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Carnaval de Ray CELESTIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

De 1918 à 1919 un tueur en série a sévit sur la Nouvelle Orléans, surnommé "Le tueur à la hache". Les premières victimes étaient des italiens, laissant supposer un raport avec la mafia en plein essor dans la ville à cette époque. Le tueur se servait de la presse pour transmettre des messages, dont le plus notoire fut une lettre du 13 mars indiquant qu'il tuerait 15 minutes après minuit, mais épargnerait les habitants qui écouteraient du jazz ce soir-là. Le tueur à la hache n'a jamais été identifié, les meurtres s'arrêtant brutalement. Ray Célestin s'est inspiré de ce drame et de l'effevervescence de la ville à cette époque pour bâtir son roman. Il campe plusieurs enquêteurs : un policier, Michael Talbot, mais aussi Ida, jeune secrétaire de l'agence Pinkerton, aidée par Lewis Armstrong, musicien, et pour finir Luca d'Andrea, tout juste sorti de prison, mandaté par la mafia locale pour découvrir l'identité de ce mystérieux tueur en série. Les trois suivent des pistes différentes qui les mèneront dans des directions opposées.

Si ce sont des personnages forts aux identités bien marquées, la ville de la Nouvelle Orléans est la véritable star du roman, à la fois fascinante et capable des pires horreurs. Malmenée par les éléments naturels, elle est une ville à part, mélangeant les populations francophones et des frontières raciales floues "lieu exotique, une enclave étrangère, cachée au coeur du Sud profond."

"La Nouvelle Orléans était inondée tous les deux ans, les incendies et les tempêtes ne cessaient de détruire ses grandes constructions, le terrain marécageux faisait trembler les rues et s'écrouler les bâtiments. La nappe phréatique était tellement proche de la surface qu'on ne pouvait pas enterrer les morts correctement. Franchement, La Nouvelle-Orléans éait plutôt un symbole de la fragilité de l'homme face à la nature." p. 97

Cette ville de ségrégation et de racisme voit aussi la naissance du jazz, et assiste aux débuts de Louis Armstrong, joueur de cornet dans les bars. Le quartier Storyville vient d 'être fermé, les bordels interdits, privant la ville de toute une partie de son économie. Le climat est tendu, les rivalités ethniques exacerbées. 

Fort de tous ces éléments, ce premier roman bien rythmé est une vraie réussite, envoûtant et passionnant. L'auteur prévoit une suite qui se déroulera à Chicago, quelques années plus tard, sous la Prohibition et avec les mêmes personnages. Vivement ! 

 

Présentation de l'éditeur : Cherche midi  ; 10-18

D'autres avis : Repéré chez Electra, Jérôme ; Babelio 

 

Carnaval, Ray Célestin, traduit de l'anglais par Jean Szlamowicz, 10-18, mai 2016, 8.80 euros

 

Merci à l'éditeur. 

 

 

Publié dans Roman policier Europe

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Le galop du vent sous le ciel infini. Chroniques des terres australes de David LEFEVRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Je rends grâce à cette terre d'exagérer à tel point la part du ciel."

Roger Caillois

Depuis 2010, David Lefevre s'est retiré sur l'île de Chiloé pour vivre en parfaite harmonie avec la nature et s'adonne ainsi à une vie frugale proche de l'autosubsistance. Il consacre plusieurs récits à cette expérience unique comme Aux quatre vents de Patagonie ou le magnifique Solitudes australes. Dans ce Galop du vent sous le ciel infini, il revient vers les origines de cette fascination pour la Patagonie, terre de mythes et d'aventures extraordinaires qui exerce un pouvoir d'attraction immense sur les hommes.

Après s'être abreuvé durant sa jeunesse à des récits d'écrivains amoureux de cette région comme Roger Caillois, Jean Raspail, Cendrars, Supervielle, Saint Exupéry ou encore Bruce Chatwin, sa rencontre avec cet espace "de ciel, de pluie et de vent" sonne comme une révélation : "Dans l'époustouflante beauté de ses paysages, je reconnus l'incarnation d'une sorte d'absolu que depuis toujours je portais en moi". 

Ses rencontres sont marquées par le sceau de l'inoubliable et même les humeurs de ses saisons l'enchantent. Parmi les aventures et les rencontres extraordinaires qu'il a pu vivre sur ces terres australes, il choisit ici de s'approcher de plus près de quelques unes. Il s'attarde notamment sur le marin Charles Milward, oncle de Bruce Chatwin et sur sa fuite épique à bord du Dresden, croiseur allemand pourchassé par la marine britannique dans les mers australes en 1914. En mentionnant Bruce Chatwin et son En Patagonie il s'interroge alors sur les limites de ce récit de voyage, qui a pu quelquefois laisser la réalité historique en suspens. Chatwin a à peine mentionné dans son récit le coup d'état de 1973 et ses conséquences, le pays tout entier étant alors sous le joug d'une dictature militaire répressive et violente. Cet oubli permet à David Lefevre de s'interroger sur l'engagement de l'écrivain voyageur : 

"Je veux croire cependant qu'en certaines occasions, l'écrivain ne peut se contenter d'être un go between, mais un homme capable de s'engendrer lui-même. Je veux croire que son statut peut être la cause d'une inquiétude chaque fois qu'il observe du dehors un monde qui vire au désert glaçant, et ce sans se préoccuper de savoir si ce sera là ou non la source de son malheur ou bien de sa notoriété." p; 192

La puissance des récits de David Lefèvre tient dans cette alliance subtile entre des passages narratifs autour de ses rencontres originales, comme avec cet homme qui tient un cabinet de curiosités préhistorique, sorte de musée officieux, et des réflexions plus philosophiques qui interrogent sa présence au monde. Entre récit, essai, réflexion philosophique, poétique, il rend ici un bel hommage à cette région du bout du monde et à ses habitants.

http://www.evaneos.com/chili/voyage/etape/8907-ile-de-chiloe/

"Pendant des mois, j'ai observé le temps qu'il fait là-bas. J'ai levé les yeux et j'ai connu la part du ciel, cet autre paysage renversé sur le dos des hommes. J'ai vu se faire et se défaire d'indicibles nuages. J'ai vécu cet instant précis où les contours de la terre s'effacent et les saisons s'abolissent. Les pluies m'ont rincé et les vents m'ont envoyé au tapis. (...) Ma propre vérité m'est venue un jour de la bouche d'un gaucho qui me connaisait de la veille, auquel j'annonçais vouloir traverser la Patagonie en marchant sur un seul méridien : "Tu en reviendras la peau et l'esprit burinés, mais tu sauras ce que la nature du monde réserve à ceux qui s'approchent d'elle en la regardant."" p. 15

Ce que j'ai moins aimé : J'avoue m'être perdue dans le cheminement autour de Charles Milward, oncle de Bruce Chatwin et de son aventure à bord du Dresden.  

 

Présentation de l'éditeur : Le Passeur Editions 

 

Le galop du vent sous le ciel infini. Chroniques des terres australes, David Lefèvre, Le Passeur éditeur, avril 2016, 278 p., 19.90 euros

 

Reçu dans le cadre d'une opération Babélio Masse Critique 

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Nord Sud de Elizabeth GASKELL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Margaret Hale est la fille d’un pasteur du Sud rural qui quitte l’Église d’Angleterre pour des raisons de conscience et emmène sa femme et sa fille dans la ville industrielle de Milton dans le Darkshire, où on lui propose un travail de professeur privé. Ils rejoignent ainsi le rude et besogneux Nord industriel qui contraste sévèrement avec le paisible Sud rural et conservateur. Margaret découvre un monde totalement différent de celui qui était le sien, elle, qui vivait chez sa tante, dans un milieu privilégié, se heurte à un monde régi par la révolution industrielle et la montée des syndicats. Ces nouvelles valeurs s'incarnent dans le personnage de John Thornton, un riche manufacturier de la ville que méprise Margaret. Elle se lie au contraire avec les Higgins, des pauvres du quartier pour qui elle éprouve de la compassion. A leurs côtés, elle assiste alors aux premières grèves organisées et voit s'affronter patrons et ouvriers, s'éloignant peu à peu de l'univers qu'elle a quitté, de ces nobles qui se laissent vivre de façon indolente en entretenant des discussions superficielles, quand de l'autre côté, des travailleurs acharnés se battent pour nourrir leurs enfants. La jeune femme prend résolument partie, encourageant un dialogue égalitaire entre patrons et ouvriers, ouvriers qu'elle considère avant tout comme des êtres humains et non pas des outils de production régentés par le monde de l'argent. 

La gare Victoria de Manchester en 1844

lewebpedagogique.com

 

Dans cette magnifique fresque au souffle romanesque puissant, les points de vue différents s'affrontent face au pouvoir industriel, et les préjugés de la jeune Margaret se transforment face à la réalité et face à son ennemi de la première heure, le ténébreux John... 

Elizabeth Gaskell a su trouver le bon équilibre entre romance et roman social pour porter les questions de son siècle sur le devant de la scène, et si les scènes sentimentales flirtent quelquefois avec les clichés, les pages passionnantes sur les grèves rachètent ces légers errements.

Un grand roman victorien. 

 

Présentation de l'éditeur : Points

 

Challenge mois anglais : roman victorien 

Publié dans Littérature Europe

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Le nom des étoiles de Pete FROMM

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Après avoir rêvé pendant des années de s'établir en pleine montagne dans une cabane "introuvable car trop isolée", Pete Fromm s'est installé dans les plaines, à Great Falls, avec sa femme et ses deux fils, passant ainsi "De la nature sauvage à la vie bien sage". Vingt cinq ans ont passé depuis son expérience de gardien d'oeufs de saumon qu'il conte dans Indian Creek, quand on lui propose de s'installer un mois au coeur de la Bob Marshall Wilderness afin de surveiller à nouveau la croissance d'oeufs de poissons. Il voit là l'occasion de renouer avec ses rêves de vie sauvage, et surtout, il pense pouvoir partager cette expérience unique avec ses fils, leur inculquant ainsi davantage encore son goût pour l'aventure et la nature. C'est sans compter sur sa femme et le garde forestier du district, la première n'étant guère enthousiasmée à la perspective d'envoyer ses petits en pleine nature à la merci "des sales bêtes sournoises" comme les grizzlys, "Et il y avait aussi les loups. l'eau rapide et glacée. Les chutes. Les blessures. Les maladies.", et le deuxième avançant des questions de responsabilité en cas d'accident pour poser son veto à la venue des enfants. Pete part donc seul, déçu tant il souhaitait partager sa passion pour l'aventure avec ses enfants.

Mais les premiers vingt kilomètres à cheval pour rejoindre sa cabane font déjà vaciller ses certitudes : ses fils auraient-ils été vraiment à leur place dans cet univers sauvage, où même des chevaux peuvent devenir dangereux, parce qu'ils "sont grands, ils sont cons, et tôt ou tard ils vous flanquent un coup de pied." Quant au grizzly, son omniprésence devient obsédante, le moindre bruit devenant alarme, obligeant Pete à chanter à tue-tête pour chasser l'ombre du danger. Il reste bien conscient que toutes les précautions ne pourront pas empêcher une malencontreuse rencontre. Ainsi, jour après jour, il se résigne et à accepte le bien-fondé des craintes de sa femme et du garde.

Fort de sa solitude, son activité ne lui prenant que peu de temps, il a tout le loisir de se remémorer d'autres aventures, vécues tout au long de sa vie, du temps où il était maître nageur dans le Nevada, guide de rivières sans le parc national de Grane Teton, ou garde forestier au coeur du parc national de Big Bend. Au fil de ses souvenirs il s'interroge sur ce qui a fait de lui un homme, un père, et sur ce qu'il peut transmettre à ses enfants. 

"Je me retrouve au milieu de ma vie, déjà si pleine, où les regrets sont rares, comme de petits tourbillons au sein du courant principal, aucun qui me hante, et pas un, pas un seul qui concernne les jours passés en pleine nature sauvage." 

Les espaces infinis qui l'entourent font naître de vastes questions en son âme sur le sens de sa vie ou sur la direction étrange que peut prendre nos destinées pourtant soumises à un faisceau d'options.  Niché dans sa cabane en tête à tête avec lui-même, il découvrira qui il est vraiment...

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister 

D'autres avis : Litteraventures 

Du même auteur : Indian Creek ; Avant la nuit

 

Merci à l'éditeur.

 

Le nom des étoiles, Pete Fromm, traduit par Laurent Bury, Gallmeister, avril 2016, 272 p., 23 euros

 

 

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La libraire de Pénélope FITZGERALD

Publié le par Hélène

A Hardborough, ville de l'East Anglia, Florence Green, une jeune veuve, décide d'ouvrir une librairie. Les habitants de la ville ne semble guère réceptif à cette idée, mais Florence pense qu'une fois son lieu fétiche ouvert, ils se laisseraont charmer par les livres. Hélas, rien ne se passe comme prévu et la jeune femme se heurte aux notables du village qui ont dans l'idée d'ouvrir un centre artistique plutôt qu'un "magasin". 

Edité une première fois en 2008 sous le titre "L'affaire Lolita", ce court roman vit une deuxième jeunesse sous son nouveau titre chez Quai Voltaire. Ce premier titre faisait allusion au fait que Florence Green choisit de vendre dans sa librairie le célèbre titre de Nabokov, quitte à, une fois encore, choquer ses congénères. Mais là réside le principal défaut de ce roman : tout reste édulcoré, plat, sans grand intérêt, et même un roman sulfureux comme Lolita devient terne dans la librairie de Florence et dans les pages de Pénélope Fitzgerald. Les personnages sont tout aussi creux que l'intrigue, qu'il s'agisse de la discrète Florence, ou même de la dragonne Mrs Gamart. La quatrième de couverture nous annonce une lutte sans merci contre le conformisme ambiant, et si lutte il y a effectivement, elle reste très édulcorée. 

Bref, vous l'aurez compris, ce fut une lecture très décevante jusqu'à la dernière page !

 

Présentation de l'éditeur : Petit Quai Voltaire 

D'autres avis : chez Babélio , des avis tout aussi mitigés que le mien ! 

 

La libraire, Pénélope Fitzgerald, traduit de l'anglais par Michèle Lévy-Bram, Petit Quai Voltaire, Nouvelle édition de l'ouvrage paru en 2006 sous le titre L'affaire Lolita, avril 2016, 176 p., 14 euros

 

Mois anglais 

Publié dans Littérature Europe

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Agatha Raisin enquête. Remède de cheval de M. C. BEATON

Publié le par Hélène

♥ 

Agatha Raisin a pris sa retraite dans un ravissant village des Costwolds, Carsely. Quinquagénaire, elle n' a pas froid aux yeux et en pince pour son charmant voisin James Lacey. Mais après un dernier revers, elle jette son dévolu plutôt sur le nouveau vétérinaire du village, qui ne semble pas insensible à ses charmes. Quand il succombe d'une injection de tranquilisant destinée à un cheval, la police conclut à un malheureux accident. C'est sans compter sur Agatha qui est persuadée que son nouvel hidalgo a été sauvagement assassiné. Accompagnée de son voisin - qui , par un retournement de situation plutôt soudain, ne la prend plus pour une folle qui n'en veut qu'à son corps -, elle part alors sur les traces du tueur -ou de la tueuse- accumulant les bévues et mettant en danger sa propre vie...

Agatha Raisin est une Miss Marple d'aujourd'hui : elle râle, est un peu rustaude, pas très fine, et se comporte souvent comme une adolescente attardée face aux hommes. Elle est l'atout de ce roman dont l'enquête policère traîne un peu en longueur. Sauf qu'il faut, pour apprécier cette lecture, adhérer au dit personnage de Agatha, ce qui n'a pas été mon cas. Je l'ai trouvée ridiculement romantique, et pleine d'incohérences, psychologiquement parlant, tout comme son voisin James. 

Alors oui, c'est un policier distrayant, énergique, gentiment décalé, mais qui demande une certaine empathie envers Agatha ... Il s'agit ici du deuxième tome de la série, le premier étant "La quiche fatale" et cette série connait un beau succés en GB et comporte pour l'heure 27 tomes !

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

D'autres avis : Lecture commune avec Anne ; Sharon  

 

Agatha Raisin enquête. Remède de Cheval, de MC Beaton, traduit de l'anglais par Esther Ménévis, Albin Michel, juin 2016, 

 

Merci à l'éditeur.

 

Mois anglais

Publié dans Roman policier Europe

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Un mois à la campagne de J. L. CARR

Publié le par Hélène

♥ ♥

Durant l'été 1920 eux rescapés de la grande guerre se retrouvent dans la campagne anglaise. 

Tom Birkin est chargé de restaurer une  fresque médievale dans l'église d'Oxgodby quand Charles Moon, archéologue cherche une tombe du XIVème siècle dans le champ près de l'église. Tous deux sont mandatés par une vieille dame qui a laissé un legs pour ces recherches : elle pensait en effet qu'une fresque monumentale était recouverte de chaux dans l'église, et elle supposait qu'un très ancien ancêtre ayant vécu au XIVème siècle était enterré à côté du cimetière (en raison de son déshonneur). Cinquante ans plus tard, Tom Birkin nous raconte cet été inoubliable passé au sein d'une petite communauté, aux côtés de cet archéologue avec qui il sympathisera, et enchanté par la jeune femme du pasteur au charme piquant.

"Ah le bonheur de ces journées-là... bien des années plus tard, il me hantait encore. Parfois, quand j'écoute de la musique, je retourne là-bas, et j'y retrouve tout intact. Cet été qui n'en finissait pas. Le beau temps, jour après jour, les voix qui s'appelaient à la nuit tombante, à l'heure où les fenêtres s'éclairaient ici et là, trouant l'obscurité. Et le murmure des blés sous le vent de l'aube, et l'odeur chaude des épis prêts pour la moisson. Et ma jeunesse.

Si j'étais resté là-bas, y aurais-je vécu heureux ? Non, je ne le pense pas. Tout change, ceux que nous aimions s'en vont, vieillissent, disparaissent, et peu à peu retombe cette ardeur qui nous faisait croire à chaque instant que l'instant d'après serait encore plus beau. C'est maintenant ou jamais ; il faut prendre le bonheur quand il passe." p. 105

Publié en 1980, Un mois à la campagne  est un roman au rythme lent comme les jours qui s'écoulent. Il a obtenu le Guardian Prize et a été adapté au cinéma en 1987 par le réalisateur irlandais Pat O'Connor, avec Colin Firth dans le rôle de Birkin et Kenneth Branagh dans celui de Moon. C'est un roman aux accents proustiens, chantant ce temps qui ne reviendra pas, ce bonheur qui était là sans qu'on le sache, juste dans l'écoulement des jours et dans la plénitude des minutes heureuses...

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud 

D'autres avis : Repéré chez ? Je ne me souviens plus ... 

 

Un mois à la campagne, JL. Carr, traduit de l'anglais par Pierre Girard, Actes sud,  1992, 144 p., 15.50 euros

 

 

Publié dans Littérature Europe

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Code 1879 de Dan WADDELL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"On n'efface pas le passé aussi facilement."

Grant Foster enquête sur la mort d'un homme retrouvé dans un cimetière de l'ouest londonien, amputé de ses deux mains. Une étrange inscription a été taillée au couteau sur sa peau, et pour mieux en comprendre les implications, Foster fait appel à Nigel Barnes, généalogiste professionnel. Un deuxième corps est alors découvert, avec cette même inscription, prouvant que la plongée dans le passé est amplement justifiée : "On peut toujours démolir, changer les noms, essayer de tout faire pour gommer les évènements, le passé finit toujours par ressurgir."

Foster aidé de sa collègue Heather Jenkins, et de leur généalogiste attitré se retrouvent plongés dans les bas fond du Londres vctorien de la fin du XIXème siècle et suivent les méandres d'une enquête criminelle survenue à cette époque. D'autres meurtres risquent d'arriver, une course contre la montre commence alors, les pressant de découvrir les subtils liens qui unissent les deux enquêtes...

L'originalité de ce Code 1879 tient dans ce recours à la généalogie pour résoudre l'enquête. Néanmoins, il s'il met en avant l'importance de connaître son passé pour mieux se comprendre soi-même, il montre aussi les limites de cette théorie dans ce qu'elle peut avoir d'aliénant. Est-il nécessaire de courir après la vérité, et prendre alors le risque de découvrir des cadavres dans le placard ? (vous avez 4h) 

L'intrigue est bien menée, le suspens savamment dosé, les personnages suffisamment épais psychologiquement parlant, bref ce roman est plutôt une réussite. 

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud 

D'autres avis : lecture commune avec Electra ; Babélio 

 

Code 1879, Les enquêtes du généalogiste, Dan Waddell, Actes sud, jenvier 2012, 368 p., 8.70 euros

 

Mois anglais : Meurtre à l'anglaise

Publié dans Roman policier Europe

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L'amour dans un climat froid de Nancy MITFORD

Publié le par Hélène

♥ ♥

L'amour dans un climat froid est la suite de La poursuite de l'amour mais les deux romans peuvent se lire séparément. Ils nous plongent dans le destin de deux familles aristrocratiques de l'entre-deux-guerres, les Montdore et les Hampton. La narratrice Fanny raconte dans le premier tome les difficultés de sa cousine Linda pour trouver l'amour, puis, une fois Linda mariée, elle s'intéresse dans ce deuxième opus aux mêmes difficultés de Polly, fille de Lord et Lady Montdore. L'auteure s'est inspirée de sa propre expérience pour brosser le portrait de ces jeunes filles désoeuvrées dans une aristocratie décadente. 

Le monde des jeunes filles tournent autour du sujet central du mariage, puisque on leur apprend très tôt que "Le mariage est la plus belle de toutes les carrières qui s'offrent à une femme." La tante de Fanny encourage d'ailleurs cette dernière à faire un mariage d'argent plutôt que d'amour puisque l'amour ne dure jamais alors qu'elle pourra jouir de la fortune toute sa vie. Elles passent leur jeunesse à courir après un mari pour ensuite se plaindre dudit mari et des aléas de la vie de couple : 

"Mais, bien entendu, j'avais franchi déjà ce seuil charmant et, plongeant dans la mer bleue des illusions, je nageais vers ce qui m'apparaissait comme les îles enchanteresses du bonheur et n'était, en réalité, que les soucis du ménage, les peines de la maternité, bref, la destinée habituelle des femmes." p. 113

Au-delà de cette vision relativement pessimiste du mariage qui oblige les unes et les autres à courir ensuite après des amants, ce roman tire surtout son intérêt de sa galerie de personnages rocambolesques. Si Fanny est quelque peu ennuyeuse, l'oncle Davey est excentrique à souhait, Jassy et Victoria, capricieuses et fantasques, Boy, vieux satyre qui se retrouve malheureusement piégé, ou encore Cédric, l'esthète héritier qui embellit son entourage apporte humour et légèreté au paysage. 

Peinture d'une époque et d'un milieu, L'amour dans un climat froid fait sourire par sa discrète excentricité.

Ce que j'ai moins aimé Des longueurs -surtout dans le début- et un ensemble assez décousu. De mémoire, j'avais préféré La poursuite de l'amour que j'avais trouvé plus piquant.

 

Présentation de l'éditeur : 10-18 

 

L'amour dans un climat froid, Nancy Mitford, 10/18, juillet 2007, 352 p., 8.10 euros

 

Mois anglais.

Thème du jour : vieilles dames indignes ou indignées

 

Publié dans Littérature Europe

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La chute du British Museum de David LODGE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Mon premier Lodge ! Il fallait le mois anglais pour que je me lance ! Et ce fut un bon choix, un roman que j'ai trouvé drôle et intelligent. 

La chute du British Museum raconte une journée dans la vie d'Adam Appleby, jeune universitaire marié et père de trois enfants (et peut-être 4, il passera sa journée à en douter) Il prépare une thése sur "la structure des phrases longues dans trois romans anglais modernes", le seul souci étant qu'il n'a pas encore trouvé quels sont les trois romans en question ni quelle est la longueur d'une phrase longue... Il rejoint la bibliothèque du British Museum pour travailler sur ce sujet et se fond dans cette faune atypique : "des Américains compétents et consciencieux, vrombissant comme des dynamos, propulsés par des bourses du Musée Guggenheim ; des sikhs enturbannées, s'appelant tous Mr Singh et étudaient tous les influences indiennes sur la littérature anglaise ; des femmes boutonneuses, à lunettes, qui souriaient intérieurement avec cruauté quand elles relevaient une erreur faite par quelqu'un dans une note de bas de page ; et puis les phénomènes du Museum - le monsieur dont la barbe lui descendait jusqu'aux pieds, la dame en short, l'homme qui portait des chaussures dépareillées et une casquette de marin et qui lisait un journal en gaélique, un luth à une corde appuyé sur sa table, la femme qui prisait." p. 84 Son meilleur ami Camel fait partie de cette faune particulière car il prépare lui aussi une thése de doctorat sur les sanitaires -ou leur absence- dans les romans victoriens.  

Lors de cette journée délirante, Adam sera peut-être à l'origine du pseudo incendie du British Museum, il aura le privilège de découvrir un manuscrit rare, mais en échange il devra subir les assauts d'une jeune fille vierge, et d'autres aventures tout aussi rocambolesques échelonneront sa journée. Il évolue de surcroît dans ce milieu universitaire si particulier, avec ses rivalités, ses thèses improbables, ses recherches de toute une vie, ses luttes intestines. 

Malgré tout, la principale préoccupation d'Adam en ce jour, outre ses questions existencielles habituelles comme "où puis-je trouver un quatre pièces à 3 livres 10 shillings et 0 penny par semaine ? Quelle est la définition d'une phrase longue ? Voulez-vous acheter un scooter d'occasion ? Que faut-il que je fasse pour mon salut ?" p. 139, porte surtout sur la question de savoir si sa femme est oui ou non enceinte de leur quatrième enfant. Catholiques pratiquants, ils appliquent en effet les règles de l'Eglise concernant le contrôle des naissances et son interdiction officilelle d'user de contraceptifs artificiels. Pour éviter d'engendrer, ils appliquent la méthode rythmique, qui s'est avérée peu efficace. Elle brime surtout la vie érotique du couple, provoquant frustrations et angoisses. 

Roman comique avec de nombreuses aventures picaresques, La chute du British Museum a aussi la particularité de faire de chaque épisode l'écho -au moyen de la parodie, du pastiche et de l'allusion - de l'oeuvre d'un romancier moderne bien connu (ou pas). Ainsi Adam rencontre Clarissa Dalloway, évoque les souffrances d'un héros de kafka placé dans les dédales de la bureaucratie, imite le style de Conrad, de Graham Greene, d'Henry James, de James Joyce. Les allusions sont subtiles pour le lecteur français, mais peu importe, le sel du roman n'est pas seulement là...  

 

Présentation de l'éditeur : Payot Rivages 

D'autres avis : Lecture commune avec Electra

 

La chute du British Museum, David Lodge, traduit de l'anglais par Laurent Dufour, Rivages poche, 1965, 8 euros

 

Thème du Blogoclub de ce mois : Londres

 

Première participation pour le Mois anglais !

 

Publié dans Littérature Europe

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