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Tape-cul de Joe LANSDALE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Comme un cyclone dévastateur a ravagé sa maison, Hap est contraint de squatter chez Leonard, qui commence à percevoir combien cette colocation est pesante. Quand Brett, la fiancée de Hap, leur demande de l'aide pour tirer sa fille des pattes de son maquereau, les deux acolytes n'hésitent pas un instant, prêts à reprendre du service. Ils se préparent pour un voyage au Mexique, dans l'antre des Bandidos Supremes, un gang de bikers à tendance nazie et à cette occasion leur chemin croise celui d'un nain roux, de son frère Herman, repenti, et de quelques autres acolytes hauts en couleur. Leur voyage ne s'annonce pas de tout repos, les échanges musclés se multiplient rapidement...

"Elle prétendait que, pour que les choses aillent bien, il suffisait de croire en l'amour - et aussitôt celui-ci imprégnait l'air.

La pollution imprègne l'air, chérie, que tu y croies ou non. L'amour exige davantage d'efforts. Et, contrairement à la pollution, il arrive que l'amour disparaisse."

Ce que j'ai moins aimé :

- Les dialogues sont de plus en plus ponctués de "bite" "merde" "chatte" "chié" "étron" et j'en passe. Pas une page sans rencontrer ce vocabulaire fleuri !

- L'intrigue reste minimale et de fait les altercations armées prennent une place prépondérante

- et puis cette fin qui cherche à friser la moralité "Oui, Hap nous avons tué, mais pardonnez nos péchés, ils étaient méchants ou perdus..."

Bilan : une déception pour cet opus appartenant à une série que j'apprécie beaucoup habituellement.

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

Du même auteur L'arbre à bouteilles ♥ ♥ ♥ ♥ (policier) Le mambo des deux ours ♥ ♥ ♥ ♥ (policier) ; Bad chili ♥ ♥ ♥ ♥ (policier) ; Les mécanos de Vénus  ♥ ♥ ♥ (policier) ; Les marécages ♥ ♥ ♥ (policier) 

D'autres avis : Encor du Noir

 

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Dernière saison dans les Rocheuses de Shannon BURKE

Publié le par Hélène

♥ ♥

En 1820 le commerce de fourrures est pour les trappeurs le moyen de faire fortune même si les risques sont conséquents. Malgré ces risques, et pour braver les commentaires désobligeants de son père, le jeune William Wyeth s'engage auprès d'une compagnie de trappeurs. Mais la mort le frôle, l'obligeant à rester en convalescence au fort, aux côtés de la belle Alene. Néanmoins, l'instinct le poussant vers l'aventure sera le plus fort, et il n'aura de cesse de vouloir repartir. Il trouve sur sa route le fascinant Layton, capable du pire comme du meilleur et c'est à ses côtés qu'il choisit de reprendre le chemin des montagnes pour ce qui sera, peut-être, sa dernière saison dans les Rocheuses...

L'aventure court dans le sang du jeune William, et ses attentes ne sont pas déçues : rencontre avec les tribus indiennes, tempête de neige, compagnons peu fiables prêts à tout pour faire fortune, chasse au bison, les épreuves s'enchainent. Heureusement, l'amitié et l'entraide permettent au jeune homme d'avancer, envers et contre tout...

Ce que j'ai moins aimé : Bizarrement, alors que tous les "ingrédients" du roman d'aventure sont là, j'ai trouvé l'ensemble artificiel, ne parvenant pas à m'emporter vers ces contrées.

Bilan : Un roman d'aventures bien mené.

 

Présentation de l'éditeur : 10-18

Du même auteur : l'inoubliable 911

 

Dernière saison dans les Rocheuses, Shannon Burke, traduit de l'anglais (EU) par Anne-Marie Carrière, 10-18, janvier 2018, 288 p., 17.50 euros

 

Merci à l'éditeur.

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La loterie de Miles HYMAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Dans un village de la Nouvelle-Angleterre, chaque année, a lieu la Loterie, un rituel immuable, au lot vague et imprécis... Et si il s'agissait d'un jeu où l'on a plus à perdre qu'à gagner ?

Cette Bd glaçante est l'adaptation d'une nouvelle écrite par la grand-mère de Miles Hyman, Shirley Jackson. En 1948 l'édition de cette nouvelle entraine un bouleversement énorme dans la vie de sa famille, notamment des courriers indignés de lecteurs qui pensaient que l'histoire était basée sur des faits réels. Cette vague de réactions montre que l'auteure a su toucher en eux quelque chose à la fois d'intime et de profondément effrayant.

La tension qui court et s'amplifie au cours de la lecture est parfaitement rendue par les dessins de Miles Hyman qui peint au plus près cette anodine cérémonie se transformant peu à peu.

Miles Hyman "Jackson pose sans détour cette question à laquelle nous préfèrerions ne jamais devoir répondre : nos enfants, notre époux, nos amis et voisins se retourneraient-ils contre nous si la société et ses coutumes l'exigeaient ?"

Ce que j'ai moins aimé : L'auteur a su mettre l'accent sur ce que la nouvelle avait de dérangeant, en l'amplifiant peu à peu, en creusant le vide entre les actes des protagonistes, et il a tant réussi, que ne reste que cette impression dérangeante, imprégnée dans le lecteur...

 

Présentation de l'éditeur : Casterman

 

Sélectionnée pour Le Prix SNCF du Polar

C'était ma Bd de la semaine accueillie par Moka aujourd'hui

 

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L'état de siège d'Albert CAMUS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"De plus loin que je me souvienne, il a toujours suffi qu'un homme surmonte sa peur et se révolte pour que leur machine commence à grincer. Je ne dis pas qu'elle s'arrête, il s'en faut. Mais enfin, elle grince, et, quelquefois, elle finit vraiment par se gripper."

De cette pièce, Camus dit qu'elle "est peut-être celui de ses écrits qui [lui] ressemble le plus."

Dans une petite ville paisible, peu à peu la peste se propage, incarnée par un homme, symbole d'un régime totalitaire. Cette peste instaure alors l'état de siège qui apporte ordre, contrôle et surveillance. Tous semblent se plier à la terreur engendrée par cet état, tous, sauf Diego, qui décide de ne plus avoir peur et de se révolter.

"Qu'ai-je donc à vaincre en ce monde, sinon l'injustice qui nous est faite."

Chez Camus, cette révolte est une activité intellectuelle, nécessitant un courage permanent, elle est un engagement nécessaire. Il visait aussi bien l'Occupation et l'extermination des juifs en Europe que toutes les terreurs de l'état totalitaire vise l'Etat policier ou bureaucratique.

"Vous avez cru que tout pouvait se mettre en chiffres et en formules ! Mais dans votre belle nomenclature, vous avez oublié la rose sauvage, les signes du ciel, les visages d'été, la grande voix de la mer, les instants du déchirement et la colère des hommes ! (Elle rit.) Ne riez pas. Ne riez pas, imbécile. Vous êtes perdus, je vous le dis. Au sein de vos plus apparentes victoires, vous voilà déjà vaincus, parce qu'il y a dans l'homme -regardez-moi- une force que vous ne réduirez pas, ignorante et victorieuse à tout jamais. C'est cette force qui va se lever et vous saurez alors que votre gloire était fumée."

Seul un mouvement collectif de révolte peut conduire à un changement :

"De plus loin que je me souvienne, il a toujours suffi qu'un homme surmonte sa peur et se révolte pour que leur machine commence à grincer. Je ne dis pas qu'elle s'arrête, il s'en faut. Mais enfin, elle grince, et, quelquefois, elle finit vraiment par se gripper."

"Le désespoir est un bâillon. et c'est le tonnerre de l'espoir, la fulguration du bonheur qui déchirent le silence de cette ville assiégée. debout vous dis-je ! Si vous voulez garder le pain et l'espoir, détruisez vos certificats, crevez les vites des bureaux, quittez les files de la peur, criez la liberté aux quatre coins du ciel ! Nous sommes les plus misérables ! L'espoir est notre seule richesse, comment nous en priverions-nous ? Frère, nous jetons tous ces bâillons ! (Grand cri de délivrance) Ah ! sur la terre sèche, dans les crevasses de la chaleur, voici la première pluie ! Voici l'automne où tout reverdit, le vent frais de la mer. L'espoir nous soulève comme une vague."

Une oeuvre toujours actuelle !

 

Présentation de l'éditeur : Folio théâtre

Du même auteur : La peste ♥ ♥ ♥

 

L'état de siège, Albert Camus, Première parution en 1949, Édition de Pierre-Louis Rey,Collection Folio théâtre (n° 52), Gallimard,Parution : 09-10-1998, 8.49 euros

 

Publié dans Théâtre

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Couleurs de l'incendie de Pierre LEMAITRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En février 1927 lors des obsèques de Marcel Péricourt, un nouveau drame va fondre sur la famille. Madeleine est appelée à reprendre la main sur la fortune de son père et sur ses affaires mais le geste tragique de son fils Paul change irrémédiablement sa destinée. Confrontée aux manigances politiques, aux trahisons des banquiers, aux abandons de ses proches, elle devra faire preuve de la même froideur et du même calcul qu'eux pour garder la tête hors de l'eau et préserver son fils Paul.

Cette grande fresque n'est pas sans rappeler le magnifique Comte de Monte Cristo avec cette même mécanique de la vengeance. Chaque personnage est bien dessiné et nous naviguons entre eux, emportés par un élan romanesque enchanteur ! Que ce soit Charles, député qui essaie de marier ses filles laides, Léonce la traitresse arriviste, Vladi la nurse polonaise tellement efficace, Joubert le banquier vénal, Dupré au service de la lutte des classes, Paul et sa passion pour l'opéra, André, le précepteur trouble, tous sont pris aux rets d'une époque bancale, entre manoeuvres politiques, désir d'évasion fiscale, ambitions démesurées des uns et des autres, et surtout peu à peu, montée du nazisme. L'intime rejoint la grande Histoire, les deux s'entremêlant savamment. 

A noter que ce roman peut se lire indépendamment de Au revoir là-haut, nul besoin de se souvenir des personnages pour comprendre l'intrigue.

Vivement la suite !

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel

D'autres avis : Télérama ; France Inter ;

Eva ;

 

Du même auteur : Au revoir là-haut ♥ ♥ ♥ ; Trois jours et une vie ♥ ; Cadres noirs ♥ ♥ ♥ (policier)

 

Couleurs de l'incendie, Pierre Lemaitre, Albin Michel, janvier 2018, 540 p., 22.90 euros

 

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La saga de Grimr de Jérémie MOREAU

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Je n’ai pas de nom, pas de famille, pas de terres, pas de possessions. Pour eux, je ne suis personne. Mais je vais leur montrer qui je suis. Le temps d’une vie. Chacun de mes actes comme autant de pierres posées pour construire l’édifice final. Car ce qu’ils ne savent pas, c’est que j’ai un volcan dans l’âme."

1783, Islande. Grimr devient orphelin après l'éruption du volcan sur lequel dort ce pays âpre. Il doit se construire seul, mais sa force impressionnante ne passe pas inaperçue. Il rencontre Vigmar, un voleur de grand chemin qui le prend sous son aile et l'encourage à bâtir sa propre légende : "Tant qu'on n'est pas mort, il n'est jamais trop tard pour rattraper sa réputation." lui dit-il. Mais le destin s'acharnera sur cet être démuni en quête d'identité, incarné notamment par un émissaire de sa gracieuse Majesté du Danemark, pays dont l'Islande subit le joug arbitraire. Au-delà de ces dissensions, Grimr est doté d'une force herculéenne qui effraie et fascine à la fois. Est-il un troll ? L'incarnation du mal qui rôde ? Les grandes légendes se fabriquent aussi à partir des histoires qui courent... Grimr pourra-t-il être aussi remarquable qu'un héros de saga comme Erik Le Rouge ?

L'Islande gronde, se prépare la plus grosse éruption lavique de l'histoire de l'Islande, une éruption qui décimera un tiers de la population islandaise, il est temps que Grimr trouve sa place...

Un profond souffle épique parcourt les pages lumineuses de Jérémie Moreau. Le graphisme est magnifique, à l'image de cette île sauvage aux contrastes saisissants.

Un album coup de coeur qui vient de recevoir à juste titre le Fauve d'Or du meilleur album 2018 à Angoulême

 

Présentation de l'éditeur : Delcourt

D'autres avis : Découvert chez Noukette et Moka

Du même auteur : Le singe de Hartlepool

 

La saga de Grimr, Jérémie Moreau, Delcourt, septembre 2017, 25.50 euros

La Bd de la semaine est chez Moka

 

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Arrête avec tes mensonges de Philippe BESSON

Publié le par Hélène

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Barbezieux, 1984. Là où tout commence... Philippe Besson, a 17 ans, des résultats à la hauteur des attentes de son père, instituteur, des amis fidèles. Quelques rumeurs courent déjà sur son attirance pour les garçons et si Philippe ne les alimente pas, il ne les fuit pas non plus, secrètement ravi de se trouver différent des autres, s'éloignant ainsi du rôle d'un enfant modèle qu'on lui assigne... "Je n'aurai pas à suivre la meute. D'instinct, je déteste les meutes. Cela ne m'a pas quitté." Durant cette année de terminale, il tombe sous le charme de Thomas Andrieu, garçon sombre et ténébreux qui se rapproche de lui.  Thomas et Philippe s'organisent des rendez-vous discrets, vivant une parenthèse enchantée, en parallèle de leur vie connue. La fin de l'année de terminale et les routes divergentes risquent de briser cet élan si pur...

"J'écrirai souvent, des années après, sur l'impondérable, sur l'imprévisible qui détermine les évènements.

J'écrirai également sur les rencontres qui changent la donne, sur les conjonctions inattendues qui modifient le cours d'une existence, les croisements involontaires qui font dévier les trajectoires.

Ça commence là, dans l'hiver de mes dix-sept ans."

A l'orée entre autobiographie et fiction, Philippe Besson évoque ici son premier amour, Thomas à la source de des thèmes récurrents de son oeuvre, le manque, "la privation insupportable de l'autre", la tristesse, la folie qui menace, manque qui prend ces racines ici, dans cette première histoire d'amour. Il sèmera dans son oeuvre des allusions à ce Thomas adolescent. Avec délicatesse et subtilité, l'auteur se livre sur ses choix, sur son homosexualité "Mais jamais je ne dévierai. Jamais je ne penserai : c'est mal, ou : j'aurais mieux fait d'être comme tout le monde, ou : je vais leur mentir afin qu'ils m'acceptent. Jamais. Je m'en tiens à ce que je suis. Dans le silence certes. Mais un silence têtu. Fier."

Mais il parle aussi d'un époque, de destins divergents à l'âge où l'avenir se profile, de ceux qui partent et ceux qui restent, dans leur ville natale, du hasard qui crée des trajectoires. Il touche à l'humain quand il parle d'identité, quand il effleure ce qu'il y a en nous que nous ignorons mais que les autres peuvent voir, par une soudaine fulgurance de l'esprit :  Thomas aura cette phrase visionnaire marquante sur Philippe  "Parce que tu partiras et que nous resterons." Il nous parle enfin de mensonges et de vérités, du pouvoir de la fiction et de sa force, face à une vérité rivée douloureuse.

Ainsi, Philippe Besson nous parle de lumière avec une mélancolie infinie ...
 

Prix obtenus : Prix Maison de la Presse 2017 et le Prix Psychologie du roman inspirant 2017. Il sera le président du jury du Prix Psychologies du roman Inspirant 2018, et j'ai la chance de faire aussi partie du jury cette année.

 

Présentation de l'éditeur : Julliard, 10-18

Du même auteur : L'arrière-saison

D'autres avis : Télérama ; Alex ; Sylire ; Benoît  ; Caroline ;

 

Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson, 10-18, janvier 2018, 158 p., 6.90 euros

Le roman sera adapté au cinéma par Olivier Peyon.

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Sapho de Alphonse DAUDET

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Quel maléfice tenait donc, dans cette vie à deux ?"

Jean Gaussin tombe amoureux de Sapho dans les milieux interlopes du Paris bohème et s'attache à cette femme plus âgée que lui. Il découvre qu'elle est en fait une courtisane et comprend que cette femme issue d'un tout autre milieu que le sien fera son malheur, mais il se rassure en se disant qu'il la quittera, quand sa nomination à l'étranger arrivera. Mais les liens sont difficiles à couper quand l'amour s'invite...

Sapho, Moeurs parisiennes paraît pour la première fois sous forme de feuilleton dans l’Echo de Paris en 1884 puis chez G.Charpentier aussi en 1884. Ce roman permet de s'interroger sur les rouages du sentiment amoureux et du couple. Jean est un jeune amoureux impétueux, freiné souvent par Sapho, plus expérimentée. Il offre finalement une vision sans concession du couple avec notamment cette métaphore de la première montée des escaliers quand Jean choisit de porter sa femme jusqu'aux étages :

"Il monta le premier étage d'une haleine, heureux de ce poids que deux beaux bras, frais et nus, lui nouaient au cou.

Le second étage fut plus long, sans agrément. la femme s'abandonnait, se faisait plus lourde à mesure. Le fer de ses pendeloques, qui d'abord le caressait d'un chatouillement, entrait peu à peu et cruellement dans sa chair.

Au troisième, il râlait comme un déménageur de piano ; le souffle lui manquait, pendant qu'elle murmurait, ravie, la paupière allongée : "Oh ! m'ami, que c'est bon ... qu'on est bien..." Et les dernières marches, qu'il grimpait une à une, lui semblaient d'un escalier géant dont les murs, la rampe, les étroites fenêtres tournaient en une interminable spirale. ce n'était plus une femme qu'il portait, mais quelque chose de lourd, d'horrible, qui l'étouffait, et qu'à tout moment il était tenté de lâcher, de jeter avec colère, au risque d'un écrasement brutal."

Sapho est-elle une femme corruptrice ? La ville de Paris serait-elle corruptrice également, lieu de perdition, par rapport à la province, plus saine et  simple ? Pour écrire ce roman Alphonse Daudet se serait inspiré de son expérience tumultueuse qu’il vécut, étant jeune, avec Marie Rieu. Il hantait également les milieux bohèmes de l'époque et sa peinture de Paris rayonne de réalisme.

 

Présentation de l'éditeur : Flammarion

 

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Rencontre avec Olivier Bourdeaut

Publié le par Hélène

Lundi dernier nous avons pu rencontrer Olivier Bourdeaut, le talentueux auteur de En attendant Bojangles et de Pactum Salis dans les salons de Ladurée Royale à Madeleine. La rencontre était organisée par La Fnac qui avait également convié certains de ses adhérents, et elle était menée par Karine Papillaud. Ce fut l'occasion de revenir sur le parcours atypique de cet écrivain au charme indéniable.

"Un jour je ferai un coup d'éclat"

Mauvais élève, je rassurais mes parents en leur certifiant qu'un jour, je ferai un coup d'éclat donnant un sens à toutes les lacunes accumulées. J'ai écrit En Attendant Bojangles en deux mois en Espagne. S'il a tout d'abord été refusé par les éditeurs, il a fini par rencontrer un succès foudroyant.

Pactum salis

Pactum salis signifie que l'amitié est un pacte de sel, et ce titre n'est pas représentatif du roman puisque les amitiés du roman sont fortement contrariées. J'ai personnellement des relations apaisées avec mes amis, contrairement aux personnages du roman !

Dans Pactum Salis les deux personnages s'opposent. Ils ont deux métiers antagonistes : l'un est agent immobilier et court après l'argent, l'autre est paludier, en accord avec la nature. Chacun a fait ses choix, et tous deux sont heureux, satisfaits de leur vie. Humour, étincelle, rugosité, voilà ce que j'attendais de cette rencontre et puis leur rencontre m'a échappé. Michel est moins sympathique a priori mais finalement son ridicule le rend attachant.

Le personnage d'Henri

Lui aussi est un personnage qui s'est imposé comme un "Dédé", c'est à dire un débauché de droite. J'en avais assez de cette scission entre deux groupes, les bobos et les beaufs, j'ai donc inventé les "Dédés" pour montrer qu'il y a d'autres tribus.

Des projets dans d'autres domaines ?

Non, je ne souhaite pas faire autre chose qu'écrire mes romans ! En France sitôt que vous faites quelque chose de bien, on vous propose de faire autre chose, d'écrire des articles pour les journaux, des pièces de théâtre. J'ai trouvé en quoi je suis bon, pourquoi aller ailleurs, je préfère me concentrer sur quelque chose que j'arrive à faire pas trop mal. Et puis j'aime l'écriture aussi parce que c'est une activité solitaire qui me convient très bien.

L'amour de la langue

J'aime le vocabulaire suranné, je déteste les anglicismes. Je dis cela et pourtant mon prochain roman aura un titre anglais mais j'ai réussi à justifier ce titre par une pirouette pour avoir la conscience tranquille.  Je suis admiratif de la façon dont ma grand-mère s'exprimait, ce vocabulaire châtié, ces tournures de phrases syntaxiquement parfaites. Cela a disparu. La langue n'est plus le support de l'élégance, il doit y avoir à notre époque plus de fond que de forme.  Je suis déçu par cet effondrement de la langue et de l'esprit. Un premier ministre fait maintenant des tweets avec ces émoticônes et c'est une grande défaite si une simple boule jaune donne le fond de la pensée. C'est catastrophique !

Le travail des éditeurs

Sur Bojangles les éditeurs ont enlevé dix lignes pour Pactum salis j'ai eu plus de travail, un mois et demi environ. L'éditeur dirige le travail, il nous guide avec honnêteté, par exemple je  rajoutais des fioritures à la fin de chaque chapitre et mon éditeur m'a conseillé de les supprimer pour un effet plus efficace. Dans En attendant Bojangles le garçon disait toujours "Et tout et tout et tout" et je ne m'en rendais pas compte. Néanmoins pour Pactum Salis je regrette une scène qui a : c'était une scène désuète avec un curé, je la trouvais charmante.

Le prochain roman

Je l'ai en tête mais il n'est pas encore écrit. Il se passera aux Etats-Unis. Mais actuellement je suis dans une frénésie qui nuit à mon écriture. J'ai besoin de me retirer de cette vie trépidante et d'ingérer tout ce que j'ai vécu. Avant j'avais du temps mais pas d'argent maintenant c'est l'inverse. L'écriture vient aussi de l'ennui et de l'observation. De fait je pense que mon prochain roman ne sortira que dans trois ans.

Pour conclure

Je laisserai le dernier mot à la maman d'Olivier Bourdeaut qui était présente :

"Il ne faut jamais désespérer de ses enfants : Olivier était plutôt mauvais élève, puis il a éprouvé des difficultés à trouver sa voie, mais finalement, il n'a pas menti et il a fini par accomplir son coup d'éclat !"

 

A lire : En attendant Bojangles et Pactum Salis

 

A déguster : Le ISPAHAN de chez Ladurée

 

 

Merci à Julie et à la Fnac pour l'invitation et à Eva pour sa radieuse compagnie.

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Le loup en slip de LUPANO, ITOIZ, CAUUET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Où comment un slip peut changer une vie !

Le loup terrorise la forêt et ses habitants qui se sont organisés pour lutter contre ce fléau qui rode autour d'eux. Le loup peut survenir à tous moments, et chacun se prépare à cette éventualité, si bien qu'une véritable économie centrée sur la peur a vu le jour : brigades de surveillance, pièges anti-loups, clôtures sécurisées, mais aussi des conférences, des cours de self-défense, des gazettes qui se repaissent de la moindre pseudo-apparition, ou disparition mystérieuse, et puis l'écureuil qui propose de se réconforter en mangeant des noisettes ou des chips !  

Jusqu'au jour où le loup fait une descente ... affublé d'un charmant slip à rayures qui a tendance à plus le ridiculiser qu'à effrayer ses semblables. Et justement... si ce slip avait changé la mentalité du loup, qu'arriverait-il ?

Cet album hybride entre livre d'illustrations et bande dessinée parle aussi bien aux enfants pour relativiser leur peur du loup qu'aux adultes qui seront sensibles à ces problématiques sécuritaires si facilement ébranlables. Et si en plus ce sont les vieux fourneaux qui nous le présentent...

Une vraie réussite qui confirme le talent de ses auteurs !


Présentation de l'éditeur : Dargaud

D'autres avis : Découverte chez  Jérôme ; Ys ; Mo ; Leiloona ; Sabine

Du même auteur : Le singe de Hartlepool ; Un océan d'amour ; Les vieux fourneaux

A lire : Le deuxième tome : Le loup en slip se les gèle méchamment

 

BD de la semaine chez Mo

 

Publié dans Jeunesse BD

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