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Le tireur de Glendon SWARTHOUT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

  

L’auteur :

GLENDON SWARTHOUT (1918-1992) est un auteur prolifique qui s’est illustré dans divers genres littéraires, mais qui était surtout reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’Ouest américain et du western. Plusieurs de ses romans ont été des best-sellers et sept d’entre eux ont été portés à l’écran. Parmi ceux-là, Le Tireur a été mis en scène par Don Siegel en 1976 sous le titre Le Dernier des géants, avec John Wayne dans son dernier grand rôle au cinéma. Ce roman est publié dans une nouvelle traduction intégrale.

 

L’histoire :

Au tournant du XXe siècle, John Bernard Books est l'un des derniers survivants de la conquête de l'Ouest. Après des années passées à affronter les plus grandes gâchettes du Far-West, il apprend qu’'l est atteint d’un cancer incurable : il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Les vautours se rassemblent pour assister au spectacle de sa mort, parmi lesquels un joueur, un voleur de bétail, un pasteur, un croque-mort, une de ses anciennes maîtresses, et même un jeune admirateur. Mais Books refuse de disparaître sans un dernier coup d'éclat et décide d'écrire lui-même l’ultime chapitre de sa propre légende.

À l'instar de Larry McMurtry avec Lonesome Dove, Glendon Swarthout signe avec Le Tireur un western incontournable. Il a été porté à l’écran par Don Siegel en 1976, avec John Wayne dans son dernier grand rôle.

 

Ce que j’ai aimé :

 Le tireur est un homme de légende qui a marqué son siècle. As de la gâchette, il a tué un nombre infini d’hommes si bien que quand il revient dans la petite ville de El Paso, il est observé, craint, envié, adulé. Il s’installe dans la pension de la veuve Rogers, sans savoir qu’il va vivre là ses derniers jours…

Au fil des pages, cet homme cruel s’humanise, les lois de l’Ouest l’ont sans doute contraint à tuer plus que de raison, mais il reste un homme meurtri, seul, qui, à l’heure du bilan, se découvre des sentiments…

 « J'ai eu de bons moments. Mais les meilleurs instants étaient toujours après, juste après, le revolver chaud dans la main, la morsure de la fumée dans mes narines, le goût de la mort sur ma langue, le cœur haut dans la gorge, le danger derrière moi, et puis la sueur soudaine et le néant, et la sensation douce et fraîche d'être né. » (p.162)

 Les vautours ne vont pas tarder à tourner autour de lui, attiré par l’odeur de l’argent et de la mort d’un homme légendaire. Un à un, Books va les repousser pour s’éteindre dignement…

 La scène finale tonitruante va marquer à jamais la légende de cet homme fin tireur…

 Le jeune fils de Bond Rogers, Gillom, est à la fois fasciné et déçu par cet homme aux colts fumants, et il va s’attacher à ses pas, le filant comme une ombre…

 Un western original, crépusculaire

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien.

 

Premières phrases :

 « Il pensa : Quand j’arriverai là-bas, personne ne croira jamais que j’ai réussi un tel voyage à cheval et, Dieu m’en est témoin, je n’y croirai pas non plus.

Il était midi en cette journée maussade. Le soleil était pareil à un oeil injecté de sang dans la poussière. Son cheval souffrait d’une fistule. Une friction entre la selle et la couverture, une

épine, un caillou ou un noeud de fi celle avait créé un abcès au niveau du garrot, profond et purulent, et l’unique traitement, il le savait, aurait été de cautériser la plaie et de la laisser sécher à l’air libre sans remonter sur l’animal, mais il ne pouvait pas s’arrêter. Si le cheval souffrait, l’homme souffrait davantage encore. C’était son neuvième jour de voyage, et le dernier. »

 

Vous aimerez aussi :

 Lonesome Dove de Larry McMURTRY  

 

D’autres avis :

Jérôme

 Jean- Marc 

 

Le tireur, Glendon Swarthout, Gallmeister totem, novembre 2012, 208 p., 9.50 euros

Merci à Marie-Anne des éditions Gallmeister.

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Réanimation de Cécile GUILBERT

Publié le par Hélène

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 « La mort ne possède aucun savoir-faire.

Seule la vie résolvant les contraires, quand elle repart de plus belle, l’été dans le jardin. » (p. 270)

 

L’auteur :

Cécile Guilbert est l'auteur de plusieurs essais publiés chez Gallimard comme Saint-Simon ou l'encre de la subversion (1994), Pour Guy Debord (1996), L'Ecrivain le plus libre (2004), Sans entraves et sans temps morts (2009). Elle a obtenu le prix Médicis de l'Essai pour Warhol Spirit (Grasset, 2008), et cosigné avec Nicolas Guilbert Animaux & Cie (Grasset, 2010). Après Le Musée national (Gallimard, 2000), Réanimation est son deuxième roman.

 L’histoire :

« Blaise vient de fêter ses cinquante printemps. Quelque chose en lui refuse-t-il de naître ? De céder ? De s’ouvrir ? Une délivrance ? Une douleur ? Un remords ? Peut-être. Car soudain tonne le canon qui abat tout, renverse tout, démolit tout. »

 La narratrice et Blaise, mariés, vivent comme des adolescents, des Robinson parisiens, artistes accrochés l’un à l’autre, insouciants. Jusqu’au jour où Blaise est atteint d’une maladie rare, la « cellulite cervicale », forme de nécrose parfois mortelle des tissus du cou. Hospitalisé d’urgence à Lariboisière, Blaise se mue du jour au lendemain en « homme-machine » plongé dans le coma. Alors la peur s'installe. De le perdre. De voir le bonheur disparaître. S'installe aussi la curiosité fascinée de la narratrice pour ce service spécial – la « réa » – tandis que son existence se détraque et se ranime elle aussi...

Récit intelligent et sensible, exercice de mise à distance du malheur, méditation d'une grande douceur sur le temps et l'espérance, les pouvoirs de l'art et de la médecine, les pièges de l'image et les sortilèges de l'imagination, le livre de Cécile Guilbert, traversé de mythes et de contes, et aussi – surtout ? – une lettre d'amour à Blaise.

Mon avis :

Ce mois-ci les lectrices de Elle ont choisi un autre témoignage sur la maladie, du point de vue des proches laissés sur le bord de la route. Je dois avouer que je n’avais nulle envie de lire à nouveau un livre sur la maladie après La tête à Toto le mois dernier –sans parler de La réparation  et Cher Gabriel du mois précédent – d’autant plus que la photo de l’auteure en bandeau fait franchement peur...

 Néanmoins, j’ai été très agréablement surprise par la profondeur du propos et par la beauté du style, mais il n’en reste pas moins que je ne saisis toujours pas bien l’intérêt de ce type de lecture : il s’agit pour l’auteur de se purger, de partager, je le conçois entièrement, mais pour les lecteurs ? Si encore il s’agit d’un lecteur lui-même atteint de ce type de maladie –ou d’une autre- et qui reste avide de trouver un témoignage, une bouffée d’espoir, pourquoi pas. Mais pour les autres ? Entretenir la paranoïa de la maladie, du malheur, se dire que finalement on n’est pas à plaindre ?

Je n’ai rien appris en lisant ce témoignage, j’en ressors indemne…

 Premières phrases :

« Cette année-là, dans les derniers jours de mars, quelque chose a lieu.

Le temps balance entre giboulées hargneuses et fulgurantes éclaircies.

Le soleil s’allume d’un coup dans le bleu lavé pour s’éteindre dans la cendre. »

 

D’autres avis :

Presse : Le monde Le Magazine Littéraire

Blogs : Clara A propos des livres  Nadael  Mango    Théoma

Réanimation, Cécile Guilbert, Grasset, août 2012, 272 p., 18 euros

grand prix lectrices de elle 

 

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Arab jazz de Karim MISKE

Publié le par Hélène

arab-jazz.jpg 

 ♥ ♥ ♥

Grand Prix de littérature policière 2012 

  L’auteur :

 Karim Miské est né en 1964 à Abidjan d’un père mauritanien et d’une mère française. Il grandit à Paris avant de partir étudier le journalisme à Dakar. De retour en France, il réalise depuis vingt ans des films documentaires sur des sujets aussi divers que la bio-éthique, les néo-fondamentalismes juifs, chrétiens et musulmans, en passant par la surdité (pour lequel il apprend le langage des signes).

Ses films sont diffusés sur Arte, France 2, Canal +, Channel four et bien d’autres chaines de télévision à travers le monde. En 1997, il publie dans l’ouvrage collectif Le livre du retour (éditions Autrement), un récit qui relate sa découverte du monde arabe, de l’Afrique et de l’Islam lors de son premier voyage en Mauritanie, à l’âge de quinze ans, ainsi que les rapports complexes qu’il entretient depuis avec les différentes composantes de son identité.

À partir de 2010, il écrit plusieurs tribunes sur la racialisation de la société française pour Rue 89 et Le Monde. Il tient à présent un blog, « Chronique des années dix », sur le site des Inrockuptibles. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 Dans le 19e arrondissement de Paris toutes les communautés, religieuses et ethniques, se côtoient au quotidien. Sushis casher, kebabs, restaurant turc – point de ralliement de tous les jeunes du coin –, la librairie d’occasion farcie de romans policiers jusqu’au plafond, coiffeur juif…

 Seul Ahmed Taroudant – qui a l’horrible privilège de découvrir le corps sanguinolent de sa voisine et amie, Laura Vignola, suspendu au-dessus de son balcon – se tient à distance de cette population cosmopolite : prisonnier d’une histoire personnelle traumatisante, rêveur, lecteur fou de polars… Il constitue le coupable idéal de ce crime abominable.

 Sa découverte l’oblige à sortir de sa torpeur et à collaborer avec le duo de la Crim’ désigné par le commissaire Mercator pour mener l’enquête sur le meurtre : le flamboyant lieutenant Rachel Kupferstein et le torturé lieutenant Jean Hamelot, fils d’un Breton communiste rationaliste, quelque peu égaré dans la capitale. Ensemble, ils ont toutes les cartes pour décrypter les signes et symboles de cette mort ignoble. S’agit-il d’un meurtre symbolique exécuté par un fou de Dieu issu des communautés loubavitch ou salafiste ? Qu’en est-il de l’étrange famille de Laura, originaire de Niort, qui étend son influence jusqu’à New York ? Et de l’apparition dans le quartier du « Godzwill » une nouvelle drogue redoutable ?

 La collaboration des meilleures amies de la victime, Bintou et Aïcha (les sœurs des caïds du quartier), Rebecca – partie à Brooklyn dans l’intention d’épouser un Juif orthodoxe –, avec les lieutenants Kupferstein et Hamelot se révèlera indispensable pour reconstituer la toile d’araignée gigantesque qui, de Paris à New York, tire ses fils entre réseaux de trafics de drogue et communautés religieuses… Arab Jazz, foisonnant, pétri de sons, de musiques et de parfums, est le premier roman de l’auteur : il en a fait un coup de maître. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Karim Miské est un professionnel de l’envol qui sait en quelques lignes nous plonger dans des univers parallèles dépaysant et planants. Son écriture unique, à la fois poétique et onirique,  résonne en parfaite adéquation avec le lieu bigarré dans lequel il place son intrigue. Dans ce 19ème arrondissement animé, se côtoient musulmans, chrétiens, juifs, pour le meilleur et pour le pire. Ahmed se tient à l’écart de cette foule et de sa vie, traumatisé par un évènement de son passé enfoui dans les limbes de son inconscient. Le meurtre de sa voisine va faire remonter les souvenirs honnis, et il n’aura d’autres choix que d’affronter ses démons qui sont aussi ceux du quartier.

 Les enquêteurs dévoyés dans ce nid vont se confronter à tous les fondamentalistes religieux : témoins de Jéhovah, musulmans extrémistes, juifs radicaux, manipulateurs experts capables d’abolir les volontés des plus faibles pour les rallier à leurs causes… Pour démêler les fils de cet imbroglio religieux, Ahmed leur sera d’une grande aide…

 Pour une fois les policiers ne sont pas des gentils blancs comme neige chargés de pourfendre le mal mais plutôt des êtres humains faillibles.

 Karim Miské fait preuve d’un art de l’esquisse dans la description de ses personnages laissant entrevoir les failles sans les sonder, densifiant les personnalités au fil des pages pour créer des silhouettes insaisissables, préservées.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Un peu confus vers la fin...

 Premières phrases :

 « Ahmed regarde les nuages dans le ciel, les nuages qui flottent là-bas, les merveilleux nuages.

Ahmed aime la poésie, pourtant il n’en connaît plus que des bribes qui lui reviennent fugitivement telles des bulles à la surface de l’âme. Souvent les vers arrivent seuls, sans auteur ni titre. »

 

Vous aimerez aussi :

 Passage du désir de Dominique SYLVAIN 

 

D’autres avis :

Presse : Lire  ; Télérama  

 

Arab Jazz, Karim Miské, Viviane Hamy éditions, mars 2012, 350 p., 18 euros

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Coups de coeur 2012

Publié le par Hélène

Romans :

Mes 3 préférés :anima

 

Anima de Wajdi MOUAWAD

 

La nuit tombée de Antoine CHOPLIN

 

Pour seul cortège de Laurent GAUDE

 

Les autres :

 

Rue des voleurs de Mathias ENARD

 

Home de Toni MORRISON

 

Les affligés de Chris WOMERSLEY

 

Dernières nouvelles du Sud de Luis SEPULVEDA et Daniel MORDZINSKI 

 

Les oranges ne sont pas les seuls fruits de Jeanette WINTERSON

 

A la lueur d’une étoile distante de Mary McGARRY MORRIS

 

Ils ne sont pour rien dans mes larmes d’Olivia ROSENTHAL

 

 

Roman policier :

 

Mapuche de Caryl FEREY

 

Cousu main de Carl HIAASEN

 

Comme dans un miroir de Gunnar STAALESEN

 

Cible mouvante de Ross MACDONALD

 

Presque mort de Ake EDWARDSON

 

Le roi Lézard de Dominique SYLVAIN

 

Les chiens enterrés ne mordent pas de Gunnar STAALESEN

 

Le léopard de Jo NESBO

BD :

 Mes 3 préférés :toutseul

 

Tout seul de Christophe CHABOUTE

 

Les ignorants de Etienne DAVODEAU

 

En route pour le Goncourt de Jean-François KIERZKOWSKI et Mathieu EPHREM

 

Les autres : 

 

Simon’cat de Simon TOFIELD tome 1 Une calamité de chat  

 

Far away de Maryse et Jean-François CHARLES et Gabriele GAMBERINI

 

Petit Pierrot : Décrocher la Lune de Alberto VARANDA

 

De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI

 

Furari de Jirô TANIGUCHI

 

Hokusaï de Shôtarô ISHInoMORI

 

Zazie dans le métro de Clément OUBRERIE

 

Jeunesse :

 

Abécédaire des belles choses à faire... de Géraldine COLLET et Nicolas GOUNYabécédaire couv

 

Dragons et dragon de Marie SELLIER et Catherine LOUIS

 

La grotte de Petit Ours de Martin WADDELL et Barbara FIRTH

 

Théâtre :

 

A mon âge, je me cache encore pour fumer de RAYHANA

 

Essai :

 

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain TESSON

 

L’inquiétude d’être au monde de Camille de TOLEDO

 

La part manquante de Christian BOBIN

 

Poche :

 

La fille du cannibale de Rosa MONTEROfille du cannibale

 

Les plus beaux contes zen de Henri BRUNEL

 

Expiation de Ian McEWAN

 

Nous aurons toujours Paris de Eric FAYE

 

Le vent qui siffle dans les grues de Lidia JORGE

 

L’arrière-saison de Philippe BESSON

 

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

 

Imaqa de Flemming JENSEN

 

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Coups de coeur 2012 des blogueurs

Publié le par Hélène

En flânant sur les blog, j'ai glâné quelques tops 10 :

 

Chez Canel 

Kathel 

Noukette 

Théoma

Mango 

Gambadou

Marilyne     

Jérôme

Géraldine

Anne

Anis

  

BD :

Mango 

Noukette

Jérôme

Yaneck

 

Jeunesse :

Noukette 

 

Si vous en avez repérés d'autres, n'hésitez pas à m'en informer, ils sont une source infinie d'idées lmineuses de lectures...

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Tous ensemble, mais sans plus de Georges FLIPO

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

L’auteur :

 Georges Flipo est l’auteur de plus de soixante nouvelles pour la radio (Radio France, France Bleu) et a publié huit livres ; son dernier recueil, Qui comme Ulysse, a été applaudi par la critique et dans les blogs littéraires, avant d’être couronné par le jury du Prix Ozoir’Elles, présidé par Régine Deforges. (Présentation de l’éditeur)

 

 L’histoire :

 – Des pingouins ! Vous êtes comme des pingouins sur la banquise, tous à vous renifler, à lustrer votre plumage… Et vous vous serrez l’un contre l’autre, frissonnants, dès que souffle un vent mauvais… Malheur à l’intrus : vous lui souriez, mais vous le regardez les yeux dans les pieds, à guetter sous ses palmes la moindre fissure de la glace, en espérant qu’elle devienne fracture, béante, qu’elle l’entraîne le plus loin possible, et allez, ciao ! Tous ensemble, bien sûr, mais sans plus. Sans les trop vieux, les trop pauvres, les trop colorés, les trop moches. Sans les trop autres.

– Allons, mon ami, ce ne sont que des mots. Words, words, words…

(Extrait de la nouvelle éponyme) (Quatrième de couverture)

 

Mon avis :

George Flipo nous offre une vision éclairée de la société actuelle : il s'intéresse notamment au sort réservé à nos retraités, aux différences sociales difficilement surmontables, à l'emploi des étrangers, aux luttes de pouvoir pouvant apparaître au sein même s'une relation amicale ou sentimentale … Mais l'auteur ne se cantonne pas à notre société, son sens de l'observation et sa capacité à analyser les situations lui permettent de rejoindre l'universalité de certains thèmes comme la difficulté des relations humaines et du fonctionnement de notre monde en général, le jugement des uns sur les autres sans intelligence, les a priori, l’incommunicabilité entre les êtres...

 Le tout est percutant, servi par un style fluide orné de nombreux dialogues qui rendent le texte vivant et attrayant.

Ce petit recueil de nouvelles, sans être inoubliable, est plaisant à lire, constituant un moment agréable de lecture.

 

Premières phrases :

« Immuables. Les dîners chez les Pontignac étaient immuables jusque dans leur grain de folie. Chaque deuxième samedi du mois. Monsieur et Madame recevaient une vingtaine d’amis, tous gens de bonne compagnie, notables de Nantes dans la cinquantaine avancée, et les répartissaient en trois tables, en imposant la dissociation des couples puisqu’on était à l’âge où le verbe se libère plus volontiers en l’absence du conjoint. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Qui comme Ulysse

Autre : La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

 

D’autres avis :

 Babélio 

 

Tous ensemble, mais sans plus, Georges Flipo, Anne Carrière, octobre 2012, 230 p., 18 euros

 Merci à l’auteur d’avoir fait voyager son livre.

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Tag : quelle acheteuse de livres es-tu ? taguée par Mango

Publié le par Hélène

1) Es-tu une acheteuse compulsive de livres?

 

Oui, j'avoue...

 

 2) À quelle fréquence achètes-tu tes livres?

 
Toutes les semaines environ...

3) As-tu une librairie favorite?

La librairie Antipodes à Enghien les Bains

antipodes.jpg
 
Pour ses libraires dont Linda Cassou toujours de bons conseils...

4) Fais-tu tes achats livresques seule ou accompagnée ?  
 
Souvent seule pour flâner plus longtemps.

5) Librairie ou achats sur le net?
 
Les deux mon capitaine : librairie pour les livres neufs, net pour les livres d'occasion.

6) Vers quels types de livres te tournes-tu en premier ?
 
Les romans, les policiers, les bd.

7) Préfères-tu les livres neufs, d’occasion ou les deux ?
 
Les deux : dans les livres d'occasion, j'aime l'idée que les livres voyagent plutôt que de rester inertes dans une bibliothèque ou, pire dans des cartons dans une cave ! Pour les livres neufs, j'aime le papier lisse, la couverture impeccable, l'objet-livre lui-même, ce qui me fait penser que je ne suis pas prête à passer à la liseuse ! 
 
8) Qu’aimes-tu dans le shopping livresque?
 
La perspective de dénicher un livre qui me fera changer ma façon de regarder le monde, qui m'enrichira, me rendra meilleure...


9) Te fixes-tu une limite d’achat pas mois?

Moi non, ma carte bancaire oui...

10) À combien s’élève ta wish-list?

Je wish beaucoup il faut le savoir...

11) Cite 3 livres que tu veux TOUT DE SUITE!
 
Trop tard, je les ai déjà achetés 
 

12) Pré-commandes-tu tes livres? 

Non.

13) Pourquoi un tel pseudo/nom de blog?
 
Parce que "Hélène je m'appelle Hélène"
Lecturissime est une trouvaille inspirée de mon cher et tendre et comme je suis pour la paix des ménages, j'ai obtempéré en vantant sa brillantissime idée...

14) Parle-nous de ton prof préféré.

 

Elles sont deux :
Caroline Veltcheff, qui fut ma professeure de français en 1ère. Une femme brillante.  Elle a abordé la littérature non pas dans une logique "Il faut le bac, il faut des bonnes notes", mais elle nous a appris à aimer apprendre, elle nous a montré en quoi la littérature pouvait enrichir et changer nos vies. 
 
  Henriette Levillain ma professeure de littérature comparée en licence de lettres modernes et qui a dirigé mon mémoire en maîtrise. Passionnée, exigeante, droite et intègre, elle m'a brillamment aiguillée. Elle m'a permis de découvrir Saint John Perse, elle m'a ouverte à un autre monde ! 

15) Parle-nous de ton premier concert. 

Quel est le rapport avec les livres ?
 
16) Quel est ton endroit préféré au monde? 

Mon premier réflexe aurait été de dire "mon lit",
 
mais ici ce n'est pas mal non plus :
  
ValgaudemarLacLauzon
ou ici :
 
 ile_de_brehat.jpg 
  

17) Un endroit que tu aimerais visiter?

La région des grands lacs américains 
  
canada11.jpg

18) Parle-nous de quelque chose qui te rend complètement folle en ce moment.
Folle ? La bêtise humaine...

19) Si tu pouvais posséder instantanément quelque chose, rien qu’en claquant des doigts, qu'est-ce que ce serait?

Posséder ? Je n'aime pas du tout ce mot consumériste...
 Toutefois, si vous insistez, une de ces maisons devrait faire l'affaire :
maison-au-bord-du-lac.74650.jpg

20) Qui tagues-tu ?
Qui veut...

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Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie OTSUKA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Prix fémina étranger 2012 

 

L’auteur :

 Née en 1962 en Californie, où elle passé toute son enfance, Julie Otsuka, petite-fille d'immigrés japonais, a étudié les beaux-arts à l'Université de Yale et entamé une carrière de peintre. La trentaine venue, elle a décidé de se consacrer pleinement à l'écriture et publié en 2002 un premier roman très remarqué, Quand l'empereur était un dieu, paru deux ans plus tard en France : un livre inspiré par l'histoire de son grand-père, suspecté de trahison après l'attaque de Pearl Harbor en 1941 et interné dans un camp de l'Utah pendant trois ans. Julie Otsuka vit actuellement à New York.

 

L’histoire : 

 L’écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l’auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu’elles n’ont pas choisi.

C’est après une éprouvante traversée de l’océan Pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

  À la façon d’un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leur misérable vie d’exilées… leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail, leur combat pour apprivoiser une langue inconnue, l’humiliation venue des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire… Une véritable clameur jusqu’au silence de la guerre. Et l’oubli.

 PRIX FEMINA ÉTRANGER 2012 (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 Julie Otsuka a choisi un mode narratif particulier pour faire parler ces femmes japonaises au destin atypique : elle a opté pour un « nous » qui permet de donner une voix ample et puissante à ces femmes qui chantent en chœur leur douleur :

 « La nuit nous rêvions de nos maris. De nouvelles sandales de bois, d'infinis rouleaux de soie indigo, de vivre dans une maison avec une cheminée. Nous rêvions que nous étions grandes et belles. Que nous étions de retour dans les rizières que nous voulions si désespérément fuir. Ces rêves de rizières étaient toujours des cauchemars. Nous rêvions aussi de nos soeurs, plus âgées, plus jolies, que nos pères avaient vendues comme geishas pour nourrir le reste de la famille, et nous nous réveillions en suffoquant. Pendant un instant, j'ai cru que j'étais à sa place. »

 Le récit fait fi du pathos, et se contente de nous décrire froidement la vie filiforme de ces femmes arrachées à leur pays natal avec des rêves pleins la tête, et finalement vouées à trimer aux champs aux côtés d’un mari bien éloigné des photos et des lettres initiales… Les enfants qu’elles vont mettre au monde ne seront qu’une maigre consolation, élevés dans la pauvreté, ils n’en seront pas moins américains, et s’éloigneront peu à peu de ces mères japonaises si peu intégrées.

 Mais l’horreur de leur destin ne s’arrête pas là puisque Julie Otsuka aborde également ce sujet souvent passé sous silence : le déplacement et l'internement de quelque 120 000 Japonais, en 1942, après l'attaque, le 7 décembre 1941, par l'aéronavale japonaise, de la base américaine de Pearl Harbor. Un à un ces visages japonais disparaîtront, emportés dans un gouffre qui va les broyer et les mener vers l’oubli. 

 « Un garçon de Parlier a emporté une couverture de flanelle bleue qui conservait l’odeur de sa chambre. Une fille aux longues couettes venant de la petite ville de Tulare a emporté une épaisse craie rose. Elle s’est arrêtée un instant pur dire au revoir aux gens immobiles sur le trottoir et, d’une petit geste rapide, elle leur a fait signe de s’en aller et s’est mise à sauter à la corde. Elle est partie en riant. Elle est partie sans se retourner. » (p. 214)

 Heureusement, la littérature est là pour nous rappeler le souvenir de ces destins malheureux et pour offrir à ces femmes un écrin de mémoire…

  

Ce que j’ai moins aimé :

 La froideur du ton et du style fait que quelquefois on reste en dehors du récit, avec l’impression de lire une liste dépourvue d’humanité.

 

Premières phrases :

« Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n’étions pas très grandes. Certaines d’entre nous n’avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n’avaient que quatorze ans et c’étaient encore des petites filles. »

 Vous aimerez aussi : 

Littérature Asie de l'Est  

 

D’autres avis :

Lecture commune avec Valérie , Mirontaine, Jeneen, Monpetitchapitre, Mélo et Sandrine.

Presse : Le Figaro ; Le Monde ; Télérama

Blogs : Canel ; Théoma ; Kathel, Yv, Aproposdelivres, Canel, Jérôme, Philisine Cave,

 

 Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka, traduit de l’anglais (américain) par Carine Chichereau, Phébus,  août 2012, 144 p., 15 euros

 grand prix lectrices de elle

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Le singe de Hartlepool de Wilfrid LUPANO et Jérémie MOREAU

Publié le par Hélène

                                             singe_de_hartlepool_couverture.jpg

  

"La nation est une société unie par des illusions sur ses ancêtres et par la haine commune de ses voisins." (Dean William R. Inge)


 

Les auteurs :

 

Wilfrid Lupano est né le 26 septembre 1971 à Nantes mais a passé une grande partie de sa vie à Pau, et réside maintenant à Toulouse. Après un Bac littéraire et une année de philosophie à la Sorbonne, il passe finalement une licence d'Anglais. La BD a toujours fait partie de sa vie, et ce depuis son enfance où ses parents en consommaient beaucoup. Cela lui a permis de s'immerger très jeune dans les techniques narratives et la construction de scénario inhérentes à la BD. Mais c'est surtout par une pratique assidue du jeu de rôle en tant que maître de jeu qu'il s'est forgé de réelles compétences en matière d'imaginaire et de narration. Dans un des bars où il travaillait pour payer ses études, il a rencontré ses deux associés actuels : Roland Pignault et Fred Campoy. C'est ce dernier, devenu son ami, qui lui a proposé de se lancer dans l'écriture de nouvelles et de scénarios, en développant avec lui un personnage dans l'Amérique de XIX° siècle : ainsi est né Little Big Joe. Il puise son inspiration dans les bars (puisqu'il tient maintenant Le Filochard à Toulouse) et autres lieux de vie nocturne. Ce sont pour lui de formidables laboratoires de la nature humaine, où la réalité dépasse bien souvent la fiction. Ses influences sont nombreuses et vont du cinéma, avec les frères Cohen, Mc Quarrey, Audiard, Blier, à la littérature classique et la science-fiction. Même s'il a une énorme culture BD, il avoue préférer puiser dans un autre univers la matière nécessaire à son travail. Aujourd'hui, excepté la poursuite des aventures de Little Big Joe, il a de nombreux projets en tête et désire changer de registre pour travailler l'aventure, le polar ainsi que d'autres genres moins conventionnels.

 Jérémie Moreau est dessinateur et coloriste de BD.

Son blog http://mor-row.blogspot.fr/

  

L'histoire :

 

 En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Parmi les débris, un seul survivant : un chimpanzé, mascotte de l'équipage portant l'uniforme tricolore. Mais, dans ce petit village d'Angleterre, où personne n'a jamais vu de Français, l'animal correspond assez bien à l'idée qu'on se fait de l'ennemi. Aussitôt, le singe est traîné en justice, accusé d'espionnage...

 

Ce que j'ai aimé :

 

Les deux comparses nous content une histoire vraie pourtant invraisemblable traitée sur un ton vivave rapide et efficace !

Cette histoire cocasse illustre avec intelligence les méfaits de la haine ordinaire liés à une appréhension de la différence : ces hommes sont ridicules à tenter de prouver envers et contre tout que le singe est bien un français. Sous prétexte qu'il est vêtu de l'uniforme des troupes napoléoniennes, qu'il mange des  grenouilles et des escargots, ils persévèreront dans leur erreur, trop fiers et idiots pour se rétracter !  

  "Des hommes petits, imbibés de nationalisme, ont pendu un singe ! Ah, elle est encore loin la modernité, c'est moi qui te le dis. On est en pleine préhistoire !" (p. 91)

 singe_patterson-dessin-2.jpg

Les dessins s'accordent parfaitement à cet épisode de l'histoire, les personnages sont croqués avec talent, telles des caricatures de racistes ordinaires.

 Un très bel album pour commencer l'année...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

 singe-de-hartlepool-dessin-1.jpg

D'autres avis :

 Presse : Lire

 Blogs : Mango  Noukette Yvan ; Mango 

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Le singe de Hartlepool, Lupano et Moreau, Delcourt, septembre 2012, 14.95 euros

 

BD Mango bleu

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Bonne année 2013 !

Publié le par Hélène

Publié dans Divers

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