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Animaux solitaires de Bruce HOLBERT

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 BRUCE HOLBERT a grandi au pied des Okanogan Mountains, dans l’État de Washington. Son arrière-grand-père, éclaireur indien de l’armée des États-Unis, était un homme respecté jusqu’à ce qu’il assassine son gendre, le grand-père de Bruce Holbert, qui s’est inspiré de cette tragédie pour son premier roman, Animaux solitaires. Il est diplômé de l’Université de l’Iowa où il enseigne aujourd’hui. Plusieurs des ses nouvelles ont été publiées dans des revues littéraires. (Présentation de l’éditeur)

 L’histoire :

 Comté de l’Okanogan, État de Washington, 1932. Russel Strawl, ancien officier de police, reprend du service pour participer à la traque d’un tueur laissant dans son sillage des cadavres d’Indiens minutieusement mutilés. Ses recherches l’entraînent au cœur des plus sauvages vallées de l’Ouest, là où les hommes qui n’ont pas de sang sur les mains sont rares et où le progrès n’a pas encore eu raison de la barbarie. De vieilles connaissances croisent sa route, sinistres échos d’une vie qu’il avait laissée derrière lui, tandis que se révèlent petit à petit les noirs mystères qui entourent le passé du policier et de sa famille.À l’instar des romans de Charles Portis ou de Cormac McCarthy, Animaux solitaires mêle avec brio les codes du western et ceux des plus grands romans noirs. Un premier roman remarquable dont on ne pourra oublier le héros mélancolique qui rêve d’imposer la justice aux confins de la civilisation. Quel que soit le prix à payer. (Présentation de l’éditeur)

 Mon avis :

Je suis peu sensible généralement aux romans mettant en scène des anti-héros, qu’ils soient insensibles, larmoyants, violents. Et ici encore… Enfin Russel Strawl n’est pas à proprement parler un anti-héros, non, il a juste défoncé le crâne de sa jeune femme à coups de poêlon parce qu’elle mettait un peu trop de temps à lui passer le poivre… Bon. Il n'aime pas quand c'est fade Russell... Disons qu'il est un « poil » porté sur la violence et qu’il est sait désormais que cette violence peut exploser à n'importe quel moment, inopinément…

 « Même dans la plus vertueuse des existences était tapie l’anarchie, telle une cartouche en place dans la chambre d’un fusil armé, et à tout moment le percuteur pouvait frapper l’amorce et propulser dans n’importe quelle direction la balle de plomb tournant sur elle-même. » (p. 27)

 Je n'ai pas réussi à avoir pitié de ce cow-boy perdu dans son mythe du grand ouest. Mais me direz-vous, Strawl n’est pas le seul personnage de ce roman. C’est vrai. Il y a son fils, Elijah… Oui, sauf que… Non. Oubliez le fils !

 Bruce Holbert nous emmène sur les terres des westerns, nous enjoignant à une réflexion sur la justice et sur la destruction des mythes. Dans ce roman très noir, les réflexions philosophiques, morales ou religieuses fusent, tant que les dialogues semblent artificiels, atrophiés par un trop plein d’idées.

 Je n’ai pas réussi à pénétrer cet univers, même si les passages lyriques contrebalancent cette violence inhérente aux personnages :

 « Il sentait la terre bouger sous lui, inventait le temps qui passe et les souvenirs et les fables que Jacob méprisait tant. Les maisons et les granges à l’horizon, les champs assoiffés, tout cela était enveloppé d’une tranquillité qui régnait même sur le fleuve. » (p. 208)

 Premières phrases :

 « Même au temps de Russell Strawl, il y avait dans l’Ouest ce mythe de l’homme fort qui parle peu. L’inverse était plus proche de la réalité. La géographie et les distances font que les gens restent peu nombreux et vivent loin les uns des autres, même pendant les périodes où le calme règne. »

Vous aimerez aussi :

Roman policier américain

 D’autres avis :

  http://www.marcvillemain.com/archives/2013/09/06/27965849.html

 

Animaux solitaires, Bruce Holbert, traduit de l’américain par Jean-Paul Gratias, Gallmeister, noire, juin 2013, 324 p., 23.60 euros

 

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Allumer le chat de Barbara CONSTANTINE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un court roman très joyeux...

 

L’auteur :

 

Romancière, céramiste et scripte –elle a travaillé avec Cédric Klaplish – elle vit en région parisienne.

 

L’histoire :

 

 Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille ! (Présentation de l'éditeur)


Ce que j’ai aimé :

Une bonne humeur communicative s’échappe de ces pages, comme si rien ne pouvait affecter les personnages. La tristesse n’existe pas, ou si peu : Martial meurt ? Personne ne le regrette, ni sa femme, ni sa maitresse, qui vont d’ailleurs se rapprocher suite à sa mort. Même ses parents vont en profiter pour modifier leur maison. Les suicides sont traités avec légèreté , au détour d’une phrase.

Les sentiments opposés, joie et bonheur sont tout aussi laconiques, pas un mot de trop, on ne s’épanche pas chez Barbara Constantine…

Il en résulte une lecture tendre, agréable sans être inoubliable, emplie de bons sentiments. Seuls souffrent ceux qui le méritent, et les autres vivent heureux au joyeux pays de Peter Pan…

Les chapitres sont courts, vivants, très dialogués, la lecture est aisée, vivante !

 

Ce que j’ai moins aimé :

La simplicité frôle quelquefois le ridicule, voire la caricature. Les thèmes abordés sont nombreux : mort, abandon, parentialité alcoolisme, sexualité, homosexualité, vieillesse, mais tous sont seulement survolés.

Le parler des personnages est sans nuances, caricatural lui aussi.

Un roman facile, dans tous les sens du terme...

 

Premières phrases :

« Il se plante devant la porte ouverte, jambes écartées, poings sur les hanches. Il hume l’air. La nuit s‘annonce douce et tranquille. Mais d’un coup, ses sourcils se froncent, une ombre passe, et sans se retourner…

- Passe-moi le fusil, j’vais allumer le chat ! »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Et puis Paulette

 

D’autres avis :

Cathulu, Papillon, Violette Kathel ; Lounima

 

Allumer le chat, Barbara Constantine, Points, septembre 2013, 288 p., 7.20 euros

 

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Le goût sucré des pommes sauvages de Wallace STEGNER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

L’auteur :

 http://wallacestegner.org/bio.html

 

L’histoire :

 « Il engagea la décapotable sur le chemin, et Margaret se laissa aller contre son dossier pour regarder le ciel se déverser sur elle en une enveloppante cascade de bleu »: un couple, ébloui par la splendeur de l'automne, sillonne les routes du Vermont. A la faveur d'une halte aux abords d'un village isolé, Ross sort pinceaux et chevalet, Margaret ramasse quelques pommes sauvages et aperçoit la silhouette fragile d'une jeune femme venant à sa rencontre. Entre rêve et mélancolie, cinq nouvelles de Wallace Stegner au sommet de son art. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Ce petit recueil de nouvelles datant des années 50 contient de véritables pépites :

Le goût sucré des pommes sauvages : Un couple découvre une région du Vermont du bout du monde, des hameaux abandonnés avec quelques habitants dont une jeune fille dans un « chemin fantôme qui se termine en cul-de-sac au milieu de nulle part. » (p. 19)

Le couple erre parmi ces fermes abadonnées, le mari peint pendant que sa femme se promène, nous conviant à une ballade hors du temps qui emmène le lecteur dans ce no man’s land.  

Une nouvelle qui nous enjoint à savourer le présent et le goût sucré des pomme sauvages...

 Jeune fille en sa tour : 

Un homme retourne sur les lieux de son adolescence, dans une maison habitée jadis par l’élue de son cœur, et aujourd’hui attribuée à un funérarium.

Entre remords et regrets, le bilan d’un homme qui se fait prendre au piège du passé  : « cela le tenaillait comme une souffrance » p. 47

« Il ne trouvait pas de consolation à se dire que l’on ne pouvait prendre aucune direction sans tourner le dos à quelque chose. » (p. 47)

Guide pratique des oiseaux de l’ouest :

Un homme de 70 ans observe les oiseaux dans une maison isolée sur la proue d’une colline californienne, quand il est sommé d’assister à un dîner mondain organisé par des voisins, dîner durant lequel un jeune pianiste doit se produire.

Une nouvelle sur les relations humaines et leurs complexités, et sur ce monde artistique : l'impression pour ce jeune pianiste d’être incompris perdurera longtemps après cette soirée.

L'auteur nous offre de très belles pages sur l’observation de la nature :

« Le soleil, très bas, commence à filtrer sous le chêne et m’aveuglede reflets intenses Du pied de notre colline deux grands eucalyptus s’élèvent au-dessus des houx et des yeuses, et els feuilles ovales et flexibles de leur cime, pas très loin en contrebas, tournoient comme autant de poissons éblouissants en papier d’aluminium. Dans le sous-bois la caille se remet à caqueter. Une hirondelle passe au-dessus de la terrasse, décrit une embardée à la poursuite d’un insecte et s’en va. » (p. 58)

Fausse perles pêchées dans la fosse de Mindanao :

Un homme va découvrir des caractère forts, téméraires, des vies de passion plus que de raison.

Génèse :

Ma nouvelle préférée de ce recueil, la plus longue aussi .

Il s'agit d'un western : un jeune anglais Rusty accompagne dans la Saskatchewan une équipe de meneurs de bétail « chargé de rassembler et ramener aux stations de fourrage des veaux que l’on ne pouvait laisser hiverner dans la prairie."

Il va connaître alors l'aventure dans toute sa splendeur mais aussi dans toute sa dureté. Il sera difficile pour lui de s’intégrer dans cette équipe de cow-boys aguerris, mais le temps et les épreuves feront leur oeuvre. Rusty ressortira grandi de cette belle aventure dans le blizzard...

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Bilan :

Un recueil avec deux nouvelles qui prennent l’ascendant sur les autres la première et la dernière et qui revèlent le grand talent de cet auteur « doyen des écrivains de l’ouest », maître pour les romanciers de l’école du Montana. 

Une très belle découverte !

 Ce que j’ai moins aimé :

  Comme dans tout recueil de nouvelles, certaines plaisent plus que d'autres...

 Premières phrases :

 « Ils roulèrent sur une chaussée égale, dont les bas-côtés avaient été creusés par la lame d’une niveleuse. Puis la route obliqua sur la doroite, et un écriteau peint cloué  à un poteau leur annonça : « Harrow. » Harrow, ils en venaient. Droit devant, en revanche, un chemin peu passant filait entre deux hauts talus pareils à des haies vives. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La vie obstinée

D’autres avis :

 Lmda 

Babélio 

 

Le goût sucré des pommes sauvages, Wallace stegner, traduit de l’anglais (EU) par Eric Chédaille, Points, 302 p., 10 euros

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Une heure de jour en moins de Jim HARRISON

Publié le par Hélène

                                          

♥ ♥ ♥ 

« La journée était si suave et belle

Que je n’ai pensé à rien.

J’ai perdu la tête. »

 

L’auteur :

 http://jimharrison.free.fr/Biographie.htm

 

 Présentation :

 

 On ne présente plus Jim Harrison, écorché vif dans un corps de grizzly des montagnes, l'un des plus grands écrivains américains contemporains. On connaît moins le Jim Harrison poète. C'est chose faite grâce à ce recueil réunissant des poèmes inédits écrits entre 1965 et 2010, dans lequel Harrison, poète contemplatif à la fois mélancolique et brutal, se fait le chantre vagabond et universel de l'Amérique profonde et des vastes étendues sauvages. Dans Une heure de jour en moins, Jim Harrison, plus virtuose et truculent que jamais, joue avec les formes, les influences et les cultures, rendant au passage un vibrant hommage à ses maîtres, Antonio Machado, René Char et César Vallejo.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Jim Harrison poète n'est pas loin de Jim Harrison romancier. Ses grands thèmes traversent ses vers comme ils structurent sa vie.

La nature est au centre des poèmes, matrice et élément auquel l'homme torturé revient toujours pour se recentrer, retrouver ses valeurs et se reconnaître en tant qu'homme. Elle coule dans l'eau des rivières, elle chante et enchante à travers le chant des oiseaux, elle crie le mal-être et la violence avec les coyotes, elle nous rappelle à l'ordre et recentre l'homme au sein d'un univers plus large.

  « Issu de presque rien, de rien de

Tangible, nous retournons tels de vieux

Enfants au grand rien,

Le chant de l’homme et de l’eau allant à l’océan." (p. 191)

 

« J’espère définir ma vie, ce qu’il en reste,

Par des migrations, au sud et au nord avec les oiseaux

Loin de la fièvre métallique des horloges,

Le soi fixant l’horloge et disant « Je dois faire cela".

Je ne vois pas le temps sur la langue de la rivière

Dans l’air frais du matin, l’odeur fermentée

De la végétation, la poussière sur les parois du canyon,

Les hirondelles plongeant vers l’eau vive parfumée. » (p. 151)

       

« Dans la péninsule Nord du Michigan

Et les montagnes de la frontière mexicaine

J’ai suivi l’appel d’oiseaux

Inexistants dans des fourrés

Et des canyons. Je ne suis pas sûr

D’en être revenu indemne. » (p. 210)

 Les indiens que Jim Harrison admire tant l'ont compris bien avant lui, comme ce vieil homme indien ojibway qui lui donne des conseils :

 « Quand tu te balades dans l ‘arrière-pays, va où tu dois aller, et marche comme un héron ou une grue des sables. Il ne leur manque rien. (…) Pense à ton esprit comme à un lac. Renonce à la moitié de l’argent que tu gagnes si tu ne veux pas devenir une mauvaise personne. Les nuits de pleine lune, tâche de marcher aussi lentement qu’une moufette. » (p. 158)

Jim Harrison chante et enchante le monde grâce au pouvoir millénaire de la création. Il chante la vie qui court, il chante la joie de partager son coeur avec ses lecteurs, il chante comme un besoin inhérent à sa condition d'artiste...

      « Au réveil d’une sieste j’ai su en un instant

Que j’étais en vie. C’était stupéfiant,

Presque effrayant. Emotion et sensations

Me submergeaient. Cela ne m’était jamais arrivé.

Sur une chaise bleue dans un pré j’ai réappris

Le monde. » (p. 211)

  Ses poèmes sont un véritable sésame à son oeuvre et à l'homme, il s'y met à nu et nous livre le plus beau des chants d'amour et de vie...

« J’ai gâché trop de clairs de lune.

Cœur battant. Je n’en gâcherai plus,

La Lune harcelée de nuages file vers l’ouest

En son arc impondérable, piégée une demi-

Heure parmi les feuilles mouillées de la vasque

Aux oiseaux. » (p. 76)

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Le recueil rassemble des poèmes écrit de 1965 à 2010, et j'avoue avoir un faible pour les plus récents...

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Grand maître de Jim HARRISON

 Autre :  Poésie étrangère

 

Une heure de jour en moins, Jim Harrison, traduit de l’anglais (EU) par Brice Matthieussent, Flammarion, 2012, 221 p., 19 euros

 

 

Publié dans Poésie étrangère

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Poppy Wyatt est un sacré numéro de Sophie KINSELLA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

C'est girly, c'est frais, c'est drôle, c'est de la chick-lit  !

L’auteure :

 Sophie Kinsella est une femme de lettres anglaise.

Née Madeleine Townley, elle porte le nom de Madeleine Wickham depuis son mariage avec Henry Wickham, principal d'une école préparatoire pour garçons à Croydon, dans la banlieue sud de Londres. Sa sœur Gemma Townley est aussi une auteure.

Sophie Kinsella a étudié au New College et est devenue écrivain après avoir été journaliste financière.
Elle est aussi l’auteur de six romans signés sous le nom de Madeleine Wickham, dont Une maison de rêve (2007), La Madone des enterrements (2008) et Drôle de mariage (2008), tous publiés chez Belfond.

L’adaptation cinématographique des Confessions d'une accro du shopping est sortie le 20 mai 2009.

Elle vit actuellement dans le quartier de Wimbledon avec son mari et leurs cinq enfants.  (Source : Babélio)

 L’histoire :

 En Angleterre, de nos jours. Poppy Wyatt est au bord de la crise de nerfs : elle vient de perdre sa bague de fiançailles, celle qui est dans la famille de son fiancé Magnus depuis plusieurs générations. Et pour couronner le tout, on vient de lui dérober son portable. Juste au moment où elle envisage la fuite à l’étranger, elle découvre dans une poubelle un téléphone. Miracle ! Enfin pas si sûr… Car ce portable appartient à l’assistante d’un dénommé Sam qui n’a pas l’air de saisir l’urgence de la situation. A force de supplications, Poppy réussit à le persuader de lui laisser ledit téléphone. C’est juré, c’est l’affaire de quelques heures, et elle lui transmettra tous ses messages d’ici là. Sauf que bien entendu, toute cette affaire va rapidement tourner au vinaigre : impossible de retrouver cette foutue bague, la soirée avec les beaux-parents vire au désastre, Magnus n’est pas d’un très grand soutien et Lucinda, la très irritable wedding planner, est aux abonnés absents. Et puis, il y a ces messages étranges reçus sur le portable de Sam, qui laisseraient entendre qu’un complot se prépare contre lui dans sa propre entreprise. Poppy parviendra-t-elle à redresser la situation ? (Source : Babélio)

Ce que j’ai aimé :

 Poppy est une personne attachante, débordant de bonne humeur et de bonnes intentions, jeune fiancée fleur bleue, elle représente la jeune femme moderne dans toute sa légèreté. Elle court entre la préparation de son mariage, sa belle-famille, son fiancé,  et ses collègues amies.

Et se retrouve ici confrontée à un problème de taille : la perte de la bague de fiançailles dans la famille depuis des décennies… Elle est tellement débordée qu’elle n’hésite pas, après s’être fait voler son portable,  à s’approprier  celui d’une inconnue sur lequel elle est tombée par hasard. Elle va alors faire connaissance avec le boss de l’inconnu, par texto interposés…

Roman léger sans prétentions, Poppy Wyatt fait partie de ces comédies romantiques dont on connait déjà la fin, mais tellement bien calibrées et dynamiques que l’on se surprend à passer un bon moment entre gags attendus et situations inventives. C’est moderne, drôle, agréable à lire, et assure à ses lectrices un bon moment passé le sourire aux lèvres.

 Ce que j’ai moins aimé :

 - Entendons nous, j’ai mis 2 cœurs dans la catégorie chick lit, il est bien entendu que ce roman n’est pas Le roman du siècle ;)

 Premières phrases :

 « Du recul. Je dois prendre du recul. Ce n’est pas comme si c’était un tremblement de terre, ou un tireur fou ou même une catastrophe nucléaire, quand même  Sur l’échelle des désastres, ce n’est pas énorme. PAS énorme. Un jour, quand je me rappellerai ce moment, je rirai sûrement : « Ah ! ah ! Ce que j’étais bête de m’inquiéter… »

 Vous aimerez aussi :

 Chick-lit

 D’autres avis :

Babélio

 

Poppy Wyatt est un sacré numéro, Sophie Kinsella, traduit de l’anglais par Daphné Bernard, Belfond, mai 2013, 420 p., 19.50 euros

Publié dans Chick-lit

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Déception et abandon du mois de septembre

Publié le par Hélène

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Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme FERRARI


 

Le pitch :

 

      Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.

Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.


Mon avis :


Le destin de ce bar perdu en Corse commençait à m'intéresser, quand tout à coup, sans prévenir, l'histoire du grand-père surgit, beaucoup plus banale, puis celle d'Aurélie, et là, je l'avoue, je ne suis pas allée plus loin...

 

Pourquoi me direz-vous puisque ô grandeur de la culture il s'agit là du génialissime prix Goncourt de l'an dernier.

 

- Les personnages sont tout sauf attachants, détachés serait le mot plus adéquat...

- L'intrigue se perd entre ces différents destins tous glauques et voués, on le devine rapidement, à la tragédie

- Beacoup se sont extasiés sur le style de l'auteur, mais force est de constater que je suis passée à côté, je n'ai rien truvé de remarquable dans ces pages...

- Je n'ai pas compris le rapport avec le titre -oui je sais c'est un prétexte fallacieux, pas grave je dis ce que je veux...

- Je m'attendais à des chapitres érudits sur St Augustin qui m'auraient rappelé mes joyeuses études littéraires, eh bien non, St Augustin n'est que prétexte à flatter les érudits

- Bref je me suis ennuyée !

 

Sur Babélio des avis souvent très enthousiastes, mais aussi, des déçus, comme moi...

 

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Meurtre au sommet de José GIOVANNI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

  L’auteur :

  Pendant la Seconde Guerre mondiale, José Giovanni entre dans la Résistance Française. La Libération venue, il est accusé de racket. Emprisonné en 1945, il est condamné à mort. Son père, certain de son innocence, oeuvre corps et âme pour le réhabiliter. Après onze années de lutte, José Giovanni obtient la grâce présidentielle. A trente-trois ans, l'homme est enfin libre. Il prend la plume pour se soulager de cette mauvaise expérience, 'Le Trou' paraît en 1957. Deux années plus tard, Jacques Becker l'adapte au cinéma. Ecrivain, il devient aussi scénariste et dialoguiste pour différents grands noms du cinéma : Becker, Sautet… Dans les années soixante, Giovanni se place, à son tour, derrière la caméra : 'Le Rapace', 'Deux hommes dans la ville'... Il devient un fidèle du film noir, et tourne avec les meilleurs acteurs de l'époque : Belmondo, Delon, Gabin, Ventura… Réalisateur pour le cinéma, il l'est également pour la télévision à partir des années quatre-vingts. La décennie suivante, Giovanni délaisse la réalisation au profit de la plume. Auteur de nombreux ouvrages, il tire de son récit autobiographique, 'Il avait dans le coeur des jardins introuvables', le film 'Mon père', dirigé par Bertrand Tavernier. Il décède d'une hémorragie cérébrale, laissant derrière lui une oeuvre très riche. (Source : Evene)

 

L’histoire :

  En cet été 1962, le riche industriel Jean Réno [ça ne s’invente pas !], 45 ans, célibataire, beau gosse, est brutalement rattrapé par son passé trouble. Une raison suffisante pour aller se changer les idées en haute montagne. Au programme : la face nord des Drus, le bivouac au pied du grand névé conique, l'attaque du granit et de ses cheminées étroites et enfin l'ivresse du sommet atteint. La dernière ascension pour Jean Réno, dont le corps s'écrabouille dans une crevasse, huit cents mètres plus bas. Accident ou meurtre ? L'aiguille du Dru pourrait-elle être le terrain idéal du crime parfait ? Chargé de l'enquête par une compagnie d'assurances, Georges, jeune détective parisien, peine à démêler l'écheveau. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

  Jean Réno est un riche industriel au passé peu reluisant qui va subir le chantage d’un de ses anciens acolytes. Pour échapper à cette pression, il décide de s’aérer à Chamonix et de s’adonner à son activité favorite : l’alpinisme. Malheureusement, il chute en escaladant la face nord des Drus et se tue. Accident, suicide, meurtre ? La compagnie d’assurances décide d’enquêter. Georges, enquêteur de pacotilles est dépêché sur place, mais il pense davantage à courser les jolies filles qu’à découvrir la vérité…

 

 drus2.jpg

En plantant le décor de son roman à Chamonix, José Giovanni navigue en terrain connu puisqu’il est lui-même alpiniste passionné par la haute montagne. Il nous invite donc dans un univers connu, aux côtés de personnages emblématiques du lieu et de l’époque comme les alpinistes Louis Lachenal, Lionel Terray et Gaston Rébuffat, le grand reporter à Paris-Match Gérard Géry, ou encore Louis Janin le patron de l’hôtel de Paris.

L’auteur s’attache également aux valeurs véhiculées par la montagne :

 « La montagne ne lui avait encore jamais menti. Avec elle, il avait toujours su à quoi s’en tenir. Elle siplifiait tous les problèmes, les ramenait à l’essentiel : la vie ou la mort.

Si dans la société des Vallées il existait mille manières de vivre (à plat ventre, à genoux, à quatre pattes, mi-tortue mi-reptile), en haute montagne ceux qui vivaient vivaient debout. Même ceux que la foudre surprenait, on les retrouvait debout.

C’était ça la réponse de la montagne, cette réponse que Réno faisait sienne : vivre debout ou mourir. » (p. 56)

 Les dangers de la montagne et ses morts sont bien présents, mais l'aspect tragique de la destinée de certains est contrebalancé par le ton humoristique donné par le personnage de Georges, dragueur léger et sympathique.

La résolution de l’intrigue est machiavélique, surprenant le lecteur déjà conquis par cette atmosphère hautement fascinante.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Le mystère que le passé trouble de Jean Réno n’est pas levé, alors que ledit mystère est au cœur du chantage exercé sur l’industriel…


Premières phrases :

 « Jean Réno s’approcha d’une fenêtre de son bureau ? De là, il avait une vue d’ensemble sur les laboratoires de produits pharmaceutiques. Il voyait même les grandes lettres noires : LABORATOIRES J. RENO. »

 

Meurtre au sommet, José Giovanni, Hoëbeke, 1997, 213 p., 15 euros

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Concerto pour la main morte d’Olivier BLEYS

Publié le par Hélène

                                   Concerto-pour-la-main-morte 8065

♥ ♥

" Je jouerai pour les arbres debout, pour le fleuve aux longs méandres,

pour le premier brin d'herbe qui percera la neige au sortir de l'hiver. "

 

L’auteur :

http://monvolubilis.canalblog.com/

L’histoire :

À Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n’a qu’un rêve : prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais faute de pouvoir s’offrir un billet, c’est un étranger qu’il voit débarquer dans sa vie : Colin, un pianiste français raté dont la main droite refuse d’obéir dès qu’il se met à jouer le concerto n°2 de Rachmaninov. À la frontière du récit et de la fable, Olivier Bleys crée ici un univers poétique où le tragique côtoie l’absurde. Histoire de vodka et de mystère, de musique et d’amitié entre les hommes, ce livre nous invite à cultiver la joie.(Source : Editeur)

Ce que j’ai aimé :

Mourava est un petit village de Sibérie Centrale, aux habitants simples dont  la vie se déroulait « dans un décor de conte populaire, sombre et élégiaque » (p. 10) Vladimir Goloukine est l’un d’eux, éboueur de son état, rêvant de quitter  « ce village pourri et les crétins qui l’infestent ». Ce tableau planté en quelques pages plonge le lecteur au cœur d’un monde âpre et hostile, maisaux habitants décalés, drôles et réjouissants. Pétris de passion ou d’alcool, ils s’agitent dans cette destinée ennuyeuse pour s’arracher tant bien que mal à ce paysage frileux…

« Il n’y a que deux façons de passer le temps, ici, c’est l’alcool et les histoires. » (p.68)

Arrive alors un français, un pianiste un peu triste, qui justement va leur raconter une histoire étonnante. Ce pianiste perd en effet l’usage de sa main quand il essaie d’interpréter le concerto n°2 de Rachmaninov. Cet amoureux des notes souffre de ne pouvoir maîtriser son corps et de ne plus être en mesure de partager son art.

 « Mettre son piano dans un camion, partir sur les routes, offrir la musique aux gens qu’on rencontre, puis s’en aller  ailleurs. C’est ainsi qu’on doit vivre lorsqu’on est pianiste. «  (p. 232)

La quête du pianiste aidé par son acolyte atypique Vladimir s'avère épique, ils rencontreront des ours, des cousins alcooliques, et surtout un drôle de sorcier... Une galerie de personnages drôles et profondément humains, qui n'hésiteront pas à porter secours au malheureux pianiste, même si a priori tout les séparait.

« On ne pouvait tout prévoir ni tout réparer. La vie n’était qu’un tissu d’à peu près, de décisions hâtives sur lesquelles pourtant l’on bâtissait, comme on laisserait aux fondations d’un édifice des pierres qui tombent en poudre. «  (p. 234)

Olivier Bleys peint une Russie hantée par des êtres perdus, errant dans un univers pauvres, des hommes du bout du monde ancrés à la solitude. Mais leur capacité à rebondir, à aimer leur prochain, à croire au surnaturel et à apprécier les belles histoires les sauvent d'une destinée tragique en les rendant malgré eux heureux de vivre... En sortant du cadre bien établi d'une vie linéaire, ils accueillent en leur pensée la beauté du monde.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Le ton truculent des premières pages s’essouffle un peu au fil des pages, pour plus de gravité, mais Concerto pour la main morte n’en reste pas moins un roman agréable à lire et à découvrir.

 

Premières phrases :

"Le petit village se nommait Mourava, ce qui traduit de l'ancien russe donne à peu près "la jeune herbe". Encore ne l'appelait-on "village" que par commodité, ou pour le distinguer d'autres plus frustes encore, parfois de simples campements qui s'échelonnaient sur de grandes distances le long du fleuve Ienisseï, région de Touroukhansk, Sibérie centrale."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le fantôme de la Tour Eiffel

Autre : Amazone de Maxence FERMINE

 

D’autres avis :

http://www.babelio.com/livres/Bleys-Concerto-pour-la-main-morte/495381/critiques

 

Concerto pour la main morte, Olivier Bleys, Albin Michel, août 2013, 234 p., 18 euros

 

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Radeau d’Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Pour les amoureux d’art et des silences qui en disent long. »

 

L’auteur :

 Antoine Choplin est depuis 1996 l’organisateur du festival de l’Arpenteur, en Isère, événement consacré au spectacle vivant et à la littérature.

Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne. Il est également l’auteur de plusieurs livres parus aux éditions de La fosse aux ours, notamment Radeau (2003, Prix des librairies Initiales), Léger fracas du monde (2005) et L’Impasse (2006). Antoine Choplin reçoit le Prix France Télévisions 2012 pour "La nuit tombée". (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 

 1940 En pleine débâcle, Louis, au volant d'un camion, fuit devant l'arrivée prochaine des Allemands. Sa cargaison est précieuse. Il transporte des tableaux du Louvre qu'il faut mettre à l'abri. Sur la route, il dépasse une femme. Les consignes du plan "Hirondelle" sont strictes. Il ne doit pas s'arrêter. Et pourtant... (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

1940. Un camion au chargement précieux sur une route déserte. Sur cette même route, une femme marche. Ils vont se rencontrer. SI Louis le conducteur hésite tout d’abord à s’arrêter, à cause de sa mission, le plan « Hirondelle », il va finalement passer outre les consignes et inviter la jeune femme à ses côtés.

De non-dits en paroles sibyllines, ils se découvrent, s’apprivoisent, se lient…

En peu de mots, Antoine Choplin dit l’essentiel. Il fait entendre aussi bien les sentiments que les silences, il dessine des silhouettes qui peu à peu prennent vie sous nos yeux émerveillés.

 « Il n’y a qu’à vivre, passer par ces instants. Rencontrer une femme sur la route, lui donner un bout de pain, sentir sans savoir les méandres d’un destin, partager la suite avec elle. Une nuit de guerre. Une nuit comme ça, entre un homme et une femme dans un camion, sur la banquette d’un camion, avec juste  la promesse des heures sombres à traverser ensemble.

Il est exalté par cette chose simple, aussi humaine. » (p. 13)

 

 L’histoire de Louis et Sarah est effectivement simple et lumineuse, ensemble ils vont construire un cocon d’art et d’amour en marge de la guerre.

 

 « C’est une drôle de chose les musées. En fait, une sorte de trahison. Quand on pense à toutes ces œuvres façonnées dans la solitude, souvent créées dans le dénuement, sans souci les unes des autres, et qu’on retrouve là, les unes à côté des autres, accrochées dans ces salons d’apparat à haut plafond, au parquet bien lustré, les musées, ce devrait être les ateliers d’artistes, avec leur vraie lumière, avec les chiffons salis et les odeurs de vernis. Alors là. » (p. 53)

 « Un roman charnel et incandescent. » (Télérama)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

 

 Premières phrases :

 

 « Il franchirait la Loire à Saumur. Emprunterait le même pont chargé d’enfance. C’était cette route-là aussi, vers le Berry de ses grands-parents, des premières vacances, des cousins éloignés et des courses de brouette, des cerises trop mûres bouffées par les oiseaux.

Quand il y pense, Louis. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  La nuit tombée de Antoine CHOPLIN ; Le héron de Guernica de Antoine CHOPLIN 

 

Radeau, Antoine Choplin, Points, septembre 2013, 128 p., 5.50 euros

 

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Faillir être flingué de Céline MINARD

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Elle leur dit qu’un être n’appartenait pas à un autre être et que personne, personne, n’était chez soi. » (p. 237)

 

L’auteure :

 Céline Minard est l'auteur de plusieurs romans dont Le Dernier Monde (2007), Bastard Battle (2008), et So long, Luise (2011). Elle est considérée aujourd'hui comme l'une des voix les plus originales de la littérature contemporaine. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

 Un souffle parcourt les prairies du Far-West, aux abords d'une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C'est celui d'Eau-qui-court-sur-la-plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements. Elle rencontrera les frères McPherson, Jeff et Brad, traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot tiré par deux boeufs opiniâtres ; Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote ; Elie poursuivi par Bird Boisverd ; Arcadia Craig, la contrebassiste. Et tant d'autres dont les destins singuliers se dévident en une fresque sauvage où le mythe de l'Ouest américain, revisité avec audace et brio, s'offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances. Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d'abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l'imaginaire. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Céline Minard nous emporte dès les premières pages dans une équipée sauvage aux confins du Far West, aux côtés de cow-boys endiablés et d’indiens fascinants.

Eau-qui-court-sur-la-plaine est une jeune indienne qui se déplace comme le vent sur les prairies, prodiguant au passage ses talents de guérisseuse au gré de ses rencontres. Elle est comme le fil conducteur qui nous permet de rencontrer les nombreux personnages de cette épopée : les frères McPherson et leur mère mourante, Elie, Bird, Arcadia et sa contrebasse, Sally, la barmaid au grand cœur, Zébulon…

Les uns courent après les autres, volent des chevaux aux autres, les reperdent au jeu, les regagnent, dans une danse endiablée portée par un souffle lyrique étonnant :

« Elle empoigna sa contrebasse et joua pour lui seul le morceau de sauvagerie qu’il lui avait comme transmis. Il reconnut la pluie que le poitrail des bêtes, le balancement grinçant des grands pins, l’éclatement de l’eau et du bois, la longue phrases du trajet plein de détours, les boules de moucherons dans les coins d’ombre, la fuite des poissons dans l’eau plate, le départ de la balle, la fuite des chevaux, la fuite des jours dans le temps, la fuite en elle-même et à ce moment, il éclata en sanglots. » (p. 218)

 Ces êtres vont se côtoyer, s’effleurer, se détester, se battre pour finir par former une grande famille unie, salvatrice.

 Un grand western au souffle épique indéniable...

 

cow-boy.jpeg

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien

 

Premières phrases :

« Le chariot n’en finissait plus d’avancer. La grand-mère à l’arrière criait de toutes ses forces contre la terre et les cahots, contre l’air qui remplissait encore ses poumons.

Quand elle ne dormait pas profondément, insensible au monde, sourde, aveugle et enfin muette, elle criait furieusement dans le tunnel de toile qu’elle avait désigné comme so « premier cercueil » en s’y asseyant, au début du voyage. »

 

Vous aimerez aussi :

 Lonesome Dove de Larry McMURTRY

 

D’autres avis :

 Télérama ; Le Monde

Interview de l'auteure

 

  
 Faillir être flingué, Céline Minard, Rivages, août 2013, 36 p., 20 euros

 

rentrée littéraire2013 2

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