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Le camp des morts de Craig JOHNSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

A la maison de retraite de Durant, Mari Baroja s'est éteinte. Il semble toutefois que sa mort ne soit pas entièrement naturelle, ainsi le shérif Longmire ouvre-t-il une enquête qui le pousse à explorer la passé de la vieille dame. Et quelle n'est pas sa surprise de croiser le shérif Connally jouant un rôle non négligeable dans la vie de Mari ! Aidé par son acolyte de toujours l'Indien Henry Standing Bear, le shérif se lance à corps perdu dans cette enquête dans le Wyoming.

Dans cette deuxième enquête de Walt Longmire, shérif devenu mythique dans l'univers du polar, un petit nouveau vient renforcer les rangs de la police, un basque qui s'insère parfaitement dans l'équipe. Il apporte humour et intelligence à l'aventure...

Mes réticences :

C'est le deuxième opus que je lis des aventures de Walt Longmire et je dois avouer que mon enthousiasme n'est pas à son paroxysme, j'ai l'impression que ses romans ne me laisseront pas une impression durable. Bien sûr les personnages sont attachants, les dialogues sont savoureux, le cadre est magnifique, mais il me manque ce petit quelque chose qui bouscule et marque à jamais; plus de réflexions, plus de liens avec les indiens peut-être. Alors oui l'auteur est talentueux, indéniablement, mais personnellement sa lecture ne me bouleverse pas... 

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister 

Dans l'ordre la série des Longmire :

Little bird

Le camp des morts

L'indien Blanc

Enfant s de poussières

Dark Horse

Molosses

Tous les démons sont ici

D'autres avis : sur Babélio 

Lecture commune avec Electra 

 

 

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Suite française d'Irène NEMIROVSKY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ce qui m'intéresse ici c'est l'histoire du monde."

irène Némirovsky a fait une entrée fracassante en littérature avec son David Golder en 1929. Pendant l'année 1941-1942, elle entreprend un travail ambitieux, la Suite française, qui devait comprendre cinq parties. Elle rêvait d' "d'un livre de mille pages, construit comme une symphonie, mais en cinq parties." (préface de Myriam Anissimov) Seulement la guerre rattrapera son auteur, arrêtée puis déportée à Auschwitz.

Seuls deux romans sont achevés,  Tempête en juin qui commence en juillet 1940 et s'axe sous forme de tableaux sur la fuite de nombreux habitants loin de Paris avant l'arrivée des allemands dans la ville, et Dolce, roman décrivant l'occupation dans Bussy, une petite ville de campagne. Le  troisième roman intitulé Captivité devait montrer les origines d'une volonté de résistance, le quatrième et cinquième romans Bataille et La Paix étaient encore flous. Certains personnages se retrouvaient d'une partie à l'autre, dans le but de créer une sorte de Guerre et Paix, une fresque ample et ambitieuse, dans lequel destin communautaire et destin individuel seraient irrémédiablement liés. Son manuscrit sera publié de manière posthume après un voyage qui mériterait à lui seul un roman...

Ainsi, elle nous raconte l'Histoire avec un grand H à travers des destins individuels. "Le plus important ici et le plus intéressant est la chose suivante : les faits historiques, révolutionnaires, etc., doivent être effleurés, tandis que ce qui est approfondi, c'est la vie quotidienne, affective et surtout la comédie que cela présente." (Annexes Notes manuscrites d'Irène Némirovsky sur l'état de la France et son projet Suite Française, relevées dans son cahier)

Dans Tempête en juin, elle met en scène la famille Péricand, parents et enfants. Le jeune Hubert s'échappe pendant l'exode qui doit les mener à Nîmes et cette expérience participera à son apprentissage de la vie. Il découvrira l'autre côté de l'exode, les portes closes, les réfugiés qui pillent, le désordre, la lâcheté, la vanité, l'ignorance. Son frère Philippe, prêtre, fera aussi cette expérience cruelle. L'auteur peint également le destin de Corte, écrivain imbu de sa personne, et des Michaud, des employés de banque qui doivent rejoindre Tours et s'inquiètent pour leur fils Jean-Marie parti au combat. Ce dernier est blessé et soigné dans une famille de paysans à Bussy.

Bussy, petit village que nous retrouvons dans Dolce à travers le destin de Lucile Angellier dont le mari est fait prisonnier par les allemands et condamnée à vivre avec sa belle-mère qui ne l'apprécie guère. Elles doivent accueillir un allemand dans leur maison. Si Madame Angellier montre son mépris de l'ennemi de façon ostentatoire, les sentiments de sa belle-fille Lucile se font plus complexe face à cet homme, qui avant d'être un soldat allemand, est avant tout un être sensible, animé par les mêmes passions que la jeune femme. Une douce relation s'installe entre eux : "Jusqu'au soir, rien, des heures lentes, une présence humaine, un vin léger et parfumé, de la musique, de longs silences, le bonheur..." 

Parallèlement Madeleine, qui avait abrité le jeune Jean- Marie, se doit d'épouser Benoît, son promis qui revient de la guerre, tout en espérant toujours secrètement le retour de Jean-Marie. Le couple abrite quant à eux un interprète allemand qui n'est pas insensible au charme de la jeune paysanne. 

Par le biais de ces personnages, les sentiments contradictoires qui animent les français occupés sont mis en valeur : ce savant mélange d'attirance - répulsion pour les allemands qui anime la jeune Lucile, mais aussi d'autres personnages : "Elle eut presque peur des sentiments qui s'éveillaient en elle et qui ressemblaient à ce qu'elle eût éprouvé en caressant une bête sauvage, quelque chose d'âpre et de délicieux, un mélange d'attendrissement et de terreur."

"La guerre... oui, on sait bien ce que c'est. Mais l'occupation en un sens, c'est plus terrible, parce qu'on s'habitue aux gens ; on se dit : "Ils sont comme nous autres après tout", et pas du tout, ce n'est pas vrai. On est deux espèces différentes, irréconciliables, à jamais ennemis."

Dans ce roman bouleversant, Irène Némirovsky nous offre un tableau complet et vivant de cette période historique, éclairant les hypocrisies et les humanités des uns et des autres. Un grand roman, digne de Guerre et Paix...

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Lu dans le cadre du Blogoclub consacré aujourd'hui à Irène Némirovsky

 

Publié dans Littérature Europe

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Un employé modèle de Paul CLEAVE

Publié le par Hélène

Joe n'aime pas les humains. Mais il aime les chats. Et les poissons rouges. Joe aime un peu Sally. Joe ne pourrait pas vivre sans sa maman. Mais il aimerait aussi l'empoisonner. Joe ne sait plus bien comment son père est mort. Peut-être y est-il pour quelque chose. Joe veut se faire passer pour un attardé. Mais Joe est serial killer. D'une froideur et d'une intelligence telle que après avoir tué six femmes, pas un indice ne remonte à lui. Et pourtant Joe travaille comme homme de ménage au commissariat, il évolue sous les yeux des inspecteurs. Qui sont peut-être eux-mêmes des attardés, qui sait ? 

Bref, Joe est vexé parce que un meurtrier a copié son mode opératoire de serial killer super intelligent pour tuer une jeune fille à qui Joe n'avait rien à reprocher. Enfin on se demande si cela existe une jeune fille à qui il n'aurait rien à reprocher... Rapport à sa mère sans doute ultra envahissante. 

Joe enquête donc pour trouver l'usurpateur, et bien sûr, il va rapidement y parvenir, lui -rapport aux flics hyper benêts sans doute- 

Joe est antipathique disons le clairement, et comme tout le récit -ou presque- est conduit par son point  de vue interne, le roman devient antipathique. Sally, la cruche du commissariat aurait pu sauver le roman et lui apporter un côté humain, mais elle reste effacée derrière sa croix et ses remords parce que ô mon Dieu elle ne s'est pas bien occupée de son frère qui est mort par sa faute. Pauvre Sally. De sympathique elle devient pathétique.

Bref un roman antipathique et pathétique à éviter !

 

Présentation de l'éditeur Livre de Poche Sonatine 

D'autres avis : Babelio 

 

Un employé modèle, Paul Cleave, traduit de l'anglais (Nouvelle-Zélande) par Benjamin Legrand, Sonatine, 2010, 423 p., 22 euros

paru également en livre de poche 

 

Lecture commune pour Lire le Monde autour de cet auteur originaire de Nouvelle-Zélande.

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Matin brun de Franck PAVLOFF

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Sait on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?"

Charlie et son copain vivent à une époque trouble : la montée de l'Etat Brun. On leur demande d'abord de se débarasser de leurs chiens et chats s'ils ne sont pas bruns. Il se plient. Mais à trop se plier ne risque-t on pas d'être confronté au pire ? Et l'escalade du pire se construit petit à petit avec le secours de ces hommes qui ne veulent pas admettre la vérité, ou préfèrent le déni à l'action. Des hommes qui pensent que de petites compromissions ne sont pas graves : 

« Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles. »

AInsi, ils cherchent à s'adapter progressivement à l'horreur de cet Etat Brun, la normalité et le regard d'autrui étant plus importants pour eux que l'exercice de leur raison propre. De compromissions en compromissions, la dictature se met en place...

Franck Pavloff avait écrit ce texte après la révélation d'alliances de candidats de partis classiques avec le Front National au deuxième tour des élections régionales, en 1998, l'Etat Brun faisant référence aux "chemises brunes" des miliciens nazis. Matin Brun est le texte d'un auteur en colère contre ce qu'il nomme "le repli sur soi". 

Publié pour la première fois en 1998, Albin Michel propose en 2014 une nouvelle édition avec les illustrations du célèbre artiste de Street Art C215.

 

Ce texte court et puissant d'une simplicité glaçante mérite d'être lu et relu pour éviter le pire...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

 

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Alvin de Renaud DILLIES et Régis HAUTIERE

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥ ♥

"On n'a que deux vies, la deuxième commence le jour où on réalise qu'on n'en a qu'une."

Gaston l'ours bougon a perdu son ami de coeur le jeune Abélard au regard mélancolique. Inconsolable, il traîne son désespoir dans les bars de New York, peu réceptif au monde impitoyable qui l'entoure et lui a ôté son seul ami. Il se confie de temps à temps à Purity, une prostituée au grand coeur. Quand celle-ci est tabassée à mort par un client, Gaston lui promet d'éviter à son fils Alvin l'assistance publique. Ainsi, le voilà accompagné d'un nouvel être en mal d'amour, un jeune orphelin récalcitrant, boudeur, que Gaston décide de ramener à sa famille. Commence alors un périple auquel va s'adjoindre "le bizarre", Jimmy, un compagnon atypique qu'ils ont extirpé des griffes d'un prédicateur fou. 

Dans le tome 2, Gaston et Alvin s'apprivoisent doucement au rythme des questions du jeune garçon qui derrière ses airs réfractaires cache une envie tenace de connaître le monde. Ils arrivent dans le bayou et se heurtent alors aux préjugés du Sud.

 

Alvin de Renaud DILLIES et Régis HAUTIERE

Cette fable philosophique éclaire les âmes des ours bougons que nous sommes d'une aura particulière. Elle chante l'éloge de la différence et de l'entraide avec une tendresse toute abélardienne. Le jeune Abélard illumine toujours le monde des étoiles qu'il a rejointes, et ses petites phrases philosophiques jalonnent le chemin tortueux qu'empruntent Gaston et ses acolytes. 

De là-haut, il nous prend par la main et avec sa naïveté légendaire nous laisse croire à cette petite fable optimiste qui distille ses leçons de tolérance.

Un bel album touchant...

Alvin de Renaud DILLIES et Régis HAUTIERE

Présentation de l'éditeur : tome 1 Dargaud tome 2 Dargaud  Le-Bal-des-Monstres ; 

Des mêmes auteurs : Abélard

D'autres avis : Jérôme ; Noukette ; Mo 

 

Merci à Marie de la Fnac.

 

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Déneiger le ciel de André BUCHER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

David a soixante ans et vit dans une ferme isolée au-dessus de Sisteron. La veille de Noël, son ami Antoine doit le rejoindre. Seulement il se fait attendre si bien que David décide de partir à pied pour aller au-devant de lui. Commence alors un voyage halluciné dans la neige qui l'environne et engloutit peu à peu tout autour d'elle. Les ombres des disparus dansent avec les flocons virevoltants, étourdissant l'âme de David. La neige colporte les souvenirs. 

David reient sur la vie simple qu'il a choisie, une vie en harmonie avec ce qu'il est : 

"Je me lève tôt, je cours dans les bois en parlant aux vaches. Je plante des arbres, j'en coupe quelquefois. Sinon, l'hiver je dégage les routes, sauf que cette année, je suis à pied. Mon tracteur est en panne.

- Et là ce soir tu fais quoi ?

- Je ne sais pas trop. Disons que je déneige le ciel. Je creuse un sillon dans ma poitrine." p. 66

Par quelques scènes simples et émouvantes, ANdré Bucher nous fait ressentir l'importance de se sentir utile, d'agir, malgré la neige, d'avancer, de sortir pour ne pas sombrer et pour que le ciel s'illumine. Les pensées s'allègent alors, les certitudes s'affirment , les morts s'enterrent. 

A défaut de déneiger les routes, David déneigera son esprit,  et déneigera les êtres et ce qui les entrave.

Le récit poétique d'un esprit hanté par sa vie...

 

Présentation de l'éditeur : Sabine Wespieser 

D'autres avis : Clara ; Jérôme  ; Sylire  ; Yves 

 

Déneiger le ciel, André Bucher, Sabine Wespieser, poche, novembre 2015, 146 p., 8 euros

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Ruy Blas de Victor HUGO

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥

"Oh! s'il est vrai que Dieu, par un prodige étrange

En nous donnant l'amour, voulut mêler en nous

Ce qui fait l'homme grand à ce qui le fait doux."

 

La reine, femme du roi Charles II  s'ennuie loin de son Allemagne natale. 

"Pauvre femme ! passer tous ses jours dans la gêne, 

Au fond de cette cour insipide ! et n'avoir

D'autre distraction que le plaisir de voir,

Au bord de ce marais à  l'eau dormante et plate,

Un vieux comte amoureux rêvant sur une patte !"

Seule distraction dans ses journées mornes, la découverte quotidienne d'un bouquet de ses fleurs préférées sur un banc. Elle apprend rapidement que ce don miraculeux est le fait de Don César, un noble. Ce qu'elle ignore est que celui qui se cache sous les traits de Don César n'est qu'un valet, un "ver de terre amoureux d'une étoile", simple outil de la vengeance d'un grand d'Espagne, Don Salluste, disgracié par la reine. Seuls les sentiments de Ruy Blas sont véritables, tout le reste n'étant que faux semblant visant à discréditer la reine. 

Quel sort subira cet amour impossible qui cherche à s'affranchir des lois sociales ? 

Ruy Blas est un symbole puissant pour le romantique Hugo : héros romantique, il a soif d'idéal et vit son amour fantasmatique dans un lyrisme brûlant. Mais il représente aussi le souffle de la révolte puisque pour l'auteur le peuple doit pouvoir accéder aux plus hautes fonctions de la nation. Ruy Blas incarne ce potentiel révolutionnaire du peuple. Face à une noblesse décadente, la vacance du pouvoir permet tous les espoirs.

Hugo malmène les règles classiques dans ce drame romantique : la règle des trois unités n'est guère respectée, l'alexandrin est disloqué et enfin le grotesque cotoie le sublime, parce que seule cette alliance garantit une représentation fidèle de la vie sous tous ses aspects. 

Un drame romantique aux nombreuses ramifications, puissant et émouvant.

 

Vous aimerez aussi : 

Du même auteur : Préface de Cromwell

Autre : On ne badine pas avec l'amour de Musset

Sur l''auteur : Larousse ; BNF 

Sur l'histoire : http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/ruy-blas/accueil2.html

 

Ruy Blas, Victor Hugo, Belin Gallimard, Classico lycée, 3.55 euros

Je conseille cette édition, parfaite pour les lycéens car elle comporte un dossier complet en fin de volume avec des fiches sur ce qu'il faut retenir. Très didactique.

Publié dans Théâtre

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Mon top 100

Publié le par Hélène

Français :

Bobin au choix  Les ruines du ciel  L’homme-joie Eloge du rien  ; La dame blanche  ; L'épuisement 

Besson L'arrière saison

Brunel Contes zen

Choplin La nuit tombée

Chamoiseau Le papillon et la lumière

Dugain La chambre des officiers

Fermine Neige

Ferney Grâce et dénuement

Gaudé Le soleil Scorta

Gallay Les déferlantes

Giono Que ma joie demeure

Humbert L'origine de la violence

Hunzinger La survivance

Carole Martinez Coeur cousu

Léon Mazzella Les bonheurs de l'aube

Martin Pavloff Matin brun

Marcel Proust A la recherche du temps perdu

Raymond Queneau Zazie dans le métro

Pascal Quignard Des solidarités mystérieuses

Vallejo Les soeurs brelan

Théâtre : 

Anouilh Antigone

 

Européens :

 

Royaume-Uni :

Austen Persuasion 

Wilkie Collins Armadale

Durrell Ma famille et autres animaux

Follett Les piliers de la terre

Fletcher Un bûcher sous la neige 

Von Arnim L'été solitaire

Wood Le complexe d'Eden Bellwether

Nuala O'Faolain Best love Rosie (Irlande)

Agus Battements d'ailes (Italie)

De Luca Trois chevaux (Italie)

Mario Rigoni Stern En attendant l'aube (Italie)

Franceschini Dans les veines ce fleuve d'argent (Italie)

Henrichs La joueuse d'échecs (Allemagne)

Patrick Suskind Le parfum (Allemagne)

Flemming Jensen Imaqa (Danemark)

Jorn Riel Les racontars celtiques (Danemark)

Andrei Kourkov Laitier de nuit (Ukraine)

Charles Lewinsky Melnitz (Suisse)

Henning Mankell Comedia infantil (Suède)

Vilhelm Moberg La saga des émigrants (Suède)

Audur Ava Olafsdottir Rosa candida (Islande)

Sofi Oksanen Purge (Finlande)

Rosa Montero La fille du cannibale (Espagne)

Jorge Le vent qui siffle dans les grues (Portugal)

 

Asiatiques : 

Adiga Le tigre blanc (Inde)

Wajdi Mouawad Anima (Liban)

Tschinag La fin du chant (Mongolie)

Zoya Pirzad Le jour avant Pâques (Iran)

 

Américains

Bass Là où se trouvait la mer

Dean Moore Petit traité de philosophie naturelle 

Fromm Indian creek

Golden Geisha

Guthrie La captive aux yeux clairs

Hubbell Une année à la campagne

Kressmann Taylor Inconnu à cette adresse

Harper Lee Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Jack London Smoke Bellew

Norman MacLean La rivière du sixième jour

Larry McMurtry Lonesome dove

Dan O'Brien Brendan prairie

Eden Robinson Les esprits de l'océan

Glendon Swarthout Homesman

Canada : 

Dupont La fiancée américaine 

Jacques Poulin La tournée d'automne 

Lucie Lachapelle Rivière Mékiskan 

 

Jacques Roumain Gouverneurs de la rosée (Haïti)

 

Amérique du Sud :

Elsa Osorio Luz ou le temps sauvage (Argentine)

Antonio Skarmeta Une ardente patience (Chili)

 

Australiens :

Cook Le koala tueur

 

Africains

Koffi Kwahule Les recluses (Côte d'ivoire)

Chimamanda Ngozi Adichie L'hibiscus pourpre (Rwanda)

Karel Schoeman En étrange pays (Afrique du Sud)

 

Récit de voyage :

David Lefevre Solitudes australes

Tesson Dans les forêts de Sibérie

 

Policiers :

Bard La frontière

James Lee Burke Swan Peak

Chesbro Bone

Carr La chambre ardente

Edwardson Un cri si lointain

Ferey Mapuche

Tony Hillerman

Harvey De chair et de sang

Indridason La rivière noire

Lehane Gone baby gone

Lansdale Le mambo des deux ours

Mithell La morsure du lézard

Meyer L'âme du chasseur

Manook Yeruldelgger

Niel Ce qui reste en forêt

Staalesen Pour le meilleur et pour le pire

Sylvain Passage du désir

Stone Tonton clarinette

Jack Trevor Story Mais qui a tué Harry

Truc Le dernier lapon

Tapply Casco bay

Vargas

Williams Fantasia chez les ploucs

Westlake Pierre qui roule

 

et à part Thomas La patience des buffles sous la pluie

 

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Les neiges de Damas de Aude SEIGNE

Publié le par Hélène

Enchantée par le précédent recueil de cette auteure intitulé Chroniques de l'occident nomade, je me suis précipitée sur celui-ci. Il raconte l'histoire d'Alice qui dépoussière, photographie et répertorie les tablettes sumériennes dans le sous-sol du Musée national de Damas. Alice raconte cette aventure six ans plus tard, en 2014, quand la Syrie qu'elle a connue a définitivement disparu... La jeune fille évoque les coulisses du conflit avec délicatesse et intelligence. Ce récit est aussi prétexte pour parler du passage à l'âge adulte et de la découverte du décalage inaltérable entre rêve et réalité...

Mes réticences : plusieurs époques s'entrecroisent au fil des chapitres : 1770 avant Jésus Christ, 2005 avec narrateur qui s'exprime à la troisième personne et décrit Alice, puis le point de vue interne de Alice en 2005 toujours, 1980 avec Adam Compagnon, etc...  Pourquoi ne pas choisir seulement deux époques et résolument la première personne propre aux récits de voyage ? L'ensemble m'a semblé embrouillé, et assez détaché, impersonnel.

Seul le style, toujours aussi travaillé, sauve le roman à mes yeux.

Une déception...

 

Présentation de l'éditeur : Editions ZOE

Site de l'auteur : Aude Seigne 

D'autres avis (divisés) sur Babelio 

 

Les neiges de Damas, Aude Seigne, Editions Zoé, janvier 2015, 188 p., 17 euros

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En étrange pays de Karel SCHOEMAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥  

"Chacun de nous doit supporter sa propre solitude." p.217

Sur les conseils de son médecin, Versluis, un bourgeois hollandais vient soigner sa maladie des poumons aux confins de l'Afrique, à Bloemfontein, en Afrique du Sud. Il est censé tirer profit de l'air sec du "veld". Il s'installe d'abord à l'hôtel avant de trouver refuge dans la pension de Mme Van der Vliet. Son univers se réduit à la communauté hollandaise et allemande de la petite ville. Il fréquente d'abord les Hirsch, une famille tonitruante, pour qui ce nouvel arrivant constitue un palliatif à leurs habitudes de colons. Mais Versluis ne tarde pas à se lasser de leurs conversations mondaines, le pays et l'approche de la mort réclament pour lui plus de calme et de paix. Ainsi, il se rapproche du pasteur Scheffler et sa famille qui lui apprennent peu à peu à apprivoiser le vide de cet étrange pays.

"Il aurait aimé trouver les mots afin d'évoquer pour eux l'éclat blanc de cette chaleur de l'après-midi. Il aurait aimé trouver des mots pour décrire l'aspect désolé du veld qui entourait la ville, et les sensations d'inquiétude et de joie qu'il éveillait en lui. Mais les mots existaient-ils ? Possédait-il le langage nécessaire à de tels récits ?" p. 78

Jour après jour, visite après visite, il tombe sous le charme du bonheur calme de cette famille et son univers s'éclaire en découvrant d'autres moeurs. 

"C'était ainsi que vivaient les gens, se dit-il - ils s'asseyaient ensemble dans la clarté des lampes pour boire du café, ils jouaient de la musique ensemble, ils parlaient ensemble, et ils n'avaient pas besoin de beaucoup de mots parce qu'ils connaissaient les mêmes choses et qu'ils partageaient un vaste espace commun de référence. Plus tard, dans le ville obscure et moribonde où il souhaita bonne nuit à Mme Van der Vliet avant de se retirer dans sa chambre, dans la nuit profonde où les animaux nocturnes hurlaient et où les aboiements des chiens se répondaient, il se rappellerait que d'autres gens vivaient leur vie, regardaient la pendule, écoutaient un instant pour vérifier s'ils entendaient un bébé pleurer, avant de se retourner en souriant vers leurs compagnons." p. 226

Le pasteur et sa soeur ont vécu au coeur du pays, au plus près des locaux et leur regard sur la colonisation est très opposé à ceux des hollandais et allemands de la communauté : 

"Parfois, je pense que nous avons échoué. (...) Nous avons apporté la civilisation ici ; nos maisons et nos églises ; nos meubles, nos livres et nos modes d'Europe : nous avons apporté ici sans qu'on nous le demande et nous l'avons entassé comme si l'Afrique était une sorte de tas d'ordures, et nous sommes venus vivre ici selon les modèles que nous ou nos parents avons apportés d'ailleurs. Nous vivons de souvenirs et nous nous entourons de fantômes, et quant à l'Afrique elle-même, nous ne la voyons que de loin, deriière les rideaux en dentelle que nous avons accrochés devant les fenêtres de nos salons. (...) Quant aux Noirs que ne leur avons-nous pas fait ? Nous leur avons fait des cadeaux douteux, les maisons et les églises européennes, l'argent, l'alcool et des maladies qui leur étaient totalement inconnues.D'un côté nous avons essayé de les élever, comme nous disons, sans qu'ils nous l'aient jamais demandé, et de l'autre nous les repoussons chaue fois qu'ils s'approchent trop et que nous nous sentons menacés. Qu'avons-nous fait de ce pays ? Et de quel droit ?" p. 248

Cette "histoire d'une âme en quête du dépouillement absolu" résonne dans nos âmes émues bien après la dernière page tournée... Elle nous parle philosophiquement de la mort non pas comme une fin, mais davantage comme une paix de l'âme et du corps. Les paysages désolés du veld s'accordent parfaitement avec l'esprit en délition de Versluis. L'étrange pays n'est-il pas l'aboutissement d'une vie que le vide envahit ?

http://southafricaphotoblog.tumblr.com/

"Ne plus faire qu'un avec cette terre, comme les dieux et les esprits dans d'autres pays, et dans le même temps lui permettre de ne plus faire qu'un avec soi, dans l'obscurité parmi les pierres, les racines et le gravier." p.254

Aux confins du monde et de sa vie, Versluis rencontrera peut-être enfin la plénitude de l'humanité...

 

Présentation de l'éditeur : Phébus ; Libretto

Du même auteur : Cette vie

 

En étrange pays, Karel Schoeman, traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Phébus, février 2007, 20.30 euros, 11.80 en libretto

 

Je remercie Sandrine et son Lire le Monde consacré aujourd'hui à Karel Schoeman et sans qui je n'aurais sans doute pas relu cet auteur pourtant si profond !

 

Publié dans Littérature Afrique

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