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Ca nous apprendra à naître dans le nord de Amandine DHEE et Carole FIVES

Publié le par Hélène

"Quand t'es née dans le Nord, t'as forcément des ouvriers qui se raccrochent désespérément aux branches de ton arbre généalogique, un sandwich à l'omelette à la main."

Carole Fives et Amandine Dhée sont en résidence d'écriture "afin de créer du lien social et des espaces de dialogues en développant un travail de questionnement des mémoires et de l'histoire d'un territoire, et contribuer à sa transmission et à la valorisation d'un patrimoine..."  et dans ce cadre, elles enquêtent sur l'histoire ouvrière en berne du quartier de Fives, à Lille. Entre tribulations dans le quartier, interventions des habitants, les deux auteures se retrouvent souvent autour d'un café dans les bistrots du coin pour discuter de l'avancement de leur projet - ou de sa stagnation...

Au final, les deux femmes nous offrent un patchwork désopilant, original au ton humoristique, léger et grave à la fois.

Un supplément audio est disponible sur le site de l'éditeur : Louise Bronx mène l'enquête à sa façon et collecte des sons dans l'environnement sonore du quotidien et les harmonise ensuite en temps réel au contacte de Carole Fives et Amandine Dhée. Un complément très appréciable !

Une belle réussite !

 

Présentation de l'éditeur : La contre allée

D'autres avis : Cathulu ;  Babélio

Des mêmes auteurs : de Carole Fives : Une femme au téléphone ♥ ♥ ♥ ♥ ; Quand nous serons heureux ♥ ♥ ♥; C'est dimanche et je n'y suis pour rien ♥ ♥ ♥ ♥

 

Ma participation pour Un mois un éditeur consacré ce mois-ci aux éditions de la Contre Allée

 

http://yspaddaden.com/

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Parenthèse Patagonie de Aude PICAULT

Publié le par Hélène

La couverture attire tout de suite l'oeil, avec ce style épuré qui dit l'essentiel, la simplicité d'un paysage primitif. En novembre 2014, Aude Picault part pour la Patagonie sur un coup de tête et les paysages sans limites l'inspirent. Les aquarelles qu'elle ramène sont magnifiques mais malheureusement, le texte qui les accompagne est sans aucun intérêt.

Entre le style qui manque de poésie alors que le lieu aurait pu l'inspirer : "Ce paysage me désole et j'attrape un coup de soleil de la mort.", l'emploi systématique du "on", "On croise le phare des Eclaireurs" , les textes se contentent de décrire ce qui arrive sans poésie, même les rencontres ne sont pas mises en valeur.

Restent ces très belles aquarelles ...

Présentation de l'éditeur : Dargaud

La Bd de la semaine est chez Stephie

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Le coeur sauvage de Robin MACARTHUR

Publié le par Hélène

Dans ces courtes nouvelles, les personnages tapis au fin fond du Vermont semblent tous attendre quelque chose qui n'arrive pas.

"On attend l'orage, on le sent venir à travers les arbres. On attend Robbie, le petit copain de ma mère aux dents toutes cariées. On attend l'aube, ou bien demain, ou bien l'année prochaine, c'est selon. Les feuilles bruissent. Des flots de nuages laiteux passent dans le ciel. La rivière appelle à elle l'eau des nuages. Maman dit que ça lui rappelle l'odeur du désir et renverse la tête en arrière, humant l'air."

Etres indécis, ils oscillent sans cesse, à la fois prisonniers de leur enfance et de leur lieu de naissance, rêvant de liberté et de grands espaces, loin de la fibre primitive, et pourtant, quand ils partent, ils reviennent et retrouvent là un petit quelque chose d'eux-mêmes, de profondément humain et émouvant.

"Il y a deux mondes auxquels je n'appartiendrai jamais, ai-je répliqué. Chez moi et ailleurs." Les femmes de chez moi

"Non, je ne déteste pas cet endroit ; je déteste ce qui m'arrive quand je m'y trouve. Je déteste l'attirance qu'il exerce sur moi. Le fait qu'il ne conduise nulle part ailleurs qu'à lui-même. Le fait que tout le monde dépende de tout le monde et qu'un individu ne puisse pas être libre. Cet endroit est trop beau pour qu'on le déteste", dis-je" p. 195 Les femmes de chez moi

Ils sont conscients de ce qui sépare les êtres : la maladie, la guerre, le racisme. Mais, au-delà des drames, la lumière jaillit soudainement. Dans Là où les prés tentent d'exister un homme revient dans la maison de son enfance où un drame s'est produit vingt ans auparavant. Il ressent la lourdeur de l'atmosphère mais soudain un rayon de lumière surgit sous les traits d'une jeune fille qui invite le narrateur à venir voir des petits veaux nouveaux nés.

"Je m'arrête un moment sur cette route, les bras ballants, et je ferme les yeux en me disant que la vie nous offre peut-être plus d'une chance de nous en sortir, ou différentes formes de chance, et je me remets à marcher vers l'endroit où je suis né (...)" p. 144

Dans Silver creek, une mère et sa fille partagent une baignade et dans Avoir des ailes, elles désherbent les petits pois, côte côte, complices pour un instant. Enfin, dans la dernière nouvelle, magnifique, Les femmes de chez moi, une fille revient vers sa mère atteinte du cancer, mais l'une et l'autre refusent de se résigner, et aux côtés de Kirsty la meilleure amie de la fille, elles dansent sous les étoiles, profondément vivantes.

De portraits en portraits, l'auteur a réussi à saisir l'âme du lieu et de ses habitants et si elle nous fait découvrir avec tendresse "les femmes de chez elle", elle nous parle surtout de la vie comme elle va, cahin-caha, mais qui vaut, malgré tout, toujours le risque encouru.

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

D'autres avis : Lecture commune avec Electra.

 

Le coeur sauvage, Robin Macarthur, traduit de l'américain par France Camus-Pichon, Albin Michel  terres d'Amérique, 2017, 213 p., 19 euros

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Tout ce qui est solide se dissout dans l'air de Darragh McKEON

Publié le par Hélène

Prix Lire-L'Express du Premier roman étranger 2015

Plusieurs destins se croisent à l'aube du 26 avril 1986 : Evgueni, un petit pianiste de neuf ans, Maria, sa tante qui travaille à la chaine sur des pièces de voiture, Grigori, un chirurgien dans l'hôpital voisin, et dans la campagne biélorusse, Artiom, un jeune garçon qui observe des phénomènes étranges dans la campagne de cette aube nouvelle. A côté, à Tchernobyl, le réacteur n°4 prend feu... Nul ne sait quelle est la procédure à suivre dans ce cas. Et l'onde de choc s'étend peu à peu...

Ce roman a le mérite de décrire dans les détails les coulisses de la catastrophe de Tchernobyl : les indécisions des uns et des autres, la population ignorante encore, les effets qui se font sentir petit à petit, les médecins démunis face à l'innommable...

Ce que j'ai moins aimé : les personnages ne réussissent pas à être attachants, la description est presque trop documentée, trop chirurgicale à mes yeux. Je n'ai guère été enthousiasmée...

 

Présentation de l'éditeur : 10-18 ;  Belfond

D'autres avis : Télérama

Sur le même thème : le magnifique roman d'Antoine Choplin, La nuit tombée, et la bande dessinée tout aussi belle de Emmanuel Lepage Un printemps à Tchernobyl

 

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, Darragh McKeon, traduit  de l'anglais (Irlande) par Carine Chichereau, 10-18, 456 p., mars 2017, 8.80 euros

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

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Après l'incendie de Robert GOOLRICK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"L'amour n'est pas une histoire de passion pour finir. C'est une question de bonté."

Les parents de Diana Cooke sont propriétaires d'une maison de Saratoga, une des plus belles maison du Sud mais ils sont poursuivis pour des dettes colossales qu'engloutisse cette maison dans la famille depuis des générations. Pour la sauver et sauver sa famille de la ruine la belle Diana Cooke accepte de se sacrifier en se mariant à un homme riche capable d'éponger les dettes et d'entretenir la maison. Elle rencontre alors le fascinant capitaine Copperton.

"Il y avait quelque chose de grisant à se précipiter ainsi vers la fatalité, les yeux grands ouverts, en ayant tout prévu d'avance. Ou presque." p. 204

Cette rencontre va inéluctablement changer le cours de sa vie. Passés les premiers émois sexuels, la belle Diana se trouve désespérément seule face à un être qu'elle ne reconnait plus et qui l'effraie. Son sacrifice prend alors tout son sens...

L'incendie du titre est celui qui ponctuera cette vie de sacrifice, ce poids à porter au-delà des générations, cet attachement aux racines, qui est aussi propre aux gens du Sud :

"Les gens du Sud naissent avec une propension à la nostalgie et une tentation de vivre dans le passé, de s'y réfugier comme on enfilerait un pull tricoté par un être cher, et d'y vivre toujours. Mais il y a aussi chez eux ce désir constant, éternel de le déchirer, de briser les fers de l'histoire pour aller librement, de décrocher les portraits de famille pour en découper les visages. Ils se voient comme des fantômes dans des maisons de poupée en verre, tirant derrière eux le poids de tous ceux qui les ont précédés, dans cette longue chaine qui remonte à l'origine du temps." p. 300

L'intensité des personnages écorchés par la vie donne tout son sens à ce beau roman dans lequel les thèmes chers à Robert Goolrick reviennent comme un leitmotiv.

Cette édition est agrémentée de la nouvelle Trois Lamentations : Dans cette nouvelle inédite le jeune Goolrick nous parle de son enfance à travers le portrait de trois camarades de classe rejetées par les autres : une prolétaire, une obèse et la première fille noire scolarisée parmi les Blancs. Au milieu du tumulte de sa jeunesse, l'auteur mentionne ces actes de générosité gratuits qui sauvent le monde et donnent une raison d'exister :

"On en peut toucher tous les coeurs. On ne peut pas toujours donner à l'autre une raison de tenir bon. Mais parfois, disons une fois dans sa vie, on reçoit une lettre avec une photo des Rocheuses par un matin brumeux, et on sait que l'on va survivre au moins un jour de plus. Et que, ce jour-là, on reprendra tout de zéro.

Parfois au milieu du flot des petites choses, il en arrive de grandes. "

Cette nouvelle rappelle combien les beaux personnages de Goolrick illuminent de leur bonté les affres terribles de la réalité.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Anne Carrière

Du même auteur : Féroces ♥ ♥ ♥ ; Arrive un vagabond ♥ ♥ ♥ ; Une femme simple et honnête ♥ ♥ ♥ 

 

Après l'incendie, suivi de la nouvelle Trois Lamentations, Robert Goolrick, roman traduit de l'anglais (USA) par Marie de Prémonville, Editions Anne Carrière, janvier 2017, 300 p. , 21.5 euros

 

Merci à l'éditeur.

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Piégés dans le Yellowstone de C. J. BOX

Publié le par Hélène

♥ ♥

Cody Hoyt doit lutter à chaque minute pour ne pas replonger dans les affres de l'alcool. Enquêteur criminel auprès des services du shérif, il est surveillé de près par ses supérieurs qui redoutent ses excès. Malheureusement, ses bonnes résolutions vont voler en éclat quand son parrain aux alcooliques anonymes trouve la mort dans un incendie. Si ses chefs préfèrent ne voir qu'un accident, Cody est persuadé que cet incendie n'est guère accidentel. Il se dresse alors contre sa hiérarchie. De fil en aiguille il découvre que le tueur participe à une randonnée dans le Yellowstone à laquelle est également inscrite son fils. Il n'hésite pas et fonce envers et contre tous pour sauver son fils...

Commence alors curieusement un deuxième roman, comme si deux romans se fondaient en un seul : la première partie assez classique au sein des services de police, et la deuxième au coeur du Yellowstone, aux côtés des différents participants de cette expédition à cheval.


Ce que j'ai moins aimé :

La structure et ces deux romans en un est assez surprenante, manquant de fluidité.

Des incohérences : le fils participe comme par hasard à la même expédition que le tueur.

Des caricatures dans la psychologie des personnages dont le cliché du flic alcoolo, les soeurs dont l'une est jolie et superficielle et l'autre intelligente mais plus commune, les copains new-yorkais en goguette...

Bilan : Un page turner efficace qui donne une autre vision plus sauvage du célèbre parc, bien loin des clichés pour les touristes.

 

Présentation de l'éditeur : Points ; Seuil

D'autres avis : Jean-Marc ; Oncle Paul

 

Piégés dans le Yellowstone, C. J. Box, traduit de l'anglais (EU) par Freddy Michalski, Points, 491 p., 8 euros

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Prix SNCF du polar 2017

Publié le par Hélène

Dernière ligne droite !

Vous avez jusqu'au 31 mai pour voter sur le site https://polar.sncf.com/

PRIX 100% PUBLIC

Vous avez toujours rêvé d’être jury d’un prix Littéraire ?

Alors le Prix SNCF du Polar est fait pour vous ! Prix 100% public, le sort des œuvres en compétition est placé entre les mains du plus intransigeant des jurys : VOUS !

Grâce à vos votes et à votre engagement, de nombreux noms du polar ont été révélés depuis 17 ans : Franck ThilliezMo HayderGilda PiersantiGilles Legardinier, Jérémie Guez, Ian Manook ou encore Emmanuel Grand !

Lors de l’édition précédente, 32 000 votes ont ainsi été recueillis.

Pour rappel voici les titres sélectionnés :

Catégorie Roman :

911 de Shannon BURKE : mon préféré vers lequel s'est porté mon choix !

Gravesend de William BOYLE

Grossir le ciel de Franck BOUYSSE 

Pur d'Antoine CHAINAS

Les arpenteurs de Kim ZUPAN

Catégorie BD :

L'été Diabolik de Thierry Smolderen et Alexandre Clerisse

Watertown de Jean-Claude GOTTING

Chaos debout à Kinshasa de Thierry Bellefroid et Barly BERUTI

Homicide Squarzoni

Apache de Alex Winter

Catégorie courts-métrage  :

Ils sont ici

 

A vous de jouer !

Publié dans Prix littéraires

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Sept voix sur le bonheur de Luc FERRY, Sylvain TESSON, Claudia SENIK, Boris CYRULNIK, Michela MARZANO, Leili ANVAR et Karol BEFFA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Qu'ils soient philosophe, neuropsychiatre, économiste, écrivain, musicien, tous les auteurs cités proposent des voies vers le bonheur, finalité ultime de la vie. Ils s'interrogent à l'aune du XXIème siècle sur cette course effrénée au bonheur qui balaie souvent des interrogations essentielles. Ce petit recueil rassemblent des conférences données dans le cadre des "Conférences Sara Yalda" au théâtre de l'Atelier à paris du 25 septembre au 11 décembre 2016. Elles sont reproduites telles qu'elles on été présentées.

Luc Ferry : La quête du bonheur : sagesse ou illusion ?

Cette conférence passionnante nous parle des philosophies du bonheur qui justement fleurissent aujourd'hui, des recettes "qui s'appuient sur les sagesses anciennes, sur le bouddhisme et le taoïsme, sur la psychologie dit "positive" et les théories du développement personnel pour vous proposer de parvenir au bonheur en "quinze leçons"" . Luc Ferry n'y croit pas et explique pourquoi. En effet il pose des questions centrales qui déconstruisent ces théories toutes faites : Le bonheur dépend-il seulement de nous ? Est-il possible d'être heureux partout ? Le bonheur est-il définissable ?

Selon lui, ces façons de faire transforment la recherche en tyrannie et l'être humain, qui ne pourra parvenir aux objectifs visés, culpabilisera et s'éloignera inéluctablement du bonheur.

Sylvain Tesson : La bénédiction de l'action

"Agir, c'est connaitre le repos" nous explique Sylvain Tesson en citant Pessoa.

"L'action naît d'une idée, vise un objectif, est animée par une volonté. L'accomplissement est solaire, lumineux, glorieux. Il faut lutter contre la semi-présence du brouhaha intérieur, la semi-présence de la révolution digitale, cette conversation permanente entretenue pour savoir si tel ou tel terme de l'action convient. Il faut choisir d'agir. Et franchir la ligne. Ni âne de Buridan ni hussard, telle est notre recherche. Telle est la difficulté."

Claudia Senik : La croissance suffit-elle à nous rendre heureux ?

Selon l'auteur, il existe bel et bien un lien entre les deux même si la croissance ne semble pas suffire à rendre les gens durablement heureux.

Boris Cyrulnik : Avons-nous besoin de héros pour être heureux ?

Michela Marzano : La perfection nous donne-t-elle accès au bonheur ?

" On peut commencer à être en paix avec soi-même à partir du moment où l'on sait que personne ne possède tout, que nous manquons tous de quelque chose et que fort probablement la chose qui nous manque le plus c'est la chose que nous voudrions. Là, démarre une existence à peu près équilibrée. Savoir que ce que nous aurions voulu c'est exactement ce que nous n'aurons jamais. "

 

Ce que j'ai moins aimé :

Les deux dernières parties, pour des raisons différentes :

Leili Anvar  posait une question qui est essentielle pour moi parce qu'elle recoupe ma propre conception du bonheur : " La poésie comme manière de vivre". J'attendais donc beaucoup de son intervention, mais malheureusement mes attentes ont été déçues.

"Je ne définis donc pas le bonheur comme le contraire du malheur mais comme une joie qui jaillit d'être en présence de quelque chose qui s'éclaire, d'une vérité qui se révèle, d'une beauté qui apparait, fût-ce dans le malheur."

Enfin, Karol Beffa s'intéressait à "Qu'est ce qui nous rend heureux dans la musique ?" et au risque d'en choquer certains, je préfère le silence à la musique, ou bien le chant du vent dans les arbres, je n'ai donc pas du tout été réceptive à cet aspect du bonheur.

Bilan :

Un petit livre dans lequel chacun pourra puiser des réponses à ses questions.

 

Présentation de l'éditeur : Editions des Equateurs

 

Sept voix sur le bonheur, de Luc FERRY, Sylvain TESSON, Claudia SENIK, Boris CYRULNIK, Michela MARZANO, Leili ANVAR et Karol BEFFA, Equateurs, 2017, 179 p., 15 euros

 

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Miniaturiste de Jessie BURTON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

A dix-huit ans, Nella Oortman quitte son petit village pour rejoindre Amsterdam où l'attend son mari, Johannes Brandt. De lui, elle sait peu de choses, ainsi, c'est avec anxiété qu'elle ouvre la porte de l'opulente maison qui va accueillir sa vie de femme. Son mari, riche marchand de la ville n'est pas présent à son arrivée, c'est donc Marin, sa soeur célibataire avec laquelle il vit, qui reçoit la jeune femme avec une certaine froideur. L'atmosphère semble glacée dans cette maison du bord du canal et la jeune Nella sent courir dans les murs des secrets chuchotés tandis que son mari garde ses distances. Néanmoins, il lui offre un cadeau de mariage : une maison de poupée identique à leur propre maison. Nella fait alors appel à un mystérieux miniaturiste de la ville pour décorer cette maison miniature. Mais les livraisons de l'artisan sont surprenantes, comme si il en savait plus qu'elle-même sur les habitants de la maison et leurs secrets...

 

Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum, à Amsterdam Rijkmuseum

Pour ce premier roman, Jessie Burton s'est inspirée d'une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, prétexte pour explorer l'âme humaine et ses tréfonds marécageux. En cette fin du XVIIème la religion et la morale régissent la société, enserrant chacun dans un carcan duquel la jeune Nella fera tout pour s'extraire, choisissant de forger son propre destin. La miniaturiste, aidant les femmes de la ville, "leur a donné la force de croire en elles-mêmes. Elles ont le pouvoir de déterminer leur existence et peuvent choisir de l'échanger, de le conserver ou d'y renoncer." Si notre héroïne arrive innocente et naïve dans la maison de son mari, avec une image très romancée du mariage et de la famille qu'elle est appelée à fonder, l'expérience densifie son point de vue et elle comprend que des forces plus sombres et plus fortes sous-tendent la vie en société. La maison est pour l'auteur le symbole d'un monde intérieur fait de secrets et de répression, monde qui évolue en parallèle du monde extérieur. "C'est une réflexion sur le contrôle, le pouvoir, l'imagination, la vie domestique, la liberté et ses limites, mais c'est également une réflexion sur l'importance de l'imagination et de la créativité."

Le roman est nourri par les recherches poussées de l'auteur sur la société de l'époque et ses pages réussissent à nous emporter dans les rues au bord du canal auprès de ces  êtres déchirés entre l'envie de vivre comme ils l'entendent et la peur calviniste de l'au-delà, contradictions qui les mènent  une certaine hypocrisie dans leur façon de vivre.

Ce premier roman a connu un immense succès, une série télévisée est même en préparation, succès grandement mérité tant Jessie Burton maîtrise parfaitement l'art de la narration !

A conseiller !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : Dominique ;

 

Miniaturiste, Jessie Burton, traduit de l'anglais par Dominique Letellier, Folio, mars 2017, 528 p., 8.20 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

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Déception et abandon du mois

Publié le par Hélène

Crépuscule du tourment de Léonora Miano

Présentation de l'éditeur :

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel. 

Grasset

Mon avis :

Au début j'ai été ferrée par le style. De même le thème de l'identité d'un peuple, du rapport de la femme par rapport à l'homme, de la nécessité de prendre soin de l'autre étaient des sujets passionnants.

Mais le monologue des quatre femmes qui s'adressent à un homme absent m'a perdue en cours de route, la forme déroutante lassant au fil des pages.

C'est un texte difficile malgré la beauté crépusculaire de son propos.

 

Les avis sur Babélio sont assez identiques

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