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Eros émerveillé - Anthologie de la poésie érotique française

Publié le par Hélène

♥ ♥

"La volupté est une syncope de l'âme dans un corps anesthésié, où le corps charcute l'âme, et l'âme embaume le corps pour un temps. La volupté, c'est l'état cataleptique double, où corps et âme, dans un cercueil unique de sensation, se parlent face à face." Malcolm de Chazal

Présentation de l'éditeur :

Du vertige libertin qui envahit la poésie française au XVIe siècle jusqu'aux blasons amoureux des surréalistes, de l'érotisme le plus feutré à la pornographie la plus exacerbée, on trouvera ici, en trois cent cinquante poèmes, une anthologie de la volupté sous toutes ses facettes. Un florilège du chavirement, explorant le territoire amoureux dans sa dimension toujours renouvelée.
De Ronsard à Rimbaud, de Verlaine à Genet, de Louise Labé à Joyce Mansour, de Sade à Bataille, de Jouve à Calaferte, de Pierre Louÿs à Franck Venaille, de Michel Leiris à Bernard Noël, quelque deux cents poètes, dont un grand nombre de modernes et de contemporains, disent ici l'incroyable besoin d'impudeur qui parfois les saisit. Ils disent les jeux de la langue et du sexe, avec toutes leurs saveurs, du sucré au salé, de l'implicite à l'explicite.
Cette anthologie, qui rassemble ce que la poésie a produit de plus érotique en cinq siècles, entraîne le lecteur à célébrer Éros en tous ses fastes, lumineux, sombres ou hilarants – Éros émerveillé.

Passages choisis :

"Au vrai, la vie créatrice est si proche de la vie sexuelle, de ses souffrances, de ses voluptés, qu'il n'y faut voir que deux formes d'un seul et même besoin, d'une seule et même jouissance." Rainer Maria Rilke

"Tu m’as parlé de vice en ta lettre d’hier
Le vice n’entre pas dans les amours sublimes
Il n’est pas plus qu’un grain de sable dans la mer
Un seul grain descendant dans les glauques abîmes

Nous pouvons faire agir l’imagination
Faire danser nos sens sur les débris du monde
Nous énerver jusqu’à l’exaspération
Ou vautrer nos deux corps dans une fange immonde

Et liés l’un à l’autre en une étreinte unique
Nous pouvons défier la mort et son destin
Quand nos dents claqueront en claquement panique
Nous pouvons appeler soir ce qu’on dit matin

Tu peux déifier ma volonté sauvage
Je peux me prosterner comme vers un autel
Devant ta croupe qu’ensanglantera ma rage
Nos amours resteront pures comme un beau ciel

Qu’importe qu’essoufflés muets bouches ouvertes
Ainsi que deux canons tombés de leur affût
Brisés de trop s’aimer nos corps restent inertes
Notre amour restera bien toujours ce qu’il fut

Ennoblissons mon cœur l’imagination
La pauvre humanité bien souvent n’en a guère
Le vice en tout cela n’est qu’une illusion
Qui ne trompe jamais que les âmes vulgaires"

3 fév. 1915. Apollinaire Lettres à Lou

@Sieff

"En célébrant les noces du feu charnel et du silence, l'acte d'amour rend à l'opacité de l'ombre sa lumineuse transparence.

En délivrant l'homme de sa langue

l'amour délivre l'homme de soi

L'amour qui n'humilie jamais le sexe, s'éclaire à son feu secret." Michel Camus

 

"… Etroits sont les vaisseaux, étroite notre couche.

Immense l’étendue des eaux, plus vaste notre empire

Aux chambres closes du désir.


Entre l’Eté, qui vient de mer. A la mer seule, nous dirons

Quels étrangers nous fûmes aux fêtes de la Ville, et quel astre montant des fêtes sous-marines

S’en vint un soir, sur notre couche, flairer la couche du divin.


En vain la terre proche nous trace sa frontière. Une même vague par le monde, une même vague depuis Troie

Roule sa hanche jusqu’à nous. Au très grand large loin de nous fut imprimé jadis ce souffle…

Et la rumeur un soir fut grande dans les chambres : la mort elle-même, à son de conques, ne s’y ferait point entendre !

Aimez, ô couples, les vaisseaux ; et la mer haute dans les chambres !

La terre un soir pleure ses dieux, et l’homme chasse aux bêtes rousses ; les villes s’usent, les femmes songent…

Qu’il y ait toujours à notre porte

Cette aube immense appelée mer – élite d’ailes et levée d’armes, amour et mer de même lit, amour et mer au même lit –

et ce dialogue encore dans les chambres :


II

1 –

« … Amour, amour, qui tiens si haut le cri de ma naissance, qu’il est de mer en marche vers l’Amante ! Vigne foulée sur toutes grèves, bienfait d’écume en toute chair, et chant de bulles sur les sables… Hommage, hommage à la Vivacité divine !

« Toi, l’homme avide, me dévêts : maître plus calme qu’à son bord le maître du navire. Et tant de toile se défait, il n’est plus femme qu’agréée. S’ouvre l’Eté, qui vit de mer. Et mon cœur t’ouvre femme plus fraîche que l’eau verte : semence et sève de douceur, l’acide avec le lait mêlé, le sel avec le sang très vif, et l’or et l’iode, et la saveur aussi du cuivre et son principe d’amertume – toute la mer en moi portée comme dans l’urne maternelle…

« Et sur la grève de mon corps l’homme né de mer s’est allongé. Qu’il rafraîchisse son visage à même la source sous les sables ; et se réjouisse sur mon aire, comme le dieu tatoué de fougère mâle… Mon amour, as-tu soif ? Je suis femme à tes lèvres plus neuve que la soif. Et mon visage entre tes mains comme aux mains fraîches du naufrage, ah ! qu’il te soit dans la nuit chaude fraîcheur d’amande et saveur d’aube, et connaissance première du fruit sur la rive étrangère.

« J’ai rêvé, l’autre soir, d’îles plus vertes que le songe… Et les navigateurs descendent au rivage en quête d’une eau bleue ; ils voient – c’est le reflux – le lit refait des sables ruisselants : la mer arborescente y laisse, s’enlisant, ces pures empreintes capillaires, comme de grandes palmes suppliciées, de grandes filles extasiées qu’elle couche en larmes dans leurs pagnes et dans leurs tresses dénouées.

« Et ce sont là figuration du songe. Mais toi l’homme au front droit, couché dans la réalité du songe, tu bois à même la bouche ronde, et sais son revêtement punique : chair de grenade, et cœur d’oponce, figue d’Afrique et fruit d’Asie… Fruits de la femme, ô mon amour, sont plus que fruits de mer : de moi non peinte ni parée, reçois les arrhes de l’Eté de mer… »

2 –

« … Au cœur de l’homme, solitude. Etrange l’homme, sans rivage, près de la femme, riveraine. Et mer moi-même à ton orient, comme à ton sable d’or mêlé, que j’aille encore et tarde, sur ta rive, dans le déroulement très lent de tes anneaux d’argile – femme qui se fait et se défait avec la vague qui l’engendre…

« Et toi plus chaste d’être plus nue, de tes seules mains vêtue, tu n’es point Vierge des grands fonds, Victoire de bronze ou de pierre blanche que l’on ramène, avec l’amphore, dans les grands mailles chargées d’algues des tâcherons de mer ; mais chair de femme à mon visage, chaleur de femme sous mon flair, et femme qu’éclaire son arôme comme la flamme de feu rose entre les doigts mi-joints.

« Et comme le sel est dans le blé, la mer en toi dans son principe, la chose en toi qui fut de mer, t’a fait ce goût de femme heureuse et qu’on approche… Et ton visage est renversé, ta bouche est fruit à consommer, à fond de barque, dans la nuit. Libre mon souffle sur ta gorge, et la montée, de toutes parts, des nappes du désir, comme aux marées de lune proche, lorsque la terre femelle s’ouvre à la mer salace et souple, ornée de bulles, jusqu’en ses mares, ses maremmes, et la mer haute dans l’herbage fait son bruit de noria, la nuit est pleine d’éclosions…

« Ô mon amour au goût de mer, que d’autres paissent loin de mer l’églogue au fond des vallons clos – menthes, mélisse et mélilot, tiédeurs d’alysse et d’origan – et l’un y parle d’abeillage et l’autre y traite d’agnelage, et la brebis feutrée baise la terre au bas des murs de pollen noir. Dans le temps où les pêches se nouent, et les liens sont triés pour la vigne, moi j’ai tranché le nœud de chanvre qui tient la coque sur son ber, à son berceau de bois. Et mon amour est sur les mers ! et ma brûlure est sur les mers !…

« Etroits sont les vaisseaux, étroite l’alliance ; et plus étroite ta mesure, ô corps fidèle de l’Amante… Et qu’est ce corps lui-même, qu’image et forme du navire ? nacelle et nave, et nef votive, jusqu’en son ouverture médiane ; instruit en forme de carène, et sur ses courbes façonné, ployant le double arceau d’ivoire au vœu des courbes nées de mer… Les assembleurs de coques, en tout temps, ont eut cette façon de lier la quille au jeu des couples et varangues.

« Vaisseau, mon beau vaisseau, qui cède sur ses couples et porte la charge d’une nuit d’homme, tu m’es vaisseau qui porte roses. Tu romps sur l’eau chaîne d’offrandes. Et nous voici, contre la mort, sur les chemins d’acanthes noires de la mer écarlate… Immense l’aube appelée mer, immense l’étendue des eaux, et sur la terre faite songe à nos confins violets, toute la houle au loin qui lève et se couronne d’hyacinthes comme un peuple d’amants !

« Il n’est d’usurpation plus haute qu’au vaisseau de l’amour. »

Saint John Perse Amers

 

Présentation de l'éditeur : Chez Gallimard

D'autres avis : Télérama

 

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L'amie prodigieuse tome 3 Celle qui fuit et celle qui reste d'Elena FERRANTE

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Cette subordination, je sentis que je n'arriverais jamais à m'en libérer et cela me parut insupportable. Je désirai- et je ne réussis pas à tenir ce désir en respect-que le cardiologue se fût trompé, qu'Armando eût eu raison , qu'elle fût vraiment malade et qu'elle mourût."

Le troisième tome de L'amie prodigieuse recouvre "l'époque intermédiaire" : les deux amies sont toutes les deux mariées avec des enfants et l'une comme l'autre se heurte aux difficultés pour mener de front vie de famille, vie de couple, et vie professionnelle. Si Elena pensait encore une fois supplanter Lila sur ce plan, elle s'aperçoit rapidement que le statut de mère n'est guère l'enchantement de chaque instant qu'elle imaginait... La concurrence intrinsèque à leur relation continue, même à distance, puisque Lila est restée dans son quartier et Elena "a fui". 

Elena fréquente l'élite intellectuelle quand Lila est ouvrière dans une usine. Les contrastes s'affirment, avec toujours une Lenu frôlant le conformisme face à Lila passionnée et vraie, à l'intelligence affinée.

Le contexte historique et social de cette fin des années 60 est marquée par les combats. L'engagement des uns ou des autres peut couter cher quand le fascisme se tapit dans l'ombre. Mais c'est aussi le prix à payer pour sortir l'Italie de ses années de plomb...

"Ce qu'il fallait faire, c'était s'en aller. Partir définitivement, loin de la vie que nous avions connue depuis notre naissance. S'installer dans un lieu bien organisé où tout était vraiment possible. Et en effet, j'avais décampé. Mais seulement pour découvrir, dans les décennies suivantes, que je m'étais trompée, et qu'en réalité nous étions prises dans une chaîne dont les anneaux étaient de plus en plus grands : le quartier renvoyait à la ville, la ville à l'Italie, l'Italie à l'Europe, et l'Europe à toute la planète. Et aujourd'hui, c'est ainsi que je vois les choses: ce n'est pas notre quartier qui est malade, ce n'est pas Naples, c'est le globe tout entier, c'est l'univers, ce sont les univers! Le seul talent consiste à cacher et à se cacher le véritable état des choses. "

Une saga au succès et à la qualité indéniable et qui fera prochainement l'objet d'une adaptation sur le petit écran, dans une coproduction entre Fremantle Media's Wildside et Fandango Productions. Chacun des quatre livres de la saga sera décliné en huit épisodes, dont les droits de diffusion ont été acquis, en France, par le groupe Canal +. Les deux femmes seront incarnées par des actrices italiennes, détaille la production, qui précise également qu'Elena Ferrante a participé à l'écriture de l'adaptation.

Le quatrième tome L'enfant perdue devrait paraître quant à lui à l'automne, il est déjà publié en Italie et aux Etats-Unis... Vivement !

 

Vous aimerez aussi : Le tome 1 ; le tome 2

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Télérama

 

L'amie prodigieuse tome 3 Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante, Gallimard, janvier 2017, traduit de l'italien par Elsa Damien, 23 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Gravesend de William BOYLE

Publié le par Hélène

A Gravesend, quartier pauvre italien de Brooklyn, Conway attend la sortie de prison de Ray Boy, l'homme qui a tué son jeune frère seize ans plus tôt. Il est bien décidé à rendre justice en tuant froidement Ray Boy. Mais les choses ne se passent exactement comme prévu...

Parallèlement, la belle Alessandra revient sur les lieux de son enfance, dans ce quartier pauvre, retrouvant Stéphanie, qui, elle, n'a jamais quitté sa maison d'enfance. Eugène, neveu de Ray Boy, rêve lui de devenir un chef de bande comme son oncle.

Le destin de ces personnages va s'entrecroiser pour un final explosif !

Ce millième numéro de la collection Rivages Noir est davantage un roman d'ambiance qu'un roman tenant par un suspens haletant. La tension monte crescendo, cristallisée par la frustration des personnages qui n'ont pas pu ou su s'extraire de ce quartier qui leur colle à la peau. Même les jeunes restent parce que leur avenir est déjà tronqué, amputé par un contexte social sombre. Les uns et les autres doivent s'occuper de parents ou malades ou fous, désespérément isolés, des êtres rivés à leur maison et qui ne peuvent s'assumer seuls. Pour certains, le poids de cette parenté se fait lourd...

Ce que j'ai moins aimé : L'intrigue n'est pas condensée, elle part vers différents personnages.

Bilan : Une lecture pas désagréable mais pas non plus inoubliable...
 

Présentation de l'éditeur : Rivages noir

 

Pour le lire durant le mois de février, c'est ICI : https://e-livre.sncf.com/page/prix-polar-2017

Sélection Prix SNCF du Polar

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Courts métrages sélectionnés pour le Prix SNCF DU POLAR

Publié le par Hélène

Du 3 au 11 février, se déroule le Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand. La SNCF est partenaire de ce festival, et met en place cette année pour la première fois, un évènement en ligne pour permettre à tous les amateurs de films et de polar de vivre le Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand partout en France ! 


À partir du 8 février 00h00 et jusqu’au 12 février, les 8 courts métrages sélectionnés pour le Prix SNCF DU POLAR sont visibles en ligne gratuitement.


À l’issue de leur séance, les internautes peuvent voter pour leur court métrage préféré qui sera peut être désigné au printemps PRIX SNCF DU POLAR 2017 dans la catégorie Court Métrage.

Pour voir les courts métrages cliquer ici

 

Voici ma brève présentation des courts-métrages, par ordre de préférence : 

Hasta que la celda nos separe / Jusqu'à ce que la prison nous sépare De MARIANA & JOSERRO EMMANUELLI

Deux cambrioleurs pourchassés décident de se marier. Pour ce faire, ils enlèvent le prêtre, les témoins, la demoiselle d'honneur et même ceux qui font office de pères. Puis la police sonne à la porte...

Un magnifique travail sur la lumière, à l'image de l'amour des deux protagonistes prêts à tout pour s'unir avant la prison ou la mort. Leur union illumine ce court-métrage non dénué d'humour. Une belle réussite !

 

Over. Au-dessus de nos têtes De JÖRN THRELFALL

Over présente une scène de crime. Au cours de 9 plans larges, nous observons le déroulement d'une histoire intrigante, racontée à rebours.Que s'est-il passé dans cette discrète rue pavillonnaire ? Un meurtre ? Un délit de fuite ? Un accident ? La réalité est tragique et tout-à-fait inattendue.

La construction est très originale puisque elle fonctionne à rebours, on remonte le temps, ce qui permet d'accentuer l'opposition entre ce cadavre et la tranquillité du quartier. L'incongruité du corps apparait d'autant plus que les plans rappellent combien ce quartier d'Heathrow est dépourvu de danger. La chute est remarquable dans tous les sens du terme...

 

Un petit côté drive De YOANN LUIS

Un père tourmenté accompagne son fils en voiture. Ce dernier va profiter du trajet pour lui annoncer une nouvelle importante…

Une mise en scène très esthétique avec des plans magnifiques qui offre une réflexion sur la tolérance et l'acceptation. Assez glaçant !

 

Simon Parker De YOUNG MIN KIM

Un homme rentre chez lui où l'attend une avalanche de messages vocaux laissés par son ami. Tous évoquent la disparition de sa petite amie.

Un court métrage très froid, à l'image de son personnage principal qui reste de marbre alors que les messages affolés du répondeur s'enchainent à une vitesse vertigineuse. La tension dramatique monte crescendo, pour une fin glaciale !

 

The man from the council / Le syndic De BARNABY SOUTHCOMBE

Un tueur à gage voit sa journée, déjà mal commencée, empirer. Tous ses principes sont mis à l'épreuve par un gamin de 10 ans, une femme au foyer peu coopérative et un voisin indiscret.

Beaucoup d'humour dans ce court, avec ce personnage atypique aux principes fondamentalement humains... Une belle réflexion aussi sur la violence allant crescendo.

 

Premier jour De YOHANN CHARRIN

Safia, jeune policière de 25 ans, réalise son rêve et intègre le prestigieux  36 quai des Orfèvres après 5 années de service à Clichy-sous-Bois. Elle se retrouve confrontée, dès son premier jour, à un dangereux criminel qui met sa droiture à rude épreuve.

Des plans serrés pour un huis clos somme toute assez étonnant, même si je n'ai pas été sensible à l'humour des collègues de Safia, ni au jeu de l'actrice.

 

Hit De DANIEL & JARED DAP

Shane, 24 ans, est recruté par un ami pour cambrioler une usine située dans le voisinage. Rien ne se passe comme prévu.

De hasards en mauvais choix, comment la vie peut voler rapidement en fumée...
 

The Fly la mouche De OLLY WILLIAMS

Au cours d’un braquage, un chauffeur attend dans sa voiture le retour de ses complices pendant 3 minutes insoutenables et dévastatrices. Son boulot, c'est de rester concentré, mais un ennemi implacable va l'attaquer : une mouche  !

Un court-métrage mettant en scène un homme sur les nerfs, rapidement violent tant ses nerfs sont mis à vif par la perversité de son ennemi. L'humour est gâché à mes yeux par la violence des détails...

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Pour Primo Levi de Mario RIGONI STERN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce court recueil rassemble trois petites nouvelles en honneur de Primo Levi et d'un autre ami cher à l'auteur : Nuto Revelli. Ils sont trois garçons d'une vingtaine d'année en 1939 avec de nombreux points communs : l'expérience de la guerre, les camps pour Primo Levi et Rigoni Stern, la libération et les pérégrinations multiples avant le retour au pays. Tous trois éprouvent aussi une attirance magique pour la montagne. Mais surtout, tous trois ont choisi de témoigner, parce que l'écriture s'est imposée à eux comme une nécessité.

Pour eux écrire signifie continuer à résister "en s'acharnant pourtant à préserver, jusqu'à la limite de ses forces, l'étincelle sans cesse remise en cause d'une incertaine espérance." (Post-face de François Maspero)

Leur témoignage résonne dans l'âme du lecteur :

"Dans la présentation de l'édition scolaire, Primo écrit : "Je serais heureux si je sais que ne serait-ce qu'un seul de mes nouveaux lecteurs a compris combien il est dangereux, le chemin qui part du fanatisme nationaliste et de l'abdication de la raison." p. 24

Les nouvelles insistent sur la force de l'amitié reliant les hommes, la solidarité, l'amour du prochain qui sauve l'âme. Les pages de Mario Rigoni Stern rendent magnifiquement hommage à ses amis de coeur, sa ferveur leur redonne vie...

Ce que j'ai moins aimé : J'avais eu ce livre en cadeau, "pour célébrer le dixième anniversaire de La Fosse aux Ours, ce livre nous été gracieusement offert pour l'achat de deux livres Fosse aux ours". Aujourd'hui il est en vente 8 euros, ce que je trouve excessif pour un petit livre qui fait 49 pages, 59 si on compte la postface !

 

Du même auteur : Les saisons de Giacomo ; Hommes, bois, abeilles 

De Primo Levi : Si c'est un homme ; La Trêve

De Benvenuto Revelli : Le monde des vaincus ; Le disparu de Marburg

 

Pour Primo Levi, Mario Rigoni Stern, Traduction et postface de François Maspero, La fosse aux ours, 2012, 8 euros

Un mois un éditeur : La Fosse aux ours

 

 

 

La bonne Nouvelle du lundi chez Martine

Publié dans Littérature Europe

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Eugène Onéguine de Alexandre POUCHKINE

Publié le par Hélène

Ce roman-poème atypique écrit en vers raconte le destin de Eugène Onéguine personnage assez glacé, doté d'un spleen quasi baudelairien. Rien ne le satisfait, il erre loin de toute passion. La jeune Tatiana tombe sous son charme mais Eugène, le coeur glacé, la rejette. Il se lie avec un jeune voisin Lenski, jeune homme exalté et romantique. Mais un drame vient entacher leur relation.

"Par quel hasard être venu ?

Dans mon désert, dans mon silence,

Je ne vous aurais pas connu,

J'aurais pu vivre sans souffrance,

Le feu d'un coeur sans expérience,

Avec le temps, se serait tu,

Quelqu'un aurait compris mon âme,

Je serais devenue sa femme,

Mère et modèle de vertu."

Plusieurs années plus tard, Eugène recroise Tatiana, mariée, et les regrets s'invitent en son coeur... Mais Tatiana est douée d'une dignité toute aristocratique qui récuse l'adultère.

Roman d'un amour impossible, l'intrigue d'Eugène Onéguine reprend les thèmes des rendez vous manqués, de l'amour qui passe trop tôt ou trop tard... Les commentaires ironiques de l'auteur-narrateur qui juge les actions de ses personnages, mais évoque aussi les questions de langue et de style, apportent une certaine légèreté à cette oeuvre.

"Placé du côté de la légèreté, du sourire,le roman de Pouchkine est unique dans la littérature russe : il n'apprend pas à vivre, ne dénonce pas, n'accuse pas, n'appelle pas à la révolte, n'impose pas un point de vue, comme le font, chacun à leur façon, Dostoïevski, Tolstoï, ou, plus près de nous, Soljénitsyne et tant d'autres, Tchekhov excepté. Il nous appelle à vivre, dans notre propre langue, dans une espèce d'anonymat joyeux de la mémoire qui nous ramène, nous aussi, à la légèreté de notre absence." André Markowicz traducteur

Ce que j'ai moins aimé : La traduction ne peut que rendre difficilement hommage à une telle oeuvre. Je n'ai pas été sensible à la poésie du style. De plus, les références littéraires (à Byron et aux romantiques notamment) me sont restées étrangères.

L'âme slave ne m'habite pas, je suis restée fermée à toute éclosion de sentiments en moi à cette lecture.

Bilan :  Pour Nabokov, Eugène Onéguine est «une des œuvres les plus brillantes jamais composées, un classique international aussi grand que Hamlet, ou Moby Dick».

A vous de juger...

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Moka  ; Madame Lit ; L'or des livres

 

Lu dans le cadre du week-end russe organisé par Cryssilda en marge du Festival "Journées du livre Russe et des littératures russophones" qui se tient à Paris ce week-end. 

 

Publié dans Littérature Europe

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Un mois un éditeur - La fosse aux Ours

Publié le par Hélène

Ce mois-ci Sandrine qui organise Un mois un éditeur nous propose de nous pencher sur les Editions La Fosse aux Ours. O joie, il s'agit d'une de mes maisons d'édition favorite, car elle édite des auteurs qui me tiennent à coeur comme Antoine Choplin, Thomas Vinau et Mario Rigoni Stern entre autres :

Vous trouverez déjà en ces pages :

Des romans d'Antoine Choplin à lire absolument (cliquez sur les couvertures pour accéder aux billets) :

 

 

 

Rigoni Stern :

 

 

 

Thomas Vinau :

 

 

 

Et aussi :

 

 

 

A lire aussi de Fusaro : Le colosse d'argile, une petite pépite lue avant le blog !

Ce mois-ci, je relirai donc des romans de Mario Rigoni Stern et je découvrirai le dernier titre de Antoine Choplin Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar.

Publié dans Divers

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Les contes de la ruelle de NIE JUN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans un quartier paisible du vieux Pékin, une petite fille prénommée Yu’er vit avec son grand-père, Doubao. La petite fille souffre d'un handicap : elle est paralysée des jambes. Son grand-père par son amour inconditionnel et sa bonne humeur lui apprend jour après jour à surmonter son handicap. Dans Le rêve de Yu'er, il aide sa petite-fille à réaliser son rêve : apprendre à nager pour se sentir légère et libre comme l'air. Le paradis des insectes est un endroit hors du monde que fait découvrir un petit garçon à Yu'er, un petit garçon qui ressemble étrangement à son grand-père enfant. Le grand-père reprend le service de facteur dans La Lettre pour la plus grand joie de la petite, et enfin dans Vieux bambins, les deux acolytes s'intéressent à Xu Xizhi, peintre du quartier méconnu. 

Le cher grand-père fabrique une bulle de tolérance autour de sa petite fille pour la protéger. Son amour permet à l'enfant de s'épanouir comme les autres enfants, au sein d'un monde poétique préservé. L'imagination permet à l'enfant de s'évader et de gambader librement dans les champs infinis des possibles.

Présentation de l'éditeur : Gallimard 

D'autres avis : Découvert chez Noukette ; Luocine Jérôme

Interview de l'auteur sur France Inter

 

Contes de la ruelle, Nie Jun, traduit du chinois par Nicolas Grivel et Qingyuan Zhao, Gallimard, mars 2016, 128 p., 18 euros

 

La Bd de la semaine est accueillie par Moka

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La piste des soleils de Jack LONDON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le sage indien Sitka Charley s'interroge devant une gravure. Il cherche un sens à cet instantané de vie. Il établit alors un parallèle entre l'art et la vie  "Moi aussi j'ai vu maintes images de la vie, dit-il, des images qui n'étaient pas peintes, mais vues avec les yeux. (...) J'ai vu beaucoup de fragments de vie, sans commencement, sans fin, impossibles à comprendre."

Ainsi l'indien raconte l'une de ses aventures qui commence au bord du lac Lindeman. Il nous emmène à ses côtés dans la mission mystérieuse que s'est assignée une femme qui fuit en avant, poursuivie ou à la poursuite de quelque chose ou quelqu'un. La jeune femme se heurte aux conditions difficiles du grand nord, mais, portée par sa quête, elle continue à avancer, vivante. Elle dépasse ses limites physiques, luttant pour sa survie, grâce à la toute puissance de sa volonté. L'indien, témoin muet de sa fuite en avant aura beau chercher un sens à cette folie humaine, sa question restera à jamais sans réponse. Mais était-il nécessaire de comprendre ?

Si Jack London n'a pas son pareil pour peindre les contrées glaciales de l'Alaska, le froid mordant, les hommes qui avancent contre les éléments et luttent pour leur survie, la force de ses récits tient surtout à leur profondeur.

La Piste des soleils résonne comme un hymne à la création qui fige peut-être les vies des personnages, mais inscrit aussi des moments dans l'éternité. Chercher un sens à la vie comme aux histoires contées n'est peut-être pas tellement nécessaire. Jack London laisse la question ouverte, comme une invitation à interpréter notre propre vie et à lui assigner le sens qui nous convient ...

 

Du même auteur : Smoke Bellew ; Martin Eden

Présentation de l'éditeur : Folio

extrait du recueil L'amour de la vie

Cette mise en abyme de la création a été choisie pour honorer le nouveau rendez-vous hebdomadaire initié par Martine : tous les lundis nous mettrons l'accent sur une nouvelle "La bonne nouvelle du lundi"

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Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai SIJIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Durant la révolution culturelle chinoise, Luo et le narrateur sont envoyés dans un village rural en rééducation. Leur travail n'est guère attrayant, mais leurs jours sont rapidement éclairés par leur rencontre avec la fille du tailleur d'un village voisin. Luo tombe amoureux de la jeune fille et décide de lancer lui aussi son programme de rééducation mais évidemment inverse à celui du gouvernement : il veut cultiver la petite tailleuse. Ils empruntent des romans censurés au binoclard qui cache des livres rares sous son lit, des livres brulés par Mao sur la place publique.

"Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, "Zang Xiang", pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide."

La lecture leur permet de s'évader loin d'une réalité aliénante à l'avenir avorté.

«Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique ; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... Quel éblouissement !
Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara :
- Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde.»

La Petite tailleuse ne sera effectivement plus la même après cette ouverture sur le monde...

Pour la petite anecdote, en 2000, alors que l'auteur Dai Sijie était reçu dans l’émission de télévision littéraire Bouillon de culture7 sur France 2, le présentateur Bernard Pivot ne tarissait pas d'éloges pour ce roman, s'exclamant à la fin de l'émission : « Si vous ne lisez pas Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, alors je ne sers à rien ! »

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Prix littéraires

  • Prix Edmée-de-La Rochefoucauld 2000
  • Prix Relay du roman d'évasion 2000
  • Prix Roland-de-Jouvenel de l'Académie française 2000

 

Balzac et la petite tailleuse chinoise, Dai Sijie, 240 p., Folio, 2001, 7.70 euros

 

Le Nouvel An chinois commence aujourd'hui, pour se terminer le 15/02/2018. Voilà une année du Coq de Feu, car elle est placée sous le signe de l'animal symbolique Coq et de l'élément cosmogonique Feu.

Publié dans Littérature Asie

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