Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Indian Roads de David TREUER

Publié le par Hélène

                             

♥  ♥ ♥

"Comprendre les Indiens d'Amérique, c'est comprendre l'Amérique."

Ce que j'ai aimé :

David Treuer a grandi sur une réserve au nord du Minnesota et c'est donc de l'intérieur qu'il nous livre son expérience. Mais il reste dans la mesure et adopte les points de vue alternativement des indiens et des blancs de façon à mettre à jour les logiques et origines de la difficile cohabitation. 

"Les opinions sont présentées comme des opinions, et les faits comme des faits. Lorsque la frontière entre les deux devenait floue, je me suis efforcé de faire la part des choses au mieux."

"Comme les réserves elles-mêmes; ce livre est hybride. Il contient des éléments journalistiques, historiques et autobiographiques.  A ce titre, il se veut plus évocateur qu'exhaustif. Son but est de saisir une part d'histoire et une part de vérité que la vie des réserves - phénomène multiple et non unique; qui dépend de l'angle de vue et des personnes auxquelles on parle."

Ainsi David Treuer entremêle ses propres souvenirs à des données historiques, à des expériences précises, des situations concrètes qui permettent de comprendre les enjeux. Son analyse est éclairée, intelligente. Les idées reçues volent en éclat.  

Il aborde des sujets variés comme le fonctionnement du gouvernement tribal, les réticences et méfiances des nombreux indiens face au gouvernement américain, la violence qu'elle soit due à la drogue ou pas. Mais il s'attache surtout à ce qui fonde l'identité des indiens, le lien parents/enfants indiens et la recherche de ce que sigbifie une appartenir à une culture. En effet, les cultures indiennes se meurent malgré l'accroissement démographique des indiens, preuve en est dans la disparition des langues : 

"La mort culturelle est une chose grave, car si la culture meurt nous aurons raté l'occasion non seulement de vivre selon les termes que nous avons choisi (et nos ancêtres se sont battus longtemps, avec acharnement pour cela), mais aussi de vivre nos propres termes."

Il faut être un militant de la langue et comprendre que si l'assimilation a été forcée il y a nécessité de fonder son identité. 

"Si la langue meurt, nous perdrons quelque chose de personnel, un degré de compréhension qui, pour les locuteurs qui parlent couramment, relève de l'inconscient. Nous perdrons la perception que nous avons de nous-mêmes et de notre culture."

"Quand des cultures disparaissent, nous perdons avec elles la pluralité de l'Amérique, le délicieux malaise productif qu'apporte une authentique conscience."

David Treuer présente un livre intelligent qui cherche à démeler l'écheveau des rivalités, la logique des conflits, sans s'arrêter aux préjugés, il expose globalement la situation, les tenants, les aboutissants et éclaire ainsi cette histoire indienne d'un oeil neuf et spirituel. Parce que "Comprendre les Indiens d'Amérique, c'est comprendre l'Amérique."

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"Dans le nord du Minnesota, non loin des sources du Mississippi, vous verrez peut-être un panneau. Lorsqu'on passe en voiture, il est facile de le rater : l'été, le feuillage de arbres le long des champs et l'herbe des fossé en bordure de route menacent de l'engloutir ; en hiver, quand la neige a été déblayée, qu'elle comblre les fossés, le panneau se fond si bien dans le décor qu'on ne le voit plus du tout. Vu ou pas, on y lit ces mots : "BIENVENUE SUR LA RESERVE INDIENNE DE LEECH LAKE? TERRE DE LA BANDE DES OJIBWES DE LEECH LAKE. MERCI DE RESPECTER NOTRE ENVIRONNEMENT, DE PROTEGER NOS RESSOURCES NATURELLES, PAS BESOIN DE PERMIS POUR CHASSER, PECHER OU POSER DES PIEGES;"

Informations sur le livre :

Chez Albin Michel

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Little

Autre : La terre pleurera de James WILSON

D'autres avis :

France Inter ; Télérama

 

Indian Roads, Un voyage dans l'Amérique indienne, David Treuer, traduit de l'américain par Danièle Laruelle, Albin Michel, 2014, 419 p., 24 euros

 

Merci à l'éditeur

Partager cet article

Repost 0

La fête de l'insignifiance de Milan KUNDERA

Publié le par Hélène

                           

♥ ♥ ♥

"L'insignifiance, mon ami, c'est l'essence de l'existence."

Ce que j'ai aimé :

"La peur de l'insignifiance nous rend fous" titrait un autre auteur récemment dans un essai qui s'interrogeait sur la place de l'individu dans notre société contemporaine. Ces interrogations se retrouvent dans le dernier roman de Kundera. A travers les déambulations parisiennes de quatre personnages, Alain, Ramon, Charles et Caliban, il lance des pistes de réflexion qui permettent au lecteur, dans la droite lignée de Socrate et de sa maïeutique, d'accoucher d'idées liées à son temps. Il ne nous raconte pas d'histoire à proprement parler mais offre des discussions, divagations, anecdotes, réflexions philosphiques qui donnent du corps à une philosophie de vie centrée sur la bonne humeur. 

"Nous avons compris depuis longtemps qu'il n'était plus possible de renverser ce monde, ni de le remodeler, ni d'arrêter sa malheureuse course en avant. Il n'y avait qu'une seule résistance possible : ne pas le prendre au sérieux."

L'armée des excusards  est en effet en place dans un monde centré sur le thème de la culpabilité : culpabilité de vivre pour un enfant non voulu, culpabilité de mentir pour se sentir plus vivant, pour ne pas être insignifiant "Se sentir ou ne pas se sentir coupable. Je pense que tout est là." Mais justement, pourquoi ne pas être insignifiant, pourquoi ne pas prôner "l'inutilité d'être brillant. Plus que l'inutilité. La nocivité." Pourquoi ne pas souhaiter une vie légère, sans trop se prendre au sérieux, une vie limpide, plongée dans la bonne humeur ?

"C'est seulement depuis les hauteurs de l'infinie bonne humeur que tu peux observer au-dessous de toi l'éternelle bêtise des hommes et en rire." 

"Respirez, D'Ardelo, mon ami, respirez cette insignifiance qui nous entoure, elle est la clé de la sagesse, elle est la clé de la bonne humeur..."

Les personnages observent celles et ceux qui les entourent et derrière la pseudo futilité de leurs déambulations, se cache un foisonnement philosophique enrichissant. La critique unanime a hissé ce court roman dans les meilleures ventes, aux côtés de Musso et Pancol ! Son universalité et son intelligence ravissent le lecteur loin des sentiers battus et l'élèvent vers des sphères aériennes... Osez l'insignifiance !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"C'était le mois de juin, le soleil du matin sortait des nuages et Alain passait lentement par une rue parisienne. Il observait les juenes filles qui, toutes, montraient leur nombril dénudé entre le pantalon ceinturé très bas et le tee-shirt coupé très court. Il était captivé ; captivé et même troublé  comme si leur pouvoir de séduction ne se concentrait plus dans leurs cuisses, ni dans leurs fesses, ni dans leurs seins, mais dans ce petit trou rond situé au milieu du corps." 

Infos sur le llivre :

Chez Gallimard

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La valse aux adieux 

D'autres avis :

TéléramaLireLe mondeLibération

JosteinLeiloona 

 

La fête de l'insignifiance, Milan Kundera, Gallimard, mars 2014, 15.90 euros

Partager cet article

Repost 0

Le déjeuner du coroner de Colin COTTERILL

Publié le par Hélène

                                            

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

A fin des années 70 au Laos, le régime communiste prend le pouvoir sous l'égide du Pathet Lao et provoque la fuite de l'intelligentsia. Le docteur Siri Paiboun, 72 ans, reste même si ses convictions ne sont pas franchement communistes. L'humour de ce vieil homme qui a encore des ressources insoupçonnées lui permet de prendre la vie et la politique avec philosophie. Il devient coroner  et s'adjoint de l'infirmière Dtui et de M. Geung trisomique léger. Entourés des gens qu'il apprécie il mène une vie paisible, rassurante malgré le régime en place. La mort de la femme d'un ponte du Parti et la découverte de cadavres de soldats vitenamiens vont venir rompre sa tranquilité. Il enquête alors en zone sombre, certains semblant pressés de faire disparaître ou apparaître des indices qui orienteraient son enquête.

Des rêves étonnants semblent le mener sur la bonne voie, les morts reviennent de l'au-delà pour communiquer avec lui, et quand il retournera dans son village Hmong natal, il comprendra alors la signification de ces étranges pouvoirs.

Sur fond de situation politique tourmentée, Colin Cotterill meut ses personages habités avec talent et humour. Sur un ton décalé, la situation du Laos communiste est évoquée : les camps de rééducation dans lesquels sont envoyés plus de 40000 laotiens à cette période, la chasse aux Hmongs qui s'ébauchent alors, en raison de leur collaboration avec les américains, le gouvernement autoritaire. La religion et le surnaturel prennent peu à peu le dessus dans la résolution de l'enquête, les accents fantastiques liés à la culture asiatique Hmong enchantent les pages.

Ce que j'ai moins aimé :

L'intrigue avance lentement, laborieusement, et l'ennui finit par pointer son nez... L'originalité de ce roman policier tient dans son contexte géopgraphique, politique et religieux, et ainsi l'auteur offre un roman original, sans être inoubliable !

Premières phrases :

"C'était une audience déprimante, et ça n'était que le début. A présent que Haeng, le magistrat boutonneux, était de retour, Siri devrait s'expliquer tous les vendredis et faire des courbettes à un type assez jeune pour être son petit-fils."

Infos sur le livre :

Le livre de poche

Vous aimerez aussi :

La danseuse de Mao de Qui Xiaolong

D'autres avis :

Lc avec Manu

Le déjeuner du coroner, Colin Cotterill, traduit de l'anglais par Valérie Malfoy, Le livre de poche, 2006, 6.50 euros

Partager cet article

Repost 0

Vacances...

Publié le par Hélène

Retour le mardi 15 avec une lecture commune avec Manu !

Publié dans Divers

Partager cet article

Repost 0

Y a-t-il des ours en Afrique ? de Satomi ICHIKAWA

Publié le par Hélène

                                

 

♥ ♥ ♥ ♥

Un très bel album à découvrir absolument. Non seulement l'histoire est touchante, mais les illustrations sont de plus magnifiques, peignant avec beaucoup de talent l'unviers africain. Un album tendre et harmonieux qui réjouira les petits et les grands. 

 

Ce que j'ai aimé :

Meto est un petit garçon qui vit dans un village africain. Un jour, un car de touristes leur rend visite. Les visiteurs prennent quelques photos, admirent les lieux, puis puis vite repartent dans leur car. Mais une petite fille a oublié un drôle d'animal, aussi Meto va poursuivre le car pour lui rendre, aidé dans sa course par les naimaux de la savane sui se joignent à lui au fur et à mesure.

Il s'agit d'un album jeunesse destiné aux enfants de 3 à 6 ans. C'ets un très beau conte africain magnifiquement illustré qui met en avant les valeurs de solidarité et d'entraide. Il éveille l'enfant en élargissant son vocabulaire et en lui faisant découvrir un univers différent du sien. 

Les illustrations mettent en avant les paysages africains dans de magnifiques aquarelles, finement dessinées, colorées dans des tons pastels harmonieux. Les animaux et les personnages sont dessinés de façon réaliste. 

Infos sur le livre :

Ecole des loisirs

 

Publié dans Jeunesse Album

Partager cet article

Repost 0

La vie troublée d'un tailleur pour dames de Bulbul SHARMA

Publié le par Hélène

                                    

Ce que j'ai aimé :

Bulbul Sharma sait nous inviter délicatement dans son univers indien. Par petites touches elle évoque les particularités de sa culture et de son pays, si différents des nôtres. Ici, par l'intermédiaire d'un petit village d'Inde, Giripul, elle nous convie à la rencontre de Janak, tailleur pour dames, amoureux de sa femme mais devant paradoxalement garder cet amour secret pour ne pas risquer être la risée du village, Rama, son épouse lunatique, Shankar son ami pêcheur, Balu Le mendiant. Ce petit monde évolue au rythme des passages du car, et des commandes des clients.

Ce que j'ai moins aimé :

Oui, j'avoue, j'ai eu le tort de lire la quatrième de couverture. Je plaide coupable. Et par conséquent, j'ai attendu que le "cadavre se matérialise devant la boutique de Janak, bouleversant la vie du paisible Giripul." J'ai dû attendre 10 chapitres, soit 231 pages avant que ledit cadavre n'apparaisse ! Avant cela il en est vaguement question, mais cela reste diffus, comme une intuition qui court dans l'esprit de Janak. Soit, point d'intrigue policière avant le mitan du livre. Mais il n'en reste pas moins que la peinture de ce petit village indien aurait pu être pittoresque quand nous connaissons le talent de l'auteure dans ce domaine.

Malheureusement le pauvre tailleur n'a pas eu ma mansuétude, je l'ai trouvé falot, terne, aux prises avec sa femme Rama qui apparaît sans coeur, alors que lui est amoureux fou de cette folle, et les autres personnages ne m'ont pas plus interpellée. Histoires de tromperies, de suspections, si les moeurs indiennes transparaissent malgré tout à travers la description du quotidien - lassant- de ce village, je n'ai pas retrouvé l'engouement ressenti pendant la lecture de "La colère des aubergines". Je pense que l'auteur excelle davantage dans le genre de la nouvelle que dans celui du roman, et sait davantage peindre les femmes que les hommes !

Premières phrases :

"Une lune hésitante flottait au-dessus du plus haut sommet. Les montagnes regardaient en retenant leur souffle le village enseveli dans l'obscurité. De la masure dissimulée parmi les ombres de la forêt s'échappait une faible lumière clignotante. Le vent s'était calmé, soucieux de ne pas rompre le silence de la vie hivernale."

Infos sur le livre :

Chez Albin Michel

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La colère des aubergines  Mangue amère 

Autre : Littérature Asie du Sud

D'autres avis :

LC avec Jérôme

 

La vie troublée d'un tailleur pour dames, Bulbul Sharma, traduit par Dominique Vitalyos, Albin Michel, juin 2014, 384 p., 22 euros

Publié dans Littérature Asie

Partager cet article

Repost 0

Montana 1948 de Larry WATSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

L'été de ses douze ans marquera à jamais le narrateur David Hayden. Il va en effet apprendre à regarder le monde qui l'entoure et les gens qu'il aime d'un oeil neuf, soudain conscient que chacun cache sa zone d'ombre et que le monde est bien plus complexe que l'enfance ne le laisse supposer. Son père, shérif, devra faire des choix cruciaux entre justice et loyauté envers sa famille. Dans un contexte marqué par le racisme envers les indiens considérés par certains blancs comme "ignorants, paresseux, supersttieux et irresponsables." comme le pense lui-même le père du narrateur, ce shérif épris de justice hésitera sur la conduite à suivre. Sera-t-il juste envers les siens ? Ou juste envers la morale ? Des choix cruciaux qui marqueront à jamais son jeune fils qui l'observe et l'espionne dans l'ombre, fasciné par les secrets des adultes. 

L'écriture fluide et directe emporte irrémédiablement le lecteur dans sa lecture, au coeur du Montana aux côtés de ce jeune narrateur qui va mûrir et quitter l'enfance non sans heurts. 

        

http://www.montanadra.com/

Ce que j'ai moins aimé :

Je ne sais pas si ce court roman me marquera durablement. Je l'avais déjà lu dix ans auparavant, sans m'en souvenir !

Premières phrases :

"De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu chasser ni même estomper.

Une jeune femme sioux est étendue sur un lit dans notre maison. Elle a de la fièvre, elle délire et tousse si fort que j'ai peur qu'elle ne meure."

Infos sur le livre :

Gallmeister

Vous aimerez aussi :

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper LEE

D'autres avis :

Lire 

Jérôme 

 

Montana 1948, Larry Watson, traduit de l'américain par Bertrand Péguillan, Gallmeister, Totem, 2010, 176 p., 8.20 euros

Partager cet article

Repost 0

Déception et abandon du mois de juin

Publié le par Hélène

Le goût de la vie commune de Claude HABIB

Présentation :

« Je suis spontanément conjugaliste. J'apprécie que les amours durent, que les malentendus se dissipent et que les écarts se pardonnent. J'aime que les dépits se dépassent, que les séparés se retrouvent et que personne ne meure à la fin. Donc je suis souvent déçue. Les gens n'arrêtent pas de mourir ; cela ne les retient pas une seconde de se fâcher à mort auparavant.» Ce précis de l'attachement qui évoque la vie à deux se place à contre-courant de ce que la société moderne professe : Claude Habib défend avec humour et conviction les qualités de l'ennui et le principe de durée qui lui seul permet une familiarité et une intimité réelles dans une vie partagée avec quelqu'un.

Mon avis :

Claude Habib chante un culte de la vie à deux, en opposition avec le modèle de la femme ou de l'homme libre de toutes contraintes, qui peut être tentant pour certains. Malheureusement, la réflexion de l'auteur n'avance pas : on pourrait résumer en disant que la vie à deux c'est bien, la vie en solitaire, c'est triste ! Que de poncifs et de superficialités ! Comme l'auteur est lettrée, elle tient à le montrer en convoyant des auteurs divers et variés, mais les citations sont insérées de façon arificielle. Le sujet est survolé, le point de vue adopté est souvent uniquement celui de la femme et l'ensemble manque de profondeur. Un essai qui n'apporte rien ! 

"Ce que le couple rend possible, c'est l'expérience courante du souci d'autrui, la pratique habituelle de la gentillesse. Ce que le couple permet, dans le meilleur des cas, ce n'est pas la fierté d'être agréable à autrui, que la séduction peut fournir. Ce n'est pas la certitude d'être utile, que l'insertion professionnelle peut donner. C'est le sentiment d'être bon, même à petite échelle." 

                     

Bison de Patrick GRAINVILLE

Présentation : 

Philadelphie, 1828. Promis à une belle carrière d'avocat et de peintre mondain, George Catlin voit une délégation d'Indiens se rendre à Washington pour négocier des traités. Il est ébloui par la superbe des cavaliers. Bientôt, le peintre renonce à ses portraits de citadins huppés, il quitte sa femme, sa ville, son confort, enfourche son cheval pour galoper le long du Missouri et du Mississippi à la rencontre de dizaines de tribus. La grande prairie est vierge. Nuls colons, nuls cow-boys. Des millions de bisons. Catlin est le premier à saisir sur le vif, armé de sa palette et de son pinceau, l'épopée des Indiens. Il réalise d'inoubliables portraits, recueille une incroyable moisson d'objets, son fameux « musée indien » qui fascinera quelques années plus tard George Sand et Baudelaire.

Bison raconte le séjour de Catlin chez les Sioux, les aventures d'un village et de ses héros singuliers. L'imagination vient volontiers à la rescousse du document pour recréer, incarner le grand rêve de cet Américain sans préjugés, de ce fou d'Indiens, luttant pour sauvegarder leurs visages magnifiques et condamnés.

 

Mon avis :

J'aime l'auteur, je me souviens avec plaisir l'avoir découvert avec l'excellent roman Le lien, puis l'avoir invité quand j'étais responsable de bibliothèques dans le cadre d'un jury littéraire. Il avait accepté avec gentillesse et j'avais rencontré un homme ouvert et passionnant.

J'aime le sujet des Indiens d'Amérique, j'aime le peintre Catlin. 

Ce roman avait donc toutes les vertus pour me plaire.

Et pourtant, je me suis ennuyée face à un récit trop linéaire, très descriptif. Je n'ai pas réussi à m'intéresser aux destins des personnages et j'ai fini par abandonner ma lecture.

Pour la peine je vais relire Le lien cet été...

Partager cet article

Repost 0

Fêtes galantes de Paul VERLAINE

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥ ♥

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

Mon avis :

Dans ce second recueil, Verlaine s'inspire des fêtes galantes du XVIIIème siècle. Les fêtes galantes évoquent l'insouciance, la frivolité du XVIIIème entre badinage amoureux, recherche avide du bonheur et du plaisir. Mais ces fêtes sont un leurre de la grande comédie de la vie : le monde féérique n'est qu'un mirage, l'amour une mascarade et la vie un artifice davantage joué que rééellement vécu. 

          

Ses poèmes penchent quelquefois vers le Parnasse qui affirme le primat absolu de la forme plutôt que toute volonté de délivrer un message politique ou de formuler des confidences personnelles. Verlaine a foi en l'existence d'un monde spirituel en route vers un ailleurs plus beau aux accents baudelairiens. Il se réfugie dans des légendes, dans le passé, dans le libertinage du XVIIIème. Il témoigne ainsi d'un penchant pour les ruines et les cloitres, les cimetières et autres lieux solitaires qui expriment l'angoisse romantique de cette génération face à la fuite du temps et à la fragilité de la vie humaine. Il nourrit le rêve nostalgique d'un monde ancien aussi romantique. 

De nouvelles conceptions du rythme et de l'harmonie voient le jour, dans la mouvance du mouvement symboliste : le symbole moitié visible d'une réalité supérieure est à découvrir. Des "correspondances" relient les choses entre elles par les liens secrets. 

Promenade sentimentale

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l'étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j'errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l'épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et les nénuphars, parmi les roseaux,
Les grands nénuphars sur les calmes eaux.

Initium

    Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtes
    Et le bal tournoyait quand je la vis passer
    Avec ses cheveux blonds jouant sur les volutes
    De son oreille où mon Désir comme un baiser
    S'élançait et voulait lui parler, sans oser.

    Cependant elle allait, et la mazurque lente
    La portait dans son rhythme indolent comme un vers,
    - Rime mélodieuse, image étincelante, -
    Et son âme d'enfant rayonnait à travers
    La sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts.

    Et depuis, ma Pensée - immobile - contemple
    Sa Splendeur évoquée, en adoration,
    Et dans son Souvenir, ainsi que dans un temple,
    Mon Amour entre, plein de superstition.

    Et je crois que voici venir la Passion.

L'amour par terre

Le vent de l'autre nuit a jeté bas l'Amour

Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,

Souriait en bandant malignement son arc,

Et dont l'aspect nous fit tant songer tout un jour !

Le vent de l'autre nuit l'a jeté bas ! Le marbre

Au souffle du matin tournoie, épars. C'est triste

De voir le piédestal, où le nom de l'artiste

Se lit péniblement parmi l'ombre d'un arbre,

Oh ! c'est triste de voir debout le piédestal

Tout seul ! Et des pensers mélancoliques vont

Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond

Évoque un avenir solitaire et fatal.

Oh ! c'est triste ! - Et toi-même, est-ce pas ! es touchée

D'un si dolent tableau, bien que ton oeil frivole

S'amuse au papillon de pourpre et d'or qui vole

Au-dessus des débris dont l'allée est jonchée.

 

Exposition : 

Au Musée Jacquemart André

 

Publié dans Poésie française

Partager cet article

Repost 0

Osez 20 histoires de sexe torride

Publié le par Hélène

         

♥ 

Réservé aux adultes

Mon avis :

Définition du Larousse pour "Torride" : "où il fait très chaud, brûlant." Je m'attendais donc à brûler, à m'évanouir dans les bras d'Apollon dans un dérèglement absolu de mes sens consumé par tant de chaleur. Mais malheureusement mes désirs sont partis en fumée. Je ne dis pas que je suis restée de marbre, la chaleur est bien au rendez-vous, mais pas plus que d'habitude avec cette série des "Osez". Les scènes érotiques sont ... érotiques, elles émoustillent, mais le scénario qui les entoure est bien souvent peu développé. Le contexte aurait pu être plus torride, jouant sur l'effet de chaleur, de moiteur... Quelques nouvelles tiennent cette promesse, comme "Désert" de Clarissa Rivière racontant l'échappée de deux touristes dans un harem des Mille et une nuits. Le temps d'une soirée, elles deviendront princesses orientales ouvertes et offertes à tous les plaisirs.

De nombreuses nouvelles se contentent de la moiteur du mois d'août pour répondre au sujet, quitte à placer les intrigues en plein Paris, dans un train, dans des hôtels, dans des magasins pendant les soldes (torride les soldes, c'est connu ...). Beaucoup de cougars aussi comme si les femmes mûres était obligatoirement des frustrées de la vie familiale qui ne demandaient qu'à s'épanouir avec un petit jeune, bref un manque prégnant d'imagination... Et je ne vous parle pas de cette idée étrange de scène érotique avec une balai et une serpillière ("Même obscure"), les auteurs avaient dû confondre torride et sordide...

Est-ce le fait que ces nouvelles ont été écrites par des amateurs ? En effet il s'agit là de nouvelles lauréates d'un concours orchestré par le site Dorcelle.com. Je n'ai pas retrouvé l'engouement que j'ai pu avoir pour certains de ces recueils...

Vous aimerez aussi :

Osez 20 histoires d'amour et de sexe 

Présentation :

Chez La musardine 

 

Osez... 20 histoires de sexe torride, Collectif, La musardine, 8.20 euros

Publié dans Littérature érotique

Partager cet article

Repost 0