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Petit poilu tome 1 la sirène gourmande de Pierre BAILLY et Céline FRAIPONT

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Une BD muette à découvir dés 3 ans

 

Les auteurs :

 http://www.dupuis.com/catalogue/FR/au/128/bailly.html

http://www.dupuis.com/catalogue/FR/au/1003/fraipont.html

 

La série :

 

 Petit Poilu est petit et poilu. Tous les matins, il quitte sa maman et sa maison pour aller à l'école. Mais il faut toujours que tout bascule ! De surprises en surprises, de rencontres en rencontres, Petit Poilu plonge dans des univers extraordinaires et farfelus dont il ressort toujours grandi.

 

Ce tome :

 

Petit Poilu part à l'école. En chemin, une inondation le précipite dans un vaste océan, demeure de la sirène qui mange tout, la Sirène Gourmande ! Avalé par l'immense femme-poisson, voilà notre Petit Poilu prisonnier dans son énorme estomac !


C'est le début des rencontres qui font rire, qui font peur, qui bousculent... Comment Petit Poilu sortira-t-il du ventre de la Sirène ? Retrouvera-t-il sa maman et son petit lit douillet ? Mystère...
De magnifiques aventures à lire dès trois ans.

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Ce que j’ai aimé :

 

J'aime beaucoup le principe des Bd muettes qui encouragent les enfants à développer leur propre histoire en utilisant leurs mots à eux et sont de fait accessibles aux enfants qui ne savent pas encore lire. 

 

A chaque histoire, Petit Poilu quitte sa maman pour aller à l'école, mais en chemin l'extraordinaire croise sa route et le détourne de son but au profit d'aventures rocambolesques. Ici il se fait avaler par une sirène un peu trop gourmande et va vivre ainsi dans son ventre aux côtés d'autres acolytes ayant été eux aussi victimes de la belle nageuse.

Cette histoire-là est drôle, et tendre dans la relation qui s’instaure entre le capitaine du bateau et Petit Poilu. Ensemble ils vont vivre des aventures complices dont ils se souviendront longtemps. 

 

Le message est discrètement didactique avec en fin d’album un « petit message qui fait grandir d’un poil ! » : « La mer est un lieu précieux. Le fait d’y déverser des déchets la transforme… », ce qui permet d’aborder intelligemment le thème de la pollution avec les plus petits.

 

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Ce que j’ai moins aimé :

-         

-      Rien

 

Vous aimerez aussi :

 

Les autres albums de la série.

Site de Petit Poilu : http://www.petitpoilu.com/home.php

 

 

Petit poilu, La sirène gourmande, Bailly et Fraipont, Dupuis, 9.50 euros

 

BD Mango bleu

Publié dans Jeunesse BD

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Maurice et Mahmoud de Flemming JENSEN

Publié le par Hélène

 

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♥ ♥ ♥

Succombez à l'humour danois !

 

L’auteur :

 Flemming Jensen est né en 1948 au Danemark. Amoureux du Groenland et fervent défenseur des Groenlandais, il a mijoté pendant vingt-cinq ans Imaqa (2000), son grand roman inuit. Connu pour ses one-man-shows et ses sketches radio ou télé, il use de ses talents d’humoriste dans Le blues du braqueur de banque (2012) et Maurice et Mahmoud (2013).

 

L’histoire :

Maurice est un expert-comptable doté d’un indécrottable humour danois et en pleine procédure de divorce. Mahmoud, son assistant, est un jeune musulman un peu geek sur les bords, qui n’a jamais vraiment eu de copine. Le premier est cynique et désabusé, le deuxième idéaliste et romantique. Le premier ne peut s’empêcher de persifler, le deuxième s’efforce de ne pas le prendre mal. Le premier habite chez le deuxième depuis que sa femme l’a mis dehors. Entre frictions culturelles et religieuses, préjugés et décalages générationnels, Flemming Jensen livre un pamphlet sur ce qui tant bien que mal nous rapproche les uns des autres.

 

Ce que j’ai aimé :

 Enfin un livre drôle  qui éclaire la morosité ambiante et nos journées pluvieuses !

Flemming Jensen met en scène des personnages atypiques : Maurice en instance de divorce, plutôt heureux de son sort, Mahmoud amoureux transi de sa voisine, sa mère musulmane un peu trop présente, sans parler de l'imam boulimique. Ces joyeux personnages vont se retrouver pris au coeur d'une intrigue digne d'un vaudeville avec ses portes qui claquent, ses  personnages qui se cachent derrière le canapé, mais aussi avec, c'est nouveau et c'est là la grande originalité de l'auteur, un réveil qui chante l’appel du muezzin, un rôti de porc exilé sur le blacon puis atterrissant malencontreusement dans un bassin pour ne citer qu'eux.

Toutes ces péripéties font suite à l'installation de Maurice chez Mahmoud pour quelques temps, ce qui lui permet de découvrir un monde proprement surréaliste. Malgré leurs différences, les personnages parviendront à cohabiter dans un joyeux capharnaeüm salvateur. Les apparences sont souvent trompeuses et entre mensonges et vérités, chacun va apprendre à apprécier l'autre pour ce qu'il est vraiment.

Ce roman est diablement efficace malgré quelques baisses de régime, il sait nous faire rire devant l'absurdité de certaines situations, le rythme rapide et enlevé permet de s'immerger intégralement dans la lecture, en oubliant pour quelques temps crise financière et touti quanti. Et ce type de lecture, c'est précieux !

 Ce que j’ai moins aimé :

 La fin, la résolution du « nœud » est tirée par les cheveux sur fond d’asile politique, de clandestins…

 

 

Premières phrases :

 « Je ne savais pas quelle heure il était. Mais il faisait nuit, et j’avais enfin réussi à m’endormir. Combien de temps j’avais dormi, aucune idée, et pendant un bon  moment je ne sus même pas où j’étais. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Le blues du braqueur de banque  ; Imaqa 

 

 Maurice et Mahmoud,

 

Publié dans Littérature Europe

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Désert de LE CLEZIO

Publié le par Hélène

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♥ ♥

"Il n'y avait pas de fin à la liberté, elle était vaste comme l'étendue de la terre, belle et cruelle comme la lumière, douce comme les yeux de l'eau." 

 

L’auteur :

 

J. M. G. Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940. Il est originaire d'une famille de Bretagne émigrée à l'île Maurice au XVIIe siècle. Il a poursuivi des études au collège littéraire universitaire de Nice et est docteur ès lettres. 

Malgré de nombreux voyages, J. M. G. Le Clézio n'a jamais cessé d'écrire depuis l'âge de sept ou huit ans : poèmes, contes, récits, nouvelles, dont aucun n'avait été publié avant "«Le Procès-verbal», son premier roman paru en septembre 1963 et qui obtint le prix Renaudot. Influencée par ses origines familiales mêlées, par ses voyages et par son goût marqué pour les cultures amérindiennes, son œuvre compte une cinquantaine d'ouvrages. En 1980, il a reçu le grand prix Paul-Morand décerné par l'Académie française pour son roman «Désert». En 2008, l'Académie suédoise a attribué à J. M. G. Le Clézio le prix Nobel de littérature, célébrant «l'écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante».

 

L’histoire :

 

La toute jeune Lalla a pour ancêtres les "hommes bleus", guerriers du désert saharien. Elle vit dans un bidonville, mais ne peut les oublier. La puissance de la nature et des légendes, son amour pour le Hartani, un jeune berger muet, une évasion manquée vers "leur" désert, l'exil à Marseille, tout cela ne peut que durcir son âme lumineuse. Lalla a beau travailler dans un hôtel de passe, être enceinte, devenir une cover-girl célèbre, rien n'éteint sa passion pour le désert. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

La structure binaire permet une grande liberté : deux pays Le Maroc, Tanger, puis Marseille la France ; deux époques les années 1910, et les années 1970 ; deux personnages Nour jeune garçon de la tribu des « Hommes bleus », qui va devenir disciple de Ma el Aïnine le cheikh puis Lalla jeune fille vivant dans un bidonville... Cette oscillation incessante entre deux destins donne au roman un rythme lancinant équilibré. 

Nour vit au moment de la pacification du Maroc par l’armée française de 1910 à 1912 et connaît l'échec de la guerre sainte menée contre les Chrétiens par Ma el Aïnine le fondateur de la légendaire Smara. Homme du désert, homme libre, il erre dans le désert sansfin à la recherche de son identité d'homme révolté. Lalla est, au début du roman, une jeune fille heureuse qui aime communier avec la mer et apprécié les bonheurs simples près de la nature :

« Lalla écoute le bruit du vent, elle écoute les voix grêles des enfants bergers et aussi les bêlements lointains des troupeaux. Ce sont les bruits qu’elle aime le mieux au monde, avec les cris des mouettes et le fracas des vagues. Ce sont des bruits comme s’il ne pouvait jamais rien arriver de mal sur terre. » (p. 138)

Elle vit une relation privilégiée avec un jeune berger muet :

« La lumière des étoiles tombe doucement comme une pluie. Elle ne fait pas de bruit, elle ne soulève pas de poussière, elle ne creuse aucun vent. Elle éclaire maintenant le champ de pierres, et près de la bouche du puits, l’arbre calciné devient léger et faible comme une fumée. (…) La soif, la faim, l’angoisse se sont apaisées par la lumière de la galaxie, et sur sa peau il y a,  comme des gouttes, la marque de chaque étoile du ciel.

Ils ne voient plus la terre, à présent. Les deux enfants serrés l’un contre l’autre voyagent en plein ciel. » (p. 220)

Mais elle doit fuir Tanger pour échapper à un mariage arrangé.

Désert nous conte le destin particulier de ces êtres qui quittent leur monde pour un ailleurs censément plus adapté, plus idyllique que ces pays du Sud soumis à une pauvreté innomable. Ils vont apprendre l'un comme l'autre à construite leur identité et leur liberté dans un monde torturé.

Roman initiatique, roman d’apprentissage, ce récit est une initiation au désert comme lieu de la liberté inaliénable, le lieu où l’on peut être soi, lieu de la sincérité de la simplicité de l’être, métaphore de la vraie vie, simple et dépouillée.

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 Je dois avouer avoir moins apprécié les pages consacrés à Nour.

 

Premières phrases :

« Ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient. Lentement ils sont descendus dans la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête de la caravane, il  avait les hommes, enveloppés dans leurs  manteaux de laine, leurs visages masqués par le voile bleu. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Etoile errante

Autre : Eldorado de Laurent Gaudé

 

Désert, Le Clézio, Folio, 1980, 448 p., 8.10 euros

 

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Quand nous serons frère et sœur de Sophie ADRIANSEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un beau conte moderne

 

L’auteur :

Sophie Adriansen écrit par tous les vents depuis longtemps, du long et du court. Elle tient depuis 2009 le blog Sophielit, finaliste du Prix des Bloggeuses de ELLE 2011, et contribue à plusieurs sites littéraires. Elle est est membre de la Société des Gens de Lettres et jurée littéraire pour les Prix suivants : 2012 Prix des lecteurs de l’Express / Prix Rive Gauche à Paris / Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro / Prix des Lectrices Terrafemina - Livre de Poche // 2011 Prix Rive Gauche à Paris / Prix Carrefour du 1er roman (comité présél.) // 2010 Grand Prix des Lectrices de ELLE / Prix Orange du Livre / Prix du Roman FNAC / Prix Carrefour du 1er roman (comité présél.) / 2009 Prix Carrefour du Premier roman

L’histoire :

« Il n’était tout simplement pas comme elle.

Il ne serait jamais son frère, c’était aussi simple que cela.

On ne pouvait se décréter frère et sœur par volonté commune ou désir profond, ni même décision unilatérale, et encore moins parce qu’on avait reçu un bout de papier l’affirmant. »

 

Louisa, la trentaine dynamique et urbaine, n’a jamais connu son père. Par une chaude journée d’avril, elle apprend la mort de celui-ci et découvre dans la foulée qu’il lui a laissé un conséquent héritage. Mais cet argent inespéré est soumis à une condition : elle doit cohabiter un mois avec un frère dont elle ignorait jusqu’à l’existence. Ne se doutant pas qu’elle prend un aller simple pour le début du reste de sa vie, Louisa fait sa valise et débarque à Lougeac, village du centre de la France où elle n’est pas la bienvenue et où les rumeurs vont bon train.

Quand nous serons frère et sœur est une ode à l’échange et à la simplicité qui met en scène l’étonnante rencontre d’une jeune femme enlisée dans son passé, que le mystère de ses origines a rendu méfiante, avec un homme concentré sur le présent, dans un récit servi par une écriture lumineuse. (Présentation de l’éditeur)

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Mon avis :

Quand nous serons frère et soeur est un livre lumineux  optimiste, un bol d’air pour cette jeune femme urbaine qui découvre un nouveau mode de vie, une nouvelle façon d’aborder le monde et la vie. Elle va découvrir un autre monde, d'autres relations et va peu à peu s'épanouir dans cette nouvelle opportunité. 

Petite réserve : la dichotomie entre vie à la ville, vie parisienne stressante et vie calme à la campagne me semble un peu caricaturale, de même que les personnages le sont quelque peu.

Mais il me restera surtout en mémoire après lecture l'impression d'avoir lu un conte tendre, moderne sur l’importance de tisser des liens.

« Tisser des liens, voici ce que je n’ai jamais été capable de faire. Avec moi, ils se sont défaits rapidement. La vie, ce n’est pas ça. Je compte sur vous pour faire mieux. » (p. 204)

Premières phrases :

« Les choses avaient un sens, au-delà des lieux communs qui affirmaient que rien ne survenait jamais par hasard. Et ce sens était à déceler dans l’environnement, à lire dans les éléments, à percevoir dans les attitudes. Il ne fallait négliger ni le langage des corps, ni les métamorphoses des objets, ni les changements météorologiques. Tout cela révélait de menus indices, envoyait d’infimes signaux.»

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Je vous emmène au bout de la ligne de Rodolphe MACIA et Sophie ADRIANSEN

D’autres avis :

Ici : http://www.sophieadriansen.fr/crbst_13.html

 

Quand nous serons frère et sœur, Sophie Adriansen, Myriapode, janvier 2013, 18 euros

 

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Le retour à la terre de Manu LARCENET et Jean-Yves FERRI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

"C'est moi vu par Ferri mais dessiné par moi"

Les auteurs :

Né dans une cabane en planches en bordure d'un champ d'avoine, Jean-Yves Ferri a gardé de ses premières années un amour immodéré pour la glaise du terroir. Nombre de ses albums dessinés témoignent de sa frénésie bucolique : ainsi ses Fables autonomes. Classées à tort dans la catégorie humour, elles célèbret une ruralité âpre et violente, située entre le réalisme social des Raisins de la Colère et le lyrisme printanier d'Oscar le petit canard. La consécration vient avec le personnage d"Aimé Lacapelle". Avec le scénario de la série Le retour à la terre, il tente de réconcilier ville et campagne et d'attirer l'attention sur le sort douloureux des chats déracinés. 

Emmanuel Larcenet, dit Manu Larcenet ou Larcenet, (né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux) est un auteur de bande dessinée français. De 1995 à 2006, il collabore au magazine Fluide glacial, pour lequel il réalise essentiellement des récits humoristiques, tout en publiant des œuvres plus intimes aux Rêveurs, maison d'édition qu'il crée en 1998, avec Nicolas Lebedel. Depuis le début des années 2000, ses albums publiés chez Dargaud, et particulièrement le Combat ordinaire1, en ont fait un des principaux auteurs francophones2.

Blog de Manu Larcenet http://www.manularcenet.com/blog/

 L’histoire :

Que se passe-t-il lorsqu'un natif de Juvisy, riante bourgade de la banlieue parisienne, part s'installer à la campagne au milieu des veaux, vaches, cochons ? Au minimum, un énorme choc culturel. Il faut apprendre à parler le patois, découvrir les effets de l'alcool local et surtout se désintoxiquer du périf. ©Dargaud

 

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 Ce que j’ai aimé :

C'est drôle, bien vu, distrayant, profondément vécu.

Manu décide de partir vivre à la campagne, au début "ce silence partout" est un peu difficile à vivre. Sans parler qu'il se met à chanter du Francis Cabrel à tout va. Bref ce n'est pas la grande forme. Quand il décide de voir un psy il se retrouve à boire du psit orange au bar du coin avant de trouver un vieil ermite dans son arbre tout prêt à jouer les psys.

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Les situations sont absurdes : à la recherche par exemple de gommes blanches impossibles à trouver dans cette région, il est contraint de prendre des boulettes de mie de pain, ce qui lui donne une excellente excuse pour rendre visite à la charmante boulangère.

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Dans le tome 3 sa chère et tendre est enceinte, il lit Florence Pernoud et écoute les dictons pleins de bon sens de Madame Mortemont :" Feuilles à tes trousses, fille blonde ou rousse." 

Il goûte les joies de la campagne : battue au sanglier, manoeuvres politiques, rude hiver, visite de son frère qui serine à longueur de tmps "j'pourrais pas, j'pourrais pas ..."

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Puis la petite Capucine fait son apparition dans le tome 4 et Manu va devoir apprendre à gérer son rôle de papa et de mari attentionné. D'autant plus que Mariette décide de reprendre ses études dans le tome 5. 

Les deux comparses nous parlent simplement de la vie qui passe avec ses angoisses, ses joies, ses cauchemars et ses bonheurs... Une petite merveille d'humanité !

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien, je suis fan !

Vous aimerez aussi :

 De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI

 D’autres avis :

Lecture commune avec Athalie

retour à la terre 1

 BD Mango bleu

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L'arbre à bouteilles de Joe R. LANSDALE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 


 

L'auteur :

 

En 1972, à 21 ans, Joe R. Lansdale publia sa première histoire et avec sa mère, il publia un écrit sur la botanique , qui reçu le prix de meilleur article journalistique.

Ses débuts dans la littérature vont vers le western, la science-fiction, la bande-dessinée puis il glisse peu à peu vers le polar. Il a été couronné de nombreux prix (cinq Bram Stoker Horror Awards, l'American Mystery Award… ). Il est l'auteur de la série "Hap Collins et Leonard Pine" (L'Arbre à bouteilles, Le Mambo des deux Ours… ).

Il partage sa vie entre la littérature et un art martial de son invention, le Shen Chuan qu’il enseigne.

Lansdale vit à Nacogdoches avec sa femme Karen, qui écrit aussi, et ses fils Keith et Kasey. (Source : Babélio)

 

 

L'histoire :

 

Héritier de cent mille dollars et d'une petite bicoque dans un quartier délabré n'est pas si mal et l'oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard... Même s'il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l'on pourrait craindre de pire. Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c'est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés... (Source : Babélio)

 

 

Ce que j'ai aimé :

 

Au centre du roman, un duo improbable qui fonctionne pourtant très bien : ungrand noir homosexuel et un blanc qui a fait de la prison, amoureux desfemmes. Amis envers et contre tout, ils se retrouvent dans cette enquête avec une maison sur les bras, maison ayant appartenue à l'oncle récemment décédé de Leonard. Une maison qui en plus de bénéficier d'un voisinage peu recommandable semble de surcroît cacher des secrets bien sombres... 


Les dialogues sont enlevés, drôles et pertinents :


« - Z'êtes beaux comme une salière et une poivrière tous les deux, dit-elle en collant son œil à son viseur. » (p. 112)


Et l'atmosphère est très juste : les noirs dans ces communautés ne comptent

pas, si des enfants noirs disparaissent, ce ne sera que justice pour les policiers du coin, ils n'enquêteront pas plus avant. Une réflexion sur le mal qui reste protéiforme et mystérieux, s'amorce également : à quoi tient le destin d'un meurtrier ? A une enfance torturée ou à un mal inhérent, tapi  en l'être humain et ne demandant qu'à s'épanouir chez certains êtres humains ?


Une très belle découverte que ce roman alliant humour et profondeur. La perspective d'avoir encore une dizaine de romans de cet auteur à découvrir est proprement jubilatoire pour moi...

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

  • Rien...


Premières phrases :

 

« On était en juillet, on crevait de chaud, je m'occupais de mes boutures, et j'étais loin de penser à des histoires de meurtre.

Dans les champs de roses, tous les boulots sont nuls, les greffes, le bêchage, et le reste, mais le repiquage des boutures, c'est la punition qu'on réserve aux pêcheurs, en enfer. »


Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le mambo des deux ours

Autre : Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS


D'autres avis :


Babélio ; Dasola

 

 

L'arbre à bouteilles, une enquête de Hap Collins et Leonard Pine, Joe R. Lansdale, traduit de l'américain par Bernard Blanc, Gallimard, Folio policier, novembre 2004,  7.50 euros

 


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Expiation de Ian McEWAN

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

 Un chef d’œuvre appelé à devenir un classique du XXIème siècle…  

  

L’auteur :

 

Considéré comme l'un des écrivains britanniques les plus importants, Ian McEwan est lauréat de nombreux prix et membre de la très sélecte Royal Society of Literature. Remarqué dès son premier recueil de nouvelles 'Premier amour, dernier rite', il reçoit le prix Somerset Maugham en 1976. Découvert en France avec 'L' Enfant volé', Ian McEwan interroge dans ses oeuvres, parmi lesquelles 'Expiation' ou 'Délire d'amour', les questions de la sexualité, de l'inceste et du rapport ambigu entre les hommes et les femmes. L'écrivain rencontre l'un de ses plus grands succès avec 'Amsterdam', un ouvrage sur l'ambition et l'adultère qui alimente la controverse. Tourmentés par l'idée de la mort, les livres de McEwan traitent également des grands enjeux spirituels et scientifiques du monde moderne, notamment dans 'Samedi' qui met en scène un neurochirurgien confronté au deuil. Revenu à un univers plus intime avec 'Sur la plage de Chesil' paru en 2008, Ian McEwan s'impose comme une voix essentielle de la littérature contemporaine.  (Source : Evene)

 

L’histoire :

 

Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance ? Un roman dans la grande tradition romanesque, où Ian McEwan, tout en s'interrogeant sur les pouvoirs et les limites de la fiction, restitue, avec une égale maîtrise, les frémissements d'une conscience et les rapports de classes, la splendeur indifférente de la nature et les tourments d'une Histoire aveugle aux individus. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Expiation est un roman complet, admirablement bien construit. Il est divisé en trois parties bien distinctes : la première partie nous plonge dans un monde raffiné, ouaté, protégé au sein d'une grande propriété anglaise. En août 1935, une réunion de famille s'organise, chacun s'agite dans la chaleur caniculaire, la jeune Briony essayant d'accaparer toutes les attentions. Briony est une jeune fille qui joue sa vie, persuadée d'être au coeur d'un spectacle passionnant dont elle maîtrise parfaitement les rôles et les dialogues. Perdue par une imagination passionnée, elle peut aller jusqu'à s'imaginer reine de la soirée à l’enterrement de sa propre mère :

« Elle se voyait debout, seule, au milieu de la grande arène d’un immense Colisée, observée non seulement de tous les gens qu’elle connaissait, mais aussi de tous ceux qu’elle connaîtrait, toute la troupe de sa vie, rassemblée là pour la chérir dans son deuil. (…) Il fallait des témoins. » (p.214)

Petite personne égocentrique, elle a besoin d’être au centre des attentions, elle veut jouer le rôle principal quelle que soit la pièce. Cette aspiration à jouer les jeunes premières la conduira à commettre l’irréparable : pour que le monde qui l’entoure s’adapte à la « pièce de sa vie », elle va transformer la réalité et l’insérer dans son propre scénario.

« Tout collait. Elle le découvrait. C’était bien son histoire, celle qui s’écrivait autour d’elle. » (p. 220)

La deuxième partie du roman nous entraîne au cœur de le guerre, cinq ans plus tard, sur les traces de Robbie. Le monde a basculé et ce qui était stable vole en éclat. La culpabilité, thème phare du roman, est remise en question elle aussi, vivre cette guerre ne peut être que synonyme de culpabilité :

« Vous n’avez tué personne aujourd’hui ? Mais combien en avez-vous laissé mourir ? » (p. 345)

 Dans la troisième partie, nous retrouvons une Briony plus âgée, plus mûre et lucide, une Briony qui va chercher à expier ses fautes.

Mais l'ultime épilogue remet tout en question dans une magnifique virevolte orchestrée par les metteurs en scène de talent que sont Briony et l'auteur... Ce dernier nous mène vers une réflexion profonde sur le pouvoir de l'écriture et de l'écrivain, scénariste, metteur en scène, menteur et affabulateur.

« C’était la pensée, la perception, les sensations qui l’intéressaient, l’esprit conscient, comme une rivière à travers le temps, et la manière de représenter la progression de son cours autant que tous les aflluents qui la gonfleraient, et les obstacles qui la détourneraient. Si seulement elle avait été capable de décrire la lumière limpide d’un matin d’été, les sensations d’un enfant à une fenêtre, la courbe et le plongeon d’un vol d’hirondelles au-dessus d’un bassin. » (p. 370)

Grâce à une étude psychologique très fine placée sous l’égide de Bergson et de Virginia Woolf, Ian McEwan nous offre un chef d'oeuvre inoubliable.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

J’ai lu ce roman pour la première fois il y a 10 ans et à l’époque la partie concernant Robbie à la guerre m’avait semblé longue et violente. A ma deuxième lecture, elle m’apparaît comme totalement cohérente, s’inscrivant parfaitement dans l’ensemble magnifiquement construit du roman.

 

 Premières phrases :

 

« La pièce de théâtre – dont Briony avait conçu affiches, programmes, billets, construit la caisse à l’aide d’un paravent renversé et garni la boîte à monnaie de papier crépon rouge -, elle l’avait écrite en deux jours de furie créatrice, au point de sauter un petit déjeuner et un déjeuner. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Mr.Peanut d’Adam ROSS  

D’autres avis :

 

Karine, Choco Dasola,  Keisha,  Clara Manu

PRESSE : L’express  

 

Expiation, Ian McEwan, traduit de l’anglais par Guillemette Belleteste, Gallimard, 2003,

POCHE :  Expiation, Ian McEwan, traduit de l’anglais par Guillemette Belleteste, Folio, 487 p., 8.00 euros

 

 Billet réédité dans le cadre du blogoclub de juin 2013 

 blogoclub

Publié dans Littérature Europe

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Déception et abandon du mois de mai

Publié le par Hélène

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Et tous mes amis seront des inconnus de Larry McMURTRY

 

Présentation de l'éditeur  :

Danny Deck est un jeune écrivain bien trop sensible. Alors qu’il s’apprête à publier son premier roman, il débarque en trombe dans le cœur de plusieurs femmes : la belle et froide Sally, qu’il épouse sur un coup de tête et qui ne tarde pas à le laisser tomber, une petite amie qui le rend heureux mais ne veut pas rester, une voisine aussi généreuse que dévergondée et une bonne vieille copine qu’il aime en secret. Allant de femme en femme, Danny quitte le Texas pour la Californie, terre promise de ce début des années 1960, en pleine ébullition sexuelle et culturelle. L’amour, la gloire et le Rêve Américain semblent à portée de main. Son périple sera ponctué d’aventures et de rencontres tragi-comiques qui marqueront les débuts dans la vie d’un jeune homme dont le seul tort est de tomber trop souvent amoureux.

    Et tous mes amis seront des inconnus est l’un des premiers romans de Larry McMurtry et sans conteste un des plus drôles. L’auteur de La Dernière Séance signe là un road-trip sensuel et exubérant et dresse le portrait attachant d’un irrésistible vagabond.

 

Mon avis :

Sexe alcool et drogue constitue le fond de la vie de Danny et de ce fait du roman. Ses frasques ne sont qu'une série d'expériences sexuelles, alcoolisées et droguées quelquefois. S'il faut avouer que ses déboires prêtent à sourire, il faut dire aussi que je me suis lassée de son road-movie égocentrique, peu réceptive à cette ambiance du début des années 60. Je devrais le savoir, à chaque fois que je me lance dans un livre de la collection  "Americana" de Gallmeister (Total killer par exemple) je reste au bord du chemin, peu sensible à leur univers. Mais là comme il s'agissait de Larry McMurtry, génialissime auteur de Lonesome dove dont je parle encore avec des trémolos dans la voix et qui a signé mon addiction définitive aux cow-boys, j'ai eu une absence et je me suis lancée dans cette lecture... Mais à même collection, mêmes effets : abandon !

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Le safari des meurtres à sang chaud et autres meurtres de Nicholas DRAYSON

 

Présentation de l'éditeur :

L’honorable M. Malik est très occupé par l’organisation du safari d’observation annuel de l’Asadi Club. Une fois de plus, l’énigme du meurtre de Lord Erroll, un riche Anglais émigré à Nairobi dans l’entre-deux-guerres, refait surface. Une nouvelle hypothèse suscite de vifs débats. Et la mascotte attitrée du club, la dépouille empaillée du lion Kima Killer, jadis célèbre dans la région pour son appétit féroce, disparaît dans des circonstances suspectes. Sans parler de Petula, la fille de M. Malik, qui hésite à se marier, et du ministre de l’Intérieur, un homme qui menace l’Asadi Club de fermeture. Aidé de ses amis, M. Malik va essayer de percer le mystère d’un assassinat vieux de plusieurs décennies, de retrouver la mascotte et de faire sortir de l’ombre la bête la plus dangereuse d’Afrique.

 

Mon avis :

J'avais été tellement emballée par le premier tome des aventures de Monsieur Malik que j'attendais celui-ci avec impatience, trop d'impatience peut-être. Je n'ai pas réussi à rentrer dans l'histoire qui a tendance à s'éparpiller dans diverses directions : l'organisation du safari du titre, un ancien meurtre sujet de discussions interminables entre les membres du club, le retour de Rose, des digressions sur son histoire, le futur mariage de la fille de Monsieur Malik, le retour de Harry le fameux, des rappels du tome précédent. L'ensemble est un peu longuet, beaucoup trop de digressions. Une déception.

 

D'autres avis : 

Yves ; Keisha

 

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Swamplandia de Karen RUSSELL

Publié le par Hélène

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Une visite mouvementée dans les Everglades...

 

L’auteur :

 Originaire de la Floride, où se déroule ce premier roman classé par le New York Times comme un des meilleurs de l’année passée, Karen Russell est considérée par le New Yorker et la revue britannique Granta comme un des vingt jeunes auteurs américains les plus talentueux.

Swamplandia a été un des trois finalistes du prix Pulitzer 2012 (non attribué, les jurés n’ayant pu se mettre d’accord). Il est en cours de traduction dans une quinzaine de langues.

 

L’histoire :

      « Quand on n’est qu’au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j’étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C’est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s’est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l’histoire d’un seul mot : chute. »

Swamplandia a longtemps été le parc d’attractions le plus célèbre de toute la Floride, et sa star, Hilola Bigtree, dompteuse d’alligators de classe internationale, cuisinière exécrable et mère de trois enfants, n’y était pas pour rien. Mais à sa mort, l’entreprise sombre dans le chaos. Seule sa fille Ava, treize ans, semble en mesure de sauver les Bigtree du naufrage et de la menace du Monde de l’Obscur, leur redoutable concurrent… Sélectionné par le New York Times comme l'un des meilleurs romans américains de l'année 2011, Swamplandia plonge le lecteur dans l'univers luxuriant et magique de Karen Russell, dont l'écriture inventive n'est pas la moindre des qualités. 

 Mon avis :

 Je ne m’attendais pas du tout à cela après lecture de la quatrième de couverture : je pensais lire quelque chose de beaucoup plus délirant, or l’atmosphère est plutôt glauque , marécageuse, on ne voit pas bien où veut en venir l’auteure. Passé cette première impression négative, je reconnais que le récit fait preuve d'originalité et d'excentricité avec le destin atypique de ces personnages perdus sur une île et contraint de se confronter au monde pour s'extraire d'ennuis financiers. La mort de la mère obligera tout un chacun à grandir et à assumer ses responsabilités. Mais elle bouleversera aussi profondément l'une de ses filles qui se réfugiera dans un imaginaire débordant et aliénant. Le fils partira vers le continent obnibilé par l'envie de rembourser les dettes de son père, père qui lui aussi partira, laissant la jeune Ava seule avec sa soeur étrange qu'elle essaiera de protéger de ses mauvaises rencontres...

 

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Un contexte humide et sordide : les Everglades, une famille ruinée, un marécage dangereux, un continent aliénant synonyme de grande consommation inutile, le monde de Karen Russell est assez particulier...

Il doit y avoir une allégorie, mais je n’ai même pas eu envie de me creuser la tête, d'autant plus que des longueurs pèsent sur le récit assez souvent…

Une déception...

Premières phrases :

 « Notre mère entrait en scène dans la clarté des étoiles. Qui avait eu cette idée ? Je ne l’ai jamais su. Sans doute Chef Bigtree, et c’était une bonne idée – neutraliser la poursuite pour laisser le croissant de lune se détacher dans le ciel, sans chaperon ; couper le micro, laisser les projecteurs sous leurs paupières de fer afin de permettre aux touristes d’apprécier ce cadre nocturne ; encourager le public à anticiper le palpitant numéro exécuté par la vedette de Swamplandia – la fameuse dompteuse d’alligators : Hilola Bigtree. »

 

D’autres avis :

Presse : http://www.rentree-litteraire.com/auteur/karen-russell/

Blogs : JérômeYvesCathulu

 

Swamplandia, Karen Russell, traduit de l’américain par Valérie Malfoy, Albin Michel, août 2012, 22.50 euros

 

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Luz ou le temps sauvage de Elsa OSORIO

Publié le par Hélène

luz ou le temps sauvage

♥ ♥ ♥ ♥

"Un roman bouleversant et implacable" (Télérama)

 

L’auteure :

  http://www.elsaosorio.com

 

Ce que j’ai aimé :

 

Argentine. Années 70. Des militaires chargés de nettoyer le pays des subversifs, des enfants désirés tombés du ciel, une famille complice et aveugle à la fois, la famille des enfants volés qui cherchent les enfants, et au milieu de cet inextricable situation, des enfants, qui grandissent au sein de familles qui ne sont pas la leur, et qui peuvent à un moment ou un autre se poser la question nébuleuse de leurs origines. Luz est une de ces femmes au destin atypique et tragique, enlevée à sa naissance à sa mère emprisonnée par une famille de militaires. Elle raconte ici son histoire, de sa naissance jusqu’à la recherche de ses origines.

La narration est très vivante : à la première personne, elle entremêle les époques, l’époque actuelle avec une Luz adulte maman d’un petit garçon, et l’histoire de ses parents, les vrais, et les adoptifs. Parallèlement, elle raconte aussi le destin de Miriam, une jeune femme qui a joué un rôle non négligeable dans son histoire. Ce faisceau d’histoires rend le récit dense et profond.

Elsa Osorio est une ancienne opposante à la dictature en Argentine et elle s’intéresse ici aux grand-mères de la place de mai, à ces mères et grands-mères qui recherchent les bébés kidnappés pendant la dictature pour enfin faire la lumière sur une vérité latente violente et meurtrière. Par le biais d’un personnage romanesque fort, elle dénonce cette dictature et insiste sur l'importance pour ces enfants de connaître leurs origines pour se construire une identité propre dans la vérité et vivre ensuite apaisé et en cohérence avec eux-mêmes. Pour ne pas être des ombres, la vérité doit être faite.

500 bébés ont été volés pendant la dictature, 300 d’entre eux connaissent leur situation d’enfants volés, mais seuls 70 connaissent leur origine exacte.

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

L’ensemble est peut-être un peu faible psychologiquement parlant, et le style reste assez basique, mais l’histoire nous emmène tellement facilement au cœur de cette période sombre de l’histoire argentine que ces petits défauts s’estompent au fur et à mesure pour ne laisser en tête que la profondeur et la gravité du thème.

 

Premières phrases :

 

« Luz, Ramiro et leur fils Juan arrivèrent à l’aéroport de Barajas à sept heures du matin d’un jeudi chaud. Dans le taxi qui les conduisait à l’hôtel, Luz leur parla de la Plaza Mayor, des ruelles étroites et mystérieuses, des bars ouverts à toute heure, des femmes au regard hautain qui dansent avec leurs mains comme des oiseaux inquiets. Tu vas adorer le flamenco, Ramiro, et toi Juan je vais t’emmener au parc de Retiro. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Tango

Autre :  Mapuche de Caryl FEREY

 

D’autres avis :

 

Papillon ; AlfieSylire 

 

 

Luz ou le temps sauvage, Elsa Osorio, traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry, Métailié, novembre 2002, 364 p., 12 euros

Poche : en Points 8 euros

 

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