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Déception du mois de novembre

Publié le par Hélène

14 Juillet de Eric Vuillard

Présentation de l'éditeur : Actes sud 

La prise de la Bastille est l’un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas. 14 Juillet raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.
 

“ De la Bastille, il ne reste rien. La démolition du bâtiment commença dès la nuit du 14 juillet 1789. De l’événement, nous avons les récits du temps. Les députations de notables qui se rendirent à la citadelle et les délibérations de l’Hôtel de Ville y prennent une importance démesurée. On nous raconte la prise de la Bastille du point de vue de ceux qui n’y étaient pas ; et qui vont devenir nos représentants. Ils n’y étaient pas et ne souhaitaient d’ailleurs pas que la Bastille tombe. Ils firent même tout pour l’empêcher. Mais ils ont laissé des témoignages. Car ces gens-là savaient écrire.
Il fallait donc retrouver les relations des gens ordinaires, s’appuyer sur le récit personnel de leur participation à l’émeute du 14 Juillet. Il fallait éviter tout surplomb, afin de ne pas écrire un 14 Juillet vu du ciel. En m’en tenant aux récits méprisés, écartés, j’ai voulu me fondre dans la foule. Et puisque c’est bien le grand nombre anonyme qui fut victorieux ce jour-là, il fallait également fouiller les archives, celles de la police, où se trouve la mémoire des pauvres gens.
L’Histoire nous a laissé un compte et une liste : le compte est de 98 morts parmi les assaillants ; et la liste officielle des vainqueurs de la Bastille comporte 954 noms. Il m’a semblé que la littérature devait redonner vie à l’action, rendre l’événement à la foule et à ces hommes un visage.
À une époque où un peuple se cherche, où il apparaît sur certaines places de temps à autre, il n’est peut-être pas inutile de raconter comment le peuple a surgi brusquement, et pour la première fois, sur la scène du monde.”

Mon avis

Je n'ai pas comme habitude de lire les sorties littéraires dont tout le monde parle -encore moins les français, ceux qui me connaissent le savent- mais quand j'ai lu Tristesse de la terre dernièrement, j'ai regretté de ne pas l'avoir lu plus tôt et j'ai ressenti rétrospectivement une peur froide : celle d'avoir manqué de passer à côté d'un grand roman, sous prétexte de ne pas céder aux sirènes des médias qui encensent toujours les mêmes livres. (lire à ce sujet le billet de Sandrine sur les blogs littéraires et leurs choix)

Cette année, j'ai donc joué le jeu, et j'ai fait confiance aux médias, me plongeant dans la rentrée littéraire, par peur encore une fois de passer à côté d'une oeuvre incontournable.

Et j'ai lu ce 14 juillet. Alors oui, l'auteur fait revivre les petites gens de la révolution, mais pour moi, le roman en se situant entre fiction et essai historique, finit par manquer d'âme. Les dialogues sont absents, remplacés par des descriptions interminables. Bref. Je me suis ennuyée. Je ne l'ai pas trouvé incontournable.

J'ai voulu découvrir d'autres romans mis en avant dans cette rentrée littéraire et j'ai été globalement déçue, seuls The girls ; Petit pays  ; Le rouge vif de la rhubarbe ; Des hommes de peu de foi et Le syndrome de la vitre étoilée  m'ont marquée. Et pourtant j'ai lu :

Le grand jeu de MInard

Soyez imprudents les enfants de Ovaldé

Comment tu parles de ton père de Sfar

Le bal mécanique de Grannec

Tropique de la violence de Appanah

L'enfant qui mesurait le monde  de Arditi

Voici venir les rêveurs de Mbue

Chanson douce de Slimani

Le garçon de Malte

Cannibales  de Jauffret

Continuer de Mauvignier

Laëtitia de Jablonka

14 juillet de Vuillard

Le constat est sans appel : sur 18 livres lus, seuls 5 m'ont plu ! Dont 4 romans étrangers ! Une fois n'est pas coutume, à l'avenir, je vais m'en tenir aux statistiques et aller où mon coeur me porte, vers la littérature étrangère, sirènes ou pas sirènes, quitte à passer à côté d'un incontournable français. Je prends le risque. 

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Pieds nus dans l'aube de Félix LECLERC

Publié le par Hélène

  ♥ ♥

"Une maison chaude, du pain sur la nappe et des coudes qui se touchent, voilà le bonheur." p. 41

Dans son premier roman de Félix Leclerc évoque son enfance et son univers doré à La Tuque près de la rivière Saint Maurice au Québec dans les années 20. Sa poésie enchanteresse inonde ses souvenirs de rayons joyeux et envoûtants, nous emportant sur les ailes d'un bonheur suspendu entre enfance et adolescence.

"Et comme l'équipage d'un navire heureux ne pense ni aux arrivées ni aux départs, mais à la mer qui le porte, nous voguions dans l'enfance, voiles ouvertes, émus des matins et des soirs, n'enviant ni les ports ni les villes lointaines, convaincus que notre navire battait bon pavillon et renfermait les philtres capables de fléchir pirates et malchances." p. 19

Sa famille est un havre de paix, un port où se réfugier en cas de tempête et la philosophie de leur mère "se résumait au pain quotidien et à la paix intérieure ; et elle y tenait, y revenait souvent comme la vague sur la roche, sachant l'inconstance des hommes et la facilité qu'ont les idées de disparaître."p. 40

Entouré de cette famille aux valeurs terriennes, de ses soeurs, de son ami Fidor et de ses autres camarades, le petit Félix grandit harmonieusement, se préparant avec intelligence à la vie d'adulte.

"Si l'on avait offert à Fidor et à moi de passer toute l'existence au bord de la vallée, avec notre taille notre vocabulaire d'enfant de douze ans, dans l'ignorance des villes, des lois, des thèses, des pays lointains, nous aurions accepté. (...) Que nous importaient les liasses de papier d'argent et la puissance des diplômes quand nous n'attendions rien de personne, quand nous étions libres comme des écureuils, riches de tout et de rien, un lasso sur l'épaule en guise de besace et le gosier plein de chansons." p. 131

Puis le passage à l'adolescence et à l'âge adulte, sonne le glas du bonheur, comme un abandon de cet âge d'or, un temps où le malheur s'invite

"C'aurait été pourtant si facile pour le bon Dieu (assurément ce lui serait un jeu encore, s'il le voulait) d'arrêter le temps, un certain soir d'été, alors qu'il a plu beaucoup l'après-midi et que le soleil paraît pour tiédir le vent ; que l'arc-en-ciel s'empare des gouttes d'eau et fait le pont d'une montagne à l'autre ; que la terre boit, satisfaire, comme à la mamelle ; que tous les gavroches, pieds nus dans les lacs de la rue, tirant leurs bateaux de papier, s'interpellent en secouant des cris heureux ; que les ouvriers de retour de l'ouvrage s'attardent sur les marches de leur maison pour applaudir l'éclosion d'une fleur près du trottoir : que l'écho crie sans cesse "Ohé, ohé, ohé !" : que les vieilles grands-mères, toutes cassées, toutes courbées, sortent de l'église et tiennent leur joie à deux mains pour ne pas qu'elle renverse ; qu'un grand soulagement passe sur tout ce qui peine ; que même les pavés poussent de furieux éclats de rire quand un cerceau roule sur leur dos ! 

Insaisissable bonheur !"

Ce frêle souvenir d'une vision de bonheur nous rappelle combien amour et amitié sont le ciment de l'enfance qui permet à l'adulte de construire une maison solide insensible aux tempêtes et aux orages.

 

A noter qu'une adaptation cinématographique réalisée par Francis Leclerc, fils de Félix, est en cours actuellement. https://fr-fr.facebook.com/Piedsnusdanslaube/

 

Québec en novembre

 

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Défense de tuer de Louise PENNY

Publié le par Hélène

  ♥ ♥

Alors que la chaleur accable le Québec, l'inspecteur-chef Armand Gamache et sa femme fêtent leur anniversaire de mariage au manoir Bellechasse, hôtel luxueux réputé des Cantons-de-l'Est. Ce lieu de paix est troublé par le séjour d'une riche famille, les Finney, venus rendre hommage à leur défunt patriarche. Leur comportement et leurs relations troublantes intriguent l'inspecteur, toujours à l'affût des particularités des uns et des autres. Le temps et l'atmosphère se font de plus en plus lourds, jusqu'à la tempête et la découverte d'un cadavre étrangement mis en scène.

Dans ce manoir tapi en pleine nature chacun vient se ressourcer au coeur de l'été, et tous semblent apprécier ce lieu retiré du monde. La chaleur de l'été est palpable et le temps fuit dans le luxe et la paix. Les disputes de cette famille aux secrets si bien gardés détonnent d'autant plus dans le silence avoisinant. A ne jamais communiquer, les uns et les autres ne savent plus se parler, et se font des idées fausses, rongées par le temps et les ressentiments. Les apparences trompeuses se craquèlent et les sentiments refont surface : "Ce qui tuait les gens, c'était un sentiment. Enfoui trop longtemps. Parfois dans le froid, où il gelait. Parfois sous terre, où il devenait fétide. Et parfois laissé sur la rive d'un lac isolé. Où il finissait par devenir vieux, et bizarre." p. 252
Les Finney apprendront à leurs dépens combien les non-dits s'avèrent assassins. Ils comprendront également que le vieil adage selon lequel l'argent ne fait pas le bonheur a des fondations profondément enracinées dans l'expérience. Pour le patriarche, la seule chose que l'argent achète est l'espace : "Une plus grande maison, une plus grosse voiture, une chambre d'hôtel plus spacieuse. Des billets d'avion de première classe. Mais il n'achète pas le confort. Personne ne se plaint plus que les riches et les privilégiés. Le confort, la sécurité, le bien-être : l'argent ne nous les procure pas." p. 492

En savourant leurs gaufres aux bleuets sauvages et au sirop d'érable, les Gamache observent tout ce petit monde s'agiter tout en réfléchissant à leur propre histoire familiale faite de lâcheté, de rachat et de rédemption.

Défense de tuer est un très beau roman policier à l'atmosphère douce-amère qui nous renvoie peu à peu à l'essentiel...

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Babélio

Du même auteur :  Nature morte ♥ ♥ ♥  ; Le mois le plus cruel ♥ 

Le site de l'auteur : Louise Penny

La série dans l'ordre :

Série Une enquête de l'inspecteur-chef Armand Gamache
  1. En plein cœur, 2010 ((en) Still Life, 2005),Réédité sous le titre Nature morte
  2. Sous la glace, 2011 ((en) A Fatal Grace, 2007),
  3. Le Mois le plus cruel, 2011 ((en) The Cruelest Month, 2008), 
  4. Défense de tuer2012 ((en) The Murder Stone, 2009), 
  5. Révélation brutale, 2012 ((en) The Brutal Telling, 2009),
  6. Enterrez vos morts, 2013 ((en) Bury Your Dead, 2010),
  7. Illusion de lumière,2013 ((en) A Trick of the Light, 2011) Réédité sous le titre Une illusion d’optique
  8. Le Beau Mystère,2014 ((en) The Beautiful Mystery, 2012)
  9. La Faille en toute chose, 2014 ((en) How the Light Gets In, 2013),
  10. Un long retour, 2015 ((en) A Long Way Home, 2014)
  11. La Nature de la bête, 2016 ((en) The Nature of the Beast, 2015)
  12. (en) A Great Reckoning, 2016

 

Québec en novembre, aujourd'hui zoom sur les policiers québecois !

 

 

 

 

 

 

Défense de tuer, Louise Penny, roman traduit de l'anglais (Canada) par Claire Chabalier et Louise Chabalier

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Festival Paris en toutes lettres 2016 - Rencontre avec Sylvain Tesson

Publié le par Hélène

Vendredi dernier dans le cadre du Festival Paris en toutes Lettres, la maison de la poésie organisait une rencontre avec Sylvain Tesson. 

Pourquoi la marche ?

Après ma chute, j'ai passé plusieurs mois à l'hôpital, enfermé. A ma sortie, j'ai eu la possibilité de faire ce que j'aimais, marcher au grand air. C'était une issue pour moi, une lumière au bout du couloir. Cela me permettait d'accomplir une forme de rééducation et aussi de sortir de ma déprime.

Pourquoi la France ?

Souvent nous négligeons ce qu'on possède, qu'il s'agisse des lieux ou des êtres. Je vivais en France mais je ne connaissais pas mon pays. L'exotisme est comme la maladie infantile de la géographie. On demande à la distance de nous apporter ce que la vie ne sait pas nous apporter...

La deuxième raison est que je ne pouvais pas aller trop loin, j'avais besoin d'une marche douce, une aventure dans les  limites du raisonnable. Avant j'étais un ado attardé sans l'acné un peu fou dans ses aventures. 

Je voulais aller vers la mer pour finir mon parcours au bord d'une falaise. Je me sens bien au bord des falaises, devant cette géographie qui impose la nécessité de s'arrêter. 

Vous avez fait  des études de géographie ?

Oui, je suis un être superficiel qui aime ce qui se déploie, ce qui s'étend et ce qu'on peut observer sur un plan euclidien. 

Que sont les chemins noirs ?

Les chemins noirs sont les chemins les plus fins possibles sur la carte. Sur le sol ce sont des broussailles, des sentiers oubliés, des issues de secours. Et puis j'ai joué avec une analogie vague : les chemins noirs sont aussi les chemins intérieurs, les lignes de traverse qu'on suit dans son existence, nos replis, nos silences, dans une volonté de s'abstraire du brouhaha. 

René Frémi a écrit en 1964 "Les chemins noirs ", l'histoire d'un conscrit qui s'évade. Je ne pouvais pas utiliser le même titre, j'ai donc rajouté la préposition car je tenais à ce titre.

Dans votre roman vous parlez aussi de l'exode rural ?

L'exode rural a provoqué la disparition de tout un peuple, les ronces ont repoussé. La disparition des paysans est quelque chose qui existe vraiment. Comme l'enlaidissement du territoire dû au phénomène de décentralisation, d'industrialisation, de politique agricole commune, de périurbanisation, de reliement par les routes, de rocades, ronds points... Ce n'est pas un délire de vieux barbon, c'est une constatation de ce qu'il s'est passé. Alors oui de nouveaux paysans reviennent, à petite échelle mais pour l'instant c'est anecdotique.

Vous souhaitiez échapper aux écrans ? Sortir des radars ?

J'apprécie le terme de "dispositif", d'appareillage employé par Foucault, qui désigne le gouvernement qui règne sur une collectivité sous une forme intangible, impalpable. Le philosophe Agamben s'en sert en ajoutant une nouvelle donnée, il injecte la révolution numérique, les nouvelles technologies censées être à notre service mais qui sont en réalité nos maîtres. La technologie est un instrument dont on devient esclave. Je veux échapper à l'impératif de se soumettre à la nécessité de communiquer, de s'exhiber tout le temps, de réagir sur tout, tout le temps, c'est ce que j'appelle le brouhaha du monde.

La diagonale est un chemin noir, une vie hors des voies, une échappée du dispositif.

Dans Berezina vous employez aussi le terme de "escapisme". 

Il s'agit d'un comportement stratégique tactique et existentiel devant une situation qui consiste à fuir, à prendre la tangente. Il s'agit d'un principe de vie, dès qu'un obstacle ou une bifurcation se présente, il faut prendre la troisième voie : le demi tour. Comme les herbivores qui fuient pour survivre. 

Mon retrait au bord du lac Baïkal était un retrait du monde dans une forme immobile. Les chemins noirs sont un retrait en mouvement. J'aime la recommandation d'Epicure qui incite à dissimuler sa vie -ce qu'il  n' a pas réussi et a bien raté d'ailleurs vu sa notoriété à travers les âges ! Dans ma vie je ressens toujours cette oscillation entre nomadisme et sédentarité, Kerouac et Xénophon, la Sibérie et l'Indre et Loire.

© / Pierre chamboultout

Pourquoi la première fuite ?

La première fois je suis parti faire le tour du monde à bicyclette avec Alexandre Poussin . Pour nous, c'était ordinaire, à 20 ans c'est une banalité de vouloir partir, cela tient d'une force vitale. 

Quant à trouver une explication psychanalytique à mon envie de m'échapper, je n'y crois pas. On ne trouve pas toujours tout dans les mystères de l'enfance, je ne crois pas que tout ce qu'on devient est contenu dans l'enfance. Il s'agit davantage d'occasions, de signes présents sur le bord de la route.

@http://www.expemag.com/

L'écriture était-elle liée au voyage dés le départ ?

Lors du premier voyage j'ai écrit par hasard : un éditeur m'a proposé d'écrire le récit du voyage, le livre a connu un beau succès, du coup j'ai écrit un deuxième livre puis c'est devenu une discipline puis un besoin puis un dédoublement de la vie. L'écriture représente la possibilité de vivre une deuxième fois la journée. D'ailleurs je tiens depuis longtemps un journal intime dans lequel j'archive ma vie, ses faits, tous les jours. Et pour moi la fin du voyage n'arrive réellement qu'après la fin du travail d'écriture, quand je pose le point final.

Etes-vous tenté par une oeuvre d'imagination ? 

Je n'écris que ce que je vis, je ne suis pas un écrivain de l'imagination. Je suis un laborieux, je ne suis pas comme ces écrivains qui se laissent emporter par leurs personnages, moi si je crée des personnages ils s'endorment sur le canapé ! Non, je ne serai jamais un écrivain de l'imagination. Je suis doté d'un bon outillage sensoriel pour observer le monde et je m'en contente, et puis la vie est suffisamment surprenante en elle-même sans que l'on cherche à en rajouter.

Pourquoi toutes ces citations dans vos livres ?

Je suis encombré par la référence, c'est une maladie européenne de mettre entre soi et ce que l'on voit l'écran de la référence. Je voulais cette fois-ci faire exclusivement usage de mes sens, or cela a duré 30 secondes et j'ai vite réutilisé le nuage de fumée des références. 

Vous avez été rejoint par des amis durant la route.

J'aime l'idée d'une bandes d'amis qui voyage, je ne suis pas misanthrope. Par contre, deux jours me semble un bon intervalle de commerce avec mes semblables. J'aime l'image de la cordée d'escalade  : 50 mètres nous séparent, de temps en temps on se rejoint quelques secondes pour échanger quelques mots cela me semble vivable avec un ami.

Et le corps ? 

Il repousse... Avant j'étais en bonne santé mais je buvais tellement... Quand je suis arrivé dans le Cotentin, j'ai eu l'impression d'être debout, que la sève avait été ré-insufflée en moi. J'ai jeté au-dessus de la falaise le mauvais sort que j'avais vécu.

 

Sur les chemins noirs 

Publié dans Festival

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Sur les chemins noirs de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

♥ ♥  ♥ 

"On devrait toujours répondre à l'invitation des cartes, croire à leur promesse, traverser le pays et se tenir quelques minutes au bout du territoire pour clore les mauvais chapitres." p. 100

Dans la nuit du 21 au 22 août 2014, Sylvain Tesson fait une chute qui aurait pu s'avérer mortelle. Il tombe du toit d'un chalet de montagne qu'il avait décidé d'escalader sur un coup de tête festif. S'ensuivent plusieurs mois de coma, une lutte contre la mort qui laissera indubitablement des séquelles. Durant sa convalescence, il forme le projet de traverser la France à pied, du Mercantour au Cotentin, en diagonale, traversée qu'il débute en août 2015 et qu'il achève début novembre. 

Il décide d'emprunter les chemins noirs, ces minces traits sur la carte qui sont comme des chemins de traverse, des issues de secours, parce que "Vivre me semblait le synonyme de "s'échapper""  Les cartes IGN sont pour lui comme un sésame, "Les feuilles révélaient l'existence de contre-allées, inconnues, au coeur de la citadelle, de portes dérobées, d'escaliers de service où disparaître.", les chemins noirs ouvrant des portes pour l'imagination. 

Porté par la marche, l'auteur se sépare peu à peu des scories du monde, sur les chemins noirs "Les nouvelles y étaient charmantes, presque indétectables, difficiles à moissonner : une effraie avait fait un nid dans la charpente d'un moulin, un faucon faisait feu sur le quartier général d'un rongeur, un orvet dansait entre les racines. Des choses comme cela. Elles avaient leur importance. Elles étaient négligées par le dispositif." Loin des écrans dont l'homme devient esclave, le monde revient en fanfare dans toute sa beauté lumineuse.

Passionné par les formules de repli, Sylvain Tesson tente ici une nouvelle forme de solitude, une solitude en marche. Pour lui, si ceux qui se jettent dans le monde sont louables, souvent ils finissent par manifester une satisfaction d'eux-mêmes assez détestable : 

"Quitte à considérer la vie comme un escalier, je préférais les gardiens de phare qui raclaient les marches à pas lents pour regagner leurs tourelles aux danseuses de revue qui les descendaient dans des explosions de plumes afin de moissonner les acclamations." p. 81

Sa solitude n'est jamais totale toutefois, il se fait accompagner quelques jours par des amis, Thomas Goisque ou encore Cédric Gras. Il convoque aussi des écrivains en son esprit, parce que "Les phrases sont des prescriptions pour les temps difficiles." Il s'allonge pour observer les nuages, profite de chaque seconde, et peu à peu son corps meurtri par la chute se reconstruit. 

"Assis sur l'herbe dans la volute d'un cigarillo, je disposais au moins du pouvoir d'oublier les écrans et de m'hypnotiser plutôt du vol des vautours par-dessus les ancolies." p. 26

Sa conclusion résonnera longtemps en nos esprits, comme une invitation à sortir des sentiers battus : 

"Une seule chose était acquise, on pouvait encore partir droit devant soi et battre la nature. Il y avait encore des vallons où s'engouffrer le jour sans personne pour indiquer la direction à prendre, et on pouvait couronner ces heures de plein vent par des nuits dans des replis grandioses.

Il fallait les chercher, il existait des interstices.

Il demeurait des chemins noirs.

De quoi se plaindre ?" p. 100

Ce que j'ai moins aimé : Je l'ai trouvé très dur sur les nouvelles technologies qui nous fermeraient au monde. Comme si avant elles le monde était rose avec des personnes qui aimaient s'allonger sous les nuages et discuter des heures entières avec leurs voisins et qu'aujourd'hui plus personne n'était capable de profiter du temps présent... Utopie du passé ?

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

D'autres avis : Babélio

A lire : Rencontre avec Sylvain Tesson à la Maison de la Poésie dans le cadre du festival Paris en Toutes Lettres

Du même auteur : Une vie à coucher dehors ♥ (Nouvelles) ; Dans les forêts de Sibérie (Récit de voyage)Géographie de l’instant ♥ (Récit de voyage) ; S'abandonner à vivre ♥ ;

Aphorismes sous la lune

 

Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson, Gallimard, octobre 2016, 144 p., 15 euros

 

Publié dans Récits de voyage

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Festival Paris en toutes Lettres 2016 - Se perdre à Paris

Publié le par Hélène

Le Festival Paris en toutes lettres proposait ce dimanche une promenade mystère dans Paris : «SE PERDRE À PARIS» : DÉAMBULATION POÉTIQUE VERS UN LIEU SECRET Par et avec Léon Bonnaffé Accordez-vous une petite heure de hasard vers une destination inconnue, au seul rythme des mots qui conduiront la danse. Venez sacrifier un moment à la curiosité d’une errance poétique. De la Maison de la Poésie vers Dieu sait où, vous serez baladés par un guide certifié incompétent et garanti bavard. Fermez les yeux, ouvrez les oreilles, le temps passera au mot à mot. Si le hasard fait bien les choses, un de nos monuments nationaux vous attendra en bout de course, toutes portes ouvertes. Léon Bonnaffé, auteur, comédien, en un mot, parleur. Manipulateur d’à peu près haute définition, bavard intempestif sur scène et en coulisse, capable de réciter l’alphabet à l’envers et La Fontaine à l’endroit, avec ou sans les mains. Promenade proposée en partenariat avec Monum, Centre des monuments nationaux.

Guidés par l'acteur Léon Bonnaffé (fils de Jacques (pour ceux qui poseraient la question)) commence une folle équipée humide en ce dimanche pluvieux, équipée placée sous l'égide du temps. De circonvolutions verbales en errances désordonnées, le promeneur peu à peu la notion de temporalité pour se livrer tout entier au bonheur de l'instant présent, délesté des contingences et volontés d'avancer en ligne droite. 

L'homme avance, et même si sa trajectoire ne semble guère rectiligne, dans son sillage la route est belle. 

De fil en aiguille, il apprend à humer l'air, à laisser son regard dériver sur les façades, à se déconnecter de la vie pour être là, simplement, être de chair et de sang, présent. Sous l'égide de poètes et de philosophes, il enjoint à n'accepter demain que si toutes les possibilités d'aujourd'hui ont été épuisées. La destination est floue. Peu importe. L'esprit se déconnecte. Les yeux fermés, le promeneur savoure les mots de l'acteur, pénétrant dans un autre monde qui touche à l'essentiel. 

C'est presque à regret que la route prend fin place des Vosges, dans l'hôtel de Sully.

D'une pièce jaune assez surprenante, le chemin se délie dans les appartements de la duchesse, remontant le fil du temps historique. 

 

Cette errance parisienne fut une invitation à savoir profiter - regarder - se laisser porter. Pour laisser venir à soi les étoiles placées, comme un signe, sur la banalité d'un trottoir...

 

A noterPreuve que notre époque allie merveilleusement ces plongées dans le temps et les possibilités infinies que permettent les nouvelles technologies, les Monuments Nationaux nous proposent une  Visite visuelle de l'appartement de la duchesse Sully

Publié dans Festival

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Les yeux bleus de Mistassini de Jacques POULIN

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Ne cherche pas à faire que les événements arrivent comme tu veux, mais veuille les événements comme ils arrivent, et le cours de ta vie sera heureux." Epictète

En entrant par hasard dans une librairie du Vieux-Québec un jour de brume, le jeune Jimmy ne se doute pas que sa vie en sera bouleversée. Il rencontre le propriétaire du lieu qui n'est autre que l'écrivain Jack Waterman, atteint de la maladie "D'Eisenhower" qui le mine de l'intérieur jour après jour. Jimmy s'installe dans la librairie et aide Jack, bientôt rejoint par sa soeur Mistassini.

Les pages de Jacques Poulin sont peuplées de chats, de livres, de voyages formateurs, d'écrits salvateurs, et d'êtres humains conscients de la valeur des liens ténus qui les relient. Dans Les yeux bleus de Mistassini encore les thèmes chers au romancier ronronnent à nos oreilles. Bercé par les mots d'écrivains emblématiques comme Hemingway, Salinger, ou encore Carver, il nous plonge dans un monde dans lequel les mots embellissent la réalité et deviennent sources d'émerveillement : 

"Et dans la vie, demanda-t-il avec un net accent de sympathie, qu'est-ce qui compte pour vous ?

- Des détails, dit Jack. Ce qui brille dans les yeux des enfants... Un chat qui se nettoie la moustache avec sa patte... Les jeux infinis de la lumière dans le feuillage des arbres... La plainte déchirante d'une Ferrari dans la ligne droite des stands à Monza..."

Avec délicatesse, sa poésie aborde des thèmes plus graves comme la vieillesse, sa décrépitude, et les choix qui s'offrent alors à nous pour pallier à cette déchéance.

Mes réticences : J'ai été gênée par l'ambivalence sexuelle ressentie par le narrateur envers celle qui n'est autre que sa soeur !

En conclusion : Jacques Poulin nous installe doucement dans un cocon protecteur le temps de la lecture, dans une bulle qui met en lumière son amour des livres et l'importance de la transmission. Son univers est unique...

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Les 2 bouquineusesKarine 

 

Du même auteur  La tournée d'automne ♥ ♥ ♥ ; Le vieux chagrin ♥ ♥ ♥ ♥ ;  Volkswagen blues  ♥ ♥ ; Les grandes marées ♥ 

 

Lu dans le cadre de Novembre au Québec

Lecture commune autour de Jacques Poulin aujourd'hui 

 

 

 

 

 

 

Les yeux bleus de Mistassini, Jacques Poulin, Actes sud, 2012, 187 p., 7.50 euros

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Prix Goncourt des Lycéens 2016

Publié le par Hélène

Il ne restait plus que 7 titres en lice :

Les 13 lycéens délégués régionaux, désignés pendant ces 6 délibérations régionales, se sont retrouvés pour la grande délibération nationale, jeudi 17 novembre, et ont annoncé le lauréat du 29ème Prix Goncourt des Lycéens à 12h45 depuis l'Opéra de Rennes :

© C/Damien Roudeau-Schwagga Postfiles

A ma grande joie, le prix a été attribué à Gaël Faye, dont j'ai tant aimé le Petit pays !

Hier soir avait donc lieu la remise du prix au ministère de l'Education nationale en présence de la ministre Najat Vallaud Belkacem.

@Education Nationale

Le discours de la ministre était sobre, insistant sur la transmission et le partage. Si vous souhaitez le lire dans son intégralité rendez-vous sur son site. 

Le président de la Fnac lui a succédé, mettant en avant le fait que la culture reste une valeur essentielle pour le groupe, même s'il vient de fusionner avec Darty. Il a souligné que déjà la Fnac avait récompensé en septembre Petit Pays avec le Prix Roman Fnac, le premier prix de la saison choisi sur épreuves avant même que les critiques ne filtrent sur les romans. Un choix éclairé !

Virginie Despentes a ensuite pris la parole pour louer le roman de Gaêl Faye, suivi par la présidente du jury des lycéens, Margaux Comte, très émouvante dans son discours. 

Enfin c'est un Gaël Faye profondément ému qui s'est exprimé, remerciant ceux qui ont contribué à façonner son succès et soulignant aussi l'importance du prix à l'heure où se déroule le procès de Bobigny, dans lequel s'impliquent ses beaux-parents qui traquent les présumés auteurs du génocide encore en liberté. (A lire au sujet du procès de Bobigny l'article de Maria Malagardis sur Libération)

Gaël Faye sortira un album en janvier et sera présent pour un concert au Trianon le 3 avril. Vivement !  

A lire aussi :

- Lecture musicale de Gaël Faye à la maison de la Poésie pour le festival Paris en Toutes Lettres

Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er épisode

Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er plateau

Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 2ème plateau 

- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens : les réactions des lycéens et des enseignants

- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens : réactions de quelques auteurs

Publié dans Prix littéraires

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Festival Livres en Tête

Publié le par Hélène

Le festival de lecture à haute voix Livres en Tête est organisé par le Service culturel de l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et Les Livreurs, lecteurs sonores, en collaboration avec des partenaires de plus en plus nombreux.

Depuis 8 ans il rencontre un succès croissant et de nombreuses personnalités du monde littéraire et musical ont déjà participé à cet événement littéraire (François Busnel, Bernard Pivot, Daniel Pennac, Éric Naulleau, Natalie Dessay, Raphaël Enthoven, Robin Renucci etc.)

De nombreux écrivains (Leïla Slimani - Prix Goncourt 2016 -, Marie NDiaye, Sylvain Tesson, Tonino Benacquista, Luc Lang, Adrien Goetz, Hervé Le Tellier, Antoine Compagnon, Jacques Henric - Prix Médicis Essai 2016 -, Éric Faye, Denis Michelis, Frédéric Richaud, Elitza Gueorguieva, Ollivier Pourriol), musiciens et artistes (Karol Beffa, Vîrus, Alice Behague, Virginie Serrano, MAM Musique) et personnalités du monde médiatique (Daniel Mesguich, Serge Schick, Jérôme Serri, Laetitia Le Guay) participent aux différents événements : Le Rouge & le Blanc, Tête à Tête avec Sylvain Tesson, la Dégustation Littéraire, Proust S’honore, le TaPage Nocturne, le Bal à la Page et la journée Radio France.

Découvrez le programme de Livres en Tête 2016 !

Pour ma part j'assisterai à Tapage Nocturne avec le cabaret littéraire le vendredi 25 novembre 2016

De TaPage Nocturne il ne peut être question sans fête, musique et chansons ! Entre deux morceaux de rap et piano jazz, Les Livreurs vous invitent à découvrir l’oeuvre de nos invités, dont plusieurs extraits seront lus au cours de la soirée sous le regard amusé des auteurs. Quand l’esprit cabaret rencontre la littérature, chaque texte devient une fête, chaque mot sonne juste et donne le tempo de cette rencontre atypique !

Avec  Marie NDIAYE, Prix Goncourt 2009 (La Cheffe, roman d’une cuisinière / Gallimard 2016)

Luc LANG, Prix Goncourt des lycéens 1998 (Au commencement du septième jour / Stock 2016)

Éric FAYE, Grand Prix du Roman de l’Académie Française 2010 (Eclipses japonaises / Seuil 2016)

Jacques HENRIC, Prix Médicis Essai 2016 (Boxe / Seuil 2016)

Leïla SLIMANI, Prix Goncourt 2016 (Chanson douce / Gallimard 2016)

 

A noter également les formations de lecture à voix haute tous les lundis de 18h30 à 21h30 

RENSEIGNEMENTS http://www.paris-sorbonne.fr/objectifs-5763

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Chaos debout à Kinshasa de Thierry BELLEFROID et Barly BARUTI

Publié le par Hélène

♥ ♥

A Kinshasa en 1974 se prépare le combat du siècle qui opposera Mohammed Ali et George Foreman. Mohammed Ali est bien décidé à gagner après trois défaites consécutives, quand Foreman de son côté se fait attendre. Ernest, petit malfrat d'Harlem gagne par miracle un voyage au Zaïre pour assister au match. Il pense renouer avec ses racines, mais c'est un Zaïre bien différent de celui qu'il avait fantasmé qu'il découvre, un Zaïre en pleine guerre froide, mené d'un main de fer par le président dictateur Mobutu qui traîne dans son ombre des politiciens corrompus, prêts à tout pour rendre son faste au pays émancipé des colons belges. Ernest croisera aussi la route de Blanche, femme fatale qui use de ses charmes et dont le frère est emprisonné par le régime.

La démesure des deux poids lourds africains, Ali et Mobutu transparaît dans chaque scène. Mohammed Ali doit redorer son image ternie parce qu'il a refusé de combattre au Viet-Nam et qu'il s'est converti à l'islam, il veut prouver qu'il reste un africain pur sang prêt à en découdre. Mobutu  veut faire régner l'ordre dans son pays et les bas-fonds de Kinshasa dans lesquels nous entraîne notamment la belle Blanche résonnent des cris des opposants, torturés et tués par la sécurité... Autour de ces deux êtres emblématiques gravitent des personnages aux motivations relativement sombres. Les clichés des uns et des autres risquent de voler en éclats...

Les dessins graphiques rendent hommage à une Afrique colorée, bigarrée, aux destins chavirant...

Ce que j'ai moins aimé :

L'album mélange les intrigues secondaires, les personnages, les époques, si bien que les repères sont difficiles à trouver au premier abord, d'autant plus si on ne bénéficie pas de quelques pré-requis sur la politique africaine de l'époque...

Bilan : L'alliance subtile entre faits historiques et fiction éclaire néanmoins l'histoire du Congo belge par le biais de personnages emblématiques au destin exceptionnel. Des pages finales,  "les coulisses" de l'album séparent fiction et réalité et apporte un point de vue documentaire sur cet épisode de l'Histoire, épisode passé, "mais qui, le Zaïre-Congo étant ce qu'il est - la terre de tous les extrêmes où le réel est souvent plus fort que la fiction -, pourrait encore voir le jour aujourd'hui ou demain..." (Préface de Colette Braeckman)

 

Présentation de l'éditeur : Glénat 

 

Cette bande dessinée est en lice pour le Prix SNCF du POLAR catégorie BD. J'en parle ICI. 

 

Chaos debout à Kinshasa, Thierry Bellefroid et Barly Baruti, Glénat, février 2016, 112 p., 22 euros. 

 

Bd de la semaine chez Noukette cette semaine. 

 

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