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La piste des soleils de Jack LONDON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le sage indien Sitka Charley s'interroge devant une gravure. Il cherche un sens à cet instantané de vie. Il établit alors un parallèle entre l'art et la vie  "Moi aussi j'ai vu maintes images de la vie, dit-il, des images qui n'étaient pas peintes, mais vues avec les yeux. (...) J'ai vu beaucoup de fragments de vie, sans commencement, sans fin, impossibles à comprendre."

Ainsi l'indien raconte l'une de ses aventures qui commence au bord du lac Lindeman. Il nous emmène à ses côtés dans la mission mystérieuse que s'est assignée une femme qui fuit en avant, poursuivie ou à la poursuite de quelque chose ou quelqu'un. La jeune femme se heurte aux conditions difficiles du grand nord, mais, portée par sa quête, elle continue à avancer, vivante. Elle dépasse ses limites physiques, luttant pour sa survie, grâce à la toute puissance de sa volonté. L'indien, témoin muet de sa fuite en avant aura beau chercher un sens à cette folie humaine, sa question restera à jamais sans réponse. Mais était-il nécessaire de comprendre ?

Si Jack London n'a pas son pareil pour peindre les contrées glaciales de l'Alaska, le froid mordant, les hommes qui avancent contre les éléments et luttent pour leur survie, la force de ses récits tient surtout à leur profondeur.

La Piste des soleils résonne comme un hymne à la création qui fige peut-être les vies des personnages, mais inscrit aussi des moments dans l'éternité. Chercher un sens à la vie comme aux histoires contées n'est peut-être pas tellement nécessaire. Jack London laisse la question ouverte, comme une invitation à interpréter notre propre vie et à lui assigner le sens qui nous convient ...

 

Du même auteur : Smoke Bellew ; Martin Eden

Présentation de l'éditeur : Folio

extrait du recueil L'amour de la vie

Cette mise en abyme de la création a été choisie pour honorer le nouveau rendez-vous hebdomadaire initié par Martine : tous les lundis nous mettrons l'accent sur une nouvelle "La bonne nouvelle du lundi"

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Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai SIJIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Durant la révolution culturelle chinoise, Luo et le narrateur sont envoyés dans un village rural en rééducation. Leur travail n'est guère attrayant, mais leurs jours sont rapidement éclairés par leur rencontre avec la fille du tailleur d'un village voisin. Luo tombe amoureux de la jeune fille et décide de lancer lui aussi son programme de rééducation mais évidemment inverse à celui du gouvernement : il veut cultiver la petite tailleuse. Ils empruntent des romans censurés au binoclard qui cache des livres rares sous son lit, des livres brulés par Mao sur la place publique.

"Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, "Zang Xiang", pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide."

La lecture leur permet de s'évader loin d'une réalité aliénante à l'avenir avorté.

«Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique ; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... Quel éblouissement !
Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara :
- Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde.»

La Petite tailleuse ne sera effectivement plus la même après cette ouverture sur le monde...

Pour la petite anecdote, en 2000, alors que l'auteur Dai Sijie était reçu dans l’émission de télévision littéraire Bouillon de culture7 sur France 2, le présentateur Bernard Pivot ne tarissait pas d'éloges pour ce roman, s'exclamant à la fin de l'émission : « Si vous ne lisez pas Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, alors je ne sers à rien ! »

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Prix littéraires

  • Prix Edmée-de-La Rochefoucauld 2000
  • Prix Relay du roman d'évasion 2000
  • Prix Roland-de-Jouvenel de l'Académie française 2000

 

Balzac et la petite tailleuse chinoise, Dai Sijie, 240 p., Folio, 2001, 7.70 euros

 

Le Nouvel An chinois commence aujourd'hui, pour se terminer le 15/02/2018. Voilà une année du Coq de Feu, car elle est placée sous le signe de l'animal symbolique Coq et de l'élément cosmogonique Feu.

Publié dans Littérature Asie

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LOL est aussi un palindrome de Mathilde LEVESQUE

Publié le par Hélène

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- Madame c'est du gâchis que vous soyez prof.
- Ah.
- Vous auriez dû être avocate ou politicienne ou chef de gang, vous savez trop embrouiller."

 

Mathilde Levesque est agrégée de lettres modernes et docteur en langue et littérature françaises. Elle enseigne en zone sensible depuis 2011. Elle a recueilli ici les meilleures répliques de ses élèves de seconde, première et BTS du lycée Voillaume d'Aulnay-sous-Bois où elle enseigne depuis trois ans.

« Au début, je voulais juste garder une trace des échanges en classe qui m’avaient fait rire. Au fil de ces trois années, je me suis donc constitué un petit recueil de citations de mes élèves. C’est mon éditrice, ancienne camarade de classe, qui m’a proposé d’en faire un livre. Je me suis dit que c’était une bonne occasion de montrer que des élèves du 93 peuvent être aussi malins et intelligents que d’autres issus d’établissements plus favorisés », a expliqué Mathilde Levesque, dans une interview accordée à L’express.fr.

Et effectivement, l'ensemble est drôle et bien vu. Les rapports de complicité entre prof et élève sont flagrants, et pourront sans doute revaloriser un métier en perte de vitesse...

Quelques exemples :

En début d'année :

"Madame, "nous serons", ça s'écrit avec un s ou avec un t ?

- ...

- Ah mince... Vous savez pas."

 

 

Les occurrences bien connues de ceux qui côtoient les jeunes de "Madame, vous êtes sérieuse ?" ou les "Avouez" ou les tchip sont nombreuses :

-"A votre avis, quel enseignement peut-on tirer de l'histoire de Narcisse ?

-Qu'il faut avoir nager !

- ...

- Avouez !"

 

"-Mais Madame, comme dit le proverbe : "La vérité prend l'escalier quand le mensonge prend l'ascenseur, mais on verra bien là-haut".

- ...

- Avouez !"

Des questions essentielles :

"Madame, mais du temps de Zola, ils avaient des amendes quand ils conduisaient le tracteur en ayant bu ?"

» Pratiquer l’ironie ou l’auto-dérision avec les élèves, c’est leur enseigner comment ils peuvent prendre de la distance avec ce qu’ils entendent, ce qu’ils voient, ce qu’ils lisent… C’est finalement être capable de rire de tout, y compris de Ronsard et de Corneille! Une compétence essentielle. Quand ils quitteront le lycée, la plupart de mes élèves n’auront plus à faire des commentaires de texte; mais cette capacité à prendre du recul, que nous avons développée ensemble, elle leur servira toute leur vie. »

 

Présentation de l'éditeur : Editions First  Points

D'autres avis : Le Monde

 

Sorti en poche en septembre 2016 chez Points

Publié dans Jeunesse Documents

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Un beau mariage de Molly Keane

Publié le par Hélène

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"Quelles pauvres choses désarmées la vie fait-elle de nous, avec ses tentations démoniaques !" p. 142

Les Sorrier vivent dans le domaine de Sorristown en Irlande depuis plusieurs générations. Le maître mot du domaine reste l'oisiveté dans laquelle se complaisent les habitants actuels : Roguey, Jer et leur soeur Maeve. Mais un évènement se prépare puisque la délicate Maeve doit épouser le Major Rowland Arthur Fountain, l'homme le plus populaire du comté de Westcommon, réalisant ainsi "un beau mariage". Les demoiselles d'honneur commencent à arriver, et l'équilibre apparent de cette bonne société vacille alors dangereusement ...

Molly Keane peint avec talent les sentiments humains et leur complexité, sachant traquer derrière les convenances le désir animal qui sème rapidement la panique dans l'équilibre fragile de cette bonne société. Les personnalités des uns et des autres ne sont pas toujours en adéquation avec leurs véritables sentiments et penchants, et la vertu elle-même dans toute sa splendeur en prend pour son grade. Dans le monde aigre-doux de Molly Keane, rien ne tient, tout file.

"Son propre coeur réclamait la justice, alors qu'il n'y a pas de justice, seulement des conséquences. Et les conséquences sont les choses les plus inconséquentes et les plus incalculables du monde. Elles peuvent tout aussi bien sauter par-dessus la tête du scélérat impénitent qui les a provoquées, et atterrir, lourdes de calamités, sur l'échine courbée d'une victime, dont le fardeau à porter est déjà au-dessus de ses forces." P. 294

Dans Un beau mariage, son premier roman, l'auteur insiste sur le mystère du mariage résidant sur des sentiments évaporeux qui peuvent s'envoler en quelques secondes ...

 

Du même auteur : Fragiles serments  ; Chasse au trésor 

Présentation de l'éditeur : Gallimard Editions de la Table Ronde

D'autres avis : Lettres d'Irlande et d'ailleurs

 

Un beau mariage, Molly Keane, traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, La table ronde, 1997, 335 p., 8.70 euros

Publié dans Littérature Europe

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La montagne rouge d'Olivier TRUC

Publié le par Hélène

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Dans le Sud de la Laponie des ossements humains sont retrouvés. Leur datation devient un enjeu déterminant alors que se déroule un procès décisif à la cour suprême de Stockholm : il oppose des forestiers et des éleveurs de rennes lapons déchirés pour savoir à qui appartiennent les terres ancestrales de leur région. Qui était là en premier ? De fait, l'origine des ossements est cruciale : sont-ils suédois ou samis ?  Qui a le droit légitime d'occuper ces terres ?

La montagne rouge est le troisième tome des aventures de la police des rennes mené d'une main de maître par le duo de choc Klemet et Nina. Cet épisode se concentre davantage sur les aspects ethnologiques, fournissant un plaidoyer en faveur du peuple ancestral lapon.

Ce que j'ai moins aimé : La montagne rouge est plus un roman ethnologique que policier : l'intrigue est lente, ralentie par toutes les considérations anthropologiques passionnantes du reste, mais qui tiennent davantage du documentaire ou de l'essai que du roman.

Bilan : un opus qui s'adresse davantage aux amateurs d'ethnologie qu'aux lecteurs friands d'intrigue policière.

 

Présentation de l'éditeur : Métailié

Du même auteur : Le dernier lapon ; Le détroit du loup

 

La montagne rouge, Olivier Truc, Métailié, octobre 2016, 512 p., 21 euros

Merci à l'éditeur

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L'amie prodigieuse tome 2. Le nouveau nom d'Elena FERRANTE

Publié le par Hélène

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Le nouveau nom est le deuxième tome de la tétralogie de Elena Ferrante consacrée au destin de deux amies dans le Naples des années soixante.

Dans le tome précédent, L'amie prodigieuse, nous suivions l'enfance de Lila et Elena. Le nouveau nom est celui pris par Lila qui à 16 ans se marie avec Stefano. La jeunesse des deux amies est évoquée ici en un vivant mélange entre rayons de soleil insouciants et violence du quotidien, ce quotidien résonnant d'une réalité pas toujours à la mesure de leurs rêves d'enfants.

Lila a choisi de se marier avec Stefano, mais elle comprend le soir de son mariage que celui-ci n'est pas celui qu'elle croyait. Elle est désormais habité par une terreur dans ses rapports aux autres : elle craint que les gens perdent leurs contours,  se transforment, comme Stefano le soir du mariage et durant sa nuit de noces. Si elle connait la richesse grâce à ce mariage, elle en paie aussi le prix.

Lenù quant à elle continue ses études, elle est amoureuse de Nino qu'elle connait depuis l'enfance et dont elle admire l'érudition.

Lila et Lenù se retrouvent durant l'été, elles louent une villa à Ischia avec la mère et la belle-soeur de Lila. Cet été sera décisif pour les jeunes femmes dont le chassé-croisé amical atteint ici son apogée ...

Lenù s'élève peu à peu dans les milieux cultivés, mais elle reste marquée par sa condition. Son manque de confiance la suit comme une ombre :

" Je faisais partie de ceux qui buchaient jour et nuit, obtenaient d'excellents résultats, étaient même traités avec sympathie et estime, mais qui ne porteraient jamais inscrits sur eux toute la valeur, tout le prestige de nos études. J'aurais toujours peur : peur de dire ce qu'il ne fallait pas, d'employer un ton exagéré, d'être habillée de manière inadéquate, de révéler des sentiments mesquins et de na pas avoir d'idées intéressantes." p. 476

Lila aussi ressent ce poids des origines malgré sa richesse nouvellement acquise et pour l'une comme pour l'autre ce déterminisme social est insupportable.

Cette saga romanesque portée par deux personnalités marquantes nous emporte dans un tourbillon d'émotions aux accents philosophiques, sociologiques, qui résonnent au fond de nos âmes... La marque d'un grand roman !

 

Le tome 1 L'amie prodigieuse

Je vous parle du tome 3 le mois prochain.

Présentation de l'éditeur : Gallimard ; Folio

D'autres avis : Télérama ; Manou ; Clara ; Kathel ; Luocine ; tant qu'il y aura des livres

 

Une amie prodigieuse tome 2 Le nouveau nom, Jeunesse, Elena Ferrante, traduit de l'italien par Elsa Damien, Folio, 2017, 8.80 euros

Publié dans Littérature Europe

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Zaï Zaï Zaï Zaï un road movie de FABCARO

Publié le par Hélène

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C'est une course absurde qui s'engage dés les premières pages : le fuyard, auteur de BD, a commis l'erreur impardonnable d'oublier sa carte de fidélité du magasin, il doit être appréhendé pour ne pas avoir respecter les règles de la société de consommation, mais il décide de prendre la tangente...

A travers ce scénario improbable, Fabcaro dresse un portrait décalé de notre société, cette fuite devenant le prétexte à pointer du doigt certains dysfonctionnements de notre système.

« Zaï zaï zaï zaï est un projet difficile à résumer, très burlesque, proche du nonsense britannique. Il s'agit de l'histoire d'un auteur de BD qui fait ses courses, mais n'a pas sa carte de fidélité du magasin. Pour cela, il va être poursuivi, mis au ban de la société... Là, on le voit aux prises avec un vigile. Il le menace avec un poireau et s'enfuit. C'est une scène d'action ridicule, complètement cheap. Cela me fait rire... Je souhaitais trouver le point de départ le plus absurde possible, pour créer un décalage constant avec mon vrai propos. Car ce livre est le plus politique parmi ceux que j'ai publiés jusqu'à présent ! J'y parle indirectement beaucoup de tolérance, d'acceptation de l'autre. J'ai choisi de mettre en scène un auteur de BD, ce qui m'a permis d'utiliser mes propres traits, et de souligner la précarité grandissante de ce statut. »

Tout passe au tamis de son point de vue décalé, que ce soit les médias comme avec ce témoignage des voisins dirigé par des questions orientées :

"Diriez-vous que c'est la stupeur ?

- Oh oui, ici, c'est la stupeur

- Diriez-vous que vous sentez un climat d'insécurité croissant ?

- Oh oui, on sent un climat d'insécurité croissant.

- Une forme de ras-le-bol... Aussi j'imagine ?

- Oh oui, une forme de ras-le-bol...

- Perdu, j'avais pas dit "diriez-vous"

- Ah ah l'enculé."

Le système ridicule de consommation qui mène à l'absurde en prend aussi pour son compte :

Le récit est également émaillé de réflexions toute philosophiques : "Au revoir Sophie. C'est fou comme la vie est un long chemin d'où partent plusieurs petits chemins et suivant les chemins qu'on prend,on va ailleurs que là où on serait allé si on avait pris l'autre chemin tu trouves pas ?"

Ses personnages variés représentent tous les êtres que l'on peut rencontrer, avec leurs contradictions, leur folie, leur absurdité. Dans ces pages on croise un conducteur individualiste, des intervieweurs aux postures très travaillées mais aux propos vides de sens, des personnes qui utilisent des citations de grand-mère "les pierres n'ont pas toujours la même ombre" que personne ne comprend, un fuyard idéaliste, un groupe de gospel sorti de nulle part, des adolescentes excessives...

Bref, c'est une joyeuse débandade que cet album jubilatoire à lire de toute urgence !

 

Présentation de l'éditeur : 6 pieds sous terre

D'autres avis : Babélio

 

Cette BD a reçu de nombreux prix :

Coup de coeur du jury du prix Landerneau 2015

Prix Libr'à nous 2016 (BD adlute)

Grand prix de la critique ABCD 2016

Prix SNCF du polar BD 2016

Prix des libraires de BD 2016

 

Zaï, Zaï, ZaÏ, FABCARO, Six pieds sous terre, mai 2015, 13 euros

 

La BD de la semaine est chez Stephie !

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L'autofictif croque un piment de Eric CHEVILLARD

Publié le par Hélène

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"Les ventes de mes livres seraient bien meilleures ; malheureusement, mes lecteurs ne lisent pas." p. 78

Eric Chevillard a commencé par expérimenter sur son blog http://l-autofictif.over-blog.com/  un nouveau type d'écriture : l'Autofictif. Chaque jour, il livre trois phrases à la frontière entre aphorisme, haïku, réflexion philosophique, brève de comptoir, mais surtout commentaire sur sa vie et sur le monde qu'il observe avec ironie et décalage. Il retranscrit sous forme papier en 2009 ses réflexions de 2007 et 2008.

L'autofictif croque un piment couvre la période 2011-2012. Les sujets sont tout aussi variés et jouissifs. Quelques perles :

- quand il se moque de son manque de succès ou de la suffisance de certains écrivains

"Quand on voit quel chemin montueux, tortueux, rocailleux mène à la gloire, comment s'étonner que tant d'ânes en aient atteint le sommet ?" p. 97

"Je me flatte d'avoir vécu une expérience rare pour un écrivain - qui atteste aussi une certaine force de caractère, ayons l'humilité de l'admettre: j'ai voyagé dans le Transsibérien sans en rapporter un livre! "

- quand il observe sa fille :

"Pourquoi il n'y a pas de crayon de couleur beige ?" p.125

"- Non, Suzie, tu ne touches pas à ça ! Quand tu auras dix-huit ans, tu feras ce que tu voudras.

Elle débranchait son babyphone !" p. 181

- quand il repense la nature :

"Si le boa avait des cheveux - et l'on comprend bien du coup pourquoi la nature a jugé cette option superflue -, il se ferait des nattes." p.121

Son inventivité n'a pas de limite, lui qui décide par exemple de devenir pope. Pour la tenue...

Eric Chevillard est drôle, incisif, jamais complaisant envers lui-même, bref il faut le découvrir !

« C’est Jules Renard, Pascal et La Rochefoucauld réunis, et encore plus que ça. Les petits faits de la vie, de menues observations mis en formules gnomiques et transfigurés par l’invention, l’humour, la fantaisie. Autre chose que la morne liste des courses qui fait l’ordinaire de ce qu’on nomme autofiction, sans doute pour signifier que ça exclut toute inventivité. »
Pierre Jourde, Le Nouvel Observateur

 

Présentation de l'éditeur : L'arbre vengeur

Son site : http://autofictif.blogspot.fr/

 

Un mois un éditeur : http://www.arbre-vengeur.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'autres avis : Keisha

 

L'autofictif croque un piment, Journal 2011-2012, Eric Chevillard, L'arbre vengeur, 2013, 245 p., 13 euros

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Paris solidaire 120 lieux pour changer la vie d'Apolline GUICHET

Publié le par Hélène

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Privilégier le local, embellir la ville grâce à ses propres initiatives, faire des rencontres inattendues : à Paris, c’est possible !

 

Épiceries alternatives, restaurants et cafés associatifs, ressourceries créatives, ateliers de réparation, jardins partagés : la capitale regorge de lieux singuliers réunissant ceux qui sont bien décidés à améliorer le monde… et la vie des autres.

Plusieurs rubriques sont présentées :

Le chapitre A boire et à manger met en avant le communautaire, la cuisine bio, l'insertion professionnelle, les coopératives, la découverte des autres cultures avec par exemple des traiteurs qui proposent des contenants biodégradables.

Le chapitre Loin de la grande distrib propose des supermarchés, des Amap, des boulangeries auto gérées...

Pour sortir et faire de belles rencontres, des lieux culturels sont listés, des cafés, des associations, des balades originales, des hôtels ou agences de voyage alternatives ou encore des croisières en catamaran !

Pour se meubler, réparer, offrir quelques boutiques gratuites, des plans pour échanger, recycler, réparer les jouets, mais aussi, ô bonheur des petites bouquineries méconnues.

Une mine d'idées pour s'habiller aussi chic, vintage et solidaire, pour échanger des services et donner de son temps, pour reverdir Paris, ensemble, bref pour passer à l'action !

Menton spéciale pour la solution pour faire un sort aux chaussettes orphelines...

A mettre dans les mains de tous les parisiens (et des touristes)

 

Présentation de l'éditeur : Parigramme

 

Paris solidaire, 120 lieux pour changer la vie. S’engager au quotidien pour une société plus humaine, Apolline Guichet, Parigramme, 2016, 144 p., 9.90 euros

 

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Chaleur de Joseph INCARDONA

Publié le par Hélène

"L'homme a cette capacité d'absolu qui, même dans les évènements en apparence les plus ridicules, touche au tragique et, parfois, à la grâce."

Chaque année en Finlande a lieu un drôle de championnat  : le championnat du monde de Sauna durant lequel les concurrents venus de toute l'Europe doivent pour rester enfermés dans des cabines chauffées à 110 °. Le vainqueur est celui qui tient le plus longtemps... Niko Tanner et Igor Azarov sont les deux stars du championnat : l'un est star du porno finlandais l'autre est un ancien sous-marinier russe. Tout oppose en apparence ces deux hommes : quand l'un s'épanouit dans le sexe, l'autre est bien plus sérieux, presque dépressif. Et pourtant ils se retrouvent dans cette volonté d'aller au-delà de soi-même, au-delà de ses capacités, au-delà de la vie peut-être. Le championnat leur offre cette opportunité, et au-delà du folklore, toute un volet sur la souffrance se joue ici...

Le ton est décalé, léger en surface, mais cachant les blessures bien plus profondes des deux protagonistes bien décidés à s'éprouver jusqu'au bout.

Ce que j'ai moins aimé : l'auteur a souhaité mettre en valeur l'absurdité apparente de ces championnats et la tragédie finale qui prouve que derrière cette activité aux accents anodins, se terraient des réalités bien plus existentielles. Soit. Mais pourquoi en rajouter en choisissant un acteur de porno qui passe son temps à se faire tailler des pipes ? Et pourquoi cette business woman très coincée qui jouit pour la première fois de sa vie grâce audit acteur porno au talent professionnel exceptionnel ? L'alliance entre le grotesque et le sublime perd ses accents hugoliens pour s'orienter alors vers du porno peuplé de slips échancrés... Un choix sans aucun doute assumé qui ne m'a pas conquise...

 

Pour votre gouverne, les championnats du monde de sauna ont réellement existé, et le roman s'inspire d'évènements réels. (à lire à ce sujet l'article du Monde)

 

Présentation de l'éditeur : Finitude

 

Chaleur, Joseph Incardona, janvier 2017, 160 p., 15.50 euros

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

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