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911 de Shannon BURKE

Publié le par Hélène

♥ ♥

«Je voulais représenter l’univers des ambulanciers: les maladies, les blessures et les morts inattendues. Et raconter ce métier dans lequel tu peux manger un sandwich, regarder quelqu’un qui s’est écrasé sur le bitume la minute suivante et reprendre ton sandwich l’instant d’après.»

Ollie Cross devient ambulancier à Harlem après avoir manqué son concours pour rentrer à l'école de médecine. Il prévoie de repasser le concours et en attendant, décide de se former "sur le terrain". Il fait équipe avec Rutkovsky et découvre son équipe haute en couleurs. Dans les premiers temps il se sent profondément vivant, au coeur de l'action, obligé de réagir vite, de prendre des décisions avec des conséquences décisives, bien loin des bancs plus sages de l'école de  médecine. Le métier d'ambulancier se situe pour lui au croisement entre celui de soldat et de secouriste.

Harlem au début des années 1990 est un quartier où cohabitent  "Crime, pauvreté, drogue, des gens désespérés, tâchant tant bien que mal de survivre". Les ambulanciers représentant l'Etat essuient des insultes permanentes, et peu à peu ils apprennent à se prémunir contre cette violence sous-jacente. Cette réalité tendue les transforme indéniablement, ils s'habituent aux blessures graves, aux morts subites, aux urgences médicales... Leur sensibilité s'émousse au contact quotidien de la violence, de la pauvreté, de la drogue et de la mort, dernier salut pour certains. Dans ces circonstances, les risques sont grands de partir à la dérive.

Shannon Burke a lui-même été ambulancier à Harlem pour le New York City Fire Department durant cinq ans et la réalité de son roman prend rapidement à la gorge le lecteur, non seulement par sa violence, mais surtout en raison des questions existentielles qui se posent rapidement au jeune Ollie. Comment rester humain dans cet univers délabré, et surtout qu'est-ce qu'être humain ? 

«Tout le monde finissait une fois ou l’autre par en avoir ras le bol. Tout le monde se disait que certains des patients que l’on secourait ne méritaient pas nos soins. Tout le monde se trouvait un moyen de survie. Pour moi, c’était l’écriture», explique Shannon Burke. 

Un roman coup de poing qui, au-delà du décor, vous plongera surtout dans les tréfonds de l'âme humaine !

 

Présentation de l'éditeur : Sonatine éditions  ; 10/18

D'autres avis  : Télérama ; Jean-marc

 

Sélectionné pour le Prix SNCF du POLAR (et pour le moment, il est mon préféré)

La bonne nouvelle est que ce mois-ci la SNCF vous propose de lire ce titre en édition numérique gratuitement, c'est ICI ! N'hésitez pas !

 

911, Shannon Burke, traduit par Diniz Galhos, 10/18, janvier 2016, 216 p.,  7.10 euros

 

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Un mois, un éditeur / L'arbre vengeur

Publié le par Hélène

L'arbre vengeur est à l'honneur ce mois ci pour Un mois Un éditeur :

http://www.arbre-vengeur.fr/

Babélio nous proposait en 2013 une interview passionnante pour découvrir cette petite maison d'édition. En 2014, le site "Un dernier livre avant la fin du monde" rencontre aussi David Vincent et Nicolas Etienne, les fondateurs de la maison.

De cette maison d'édition, j'ai juste lu jusqu'ici Mes amis de Emmanuel BOVE

J'ai donc prévu de me plonger dans le catalogue très attirant de cette maison d'édition et de vous parler notamment prochainement des autofictifs de Eric Chevillard.

 

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Albert sur la banquette arrière d'Homer HICKAM

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Peut-être que c'est ça, la vie. Toujours plus de mystères. On croit tout savoir mais on ne sait rien, ou pas vraiment."

Ce roman nous conte l'histoire plus ou moins vraie d'un mari, de sa femme et de l'alligator de sa femme. Homer est minier en Virginie et il est marié à Elsie, jeune femme aux rêves déçus qui est tournée vers son passé. Albert est leur alligator, offert comme cadeau de mariage par un ancien soupirant d'Elsie. Homer est lassé par ce mastodonte qui représente l'amour perdu d'Elsie et ne lui laisse comme alternative que celle du mari jaloux "c'est lui ou moi". Le couple décide donc de ramener Albert en Floride, accompagné dans leur farfelu voyage par un coq qui s'est invité à l'improviste.

S'ensuivent des aventures abracadabrantes : les charmants acolytes seront témoins dans une affaire de braquage, détenteurs d'informations sur une possible affaire de meurtres en série, complices de l'explosion d'une usine, suspectés de contrebande et de transport d'alcool perdu en mer... Homer devient joueur de base-ball professionnel, puis garde-côtes contre des trafiquants et voyous des mers, acteur, Elsie infirmière, pilote d'avion, tous deux essuient un ouragan en Floride et rencontrent en chemin Steinbeck ou encore Hemingway.

Mais derrière ces aventures hautes en couleurs, se cache l'essentiel :

"L'histoire de mes parents ramenant Albert chez lui racontait tout autre chose que leurs récits fantaisistes et leurs aventures de jeunesse. Il s'agissait d'un témoignage sur le plus beau des cadeaux de la Création, sur cette émotion étrange et merveilleuse que nous appelons, à défaut d'un meilleur mot, l'amour." 

Ce que j'ai moins aimé : un peu longuet d'une part, et d'autre part Elsie est détestable et on se demande durant toute la lecture pourquoi Homer ne la plante pas là avec ses rêves pitoyables ...

Bilan : un bon moment de divertissement.

 

Présentation de l'éditeur : Harper et Collins

D'autres avis : Babélio

 

Albert sur la banquette arrière, Homer Hickam, traduit de l'américain par Arnold Petit, Mosaïc, juin 2016, 448 p., 19.9 euros

 

Merci à l'éditeur

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Watertown de Jean-Claude GOTTING

Publié le par Hélène

♥ ♥

Le narrateur  Philip Writing est un être pétri d'habitude : tous les matins, il achète un muffin sur le chemin du bureau en s'arrêtant à la pâtisserie de Monsieur Clarke. Il est servi par la belle Maggie Laeger qui ce lundi-là prend congé de lui en lui disant « Non... Demain je ne serai plus là. ». Effectivement, le lendemain, non seulement la jeune femme a disparu, mais, de plus, Monsieur Clarke est mort, écrasé par une étagère. Philip est intrigué par cette mort soudaine concomitante à la disparition de la jeune femme.

Deux ans plus tard il croit apercevoir Maggie dans un magasin d'antiquités à Stocbridge, et découvre qu'elle a pris un nouveau nom. La jeune femme feint de ne pas le reconnaitre. Cet homme de bureau impassible trouve alors un sens à sa vie : il s'improvise détective et sa quête de la vérité devient rapidement obsessionnelle.

Les teintes en trichromie gris, blanc, noir et jaune sont en parfaite adéquation avec la vie grisâtre de Philip, qui voit soudain l'occasion de courir après quelque chose de ténu. Sa quête résonne davantage comme une lutte contre l'ennui que comme une lutte pour la vérité... Il s'embourbe dans son enquête, interrogeant des personnes qui ne comprennent pas son intérêt soudain pour de vieilles intrigues, il se brouille avec son frère et sa belle-soeur également et fait le vide autour de lui.

Ce que j'ai moins aimé : Le ton lancinant a fini par imbiber mon esprit de cette noirceur mélancolique. L'ennui a pointé son nez et la fin n'a en rien réveillé mon intérêt.

 

Présentation de l'éditeur : Casterman

D'autres avis : Babélio  ; France Inter  ; Violette ; Laure

 

BD sélectionnée pour Le prix SNCF du POLAR 2017

 

La BD de la semaine chez Moka cette semaine !

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Coups de coeur 2016

Publié le par Hélène

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Bonne année !!

Publié le par Hélène

 

Publié dans Divers

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Déceptions et abandons du mois de décembre

Publié le par Hélène

Les arpenteurs de Kim Zupan

Présentation de l'éditeur :

Nuit après nuit, dans une prison du Montana, le jeune Val Millimaki s’assied face aux barreaux qui le séparent de John Gload, 77 ans, en attente de son procès. Astreint aux pires heures de garde, l’adjoint du shérif se retrouve à écouter le criminel qui, d’instinct, est prêt à lui révéler en partie son passé. Petit à petit, Millimaki se surprend à parler, lui aussi, et à chercher conseil auprès de l’assassin. En dépit des codes du devoir et de la morale, une troublante amitié commence à se tisser entre les deux hommes. Dans un subtil jeu d’échos, entre non-dits, manipulations et sombres confessions, le jeune shérif cherche des réponses à ses propres tourments et, chaque matin, il tente vainement de reprendre pied dans la réalité. Mais sa vie, comme son mariage, lui échappe chaque jour un peu plus.

Premier roman hypnotique et crépusculaire, Les Arpenteurs met en scène deux personnages poursuivis par leur conscience et hantés par la mélancolie d’un paysage qui les a faits tous deux à son image.

Le livre est lauréat du Prix Lucioles 2015 et du Prix Chapitre Nature.  Le roman fait partie de la sélection du Prix Sncf du Polar 2017.

Mon avis :

Le roman entremêle différentes époques, il est long à démarrer, avec des personnages difficiles à cerner, de fait j'ai décroché. Les descriptions du Montana sont pourtant d'un lyrisme brûlant.

D'autres avis (positifs): Babélio ; Actu du Noir

Ce roman fait partie de la sélection pour le Prix SNCF du POLAR

Oranges amères de Liad Shoham

Présentation de l'éditeur : 10/18

Lorsqu’un journaliste d’investigation disparaît dans la petite bourgade tranquille de Petah Tikva, l’inspectrice Anat décide d’enquêter sur les méthodes du maire qui règne sans partage sur la ville depuis plus de vingt-cinq ans.

Petah Tikva, une petite ville israélienne tranquille, loin du bouillonnement de Tel-Aviv, son exubérante voisine. Tous les habitants se plaisent à le répéter, rien ne se passe jamais à Petah Tikva. Alors, quand un journaliste d’investigation disparaît, l’inspectrice Anat Nahmias est aussitôt sur le qui-vive. Qui aurait pu avoir intérêt à le faire taire ? Sur quoi enquêtait-il ?

Lorsqu’un jeune et beau publicitaire, spécialisé dans les campagnes électorales, commence à s’intéresser au cas du journaliste disparu, l’enquête d’Anat prend un tour nouveau. L’inspectrice et le communicant n’ont pas les mêmes objectifs mais comprennent rapidement que, pour élucider ce mystère, ils gagneront à coopérer.

« Sur fond de campagne électorale et de manipulation politique, le romancier israélien éclaire, dans ce polar haletant, un double rapport père-fils sous l’angle de la loyauté et de la déontologie. »Le Monde des livres

Mon avis :

L'intrigue est là aussi très longue à se mettre en place, emmagasinant des détails sur l'univers de la corruption, trop précis et assenés de façon péremptoire. Les personnages ne sont guère attachants, même le journaliste manque d'envergure. Je n'ai pas été convaincu

 

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Pause !!

Publié le par Hélène

Joyeuses fêtes à tous !

 

 

Publié dans Divers

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Au bonheur des îles de Bob SHACOCHIS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"On est comme des rochers au fond d'la mer. On peut pas bouger, on peut aller nulle part. T'entends, comme des rochers, qu'on est, et tout le reste file dans l'eau à côté de nous." "Redemption songs"

La vie sous les tropiques n'est pas si rose pour les protagonistes de ces nouvelles qui ont comme toile de fond les iles Caraïbes. Entre cet homme obligé de conserver sa mère décédée dans la chambre froide de son hôtel, ou celui qui est pourchassé par la  police, tous sont souvent tiraillés entre une envie irrépressible de de partir et le fait d'être rivés au sol, cloués dans leurs iles. S'ils sont conscients de l'écart entre le rêve américain tout proche et leur propre vie, ils savent aussi en gouter la saveur :

"Les hommes se dispersèrent pour jouer au pedro, pour nettoyer les marmites, pour écouter Gabriel raconter l'histoire d'un bateau de Providence qui avait disparu à Serrana avec son père à bord. Le vent tomba complètement. Un petit flocon de lune se leva et figea la mer. Au loin dans les ténèbres, les récifs de corail se radoucirent et laissèrent la marée leur passer par-dessus sans la briser. Les cartes crépitaient bruyamment dans la conservation à mi-voix des joueurs de pedro. Leurs mots se dispersaient aux quatre vents de la nuit et quelque part, au loin sur la mer d'encre, ils plongeaient et se perdaient sous l'eau, traversant, telles des âmes envolées, un silence délicieux." "La faim"

Certaines scènes transcendent leur réalité, comme cette nage avec les tortues, offrant comme un moment suspendu dans une vie tourmentée.

Lauréat du National Book Award, ce recueil de nouvelles est une réédition de Gallmeister, agrémentés de quatre nouvelles supplémentaires par rapport à sa première version publiée chez Gallimard. 

Ce que j'ai moins aimé : Un recueil qui ne m'a pas marqué.

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister 

D'autres avis : La cause littéraire

 

Au bonheur des îles, Bob Shacochis, traduit de l'américain par Sylvère Monod et François Happe, Gallmeister, janvier 2016, 336 p., 9.40 euros

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Les trois vies d'Antoine Anacharsis de Alex COUSSEAU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"La vie est un cheval, me dit-il. Un cheval furieux, un cheval espiègle, ou un cheval docile. A chacun d'en décider, mais pour avancer il faut l'enfourcher." p. 289

Au commencement, Antoine n'est pas né. Nous sommes en 1831 sur une île au large de Madagascar et il est encore lové dans une bulle, dans le ventre de sa mère qui lui apprend le monde en lui décrivant tout ce qu'elle voit. Elle lui raconte aussi son histoire, et remonte sur plusieurs générations pour que mots après mots son identité prenne forme. Mais peu à peu, des silences s'installent quand ses parents sont capturés par des anglais pour être vendus comme esclaves.  C'est alors que le petit Antoine vient au monde, avec comme seul héritage les histoires de sa mère et un médaillon sur lequel est inscrit un étrange cryptogramme devant mener au célèbre trésor d'Olivier Levasseur. D'aventures en aventures le garçon grandit et se lance sur les traces du trésor de ses ancêtres aidé dans sa quête par Blind qui l'a recueilli. Les deux hommes décident de faire appel à Edgar Allan Poe, l'auteur du célèbre Scarabée d'or, pour déchiffrer le cryptogramme et ils partent donc pour l'Amérique où les attendent encore moults aventures. Le jeune Antoine sera tour à tour esclave, deviendra un peu indien, et fort de toutes ces expériences, il s'acheminera vers sa troisième vie...

"Timochee dit que chaque histoire est un être vivant, et que nos rêves forment un peuple. Le jour où ce peuple aura disparu, l'univers sera déréglé. Les étoiles s'éteindront les unes après les autres, le soleil se consumera, et tous les bruits du monde se réuniront en un seul endroit. Ils seront tous là. Le bruit de la pluie qui flagelle les arbres, celui de la roche qui craquelle, du torrent qui gronde, celui de la renarde qui piaille après ses petits, du geai poursuivi par la peur, celui du vent faisant plier le lys des étangs, le premier et le dernier souffle des hommes... Au fond d'un unique creuset tous les bruits se réuniront pour ne plus en constituer qu'une seule.

Bang !

Le bruit que font les rêves quand ils meurent." p. 207

Entremêlant savamment personnages fictifs, voire fantastiques comme le kraken, et personnages réels tels que Edgar Allan Poe, les soeurs Fox, ou encore Olivier Levasseur, et porté par une langue poétique, Les trois vies d'Antoine Anacharsis nous emporte dans le XIXème siècle d'Afrique en Amérique pour mieux balayer les évènements marquants et insister sur l'essentiel : l'homme et ses capacités, l'homme, capable du meilleur comme du pire, l'homme, pour qui rêver est essentiel.

La mise en page elle-même recèle des trésors d'inventivité intercalant des cartes au début de chaque chapitre.

Finalement on aimerait que cette quête folle ne s'arrête jamais, emportée par la foi d'Antoine, parce que finalement "C'est le propre d'une légende de ne jamais se terminer (...)"

 

Présentation de l'éditeur : Le Rouergue 

D'autres avis :Télérama

 

Les trois vies d'Antoine Anacharsis, Alex Cousseau, Le Rouergue, septembre 2012, 288 p., 15.70

Dès 12 ans

Prix LIRE du roman jeunesse 2012

 

Pour la petite histoire j'étais censée lire ce mois-ci un roman des éditions Anacharsis pour Un mois un éditeur , et j'étais tellement fatiguée ce mois-ci que j'ai commandé celui-ci et ce n'est qu'à la moitié du livre que je me suis rendue compte de la confusion entre le titre et l'éditeur... De fait, je ne serai pas au rendez-vous de Sandrine, mais je me console en me disant que, au moins, j'aurai découvert un très bon roman d'aventures...

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