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On ne va pas se raconter d'histoires de David THOMAS

Publié le par Hélène

                                     

♥ ♥ ♥

" Je me dis souvent qu'il ne faut jamais négliger les jolies choses, elles sont aux hommes ce que  les ponts d'eau sont aux bêtes." 

 

Ce que j'ai aimé :

Avec tendresse et poésie David Thomas peint des situations cocasses ou plus sordides de la vie quotidienne. Il met en scène des hommes ou des femmes seuls ou mariés, jeunes ou vieux, confrontés à des thématiques universelles : les échecs de la séduction, l'incommunicabilité du couple, les divergences d'opinion concernant l'avenir ce grand inconnu, les ruptures, la solitude de cette femme qui ne veut pas finir sans enfants, inversement, la peur d'être parent et d'engendrer un monstre, celui qui apprend la persévérance à son fils...

Et puis la nostalgie, nostalgie de l'enfance innocente, l'envie de profiter de nos parents qui ne sont pas éternels, de regarder sa mère jardiner jusqu'à la nuit des temps ou d'écouter son père raconter Gargantua :

"Tout petit, je devais avoir quatre ans, mon père nous faisait la lecture à mes frères et à moi, avavnt de nous coucher. Mais plutôt que de nous lire des histoires pour enfants, mon père nous lisait du Rabelais. Il sortait de la bibliothèque un énorme livre illustré, qui me semblait aussi lourd que moi, ete nous nous blotissions contre lui. Je l'écoutais avec les yeux grands ouverts, deux doigts dans la bouche et un autre dans les trous de nez au cas où j'y trouverais queqlue chose d'intéressant, et je ne me lassais jamais, en collant mon oreille contre sa poitrine, d'entendre sa voix chaude nous promener dans la vie de ces géants dont les problèmes intestinaux me réjouissaient. Je me souviens très bien que je riais à me tordre quand mon père imitiait les pets de Gargantua en se pinçant la bouche. Je me souviens très bien que, lorsque j'étais là, sous son bras, je trouvais que la vie était formidable."

Dans une parfaite maîtrise de l'instantané David Thomas sait être subtil et spirituel pour nous parler de nous ! 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien 

Premières phrases :

"On passe sa vie à tenter de se recontrer soi-même alors que nous portons en nous nos propres obstacles. On attend ce moment dont on est sûr qu'il viendra un jour, où l'homme que l'on s'est projeté rejoindra celui que l'on est. C'est le travail de toute  ma vie."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La patience des buffles sous la pluie  ; Un silence de clairière ; Je n’ai pas fini de regarder le monde 

 

D'autres avis :

Jérôme, Noukette

 

On ne va pas se raconter d'histoires, David Thomas, Stock, mai 2014, 14 euros

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Bonne fête à toutes les mamans !

Publié le par Hélène

 

        

"Louange à vous, mères de tous les pays, louange à vous en votre sœur ma mère, en la majesté de ma mère morte. Mères de toute la terre. Nos Dames les mères, je vous salue, vieilles chéries, vous qui nous avez appris à faire les nœuds des lacets de nos souliers, qui nous avez appris à nous moucher, ou, qui nous avez montré qu’il faut souffler dans le mouchoir et y faire feufeu, comme vous disiez, vous mères de tous les pays, vous qui patiemment enfourniez, cuillère après cuillère, la semoule que nous, bébés, faisions tant de chichis pour accepter, vous qui, pour nous encourager à avaler les pruneaux cuits, nous expliquiez que les pruneaux sont de petits nègres qui veulent rentrer dans leur maison et alors le petit crétin, ravi et soudain poète, ouvrait la porte de la maison, vous qui étiez sans cesse à arranger nos mèches bouclées et nos cravates pour que nous fussions jolis avant l’arrivée des visites ou avant notre départ pour l’école, vous qui sans cesse harnachiez et pomponniez vos vilains nigauds petits poneys de fils dont vous étiez les bouleversantes propriétaires, vous qui nettoyiez tout de nous et nos sales genoux terreux et écorchés et nos sales petits nez de marmots morveux, vous qui n’aviez aucun dégoût de nous, vous, toujours si faibles avec nous, indulgentes qui plus tard vous laissiez si facilement embobiner et refaire par vos fils adolescents et leur donniez toutes vos économies, je vous salue, majestés de nos mères. Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d’amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu."

 

"Avec les plus aimés, amis, filles et femmes aimantes, il me faut un peu paraître, dissimuler un peu. Avec ma mère, je n avais qu à être ce que j étais, avec mes angoisses, mes pauvres faiblesses, mes misères du corps et de l âme. Elle ne m aimait pas moins. Amour de ma mère, à nul autre pareil."

 

"O toi, la seule, mère, ma mère et de tous les hommes, toi seule, notre mère, mérites notre confiance et notre amour. Tout le reste n’est que misère et feuille emportée par le vent."

 

"Fils des mères encore vivantes, n'oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n'aurai pas écrit en vain, si l'un de vous, après avoir lu mon chant de mort, est plus doux avec sa mère. Aimez-la mieux que je n'ai su aimer ma mère. Que chaque jour vous lui apportiez une joie, c'est ce que je vous dis du droit de mon regret, gravement du haut de mon deuil."

 

Le livre de ma mère d'Albert COHEN

Publié dans Divers

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Le mariage de Figaro de BEAUMARCHAIS

Publié le par Hélène

mariage-de-figaro.jpg 

♥ ♥ ♥

​« Il n'y a que les petits hommes qui craignent les petits écrits. »

 

L’auteur :

Sur le site Bac de Français

 L’histoire :

 Figaro, le valet du comte Almaviva, doit épouser Suzanne, camériste de la comtesse. Mais le comte qui n’est plus aussi amoureux de sa femme ne détesterait pas voir rétabli certain « droit du seigneur » que lui-même a aboli : bref, il poursuit Suzanne de ses assiduités en lui faisant miroiter la dot qu’il lui a promise. De son côté, Marceline, femme d’un certain âge, entend se faire épouser par Figaro en vertu d’un engagement qu’il lui a signé jadis par plaisanterie. Or, le juge de paix, c’est le comte Almaviva et pour se venger du dédain de Suzanne, il pourrait bien ordonner ce mariage...

 

Ce que j’ai aimé :

Le sous titre de cette pièce bien connue de Beaumarchais est "La folle journée", intitulé qui lui convient parfaitement tant le rythme de cette pièce est enlevé, gai, les répliques fusant, rapides et divertissantes. Les personnages sont spirituels, et savent manier le langage avec brio pour arriver à leurs fins : qu'il s'agisse du comte qui souhaite séduire Suzanne, ou de Suzanne et de la comtesse qui se liguent pour le faire échouer : 

« En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez. »

« Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort »

« La femme la plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit, sois belle si tu peux, sois sage si tu veux mais sois considérée, il le faut. »

La tension liée à l'intrigue est désamorcée par le rire : personnages de comédie ridicules, situtations comiques avec les personnages qui aiment se cacher pour échapper à une mauvaise rencontre, personnages déguisés qui suscitent des équivoques, atmosphère riante pour aborder des sujets plus graves, comme le dit Figaro dans Le Barbier de Séville : "Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer."

Beaumarchais dénonce en effet les abus de pouvoir des plus puissants sur les plus faibles, ou encore des hommes sur les femmes. La comtesse est délaissée par un mari volage et se réfugie dans son engouement pour un jeune page émoustillé par son adolescence, Suzanne essaie d'échapper au comte qui veut réhabiliter le "droit du seigneur", le comte s'appuie sur ses privilèges et son pouvoir pour faire plier les autres à ses caprices. Il use de son argent et de son pouvoir, notamment par l'entremise du procés qui oppose Marceline et Figaro pour obtenir les faveurs de Suzanne. Beaumarchais s'est trouvé lui-même en plusieurs occasions en rivalité avec les Grands de ce monde, et il ne doit sa réussite et son succés qu'à ses mérites personnels et non aux privilèges dûs à sa naissance. Il a de plus connu aussi les imbroglios des palais de justice et des procès sans fins qui marquent les dysfonctionnements de l'institution judiciaire de l'époque. Le personnage de Figaro lui ressemble en divers points

« Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. »

 « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. » 

Dans son célèbre monologue, Figaro  veut prouver que sa valeur dépasse celle de son maître et que naissance et mérite ne sont pas liés. Le récit de sa vie montre une société de l'Ancien Régime sclérosée, qui ne laisse aucune ouverture au talent des hommes et favorise l'origine sociale plutôt que les qualités de la personne. Cette société de l'Ancien Régime porte aussi profondément atteinte à la dignité des femmes. Marceline sera le porte parole des femmes dans la pièce : séduite dans sa jeunesse et trompée dans ses espoirs par Bartholo, elle révèle la différence de traitement que subissent les femmes dans la société. 

AInsi, Beaumarchais nous offre une oeuvre virtuose qui ne précède que de quelques années la prise de la Bastille le 14 juillet 1789... Napoléon Bonaparte aurait même déclaré "Le Mariage de Figaro, c'est déjà la révolution en action."

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

Mes réticences tiendront dans la problématique récurrente liée au théâtre : est-il fait pour être lu ou vu . Les rebondissements étant multiples ici, je vous conseille plutôt de voir cette pièce sur scène pour rendre davantage justice à son rythme tonitruant, à ses quiproquos et rebondissements incessants.

 

Premières répliques :

« ACTE PREMIER

   Le théâtre représente une chambre à demi démeublée; un grand fauteuil de malade au milieu. Figaro, avec une toise, mesure le pancher. Suzanne attache sa tête, devant une glace, le petit bouquet de fleurs d'orange appelé chapeau de la mariée.

 

SCENE 1

FIGARO, SUZANNE

 

" FIGARO: Dix-neuf pieds sur vingt-six.

SUZANNE: Tiens, Figaro, voilà mon petit chapeau; le trouves-tu mieux ainsi ?

FIGARO lui prend les mains: Sans comparaison, ma charmante. Oh ! que ce joli bouquet virginal, élevé sur la tête d'une belle fille, est doux, le matin des noces, à l'oeil amoureux d'un époux !...

SUZANNE se retire: Que mesures-tu donc là, mon fils ?

FIGARO: Je regarde, ma petite Suzanne, si ce beau lit que Monseigneur nous donne aura bonne grâce ici.

SUZANNE: Dans cette chambre ?

FIGARO: Il nous la cède.

SUZANNE: Et moi je n'en veux point.

FIGARO: Pourquoi ?

SUZANNE: Je n'en veux point. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le barbier de Séville, La mère coupable

Autre : Théâtre

 

Editions diverses et variées...

Publié dans Théâtre

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Lucien le pingouin musicien - Collector 3 titres de Jean-Marc MATHIS

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥

Un petit pingouin attachant...

 

Mon avis :

Cet album rassemble trois histoires "exquises" de Lucien le pingouin musicien : 

"Lucien veut jouer de la trompette à la Lune" mais ses notes n'arrivent pas jusqu'à elle, elles retombent sur la glace "Plic ! Pic ! Ploc" Jusqu'à ce que..

"Lucien le pingouin au pays du Soleil" : cette histoire reprend la même idée que la première histoire sauf que cette fois-ci Lucien veut jouer pour le Soleil, mais il va devoir voyager pour se rapprocher de lui !

"Lucien et le bonhomme de neige sauvage" Lucien se fait assommer et enlever par des hommes qui travaillent pour un zoo. Il rencontre là-bas un bonhomme de neige qui va l'aider à s'évader.

La première histoire est très tendre et poétique, elle est sans conteste la plus réussie des trois. Ensuite l'auteur peine à se renouveler, même si l'univers si enjoué de Lucien avec sa trompette est touchant. Les deux autres histoires veulent afficher un aspect didactique ("méfiez-vous du soleil et couvrez-vous d'une casquette" pour la deuxième, "les animaux sont malheureux dans les zoos parce qu'ils sont enfermés" dans la troisième) qui à mes yeux leur ôte un peu de leur poésie. 

 

Informations sur le livre :

Chez Pocket 

 

A lire à l'enfant dés 5 ans, A lire seul à partir de 7 ans.

Lucien le pingouin musicien, collector 3 titres, pocket jeunesse, avril 2014, 144 p., 6.80 euros

Publié dans Jeunesse Album

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Meurtre à Tombouctou de Moussa KONATE

Publié le par Hélène

                                      

 ♥ ♥

Une enquête au coeur de la cité mythique

 

Ce que j'ai aimé :

Un jeune touareg est retrouvé mort aux portes du désert, puis quelques heures plus tard, un français est pris pour cible. Les deux affaires sont-elles liées ? Le commissaire Habib va enquêter sur place, dans la cité mythique de Tombouctou, entre peur des terroristes et coutumes ancestrales.

"Dans l'antique Cité des 333 Saints, la vie allait son train-train habituel. Ici, diverses époques, populations et cultures se côtoyaient, se mêlaient : habitations et monuments séculaires de terre, mélange d'architectures soudanaise et arabe, hôtels et bâtiments administratifs modernes en ciment, rues larges ou étroites, goudronnées ou sablonneuses, désertes ou encombrées de charrettes, de dromadaires, de motos et de voitures ; Noirs, Blancs et métis, hommes enturbannés, arborant gandouras ou grands boubous, jeunes en jean et ticheurte, femmes voilées, couvertes de la tête aux pieds, jeunes filles décontractées, cheveux au vent ; voilà, au premier coup d'oeil, Tombouctou, ville ambiguë au charme étrange et irrésistible."

Deux mondes se font face : le monde de la ville avec ses tentations, ses rencontres attirantes et son cosmopolitisme, et le monde du désert, dans lequel vit la famille du jeune Ibrahim retrouvé mort, une famille qui accorde une attention primordiale aux traditions et aux voeux des ancêtres. Les plus jeunes sont souvent tiraillés entre ces deux mondes etleurs fréquentations ne sont pas toujours recommandables.Le commissaire Habib, assisté de son adjoint Sosso va plonger dans les conflits claniques malgré la pression des notables de la ville qui souhaitent qu'il abandonne l'enquête pour laisser oeuvrer un marabout-devin. La place de la police n'est pas encore affirmée dans ce monde qui préfère résoudre ses problèmes en interne, en appliquant sa propre idée de la justice.

C'est avec intelligence et tact que l'auteur aborde cet aspect moderne de l'histoire africaine par le biais d'une enquête bien menée. 

             

Ce que j'ai moins aimé :

Néanmoins, l'intrigue patine un peu au mitan du roman.

Je n'a pas été sensible aux blagues de Guillaume, agent de renseignement français venu prêter main forte au commissaire, qui frétille à tous les coins de rue devant la beauté des femmes touaregs. 

Infos sur le livre :

Chez Métailié

Premières phrases :

"Tombouctou, novembre 2010. Non loin du zénith, en route pour le coucahnt, le soleil ahanait, mais ses rayons gardaient encore de leur vigueur juvénile."

Vous aimerez aussi :

Roman policier africain

D'autres avis :

Presse

 

Meurtre à Tombouctou, Moussa Konaté, Métailié, avril 2014, 220 p. 16 euros

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Homesman de Glendon SWARTHOUT

Publié le par Hélène

                                  

♥ ♥ ♥ ♥

Un western époustouflant

 

Ce que j'ai aimé :

Au coeur des grandes plaines de l'ouest de l'Amérique au milieu du XIXème siècle, des couples ont rejoint ce qu'ils pensaient être "la terre promise". Seulement les jeunes couples se heurtent à des conditions difficiles, la solitude de ces grands espaces, la maladie, les loups qui rôdent et la mort qui les attend inéluctablement derrière les collines. Dans ces régions infinies du Nébraska, chaque année, au bord de la rivière Kettle, des femmes deviennent folles dans un tel environnement hostile. Quatre d'entre elles doivent être ramenées à leur famille vers l'est puisque aucun asile n'existe dans ces nouvelles terres. Mary Bee Cuddy, une ancienne institutrice célibataire, se dévoue pour convoyer le charriot qui les ramènera vers les leurs. Elle fait appel à Briggs, un bandit de grand chemin voleur pour l'accompagner dans cette tâche délicate.  Ensemble ils vont affronter un voyage hors du commun, aux portes de la folie. 

    

Il s'agit d'un sujet peu abordé dans la littérature qui préfère mettre en avant la formidable aventure des pionniers au courage sans faille plutôt que les déconvenues de ces femmes obligées de tout quitter pour se retrouver dans des no man's land arides aux côtés d'hommes qui ne sont pas toujours à la hauteur. Homesman est le dernier roman de Swarthout qui nous offre avant de prendre sa retraite un superbe western passionnant, porté par deux personnages emblématiques.

"Il avait  envie de lui dire, bon sang, gamine, ne grimpe pas dans un chariot pour aller vivre dans une maison en terre, faire une portée de marmots et vieillir avant ton heure, perdre la boule et obliger quelqu'un à t'attacher dans  un autre chariot pour te ramener à ton papa et ta maman qui seront morts et enterrés d'ici là. Mais il ne dit rien, ne put rien dire."

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien 

Premières phrases :

"A la fin de l'été, Line lui apprit qu'elle était enceinte de deux mois. Encore une bouche à nourrir. Et puis, dit-elle, elle était trop vieille à quarante-trois ans. Il aurait une tête comme un melon, dit-elle, ou un bec-de-lièvre, ou il serait infirme car Dieu devait être en colère après eux, après tout, voyez ce qui leur était déjà arrivé cette année."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le tireur

Autres : La saga des émigrants

 

Homesman, Glendon Swarthout, nouvelle traduction de l'américain par Laura Derajinski, Gallmeister, Nature writing, mai 2014, 336 p., 23.10 euros

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Le général sudiste de Big Sur de Richard BRAUTIGAN

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥ ♥

"La première fois que j'ai rencontre Lee Mellon, la nuit filait jusqu'à la dernière goutte de whiskey." 

 

Ce que j'ai aimé :

Richard Brautigan nous raconte l'improbable rencontre entre le narrateur Jesse et Lee Mellon, descendant d'un général sudiste ayant combattu pendant la guerre de Sécession "fleur de la chevalerie sudiste, et lion sur le champ de bataille."

"Lee Mellon regarda la ciel Parfois, quand on rencontre des gens pour la première fois, ils regardent le ciel. Il le regarda longtemps."

Lee devient son voisin avant de s'exiler à Big Sur où Jesse finit par le rejoindre. Là-bas, Lee habite une cabane qu'il a  lui même édifiée, si bien qu'elle est quelque peu bancale : dotée d'un mur en terre, d'un en verre, et pas de mur qui donne sur une mare au grenouilles. Le plafond est trop bas, les grenouilles croassent de façon un peu trop envahissante si bien que les solutions germent pour les chasser : le lancée de pierres, le tapage de balai, l'eau bouillante dans la mare ou encore le vin rouge aigre jeté sur les fautives. Rien n'y fait. Jusqu'à ce que deux mastodontes interviennent... Le coin est aussi agrémenté d'un fantôme vétéran de la guerre hispano américaine. Entre rencontres délirantes, expériences avec de la marijuana, le temps file doucement et sereinement dans ce coin perdu du monde.
 

                           

 @Coastal living

Ce roman est totalement délirant, décalé, les personnages vivent dans une autre dimension pour le plus grand plaisir du lecteur !

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

 

Informations sur le livre 

chez 10/18 

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Un privé à Babylone

 

Le général sudiste de Big-Sur, Richard Brautigan, traduit de l'américain par Marc Chénétier, 10/18,  2004, 7.10 euros

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Cadeaux pour la Fête des Mères

Publié le par Hélène

Voici une petite sélection :

 

Pour gagner en légèreté : Eva RICE L'amour comme par hasard

Pour réfléchirAPPACHANA Anjana  L’année des secrets 

Pour apprendre à profiter de chaque instantMAZZELLA Léon Les bonheurs de l’aube 

Pour frissonner : SYLVAIN Dominique Passage du désir  

Pour voyager Solitudes australes, chronique de la cabane abandonnée de David LEFEVRE 

 Pour rireBONNEVAL TANQUERELLE et RIEL Un petit détour et autres racontars 

Pour fantasmer : Octavie DELVAUX Sex in the kitchen 

Pour philosopherDEAN MOORE Kathleen Petit traité de philosophie naturelle HUBBELL Sue Une année à la campagne  

 

Et toujours : La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

 

Vous pouvez aussi puiser dans les Idées cadeaux et dans mes coups de coeur 

 

 

Publié dans Idées cadeaux

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Billy Brouillard tome 1 Le don de trouble-vue de Guillaume BIANCO

Publié le par Hélène

            

♥ ♥ ♥ ♥ 

"Les fantômes ont les deux pieds dans la tombe, et la tête dans les nuages... Ils doivent en connaître un rayon sur la mort..."

 

Mon avis :

En ouvrant cette BD, vous pénétrez dans un univers à part, hors du commun, extraordinaire, vous entrez dans une oeuvre inventive fascinante ! Voici Billy Brouillard :

"On m'appelle Brouillard, Billy Brouillard. Allez savoir pourquoi... Peut-être parce que je préfère les nuits obscures aux jours de clarté ?... la pluie froide au bleu du ciel ... Quoi qu'il en soit, j'adore faire des misères à Jeanne, ma petite soeur... Et noyer les fourmis dans de la bave de chocolat... Ells gigotent c'est rigolo ... "Pour qu'un être fasse sa sortie de ce monde ... les ténèbres lui ouvrent mille portes chaque jour"... Je vois ces portes ... car je possède un pouvoir, une sorte de don... Le don de trouble-vue... Les adultes sont des assassins ... Ils ont tué l'enfant qu'ils ont été... Leur monde est trop banal, trop convenu... Trop prévisible... L'imagination n'est pas palpable... Elle leur fait peur... On m'appelle Billy Brouillard... Allez savoir pourquoi ..."

Billy perd son  chat  Tarzan, ce qui provoque une avalanche de question sur la mort et une pléthore d'expériences étranges pour le ramener à la vie. Billy a un univers dense, une imagination flamboyante qui le fait dialoguer avec des fantômes, des petites filles mortes, des croquemitaines et autres personnages sortis tout droit des ténèbres. 

L'album est assorti de pages de "La gazette du bizarre" sur les superstitions, des dossiers de parapsychologie, de contes comme la princesse et la flaque d'eau, de fiches explicatives sur les vampires, les "formes-pensées", les chats, les cauchemars, les petites soeurs "parmi les créatures recensées dans l'Encyclopédie de Cryptozoologie, la "petite soeur" est sans nul doute la plus complexe et étrange d'entre elles.", de poèmes...

Cet album protéiforme aborde intelligemment le thème de la mort et de l'imagination débordante et vive des enfants. C'est un véritable ovni dans l'univers de la BD !

A découvrir absolument.

 

 

Présentation :

Babelio

 

D'autres avis :

Je remercie Noukette chez qui j'ai repéré cet ovni et Aurore, ma bibliothécaire qui me l'a rapidement mis de côté... 

Mo 

 

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Une part de ciel de Claudie GALLAY

Publié le par Hélène

                                    

♥ ♥ ♥ ♥ 

"Ici comme ailleurs c'est l'ennui qui fait devenir salaud"

 

Ce que j'ai aimé :

Après avoir reçu un signe de vie de son père, absent de la première heure, Carole retourne dans le village de son enfance là où il lui a donné rendez-vous. Elle y retrouve son frère, Philippe et sa soeur Gaby, et surtout son passé. Jour après jour, dans cette attente suspendue d'un père éternellement fuyant, elle réapprivoise ses souvenirs, bercée par un quotidien qui s'étire entre traduction d'une biographie, repas au bar chez Frankie et visites aux habitants du village. Elle renoue les liens distendus avec Gaby, et avec sa fille adoptée, La Môme, avec Jean, son amour d'adolescence, La Baronne et ses chiens, le vieux Sam.

Carole se laisse bercer par cette vie suspendue entre une séparation récente et le départ de ses filles pour un autre continent, et un avenir flou dans lequel elle devra trouver ses marques. Elle écoute les rêves de chacun : celui du vieux Sam qui espère entendre les paroles de sa femme décédée sur les ailes des papillons papillons monarques car selon lui le bruit de leurs ailes apporte aux vivants  les paroles des morts, celui de Philippe son frère garde forestier qui travaille sur le projet d'un sentier de randonnée qui suivrait les traces d'Hannibal à travers les Alpes, et ceux de sa soeur Gaby qui aimerait quitter sa caravane courant d"air pour une maison en dure, attendant pour ce faire la sortie de prison de son mari Ludo. 

Carole est celle qui est partie aussi éprouve-t-elle quelques difficultés à retrouver sa place dans cette fratrie, d'autant plus qu'elle est hantée par le souvenir de l'incendie de leur maison, quand ils étaient enfants, elle cherche à percer des énignes, à comprendre les sentiments des uns ou des autres, pour mieux vivre elle-même

Claudie Gallay réussit à communiquer l'indicible qui s'immisce entre les strates du quotidien, avec tendresse et douceur, elle évoque les liens ténus qui relient les êtres. 

"Ce qui m’a intéressée, dit-elle, c’est les personnages dans ce lieu, voir évoluer leurs sentiments, les suivre dans des fausses pistes, des prétextes, des doutes. Jean aime-t-il sa femme ? Qu’a vu Gaby le soir de l’incendie qui a détruit leur maison d’enfance ?On croit que… et c’est peut-être autrement. Chacun a sa part de ciel, une petite lumière dans la tête. J’ai glissé des choses légères de la vie, les petites conneries du quotidien, Vanessa Paradis qui se sépare de Johnny Depp."

 

                 

@alpes-photo

 

Ce que j'ai moins aimé :

Il faut se laisser bercer par les mots simples et le quotidien tout aussi répétitif et naturel de Carole. Se laisser enchanter, sinon, on risque de passer à coté de la magie du texte.

Informations sur le livre :

Actes Sud

Premières phrases :

"On était trois semaines avant Noël. J'étais arrivée au Val par le seul train possible, celui de onez heures. Tous les autres arrêts avaient été supprimés. Pour gagner quelques minutes au bout, m'avait-on dit." 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les déferlantes ; L'amour est une île

D'autres avis :

JérômeAlex ; SandrineSaxaoul ; Sylire 

 

Une part du ciel, Claudie Gallay, Actes Sud, août 2013, 448 p., 22 euros

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