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Photo du mois - Orange

Publié le par Hélène

Thème: Orange, choisi par Xoliv' (http://xoliv.blogspot.fr)

 

Petite explication de l'auteur: ORANGE, la couleur du bonheur (dixit le musée Beaubourg) alors mettez de l\'orange, un ou plusieurs éléments vous êtes libre dans votre photo. Vous avez droit à tout ce que vous voulez et à toutes les nuances d\'orange sauf les couchers de soleil qui seront bannis (trop facile) hihihi
Voici donc mon choix, symbole du bonheur :
Photo du mois - Orange

Publié dans Photographies

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Mary Anne de Daphné DU MAURIER

Publié le par Hélène

 ♥ ♥

"La malchance était un méchant lutin, il fallait lui cracher à la figure, la combattre, l'écraser ; la fortune était une proie à saisir et à ne plus lâcher ; la vie, une aventure, une alliée et non une ennemie."

Ce que j'ai aimé :

Mary Anne Clarke est la trisaïeule de l'auteure : sa fille, Ellen, épousa Louis-Mathurin Busson du Maurier et fut la mère du caricaturiste George du Maurier (1834-1896) et donc la grand-mère de la romancière Daphné du Maurier. Cette dernière nous conte la destinée hors du commun de cette courtisane renommée du fin XVIIIème, éprise de liberté et prête à tout pour mettre ses enfants à l'abri du besoin. 

Filles des rues, elle passe son enfance dans l'impasse de Bowling Inn à Londres, dans une famille modeste rapidement à court d'argent à cause des errances de son beau-père. Gamine intelligente et débrouillarde, la jeune Mary Anne espère des jours meilleurs et pense qu'en se mariant avec John, jeune héritier prometteur, elle pourra enfin sortir de la misère. Mais elle comprend  rapidement que son mari n'est pas le riche héritier talentueux qui lui promettait un avenir à l'abri du besoin, et malgré son attachement pour lui, elle cherche alors une autre voie vers son destin. C'est alors que l'opportunité de devenir une courtisane vendant ses charmes aux grands de ce monde se présente à elle. Et c'est ainsi qu'elle deviendra la maîtresse du duc d'York fils du roi et chef des armées britanniques en lutte contre Napoléon. Mais Mary Anne en veut toujours davantage, refusant de retourner au ruisseau en fonction des désirs aléatoires d'un homme...

Daphné Du Maurier nous offre un portrait vibrant et pathétique de cette femme victime de la condition féminine de son époque, une jeune femme prête à payer n'importe quel prix pour acquérir une certaine forme de liberté.

"Les matins avaient toujours le même parfum frais et excitant, et la mer de Boulogne étincelait comme jadis à Brighton. Elle quittait ses souliers, sentit le sable sous ses pieds nus, l'eau entre ses orteils. "Mère !" s'écriaient les vierges et vestales accourues en agitant leurs ombrelles... mais c'était cela, la vie, cette exultation soudaine, cette joie sans cause qui vous animait le sang, à huit ans comme à cinquante-deux. Cela s'emparait d'elle à présent comme toujours, flot ardent, griserie. Ce moment compte. Ce moment et pas un autre." p. 403

Ce que j'ai moins aimé :

Le premier chapitre présente la fin de la vie de Mary Anne et des êtres qui l'ont aimée, ce qui dévoile déjà certains aspects de son histoire... Je n'apprécie pas tellement ce prodécé qui fait commencer par la fin.

De nombreux détails financiers alourdissent le récit et l'épisode du procés est très long !

Présentation de l'éditeur :

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Rebecca

Autre : Les forestiers de Thomas Hardy

D'autres avis :

Lu dans le cadre du mois anglais, ce jour était consacré à la romancière Daphné du Maurier

 

Publié dans Littérature Europe

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Le phare, voyage immobile de Paolo RUMIZ

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Solide et retranché dans le bas, comme une forteresse, léger et lumineux dans le haut, le phare est en plus un magnifique mirador, un aimant irrésistible pour les pensées vagabondes." p. 85

Ce que j'ai aimé :

Au printemps 2014 l'auteur s'isole sur une île dans un phare au milieu de la Méditerranée. Son île fait 1km de long sur 200 mètres de large. Ce voyageur insatiable qui a longé les 7000 kilomètres des frontières de l'Europe, de l'Arctique à la mer Noire, traversé les Balkans, franchi les montagnes à la recherche d'Hannibal, descendu le cours du Pô, va vivre ce printemps-là un voyage immobile au milieu de la mer, avec comme seuls compagnons les gardiens du phare et les cormorans. Lui qui pensait s'ennuyer est vite pris dans les activités du phare qui ne lui laisse guère de répit :

"Faire le pain, vérifier le baromètre, monter dans la lanterne du phare pour y lire le livre fait exprès pour ça, sortir pêcher, mitonner un risotto, tenir bien propre son espace personnel, explorer la montagne et la ligne des brisants, éliminer les déchets de la meilleure façon possible. Contrôler le générateur et la pompe à eau. Apprendre le nom des vents; Et surtout, si on est curieux, on n'a pas assez de temps pour enregistrer tout ce qui vous environne. On passe son temps à courir partout, comme un damné." p. 71

Il se laisse aussi bercer par les tempêtes, apprend à discerner les différents vents et à profiter du temps qui court. 

"La soirée est sereine, le vent tombe, les goélands gonflent leurs plumes, enfin paisibles. En bas, bien planté sur la roche, un cormoran sèche ses ailes ouvertes dans la brise. Le soleil descend rapidement dans la mer, on croirait qu'il lance un dernier cri. Je ne trouve pas de paroles pour décrire la procession de taches de lumière qui arrivent sur les flots depuis l'est, et de l'autre côté l'archipel de rides que provoquent les ultimes rafales, labourant les ondes comme une prairie. Au sud, très, très loin, un cortège de navires. Au nord, plus loin encore, l'ombre d'une île aussi longue qu'un cachalot." p. 36

Ses divagations le portent aussi bien vers le dépeuplement des fonds marins "il suffirait d'une pause d'un an, d'une seule année, pour repeupler les fons, mais les nations souveraines s'en fichent bien." "si les poissons hurlaient dans les filets, peut-être comprendrions-nous." p. 61 que vers notre addiction au cyberespace : " l'absence de navigation dans le cyberspace m'a dévoilé les horizons infinis de la navigation en mer, et aussi de celle qui existe au-dedans de moi." p. 155

Un beau texte pour prendre le temps de s'arrêter...

Ce que j'ai moins aimé :

Malheureusement, pour moi, ces pages manquent de poésie. Vers la fin par exemple il compare un cormoran à un drone et là je me suis dis que nous n'appartenions décidemment pas au même monde...

Présentation de l'éditeur :

Hoëbeke 

D'autres avis :

Dominique

 

Le phare, voyage immobile, Paolo Rumiz, traduit de l'italien par Béatrice Vierne, Hoëbeke, avril 2015, 168 p., 16 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Récits de voyage

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Les vieux fourneaux tome 2 Bonny and Pierrot de Paul CAUUET et Wilfrid LUPANO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Nous retrouvons les joyeux drilles du tome 1 avec un plaisir identique ! Chacun a repris le cours de sa vie après leur virée italienne. Pierrot reçoit un don "pour la cause" signé d'une mystérieuse Ann Bonny. Il se retrouve ainsi plongé dans son passé, sur les traces de la belle Ann, militante de la première heure. Parallèlement une manifestation s'organise à Paris à laquelle Antoine participe. Les trajectoires des comparses vont se recroiser sur Paris sur l'île de la Tordue...

Nos p'tits vieux préférés continuent leurs actions militantes sous le collectif "Ni yeux ni maître". Ils usent cette fois-ci d'armes révolutionnaires à l'inventivité remarquée pour créer des "attentats gériatriques". D'autres personnages peuplent le monde déjanté de ces "vieux fourneaux" comme la Francine de la Rochebonnefoy qui s'initie avec brio au hacking dans le but de pirater le site de Nadine Morano, avec l'aide de Arnaud, hacker accroc aux granolas, Robert fasificateur de talent, des infrimières dénudées, Sophie, gaffeuse professionnelle qui tente de préparer son jeune bébé Juliette au monde de demain ...

Leur bonhomie cache quelquefois des failles, les plongées dans le passé ne sont pas toujours bénéfiques, peut-être vaut-il mieux quelquefois rester ancré dans le présent pour garder les souvenirs intacts...

Des dialogues savoureux, des personnages attachants et une action qui décoiffe, une lecture à recommander pour se secouer les méninges !

Ce que j'ai moins aimé :

Tome moins tonitruant que le tome 1, les histoires sont moins reliées entre elles, plus anecdotiques.

Présentation éditeur :

Dargaud

Vous aimerez aussi :

Le tome 1

D'autres avis :

JacquesNouketteMo ; Jérôme

 

 

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Agnès Grey de Anne BRONTE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Agnès vit dans le nord de l'Angleterre dans une famille de pasteur. Ses parents ayant connu des revers de fortune, elle leur propose de s'engager comme gouvernante dans des familles des environs pour les aider financièrement. Confrontée à des enfants turbulents, gâtés, sa première famille les Bloomfield la déçoit cruellement. Puis, elle entre chez les Murray, ayant cette fois en charge des enfants plus âgés.

Agnès Grey est le premier des deux romans édités par la plus jeune des soeurs Brontë. Elle s'est inspirée de sa propre expérience de gouvernante pour nourrir ses pages et souligne ainsi les difficultés rencontrées à cette époque victorienne par les gouvernantes aux situations précaires, soumises aux caprices des enfants et au laxisme des parents. Mais en souhaitant donner un versant didactique avant tout à son roman, en instruisant son lecteur sur les grandes maisons à l’époque victorienne, la jeune Anne s’excuse quasiment d’y insérer une romance…

Anne Brontë est moins connue que ses soeurs, et pour cause, son roman est moins dans la finesse, moins "gothique", moins romantique, moins passionné que ceux de ses sœurs. Ses personnages sont plutôt stéréotypés : la jeune frivole, le garçon manqué, le méchant pasteur… Son Agnès elle-même, personnage principal, apparaît assez fade, effacée, elle se présente comme un modèle de vertu et semble s’excuser constamment de penser à des sentiments aussi prosaïques que l’amour…

Une lecture agréable mais qui ne vaut pas les chefs-d'oeuvre des autres soeurs Brontë !

Présentation de l'éditeur :

Imaginaire Gallimard 

Vous aimerez aussi :

Jane Eyre de Charlotte Brontë

Les hauts de Hurlevent de Emily Brontë

D'autres avis :

Claudia Lucia 

Babelio

 

Agnès Grey, Anne Brontë, traduit de l'anglais par Dominique Jean, L'imaginaire Gallimard, Première parution en 1933 ; Trad. de l'anglais par Dominique JeanTraduction nouvelle en 2001; Collection L'Imaginaire (n° 449), Gallimard, 2011, 308 p., 

 

Publié dans Littérature Europe

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Les comptines du monde de Didier Jeunesse

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Présentation de la collection :

Didier Jeunesse 

Ces livres-CD allient des illustrations colorées et des musiques envoûtantes venues des quatre coins du monde. La collection offre un éventail très large des cultures d'ailleurs : basques, tsiganes, d'Afrique noire, arméniennes grecques turques et kurdes (miel et pistache), Brésil et Portugal (papagaio), créoles, juives, slaves, asiatiques, corses, bretonnes, Inde Pakistan, Maghreb, ces albums permettent à nos enfants de s'immerger dans un autre univers, de voyager par l'imagination, et de s'ouvrir au monde et à la tolérance. 

Les paroles et la traduction des comptines ou berceuses sont proposées de façon à rendre encore plus accessible l'ailleurs...

A vivement conseiller !! 

Mon préféré (et celui de mes enfants) :

Comptines et berceuses tsignanes 

 

Publié dans Jeunesse Album

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Le principe de Jérôme FERRARI

Publié le par Hélène

Mon avis :

Jérôme Ferrari s'intéresse ici à un physicien allemand Werner Heisenberg qui a élaboré le fameux - pour les spécialistes- "principe d'incertitude". Vous ne connaissez pas ? Moi non plus. Mais nombre de lecteurs de ce roman m'avaient assuré que le fait de ne RIEN connaître en maths ne gênait nullement la lecture. J'aurais peut-être dû précisé que question physique j'étais aussi restée au niveau CP... 

Donc le principe d'incertitude...

"Depuis que Max Planck avait découvert le quantum universel d'action, cette funeste constante h qui avait, en quelques années, contaminé les équations de la physique avec la célérité maligne d'un virus impossible à éradiquer, la nature semblait prise de folie : des brisures discrètes fissuraient l'antique continuité des flux d'énergie, la lumière grouillait d'étranges entités granuleuses et, dans le même temps, comme si ce n'était pas suffisant, la matière se mettait à rayonner sauvagement dans un halo fantomatique d'interférences."

Voilà voilà. Je me suis demandée si Ferrari n'avait pas volontairement cherché dans le dictionnaire de la physique les termes les plus compliqués pour les adjoindre sans réel sens, j'avoue avoir eu un doute que pourra peut-être dissiper Phili, spécialiste es maths et physique !

Je me suis accrochée pourtant, par respect pour mes acolytes Jérôme, Béa et Phili avec qui nous avions prévu cette lecture commune. 

J'ai donc tenté de passer outre le sens pour m'intéresser à la poésie de la phrase. Et je n'ai plus rien compris au roman. Evidemment. De nombreux personnages apparaissaient, disparaissaient, la guerre a fait son entrée, et là je suis revenue en terrain connu -parce que l'histoire, quand même je maîtrise plus que les maths- Le roman s'est centré sur le problème moral du développement de la bombe atomique.  Je n'ai rien appris de neuf, je n'ai pas tremblé, je n'ai pas pleuré, je n'ai pas hurlé "eurêka" dans ma salle de bains avec l'impression d'avoir découvert le secret de l'humanité ou d'avoir enfin compris quelque chose au monde qui nous entoure et à ses étranges habitants. J'ai alors à nouveau douté du talent de Ferrari. N'endort-il pas son lecteur avec de belles phrases pour cacher le vide de son propos ? 

Lire la critique de Télérama m'a quelque peu orienté vers le sens -ou le non sens- de ce roman : "En brossant le portrait du physicien qui inventa le principe d'incertitude, Jérôme Ferrari dit l'incapacité des êtres à tout comprendre du monde." De fait Ferrari aurait écrit un roman incompréhensible pour que le lecteur se prenne soudain pour Socrate ? L'article précise aussi que l'un des thèmes du livre est la transmission, ironique non ? 

Bref, dans ce sens, cela a fonctionné, j'ai refermé cet ovni en philosophant : "Je sais que je ne sais rien."...

Présentation de l'éditeur :

Actes sud 

Vous aimerez aussi :

J'ai aimé de cet auteur Un Dieu un animal, lu avant le blog. Mais détesté Le sermon de la chute de Rome. Je pense que je ne vais pas persévérer avec lui, nos relations vont s'arrêter là...

D'autres avis :

Lecture commune avec Jérôme (pour qui c'est un gros coup de coeur), Béatrice et Phili qui a également adoré !

Sur Babélio j'ai trouvé de nombreux acolytes qui comme moi sont restés sur le bord de la route scientifique...

D'autres comme ClaraDominique ; Alex ont aimé.

A vous de voir !

 

Le principe, Jérôme Ferrari, Actes sud, 2015, 16.50 euros

 

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Lignes de fuite de John HARVEY

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Karen Shields, inspectrice d'origine jamaïcaine enquête sur le meurtre d'un jeune moldave découvert gelé sous la surface d'un étang gelé dans le parc de Hampstead Heath. Parallèlement, Trevor Cordon, policier mis au placard dans une petite ville de Cornouailles, recherche une jeune femme qu'il a connue quinze ans plus tôt, et qui s'est dangereusement rapprochée de gangsters ukrainiens. Les deux histoires vont évidemment se croiser, à Londres. Les deux enquêteurs se ressemblent dans leur acharnement : ni l'un ni l'autre n'abandonne, malgré la violence de leur quotidien, malgré la tristesse de découvrir ces destins brisés, malgré le risque. Le travail est au centre de la vie des deux personnages, laissant peu de place à d'autres considérations. 

"Vous avez beaucoup de travail, en ce moment... Vous vous en sortez ?

Karen soupira. On faisait ce qu'on pouvait. Consciencieusement. En s'efforçant d'éviter les erreurs. Et à la fin de la journée, on rentrait à la maison. sans jamais parvenir à tout laisser derrière soi, au bureau. 

Comme si c'était possible." p. 168

Les chapitres courts donnent une impression de fluidité dans la lecture. Pas de fioritures, l'essentiel seulement, pour aller droit au but. 

Un roman très juste, efficace.

Ce que j'ai moins aimé :

- Peu marquant, il n'est pas mon préféré de l'auteur. 

Présentation de l'éditeur :

Payot rivages 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : De chair et de sang Traquer les ombres  ; Le deuil et l'oubli   ; Cold in hand 

D'autres avis :

Télérama

Jean-Marc 

 

Lignes de fuite, John Harvey, traduit de l'anglais par Karine Lalechère, Payot-rivages, 363 p.,  21 euros 

 

Lu dans le cadre du mois anglais organisé par Cryssilda, Lou et Titine

C'est aujourd'hui la journée du polar anglais.

 

 

Publié dans Roman policier Europe

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Les forestiers de Thomas HARDY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Après avoir accompli ses études, Grace Melbury est de retour dans son village natal Little Hintock. Elle est destinée à Giles Winterbone, en raison d'une promesse conclue entre son père et celui de Giles. Mais le séjour de Grace loin de la vie campagnarde l'a transformée, et son mariage avec Giles n'est plus aussi évident qu'autrefois... Quand de surcroît elle rencontre le nouveau médecin de la région, Edred Fitzpiers, ses certitudes et celles de son père vacillent.

Grace est une jeune fille indécise, perdue entre ses sentiments profonds et les rêves de son père, tellement fier de sa fille unique et de son éducation, aveuglé par son amour pour elle. Il fait peser un poids sur les épaules de sa fille, souhaitant le meilleur pour elle, sans évidemment savoir quel pourra être ce meilleur. Il pense que les études fournissent un bagage solide pour une jeune fille de l'époque, lui permettant de s'extraire de sa condition sociale de paysanne. Mais sait-on vraiment ce qui forge l'identité d'un être ? Les études peuvent-elles transformer profondément Grace ? Les valeurs des personnes cultivées valent-elles celles des gens simples et travailleurs de la campagne ? 

A travers de beaux portaits simples et sincères, Thomas Hardy nous mène vers une réflexion profonde sur les fondements de l'être, sur le mariage et ses vicissitudes, et sur les valeurs que l'on porte en soi. 

Un très beau roman.

« Hardy n’a rien écrit de plus intelligent, de plus ému, de plus parfait. C’est une perle sans défaut, d’un orient incomparable », écrit André Gide dans son Journal, à propos du roman le plus injustement méconnu de l’auteur anglais.

Ce que j'ai moins aimé :

- J'avoue que la fin, un peut trop pathétique à mon goût, m'a déçue ... Mais cela n''enlève rien à mon plaisir de lecture.

Présentation de l'éditeur :

Libretto 

Vous aimerez aussi :

Les romans de Wilkie Collins

D'autres avis :

Dominique 

Lecture commune autour de Thomas Hardy dans le cadre du mois anglais.

 

Les forestiers, Thomas Hardy, traduit de l'anglais par Antoinette Six, Phébus, 2009, 416 p., 10.8 euros

Publié dans Littérature Europe

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Le liseur de Bernhard SCHLINK

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Le jeune Michaël fait la connaissance de Hanna alors qu'il n'a que quinze ans. Il est fasciné par cette femme plus âgée qui lui ouvre rapidement l'espace de ses bras. Durant six mois, ils vivent une relation harmonieuse, relation cimentée par la lecture à haute voix que le jeune Michaël fait tous les jours. Puis Hanna disparaît du jour au lendemain. 

Sept ans plus tard, Michaël étudiant en droit assiste au procés de cinq criminelles gardiennes de camps de concentration. Parmi elles, Hanna. Il suit alors jour après jour les avancées du procés en tentant de comprendre la femme qu'il a aimée, et en s'interrogeant sur les dérives de son époque qui l'ont menée sur le banc des accusés. Né après guerre le jeune Michaël adopte un point de vue unique sur la Shoah, porté par ce qui fut son grand amour pour Hanna, il analyse sa honte avec recul et intelligence.

"Quelque consistance que puisse avoir, ou ne pas avoir, moralement et juridiquement, la culpabilité collective, pour  ma génération d'étudiants ce fut  une réalité vécue.Elle ne concernait pas uniquement ce qui s'était passé sous le Troisième Reich. Que des tombes juives soient barbouillées de croix gammées, que tant d'anciens nazis fassent carrière dans les tribunaux, l'administration et les universités, que la République fédérale ne reconnaisse pas l'Etat d'Israël, que l'émigration et la résistance tiennent moins de place dans les livres que la collaboration  et la soumission : tout cela nous remplissait de honte, même quand nous pouvions montrer du doigt les coupables." p. 190

Le rapport entre comprendre et juger s'avère ténu,  la peur d'avoir honte d'être jugé plaçant chacun face à ses responsabilités. En cela, Hanna demeure un personnage relativement énigmatique, ne faisant preuve d'aucun remords, comme si elle ne comprenait pas ce qu'elle a accompli. Ainsi, l'importance des mots, de la littérature, de la connaissance rédemptrice qu'ils apportent est au centre du roman, ces mots qui auraient pu la sauver, ces mots qui, peut-être pourront encore l'aider, si ce n'est pas trop tard...

Un très gros succés pour ce roman traduit en 39 langues et inclus aux programmes scolaires de littérature de la Shoah.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai trouvé l'ensemble assez froid. 

Présentation de l'éditeur :

Folio 

Vous aimerez aussi :

Le film

D'autres avis :

Lu dans le cadre du Blogoclub : les avis de Sylire-  Titine - Lisa - Claudia lucia

 

 

Le liseur, Bernhard Schlink, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, Folio, 1999, 256 p., 7.50 euros

Publié dans Littérature Europe

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