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Les chars meurent aussi de Marie-Renée LAVOIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Laurie trouve du réconfort auprès des siens : de son père, mécanicien, de sa mère, gérant le stationnement dans un hôpital depuis sa guérite et passionnée par la lecture, de son amie Sonia, mais aussi auprès de Cindy, une gamine qu'elle a prise sous son aile et pour qui elle invente des voyages imaginaires. Etudiante, elle accepte un poste d'assistante gérante dans un restaurant italien et décide d'acheter "un char" - comprenez une voiture.

Au-delà de des dialogues truculents, le ton sincère et simple de ce roman est profondément touchant. Laurie déborde d'humanité pour son prochain et ses hésitations, ses coups de cœur et coups de gueule sonnent profondément juste.

Morceaux choisis :

"Mets la droite en dessous, tu prends l'hostie avec.
- C'est ma plus sale, j'arrive pas à la décrasser.
- Là, le curé va dire quéque chose, me rappelle pus quoi...
- Le corps du Christ.
- C'est ça. Pis toé, tu réponds "Amen". That's it that's all.
- Ça veut dire quoi, "Amen" ?
- On s'en crisse.
- Ça veut dire "OK".
- Mais non, ça veut dire "merci".
- Merci pour quoi ?
- Pour t’avoir donner une hostie, calvaire.
- Qu'est-ce que ça fait si je prends la main gauche ?
- L'enfer direct, mon chum. "

"Ma mère s'est fait un chum, tu devrais voir ça.
Y est comment?
Y est con comme une palourde. Lette comme un cul. "

"-Mais y disent "avec expérience".

- Y précisent pas dans quoi.

- Mais c'est évident que c'est dans le service !

- C'est pas écrit. Peut-être qu'expérience de vie, ça peut faire.

- Mais y disent d'apporter un CV. aujourd’hui entre 13h et 15h.

- Oui.

- J'ai pas de CV.

- Pas grave. Tu feras une version orale aujourd'hui."

 

Présentation de l'éditeur : Editions XYZ

Du même auteur : La petite et le vieux  ♥ ♥ ♥ ♥ ; Autopsie d'une femme plate  ♥ 

Catégorie Roman où il y a de l'amour

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Rivière tremblante de Andrée A MICHAUD

Publié le par Hélène

En août 1979, le jeune Michael 12 ans, disparait mystérieusement dans les bois de Rivière-aux-Trembles, comme volatilisé, sous les yeux de sa camarade Marnie. Trente ans plus tard, Billie Richard vit le même drame : sa fille de neuf ans ne reviendra pas de son cours de danse. Les enquêtes n'aboutissent pas et ceux qui restent souffrent.

Ce que j'ai aimé :

Les descriptions de la nature sont magnifiques, rendant à merveille cette atmosphère si particulière, fascinante et angoissante à la fois.

"Derrière nous, près du lac aux Barbotes, croissait la rumeur qui s’était élevée un peu plus tôt. Nous l’avons entendue gonfler sous les feuillages, s’enrouler aux arbres puis monter à leur cime. Après, le vent l’a emportée vers les maisons de Rivière-aux-Trembles pour la faire glisser par la fenêtre ouverte jusqu’aux oreilles des hommes et des femmes qui tenaient férocement leurs enfants contre leur ventre. "

Ce que j'ai moins aimé :

- De longues descriptions pointues sur les affres psychologiques des protagonistes

- Une intrigue policière qui prend l'eau

Bilan :

Un roman plus psychologique sur la perte et le deuil d'un enfant disparu qu'un réel roman policier.

 

Présentation de l'éditeur : Payot et Rivages

Du même auteur : Bondrée

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Catégorie Polar

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La géante de Laurence VILAINE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"J'ai été élevée sans broderies et aux couleurs de la pierre et des forêts sombres."

Noële habite aux pieds de la Géante, montagne qui rythme son quotidien, sa boussole, son repère. Elle vit avec son frère Rimbaud qui ne parle pas mais chante avec le petit-duc. Tout comme lui, Noële est reliée à la nature qui l'entoure, y puisant sa force. Elle va néanmoins se confronter au monde par l'intermédiaire d'un voisin et des lettres qu'il reçoit.

Mes réticences :

Il faut se laisser porter par les mots, se laisser envoûter, le texte peut quelquefois résister si la concentration n'est pas au rendez-vous... Les personnages apparaissent comme dans un rêve, ombres qui tracent leur chemin vers une destination inconnue, au milieu d'une nature millénaire vivante elle aussi. Les frontières s'estompent entre êtres réels et oniriques, la Géante veille ...

La deuxième partie du roman permet de reprendre pied dans la réalité par le biais de l'histoire de Carmen et Maxim, personnages plus ancrés dans le réel, ce réel qui se révèle soudain à Noële, et les contours se précisent.

"Je ne sais pas ce que fait faire l'amour, ce qu'il sème dans le coeur des hommes, de craintes, de renoncements, de lâchetés ou de comètes, combien il met les têtes à l'envers, dedans des petites poussières, des chemins en miettes ou de grands soleils, comment depuis des millénaires il fait tourner les peaux de bêtes et les robes, brode et repasse, effiloche ou ravive les dentelles. Et c'est beaucoup, beaucoup pour un seul mot."

Bilan :

Un roman déroutant à la prose poétique envoûtante.

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

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Nirliit de Juliana LEVEILLE-TRUDELL

Publié le par Hélène

♥ ♥

Une jeune femme passe tous ses étés à Salluit, village de l'arctique canadien auprès des Inuits. Cet été là, elle est en deuil, son amie Eva a disparu, vraisemblablement noyée dans le fjord. La narratrice s'adresse à celle qui n'est plus là tout en s'activant pour s'occuper des enfants inuits. Au fil de ses rencontres et pérégrinations, elle se heurte aux problèmes de d'alcool, de drogue, à la violence. En demandant à quelqu'un "comment ça va" on prend le risque d'entendre des drames, des tragédies, des morts violentes, des suicides.

"Vous êtes là avec vos vies de tragédies grecques, vous feriez baver Shakespeare avec vos douleurs lancinantes et votre désespoir, et je ne sais pas comment vous faites pour endurer ça, moi qui en arrache déjà avec ma petite misère ordinaire." p10

Les autochtones souffrent, tandis que les blancs viennent puis repartent...

Le témoignage est poignant, vécu, la narratrice assiste impuissante aux malheurs de ce peuple qui perd peu à peu son identité et son espoir devant l'adversité.

Ce que j'ai moins aimé :

- La deuxième partie sur Elijah et sur les histoires de couple, les triangles amoureux qui se forment et se déforment m'a moins intéressée.

Bilan :

Un beau témoignage d'amour pour ces territoires du bout du monde.

 

Présentation de l'éditeur : La peuplade ; Folio

Catégorie Roman issu de la diversité

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Québec en Novembre 9ème édition

Publié le par Hélène

Québec en Novembre est un rendez-vous initié par Karine Du Blog Mon coin Lecture et Yueyin

Il s'agit de partir à la découverte de la littérature québecoise durant le mois de novembre, et d'en parler, sur les blogues, sur booktube, sur Instagram, Facebook ou Twitter… Pour participer, il faut parler d’au moins UN titre québécois pendant le mois de novembre.

Les filles ont organisé les lectures autour de 15 chansons québécoises qui seront associées à un thème sur lequel vous pourrez broder. Des fois, c’est juste le titre qui a rapport, des fois les paroles… Vous êtes libres de faire une pile ou pas. De choisir une catégorie ou pas. De faire entrer un livre dans 15 catégories ou 2.

1. On jase de toi – Noir silence

Un livre sorti en 2020. Pour rester en prise avec l’actualité que diable….

2. L’amérique pleure – Les cowboys fringants

Un roman engagé. essai, roman, nouvelle peu importe tant que l’oeuvre défend une cause et prend parti…

3. Grand champion – Les trois accords

Un livre ayant gagné un prix littéraire. C’est bien les prix, ça donne des idées et vous pouvez vous appuyer sur les plus prestigieux comme sur les plus confidentiels voire carrément privés… (genre le top 10 de mes livres québécois préférés, voui voui voui)

4. Arnaq – Elisapie

Un roman d’un auteur autochtone. Et il commence à y avoir de plus en plus de choix et c’est bien…

5. Tu m’aimes-tu – Richard Desjardins

Un roman où il y a de l’amour. De l’amour, de l’amour et encore de l’amour… Les romances fittent mais il y a des tas d’autres romans où l’amour est présent au détour d’une page.

6. Martin d’la chasse galerie – La bottine souriante

Un roman SFFF. Science-Fiction, Fantastique, Fantasy et tous les sous genres, aujourd’hui on dirait les littératures de l’imaginaire mais ça me semble toujours un peu flou… enfin profitez-en pour jouer sur le flou si ça vous arrange.

7. Fracture du crâne – Ariane Moffat

Un roman issu de la diversité ou dans lequel on parle de la diversité. diversité de culture, de genre, d’orientation sexuelle, d’apparence, de capacité, que sais-je encore ?

8. Plus tôt – Alexandra Stréliski

Un classique québécois ou un futur classique selon vous. Un petit classique, ça remet sur les rails non ? et puis on a l’impression d’avoir accompli un truc, enfin moi ça me fait cet effet et vous ? Pour la définition de classique, on vous fait confiance mais disons que l’âge et la célébrité sont toujours des critères sûrs.

9. Place de la République – Coeur de pirate

Un roman qui a traversé l’océan. Tout roman québécois publié (ou plus souvent republié) par un éditeur français (ou autre mais je ne connais que des français)… Ce sont les plus faciles à trouver de ce côté de l’océan et ça compte (et oui moi aussi je vis en France depuis un bail maintenant et ce n’est pas toujours facile de trouver les romans qui me crient de les lire toutes affaires cessantes, croyez-moi.)

10 . Nos joies répétitives – Pierre Lapointe

Un roman qui fait partie d’une série. Une série de livres (ou un roman issu de la série hein, paniquez pas), une série télévisée, une suite, une prequel, un spin off (comment on dit ça en français aidez-moi) , tout ce que vous voulez…

11. J’aurais voulu être un artiste

Un roman dans lequel il y a de l’art. Au départ ce devait être “livre avec des livres dedans” : quand on est obsédées textuelles et qu’on organise un challenge, on se fait plaisir mais finalement, au diable les restrictions, tous les arts sont les bienvenus.

12. Dans la nuit qui tombe – Karim Ouellet

Un polar/thriller/roman d’horreur/roman noir. Noir c’est noir comme disait quelqu’un…

13. Tit-Cul – Les cowboys fringants

Un roman ou un album ou une BD jeunesse. un rien de jeunesse ou de bd les gens, y’a des pépites…

14. Balade à Toronto – Jean Leloup

Un livre d’un auteur canadien, mais pas québécois. Francophone ou anglophone (ou autre finalement) peu importe tant qu’il vient d’une autre province. (Je vous ai déjà parlé de Robertson Davies ? Non ? ben faudrait… ) Et sinon j’adore Jean Leloup oui voilà, il fallait que ce fut dit.

15. N’importe quoi – Éric Lapointe

Le titre dit tout. Comment ? Vous aviez un titre inclassable ? Un Otni en puissance ? Un truc impossible ? Que nenni cette catégorie est là pour vous… Tout y fitte, tout y va, tout y convient (si j’ose ainsi dire bien sûr)…

 

Pour ma part, je compte parler de :

La route des lilas de Eric DUPONT qui m'avait tant enchanté avec sa La fiancée américaine

La rivière tremblante de Andrée A MICHAUD, dont j'avais bien apprécié le Bondrée

L'homme de la Saskatchewan de  Jacques POULIN, mon auteur québecois chouchou

Nirliit de Juliana LEVEILLE TRUDEL

Le beau mystère de Louise PENNY, car j'adore les enquêtes de cet inspecteur Gamache

Les chars meurent aussi de Marie-Renée LAVOIE, l'auteure de l'émouvant La petite et le vieux

Tsubaki de SHIMAZAKI, parce que j'en entend parler depuis longtemps

Kukum de Michel JEAN, conseillé par Karine

Un thé dans la toundra de Joséphine BACON

La mariée de corail de Roxanne BOUCHARD

et quelques autres si j'ai le temps...

 

Voici mes coups de cœur québecois :

La tournée d'automne de Jacques POULIN 

Le vieux chagrin de Jacques Poulin

La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie

La fiancée américaine de Eric Dupont

Rivière Mékiskan de Lucie Lachapelle

Pieds nus dans l'aube de Félix Leclerc

Champagne de Monique Proulx

Défense de tuer  et Nature morte de Louise PENNY 

Elle et nous de Michel JEAN

 

Et voici les suggestions de Karine et Laurence :

http://moncoinlecture.com/quebec-en-novembre-2020-suggestions-by-karine-et-yueyin/

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Là où chantent les écrevisses de Délia OWENS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Alors que tous les membres de sa famille l'abandonnent un à un, Kya grandit au cœur du marais, tirant sa puissance de son environnement, échappant aux services sociaux, elle se forge une place dans cet univers naturel. Son père fait quelques rares apparitions, mais elle ne peut compter que sur elle-même pour survivre. Elle échange peu à peu le fruit de sa pêche contre des vêtements et du carburant pour sa barque et la lampe à pétrole auprès du vieux Jumping et de sa femme Mabel, ne côtoyant pas les autres pour qui elle est une sauvageonne qu'ils surnomment "la fille des marais". Seul Tate, jeune homme passionné par la zoologie, semble prendre plaisir à sa compagnie. Plus tard, Chase réussira aussi à apprivoiser la jeune femme.

"Un marais n’est pas un marécage. Le marais, c’est un espace de lumière, où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrient le disque du soleil jusqu’à la mer, et des échassiers s’en envolent avec une grâce inattendue – comme s’ils n’étaient pas faits pour rejoindre les airs – dans le vacarme d’un millier d’oies des neiges."

La jeune Kya s'adapte peu à peu à cette vie atypique, malgré les difficultés. Car bien sûr, les blessures sont là, l'abandon, la confiance que l'on offre avant d'être trahi, la violence des espèces, de l'espèce humaine, la cruauté des hommes... Mais face à ces défaites, se dresse la beauté du monde, la nature, la poésie, l'espoir, malgré tout, toujours.

"Regardons les choses en face, le plus souvent l'amour ne marche pas. Et pourtant, même quand tout rate, il vous relie aux autres et, au bout du compte, c'est tout ce qui reste, ces liens. Regarde-nous : toi et moi, nous nous avons l'un l'autre aujourd'hui, et pense un peu, si j'ai des enfants et que tu en as aussi, eh bien ce sera la début d'un nouveau réseau de liens. Et ainsi de suite."

Roman sur la différence, parcourus par des lueurs éblouissantes, ce roman est une petite pépite brute, pure, de celles qui palpitent longtemps au fond de nos cœurs !

 

Présentation de l'éditeur : Seuil

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

D'autres avis : découvert chez Eva

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Bruges-la-Morte de Georges RODENBACH

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Alors qu'il vient de perdre sa femme tendrement aimée, le narrateur se retire à Bruges, et y mène une vie pieuse, calme et retirée. Il garde les souvenirs de son épouse, dont une tresse blonde enfermée dans un coffret de cristal qu'il se plait à contempler. La ville semble s'associer à son chagrin inconsolable, mais elle lui offre aussi une rencontre inattendue : le narrateur croise une jeune inconnue ressemblant trait pour trait à son épouse défunte. Il fait alors la connaissance de Jane Scott et devient son amant, espérant retrouver le souvenir des jours heureux passés auprès de sa femme aimée.

Portée par un symbolisme prégnant et une écriture magnifique, cette œuvre atypique place la ville de Bruges au cœur de son intrigue. Ville état d'âme, reflet de la tristesse lancinante du narrateur, consolatrice quelque fois, elle s'épanouit dans une noirceur évanescente.

"Toute cité est un état d'âme, et d'y séjourner à peine, cet état d'âme se communique, se propage à nous en un fluide qui s'inocule et qu'on incorpore avec la nuance de l'air.

Et maintenant encore, malgré les angoisses du présent, sa peine quand même se délayait un peu, le soir, dans les longs canaux d'eau quiète, et il tâchait de redevenir à l'image et à la ressemblance de la ville."

L'édition originale de 1892 comprenait des similigravures issues de prises de vue de la ville de Bruges, il est dommage que cette édition ne les mentionne pas. Mais elle a toutefois le mérite de rendre cette œuvre trop méconnue accessible à tous avec son prix dérisoire (2 euros).

Perdez-vous dans les ruelles brumeuses de la ville aux mille canaux et laissez-vous envoûter par ses ombres issues du passé... 

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Europe

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Entre fauves de Colin NIEL

Publié le par Hélène

♥ ♥

Martin est garde au parc national des Pyrénées. Désabusé, il erre à la recherche du dernier ours, Cannellito, soupçonnant les chasseurs de l'avoir fait disparaitre. Il traque également les chasseurs sur Internet avec son groupe Stop Hunting, et c'est ainsi qu'il découvre la photo d'une jeune fille posant aux côtés d'un lion qu'elle vient vraisemblablement de tuer. Martin se lance sur les traces de cette mystérieuse tueuse.

En s'intéressant au sujet de la chasse, Colin Niel choisit de présenter tous les points de vue au travers de personnages emblématiques : Martin incarne le militant anti-chasse persuadé du bien-fondé de sa lutte, la jeune Apolline incarne les chasseurs, elle-même issue d'une famille pratiquant la chasse, le jeune Kondjima est un un jeune éleveur Himba en Namibie, dont le troupeau de chèvres a été décimé par le lion que chasse Apolline et qui met un point d’honneur à être le premier à le retrouver pour le tuer. Enfin, et plus surprenant, le point de vue du lion apparait également. Cette multitude de points de vue différent d'un même problème enrichit le récit et apprend à relativiser, à connaitre toutes les données avant de juger et de condamner : tous seront à un moment du récit et chasseurs et proies.

L'auteur dénonce également la haine déversée sur les réseaux sociaux, haine qui peut mener au pire, sujet tristement d'actualité ces jours-ci.

La construction parfaitement calibrée sert parfaitement ce roman aux accents écologistes.

Mes réticences :

Je ne saurais expliquer vraiment pourquoi, mais il m'a manqué un éclat de passion à la lecture de ce roman, peut-être parce qu'aucun des personnages n'est réellement attachant, manquant de nuances. De plus, je m'attendais à un roman policier, mais l'intrigue se tient toujours en lisière du genre.

Bilan :

Malgré un point de vue intéressant, j'ai nettement préféré  Ce qui reste en forêt de ce même auteur !

 

Présentation de l'éditeur : le Rouergue

D'autres avis : Tant qu'il y aura des livres ;

Du même auteur :  Ce qui reste en forêt ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Seules les bêtes ♥ ♥ ♥ (Policier)

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

D'autres romans sur le sujet de la chasse : Mon Amérique de Jim FERGUSEspaces sauvages de Jim FERGUS ; Chasses furtivesde Léon MAZZELLA

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Chavirer de Lola LAFON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"A défaut du pardon, laisse venir l'oubli."
Alfred de Musset

En 1984 Cléo a treize ans et son rêve est de devenir danseuse de modern jazz. Venant d'une famille modeste, elle ne peut pas prétendre à de grandes écoles de danse, aussi, quand une femme l'aborde après un cours de danse pour lui proposer d'intégrer une mystérieuse Fondation qui financera son rêve, Cléo n'hésite pas. Elle est prête à passer les épreuves pour accéder au sésame qui lui permettra de quitter sa banlieue parisienne. Elle veut être "l'élue". Mais il s'agit en réalité d'un piège lié à des prédateurs sexuels, piège dans lequel elle va entrainer d'autres collégiennes. En connaissance de cause.

"Ce n’est pas ce à quoi on nous oblige qui nous détruit, mais ce à quoi nous consentons qui nous ébrèche; ces hontes minuscules, de consentir journellement à renforcer ce qu’on dénonce: j’achète des objets dont je n’ignore pas qu’ils sont fabriqués par des esclaves, je me rends en vacances dans une dictature aux belles plages ensoleillées. Je vais à l’anniversaire d’un harceleur qui me produit. Nous sommes traversés de ces hontes, un tourbillon qui, peu à peu, nous creuse et nous vide. N’avoir rien dit. Rien fait. Avoir dit oui parce qu’on ne savait pas dire non."

En 2019 la police lance un appel à témoins à celles qui ont été victimes de la Fondation. Devenue danseuse notamment sur les plateaux de Drucker dans les années 1990, Cléo témoignera -t-elle ?

Les points de vue sur la jeune femme se multiplient, formant un portrait complexe. De qui est-elle réellement victime ? D'elle-même ? De cette organisation Galathée ? De son milieu social ne lui offrant aucun perspective ? De ses rêves ? Aurait-elle pu résister ?

"La célébration actuelle du courage, de la force, met mal à l'aise. Ce ne sont que "femmes puissantes "qui se sont "débrouillées seules" pour "s'en sortir". On les érige en icônes, ces femmes qui "ne se laissent pas faire", notre boulimie d'héroïsme est le propre d'une société de spectateurs rivés à leur siège, écrasés d'impuissance. Être fragile est devenu une insulte."

Ce que j'ai moins aimé :

Dans la deuxième partie du roman, j'ai eu l'impression de perdre de vue Cléo, à cause de la construction qui choisit d'offrir une image diffractée de la jeune femme.

Bilan :

Malgré cette réticence, il n'en reste pas moins que "Chavirer" est un roman dense aux pistes de réflexion multiples.

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur : Merry, Mary, Patty ♥ ♥ 

D'autres avis : Eva

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

 

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L'enfant noir de Camara LAYE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Ce roman autobiographique raconte l’enfance de Camara Laye, de ses cinq ans à ses années lycée.Il vit dans un petit village de Guinée nommé Kouroussa. Son père est forgeron et son enfance est heureuse baignée dans un univers de croyances ancestrales. Il apprend peu à peu à faire la part des choses entre modernité et tradition.

Dans ce beau roman d'apprentissage, nous voyons Camara grandir au gré de ses aventures, jusqu’au départ pour Conakry à 600 km de chez lui, ce qui constitue une première séparation douloureuse avec ses parents et son village. Le départ pour la France sera à la fois une évolution et un déchirement, au point que sa mère refuse d’assister à son départ jusqu’au bout. Mais son éducation, les rituels  lui ont appris à dominer ses peurs et ses douleurs.

Cette lecture fluide permet de découvrir un univers bienveillant, porté par la volonté d'éduquer intelligemment ces enfants appelés à quitter le giron familial pour affronter le monde souvent hostile.

On a pu reprocher à l'auteur de décrire une Afrique un peu trop paisible, occultant les luttes anti-coloniales, pour ces questions, je vous invite à consulter cet article : Ce que Mongo Beti reprochait à Camara Laye. "Qu'est-ce que fait Camara Laye dans son roman ? Il est certain que le rôle du romancier n'est pas le même lorsqu'il est le produit d'une société paisible, autonome, indépendante, prospère comme la société occidentale – c'est vrai – mais en revanche, lorsqu'il est le fils d'un peuple qui est humilié depuis des siècles, opprimé depuis des siècles, notamment lorsqu'il écrit à un moment où ce peuple essaie de lutter pour reconquérir la liberté – c'est le cas de la Guinée au moment où Camara Laye écrivait – il est inconcevable que cet auteur, ce romancier ne soit pas dans une certaine mesure l'écho des combats de son peuple. Ça, c'est un point de vue général. C'est un point de vue moraliste. Moi, je considère que la littérature est inséparable d'une certaine morale. Qu'il le veuille ou non, le monsieur ou la dame qui écrit pose un acte politique. Soit qu'il se taise, soit qu'il parle, de toute façon, il prend position. Camara Laye, en ne disant pas ce qui se passe sous ses yeux, a pris position. Voilà le point de vue général."

Présentation de l'éditeur : Pocket

Retrouvez ce roman dans la librairie la plus proche de chez vous

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