Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Mon vieux et moi de Pierre GAGNON

Publié le par Hélène

                                     

♥ ♥

"Si tu l'aimes, pourquoi tu la prends pas avec toi, ta tante ? Tu serais pas obligé de faire tout ce trajet..."

Mon avis :

Tout commence avec cette simple question : pourquoi ne pas prendre chez lui sa vieille tante qui périclite en maison de retraite ? Quand sa tante décède, le narrateur décide d'adopter un autre vieux qu'il a rencontré en maison de retraite en rendant visite à sa tante : Léo. Léo s'installe alors chez lui et au début la cohabitation est harmonieuse. Le narrateur se sent utile, enrichit par cette relation. Mais rapidement, Léo a beau être formidable, il n'en est pas moins vieux, avec tout ce que cela implique. 

L'histoire est simple, courte (92 pages) et directe en racontant une expérience humaine qui se heurte à ses propres limites. L'idée est belle et profondément humaine, elle est une leçon de vie et d'humanité à méditer en ces temps relativement égoïstes. Toutefois l'auteur ne fait pas l'impasse sur les limites de ce système qui semble pourtant évident à première vue. Mais pour quelques temps, deux solitudes se seront rejointes, et deux âmes se seront épanouies au contact l'une de l'autre. C'est déjà beaucoup...

Un récit charmant.

Premières phrases :

"Je viens d'adopter...

Pensionné, je vivias seul, sans enfant ni parent. J'ai des amis, bien sûr, que je vois à l'occasion. Cela me suffit. Taciturne ? Pas du tout."

Infos sur le livre :

chez Babélio

D'autres avis :

DominiqueChocoClaraNouketteDominique.

Télérama 

Vous aimerez aussi :

Il pleuvait des oiseaux de Jocelyn Saucier

 

Mon vieux et moi, Pierre Gagnon, J'ai Lu, 2010, 4.50 euros

Partager cet article

Repost 0

Sombre tango d'un maître d'échecs de Jean-François BOUCHARD

Publié le par Hélène

                                       

♥ ♥

"Les échecs sont la traduction sur une planchette de bois de la vie et de la mort, du sang et de la haine, de la colère et de la force. Et le sang, la mort et la haine débordent si souvent de l'échiquier..."

Ce que j'ai aimé :

1927. La Havane. Deux maîtres d'échec s'affrontent : José-Paul Capablanca, enfant prodige cubain, et le russe Alexandre Alekhine, qui tente ici d'acquérir  le titre de champion du monde détenu par Capablanca. Sur fond de réalité historique l'auteur installe sa trame : Capablanca est accompagné par un vieux professeur, le narrateur, aux premières loges pour raconter la partie qui se joue dans l'ombre : en effet Capablanca reçoit de mystérieuses lettres anonymes qui sous-entendent qu'il pourrait empêcher le meurtre d'innocents. Piqué dans son orgueil de joueur, Capablanca se précipite dans les bas-fonds de la Havane pour lutter contre son ennemi anonyme.

 Le suspens est discret, laissant la part belle aux personnages aux personnalités bien marquées : le russe terrassé par ses démons et par l'enjeu des parties, Capablanca, bon viveur grand amoureux des femmes, et le vieux professeur que la vieillesse rattrape inexorablement avec ses lots de regrets et de remords. Les univers de ces êtres sont diamétralement opposés, et pourtant, ils vont s'affronter, s'entraider, se jauger et se juger. Les lecteurs peu amateurs de polar pourront de fait parfaitement apprécier le récit qui oscille entre intrigue vaguement policière et portrait psychologique affûté des deux joueurs et de ceux qui gravitent dans leur ombre.

A l'image du jeu mythique, le roman brille par sa construction calibrée. Un bon moment de lecture !

Ce que j'ai moins aimé :

Les allusions aux évolutions technologiques de l'époque (le téléphone, l'ascenseur...) sont un peu trop marquées.

Infos pour le livre :

Chez Max Milo

Premières phrases :

"La Havane. 1942.

Il arrive que certains hommes soient des miracles de Dieu. Je distrais mes vieux jours en faisant leur connaissance au cours de s longues heures que je passe à la bibliothèque municipale de la Havane. Je lis leur histoire dans les lovres qui leur sont consacrés."

Vous aimerez aussi :

Le duel de iNDRIDASON

D'autres avis :

Yves 

 

Sombre tango d'un maître d'échecs, Jean-François Bouchard, Max Milo, 18 euros

Partager cet article

Repost 0

L'Italie si j'y suis de Philippe FUSARO

Publié le par Hélène

                                     

 ♥ ♥ ♥

"Je ne pense qu'à filer, porté par le vent du soir et ma tristesse s'écoule sous le châssis, goutte sur l'asphalte." 

 

Ce que j'ai aimé :

Sandro est "né de la côte d'un poète et mon ciel, aujourd'hui, n'est pas bleu." En effet il se retrouve à la porte de chez lui, ses affaires éparpillées sur le trottoir : "Les objets de ma vie sont éparpillées sur le trottoir, sur une ou deux tables du Café de la Mairie où les gens sont resté immobiles, la tasse à café suspendue entre deux doigts et leurs corps recouverts de mes habits qui leur sont tombés dessus. Davantage que lorsqu'ils sont rangés dans l'appartement, je remarque une dominante rouge dans tout ce qui m'entoure et je trouve cela beau et dramatique, à l'image de ce que je vis." 

La phrase couperet tombe le lendemain, comme ses habits tombés du ciel : sa femme a besoin de "prendre de la distance". De la distance c'est finalement Sandro qui va en prendre, décidant de descendre en Italie accompagné de son fils.

Commence alors un périple pour les deux hommes, Sandro homme perdu et délaissé, et Marino petit être affublé d'un déguisement de cosmonaute, réplique du costume de Youri Gargarine lorsqu'il a accompli son premier vol dans l'espace. Marino est peu rassuré mais prêt à suivre et à consoler son père si triste. La route leur ouvre de nouvelles perspectives. 

       

http://fr.best-wallpaper.net/

L'écriture particulière de Philippe Fusaro, à chemin entre la poésie et la prose, installe une simplicité qui devient peu à peu une évidence au fil des pages. L'auteur peint avec talent un instant de vie suspendu entre un avant vacillant et un après inconnu, l'interstice du voyage permettant l'espoir d'un renouveau. 

"Il m'aura fallu descendre toute l'Italie, nous perdre dans le Sud, quitter la terre ferme et me réfugier plus tard sur l'île. Il m'aura fallu du temps, des kilomètres de superstrada pour parvenir à ce constat. Il m'aura fallu toutes ces semaines, des bains de mer, un traghetto jusque en Sicile. Il m'aura fallu consoler Marino, être retenu entre ses bras aussi."

Ce texte subtil qui tient sur un fil s'allume peu à peu, en harmonie avec la renaissance de Sandro. Un très beau texte.   

Ce que j'ai moins aimé :

Il m'a manqué un petit quelque chose pour être totalement conquise, 

Premières phrases :

"Mon nom est Sandro.

Sandro, parce que c'était celui d'un poète qui vivait dans la Rome d'après guerre et que mon père le lisait, le relisait, me le récitait à voix haute tandis que moi, la poésie, je n'y comprenais pas grand-chose."

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le colosse d'argile

Autre : Seule Venise de Claudie GALLAY

D'autres avis :

LireMagazine littéraire ; Télérama

MidolaCatherine 

 

L'Italie si j'y suis, Phiippe Fusaro, La fosse aux ours, 2010, 17 euros

Partager cet article

Repost 0

Ma grand-mère avait les mêmes, les dessous affriolants des petites phrases de Philippe DELERM

Publié le par Hélène

                                     ma-grand-mere-avait-les-memes.jpg

"On ne possède pas les autre. On ne détient jamais le secret des autres avec soi."

Mon avis :

 Un recueil peu marquant présenté sous forme d'une suite de petites anecdotes sans grand intérêt autour de phrases toutes faites :"On ne vous fait pas fuir, au moins ?" "C'est pas vrai !" "Y a pas d'souci", "J'ai une contrainte"

Philippe Delerm tire sur la corde des "Gorgées de bière" et nous resserre du réchauffé, en plus banal .

Quelques remarques poétiques toutefois comme ce « J’vais rentrer. V’là l’bord d’la nuit qui vient. » (p. 99)

 "V‘là l ‘bord d ‘la nuit qui vient.
Celle-là, c’est la marque d’une seule personne. Une belle personne. Madame Hermier était l’épicière. Elle est morte depuis quinze ans au moins. C’est elle qui régentait le quartier, avec, sous son apparence revêche, un sens de l’équité sans concession. Première rencontre un jour de panne d’électricité :
-Mon pauv’ monsieur, j’veux bien vous vendre trois bougies, mais pas la boîte. Il en faut pour tout le quartier.
Au fil des ans, elle était devenue une amie, venait à la maison partager la galette des rois, bavardait un peu, et disait tout à coup :
-J’vais renter. V’là l’bord d’la nuit qui vient.
Des mots entendus, des mots qu’elle inventait ? Peu importe. Les mots de Madame Hermier. J’aime les soirs précoces à cause d’elle, la sagesse solitaire de ses dimanches d’hiver. Rien ni personne ne l’attendait, mais il fallait rentrer avant la nuit. Peut-être une manière de ne pas vouloir nous importuner trop longtemps, de couper court à nos mais vous avez le temps. Comment la retenir, puisque le bord de la nuit venait ?
Le bord de la nuit. La nuit devient une matière, un tissu, les heures s’installent et nous mettent un manteau. Nos mouvements doivent suivre, s’envelopper dans cette amplitude du ciel, marcher à l’amble. Madame Hermier ne redoutait guère les deux cents mètres nocturnes de trottoir qui l’eussent ramenée chez elle sous les réverbères. Mais c’était aussi une politesse de suivre le rythme du jour. Jehan Rictus appelait le crépuscule « le furtif ». Voilà. Madame Hermier voulait rentrer à la lisière du furtif.
Plus tard, quand elle nous quitterait pour un plus long voyage, ce serait avec la même discrétion, le même souci de ne pas déranger, de se glisser dans l’ombre sans crainte et sans regret. Pas difficile pour elle en apparence de quitter le cercle des lampes basses, les flammes orange et bleues de la cheminée. Une jolie manière de dire adieu comme elle disait au revoir, à quoi bon proteste, il faut bien s’en aller, v ‘là l ‘bord d ‘la nuit qui vient."

Le style reste plat, les idées s'essouflent et finalement le lecteur finit par se dire qu'il ferait mieux de relire "La gorgée de bière"...

 

Premières phrases :

 « Ce ne sont pas des passionnés de la brocante. Celle-ci leur a juste servi de but de promenade, un dimanche après-midi. Ils déambulent, mains dans le dos, satisfaits de l’ampleur inattendue de la manifestation, qui les dispensera de chercher un autre passe-temps, satisfaits de la douceur de l’air, de l’absence de pluie. »

 

Infos sur le livre :

Babélio

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La première gorgée de bière

 

D’autres avis :

Babélio 

 

Ma grand-mère avait les mêmes, Philippe Delerm, Points, 5.50 euros

Partager cet article

Repost 0

La boîte aux lettres du cimetière de Serge PEY

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥

"La poésie doit être simple. Elle défait les noeuds de la pensée. "

Ce que j'ai aimé :

Dans une écriture poétique hors du commun le jeune narrateur évoque ses souvenirs d'enfance autour d'une école libertaire située dans une ancienne porcherie. Il évoque sa tante Hirondelle borgne, sa mère qui boîte à cause de religieuses intolérantes et cruelles, sa grand-mère philosophe à ses heures, le maître d'école, les amis qui éveillent les enfants à la poésie, au monde. Les principes éducatifs permettent en effet un éveil au monde, au monde des mots, par lequel il appréhende ensuite un monde plus vaste. Le rapprochement sémantique de certains mots comme "boudin" et "bon dieu", "Moscou" et "mouscous" (les mouches) sont autant d'étrangetés qui peuvent faire sens. Les mots signifient et l'enfant, avec l'aide des adultes comprend combien ils sont précieux. 

Ainsi la poésie se rencontre au centre de son univers, par sa capacité à re-créer le monde : 

"La poésie commence quand on revient vivant d'un voyage pour le raconter. C'est la fraternité terrible que la poésie et la mort entretiennent ensemble. Orphée, c'est uniquement cleui qui est capable de revenir. Le poète ets toujours un vivant." 

"La poésie est l'irruption, dans le présent, de tout ce qui a été absent. Elle est la capacité de saisir en plein vol les moments en train de disparaître."

Mais les mots sont aussi importants pour vaincre l'oubli, d'où cette boite aux lettres installée dans le cimetière pour établir un dialogue avec la mort. écrire à un mort suppose en effet que celui qui est sous la tombe "n'est pas tout à fait mort ou peut-être encore vivant." La boîte aux lettres existe réellement, elle est placée sur la tombe de Antonio Machado, poète, à Collioure. L'auteur en parle ici. 

           

@Panoramio

"La mort du poète est celle de la poésie qui doit sans cesse renaître de ses cendres pour se réinventer." 

L'éducation est aussi l'occasion de mettre en avant des valeurs : 

"Grand-mère avait dessiné un Christ à la peinture noire sur les pales du ventilateur fixé au plafond de bois de la salle commune. Quand le ventilateur tournait à fond, le Christ disparaissait. Elle disait que Dieu était une illusion d'optique, la même que celle provoquée par le ventilateur. Grand-mère le démontrait. Quand elle arrêtait le ventilateur, elle faisait récupérer au Christ son apparence d'homme. Quand elle el rallumait, il disparaissait. Grand-mère disait que la religion c'était ainsi : lorsqu'on fait tourner un homme ou son image rapidement il devient un dieu."

Valeurs humaines, valeurs liées à une histoire perturbée par la guerre d'Espagne. De niombreuses images permettent ainsi de comprendre la nécessité de l'action et ses moyens, comme celle du saumon qui remonte les rivières :

"Il faut transformer la fragilité que nous avons en un lieu de force qui fera trébucher l'ennemi."

Hymne à la poésie et à l'engagement, ce recueil d'une figure emblématique de la poésie-action est à découvrir pour porter un regard neuf sur le monde. Poésie et société sont intimement liés, le poème doit être déplacé hors du livre pour chanter sa puissance !

“ Jamais je n’ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j’aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon

J’aime les voir s’envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

Antonio Machado ,Chant XXIX, Proverbios y cantarès,

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"Nous étions cinq. Et maman nous dit que nous allions être sept avec ceux descendus de la montagne. Et quand nosu avons vu arriver Francisco le camionneur et Hélios l'aiguiseur de couteaux, Maman a ajouté que nous erions neuf. On traîna alors la table de la cuisinequ'on installa à côté de al table du séjour. Mon frère disposa de nouvelles assiettes et des verres autour du bouquet de fleurs."

L'auteur :

http://sergepey.tumblr.com/

Écouter ici son portrait sur France-Culture.

Infos sur le livre :

chez Zulma 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le trésor de la guerre d'Espagne

D'autres avis :

Yves 

 

La boîte aux lettres du cimetière, Serge Pey, Zulma éditions, mai 2014, 17 euros

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost 0

La brouille de Claude BOUJON

Publié le par Hélène

       

♥ ♥ ♥

Monsieur Brun et Monsieur Grisou sont deux lapins voisins. À leur installation dans leur terrier respectif, leur entente est cordiale, mais les rapports compliqués de voisinage provoquent de plus en plus de conflits jusqu'à la brouille qui semble définitive. Mais c'est alors qu'intervient un loup qui a très faim...

Il s'agit d'un album jeunesse pour les 5-7 ans. Il traite du thème de la dispute, ici liée aux problèmes de voisinages (radio trop forte, détritus qui traînent...). Les deux petits lapins vont néanmoins apprendre dans l'adversité les bienfaits d'une bonne entente de voisinage. Leurs problèmes mineurs vont se retrouver ridiculisés au contact du loup affamé.

Les dessins sont très doux, au trait précis, mais adouci. Les couleurs pastel ajoutent encore de la douceur supplémentaire à cet album tendre et simple. Le décor est minimaliste, centré sur les deux voisins qui redeviendront amis.

« La Brouille » est un petit album plaisant et tendre et qui plaira aux plus jeunes. Ils se reconnaîtront dans ces petits conflits de la vie quotidienne et partageront avec joie les peurs et les peines de Monsieur Brun et de Monsieur Grisou. Cela leur permettra de voir d'un autre œil les petits copains de l’école qu'ils n'apprécient guère ou avec lesquels ils se sont fâchés : ils sont finalement tous des amis en puissance... Et le loup n'a qu'à bien se tenir...

        

 

Présentation de l'éditeur :

Ecole des loisirs

Vous aimerez aussi :

Albums jeunesse

 

La brouille, Claude Boujon, Ecole des loisirs, 1989, 5.60 euros

 

Publié dans Jeunesse Album

Partager cet article

Repost 0

Le silence de la mer de VERCORS

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥

"Je pensai : Ainsi, il se soumet. Voilà tout ce qu'il savent faire. Ils se soumettent tous. Même cet homme-là."

 

Ce que j'ai aimé :

Le silence de la mer fut la première nouvelle publiée  aux Editions de Minuit, maison d'édition clandestine qui a vu le jour en 1941 sous l'égide de Vercors et Pierre Lescure. Une vingtaine d'autres titres suivront jusqu'à la Libération, mais c'est le texte inaugural de Vercors qui connaîtra le plus grand retentissement. 

Le silence de la mer raconte l'histoire d'un allemand qui s'installe pendant l'Occupation chez le narrateur et sa jeune nièce. Il s'agit d'un allemand amoureux des lettres françaises et de l'art français qui souhaite une alliance entre les deux nations qui ainsi s'enrichiront mutuellement de leurs cultures. Si la nièce du narrateur refuse de lui adresser la parole, faisant ainsi acte de résistance, le jeune officier continue de communiquer son enthousiasme, son optimisme, jusqu'à ce qu'il découvre les véritables intentions de son pays et de ses anciens amis, allemands nazis qui pensent qu'il faut détruire l'esprit français pour conquérir la France. Le désespoir va alors s'emparer de lui.

"Au carrefour, on vous dit : "Prenez cette route-là." Il secoua la tête. "Or cette route, on ne la voit pas s'élever vers les hauteurs lumineuses des cimes, onn la voit descendre vers une vallée sinistre, s'enfoncer dans les ténèbres fétides d'une lugubre forêt ! ... O Dieu ! Montrez-moi où est MON devoir ! "

La nièce est l'incarnation de ce qu'aurait dû être la France, digne et silencieuse.

Les autres nouvelles ont pour thème la persécution des juifs, Vercors étant lui-même en partie juif par son père, il ne pouvait que dénoncer ces horreurs. Toutefois il a fait le choix de ne publier "Le songe" qui relate le cauchemar des camps de concentration qu'après guerre de façon à ne pas heurter les familles dont un des membres était déporté. "Ce jour-là"  est raconté du point de vue d'un petit garçon dont les parents juifs sont arrêtés. Tout en non-dits et présupposés, ce récit gagne en force et touche au coeur le lecteur. D'autres récits encore mettent l'accent sur ces français qui ont cru au "Maréchal", comme Muritz ("La marche à l'étoile"), Vendresse ("L'imprimerie de Verdun") ou encore Renaud dans "L'impuissance", et qui ont vu leur pacte se rompre brutalement. 

Le Mal rôde inlassablement, et l'homme déchu devient Bête. Le nazisme a réveillé les démons, à l'image de cette vieille dame qui aperçoit un soir devant sa porte Hitler et referme la porte épouvantée, persuadée d'avoir vu le Diable en personne. ("Le cheval et la mort")

Un recueil à ne pas oublier...

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"Il fut précédé par un grand déploiement d'appareil militaire. D'abord deux troufions, tous deux très blonds, l'un dégingandé et maigre, l'autre carré, aux mains de carrier. Ils regardèrent la maison, sans entrer. Plus tard vint un sous-officier. Le troufion dégingandé l'accompagnait. Ils me parlèrent, dans ce qu'ils supposaient être du français. Je ne comprenais pas un mot. Pourant je leur montrai les chambres libres. Ils parurent contents."

Vous aimerez aussi :

 Inconnu à cette adresse

 

Le silence de la mer, VERCORS, Le livre de poche, 4.10 euros

Partager cet article

Repost 0

L'honneur des poètes collectif

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥

"Ces morts ces simples morts sont tout notre héritage

leurs pauvres corps sanglants resteront indivis.

Nous ne laisserons pas en friche leur image

les vergers fleuriront sur les prés reverdis." (Pierre Emmanuel)

 

Mon avis :

Cet ouvrage a été publié en juillet 1943 par les Editions de Minuit, maison d'édition clandestine. Il vient d'être réédité pour commémorer les 70 ans de la Libération et de la victoire sur le nazisme. L'achevé d'imprimer de la version d'origine précise :

CET OUVRAGE

PUBLIE AUX DEPENS

DE QUELQUES BIBLIOPHILES

PATRIOTES

A ETE IMPRIME

SOUS L'OCCUPATION NAZIE

LE 14 JUILLET 1943

JOUR

DE LA LIBERTE OPPRIMEE

Les poèmes ont été recueillis par Eluard avec l'aide de Jean Lescure. Le retentissement de l'ouvrage est immense. Y ont participé des poètes connus : Aragon, Desnos, Eluard, Guillevic, Ponge, Pierre Seghers,  Jean Lescure, Jean Tardieu, Vercors,  et des poètes moins connus comme René Blech, Pierre Emmanuel, André Frénaud, Georges Hugnet, Ambroise Maillard, Loys Masson, Camille Meunel, Lucien Scheler, Claude Sernet, Edith Thomas, Claude Vlldrac.

La préface rédigée anonymement par Paul Eluard précise :

"Whitman animé par son peuple, Hugo appelant aux armes, Rimbaud aspiré par la commune, Maïakovski exalté, exaltant, c'est vers l'action que les poètes à la vue immense sont, un jour ou l'autre, entraînés. Leur pouvoir sur les mots étant absolu, leur poésie ne saurait jamais être diminuée par le contact plus ou moins rude du monde extérieur. La lutte ne peut que leur rendre des forces. Il est temps de redire, de proclamer que les poètes sont des hommes comme les autres, puisque les meilleurs d'entre eux ne cessent de soutenir que tous les hommes sont ou peuvent être à l'échelle du poète.

Devant le péril aujourd'hui couru par l'homme, des poètes nous sont venus de tous les points de l'horizon français. Une fois de plus la poésie mise au défi se regroupe, retrouve un sens précis à sa violence latente, crie, accuse, espère."

Le poète est celui qui doit guider le peuple, un visionnaire qui par sa parole regroupe les hommes. Il prône la résistance, la liberté, la fraternité dans un monde divisé :

"Nul d'entre vous n'est seul : vos coeurs prisonniers

Battent dans nos coeurs à toute heure que sonne la 

fraternité."

Par la puissance des mots, il peut refaire le monde, le reconstruire et finalement, peut-être, le changer. La poésie devient alors une arme, un espoir.

"Ce coeur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille ! 
Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons, 
à celui des heures du jour et de la nuit, 
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines 
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs 
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Francais se préparent dans l'ombre 
à la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté 
au rythme même des saisons et des marées, 
du jour et de la nuit." (Robert Desnos)

Des poèmes pour enjoindre à la résistance, mais aussi pour ne pas oublier, pour que ceux qui se sont sacrifiés pour la liberté ne l'ait pas fait en vain. Des poèmes pour se souvenir...

Vous aimerez aussi :

Sur le blog Les bavardages de Sophie 

D'autres romans sur le thème de la guerre :

L’origine de la violence ;  Terre et cendres ; Le jour avant le bonheur ; Melnitz ; ‘Ta mère ; Persépolis ; Purge ; L’art d’écosser les haricots ;  Virginia ;  Allah n’est pas obligé ;  Je me souviens   ; Maus ; Inconnu à cette adresse ; Les recluses  ; Le voyageur sans bagages ; Les yeux d’Elsa   ; 14 ; Certaines n’avaient jamais vu la mer ; Le héron de Guernica ; Notre force est infinie ; La remontée des cendres suivi de Non identifiés Radeau ;   Au revoir là-haut 

 

L'honneur des poètes, Collectif, Le temps des cerises, férvier 2014, 10.64 euros

Publié dans Poésie française

Partager cet article

Repost 0

Le potentiel érotique de ma femme de David FOENKINOS

Publié le par Hélène

 

Ce que j'ai aimé :

Le sujet est assez rocambolesque : centré autour du personnage d'Hector, un brin looser, victime de collectionnite aiguë, mais qui essaie de se soigner. Il pense être guéri jusqu'à ce qu'il rencontre Brigitte, sa femme. Une autre collection va alors naître dans son esprit. 

Le ton vif et rythmé et l'humour de l'auteur permettent de passer un agréable moment de lecture, toutefois...

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai eu l'impression que l'inventivité de Foenkinos tournait en rond, que le rythme n'était pas équilibré : on ne rentre dans le vif du sujet qu'au bout de plusieurs pages, et on finit même par se demander si le titre n'est pas trompeur et si Hector le looser finira bien par avoir une femme, puis au tiers du livre le miracle a lieu, il rencontre Brigitte ! Après quelques trouvailles savoureuses, le rythme s'essoufle à nouveau mais le nouveau rebondissement trouvé frôle le ridicule et comme l'auteur semble s'en rendre aussi compte, il le dégonfle rapidement. Bref, ce fut comme si le roman n'était pas construit à l'avance, comme si l'auteur avançait au jugé, en se fiant à son écriture talentueuse pour couvrir les blancs de l'intrigue. Et quelquefois c'est efficace, mais au fil de la lecture ce défaut se fait sentir de façon de plus en plus prégnante et finit par déranger.

 

Infos sur le livre :

Chez Folio

Premières phrases :

"Hector avait une tête de héros. On le sentait prêt à passer à l'acte, à braver tous les dangers de notre grosse humanité, à embraser les foules féminines, à organiser des vacances en famille, à discuter dans les ascenseurs avec des voisins, et, en cas de grande forme, à comprendre un film de David Lynch"

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La délicatesse  ; La tête de l'emploi

D'autres avis :

LC avec Manu

KaliJulesSylireCaro(line)L'encreuseTamara, sont emballés...

KarineYv, AmandaJoëlleMiss AlfiePralineSandrineEdelweStéphanie sont mitigés voire carrément déçus...

 

Le potentiel érotique de ma femme, David Foenkinos, Folio, 2005, 192 p., 6.20 euros

Partager cet article

Repost 0

Cadeaux pour la fête des pères

Publié le par Hélène

                                

 

Voici une petite sélection :

 

Pour les amateurs de western : Homesman Lonesome Dove ,  Contrée indienne

Pour ceux qui ne jurent que par les prix :   Au revoir là-haut 

Pour les mélomanes :  Les harmoniques

Pour chanter l'amitié : Le mambo des deux ours 

Pour les chômeurs : Le couperet

Pour les durs :  La descente de Pégase ; Ténèbres, prenez-moi par la main

Pour les pêcheurs :  Dérive sanglante 

Pour ceux qui veulent changer d'air :  Le dernier lapon  ; Dans les forêts de Sibérie 

Pour les fantasques : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire 

 

Et toujours : La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

Vous pouvez aussi puiser dans les Idées cadeaux et dans mes coups de coeur 

Partager cet article

Repost 0