Ivey, Isabelle CHAPMAN (Traducteur), 10-18, juin 2018, 544 p., 19.90 euros

 

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Stand by saison 1 de Bruno PELLEGRINO, Aude SEIGNE, Daniel VUATAZ

Publié le par Hélène

♥ ♥

L'idée de départ est brillante : remettre au goût du jour le feuilleton littéraire, que l'on retrouve aujourd'hui plus à la télévision qu'à l'écrit, avec un succès certain. Les éditions Zoé ont donc fait appel à trois auteurs pour rendre au feuilleton littéraire ses lettres de noblesse. Dans cet épisode pilote, un nouveau volcan entre en éruption à Naples, provoquant un nuage de cendres clouant les avions au sol et empêchant la plupart des communications. Ainsi, Alix, journaliste cinéma, est coincée à Roissy alors qu'elle s'apprêtait à s'envoler pour New-York. Eole, Pascaline, Céleste et les autres, européens qui accomplissent au Groenland leur Service climatique obligatoire. restent sur l'île sans secours. Enfin, Nora, Vasko et Virgile, trois ados en vacances au Monténégro, sont tout à coup isolés, sans adultes. Leur vie va être profondément bouleversée lors de ces premières vingt-quatre heures.

"Car c'est ça, un volcan. Plus qu'un monument naturel posé sur le paysage pour les adeptes de l'adrénaline ou de l'histoire du monde, c'est un point de contact direct avec le cosmos. Un tunnel qui relie les entrailles d'un corps planétaire à son atmosphère. Le rappel qui nous vivons sur une braise, sur sa surface extérieure, refroidie, qui peut se raviver à tout moment."

Ce que j'ai moins aimé : Malheureusement, ce premier épisode souffre de quelques maux qui sapent son intention de départ et ne parviennent pas à rendre le lecteur aussi addict qu'il pourrait l'être devant un écran. 

La mise en place est laborieuse, les auteurs mettent du temps à camper leurs personnages (peut-être trop nombreux, d'ailleurs), et ceci au détriment de l'action, primordiale pour ferrer le lecteur dans une série. De fait, le suspens est quasi absent, la fin du tome laisse effectivement planer un doute sur le sort de certains des personnages, mais pas au point de se précipiter sur le tome suivant.

Bilan : Ces défauts sont peut-être gommés au fil des épisodes suivants, il faut l'espérer. A noter que le tome 4 sort cet été pour ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure, clôturant ainsi la première saison.

 

Le site : https://standbyzoe.ch/

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

Du même auteur : Chroniques de l'Occident nomade de Aude Seigne ; Les neiges de damas de Aude Seigne

 

 

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Le poids du monde est amour de David THOMAS

Publié le par Hélène

 ♥♥♥ 

"Le bonheur est pour bientôt. Il est dans notre désir de vivre."

Au début on se dit que le fil est perdu, que l'auteur ne réussira pas à retrouver la petite musique du début, de ces recueils tant aimés, de ce lumineux La patience des buffles sous la pluie. Les chapitres s'enchainent, il est question de sodomie, de couilles, de levrette, de sexe cru. Mais en filigrane, déjà, le désenchantement du couple, et dans cet état d'esprit, le sexe est tout ce qui reste. Quand l'autre, les autres, vont ont brisé le coeur, une à une, sans pitié et qu'il ne reste que les regrets. Alors, doucement, insidieusement, le charme de l'esprit agit, et on saisit tout à coup, au détour d'une page, l'essence du couple, ce petit rien que David Thomas cherchait à traquer dans sa description du quotidien, celui qui rend notre expérience universelle et ses écrits profondément humains. L'amour qui est là, n'est plus là, revient, ne sait pas par où passer, nous laisse pantelants, seuls, même dans le couple.

"Ce n'est pas tant que l'on ne s'aime plus qui est triste, ce qui est triste (mais au fond l'est-ce vraiment ?), c'est que toutes les émotions qui nous ont remplis pendant tant d'années nous ont abandonnés"

"Tu étais plus importante que tous ceux qui ont fait ce que je suis, plus encore que les plus beaux paysages que j'ai vus, ce n'est pas rien d'être plus important que les chutes Victoria ou que le littoral du Costa Rica ou les grandes plaines du Dakota. Tu étais plus importante que la compréhension, l'espoir, la dignité, le courage ou la victoire. Maintenant, il va falloir que j'apprenne à vivre avec des choses sans importance."

A travers ces 100 micro-fictions les personnages mettent en lumière les différents sentiments qui peuvent nous saisir au sein d'une relation amoureuse. Souvent, il est question de souffrance, de rupture, d'inadéquation entre la beauté du sentiment et la réalité du quotidien qui rattrape vite les émotions avec son lot de lassitude et de déceptions. Mais finalement, parmi les derniers mots, l'espoir, la vie malgré tout triomphent :

"Il n'y a pas d'amour léger et la douceur des soirs de juin ne dure pas. Pourtant, l'amour est une boue aurifère dont on peut tirer toute la lumière et la richesse que chaque homme est en droit d'attendre de la vie."

 

Présentation de l'éditeur : Editions Anne Carrière

Du même auteur : La patience des buffles sous la pluie ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Un silence de clairière ♥ ♥; Je n’ai pas fini de regarder le monde ♥ ♥ (Nouvelles) ; On ne va pas se raconter d'histoires ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Hortensias ♥ ♥ ♥

Vous aimerez aussi : BALAVOINE Lisa Eparse ♥ ♥ ♥

D'autres avis : Elle

 

Merci à l'éditeur

 

Le poids du monde est amour, David Thomas, Editions Anne Carrière, avril 2018, 250 p., 16 euros

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Parlez-moi d'amour de XINRAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

"L'histoire vit avec nous et en nous. Les coutumes anciennes inspirent notre vie de tous les jours. Nous devons faire un effort pour comprendre ce qui se passe autour de nous, en observant, posant des questions, cherchant des indices, utilisant notre cerveau pour analyser ce qui est bien et ce qui est mal. De cette manière, nous pouvons trouver tout ce dont nous avons besoin pour consigner l'histoire à l'intention des générations futures."

Xinran a recueilli les témoignages de femmes sur quatre générations avec comme point de départ cette question "Parlez-moi d'amour".

L'aînée est Rouge, mariée très jeune à un homme qu'elle ne connait pas et qui, malheureusement aime une autre femme qu'il attendra toute sa vie et à qui il restera fidèle. Une belle complicité s'instaure entre les deux jeunes gens, même si à la mort de son mari, Rouge sera vierge comme au premier jour. Viennent ensuite Verte et Dafu, qui se rencontrent durant le Révolution Culturelle et seront fortement marqués par les évènements historiques, puis Grue, mariée à un homme qu'elle a choisi mais que sa famille n'a jamais accepté, et enfin la nouvelle génération, adepte des rencontres sur Internet et des amours plus légères.

"Les quatre ou cinq générations qui ont vécu pendant cette période ont des histoires très différentes à raconter en matière d'amour, leurs expériences ayant été façonnées par le chaos et les tourmentes de la guerre, l'instabilité de la situation politique, les diverses avancées technologiques, et bon nombre d'autres facteurs."

En choisissant d'aborder d'histoire de la Chine par le biais de ce thème, Xinran montre brillamment les liens ténus qui marient l'intime et le politique. Subtilement, elle met en lumière l'influence plus que prégnante que peut avoir le régime politique sur le mariage et sur les relations individuelles au point de les façonner. Observer les relations amoureuses, c'est donc décrypter la société...

Par ces beaux témoignages, Xinran dresse un portrait en profondeur de ces femmes chinoises au coeur des aléas de leur histoire...

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Du même auteur : Chinoises

Vous aimerez aussi : SIJIE Dai Balzac et la petite tailleuse chinoise

D'autres avis : Chinouk ;

 

Merci à l'éditeur.

Parlez-moi d'amour, Xinran, traduit de l'anglais par Françoise Nagel, Picquier, avril 2018, 448 p., 23.50 euros

Publié dans Littérature Asie

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L'odeur du figuier de Simonetta GREGGIO

Publié le par Hélène

Un recueil de cinq histoires assez sombres :

"Acquascura" un couple isolé en plein été dans une grande maison, l'ennui s'invitant entre eux et inhibant tout désir jusqu'à l'invasion finale des fourmis, symbole étrange du délitement du couple...

"Plus chaud que la braise" et "L'année 82" : la rupture, l'attente de l'être aimé, les hauts et les bas, une période d'insouciance puis le mal qui terrasse, le besoin de l'autre, la solitude...

"Quand les gros seront maigres, les maigres seront morts" : l'histoire glaçante d'un vieil homme coincé dans un ascenseur en plein mois d'août

"C'est bien vrai, pensa-t-il, qu'on n'en a jamais assez.

De quoi ?

De tout.

Pleurer.

L'amour.

La douleur.

Rire.

Manger."

"Fiat 500" une touche ironique pour finir ce petit recueil qui ne me laissera vraiment pas une impression durable...

 

Présentation de l'éditeur : Flammarion ; Le livre de poche

 

Publié dans Littérature Europe

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La tresse de Laëtitia COLOMBANI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Je dédie mon travail à ces femmes,

Liées par leurs cheveux,
Comme un grand filet d'âmes.
A celles qui aiment, enfantent, espèrent,
Tombent et se relèvent, mille fois,
Qui ploient mais ne succombent pas.
Je connais leurs combats,
Je partage leurs larmes et leurs joies.
Chacune d'elles est un peu moi.

  

Trois destins de femmes s'entremêlent et se tressent pour prendre un sens final profondément humaniste...

En Inde, Smita, Intouchable, rêve d'offrir à sa fille un avenir plus radieux en l'envoyant à l'école, au Canada, Sarah se consacre à sa carrière d'avocate jusqu'à ce que la maladie la prenne en plein vol, et enfin, en Sicile, Giulia travaille dans l'atelier de son père et essaie de lui dessiner un avenir. Ces trois femmes battantes ont en commun l'envie de prendre en mains leur destin sans subir l'oppression extérieure, quelle qu'elle soit. Elles fabriquent fil à fil leur propre chemin vers la liberté.

"Elles traversent, et tout d'un coup, c'est là, maintenant, le moment de lâcher la main de sa fille de l'autre côté de la route. Smita voudrait tant dire: réjouis-toi, tu n'auras pas ma vie, tu seras en bonne santé, tu ne tousseras pas comme moi, tu vivras mieux, et plus longtemps, tu seras respectée. Tu n'auras pas sur toi cette odeur infâme, ce parfum indélébile et maudit, tu seras digne. Personne ne te jettera des restes comme à un chien. Tu ne baisseras plus jamais la tête, ni les yeux. Smita aimerait tant lui dire tout ça. Mais elle ne sait comment s'exprimer, comment dire à sa fille ses espoirs, ses rêves un peu fous, ce papillon qui bat son ventre.

Alors elle se penche vers elle, et lui dit simplement: -Va.- "

Ce premier court roman connait un beau succès et devrait même être adapté au cinéma tant il a su convaincre ses lecteurs. Accessible, touchant, il évoque avec profondeur et intelligence le destin de femmes qui souhaitent juste trouver leur juste place dans un monde qui a tendance à les oublier...

 

Présentation de l'éditeur : Grasset ; Le livre de poche

D'autres avis : Bibliobs ; LExpress ;

Géraldine

 

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Demande à la poussière de John FANTE

Publié le par Hélène

"Tout le mal de par le monde n'était donc pas mauvais en soi, mais inévitable et bénéfique ; il faisait partie de cette lutte éternelle pour contenir le désert."

Dans les années 30 Arturo Bandini quitte le Colorado pour un Los Angeles idéalisé, teinté de l'auréole du rêve américain. Arturo est persuadé que la gloire l'attend après la publication de sa nouvelle "Le petit chien qui riait" dans une revue. Mais c'est une toute autre réalité qu'il va connaitre, la faim, ses privations, les rencontres de hasard avec des êtres tout aussi perdus que lui... Bandini est habitué à vivre dans ses fictions et quand il rencontre Camilla, une femme en chair et en os, il ne sait comment s'y prendre et saborde à plaisir cette relation qui, pourtant, prendra de plus en plus d'importance pour lui.

Au fil de ses déceptions et de l'aléa de l'existence, il comprend peu à peu que chaque être humain connait le même sort, prenant conscience de l'humaine condition propre à sombrer à tout moment à cause de sa fragilité pour redevenir poussière...

"Il y aura moults confusions, il y aura famine ; il y aura une solitude que seules mes larmes pourront consoler comme autant de petits oiseaux mouillés tombant soulager mes lèvres sèches. Mais il y aura aussi parfois consolation et beauté, beauté comme l'amour d'une fille disparue. Il y aura des rires, mais avec beaucoup de tenue le rire, on attendra tranquillement dans la nuit et on aura doucement peur de la nuit comme d'un prodigue et taquin baiser de mort." p.142

Un roman d'initiation aux accents autobiographiques placé sous le patronage de Charles Bukowski

"Un jour, j’ai sorti un livre, je l’ai ouvert et c’était ça. Je restais planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l’or à la décharge publique. J’ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d’une semblable, et la vraie substance donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose de sculpté dans le texte. Voilà enfin un homme qui n’avait pas peur de l’émotion.
L’humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. Le début du livre était un gigantesque miracle pour moi. J’avais une carte de bibliothèque. Je sortis le livre et l’emportai dans ma chambre. Je me couchais sur mon lit et le lus. Et je compris bien avant de le terminer qu’il y avait là un homme qui avait changé l’écriture. Le livre était "Ask the Dust" et l’auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m’influencer dans mon travail". Charles Bukowski, 1979, préface
 

Présentation de l'éditeur : 10-18

D'autres avis : Ys ;

Merci à l'éditeur

 

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Meurtres sur la Madison de Keith McCAFFERTY

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Une montagne est une réalité - une truite est un instant de beauté que seuls les hommes qui les cherchent connaissent." Al McClane

En lieu et place des magnifiques truites que les pêcheurs ont le plaisir d'attraper, cette fois-ci la prise de Sam est plus conséquente puisqu'il s'agit du cadavre d'un homme. L'enquête est confiée à Martha Ettinger, et durant son enquête elle croise la route de Sean Stranahan, pêcheur, peintre et enquêteur à ses heures. Sean s'est laissé séduire par la belle Velvet pour enquêter sur la disparition de son frère et peu à peu les éléments vont s'ajuster autour d'une étrange maladie touchant les truites.

Si l'intrigue ne révolutionne pas le genre, la magie des paysages du Montana et de ses célèbres pêcheurs à la mouche pour qui pêcher devient une véritable philosophie, nous fait oublier ces faiblesses ...

"La magie de la rivière quand le temps s'arrête et que l'âme humaine vibre jusqu'au bout des doigts pour se fondre dans le monde sauvage."

"Ce qu'il y a avec la pêche, c'est que ça donne de l'espoir. Chaque lancer apporte un peu d'espoir et si l'on peut se perdre dans cet espoir, alors les soucis et le chagrin s'évanouissent à l'arrière-plan. La tempête intérieure se calme pour un moment."

L'auteur insiste sur la lutte pour les rivières : menacées par l'assèchement dû à l'agriculture, les boues provenant des mines, l'hydrobie des antipodes et l'exploitation du bois en amont des rivières, il est nécessaire de se battre pour préserver cet espace de liberté.

Une nouvelle série qui s'annonce prometteuse et qui nous fera moins regretter ces chers Stoney Calhoun et Dahlgren Wallace, à condition que le héros prenne ici de l'épaisseur et cesse de tomber dans le filet des femmes fatales caricaturales...

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Vous aimerez aussi : La rivière de sang de Jim TENUTO ; Dérive sanglante de William TAPPLY

D'autres avis : Dominique ; Jean-Marc

 

Meurtres sur la Madison, Keith McCafferty, Traduit par Janique Jouin-de Laurens Gallmeister, juin 2018, 384 p., 23.50 euros

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L'homme qui voulait aimer sa femme de Hervé POUZOULLIC

Publié le par Hélène

Dans Le bigorneau fait la roue, nous faisions la connaissance de Marc, un breton à la recherche du grand amour. Il avait eu la chance de rencontrer la belle Vasilissa qui a alors quitté sa Russie natale pour s'installer avec lui. Leur amour doit alors affronter quelques situations rocambolesques causées par des amis déjantés et une famille bretonne assez atypique. A trop fréquenter des bretons, on prend le risque que le ciel nous tombe sur la tête ... Cette belle idylle résistera-t-elle toutefois au temps ? L'amour fou de Marc tend à le laisser penser...

Ce que j'ai moins aimé :

Le construction est assez étrange : la première partie est consacrée à la jeunesse des tourtereaux, à leur installation, pages assez cocasses, et bien croquées. Puis la narration subit un saut temporel puisque nous retrouvons le cher couple dix ans plus tard, avec deux enfants et une certaine lassitude installée dans le couple, lassitude lancinante que cherche à conjurer Marc en décidant de raconter sa rencontre avec sa belle dans un livre. C'est là que le récit perd de sa fraîcheur, s'enlisant dans cette mise en abyme manquant d'allant. C'est dommage...

Bilan : Un récit malgré tout attachant, léger et drôle, parfait pour cet été...

 

Présentation de l'éditeur : Anne Carrière

Du même auteur : Le bigorneau fait la roue

D'autres avis : Babélio

 

L'homme qui voulait aimer sa femme, Hervé Pouzoullic, Editions Anne Carrière, mai 2018, 250 p., 18 euros

Merci à l'auteur et à l'éditeur.

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