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Déception et abandon du mois de novembre

Publié le par Hélène

Le sommeil des poissons de Véronique OVALDE

 

Pitch :


Tout en haut du mont Tonnerre, dans un drôle de village peuplé de femmes, l'une d'entre elles, la mano triste, attend patiemment dans sa maison à courants d'air. Elle attend les hommes qui remontent du fleuve à chaque saison douce, et surtout Jo géant, avec son cœur tout miel… Ses élans passionnés vont faire peur à Jo, qui se retrouve enfermé chez elle. Un voyage aux airs de conte, doux et inquiétant. (Source : Babélio)

 

Mon avis :


J'ai tenté par deux fois de rentrer dans cet univers si particulier, me disant la première fois que je restais hermétique parce que je n'étais pas dans la bonne période, pas assez concentrée, mais il se trouve que la deuxième fois j'ai aussi décroché rapidement... 

Il s'agit là du premier roman de Véronique Ovaldé qui nous plonge dans une fable à la fantaisie exacerbée. Je suis souvent peu réceptive aux récits qui mêlent surnaturel et réalité, peut-être que là réside l'explication, mais il est certain que je n'ai pas du tout été réceptive à ce récit...

 

D'autres avis :

 

Babélio


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Exit wounds de de Rutu MODAN

 

Pitch : 

 

Drôle de rencontre entre Koby, le modeste chauffeur de taxi et, Numique tous à la caserne où elle fait son service militaire, surnomment la girafeet qui surgit dans la vie de Koby pour lui apprendre que son père (l’amant de Numi) a sans doute été la victime non identifiée d’un attentat kamikaze.
À travers la quête incertaine mais opiniâtre dans laquelle se lancent, chacun à sa façon, les deux jeunes gens, c'est toute la nouvelle société israélienne, iconoclaste, abandonnée désormais par ses pères fondateurs qui est passée en revue.
Une quête effrénée contre la disparition inadmissible, contre la fatalité. En creux, la double figure d'un père déchu. Ce récit de Rutu Modan, commele portrait intime et symbolique d’'un pays fragile, tiraillé entre deux réalitésqui s'affrontent, que tout oppose et qui pourtant, au-delà de ses clivages interne fait toujours le choix en dernier lieu de l'espoir. Où pour chacun, malgré tout, la vraie vie n'est que ce saut dans le vide ou dans les bras qu'on choisit pour amortir sa chute. (présentation de l'éditeur)

 

Mon avis : 

 

Je ne suis pas rentrée dans l'univers de Rutu Modan. J'ai trouvé l'histoire trop linéaire à mon goût. Si Rutu Modan réussit à rendre le malaise palpable qui sévit au quotidien en Israël en suivant la trajectoire de deux jeunes gens à la recherche du père de l'un d'eux, l'intérêt pour moi de ce roman graphique s'est arrêté là.

Je suis restée insensible aux dessins comme à l'histoire. 

 

D'autres avis : Babélio ; Télérama


 

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Les insurrections singulières de Jeanne BENAMEUR

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

On n’a pas l’éternité devant nous. Juste la vie”.

 

L’auteur :

 

Jeanne Benameur est née en Algérie en 1952. Elle vit à La Rochelle et consacre l'essentiel de son temps à l'écriture.


Elle est l'auteur de sept romans parmi lesquels : Les Demeurées (Denoël, 2001), Les Mains libres (Denoël, 2004), et Présent ? (Denoël, 2006), tous repris en poche en Folio. En 2008, elle rejoint Actes Sud avec Laver les ombres (Babel n° 1021).Elle a aussi publié pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Magnier. Chez Actes Sud : Les Insurrections singulières (2011) et Profanes (2013)

 

L’histoire :

 

Décalé à l’usine comme parmi les siens, Antoine flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d’une place dans le monde. Entre vertiges d’une rupture amoureuse et limites du militantisme syndical face à la mondialisation, il devra se risquer au plus profond de lui-même pour reprendre les commandes de sa vie.


Parcours de lutte et de rébellion, plongée au coeur de l’héritage familial, aventure politique intime et chronique d’une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières est un roman des corps en mouvement, un voyage initiatique qui nous entraîne jusqu’au Brésil.
Jeanne Benameur signe une ode à l’élan de vivre, une invitation à chercher sa liberté dans la communauté des hommes, à prendre son destin à bras-le-corps. Parce que les révolutions sont d’abord intérieures. Et parce que “on n’a pas l’éternité devant nous. Juste la vie”.

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Antoine est un être qui ne trouve pas sa place, un homme décalé, obligé de retourner vivre chez ses parents après une rupture amoureuse et des RTT forcés de son usine.

Ce retour aux sources lui permet de faire le point sur ses velléités de rébellion, sur son incapacité à trouver les mots justes dans sa vie personnelle.

Il rencontre une autre vie, Marcel, l’ami des vieux livres, Fatou, la mystérieuse cuisinière du marché et découvre tout un univers différent du sien.

Jeanne Benameur s’est inspirée de la vie des ouvriers d’Arcelor Mittal à Montataire et de ceux de Godin à Guise. Elle les a écoutés, les a aimés, et a  souhaité leur consacrer un écrit.

 

« A l’usine, l’idée de travailler moins, c’est le malheur, la peur de la misère. C’est ancré profond. Finir par tout accepter pour juste pouvoir travailler. C’est ça que je trouve fou. Travailler. Dans n’importe quelles conditions. Elle est là, la misère. Pas dans un portefeuille à plat à la moitié du mois seulement. » (p. 53)

 

« Ce n’est pas parce qu’on fait tous les jours des gestes simples, toujours les mêmes, que dans la tête, il ne se passe pas des choses complexes. Les rêves ; c’est complexe. Ça vous envoie là où vous ne devriez jamais mettre les pieds. Les ouvriers, on a tort de croire qu’ils ne rêvent que du dernier écran de télé ou du barbecue sur la terrasse du pavillon. J’ai côtoyé ici des gens qui avaient des rêves de fou, ils n’en parlaient pas, c’est tout. J’en suis sûr. » (p. 71)

 

La première partie de son roman est admirable de simplicité et de maîtrise, Jeanne Benameur nous embarquant avec ses mots dans l'univers bouillonnant d'Antoine, son mal-être nous prend aux tripes et nous revient comme un  boomerang en nous poussant à nous interroger sur nos vies bien rangées. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

La deuxième  partie est beaucoup plus faible, plus banale. Antoine part au Brésil, comme la réponse ultime aux questions qu’il se pose, et tout à coup tout semble résolu ; tout s’accorde, tout concorde dans une fraternité idéale, comme s’il fallait trouver une solution immédiate et rapide à ce mal être ouvrier. La rencontre avec une jeune femme couronnera cette nouvelle vie plongée tout à coup dans la banalité.

 

Antoine était un être atypique, émouvant au début du roman, il devient un être banal au fil des pages, entré dans le moule d’une vie bien réglée. Il lui manque de l’ampleur, comme s’il avait perdu son ardeur dans sa relation amoureuse.

De fait la mièvrerie frôle les pages, qui s’engluent peu à peu dans les lieux communs.

 

Un bilan en demi-teinte balançant entre l'emportement enthousiaste du début et la déception liée à la deuxième partie de l'histoire et à sa conclusion...

 

Premières phrases :

 

« Il y a longtemps, j’ai voulu partir.

Ce soir, je suis assis sur les marches du perron. Dans mon dos, la maison de mon enfance, un pavillon de banlieue surmonté d’une girouette en forme de voilier, a seule originalité de la rue.

Je regarde la nuit venir. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Profane

 

D'autres avis :

 

Babélio 

 

Les insurrections singulières, Jeanne Benameur, Actes Sud, 2011, 197 p., 18 euros

 

 

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Grands boulevards de Tonie BEHAR

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un roman léger et moderne

 

L'auteur :

Tonie Behar est née à Istanbul. Elle est mariée et a trois enfants.

Après diverses expériences professionnelles dans le monde du luxe, elle a travaillé au service de presse de la maison de couture Ungaro. Elle a également été journaliste-pigiste (Cosmopolitan, Biba, Le Parisien...) 

En 2002, elle crée Plume, agence de rédaction spécialisée dans le luxe et la beauté. Elle a collaboré à des magazines tels que Cosmopolitan, Biban, Citizen K...

Son premier roman, La Sieste (C'est ce qu'elle fait de mieux) a été publié en 2007 chez Atelier de press. Son second, Coups bas et talons hauts est paru aux éditions Jean_Claude Lattès en mai 2008 et au Livre de poche en 2010.

Son troisième roman En scène les audacieuses chez Micehl Lafon en juin 2011. Son dernier roman est Grands Boulevards il vient de paraître en juin 2013.

Son blog : http://www.comedieromantique.com/

 

L’histoire :

Suite à une rupture sentimentale, Doria, ravissante comédienne de 28 ans, toujours en attente d’un rôle mais sans cesse débordée, s’installe chez son père Max, amateur de poker et de femmes, irrésistible mais léger comme la fumée de ses cigares, locataire dans un immeuble des grands boulevards. 
C’est là, au 19 bis boulevard Montmartre, entre la Madeleine et la Bastille, près du Grand Rex, de l’Olympia, des théâtres et des bars, que tout se joue. La Banque Générale, propriétaire de l’immeuble, a décidé de le vendre à la découpe. Tous les locataires risquent l’expulsion. 

 De Karim, sympathique patron du Broadway Boulevards, à Manuela, qui vend des sex-toys dans sa boutique nichée au fond de la cour, en passant par Sacha Bellamy, le beau gosse du 5e, Mira, la gardienne mélomane, ou Léo Klein, le mystérieux designer… une poignée de locataires atypiques vont s’unir contre la puissante Banque Générale. 

 Avec sa cour carrée et ses appartements qui se font face, escalier A contre escalier B, l’immeuble se transforme en théâtre. On s’espionne d’une fenêtre à l’autre, on se fait la guerre et l’amour, on se cache dans les placards et on se met en scène sur la page Facebook de l’immeuble, dans l’espoir de faire plier la Banque…

  Ce que j’ai aimé :

  Flâner sur les Grands boulevards de Tonie Behar fut un plaisir tant le roman que nous offre Tonie Behar est vivant, dyamique, pas un seul temps mort ne venant plomber le rythme. Les pages défilent dans une atmosphère plaisante, même si bien sûr, les ficelles du genre sont tout à fait visibles. Doria est une jeune célibataire plutôt attirée par les mauvais numéros en amour, mais le séjour chez son père va lui permettre de faire de nouvelles rencontres assez surprenantes ...

La modernité affleure sous les vieilles pierres de cet immeuble voué à la disparition : s'il est planté dans un quartier à l'histoire passionnante entre le Grand Rex, l'Olympia et lesdits grands boulevards, il abrite également une boutique érotique et pour sauver l'immeuble de son père, le jeune Doria va remuer ciel et terre et utiliser à bon escient les réseaux sociaux si populaires.

Les personnages sont intelligemment croqués, sans caricature extrême, excepté peut-être un ou deux personnages. Mais la belle Doria, au centre du récit est attachante, et son jeune neveu, dont nous suivons les premiers émois amoureux, est tout aussi touchant.

Ancré dans son époque, drôle et doté d'une vivacité tonitruante (excusez le jeu de mots...), ce Grands boulevards est une excellente surprise. J'attends la suite avec impatience...

Ce que j’ai moins aimé :

 Quelques personnages moins crédibles, comme par exemple la soeur de Doria qui change de personnalité en deux trois mouvements.

L’intrigue autour de l’enfance de Doria n’apporte à mes yeux rien au roman.

 Premières phrases :

 « Doria zigzaguait parmi la foule en descendant les grands boulevards. Ses boots claquaient sur le trottoir, son sac en bandoulière battait la mesure de sa démarche rapide. La nuit était noire, mais les réverbères, les phares et les décorations de Noël éclairaient comme en plein jour. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Coups bas et talons hauts

Autre :  Chick-lit

 D’autres avis :

 Daniel ; Séverine ; Sandrine ; Noukette  

 

Grands boulevards, Tonie Behar, JC Lattès, juin 2013, 404 p., 18 euros

Publié dans Chick-lit

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Les antipodes de Guillaume GUERAUD et Bertrand DUBOIS

Publié le par Hélène

 

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♥ ♥ ♥

 

Les auteurs :

Guillaume Guéraud est né à Bordeaux et a habité jusqu'à vingt-quatre ans à Floirac. Aujourd'hui il habite entre Nîmes et Montpellier. Il a d'abord suivi des études de journalisme et a travaillé dans divers quotidiens régionaux. (Source : Ricochet jeunes)

Berttrand DUBOIS : son site  

 

L'histoire :

Balthazar, Vladimochka, Ronald, Pearline, Najuat, Mitsuko et Ryad vivent dans les quatre coins du monde, «aux antipodes» les uns des autres. Ils ne se connaissent pas.

 

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Mon avis :

Aux quatre coins du monde des enfants ont peur : l'un des chauve souris, l'autre du noir, ou du froid... Ils ne se ressemblent pas, vivent aux antipodes les uns des autres, mais ils restent des enfants que leurs peurs d'enfants rassemblent. Pour qu'ils se rencontrent, il faudrait créer un monde fantasmagorique pour voyager à bord d'un télésiège et renouer les nations.

 

L'incroyable magie d'un livre permet de relier ce qui ne l'est pas, permet de découvrir un monde aux antipodes du nôtre, permet de s'ouvrir à d'autres horizons. Cet album est une ouverture sur le monde et une porte ouverte sur toutes les utopies.

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Un très bel album coloré, poétique à découvrir à partir de 3 ans.

 

Vous aimerez aussi :

Jeunesse Album

 

Les antipodes, Guillaume Guéraud, Bertrand Dubois, Editions Notari, 21 euros

tous les livres sur Babelio.com

Publié dans Jeunesse Album

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Trop près du bord de Pascal GARNIER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un roman noir parfaitement maîtrisé

 

L’auteur :

 

Figure marquante de la littérature française contemporaine, Pascal Garnier avait élu domicile dans un petit village en Ardèche pour se consacrer à l’écriture et à la peinture. Il nous a quittés en mars 2010. Peintre d’atmosphère alliant la poésie d’Hardellet à la technique de Simenon, styliste du détail juste, il excelle dans la mise en scène des vies simples, celles du voisinage, des souvenirs d’enfant, des je me souviens qui tissent nos mémoires. Mais chez Pascal Garnier, ce beau calme des banlieues de l’âme et de l’époque prépare toujours d’effroyables orages, avec froissement de tôles et morts en série… (Source : Zulma)

 

L’histoire :

 

Eliette est veuve et s'ennuie dans sa maison ardéchoise.
Ses enfants sont grands, et elle n'a pour amis que ses voisins, un couple de braves gens. Et puis surgit Etienne, comme au détour du chemin. Une voiture en panne, un ou deux mensonges improvisés, la fille d'Etienne entre en scène et plus rien ne tourne vraiment rond. Pascal Garnier est passé maître dans l'art de dépeindre ces vies qui dérapent, ces destins qui explosent, ces existences où sommeille la folie. (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Eliette mène une vie harmonieuse dans sa maison ardéchoise. Elle jouit de sa solitude, interrompue sporadiquement par les appels ou les venues de ses enfants ou les visites aux voisins. Elle cultive son jardin et sa tranquillité. Cette vie proprette va se trouver bouleversée par l’arrivée d’Etienne, rencontré au détour d’une route, après une mystérieuse panne de voiture. Etienne s’installe pour un temps chez Eliette, conquise par ce quadragénaire, et ils sont rapidement rejoints par Agnès, la fille d’Etienne. Plus rien ne sera quiet, amlgré les efforts incessants d’Eliette pour intégrer Etienne à son paysage harmonieux tout en chassant Agnès, tache sombre dans le tableau idyllique que veut créer la retraitée. Mais les tableaux idylliques ne durent qu’un temps…

 

 « C’est la vie, Eliette, rien que la vie.

On se croit en sécurité, comme sur une autoroute, un peu monotone, on se laisse aller et puis… un gravier, un insecte, et hop ! On perd le contrôle, tête-à-queue, on se retrouve à contresens. Mais bon, tant qu’on n’est pas mort, on arrivera bien quelque part ! » (p.79)

 

 Comme souvent chez Pascal Garnier, la banalité flirte rapidement avec une folie déchaînée, comme si les personnages borderline n’attendaient qu’une légère pulsion pour basculer du bon au mauvais côté de la pente savonneuse de la moralité.

 

 « Partout, dans ces buissons, dans l’herbe, proies, prédateurs se confondaient en une même danse macabre. On pouvait être l’un ou l‘autre, selon les circonstances, et toutes étaient atténuantes. On appelait ça la vie, la plus formidable des excuses. »

 

 Un conte cruel, noir porté par une écriture cinématographique efficace.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Beaucoup d’hémoglobines, pour ne pas dire plus.

- Le retournement soudain de personnalité des protagonistes basculant du côté obscur de la moralité est peu crédible…

 

Premières phrases :

 

  " En tombant dans la casserole pleine d'eau, la pomme de terre pelée émit un plouf sonore dont les ondes se repercutèrent comme une balle de tennis entre les quatre murs de la cuisine. L'épluche-légumes en suspens, Eliette s'immobilisa avec, au plus profond de son être l'intime conviction de vivre un instant de bonheur parfait." 

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Comment va la douleur ?

 

D’autres avis :

 

 Babélio

 

Trop près du bord, Pascal Garnier, Points, novembre 2013, 5.99 euros

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Un printemps à Tchernobyl de Emmanuel LEPAGE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

« Je croyais me frotter au danger de la mort... Et la vie s'impose à moi. »

 

L'auteur :

      Né en 1966 à Saint-Brieuc, Emmanuel Lepage va faire à l’âge de 13 ans une rencontre déterminante : celle du dessinateur Jean-Claude Fournier. Le dessinateur de Spirou va lui enseigner les rudiments du métier et lui donner des conseils.

En 1983, il réalise dans le quotidien Ouest France son premier dessin publié, puis avec l’aide des bibliothèques de Rennes il publie à compte d’auteur son premier album de bande dessinée La Fin du monde aura-t-elle lieu ? à partir de l’année suivante, il réalise de nombreuses illustrations pour des revues et des magazines en Bretagne.
En 1986, il commence sa première série : Les aventures de Kelvinn. Deux albums en couleur paraissent également aux éditions Ouest France. Il collabore aux journaux de bande dessinée Circus et Tintin Reporter.

En 1990 et 1991 il publie aux éditions Signe de piste deux ouvrages adaptés de l’œuvre d’Huguette Carrière. Cette série sera ensuite reprise aux éditions du Lombard.
En 1991 associé au talentueux scénariste Dieter, il commence la série Névé chez l’éditeur grenoblois Glénat. Ayant achevé les cinq albums de cette série qui fut très remarquée, il entame une nouvelle collaboration avec la romancière Anne Sibran. Tous deux réalisent dans la prestigieuse collection Aire Libre de Dupuis La Terre sans mal qui consacrera sa notoriété.
Un an plus tard il dessine Alex Clément est mort et après un tour du monde de deux ans, il publie aux éditions Casterman deux livres de carnets de voyage : Brésil et America avec des textes de l’écrivain Nicolas Michel.

En 2003, il entame ce qui sera considéré comme son chef d’œuvre, le diptyque Muchacho dans la collection Aire Libre. Il décrit le parcours d’un jeune séminariste au Nicaragua qui va se trouver confronté à des relations sociales très dures et à la découverte de sa propre sensualité. Lepage, auteur complet, signe là une œuvre éminemment sensible et engagée, elle sera reconnue par toute la presse unanime et sera couronnée par de nombreux prix. Le trait fin et puissant de Lepage, son dessin raffiné, son art consommé de l’aquarelle font de lui un des plus brillants créateurs de la nouvelle bande dessinée française ; ses ouvrages ont été traduits dans de nombreux pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis.
Actuellement, il réalise avec sa compagne l’écrivain Sophie Michel un diptyque Oh les filles ! qui est paru début 2008 aux éditions Futuropolis.

2011: Voyage aux îles de la Désolation, Futuropolis

2012: Un printemps à Tchernobyl (Source : Babélio)

 

L'histoire : 

26 avril 1986. À Tchernobyl, le cœur du réacteur de la centrale nucléaire commence à fondre. Un nuage chargé de radionucléides parcourt des milliers de kilomètres. Sans que personne ne le sache… et ne s’en protège. C’est la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle. Qui fera des dizaines de milliers de victimes. À cette époque, Emmanuel Lepage a 19 ans. Il regarde et écoute, incrédule, les informations à la télévision. 22 ans plus tard, en avril 2008, il se rend à Tchernobyl pour rendre compte, par le texte et le dessin, de la vie des survivants et de leurs enfants sur des terres hautement contaminées. Quand il décide de partir là-bas, à la demande de l’association les Dessin’acteurs, Emmanuel a le sentiment de défier la mort. Quand il se retrouve dans le train qui le mène en Ukraine, où est située l’ancienne centrale, une question taraude son esprit : que suis-je venir faire ici ? (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

« Selon l'OMS, cinq millions de personnes seraient aujourd'hui contaminées par les radionucléides, trois millions d'enfants devraient suivre des traitements médicaux durant toute leur vie, 270 000 personnes vivraient dans des zones « strictement contrôlées », et 4000 seraient décédées suite à la radioexposition. (…) Des organsisations non gouvernementales avancent plutôt le chiffre de 25000 à 100000 morts. Sans compter les cancers qui feraient au moins 500 000 victimes dans les années à venir. »

Tchernobyl, catastrophe aux conséquences inimaginables, qui laissent dans le désarroi des millions de personnes. Emmanuel Lepage a souhaité aller à leur rencontre, pour qu'ils ne tombent pas dans l'oubli, et pour qu'ils sachent qu'on se préoccupent de leur sort. Un voyage aux portes de l'horreur, de l'interdit, là où la mort nous frôle sous forme d'ondes invisibles et meurtrières.

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ET pourtant, Emmanuel Lepage va rencontrer la vie.

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« Lumineuses frondaisons qui vont des verts sombres aux jeunes feuilles, tendres pousses d'un beau jaune de cadmium, carmin des troncs de conifères, indigo de bouleaux, blanc des pétales sui volent.

Les couleurs étaient incandescentes.

Tout, autour de moi, respire le calme. Ces lieux invitent à la volupté.

Pourtant je suis à Tchernobyl. »

Emmanuel se demande alors comment retranscrire cette abérattion, lui qui avait choisi jusque là des tons sombres, noirs, ankylosés, voit la couleurs emplir ses dessins. Dérouté, il ne sait plus comment gérer le décalage entre ce qu'il voit, la beauté des lieux, la bonté des gens et leur joie de vivre, et entre ce qu'il sait, leur avenir sclérosé, les lieux contaminés...

La vie, plus forte que la mort comme en témoigne ce dernier dessin, coloré...

 

Ce que j'ai moins aimé :

Rien, il rejoint le panthéon de mes BD préférées aux côtés de

"Tout seul"...

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Voyage aux îles de la Désolation d’Emmanuel LEPAGE

Autre :  La nuit tombée de Antoine CHOPLIN

 

D'autres avis :

Babélio

 

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage, Futuropolis, octobre 2012, 24.50 euros

BD Mango bleu

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Le mambo des deux ours de Joe R. LANSDALE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

"Y'a des gens là-bas, qui ne croient pas que les droits civiques sont passés dans la loi. Ils pensent encore que tout le monde devrait avoir un esclave nègre." (p. 49)

 

L’auteur :

 Joe R. Lansdale, auteur culte régulièrement récompensé, a été chercheur d'or, charpentier, fermier, avant de se consacrer pleinement à l'écriture. On lui doit notamment Les marécages ou encore L'arbre à bouteilles. Le mambo des deux ours est l'une des aventures fracassantes de sa très originale série dédiée aux deux indéfectibles potes que sont le Blanc Hap Collins et le Noir Leonard Pine.

(Quatrième de couverture)

 L’histoire :

 Chaud devant ! Tous les mômes du quartier peuvent de nouveau faire cuire des marrons sur les braises d'une maison calcinée. Une fois n'est pas coutume, Leonard, pour passer ses nerfs, a mis le feu à la crack house de ses charmants voisins dealers. Une coutume qui l'oblige à rendre un service au flic local pour qu'il ferme les yeux. Un petit service. Comme d'aller retrouver sa copine noire disparue dans un trou perdu du Texas dominé par le Klan : une sorte de travail d'intérêt général à l'américaine. Un passe-temps pour gars musclés sans peur ni reproches. Une récréation au royaume des exécutions sommaires et des petits Blancs de 120 kilos. Un paradis sur terre, une enclave hors du temps... Un rêve pour Leonard, aussi black qu'il est homo, aussi féroce qu'il est discret...

(Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

 Servi par des dialogues truculents faisant mouche à chaque mot prononcé, la série des enquêtes de Hap Collins et Leonard Pine est une merveille d’intelligence et de drôlerie.

Dans cet opus, les deux compères partent sur les traces de la belle avocate noire Florida qui a eu l’excellente idée d’aller cotoyer la crème du Ku Klux Klan dans une petite ville du Texas. Décidée à faire la lumière sur la mort  d’un de ses congénères, ses proches ont perdu sa trace depuis trop longtemps déjà. Hap et Leonard ne vont pas hésiter une seconde à se confronter à cette atmosphère profondément raciste et inhumaine, quitte à y laisser des plumes. Les deux héros profondément humains avaient tendance à se croire infaillibles et invincibles, mais ils vont ici se frotter au pire, loin de s'imaginer la cruauté et la violence dont sont capables ces hommes extrêmistes. 

"Y'a quatre ou cinq ans, ces touducs du Klan ont passé une Noire au goudron et aux plumes. Après l'avoir violée, bien sûr, dix ou quinze fois. Les ploucs qui ont fait ça te diraient que les blancs et les Noirs doivent être séparés et qu'ils ne peuvent se fréquenter, mais ça ne les dérange pas de s'offrir la cramouille noire d'une pauvre fille avant de lui faire le coup du goudron et des plumes. Du goudron brûlant, Hap." (p. 50)

Alliant subtilement noirceur et humour, Joe R Lansdale se révèle ici définitivement comme un maître en la matière, maîtrisant parfaitement ses sujets et ses personnages, nous offrant une belle réflexion sur l'humanité, sur l'estime de soi, sur les valeurs en lesquelles on peut croire jusqu'à la mort, quitte à risquer le pire pour les défendre. 

Du grand art !

A lire absolument

 Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien

 Premières phrases :

 « Lorsque j’arrivai chez leonard pour le réveillon de Noël, les Kentucky Headhunters étaient là et ils chantaient The Ballad of David Crockett, tandis que mon meilleur pote célébrait la chose à sa façon en incendiant de nouveau la maison voisine. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  L'arbre à bouteilles de Joe R. LANSDALE

Autre :  Cousu main de Carl HIAASEN

 

Le mambo des deux ours, une enquête de Hap Collins et Leonard Pine, Joe R. Lansdale, traduit de l’américain par Bernard Blanc, Folio policier, 2000,  10 euros

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La mécanique du bonheur de David BERGEN

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 Salué comme l’un des meilleurs écrivains canadiens contemporains, David Bergen a déjà publié quatre romans aux éditions Albin Michel : Une année dans la vie de Johnny Fehr (2000), Juste avant l’aube (2002), Un passé envahi d’ombres (2007) et Loin du monde (2010). Son œuvre a été récompensée par le Giller Prize, le Margaret Laurence Award et le Carol Shields Book Award. Il vit à Winnipeg, dans la province du Manitoba. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 « Une écriture immaculée, une honnêteté percutante, un pouvoir d’attraction considérable, c’est ce qui caractérise ce magnifique roman sur les ambiguïtés insolubles de l’existence. » The Globe and Mail

 « Un livre lumineux, intelligent, provocateur et émouvant. » The Edmonton Journal

 Quand Morris Schutt, un journaliste important, passe en revue l’année qui vient de s’écouler, il ne peut que constater que tout autour de lui n’est que désastre, à commencer par sa famille. Son fils a été tué en Afghanistan, sa femme psychiatre de renom s’éloigne de plus en plus, sa fille a l’air d’avoir une liaison avec un de ses professeurs et son journal l’a mis en congé pour une durée indéterminée. Suite à l’une de ses chroniques, il entretient une correspondance avec la femme d’un fermier du Minnesota qui a, elle aussi, perdu un fils en Afghanistan. Morris Schutt veut retrouver le goût de la vie et du bonheur. Quoi de plus naturel que d’interroger les grands philosophes en quête de vérité : Cicéron, Platon, Socrate ? Ou peut-être vaut-il mieux chercher le bonheur sur un site de rencontre ? Mais le bonheur est-il si facile à atteindre ? Avec le charme et l’intelligence qui lui sont propres, La mécanique du bonheur est une dissection brillante de la vie d’un homme, à un moment critique, et de celle de sa famille, qui refuse de le laisser tomber. David Bergen nous éblouit par son écriture, sa sensibilité et son humour ironique. Avec ce nouveau roman, il prouve une fois encore qu’il est un formidable connaisseur de la complexité humaine.

(Quatrième de couverture)

 

Mon avis :

 Morris Schutt traverse une mauvaise passe. Il faut dire que son fils a été tué en Afghanistan, que sa femme l’a quitté, que sa fille aînée ne veut plus le voir, et que sa fille cadette semble entretenir une liaison avec un professeur beaucoup plus âgé qu’elle, et que son journal l’a mis en congé pour une durée indéterminée. Bon. Mais Morris Schutt essaie de garder la tête hors de l’eau, que ce soit en se rapprochant d’une femme lointaine qui lui ressemble, ou d’une femme proche qui gravite dans un univers bien différent du sien. 

La quatrième de couverture m’a induite en erreur : je pensais lire un roman sur le bonheur, et je me retrouve avec un personnage semi dépressif, un peu mou et perdu. Psy, groupe de paroles, introspection, liaisons, toutes les étapes lui permettant de faire le deuil de la mort de son fils et de son mariage jalonnent les pages.  

Bref quand on aime ce genre-là je pense qu’on pourra reconnaître le talent de conteur de David Bergen, mais si vous cherchez dans vos lectures autre chose que le destin ordinaire d’une homme dépressif, comme moi vous risquez de vous ennuyer à sa lecture…

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Loin du monde

Autre :  Le cœur par effraction par James MEEK

 

D’autres avis :

 CathuluKeisha  ;   Clara 

 

La mécanique du bonheur, David BERGEN, Traduit de l’anglais (Canada) par Hélène Fournier, Albin Michel, Collection « Terres d’Amérique », octobre 2013,

 

rentrée littéraire2013 2

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Niak de Carl HIAASEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

L’auteur :

 Carl Hiaasen écrit sur la Floride depuis que son père lui a offert sa première machine à écrire pour ses six ans. A l'époque, il s'agissait d'articles tapés avec deux doigts sur les parties de ballon ou les matches de softball de son quartier, qu'il distribuait ensuite à ses amis. Aujourd'hui, Carl Hiaasen, éditorialiste au Miami Herald, est l'auteur de nombreux romans à succès. (Source : Ricochet jeunes)

 

L’histoire :

 Derek Blair, l'animateur vedette de l'émission «Expédition Survie!», se fait mordre par : un alligator, une tortue serpentine, deux serpents, une chauve-souris et piquer par deux mille moustiques... avant de disparaitre dans les Everglades. L'intrépide Wahoo et son amie Anguille parviendront-ils à retrouver le pseudo-aventurier avant que la nature de Floride ne reprenne définitivement ses droits? Carl Hiaasen imagine dans cette nouvelle aventure la plus délirante des émissions de télé-réalité. Une comédie écologique et mordante! De 10 à 15 ans.

 

Mon avis :

 Wahoo est un jeune garçon qui vit dans les Everglades, région du sud de la Floride. Son père dresse des animaux sauvages qu’il loue ensuite pour des films ou des émissions. Parmi les animaux dont ils s’occupent, des serpents, des perroquets, des rats, souris, singes, et alligators. Derek Blair, animateur de l’émission de télé-réalité Expédition Survie fait ainsi appel à eux pour monter une émission dans les Everglades. Mais la personnalité et les idées loufoques de l’animateur vedette vont considérablement compliquer la tâche de Wahoo et de son père.

Je n’ai malheureusement pas retrouvé l’esprit déjanté de Hiaasen dans ce roman jeunesse, j’ai trouvé l’ensemble laborieux, poussif, les blagues ou situations m’arrachant à grand peine un sourire…

Bien sûr le ton est alerte et dynamique et les thèmes abordés le sont avec intelligence : ainsi la télé-réalité en prend pour son grade, truquée de A à Z, des problèmes familiaux complexes comme la violence parentale, l’alcoolisme sont abordés avec tact… Le jeune Wahoo est un jeune homme courageux auquel pourront facilement s’identifier les jeunes lecteurs.

Il n’en reste pas moins que les romans policiers pour adulte de l’auteur sont largement au-dessus de cet opus jeunesse ! Une déception.

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Premières phrases :

 « Mickey Cray était au chômage depuis qu’un iguane mort lui était tombé sur le crâne du haut d’un palmier.

L’iguane, qui avait succombé à une forte gelée, raide comme un piquet, faisait trois bons kilos et demi. Le fils de Mickey avait pesé la reptile sans vie sur une balance numérique, avant de le stocker dans la glacière avec les légumes pour les tortues, derrière le garage. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :

Jeunesse : Chouette

Adulte :  Cousu main de Carl HIAASEN

Autre :  Jeunesse Roman

 

D’autres avis :

 Lecture que j'ai le plaisir de partager avec Jérôme.

 

Niak, Carl Hiaasen, traduit de l’anglais par Yves Sarda, Gallimard jeunesse, roman junior à partir de 10 ans, 294 p., 2013, 13.50 euros

 

Publié dans Jeunesse Roman

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Esprit d'hiver de Laura KASISCHKE

Publié le par Hélène

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Un récit oppressant

 

L’auteur :

Laura Kasischke est née en 1961 à Grand Rapids, dans l’État du Michigan. Elle a fait ses études à l'Université du Michigan. Ella a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires ainsi que le Hopwood Awards. Elle a également reçu la Bourse MacDowell. Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river(1999), La Couronne verte(2008), En un monde parfait(2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et À suspicious riveront été adaptés au cinéma. Laura Kasischke vit actuellement à Chelsea, dans le Michigan, avec sa famille. Elle enseigne l'art du roman à l’université de Ann Arbor. (source : éditeur)

 

L’histoire :

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. » Marine Landrot, Télérama

(Quatrième couverture)


Mon avis :

Le matin de Noël, Holly se réveille tard. Son mari part comme une flèche chercher ses parents à l’éaroport, et  sa fille se terre dans sa chambre. Holly ressent comme une angoisse diffuse, difficile à cerner, qu’elle aimerait retranscrire par écrit, comme pour mieux l’appréhender et la comprendre. Mais elle ne trouve ni le temps car il lui faut préparer le repas de Noël, tandis que la cohabitation avec sa fille Tatiana se fait de plus en plus tendue et étrange. Le blizzard se lève, les invités annulent leur venue, Tationa devient inquiétante et l’angoisse sourde prend ses aises, entre souvenirs de l‘adoption de Tatiana et tensions exacerbées dans la maison.

Esprit d’hiver est un huis-clos anxiogène, qui plonge dans la psychologie de Holly avec une précision chirurgicale. Les non dits évacués par la conscience de Holly s’estompent petit à petit, le pire revient à la surface, et le coup de massue ne sera assenée qu’à la toute dernière page.

Il faut être prêt à aborder des rivages mouvants qui effleurent la conscience et l’inconscient, prêt à sentir jusque dans nos chairs le mal être rampant dans les pièce sd ela maison, insidieusement, sournoisement.

Laura K. crée un univers particulier, suintant, qui crée un malaise lancinant.

"Vous voyez, c'est toujours la même obsession qui revient, des êtres qui voudraient supprimer des choses qu'ils savent avant que ces choses ne les anéantissent eux-mêmes." Interview le Monde 

 

Premières phrases :

"Noël, 20..

 

Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut :

Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.

C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?

Treize ans ?

Treize ans !"

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Sucipisious river

D’autres avis :

  Lecture commune avec Géraldine,  Tiphanieet Cynthia

Les Inrocks ; Télérama

      Papillon Clara 

 

Esprit d’hiver, Laura Kasischke, traduit de l'anglais (EU) par Aurélie TRONCHET, Christian Bourgeois éditeur,

 

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      11/20

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