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419 résultats pour “ile du point némo

Idées cadeaux de Noël

Publié le par Hélène

            

http://lejardindelildelle.tumblr.com/

 

Si vous souhaitez piocher dans la rentrée littéraire :

L'île du Point Némo de ROBLES

Retour à Lillte Wing de Nickolas BUTLER

Marina Bellezza de Silvia AVALLONE

 

Pour d'autres titres vous pouvez consulter la page du challenge de la rentrée littéraire, les titres les plus appréciés sont :

Charlotte de Foenkinos

Contrecoups de Nathan Filer

Une vie à soi de  LaurenceTardieu

L'amour et les forêts de Eric Reinhardt

L'ile du point Némo de Robles

Retour à Little Wing de Butler

 

Récemment parmi mes coups de coeur :

un western inoubliable La captive aux yeux clairs 

un policier hilarant Pierre qui roule de Westlake

un récit émouvant Gouverneurs de la rosée 

un policier décapant Bad chili de Lansdale

une expérience vivifiante La survivance 

un pavé prenant La fiancée américaine

un québecois touchant Le vieux chagrin

une Bd passionnante Le chien qui louche

une autre Bd tonitruante Les vieux fourneaux

 

Une sélection de nos écrivains français :

Les livres préférés de 100 écrivains français

 

et 

Mes coups de coeur 

 Des Idées cadeaux venues de tous horizons

 

 

Publié dans Idées cadeaux

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Dans l'épaisseur de la chair de Jean-Marie BLAS DE ROBLES

Publié le par Hélène

♥ ♥

Tout commence par cette phrase de Manuel à son fils : « Toi, de toute façon, tu n’as jamais été un vrai pied-noir ! » Thomas, le fils, décide alors de remonter le temps dans un passé fantasmé, rêvé, pour trouver la réponse à cette question : qu'est-ce qu'un vrai pied-noir ?

Alors qu'il est malencontreusement tombé à l'eau lors d'une virée en bateau et qu'il s'accroche pour ne pas sombrer, Thomas visite l'histoire de son père, pied noir d'origine espagnole, dont les parents tenaient un bistrot dans la ville de garnison de Sidi-Bel-Abbès, en Algérie, puis il devient chirurgien et s'engage aux côtés des alliés en 1942.

Toute une page de l'histoire se déploie, visant à éclairer les rapports troubles persistant entre l'Algérie et la France, mais Manuel offre surtout un magnifique hommage à son père s'interrogeant sur ce que nous lèguent nos parents en matière d'angoisses et d'espérances.

Sa conclusion est magnifique.

"Parler en dormant, dire à voix basse, mais avec l'intransigeance rauque d'une pythie : je veux l'innocence du monde, celle qui existait avant les hommes et perdurera bien après leur fin ; je veux la libre respiration du vent et de la mer, je veux, j'exige la beauté nue."

Ce que j'ai moins aimé : J'ai senti quelques longueurs et je n'ai malheureusement pas ressenti l'enthousiasme survenu à la lecture du précédent roman de l'auteur L'île du Point Némo.

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

Du même auteur : L'île du Point Némo

 

Dans l'épaisseur de la chair, Jean-Marie Blas de Roblès, Zulma, 2017, 373 p., 20 euros

 

Merci à l'éditeur.

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L’île du Point Némo de Jean-Marie BLAS DE ROBLES

Publié le par Hélène

                         

♥ ♥ ♥ ♥ 

« C’est cela le Grand Art, une façon d’impliquer sa vie tout entière pour arriver à l’excellence. »

Ce que j’ai aimé :

Un roman d’aventures foisonnant et passionnant ! 

Aux côtés de Canterel, riche opiomane, Grimod son majordome, Lady MacRae et sa fille Verity qui converse avec les baleines, Miss Sherrington gouvernante de Martial Canterel, Reutlinger, Holmes, nous partons sur la piste du diamant  Anankè, convoité également par l’enjambeur Nô prêt à tout pour doubler ses rivaux. L'inspecteur Litterbag, personnage trouble est aussi du voyage. 

Ainsi la joyeuse bande, lancée dans une course folle ponctuée d'énigmes digne de Conan Doyle, use de tous les moyens de transports possibles et imaginables pour avancer vers leur but. Tels les héros de Jules Verne, ils montent à bord du transsibérien, d’un ptéronave puis d’un dirigeable, le Médiator qui part faire son premier tour du monde. Ils reviendront ensuite à des transports plus classiques comme le bateau pour arriver au point Némo : « pôle maritime d’inaccessibilité » endroit de l’océan les plus éloigné de toute terre émergée » situé dans le Pacifique. 

Parallèlement toute une arborescence d'intrigues secondaires voient le jour : Carmen qui s'ingénue à trouver des solutions pour combattre l'impuissance de son mari, Charlotte et sa voisine envahissante, secrètement attirée par Fabrice, à la recherche de sa mère. 

Il sera ausi question d'une fabrique de cigares dans le Périgord noir qui perpétue la tradition de la lecture à voix haute comme à Cuba, fabrique qui sera rachetée par Monsieur Wang, gérant d’une entreprise de liseuses électroniques, et amoureux des pigeons voyageurs. 

"L'important ce n'était pas même pas qu'ils achètent des livres numériques récemment parus, mais qu'ils achètent encore et encore la possibilité de les acheter. Le même système que partout ailleurs, et qui fonctionnait à vide, comme le reste de l'économie. La bibliothèque numérique n'était qu'une variation moderne du péché d'orgueil, celui de parvenus pressés d'exhiber leur prospérité, s'entourant de livres tape-à-l'oeil -voire de simples reliures vides - qu'ils n'avaient jamais lus et ne liraient jamais."

L'auteur entremêle savamment personnages réels comme le musée Barnum et son fondateur Phineas Taylor Barnum et personnages imaginaires hauts en couleurs. Ainsi dans ce roman hybride nous pourrons trouver aussi bien des considérations sur les fonds marins que des réflexions plus politiques ou philosophiques. 

« Peut-être ne comprendrons-nous quelque chose à l’ordre secret du monde qu’après une sincère et patiente mansuétude pour ses incohérences ? »

Sous l’égide de Jules Verne et de son capitaine du Nautilus, Roblès nous invite à réfléchir aux liens ténus unissant réalité et littérature :

« Toute phrase écrite est un présage. Si les évènements sont des répliques, des recompositions plus ou moins fidèles d’histoires déjà rêvées par d’autres, de quel livre oublié, de quel papyrus, de quelle tablette d’argile nos propres vies sont-elles le calque grimaçant ? » p332

La littérature permet incidemment de changer le monde et la conception que nous en avons et « Le jour où vous comprendrez qu’il vaut mieux mourir en essayant de changer le monde, plutôt que de vieillir en le regardant agoniser, vous me rejoindrez. » p ; 178

Il imagine ainsi une cité utopique dans laquelle chacun userait de ses compétences pour agir pour le bien de la cité et pour une amélioration de la société et du genre humain. Chaque petite geste compterait « Il n’y a aucun complot, aucune conspiration, juste des hommes et des femmes qui essayent de reconquérir leur espace, leur énergie, leur alimentation… Leur existence. » p ; 416 Il crée également une île de déchets aux accents futuristes.

Des inidividus luttent contre l'inertie contre les règles absurdes d'un monde régi par des concepts liés au rendement, à l'argent, règles qui aliènent l'être irrémédiablement..

« Mille et une révoltes se bousculent derrière ses yeux en brouillards changeants. Il voudrait (…) Vivre sans le souci d’avoir à payer le simple fait de vivre, se chauffer avec le bois de sa forêt, manger les légumes et les fruits de son jardin, brancher son ordi aux forces du vent, de l’eau ou du soleil. Vivre dans les bois, s’il le faut, pour ne plus avoir à trembler devant une enveloppe frappée au sceau du Trésor Public. Respirer. Gonfler ses poumons de la beauté du monde, être prêt, tendu, héroïque. (…) Redonner du sens à chacun de ses gestes. Sortir de la sidération. » p. 346

Des touches d’humour noir dans des chapitres intitulés « Derniers télégrammes de la nuit » entrecoupent les aventures des protagonistes :

« Choses qui militent contre l’usage du biberon

Lorsque l’enfant a fini de téter, il faut le dévisser et e mettre dans un endroit frais, cave ou réfrigérateur. 

Choses qui troublent un instant le calme de la campagne

Il éternue, son tracteur explose. »

Un roman protéiforme extraordinaire qui marquera durablement les esprits ! 

Ce que j’ai moins aimé :

Les scènes érotiques auxquelles je ne vois pas d’intérêt pour le roman.

Présentation de l’éditeur :

Zulma 

Premières phrases :

« Le Tigre à droite, désormais invisible, à gauche les hauteurs pelées des monts Gordiens ; entre les deux, la plaine ressemblait à un désert fourmillant de carabes à reflets d’or. C’était à Gaugamèles, moins de trois ans après la cent douzième Olympiade. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Là où les tigres sont chez eux

D’autres avis :

Le point 

 

L’île du Point Némo, Jean-Marie Roblès, Zulma, août 2014, 464 pages, 22.50 euros

 

Merci à l'éditeur pour cette incroyable découverte !

 

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Editions Zulma

Publié le par Hélène

Samedi dernier, nous avons été plusieurs blogueurs à avoir été reçus par les Editions Zulma, rue du Dragon, l'occasion de revenir sur l'histoire de cette maison d'édition si particulière...

Une maison fondée en 1991

Laure Leroy était stagiaire dans l'édition et a décidé de fonder sa propre maison d'édition en 1991. Pendant quinze ans, elle a appris son métier de directrice, mais elle a surtout appris tous les métiers de l'édition.

En 2006 elle a décidé qu'il était temps de refonder la maison de fonds en combles.

2006, l'année des changements

Laure Leroy décide alors de publier moins, seulement 10 ou 12 livres par an, mais en prenant le temps de trouver, publier, et promouvoir ces livres choisis pour son catalogue. Elle ne publie que des livres qu'elle aime, parce que pour elle une maison d'édition ne peut toucher ses lecteurs que si il y a cette chaine d'authenticité, ces gens passionnés d'un bout à l'autre du projet.

La diversité du monde et l'universalité des sentiments

Ce qui manquait dans le paysage éditorial français était une maison ouverte sur la diversité du monde, une maison qui ne serait pas spécialisée dans la littérature française, japonaise ou russe, mais une maison qui s'attacherait à la diversité du monde. Si les cultures sont différentes, chacun reste un être humain qui partage avec les autres des valeurs universelles, d'humanisme, tous les êtres humains ont des craintes, des émotions, des aspirations. Zulma a souhaité aller voir des écrivains dans le monde entier qui construisent une oeuvre avec une culture différente dont on ne connait rien. 

Par exemple au Kerala, état du Sud de l'Inde,  on parle une langue qui s'appelle le malayalam. Or cet état est riche et éduqué, et pourtant on en ignore tout. Pourtant, il y a forcément là-bas des écrivains extraordinaires, et parmi eux, il en existe forcément un qui pourra plaire. Le travail de recherche est très important chez Zulma. Sur place, des traducteurs tout aussi passionnés traduisent quelques chapitres pour donner envie aux éditeurs français de publier leurs auteurs. C'est comme cela que Laure Leroy a découvert Basheer.

Si on prend un livre comme La somme de nos folies, c'est avant tout l'histoire d'une vieille dame excentrique, ce qui est plus important que de préciser que c'est un roman qui se passe en Malaisie.

Une identité singulière pour des voix fortes

David Pearsons était un graphiste anglais qui a beaucoup travaillé pour Penguin.

Laure lui a demandé pour leurs couvertures de respecter un cahier des charges, avec un design contemporain, reconnaissable, comme un écrin. De fait, la quatrième de couverture n'existe pas dans cet écrin.

 

Une équipe soudée

Au sein de cette équipe soudée, Béatrice Pô s'occupe du travail éditorial et de la fabrication, Héloïse Bailly est l'oeil de la maison, traquant les coquilles et aidant Béatrice, Catherine Henry s'occupe des relations libraires depuis 2006, Amélie Louat négocie les sessions de droits, l'acquisition des droits et Rym et maintenant Valentin se consacrent aux relations presse et blogueurs.

Le rôle d'agents

La spécificité de Zulma tient aussi au fait que la maison est l'agent de ses auteurs étrangers. Quand ils sont traduits dans un autre pays, c'est Zulma qui gère les contrats. Les échanges de droits se passent lors de la grande foire de Francfort. Zulma soit valider le choix de la maison d'édition, du traducteur, du titre et de la couverture.

 

Les étapes de la fabrication

L'impression se fait sur une feuille 52/80cm qui est ensuite pliée pour constituer des cahiers.

Les cahiers sont ensuite assemblés, cousus, puis placés dans la couverture.

Zulma travaille en partenariat avec les imprimeries Floch en Mayenne.

Rencontre avec Jean-Marie ROBLES

Le premier livre de l'auteur Là où les tigres sont chez eux, mélange de Umberto Eco et Indiana Jones, fut un véritable coup de coeur pour Laure Leroy. En 2014, elle publie de lui L'île du Point Némo, puis Dans l'épaisseur de la chair. En janvier 2019, il publiera Le rituel des dunes. Ce roman se passe à la fin ]des années quatre-vingt dans la Chine communiste. Roetgen vient de quitter Tientsin. Il laisse derrière lui le petit milieu des expatriés, joyeusement délétère et décalé, pourtant en prise avec le quotidien souvent absurde du régime. Plus que tout, c’est son histoire avec Beverly, une Américaine de vingt ans son aînée, que Roetgen cherche à comprendre. Beverly, qui a vécu (ou fantasmé) mille vies rocambolesques, des plus sordides aux plus éclatantes, est exubérante, excessive, jalouse, elle n’a aucune limite, elle ne vit que par passion. D’emblée Roetgen est fasciné, mais Beverly a aussi sa face obscure. Beverly réclame sans cesse à son amant des histoires à la hauteur de sa propre biographie. Il lui raconte les affres d’un empereur chinois au double visage, une folle nuit au cœur de la Cité Interdite, un vrai faux polar dont il ne livre qu’un chapitre sur deux – récits haletants, volontiers désopilants, qui vont à leur tour nourrir la folie de Beverly.
 

Sortira également La maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres. La puissante Mano Santa est appelée au chevet de Carlos Gardel, l’icône du tango, à la veille de sa tournée dans les Caraïbes. La guérisseuse emmène avec elle sa petite-fille Micaela, étudiante infirmière silencieuse et appliquée, à qui elle confie Gardel.

Les plus grands succès

Rosa Candida de Audur Ava OLAFSDOTTIR : vendu à plus de 100 000 exemplaires en grand format, et traduit partout dans le monde à la suite de son succès en France.

Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de ROBLES : Prix Medicis et Prix du roman Fnac

Palestine de Hubert HADDAD : prix Renaudot poche

Le garçon de Marcus MALTE : Prix Fémina

Mes coups de coeur :

Les romans de Audur Ava OLAFSDOTTIR dont Le rouge vif de la rhubarbe

Rosa Candida et L'exception

Le complexe d'Eden Bellwether de benjamin WOOD

La boite aux lettres du cimetière de Serge PEY

Gouverneurs de la rosée de Jacques ROUMAIN

L'île du point Némo de Jean-Marie ROBLES

La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

L'année des secrets de Anjana APPACHANA

Les nuits de laitue de Vanessa BARBARA

 

Merci à toute l'équipe pour ce bel après-midi !

Publié dans Divers

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Plus haut que la mer de Francesca MELANDRI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Paolo et Luisa sont à bord du même bateau qui les emmène sur l'Ile sur laquelle est située la prison de haute sécurité dans laquelle sont emprisonnés leurs proches. Le fils de Paolo a été condamné pour actes terroristes, quand le mari de Luisa, un homme violent, a tué deux hommes. A l'issue de la visite, le mistral empêche le bateau de quitter l'île, obligeant Luisa et Paolo à dormir sur place, logés et surveillés par le gardien Nitti Pierfrancesco. Une étrange complicité se lie alors entre les trois protagonistes en ce lieu alliant violence de l'univers carcéral et beauté de la nature.

"Il repensa aussi à toutes les choses vues aujourd'hui dont il n'aurait su dire le nom. Les drôles d'oiseaux au corps ramassé qui scrutaient l'eau pendant que Nitti pêchait. La grande variété d'arbres qui bordaient le chemin de terre. Les rochers de consistance et de couleur si différentes."

Luisa et Jacob sont deux personnes très seules, elle est seule à élever ses cinq enfants et à s'occuper de sa ferme, et lui a perdu sa femme peu de temps après l'arrestation de son fils. Nitti, quant à lui, s'éloigne de sa femme, il est gagné peu à peu par ce métier qui aliène l'humanité des hommes et a honte de ce qu'il devient. Ensemble, ils effectuent un voyage vers la lumière, vers l'humanité et la joie grâce aussi à la beauté de l'île.

L'île d'Asinara, http://www.gusto-arte.fr/

Par le biais de ces beaux personnages, Francesca Melandri  met en lumière l'impact de la prison vu de l'extérieur, du point de vue de ceux qui sont libres, gardiens carcéraux, ou famille des détenus. Au-delà de cet univers, elle nous parle de ces rencontres subtiles, inattendues et pourtant tellement puissantes que leurs vagues sismiques n'en finissent pas de se faire ressentir dans les âmes...

Ce que j'ai moins aimé : un peu trop court à mon goût, j'aurais aimé que quelques passages poétiques soient développés

 

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : Babélio

 

 

Plus haut que la mer, Francesca Melandri, Folio,Trad. de l'italien par Danièle Valin,  mars 2016, 224 p., 7.25 euros

Publié dans Littérature Europe

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Venice de Jiro TANIGUCHI

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Travel Books Louis Vuitton présentent des oeuvres d'art de différents artistes. Cet opus présente la Venise de Taniguchi. Le narrateur part sur les traces de son grand-père et erre dans la cité vénitienne. Ses déambulations lui permettent de découvrir et d'apprécier les lieux visités et de rendre hommage au temps présent.

Les aquarelles magnifiques rendent un hommage vibrant à la cité des Doges.

A la fin du livre un index nous liste les lieux mis en images dans ce magnifique album oscillant entre carnet de voyage, bande dessinée, guide touristique...

Un très bel objet à offrir !

Ce que j'ai moins aimé :

L'histoire est très mince, mais là n'est pas l'intérêt de ce très bel album. 

Présentation de l'éditeur :

"La collection de "Travel book" éditée par Louis Vuitton invite au voyage, qu'il soit mobile ou immobile, nourri du plaisir de l'évasion intellectuelle ou émotionnelle. Au fil des pages, les oeuvres d'artistes de renom et de jeunes talents racontent les villes et les pays parcourus, leurs chemins escarpés et leurs architectures rectilignes, les lumières, les jours et les vies qui s'y déploient. 
Héritiers des "carnets de voyage Louis Vuitton" qui ont saisi durant près de vingt ans les aventures urbaines d'une poignées d'illustrateurs et aquarellistes, les Travel Books proposent une nouvelle vision du départ. Une vision contemporaine, où l'on explore aussi bien les mégalopoles sans sommeil que les contrées sauvages et lointaines. Une vision inédite, où l'on ose croiser les cultures en confrontant le regard des artistes à des mondes qui ne leur sont en rien familiers. Paris vue par le congolais Chéri Samba, l'Ile de Pâques sous le trait de l'américain Daniel Arsham, New York dépeinte par le français Jean-Philippe Delhomme ou encore Londres contemplée par la jeune japonaise Natsko Seki, Venise sublimée par l'illustre mangaka Jirô Taniguchi, le Vietnam revisité par l'Italien Lorenzo Mattotti : chaque artiste part à la rencontre d'une histoire qu'il n'a jamais écrite. Son oeil s'aiguise, piqué par la surprise de l'inconnu ou stimulé par le plaisir de la redécouverte. Le lieu devient page blanche, vierge de tout repère. Les points de vue se transforment alors en véritables propos à la fois narratifs, tendres, pittoresques, voire satiriques. 
Au-delà de la vocation iconographique de ces carnets de route, la collection souligne la richesse des horizons esthétiques dont recèle l'art actuel, les univers créatifs proposés répondent d'ailleurs à une même exigence de diversité : au cours de leurs voyages, ces artistes venus du monde entier choisissent librement leur mode d'expression. Le dessin, la peinture, le collage, l'art contemporain, l'illustration, la bande dessinée ou le manga sont autant de prismes à travers lesquels retranscrire leurs regards sur l'ailleurs. Figuratives ou plus épurées, les oeuvres originales nées de ces voyages font l'objet, pour certaines d'entre elles, d'une démarche d'acquisition de la part de la maison Louis Vuitton. Elles intègrent ainsi le fonds d'oeuvres d'artistes contemporains que constitue le malletier enrichissant cette collection par la diversité des visions convoquées."

Louis Vuitton 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L’homme qui marche  ;  L’orme du Caucase  ; Les années douces ; Un zoo en hiver  ; Furari  ; Seton tome 1

 

D'autres avis :

L'express

 

Venise, Jiro Taniguchi, Louis Vuitton travel book, mai 2014, 45 euros

 

BD de la semaine  aujoud'hui chez Jacques

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Le galop du vent sous le ciel infini. Chroniques des terres australes de David LEFEVRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Je rends grâce à cette terre d'exagérer à tel point la part du ciel."

Roger Caillois

Depuis 2010, David Lefevre s'est retiré sur l'île de Chiloé pour vivre en parfaite harmonie avec la nature et s'adonne ainsi à une vie frugale proche de l'autosubsistance. Il consacre plusieurs récits à cette expérience unique comme Aux quatre vents de Patagonie ou le magnifique Solitudes australes. Dans ce Galop du vent sous le ciel infini, il revient vers les origines de cette fascination pour la Patagonie, terre de mythes et d'aventures extraordinaires qui exerce un pouvoir d'attraction immense sur les hommes.

Après s'être abreuvé durant sa jeunesse à des récits d'écrivains amoureux de cette région comme Roger Caillois, Jean Raspail, Cendrars, Supervielle, Saint Exupéry ou encore Bruce Chatwin, sa rencontre avec cet espace "de ciel, de pluie et de vent" sonne comme une révélation : "Dans l'époustouflante beauté de ses paysages, je reconnus l'incarnation d'une sorte d'absolu que depuis toujours je portais en moi". 

Ses rencontres sont marquées par le sceau de l'inoubliable et même les humeurs de ses saisons l'enchantent. Parmi les aventures et les rencontres extraordinaires qu'il a pu vivre sur ces terres australes, il choisit ici de s'approcher de plus près de quelques unes. Il s'attarde notamment sur le marin Charles Milward, oncle de Bruce Chatwin et sur sa fuite épique à bord du Dresden, croiseur allemand pourchassé par la marine britannique dans les mers australes en 1914. En mentionnant Bruce Chatwin et son En Patagonie il s'interroge alors sur les limites de ce récit de voyage, qui a pu quelquefois laisser la réalité historique en suspens. Chatwin a à peine mentionné dans son récit le coup d'état de 1973 et ses conséquences, le pays tout entier étant alors sous le joug d'une dictature militaire répressive et violente. Cet oubli permet à David Lefevre de s'interroger sur l'engagement de l'écrivain voyageur : 

"Je veux croire cependant qu'en certaines occasions, l'écrivain ne peut se contenter d'être un go between, mais un homme capable de s'engendrer lui-même. Je veux croire que son statut peut être la cause d'une inquiétude chaque fois qu'il observe du dehors un monde qui vire au désert glaçant, et ce sans se préoccuper de savoir si ce sera là ou non la source de son malheur ou bien de sa notoriété." p; 192

La puissance des récits de David Lefèvre tient dans cette alliance subtile entre des passages narratifs autour de ses rencontres originales, comme avec cet homme qui tient un cabinet de curiosités préhistorique, sorte de musée officieux, et des réflexions plus philosophiques qui interrogent sa présence au monde. Entre récit, essai, réflexion philosophique, poétique, il rend ici un bel hommage à cette région du bout du monde et à ses habitants.

http://www.evaneos.com/chili/voyage/etape/8907-ile-de-chiloe/

"Pendant des mois, j'ai observé le temps qu'il fait là-bas. J'ai levé les yeux et j'ai connu la part du ciel, cet autre paysage renversé sur le dos des hommes. J'ai vu se faire et se défaire d'indicibles nuages. J'ai vécu cet instant précis où les contours de la terre s'effacent et les saisons s'abolissent. Les pluies m'ont rincé et les vents m'ont envoyé au tapis. (...) Ma propre vérité m'est venue un jour de la bouche d'un gaucho qui me connaisait de la veille, auquel j'annonçais vouloir traverser la Patagonie en marchant sur un seul méridien : "Tu en reviendras la peau et l'esprit burinés, mais tu sauras ce que la nature du monde réserve à ceux qui s'approchent d'elle en la regardant."" p. 15

Ce que j'ai moins aimé : J'avoue m'être perdue dans le cheminement autour de Charles Milward, oncle de Bruce Chatwin et de son aventure à bord du Dresden.  

 

Présentation de l'éditeur : Le Passeur Editions 

 

Le galop du vent sous le ciel infini. Chroniques des terres australes, David Lefèvre, Le Passeur éditeur, avril 2016, 278 p., 19.90 euros

 

Reçu dans le cadre d'une opération Babélio Masse Critique 

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Voyage aux îles de la Désolation d’Emmanuel LEPAGE

Publié le par Hélène

                                           voyage-aux-iles-de-la-desolation-couv.jpg

♥ ♥

 

L’auteur :

Né en 1966 à Saint-Brieuc, Emmanuel Lepage va faire à l’âge de 13 ans une rencontre déterminante : celle du dessinateur Jean-Claude Fournier. Le dessinateur de Spirou va lui enseigner les rudiments du métier et lui donner des conseils.

En 1983, il réalise dans le quotidien Ouest France son premier dessin publié, puis avec l’aide des bibliothèques de Rennes il publie à compte d’auteur son premier album de bande dessinée La Fin du monde aura-t-elle lieu ? à partir de l’année suivante, il réalise de nombreuses illustrations pour des revues et des magazines en Bretagne.
En 1986, il commence sa première série : Les aventures de Kelvinn. Deux albums en couleur paraissent également aux éditions Ouest France. Il collabore aux journaux de bande dessinée Circus et Tintin Reporter.

En 1990 et 1991 il publie aux éditions Signe de piste deux ouvrages adaptés de l’œuvre d’Huguette Carrière. Cette série sera ensuite reprise aux éditions du Lombard.
En 1991 associé au talentueux scénariste Dieter, il commence la série Névé chez l’éditeur grenoblois Glénat. Ayant achevé les cinq albums de cette série qui fut très remarquée, il entame une nouvelle collaboration avec la romancière Anne Sibran. Tous deux réalisent dans la prestigieuse collection Aire Libre de Dupuis La Terre sans mal qui consacrera sa notoriété.
Un an plus tard il dessine Alex Clément est mort et après un tour du monde de deux ans, il publie aux éditions Casterman deux livres de carnets de voyage : Brésil et America avec des textes de l’écrivain Nicolas Michel.

En 2003, il entame ce qui sera considéré comme son chef d’œuvre, le diptyque Muchacho dans la collection Aire Libre. Il décrit le parcours d’un jeune séminariste au Nicaragua qui va se trouver confronté à des relations sociales très dures et à la découverte de sa propre sensualité. Lepage, auteur complet, signe là une œuvre éminemment sensible et engagée, elle sera reconnue par toute la presse unanime et sera couronnée par de nombreux prix. Le trait fin et puissant de Lepage, son dessin raffiné, son art consommé de l’aquarelle font de lui un des plus brillants créateurs de la nouvelle bande dessinée française ; ses ouvrages ont été traduits dans de nombreux pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis.
Actuellement, il réalise avec sa compagne l’écrivain Sophie Michel un diptyque Oh les filles ! qui est paru début 2008 aux éditions Futuropolis.

2011: Voyage aux îles de la Désolation, Futuropolis

2012: Un printemps à Tchernobyl (Source : Babélio)

 

voyage-aux-iles-de-la-desolation-06.jpg

 

L’histoire :

C’est un récit de voyage, un reportage dessiné, où se mêlent les mots, la bande dessinée, les grandes illustrations couleur, les portraits et croquis pris sur le vif. De ces terres australes, de ce monde au bout du monde, dont on dit qu’il est le point le plus isolé du globe, Emmanuel Lepage nous rapporte un récit vivant, chaleureux, mystérieux et, surtout, profondément humain. (Source : Babélio)

 

voyage-4.jpg

Mon avis :

Emmanuel Lepage nous emmène au bord du Marion Dufresne à la découverte des terres australes, Crozet, Amsterdam, Saint-Paul, Kerguelen, surnommées îles de la Désolation. Le départ ne se fait pas sans heurts, il est retardé par une grève des entrepôts pétroliers, mais le magnifique bateau va finir par s’ébranler, en route pour une aventure humaine et personnelle très forte.

Emmanuel Lepage nous conte au jour le jour l’avancée du bateau, les ennuis rencontrés en route, les manques, les joies, le partage des passions de chacun, par touches subtiles il peint un univers tout en retenue et puissance.

Voyage aux Iles de la Désolation tient davantage du carnet de voyages que d'une véritable bande dessinée, il fonctionne comme un journal de bord plus que comme une histoire entièrement scénarisée. Il m’a manqué des considérations qui m’auraient permis de ressentir un vrai coup de cœur pour cet album, l’auteur cherche à capter des moments, et s’il y parvient magnifiquement avec son dessin, il échoue à mon sens avec son texte.

Vous l’aurez compris, l’atout majeur de cet album tient dans ses dessins en noir et blanc, au fusain, à l’aquarelle, tous magnifiques, ils rendent hommage aux paysages, animaux, hommes rencontrés.

voyages aux iles désolation

 

Néanmoins, là aussi je n'ai pas été totalement conquise, car si j'ai adoré ses aquarelles, j'ai trouvé ses planches en noir et blanc trop brouillonnes et fatiguantes à regarder et lire.

emmanuel-lepage-raconte-les-iles-de-la-desolation-pages-noi.jpg

Un bian en demi-teinte pour un album qui a fait l'unanimité sur les blogs...

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Un printemps à Tchernobyl

Autre : Kerguelen de Isabelle Autissier

 

D’autres avis :

 Mango ; Noukette ; Choco, Emmyne, Yaneck, Miss Alfie ; Jérôme 

 

Voyage-aux-Iles-de-la-desolation-Panche-3

 

BD Mango bleu

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Iles et îlots de Bretagne de François de BEAULIEU et Hervé RONNE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Cet ouvrage rassemble toutes les îles et tous les îlots de Bretagne à visiter. Toutes ces îles sont accessibles à marée basse ou par une liaison maritime ouverte à tous, ne serait-ce qu'une fois par an. Qu'il s'agisse des îles de la côte d'Emeraude, des îles de la baie de Saint Brieuc et du Trégor dont la magnifique Bréhat, des îles du nord Finistère, des  îles de la mer d'Iroise et de l'archipel des Glénan dont Groix et Belle Ile, des îles du Golfe du Morbihan et du Mor Braz, et pour finir des îles interdites, toutes offrent un paysage somptueux propre à la Bretagne. Cette belle région compte 797 îles et îlots dont seuls une cinquantaine sont accessibles à tous. Et pourtant nous ne connaissons que les plus touristiques ! Les auteurs nous permettent ainsi de découvrir de petits joyaux méconnus.

Si vous les suivez dans cette ballade, vous découvrirez les Sept îles qui accueillent la plus importante colonie d'oiseaux marins en France métropolitaine, Batz et ses 25 exploitations agricoles, le phare le plus haut d'Europe à l'île Vierge, Sein symbole de l'affrontement entre les hommes et les éléments, les narcisses de l'archipel des Glénan, les landes couvertes de bruyère, les sites archéologiques avec les dolmens les cairns, les marins pêcheurs de Saint Jacut de la Mer, les forts construits par Vauban pour défendre notamment Saint Malo contre le débarquement des anglais, des sémaphores, des phares et des feux.... Mais vous rencontrerez surtout une nature millénaire, des sternes, des océanites tempêtes, des fulmars boréaux, des pingouins tordas, vous sentirez l'alysson à odeur de miel et vous comprendrez combien il est urgent de préserver ces espaces. Parce que vous croiserez aussi beaucoup de touristes comme sur Bréhat et ses 300 hectares envahis par quelque 380 000 touristes.

"En fait les îles bretonnes nous donnent à voir avec une loupe certains des problèmes auxquels la planète est confrontée et posent la question fondamentale : comment ne pas dépasser les capacités d'accueil d'un espace non extensible ?"

Pour une prise de conscience et un beau dépaysement, laissez-vous emporter par la brise marine !

 

Chez Glénat 

 

Reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique organisée par Babélio.

Publié dans Beaux Livres

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Une ardente patience (Le facteur) d’Antonio SKARMETA

Publié le par Hélène

                                             

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L’auteur :

Écrivain et scénariste chilien.

Né en 1940 à Antofagasta (Chili), dans une famille d'origine dalmate, Esteban Antonio Skármeta Vranicic a été élevé par ses grands-parents, très pauvres. Il fait néanmoins des études universitaire, d'abord à Santiago, puis à l'université de Columbia (1964-1966), qu’il achève par un mémoire sur l'écrivain Julio Cortázar. En 1967, il publie un premier recueil de nouvelles El entusiasmo, puis un deuxième en 1969. Il doit s'exiler en 1973 à la suite du putsch du général Pinochet. Depuis, il a vécu aux États-Unis et en Europe, en particulier en Allemagne. Scénariste pour le cinéma et la télévision, il a enseigné à l'Institut du cinéma de Berlin.

De 2000 à 2003, Antonio Skármeta est ambassadeur du Chili en Allemagne. Il est surtout connu hors de son pays pour être à l'origine du film qui connut un succès mondial Le facteur (Il Postino), avec Philippe Noiret dans le rôle de Neruda et Massimo Troisi dans celui du facteur, une adaptation de son roman Une ardente patience. En France, sa notoriété a été confortée par l'obtention du prix Médicis du roman étranger pour La noce du poète (2001). En 2006, Antonio Skármeta a reçu le prestigieux prix Flaiano pour l'ensemble de soir œuvre. (Source : Bibliomonde)

 

L’histoire :

Dans son refuge de l'Ile Noire, Pablo Neruda est l'unique client du facteur Mario Jimenez. ces rapports se changent en amitié, et Mario Jimenez demande à Neruda de lui enseigner l'art de la poésie afin de conquérir l'amour de la fille de la patronne de l'auberge, la belle adolescente beatriz Gonzalez. Le poète l'aide, mais la mère de Beatriz, Mme Rosa, se méfie de la poésie, et son pragmatisme terre à terre s'oppose à la romance. Les amoureux gagnent : Allende aussi. celui-ci nomme Neruda ambassadeur à Paris. le roman suit la trajectoire ascendante de l'unité populaire jusqu'à la tragédie finale ; la mort du poète; du président et de la démocratie chilienne.

Le film du cinéaste anglais, Michael Radford, Le facteur, adapté du roman Une ardente patience, est un hommage à Pablo Neruda, rôle tenu par Philippe Noiret mais aussi au comédien Massimo Troisi, le Facteur, très populaire en Italie, mort en 1994.  

Ce que j’ai aimé :

 Parce qu'il aimerait séduire la belle Beatriz, Mario, facteur attitré de Pablo Neruda, va demander au célèbre poète de l'initier à la poésie et à la littérature. Car pour lui le pouvoir des mots est infini, et maîtriser l'art des métaphores est pour lui un gage de réussite dans sa conquête amoureuse."- Cela fait plusieur mois qu'un dénommé Mario Jimenez rôde autour de mon auberge. Ce monsieur s'est permis des insolences à l'égard de ma fille qui a à peine dix-sept ans.

- Que lui a-t-il dit ?

La veuve cracha entre ses dents :

- Des métaphores.

Le poète avala sa salive.

- Et alors ?

- Et alors, don Pablo, avec ses métaphores, il a rendu ma fille plus chaude qu'un radiateur.

- Mais, madame Rosa, nous sommes en hiver.

- Ma pauvre Béatriz se consume complètement pour ce facteur. Un homme dont le seul capital est constitué des champignons qu'il traîne entre ses doigts de pieds. Seulement, si ses pieds sont un bouillon de culture, sa bouche, elle , elle  est fraîche comme une laitue et entortillée comme une algue. Et le plus grave, don Pablo, c'est que les matéphores avec lesquelles il a séduit mon enfant, il les a copiées sans vergogne dans vos livres.

- Non !

- Si ! Il a commencé par parler innocemment d'un sourire qui était un papillon. Mais après, il lui a dit carrément que sa poitrine était un feu à deux flammes.

- Et cette image, il l'a employée de façon visuelle ou tactile ? s'enquit le poète.

- Tactile, répondit la veuve. Du coup, je lui ai interdit de sortir de la maison jusqu'à ce que monsieur Jimenez ait décampé. Vous trouverez peut-être ça cruel de la séquestrer ainsi, mais voyez vous-même ce poème que j'ai trouvé tout froissé au fond de son soutien-gorge.

- Au fond de son soutien-gorge ? Et il n'était pas roussi ?"

Antonio Skarmeta insiste sur le lien profond entre la poésie et les femmes, quelquefois muses comme Beatriz - du même nom que la muse de Dante - 

L'évocation de la Beatriz de Mario est prétexte à des pages érotiques particulièrement remarquables. 

Une toile de fond historique tapisse le récit : le roman s’ouvre en 1969, année qui voit l’avènement d’une république socialiste démocratique au Chili, avec l’élection de Salvador Allende, et se clôt peu après le 11 septembre 1973, date du coup d’État du général Pinochet.
Un hymne à l'amour et à la poésie à savourer ! 

  le-facteur.jpg

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

Premières phrases :

 « En janvier 1969, deux motifs, l’un trivial et l’autre heureux, amenèrent Mario Jimenez à changer d’emploi. Le premier fut son absence de goût pour les corvées de la pêche qui le tiraient du lit avant le lever du soleil et presque toujours au moment où il était en train de rêver d’amours audacieuses en compagnie d’héroïnes qui rivalisaient d’ardeur avec celles qu’il pouvait voir sur l’écran du cinéma de San Antonio. »

 Vous aimerez aussi :

 adaptation filmique,Le Facteur de Michael Radford

 D’autres avis :

 Marilyne

 

Une ardente patience (Le facteur), Antonio Skarmeta, traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero, Points, 5.50 euros

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