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Prix Goncourt des Lycéens 2016

Publié le par Hélène

Il ne restait plus que 7 titres en lice :

Les 13 lycéens délégués régionaux, désignés pendant ces 6 délibérations régionales, se sont retrouvés pour la grande délibération nationale, jeudi 17 novembre, et ont annoncé le lauréat du 29ème Prix Goncourt des Lycéens à 12h45 depuis l'Opéra de Rennes :

© C/Damien Roudeau-Schwagga Postfiles

A ma grande joie, le prix a été attribué à Gaël Faye, dont j'ai tant aimé le Petit pays !

Hier soir avait donc lieu la remise du prix au ministère de l'Education nationale en présence de la ministre Najat Vallaud Belkacem.

@Education Nationale

Le discours de la ministre était sobre, insistant sur la transmission et le partage. Si vous souhaitez le lire dans son intégralité rendez-vous sur son site. 

Le président de la Fnac lui a succédé, mettant en avant le fait que la culture reste une valeur essentielle pour le groupe, même s'il vient de fusionner avec Darty. Il a souligné que déjà la Fnac avait récompensé en septembre Petit Pays avec le Prix Roman Fnac, le premier prix de la saison choisi sur épreuves avant même que les critiques ne filtrent sur les romans. Un choix éclairé !

Virginie Despentes a ensuite pris la parole pour louer le roman de Gaêl Faye, suivi par la présidente du jury des lycéens, Margaux Comte, très émouvante dans son discours. 

Enfin c'est un Gaël Faye profondément ému qui s'est exprimé, remerciant ceux qui ont contribué à façonner son succès et soulignant aussi l'importance du prix à l'heure où se déroule le procès de Bobigny, dans lequel s'impliquent ses beaux-parents qui traquent les présumés auteurs du génocide encore en liberté. (A lire au sujet du procès de Bobigny l'article de Maria Malagardis sur Libération)

Gaël Faye sortira un album en janvier et sera présent pour un concert au Trianon le 3 avril. Vivement !  

A lire aussi :

- Lecture musicale de Gaël Faye à la maison de la Poésie pour le festival Paris en Toutes Lettres

Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er épisode

Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er plateau

Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 2ème plateau 

- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens : les réactions des lycéens et des enseignants

- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens : réactions de quelques auteurs

Publié dans Prix littéraires

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Festival Livres en Tête

Publié le par Hélène

Le festival de lecture à haute voix Livres en Tête est organisé par le Service culturel de l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et Les Livreurs, lecteurs sonores, en collaboration avec des partenaires de plus en plus nombreux.

Depuis 8 ans il rencontre un succès croissant et de nombreuses personnalités du monde littéraire et musical ont déjà participé à cet événement littéraire (François Busnel, Bernard Pivot, Daniel Pennac, Éric Naulleau, Natalie Dessay, Raphaël Enthoven, Robin Renucci etc.)

De nombreux écrivains (Leïla Slimani - Prix Goncourt 2016 -, Marie NDiaye, Sylvain Tesson, Tonino Benacquista, Luc Lang, Adrien Goetz, Hervé Le Tellier, Antoine Compagnon, Jacques Henric - Prix Médicis Essai 2016 -, Éric Faye, Denis Michelis, Frédéric Richaud, Elitza Gueorguieva, Ollivier Pourriol), musiciens et artistes (Karol Beffa, Vîrus, Alice Behague, Virginie Serrano, MAM Musique) et personnalités du monde médiatique (Daniel Mesguich, Serge Schick, Jérôme Serri, Laetitia Le Guay) participent aux différents événements : Le Rouge & le Blanc, Tête à Tête avec Sylvain Tesson, la Dégustation Littéraire, Proust S’honore, le TaPage Nocturne, le Bal à la Page et la journée Radio France.

Découvrez le programme de Livres en Tête 2016 !

Pour ma part j'assisterai à Tapage Nocturne avec le cabaret littéraire le vendredi 25 novembre 2016

De TaPage Nocturne il ne peut être question sans fête, musique et chansons ! Entre deux morceaux de rap et piano jazz, Les Livreurs vous invitent à découvrir l’oeuvre de nos invités, dont plusieurs extraits seront lus au cours de la soirée sous le regard amusé des auteurs. Quand l’esprit cabaret rencontre la littérature, chaque texte devient une fête, chaque mot sonne juste et donne le tempo de cette rencontre atypique !

Avec  Marie NDIAYE, Prix Goncourt 2009 (La Cheffe, roman d’une cuisinière / Gallimard 2016)

Luc LANG, Prix Goncourt des lycéens 1998 (Au commencement du septième jour / Stock 2016)

Éric FAYE, Grand Prix du Roman de l’Académie Française 2010 (Eclipses japonaises / Seuil 2016)

Jacques HENRIC, Prix Médicis Essai 2016 (Boxe / Seuil 2016)

Leïla SLIMANI, Prix Goncourt 2016 (Chanson douce / Gallimard 2016)

 

A noter également les formations de lecture à voix haute tous les lundis de 18h30 à 21h30 

RENSEIGNEMENTS http://www.paris-sorbonne.fr/objectifs-5763

Publié dans Festival

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Chaos debout à Kinshasa de Thierry BELLEFROID et Barly BARUTI

Publié le par Hélène

♥ ♥

A Kinshasa en 1974 se prépare le combat du siècle qui opposera Mohammed Ali et George Foreman. Mohammed Ali est bien décidé à gagner après trois défaites consécutives, quand Foreman de son côté se fait attendre. Ernest, petit malfrat d'Harlem gagne par miracle un voyage au Zaïre pour assister au match. Il pense renouer avec ses racines, mais c'est un Zaïre bien différent de celui qu'il avait fantasmé qu'il découvre, un Zaïre en pleine guerre froide, mené d'un main de fer par le président dictateur Mobutu qui traîne dans son ombre des politiciens corrompus, prêts à tout pour rendre son faste au pays émancipé des colons belges. Ernest croisera aussi la route de Blanche, femme fatale qui use de ses charmes et dont le frère est emprisonné par le régime.

La démesure des deux poids lourds africains, Ali et Mobutu transparaît dans chaque scène. Mohammed Ali doit redorer son image ternie parce qu'il a refusé de combattre au Viet-Nam et qu'il s'est converti à l'islam, il veut prouver qu'il reste un africain pur sang prêt à en découdre. Mobutu  veut faire régner l'ordre dans son pays et les bas-fonds de Kinshasa dans lesquels nous entraîne notamment la belle Blanche résonnent des cris des opposants, torturés et tués par la sécurité... Autour de ces deux êtres emblématiques gravitent des personnages aux motivations relativement sombres. Les clichés des uns et des autres risquent de voler en éclats...

Les dessins graphiques rendent hommage à une Afrique colorée, bigarrée, aux destins chavirant...

Ce que j'ai moins aimé :

L'album mélange les intrigues secondaires, les personnages, les époques, si bien que les repères sont difficiles à trouver au premier abord, d'autant plus si on ne bénéficie pas de quelques pré-requis sur la politique africaine de l'époque...

Bilan : L'alliance subtile entre faits historiques et fiction éclaire néanmoins l'histoire du Congo belge par le biais de personnages emblématiques au destin exceptionnel. Des pages finales,  "les coulisses" de l'album séparent fiction et réalité et apporte un point de vue documentaire sur cet épisode de l'Histoire, épisode passé, "mais qui, le Zaïre-Congo étant ce qu'il est - la terre de tous les extrêmes où le réel est souvent plus fort que la fiction -, pourrait encore voir le jour aujourd'hui ou demain..." (Préface de Colette Braeckman)

 

Présentation de l'éditeur : Glénat 

 

Cette bande dessinée est en lice pour le Prix SNCF du POLAR catégorie BD. J'en parle ICI. 

 

Chaos debout à Kinshasa, Thierry Bellefroid et Barly Baruti, Glénat, février 2016, 112 p., 22 euros. 

 

Bd de la semaine chez Noukette cette semaine. 

 

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Prix SNCF du POLAR - 2017

Publié le par Hélène

Le prix SNCF du Polar se déroule du 12 octobre 2016 au 31 mai 2017.

Il s'agit d'un Prix 100% public puisque ce sont les lecteurs qui votent pour les 18 oeuvres en compétition dans 3 catégories : 

 

60 événements jalonnent l'année avec notamment : 

En janvier un espace polar SNCF installé durant le festival international de la bande dessinée d'Angoulême

En février la participation au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand

En mars la présence au salon du Livre Livre Paris

En avril la participation aux Quais du Polar

 

Si vous souhaitez faire entendre votre voix et dénicher de nouvelles personnalités du polar, vous pouvez voter jusqu'au 31 mai 2017. 

 

 

De mon côté je vous parle aujourd'hui de la BD Chaos debout à Kinshasa et prochainement je présenterai d'autres oeuvres de la sélection. 

 

Les lauréats 2016 :

 

Publié dans Prix littéraires

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Bacchiglione blues de Matteo RIGHETTO

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ils sont trois acolytes formant un trio de choc : Tito, Toni et Ivo, à la recherche du coup fumant pouvant leur assurer la fortune. Ils pensent l'avoir trouvé en enlevant la femme d'un riche industriel à qui ils réclament une rançon d'un million d'euros en échange. 

Tout le sel de ce court roman policier tient dans cette équipe de bras cassés dont "la densité psychologique équivalait à celle d'un lézard vautré au soleil." L'un aime les putes albanaises, l'autre les carcasses de voiture et le dernier les bestioles bizarres. Ce dernier décide d'ailleurs d'adopter un ragondin blanc en cours de route, ce qui donnera lieu à des conversations surréalistes pour savoir si le ragondin est albinos ou non. Viennent s'en mêler deux témoins de Jéhovah, puis, évidemment, tout dérape... Il y a du "Shérif fais moi peur" dans cette aventure rocambolesque menée tambour battant par nos trois acolytes. La chute est à l'avenant, parfaitement maîtrisée. 

Ce que j'ai moins aimé : Si c'est assez distrayant, cela ne révolutionne pas le genre non plus...

 

Présentation de l'éditeur : La dernière goutte 

Vous aimerez aussi : Les romans de Donald Westlake 

 

Bacchiglione blues, Matteo Righetto, traduit de l'italien par Laura Brignon, La dernière goutte, mai 2015, 140 p., 16 euros

 

Lu dans le cadre de Un mois un éditeur , opération initiée par Sandrine et qui nous permet d'explorer des maisons d'éditions moins visibles sur les blogs...

 

 

 

 

 

 

La maison d'édition La dernière goutte

La dernière goutte aime le verbe, les mots, ce qui claque, ce qui fuse, ce qui gifle et qui griffe et qui mord. Les contes cruels, les dialogues acides.Et les images aussi, irréelles, contrastées,
vénéneuses et absurdes. 
La dernière goutte met en selle des rêves éveillés qui hachurent la réalité d’un sentiment d’étrangeté. Elle défend des textes aux univers forts, grotesques,
bizarres ou sombres. 
Les romans et nouvelles qu’elle publie
reflètent la beauté
qui miroite dans l’ombre.

 

Publié dans Roman policier Europe

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Lecture musicale de Gaël Faye lors du Festival Paris en toutes lettres

Publié le par Hélène

Il apparaît sur scène, altier, unique.

Si l'obscurité l'environne, il illumine la scène, comme un défi lancé aux ténèbres.

Il plonge dans ses racines, il longe les ravines de son passé, il songe à son petit pays.

Ses mots chantent l'insouciance d'une enfance, les défis lancés au sort du haut d'un plongeoir de piscine, la nuit, la fuite dans sa ville endormie, la magie des lumières prometteuses de Bujumbura.

La musique de Samuel Kamanzi offre un écrin doux et ouaté à ses paroles enchantées.

Il chante sa ville, ses bars, ses lumières, ses chansons.

Il loue la vie, la vie qui tourne, la vie qui virevolte sous un air de Papa Wemba, la vie qui palpite, la vie qui crépite.

Puis insidieusement, l'hostilité se glisse. Sournoisement, au détour d'une phrase, d'un sous-entendu, d'un silence...

Puis, l'horreur éclate, nous sommes le 21 octobre 1993.

Plus rien ne sera comme avant...

Et pourtant... Et pourtant... La vie reste plus forte.

Toujours...

"On ne doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n’es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c’est comme si tu étais déjà mort."
 

 

Publié dans Festival

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La vie devant soi de Romain GARY (Emile AJAR)

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Dans la vie c'est toujours la panique."

Quartier de Belleville, années 70. Momo, 10 ans vit chez Madame Rosa, une ancienne prostituée qui a créé « une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers », c'est à dire qu'elle accueille des enfants de prostituées pour les protéger de l'assistance publique ou des "proxinètes", comme dit Momo. Le jeune garçon raconte son quotidien à hauteur d'enfant émaillant son récit de réflexions sur la vie :

"Les gens tiennent à la vie plus qu'à n'importe quoi, c'est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu'il y a dans le monde."

"La vie fait vivre les gens sans faire tellement attention à ce qui leur arrive."

Si Momo a la vie devant lui, Madame Rosa, quant à elle, est hantée par ses souvenirs d'Auschwitz, se laissant gagner peu à peu par la maladie Si son médecin insiste pour qu'elle soit hospitalisée, elle le refuse catégoriquement, soutenue par Momo : 

"Moi je trouve qu'il n'y a pas plus dégueulasse que d'enfoncer la vie de force dans la gorge des gens qui ne peuvent pas se défendre et qui ne veulent plus servir."

L'enfance, la mort, la vieillesse, le milieu des prostituées et des émigrés s'entremêlent savamment pour former une oeuvre atypique, pimentée de trouvailles langagières hors norme, drôles et décalées. Le délabrement de Madame Rosa se niche au coeur du roman, sa dignité lui criant de ne pas finir à l'hôpital, reliée à des tubes, comme un simple légume. L'amour inconditionnel de Momo l'aidera à fuir cet hôpital synonyme de déchéance. 

L'amour fonde le monde de l'enfant et lui permet d'avancer en pensant qu'il a la vie devant soi. Même si la vie est cruelle, son humour et son innocence lui servent de bouclier. 

Les derniers mots du roman sonnent comme une promesse : "Il faut aimer". 

Pour la petite histoire  Romain Gary a reçu le prix Goncourt pour ce roman, sous le nom d'emprunt d'Emile Ajar. En effet Romain Gary s'est joué du Goncourt puisque le règlement n'autorise pas un auteur à recevoir le prestigieux prix deux fois, or il l'avait déjà obtenu en 1956 pour Les Racines du Ciel. Il voulait par cette mystification retrouver une certaine liberté d'expression, loin des critiques. L'affaire fut révélée à la mort de l'auteur en 1980. 

 

 

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : A propos des livres  ; Manou 

 

La vie devant soi, Emile Ajar, Folio, 7.70 euros

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Des hommes de peu de foi de Nickolas BUTLER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Nelson 13 ans passe ses vacances dans le camp de scout Chippewa dans le nord du Wisconsin aux côtés de son père, un homme peu affable. Nous sommes à l'été 62, les camps scouts sont synonymes de camaraderie, veillées au coin du feu, courses d'orientation dans la forêt. En théorie. Mais Nelson a peu de camarades, il reste exclu et cette année-là des soirées clandestines peu orthodoxes ont lieu... Nelson aura des choix définitifs à faire. 

Nous retrouverons Nelson à trois étapes de sa vie : en 1962, 1996 et 2019, toujours avec en toile de fond ce camp Chippewa, fondateur des valeurs américaines. Ces différentes étapes mettront en valeur les difficultés d'être père, mari, ami,bon patriote dans une Amérique en pleine mutation.  

Si la décence et la générosité sont promues et récompensées : "La récompense est de ne pas avoir à mentir, de n'avoir rien à cacher, de n'avoir honte de rien. Vous n'aurez jamais besoin de présenter des excuses." , suivre une ligne de conduite rectiligne reste difficile. 

"Les héros sont toujours gouvernés par le coeur ; les lâches par le cerveau? Ne l'oublie jamais. Les héros ne calculent pas, ne calibrent pas. Ils font le choix du bien." p. 284

Les années 2000 sont l'occasion d'une description assez pessimiste de l'Amérique actuelle :

"Les mariages ne durent pas, personne n'est innocent et les valeurs scoutes, à l'instar des autres valeurs morales, ne représentent au final que des Tables de la Loi archaïques, dont les mots se fondent dans l'obscurité, effacés par les pluies acides,la pierre retournant au sable qui la réduit en particules minuscules, sable à jamais mouvant sous nos pieds." p. 302

Dans un monde chaotique, comment garder la foi dans les valeurs fondamentales transmises par l'armée, le scoutisme ou l'éducation  ? Tel est sans doute le sens du titre tiré de l'Evangile selon Matthieu : "Jésus lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?" Il est souvent difficile de garder la foi...

Ce que j'ai moins aimé : La dernière partie consacrée à Rachel et notamment ce qu'il lui arrive à elle et Nelson semble un peu abrupt. L'auteur utilise cette expérience pour s'interroger sans doute sur le rapport hommes femmes en adoptant ici le point de vue féminin mais cela tombe malheureusement dans la caricature. C'est dommage ...

Bilan : Un magnifique roman profondément humain qui est prétexte à une myriade de questions essentielles : Qu'est ce qui fait de nous des gens bien ? Une belle personne ? Quel est le prix à payer pour être quelqu'un de bien ? A méditer...

 

Présentation de l'éditeur : Autrement 

Du même auteur Retour à Little Wing ; Rendez-vous à Crawfish creek 

D'autres avis :  SandrineEva Jostein ; Clara

Télérama

 

Des hommes de peu de foi, Nickolas Butler, traduit de l'anglais (EU) par Mireille Vignol, Autrement, août 2016, 535 p., 23 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

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Histoires nordiques de Lucie LACHAPELLE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Lucie Lachapelle a fait plusieurs séjours au Nunavik  où elle a officié en tant qu'enseignante en 1975. Elle raconte dans ces nouvelles certaines de ses rencontres et expériences parmi les Inuits. Elle évoque avec tendresse son amie Kitty, les enfants à qui elle enseigne, les pères pas toujours très réceptifs à l'enseignement, Akinisie, la guérisseuse du village...

Avec amour et poésie, elle livre un beau récit - témoignage sur cette région du bout du monde. Aux côtés des habitants, elle pêche, elle chasse le phoque et l'outarde,  dort sous un igloo ou sous la tente, goûte les plats typiques comme le foie de phoque, le gésier d'outarde, la perdrix ou le béluga cru. Elle se laisse charmer par la douceur de ce pays du bout du monde : 

"Le soleil fait miroiter les mares d'eau laissées par les dernières pluies. Le vent fait claquer les vêtements sur les cordes tendues entre les maisonnettes et les gonfle comme des voiles de bateaux prêts pour le prochain voyage. Le ciel est sans nuages. Un enfant pleure, une mère sort sur le pas de sa cabane et le prend dans ses bras, l'embrasse, le console. Le rire du petit retentit et s'élève dans l'air frais de juillet." p. 17

Si dans un premier temps elle envisage de rester dans ce pays, elle saisit peu à peu les raisons qui, réciproquement, poussent les habitants à rêver du Sud, elle ressent alors dans les profondeurs de son être leurs terreurs : 

"Parfois, les nuits sont noires, sans lune, sans étoiles, sans ciel. Un plafond de nuages sombres. Ce sont des nuits d'angoisse.

Parfois, le jour se lève ainsi. Il sort de la nuit lourde, s'installe sans soleil. A peine une lueur. Une clarté. L'air ne circule pas. Les sons demeurent au sol.

Le ciel, la terre, la mer, tous trois confondus. L'enfant s'égare, le chasseur tombe dans une crevasse, le Blanc devient fou." p. 73 

Les années avançant, elle ouvre alors les yeux sur un climat social oppressant, une violence et un mal-être qui poussent beaucoup trop de jeunes au suicide. Son point de vue se fait plus nuancé, plus humain face à ce monde en suspens...

"Il y a des problèmes, c'est vrai. Mais il y a de l'espoir. Le monde nordique a changé, évolué, mais sa beauté est intacte. Elle l'a vu, encore une fois, dans toute sa grandeur et avec tous ses malheurs. Il y a des vieilles au sourire moqueur et des vieux à la peau burinée, des enfants aux yeux rieurs et d'autres qui se suicident, des parents bienveillants et d'autres qui se soûlent, des filles amoureuses et d'autres qui sont violentées, des ciels lumineux, des coups de vent et des tempêtes." p. 125

Scène de vie au Nunavik. (Photo fournie par Lucie Lachapelle)

 

Présentation de l'éditeur : Editions XYZ

D'autres avis : Karine ; Lecture commune avec Yueyin 

Du même auteur : Rivière Mékiskan 

Vous aimerez aussi : Les romans de Jorn Riel

 

Histoires nordiques, Lucie Lachapelle, XYZ Editeur, 2013, 133 p., 17 euros

 

 

 

 

 

 

 

 

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Festival Paris en Toutes Lettres 2016

Publié le par Hélène

 

Festival littéraire de la ville de Paris, Paris en toutes lettres est fondé sur les hybridations entre les genres littéraires et les formes artistiques ainsi que sur les résonances entre la géographie parisienne et sa vie littéraire. À partir de la Maison de la Poésie- Scène littéraire, il se déploie dans une quinzaine de lieux alentours. Revisitant l’actualité littéraire, le festival fait aussi la part belle aux créations mettant en regard littérature et musique. Parmi plus de cinquante lectures, rencontres ou concerts littéraires, on trouve également d’insolites conférences et de curieuses performances. À travers ce foisonnement de lieux et de propositions, c’est à un Paris vivant et traversé de littérature que le festival donne voix.

 

"Il revisite l’actualité littéraire en lectures (Gaël Faye, Laurent Gaudé, Philippe Vasset, Véronique Ovaldé, David Vann, Yasmina Reza…) et rencontres (Sylvain Tesson, Marie NDiaye, Jonathan Coe, Javier Cercas…).

Il fait une large place aux créations mêlant musique et littérature (Robi & Sylvia Plath, O et Histoire d’O, Brigitte Fontaine & Kateb Yacine, Radio Elvis & Jack London, Bertrand Belin, Maissiat…), s’ouvre au rap (création rap & littérature, présentation d’une anthologie du rap) et, bien entendu, donne rendez-vous pour son fameux bal littéraire.

Le festival est aussi une façon d’explorer Paris et de découvrir des formes parfois étonnantes : un banquet houellebecquien à La Bellevilloise, « Revoir Paris » avec Schuiten & Peeters, « se perdre à Paris » durant une promenade vers un lieu tenu secret, entendre Paris par cœur de Ludovic Janvier par Jacques Bonnaffé, prendre le bus 72 avec Vincent Josse et ses photos volées, écouter Jaurès au Panthéon durant une lecture-concert sous casques…

Enfin, nous ne pouvions ignorer le premier anniversaire des attentats. Avec l’Institut du Monde Arabe, nous proposerons donc aux parisiens une « Nuit de la Poésie » qui débutera le 12 novembre à 19h et nous emmènera jusqu’au lever du soleil, le 13 novembre.

Après cette période festivalière, nous poursuivrons avec la chanteuse L,  Arlt & Christophe Manon, Pascal Comelade, les Sonnets de Shakespeare (par Frédéric Boyer, Denis Podalydès et Clémence Poesy), Pierre Reverdy (par Patrick Mille et Florent Marchet), Virginia Woolf (par Anna Mouglalis), Onuma Nemon, Gonçalo M. Tavares & Mathias Énard, Florence Noiville & Hédi Kaddour, des explorations (la « ville du futur » avec des chercheurs et des auteurs, Detroit avec Marianne Rubinstein et l’Institut Français), des revues (Feuilleton, IntranQu’îllités)…"

Olivier Chaudenson, directeur

Télécharger le programme 

 

Pour ma part, j'assisterai :

- A la lecture musicale de Gaël FAYE Accompagné de Samuel Kamanzi (guitare, chant) le jeudi 10 novembre à 20h

- A la rencontre avec Sylvain Tesson le vendredi 18 novembre à 21h

- Au parcours littéraire  "Se perdre dans Paris" déambulation poétique vers un lieu secret par et avec Léon Bonnaffé  le dimanche 20 novembre à 15h

 

Qui vais-je retrouver ?

 

Publié dans Festival

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