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Le bonheur est une fatalité de Claude MARION

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ 

Ce que j'ai aimé :

Sous forme de chapitres très courts, Claude Marion évoque la vie au quotidien d'un type un peu looser, un peu alcoolique, qui a décidé qu'il serait écrivain, maudit, sans doute, pauvre évidemment, mais libre. Il aimerait avoir le talent d'un Rimbaud ou d'un Verlaine puisque comme eux, il suit leur trajectoire déchue.

"Tout en compactant ainsi le papier, j’essayais de me remémorer les trucs honorables – honorables en tant que poète – que j’avais pu faire dans ma vie :
- Allumer une blonde à l’envers et fumer le filtre en entier sans m’en rendre compte.
- Manger une amanite tue-mouches et faire un jogging après.
- Faire l’amour à une jeune fille pendant son sommeil (sans la réveiller).
- Me trancher les veines involontairement avec une bouteille de Château Lamothe 2006.
Et voilà.
Verlaine, lui, avait mis le feu aux cheveux de sa femme, cohabité sur le tard avec deux prostituées et avait fini très honorablement ruiné…"

Ces courts "sketchs" présentent ainsi la trajectoire d'un artiste ordinaire, d'un type qui tente un stage à l’abbaye du Champs de l’Épine à cause du frère Luc rencontré dans un PMU, qui enchaîne les parties de pêche avec son copain Sive spécialiste du "fourrage de filles", qui parle sans complaisance de ses expériences avec des "prostiputes", qui se branle à ses heures perdues en pratiquant l'auto-apitoiement, et qui pratique avec brio l'art de la chute. Un type attachant, même s'il veut se donner des allures de salaud misanthrope égocentrique. Un type qu'on aura plaisir à retrouver. 

Ce que j'ai moins aimé :

- Il faudra que l'on m'explique ce titre...

- J'espère que ce n'est pas une pose et que Claude Marion a d'autres expériences à nous raconter et à inventer... Un roman doit sortir prochainement aux éditions Christophe Lucquin, j'ai hâte !

Premières phrases :

"Le banquier m’a visiblement pris au sérieux. J’ai bien fait d’orienter l’entretien sur ces questions de CDS qui polluent depuis peu le débat économique. Romuald Richard, qui ne devait pas s’imaginer que l’on puisse spéculer en pariant sur le défaut de paiement d’un pays, et donc de favoriser ce défaut de paiement en faisant galoper ainsi le taux d’intérêt (en achetant des CDS), ne put qu’être agréablement surpris par l’intérêt que manifestait un futur client pour l’économie de précision. Et cela dut bien le rassurer sur ma future solvabilité."

Présentation de l'éditeur :

Chez Storylab

 

Le bonheur est une fatalité, Claude Marion, Storylab, août 2014, 2.99 euros à télécharger

 

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Le ruban de Ito OGAWA

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Ruban est le nom d'une charmante perruche calopsitte jaune que Sumire et sa petite-fille Hibari ont soigneusement couvée après avoir trouvé son oeuf tombé du nid. Leur univers se concentre alors autour de l'oiseau, pour elles, l'oiseau devient "le ruban qui nous relie pour l'éternité." Puis, un beau jour, Ruban décide de voler de ses propres ailes, et il quitte les deux femmes.

                                                

www.acoeuretacris.centerblog.net

Pour les personnes qu'il va croiser sur son chemin, il devient un signe d'espoir, de bonheur, comme pour rappeler que la beauté, la magie sont de ce monde et peuvent les sauver.

Pour Tori le travesti, pour Mihoko l'illustratrice,  pour Fû sa fidèle amie, pour Miyuki qui vient de perdre sa maman, Ruban est comme un ange descendu du ciel pour redonner vie à ceux que la tristesse guettait. Il représente l'Espoir, la volonté et la puissance de continuer d'avancer, quelques soient les circonstances, parce qu'un fil nous maintient en avant, nous fait sourire et nous relie aux autres et au monde. Et peu importe si Ruban quitte un à un les personnes qu'il croise, parce que chacune d'elle devine ensuite que dans ce monde tourmenté, les miracles existent.

Ce que j'ai moins aimé :

Un roman au charme tout japonais qui ne me semble pas inoubliable mais est doté d'une originalité certaine...

Premières phrases :

"Sumire adore les oiseaux.

Pendant que je suis à l'école, elle monopolise le balcon à l'étage, celui où l'on étend le linge chez les Nakazaro, elle y passe toute la journée à observer les oiseaux. En se balançant tranquillement, bien installée dans son rocking-chair en rotin préféré. De temps à autre, elle sirote une petite gorgée du café sucré qu'elle garde dans une gourde."

Présentation de l'éditeur :

Picquier 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le restaurant de l'amour retrouvé

D'autres avis :

Page 

 

Le ruban, Ito Ogawa, traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, Picquier, septembre 2014, 286 p. 19.5 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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Le magasin général de Régis LOISEL et Jean-Louis TRIPP Tome 1 Marie

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Dans le petit village Notre-Dame des Lacs au Québec, dans les années 20, le Magasin Général est le point central pour ses habitants. Il est tenu par Félix Ducharme et sa femme, Marie. Mais quand son époux meurt, cette dernière hésite à continuer à tenir le magasin. Poussée par le village qui a besoin d'elle, elle décide de continuer, contre vents et marées. C'est son histoire, centrale comme son magasin, que nous suivrons au cours des 9 tomes que compte la série.

Mais c'est aussi l'histoire du quotidien d'un village québécois, entre le nouveau curé qui vient d'arriver, celui qui a décidé de construire un bateau, le jeune garçon qui se casse la jambe, les bagarres, les jalousies, les émotions, les liens, ténus, qui se tissent entre des êtres proches. 

Dans un patois québecois qui chante aux oreilles, les auteurs restituent à merveille ce qui fait le sel d'un village et d'une vie.

          

Ce que j'ai moins aimé :

Le dessin m'a moins plu.

Vous aimerez aussi :

Les autres tomes de la série

Présentation :

Chez Casterman

Le site de l'auteur 

D'autres avis :

Lecture commune organisée dans le cadre de Québec en septembre chez Karine:)

 

Pioché à la bibliothèque.

 

Le magasin général, tome 1, Marie Régis Loisel, Casterman, mars 2006, 15.50 euros

 

 

 

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Le détroit du loup d'Olivier TRUC

Publié le par Hélène

                            

♥ 

"Ne peut-on accepter un peu de sacré dans ce monde ?"

Ce que j'ai aimé :

Comme les gisements de pétrole affluent dans la petite ville de Hammerfest, petite ville de l'extrême nord de la Laponie, la ville doit s'étendre pour trouver de nouvelle surfaces pour les questions logistiques, comme par exemple pour construire un aéroport. Mais une route va être au carrefour des intérêts des pétroliers et des éleveurs : celle qui permet la transhumance des rennes. Le conflit entre les éleveurs et les industries pétrolières couve...

"La lutte n'est-elle pas inégale, que pouvez-vous avec vos règles face au vent qui attire le renne sur les rives de l'été ?"

Un tiers des ressources non prouvées en pétrole et en gaz de la planète se trouve dans la zone arctique, et face à de tels chiffres, les éleveurs ont bien peu de poids..

"Tu auras beau entendre tous les plus beaux discours sur le respect des peuples indigènes, sur la minorité sami et ses droits inaliénables, quand tout ça se heurte au développement des industries, on passe à la trappe."

Parallèlement, nous découvrons le monde de la plongée dans les années 70. Au service des industries pétrolières, les plongeurs risquent leur vie pour permettre aux puissants de gagner toujours plus d'argent et de temps.  Les passionnés restent impuissants face à eux.

Les enquêteurs sont les mêmes que dans Le dernier lapon, mais Nina prend davantage d'importance en partant à la recherche de son père qui, coïncidence fortuite - difficilement justifiée - appartient au monde de la plongée. 

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai eu globalement le sentiment d'une construction artificielle. Beaucoup de personnages apparaissent au fur et à mesure, ce qui crée un manque de pureté de l'intrigue. Peut-être aurait-il mieux valu n'en choisir que quelques uns comme la très belle Anneli ou Nils entre deux mondes, quelques méchants aussi, mais moins de russes, de plongeurs sortis d'on ne sait où, de nouveaux personnages au deux tiers du roman, comme le père de Nina... Un roman qui aurait pu être épuré pour gagner en intensité et en beauté.

Toutefois je précise que par la suite j'ai fait tourner mon exemplaire dans ma famille je n'ai eu que des avis positifs... A vous de vous faire votre idée !

Premières phrases :

"Depuis plus d'une heure, la plupart des hommes demeuraient invisibles.

Certains se cachaient depuis bien plus longtemps. Ils patientaient, placés stratégiquement sur les deux rives distantes de cinq cents mètres. Ceux en embuscade sur Kvaloya, l'île de la Baleine, occupaient leur poste depuis la veille au soir." 

Informations sur le livre :

Chez Métailié

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le dernier lapon

D'autres avis :

Sylire

 

Le détroit du loup, Olivier Truc, Métailié, septembre 2014, 416 p., 19 euros

 

Merci à l'éditeur

 

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Je n'ai pas fait mes devoirs parce que... de Davide CALI et Benjamin CHAUD

Publié le par Hélène

                      

♥ ♥ ♥  

Mon avis :

Quand la maîtresse lui demande pourquoi il n'a pas fait ses devoirs, le jeune narrateur invente alors des excuses toutes plus improbables les unes que les autres.

                      

                           

Tout cancre qui se respecte devra apprendre à manier avec brio et vraisemblance lesdites excuses pour passer au-delà de la punition de la maîtresse... 

Les dessins sont tout aussi savoureux que le texte inventif et drôle. Une belle réussite !

 

 

Je n'ai pas fait mes devoirs parce que... de Davide CALI et Benjamin CHAUD

Informations sur le livre :

Auteurs :

Davide Cali est auteur, illustrateur et bédéiste. Il a publié plus de quarante livres parmi lesquels J’aime t’embrasser (avec Serge Bloch, Sarbacane, 2008), Coccinelles cherchent maison (illustrations de Marc Boutavant, Sarbacane, 2011), 10 petits tanks s’en vont en guerre (Thierry Magnier, Tête de lard, 2012) et Un week-end de repos absolu (illustrations d’Alexandra Huard, Sarbacane, 2013). Il vit entre l’Italie et la France.
 
Benjamin Chaud aime les forêts de conifères des Hautes-Alpes, où il a passé son enfance. 
Après avoir perdu toutes chances de réussir un jour dans la compétition de ski, il a rejoint les Arts décoratifs de Strasbourg dont il est diplômé. Il a imaginé, aux côtés de Ramona Badescu, les Pomelo (Albin Michel jeunesse), L’ Amour ? et Monstres chéris (naïve) mais aussi illustré la série La fée coquillette (Didier Levy, Albin Michel Jeunesse).
Chez hélium, il est l’auteur illustrateur des albums Tralali, la musique des petits bruits (2009), Adieu Chaussette (2010), du très remarqué Une chanson d’ours et de son second volet Coquillage et Petit Ours (2012). Il vit à Die (26).

Présentation de l'éditeur :

Actes sud

D'autres avis :

Repéré chez Noukette 

 

Je n'ai pas fait mes devoirs parce que, Davide Cali, Benjamin Chaud, traduit de l'italien par Sophie Strady, Hélium, janvier 2014, 12.50 euros

 

Pioché à la bibliothèque

Publié dans Jeunesse Album

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Retour à Little Wing de Nickolas BUTLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

"Laisse la porte ouverte dans une grande ville et tu te réveilles à poil, sans un meuble. Laisse la porte ouverte ici et un coyote vient te demander l'aumône."

Ce que j'ai aimé :

Little Wing est une petite bourgade du Wisconsin, sertie de fermes et arpentées par les cerfs et les coyotes. Hank, Lee, Kip, Ronny et Beth sont nés là-bas et restent profondément attachés à leur terre. Mais tous ont fait des choix différents : Hank et Beth n'ont jamais quitté les terres familiales, Ronny ancien champion de rodéo a beaucoup voyagé, mais l'AVC qui l'a diminué l'a poussé à rester auprès des siens, tout comme Kip ancien trader à Chicago qui a choisi de revenir rénover la vieille fabrique de la petite bourgade. Lee quant à lui est devenu un musicien à la mode, le plus détaché de Little Wing mais il reste aussi irrémédiablement attiré par sa ville natale. 

"Quand je n'avais nulle part d'autre où aller, je revenais ici. (...) C'est ici que j'entends tout : le monde qui palpite différemment, le silence qui résonne comme un accord joué il y a une éternité, la musique dans les trembles, les sapins, les chênes et même les champs de maïs desséchés." (p. 77)

Le mariage de l'un d'eux leur permet de se retrouver. 

Un charme infini s'échappe de ces pages apaisées et lumineuses. 

"Ici, le temps s'écoule lentement, divisé en moments à savourer, comme de délicieuses parts de dessert : mariages, naissances, réussites aux examens, inaugurations, funérailles. Rien ne change beaucoup, en général. (...) Des grues blanches et des grues du Canada, grosses comme des bombardiers dans le ciel, des myriades d'autres oiseaux revenant au bercail comme par retour de courrier, faisant un boucan céleste aussi fort qu'une fête de bienvenue digne de ce nom. Puis vient l'été avec une telle profusion de verts qu'on pense que l'hiver n'a jamais existé et ne reviendra jamais." (p. 199)

L'un après l'autre, les personnages évoquent leur vie, leur attachement profond à Little Wing, leurs valeurs, la solidarité, la confiance, l'amour et l'amitié. Ils parlent  aussi de leurs doutes, des choix que la vie amène à faire, des amours qui passent, de la vie qui coule laissant irrémédiablement son empreinte. Ce quotidien calme est réglé par les saisons, par la vie dans les champs, par les mariages, divorces des uns et des autres. Ce sont des héros ordinaires qui rayonnent par leur simplicité et leur amour. Ils résonneront longtemps après la fin de la lecture, illuminant le lecteur d'une aura particulière.

Ce que j'ai moins aimé :

La chute de l'épisode lié aux oeufs au vinaigre m'a semblé un peu exagérée.

Premières phrases :

"Nous l'invitons à tous nos mariages ; Lee était célèbre. Nous adressions les faire-part à sa maison de disques, dans un gratte-ciel new-yorkais, pour qu'elle lui transmette les enveloppes tape-à-l'oeil en papier doré lorsqu'il était en tournée à Beyrouth, Helsinki ou Tokyo."

Informations sur le livre :

Autrement

D'autres avis :

Ys

 

Retour à Little Wing, Nickolas Butler, traduit de l'anglais (EU) par Mireille Vignol, Autrement, août 2014, 22 euros

 

Merci à l'éditeur pour cette magnifique découverte qui m'a fait battre le coeur !

 

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Come prima de ALFRED

Publié le par Hélène

                          

♥ ♥ ♥

Prix du meilleur album Angoulême 2014

 

Mon avis :

Début des années 60. Giovanni vient d'annoncer la mort de leur père à son frère Fabio qu'il n'a pas vu depuis 10 ans. Il lui demande de l'accompagner en Italie pour ramener les cendres de son père sur leur terre natale. Pressé par les circonstances, et malgré une aversion marquée pour ce passé qu'il a voulu nier, Fabio accepte et les deux frères prennent la route à bord d'une fiat 500. Le voyage se déroule entre non dits, coups de colère, tendresse sous-jacente. Les liens du passé ne peuvent pas s'effacer aussi facilement. Peu à peu kilomètre après kilomètre, les mystères se lèvent et permettent d'éclairer les comportements des deux frères.

                

Leurs personnalités se fissurent, Fabio le boxeur et Giovanni le doux petit frère vont s'avérer bien plus complexes que cela... 

Hommage au cinéma italien de l'après guerre, comédie sociale en forme de road-movie, Come prima est une BD émouvante dans le contexte de l'Italie de Mussolini.

"En Italie, aucune famille n'a échappé aux contradictions et tensions générées par cette période. Mon grand-oncle était une chemise noire, tandis que mon grand-père avait des affinités communistes. Leur histoire m'a inspiré, mais je n'avais pas envie de livrer leur biographie : je ne me sens aucune légitimité pour le faire, et il y a trop de choses de leurs rapports que j'ignore. J'ai aussi pioché dans la relation plutôt lourde que j'entretiens avec mes frères – il y eut même quelques années de silence avec l'un d'entre eux. » précise l'auteur

    

Présentation de l'éditeur :

Editions Delcourt 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Pourquoi j'ai tué Pierre 

D'autres avis :

Télérama

jérôme ; Mo ; Noukette Kathel Cristie Le petit carré jaune

 

Come prima, Alfred, collaboration aux couleurs de Maxime Derouen, octobre 2013, 224 p., 25.50 euros

 

Pioché à la bibliothèque

 

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Les filles de l'ouragan de Joyce MAYNARD

Publié le par Hélène

                        

Mon avis :

Deux enfants sont nées le même jour dans le même hôpital, à la même heure. Les deux familles ont gardé contact, même si tout tend à les séparer : Les Plank sont des fermiers et les Dickerson des artistes bohèmes. Et il se trouve par le plus grand des hasards que Ruth Plank est une artiste, douée pour le dessin, tandis que Dana Dickerson est proche de la terre. Mais quel peut bien être ce secret qui plane sur l'histoire des deux familles ? On se le demande cinq minutes et ensuite on est rapidement exaspéré par les indices gros comme des montagnes que nous donne l'auteur. Point de mystère par conséquent dans ce roman.

En suivant parallèlement les destins des deux jeunes filles, c'est toute leur vie qui défile :  leur enfance, les premiers émois de l'adolescence, la découverte du sexe, de la maternité, du couple, de la maladie (et des maladies, il y en aura !) Panorama de deux vies différentes, le roman plonge ses racines dans les années 50, la libération sexuelle, Woodstock, et c'est sans doute là qu'il est le plus intéressant. Evoquant le maladie et la mort avec beaucoup de tendresse et d'intelligence, l'auteure aurait pu se passer de ce secret de famille terriblement attendu pour s'intéresser simplement à la trajectoire des deux jeunes filles. Décrire des vies, tout simplement, sans alourdir...

Premières phrases :

"Cela commence par un vent humide, qui souffle du nord-est à travers les champs, un vent étrangement chaud pour cette période de l'année. Avant même qu'il atteigne la maison, Edwin Plank le voit venir, ondulant sur l'herbe sèche et les dernières rangées de maïs dans le champ en contrebas de la grande, là où le tracteur n'est pas encore passé."

Présentation de l'éditeur :

Philippe Rey 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'homme de la montagne

D'autres avis :

Lu dans le cadre du Blogoclub

Télérama  ; Le magazine littéraireLe figaro

SylireClara - Kathel - Théoma - Val 

 

Les filles de l'ouragan, Joyce Maynard, traduit de l'anglais (EU) par Simone Arous, Editions Philippe Rey, 2012, 20 euros

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Déception et abandon du mois d'août

Publié le par Hélène

                                  

A l'orée de la nuit de Charles FRAZIER

Présentation : Dans l’Amérique des Sixties, au fin fond des Appalaches où elle vit retranchée, loin des soubresauts du monde, Luce, jeune femme farouche et indépendante, se voit confier la charge des jumeaux de sa sœur défunte. Ayant vu leur père, Bud, une brute épaisse, assassiner leur mère, les orphelins traumatisés se sont réfugiés dans un mutisme inquiétant, où sourd une violence prête à exploser à tout moment. Patiemment, Luce va tenter de réapprendre la vie à ces deux écorchés vifs, et elle-même de reprendre goût à l’amour et à la compagnie des hommes. À celle, en particulier, de Stubblefield, nouveau propriétaire des terres où elle s’est établie. Mais leur idylle est menacée par le retour de Bud, blanchi du meurtre de sa femme et bien décidé à retrouver le magot que les deux enfants, croit-il, lui ont volé. C’est le début d’une longue « nuit du chasseur » : un western d’une beauté crue et crépusculaire, où Charles Frazier se révèle une fois de plus, après l’immense succès de Retour à Cold Mountain, comme l’un des grands romanciers des espaces américains. 

Mon avis : J'ai tenté deux fois cette lecture, sans parvenir pour autant à m'attacher aux personnages ou à l'intrigue. Luce et ses récriminations contre le monde "tout le monde te fait du mal.", les deux enfants taciturnes mais qui s'éveillent peu à peu sous l'oeil attendri de Luce, l'esquisse d'intrigue sentimentale entre Stubblefiels et Luce, le méchant Bud qui rôde, tout cela m'a semblé factive, forcé. Je n'ai pas trouvé de similitudes avec "La nuit du chasseur", j'ai abandonné !

D'autres avis : Page Le magazine littéraire Babélio 

 

Merci à l'éditeur.

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Tout ce que je sais de l'amour de Michela MARZANO

Publié le par Hélène

                     

"Même si je me suis rendue compte qu'à force de courir après l'absolu, c'est le quotidien qu s'échappe." p. 74

Mon avis :

Partant du principe qu'on ne peut pas parler d'amour sans parler de soi, Michela Marzano part de sa propre expérience pour tenter de cerner ce mystère absolu et ses corollaires : désir, passion, durée dans le temps...

Malheureusement son propos ne s'élève guère, les remarques qui naissent de son expérience sont certes pertinentes, mais nullement révolutionnaires. Elle tourne autour de l'idée selon laquelle ce qu'on a vécu détermine notre façon d'aimer et d'être aimé, et le propos tourne rapidement en rond autour du nombril de l'auteur mal comprise par son père et en mal d'enfant.

"Ce n'est jamais l'autre qui peut nous aider à "désenvoûter la maison hantée que nous sommes," comme l'écrit Anne Dufourmantelle. Cette maison "hantée par des plaintes dont on ne sait plus à qui elles apartiennent, mais qu'on a faites nôtres". Au contraire. Bien souvent c'est l'autre qui fait resurgir nos peurs. Toutes celles qui demeurent dans un coin de notre être.

La peur du jugement de notre père. La peur de l'abandon de notre mère. La peur de na pas être à la hauteur des attentes des autres. Ce sentiment d'inutilité. Cette envie de mieux faire mais cette impossiblité à y parvenir. Ce pardon qui n'arrive pas..." p. 59

Elle souligne également qu'il est impossible de tout avoir et si cela arrivait, nous n'aurions plus rien à désirer. Ainsi, si la personne qui aime a tendance à trop projeter dans l'autre, elle sera irrémadiablement déçue par le décalage entre l'image idéale de l'autre et sa réalité.

"Qui, dès lors, est le véritable responsable ?

Lui, qui est toujours égal, terriblement égal, identique à lui-même, ou nous, qui avons cru qu'il changerait pour devenir ceomme nous avons toujours rêvé qu'il soit, comme il aurait dû être ?" p. 87

Ses pistes de réflexion se révèlent ainsi relativement banales et évidentes, n'apportant pas de neuf au sujet...

Elle appuie aussi sa réflexion sur de brèves citations d'écrivains ou philosophes, décortiquant l'idée pour la démonter ou l'infirmer. En quelques pages, elle glose sur une idée qui en aurait mériter largement le double et réduit ainsi la pensée de l'auteur cité. 

Si quelquefois la phrase frappe par sa justesse et sa poésie au détour d'une page, l'auto-apitoiement psychanalytique et les phrases convenues refond rapidement surface, créant une déception chez le lecteur !

Premières phrases :

"Enfant, je rêvais de l'amour. Je passais des heures entières le nez plongé dans des livres débordants d'histoires parfaites. J'imaginais des journées sans failles. Je rêvais de réécrire l'histoire de mes parents. 

La vie ne povait être disputes et fractures. Elle devait miroiter. Pareille à la surface de la mer au printemps.

Comme si l'harmonie pouvait exister."

Présentation du livre :

Chez Stock 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Légère comme un papillon

Autre : Le goût de la vie commune

D'autres avis :

Le point  ; Leiloona

 

Tout ce que je sais de l'amour, Michela Marzano, Stock, août 2014, 216 p., 18.50 euros

 

 

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