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Courts métrages sélectionnés pour le Prix SNCF DU POLAR

Publié le par Hélène

Du 3 au 11 février, se déroule le Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand. La SNCF est partenaire de ce festival, et met en place cette année pour la première fois, un évènement en ligne pour permettre à tous les amateurs de films et de polar de vivre le Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand partout en France ! 


À partir du 8 février 00h00 et jusqu’au 12 février, les 8 courts métrages sélectionnés pour le Prix SNCF DU POLAR sont visibles en ligne gratuitement.


À l’issue de leur séance, les internautes peuvent voter pour leur court métrage préféré qui sera peut être désigné au printemps PRIX SNCF DU POLAR 2017 dans la catégorie Court Métrage.

Pour voir les courts métrages cliquer ici

 

Voici ma brève présentation des courts-métrages, par ordre de préférence : 

Hasta que la celda nos separe / Jusqu'à ce que la prison nous sépare De MARIANA & JOSERRO EMMANUELLI

Deux cambrioleurs pourchassés décident de se marier. Pour ce faire, ils enlèvent le prêtre, les témoins, la demoiselle d'honneur et même ceux qui font office de pères. Puis la police sonne à la porte...

Un magnifique travail sur la lumière, à l'image de l'amour des deux protagonistes prêts à tout pour s'unir avant la prison ou la mort. Leur union illumine ce court-métrage non dénué d'humour. Une belle réussite !

 

Over. Au-dessus de nos têtes De JÖRN THRELFALL

Over présente une scène de crime. Au cours de 9 plans larges, nous observons le déroulement d'une histoire intrigante, racontée à rebours.Que s'est-il passé dans cette discrète rue pavillonnaire ? Un meurtre ? Un délit de fuite ? Un accident ? La réalité est tragique et tout-à-fait inattendue.

La construction est très originale puisque elle fonctionne à rebours, on remonte le temps, ce qui permet d'accentuer l'opposition entre ce cadavre et la tranquillité du quartier. L'incongruité du corps apparait d'autant plus que les plans rappellent combien ce quartier d'Heathrow est dépourvu de danger. La chute est remarquable dans tous les sens du terme...

 

Un petit côté drive De YOANN LUIS

Un père tourmenté accompagne son fils en voiture. Ce dernier va profiter du trajet pour lui annoncer une nouvelle importante…

Une mise en scène très esthétique avec des plans magnifiques qui offre une réflexion sur la tolérance et l'acceptation. Assez glaçant !

 

Simon Parker De YOUNG MIN KIM

Un homme rentre chez lui où l'attend une avalanche de messages vocaux laissés par son ami. Tous évoquent la disparition de sa petite amie.

Un court métrage très froid, à l'image de son personnage principal qui reste de marbre alors que les messages affolés du répondeur s'enchainent à une vitesse vertigineuse. La tension dramatique monte crescendo, pour une fin glaciale !

 

The man from the council / Le syndic De BARNABY SOUTHCOMBE

Un tueur à gage voit sa journée, déjà mal commencée, empirer. Tous ses principes sont mis à l'épreuve par un gamin de 10 ans, une femme au foyer peu coopérative et un voisin indiscret.

Beaucoup d'humour dans ce court, avec ce personnage atypique aux principes fondamentalement humains... Une belle réflexion aussi sur la violence allant crescendo.

 

Premier jour De YOHANN CHARRIN

Safia, jeune policière de 25 ans, réalise son rêve et intègre le prestigieux  36 quai des Orfèvres après 5 années de service à Clichy-sous-Bois. Elle se retrouve confrontée, dès son premier jour, à un dangereux criminel qui met sa droiture à rude épreuve.

Des plans serrés pour un huis clos somme toute assez étonnant, même si je n'ai pas été sensible à l'humour des collègues de Safia, ni au jeu de l'actrice.

 

Hit De DANIEL & JARED DAP

Shane, 24 ans, est recruté par un ami pour cambrioler une usine située dans le voisinage. Rien ne se passe comme prévu.

De hasards en mauvais choix, comment la vie peut voler rapidement en fumée...
 

The Fly la mouche De OLLY WILLIAMS

Au cours d’un braquage, un chauffeur attend dans sa voiture le retour de ses complices pendant 3 minutes insoutenables et dévastatrices. Son boulot, c'est de rester concentré, mais un ennemi implacable va l'attaquer : une mouche  !

Un court-métrage mettant en scène un homme sur les nerfs, rapidement violent tant ses nerfs sont mis à vif par la perversité de son ennemi. L'humour est gâché à mes yeux par la violence des détails...

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Pour Primo Levi de Mario RIGONI STERN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce court recueil rassemble trois petites nouvelles en honneur de Primo Levi et d'un autre ami cher à l'auteur : Nuto Revelli. Ils sont trois garçons d'une vingtaine d'année en 1939 avec de nombreux points communs : l'expérience de la guerre, les camps pour Primo Levi et Rigoni Stern, la libération et les pérégrinations multiples avant le retour au pays. Tous trois éprouvent aussi une attirance magique pour la montagne. Mais surtout, tous trois ont choisi de témoigner, parce que l'écriture s'est imposée à eux comme une nécessité.

Pour eux écrire signifie continuer à résister "en s'acharnant pourtant à préserver, jusqu'à la limite de ses forces, l'étincelle sans cesse remise en cause d'une incertaine espérance." (Post-face de François Maspero)

Leur témoignage résonne dans l'âme du lecteur :

"Dans la présentation de l'édition scolaire, Primo écrit : "Je serais heureux si je sais que ne serait-ce qu'un seul de mes nouveaux lecteurs a compris combien il est dangereux, le chemin qui part du fanatisme nationaliste et de l'abdication de la raison." p. 24

Les nouvelles insistent sur la force de l'amitié reliant les hommes, la solidarité, l'amour du prochain qui sauve l'âme. Les pages de Mario Rigoni Stern rendent magnifiquement hommage à ses amis de coeur, sa ferveur leur redonne vie...

Ce que j'ai moins aimé : J'avais eu ce livre en cadeau, "pour célébrer le dixième anniversaire de La Fosse aux Ours, ce livre nous été gracieusement offert pour l'achat de deux livres Fosse aux ours". Aujourd'hui il est en vente 8 euros, ce que je trouve excessif pour un petit livre qui fait 49 pages, 59 si on compte la postface !

 

Du même auteur : Les saisons de Giacomo ; Hommes, bois, abeilles 

De Primo Levi : Si c'est un homme ; La Trêve

De Benvenuto Revelli : Le monde des vaincus ; Le disparu de Marburg

 

Pour Primo Levi, Mario Rigoni Stern, Traduction et postface de François Maspero, La fosse aux ours, 2012, 8 euros

Un mois un éditeur : La Fosse aux ours

 

 

 

La bonne Nouvelle du lundi chez Martine

Publié dans Littérature Europe

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Eugène Onéguine de Alexandre POUCHKINE

Publié le par Hélène

Ce roman-poème atypique écrit en vers raconte le destin de Eugène Onéguine personnage assez glacé, doté d'un spleen quasi baudelairien. Rien ne le satisfait, il erre loin de toute passion. La jeune Tatiana tombe sous son charme mais Eugène, le coeur glacé, la rejette. Il se lie avec un jeune voisin Lenski, jeune homme exalté et romantique. Mais un drame vient entacher leur relation.

"Par quel hasard être venu ?

Dans mon désert, dans mon silence,

Je ne vous aurais pas connu,

J'aurais pu vivre sans souffrance,

Le feu d'un coeur sans expérience,

Avec le temps, se serait tu,

Quelqu'un aurait compris mon âme,

Je serais devenue sa femme,

Mère et modèle de vertu."

Plusieurs années plus tard, Eugène recroise Tatiana, mariée, et les regrets s'invitent en son coeur... Mais Tatiana est douée d'une dignité toute aristocratique qui récuse l'adultère.

Roman d'un amour impossible, l'intrigue d'Eugène Onéguine reprend les thèmes des rendez vous manqués, de l'amour qui passe trop tôt ou trop tard... Les commentaires ironiques de l'auteur-narrateur qui juge les actions de ses personnages, mais évoque aussi les questions de langue et de style, apportent une certaine légèreté à cette oeuvre.

"Placé du côté de la légèreté, du sourire,le roman de Pouchkine est unique dans la littérature russe : il n'apprend pas à vivre, ne dénonce pas, n'accuse pas, n'appelle pas à la révolte, n'impose pas un point de vue, comme le font, chacun à leur façon, Dostoïevski, Tolstoï, ou, plus près de nous, Soljénitsyne et tant d'autres, Tchekhov excepté. Il nous appelle à vivre, dans notre propre langue, dans une espèce d'anonymat joyeux de la mémoire qui nous ramène, nous aussi, à la légèreté de notre absence." André Markowicz traducteur

Ce que j'ai moins aimé : La traduction ne peut que rendre difficilement hommage à une telle oeuvre. Je n'ai pas été sensible à la poésie du style. De plus, les références littéraires (à Byron et aux romantiques notamment) me sont restées étrangères.

L'âme slave ne m'habite pas, je suis restée fermée à toute éclosion de sentiments en moi à cette lecture.

Bilan :  Pour Nabokov, Eugène Onéguine est «une des œuvres les plus brillantes jamais composées, un classique international aussi grand que Hamlet, ou Moby Dick».

A vous de juger...

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Moka  ; Madame Lit ; L'or des livres

 

Lu dans le cadre du week-end russe organisé par Cryssilda en marge du Festival "Journées du livre Russe et des littératures russophones" qui se tient à Paris ce week-end. 

 

Publié dans Littérature Europe

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Un mois un éditeur - La fosse aux Ours

Publié le par Hélène

Ce mois-ci Sandrine qui organise Un mois un éditeur nous propose de nous pencher sur les Editions La Fosse aux Ours. O joie, il s'agit d'une de mes maisons d'édition favorite, car elle édite des auteurs qui me tiennent à coeur comme Antoine Choplin, Thomas Vinau et Mario Rigoni Stern entre autres :

Vous trouverez déjà en ces pages :

Des romans d'Antoine Choplin à lire absolument (cliquez sur les couvertures pour accéder aux billets) :

 

 

 

Rigoni Stern :

 

 

 

Thomas Vinau :

 

 

 

Et aussi :

 

 

 

A lire aussi de Fusaro : Le colosse d'argile, une petite pépite lue avant le blog !

Ce mois-ci, je relirai donc des romans de Mario Rigoni Stern et je découvrirai le dernier titre de Antoine Choplin Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar.

Publié dans Divers

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Les contes de la ruelle de NIE JUN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans un quartier paisible du vieux Pékin, une petite fille prénommée Yu’er vit avec son grand-père, Doubao. La petite fille souffre d'un handicap : elle est paralysée des jambes. Son grand-père par son amour inconditionnel et sa bonne humeur lui apprend jour après jour à surmonter son handicap. Dans Le rêve de Yu'er, il aide sa petite-fille à réaliser son rêve : apprendre à nager pour se sentir légère et libre comme l'air. Le paradis des insectes est un endroit hors du monde que fait découvrir un petit garçon à Yu'er, un petit garçon qui ressemble étrangement à son grand-père enfant. Le grand-père reprend le service de facteur dans La Lettre pour la plus grand joie de la petite, et enfin dans Vieux bambins, les deux acolytes s'intéressent à Xu Xizhi, peintre du quartier méconnu. 

Le cher grand-père fabrique une bulle de tolérance autour de sa petite fille pour la protéger. Son amour permet à l'enfant de s'épanouir comme les autres enfants, au sein d'un monde poétique préservé. L'imagination permet à l'enfant de s'évader et de gambader librement dans les champs infinis des possibles.

Présentation de l'éditeur : Gallimard 

D'autres avis : Découvert chez Noukette ; Luocine Jérôme

Interview de l'auteur sur France Inter

 

Contes de la ruelle, Nie Jun, traduit du chinois par Nicolas Grivel et Qingyuan Zhao, Gallimard, mars 2016, 128 p., 18 euros

 

La Bd de la semaine est accueillie par Moka

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La piste des soleils de Jack LONDON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le sage indien Sitka Charley s'interroge devant une gravure. Il cherche un sens à cet instantané de vie. Il établit alors un parallèle entre l'art et la vie  "Moi aussi j'ai vu maintes images de la vie, dit-il, des images qui n'étaient pas peintes, mais vues avec les yeux. (...) J'ai vu beaucoup de fragments de vie, sans commencement, sans fin, impossibles à comprendre."

Ainsi l'indien raconte l'une de ses aventures qui commence au bord du lac Lindeman. Il nous emmène à ses côtés dans la mission mystérieuse que s'est assignée une femme qui fuit en avant, poursuivie ou à la poursuite de quelque chose ou quelqu'un. La jeune femme se heurte aux conditions difficiles du grand nord, mais, portée par sa quête, elle continue à avancer, vivante. Elle dépasse ses limites physiques, luttant pour sa survie, grâce à la toute puissance de sa volonté. L'indien, témoin muet de sa fuite en avant aura beau chercher un sens à cette folie humaine, sa question restera à jamais sans réponse. Mais était-il nécessaire de comprendre ?

Si Jack London n'a pas son pareil pour peindre les contrées glaciales de l'Alaska, le froid mordant, les hommes qui avancent contre les éléments et luttent pour leur survie, la force de ses récits tient surtout à leur profondeur.

La Piste des soleils résonne comme un hymne à la création qui fige peut-être les vies des personnages, mais inscrit aussi des moments dans l'éternité. Chercher un sens à la vie comme aux histoires contées n'est peut-être pas tellement nécessaire. Jack London laisse la question ouverte, comme une invitation à interpréter notre propre vie et à lui assigner le sens qui nous convient ...

 

Du même auteur : Smoke Bellew ; Martin Eden

Présentation de l'éditeur : Folio

extrait du recueil L'amour de la vie

Cette mise en abyme de la création a été choisie pour honorer le nouveau rendez-vous hebdomadaire initié par Martine : tous les lundis nous mettrons l'accent sur une nouvelle "La bonne nouvelle du lundi"

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Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai SIJIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Durant la révolution culturelle chinoise, Luo et le narrateur sont envoyés dans un village rural en rééducation. Leur travail n'est guère attrayant, mais leurs jours sont rapidement éclairés par leur rencontre avec la fille du tailleur d'un village voisin. Luo tombe amoureux de la jeune fille et décide de lancer lui aussi son programme de rééducation mais évidemment inverse à celui du gouvernement : il veut cultiver la petite tailleuse. Ils empruntent des romans censurés au binoclard qui cache des livres rares sous son lit, des livres brulés par Mao sur la place publique.

"Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, "Zang Xiang", pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide."

La lecture leur permet de s'évader loin d'une réalité aliénante à l'avenir avorté.

«Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique ; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... Quel éblouissement !
Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara :
- Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde.»

La Petite tailleuse ne sera effectivement plus la même après cette ouverture sur le monde...

Pour la petite anecdote, en 2000, alors que l'auteur Dai Sijie était reçu dans l’émission de télévision littéraire Bouillon de culture7 sur France 2, le présentateur Bernard Pivot ne tarissait pas d'éloges pour ce roman, s'exclamant à la fin de l'émission : « Si vous ne lisez pas Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, alors je ne sers à rien ! »

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Prix littéraires

  • Prix Edmée-de-La Rochefoucauld 2000
  • Prix Relay du roman d'évasion 2000
  • Prix Roland-de-Jouvenel de l'Académie française 2000

 

Balzac et la petite tailleuse chinoise, Dai Sijie, 240 p., Folio, 2001, 7.70 euros

 

Le Nouvel An chinois commence aujourd'hui, pour se terminer le 15/02/2018. Voilà une année du Coq de Feu, car elle est placée sous le signe de l'animal symbolique Coq et de l'élément cosmogonique Feu.

Publié dans Littérature Asie

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LOL est aussi un palindrome de Mathilde LEVESQUE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

- Madame c'est du gâchis que vous soyez prof.
- Ah.
- Vous auriez dû être avocate ou politicienne ou chef de gang, vous savez trop embrouiller."

 

Mathilde Levesque est agrégée de lettres modernes et docteur en langue et littérature françaises. Elle enseigne en zone sensible depuis 2011. Elle a recueilli ici les meilleures répliques de ses élèves de seconde, première et BTS du lycée Voillaume d'Aulnay-sous-Bois où elle enseigne depuis trois ans.

« Au début, je voulais juste garder une trace des échanges en classe qui m’avaient fait rire. Au fil de ces trois années, je me suis donc constitué un petit recueil de citations de mes élèves. C’est mon éditrice, ancienne camarade de classe, qui m’a proposé d’en faire un livre. Je me suis dit que c’était une bonne occasion de montrer que des élèves du 93 peuvent être aussi malins et intelligents que d’autres issus d’établissements plus favorisés », a expliqué Mathilde Levesque, dans une interview accordée à L’express.fr.

Et effectivement, l'ensemble est drôle et bien vu. Les rapports de complicité entre prof et élève sont flagrants, et pourront sans doute revaloriser un métier en perte de vitesse...

Quelques exemples :

En début d'année :

"Madame, "nous serons", ça s'écrit avec un s ou avec un t ?

- ...

- Ah mince... Vous savez pas."

 

 

Les occurrences bien connues de ceux qui côtoient les jeunes de "Madame, vous êtes sérieuse ?" ou les "Avouez" ou les tchip sont nombreuses :

-"A votre avis, quel enseignement peut-on tirer de l'histoire de Narcisse ?

-Qu'il faut avoir nager !

- ...

- Avouez !"

 

"-Mais Madame, comme dit le proverbe : "La vérité prend l'escalier quand le mensonge prend l'ascenseur, mais on verra bien là-haut".

- ...

- Avouez !"

Des questions essentielles :

"Madame, mais du temps de Zola, ils avaient des amendes quand ils conduisaient le tracteur en ayant bu ?"

» Pratiquer l’ironie ou l’auto-dérision avec les élèves, c’est leur enseigner comment ils peuvent prendre de la distance avec ce qu’ils entendent, ce qu’ils voient, ce qu’ils lisent… C’est finalement être capable de rire de tout, y compris de Ronsard et de Corneille! Une compétence essentielle. Quand ils quitteront le lycée, la plupart de mes élèves n’auront plus à faire des commentaires de texte; mais cette capacité à prendre du recul, que nous avons développée ensemble, elle leur servira toute leur vie. »

 

Présentation de l'éditeur : Editions First  Points

D'autres avis : Le Monde

 

Sorti en poche en septembre 2016 chez Points

Publié dans Jeunesse Documents

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Un beau mariage de Molly Keane

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Quelles pauvres choses désarmées la vie fait-elle de nous, avec ses tentations démoniaques !" p. 142

Les Sorrier vivent dans le domaine de Sorristown en Irlande depuis plusieurs générations. Le maître mot du domaine reste l'oisiveté dans laquelle se complaisent les habitants actuels : Roguey, Jer et leur soeur Maeve. Mais un évènement se prépare puisque la délicate Maeve doit épouser le Major Rowland Arthur Fountain, l'homme le plus populaire du comté de Westcommon, réalisant ainsi "un beau mariage". Les demoiselles d'honneur commencent à arriver, et l'équilibre apparent de cette bonne société vacille alors dangereusement ...

Molly Keane peint avec talent les sentiments humains et leur complexité, sachant traquer derrière les convenances le désir animal qui sème rapidement la panique dans l'équilibre fragile de cette bonne société. Les personnalités des uns et des autres ne sont pas toujours en adéquation avec leurs véritables sentiments et penchants, et la vertu elle-même dans toute sa splendeur en prend pour son grade. Dans le monde aigre-doux de Molly Keane, rien ne tient, tout file.

"Son propre coeur réclamait la justice, alors qu'il n'y a pas de justice, seulement des conséquences. Et les conséquences sont les choses les plus inconséquentes et les plus incalculables du monde. Elles peuvent tout aussi bien sauter par-dessus la tête du scélérat impénitent qui les a provoquées, et atterrir, lourdes de calamités, sur l'échine courbée d'une victime, dont le fardeau à porter est déjà au-dessus de ses forces." P. 294

Dans Un beau mariage, son premier roman, l'auteur insiste sur le mystère du mariage résidant sur des sentiments évaporeux qui peuvent s'envoler en quelques secondes ...

 

Du même auteur : Fragiles serments  ; Chasse au trésor 

Présentation de l'éditeur : Gallimard Editions de la Table Ronde

D'autres avis : Lettres d'Irlande et d'ailleurs

 

Un beau mariage, Molly Keane, traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, La table ronde, 1997, 335 p., 8.70 euros

Publié dans Littérature Europe

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La montagne rouge d'Olivier TRUC

Publié le par Hélène

♥ ♥

Dans le Sud de la Laponie des ossements humains sont retrouvés. Leur datation devient un enjeu déterminant alors que se déroule un procès décisif à la cour suprême de Stockholm : il oppose des forestiers et des éleveurs de rennes lapons déchirés pour savoir à qui appartiennent les terres ancestrales de leur région. Qui était là en premier ? De fait, l'origine des ossements est cruciale : sont-ils suédois ou samis ?  Qui a le droit légitime d'occuper ces terres ?

La montagne rouge est le troisième tome des aventures de la police des rennes mené d'une main de maître par le duo de choc Klemet et Nina. Cet épisode se concentre davantage sur les aspects ethnologiques, fournissant un plaidoyer en faveur du peuple ancestral lapon.

Ce que j'ai moins aimé : La montagne rouge est plus un roman ethnologique que policier : l'intrigue est lente, ralentie par toutes les considérations anthropologiques passionnantes du reste, mais qui tiennent davantage du documentaire ou de l'essai que du roman.

Bilan : un opus qui s'adresse davantage aux amateurs d'ethnologie qu'aux lecteurs friands d'intrigue policière.

 

Présentation de l'éditeur : Métailié

Du même auteur : Le dernier lapon ; Le détroit du loup

 

La montagne rouge, Olivier Truc, Métailié, octobre 2016, 512 p., 21 euros

Merci à l'éditeur

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