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424 résultats pour “ile du point némo

Le bonhomme de neige de Jo NESBO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

De mystérieuses disparitions semblent aller de paire avec la découverte de bonhomme de neige dans la cour des disparues. Dans le même temps, l'inspecteur Harry Hole reçoit une lettre signée "le bonhomme de neige" qui lui annonce d'autres victimes. Hole découvre en effet d'autres cas similaires de disparitions de femmes mariées mères de famille, et il comprend alors qu'il est confronté à son premier meurtrier en série.

La série des Harry Hole est bien conçue, les enquêtes se déroulant avec un suspens haletant, ponctué de rebondissements savamment dosés, et le tout avec une pointe d'horreur et de surnaturel incarnée ici par ce bonhomme de neige qui semble prendre vie pour rendre sa justice. Le héros est assez stéréotypé, malheureux noyant son amertume dans l'alcool, mais ses imperfections finissent par le rendre attachant.

Je n'ai pas lu la série dans l'ordre et jusqu'ici cela ne m'a pas dérangée, on reprend vite le fil de la vie privée de Harry Hole.
 

Du même auteur : Le léopard ♥ ♥ (Policier) ; Rue sans-soucis ♥ ♥ ♥ (Policier) ; L'étoile du diable  ♥ ♥ (Policier)

La série des Harry Hole dans l'ordre :

  1. L'Homme chauve-souris
  2. Les Cafards,
  3. Rouge-gorge,
  4. Rue Sans-Souci,
  5. L'Étoile du diable,
  6. Le Sauveur,
  7. Le Bonhomme de neige,
  8. Le Léopard,
  9. Fantôme,
  10. Police,
  11. La soif
  12. Le Couteau,
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Au bonheur des dames de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Ayez donc les femmes, dit-il tout bas au baron, en riant d’un rire hardi, vous vendrez le monde ! » p 69

Le XIXème siècle voit l'essor des grands magasins avec les travaux hausmanniens du second empire. Paris se transforme, les petits commerces souffrent de cette nouvelle concurrence avec laquelle ils ne parviennent pas à rivaliser. Ainsi, quand la jeune Denise Baudu arrive de la province pour travailler dans le petit commerce de son oncle, celui-ci lui fait comprendre qu'il n'a pas suffisamment de travail pour elle. La jeune femme se résout alors à se faire embaucher Au bonheur des dames, le grand magasin de prêt à porter qui se développe dans le quartier. Si Denise rencontre des difficultés à ses débuts, en butte à la cruauté des petites vendeuses qui connaissent des vies difficiles à cause de la précarité, et sur lesquelles pèsent sans cesse le spectre du licenciement,  elle prend peu à peu sa place, soutenue par Octave Mouret, le directeur du magasin, qui tombe peu à peu sous son charme.

Octave Mouret est un homme redoutable, qui maitrise parfaitement les coulisses de la vente, les stratégies commerciales, les nouveaux outils à sa disposition comme la réclame, et surtout, qui a compris combien son commerce devait s'appuyer sur la femme et ses désirs.

« Ils avaient éveillé dans sa chair de nouveaux désirs, ils étaient une tentation immense, où elle succombait fatalement, cédant d’abord à des achats de bonne ménagère, puis gagnée par la coquetterie, puis dévorée. En décuplant la vente, en démocratisant le luxe, ils devenaient un terrible agent de dépense, ravageaient les ménages, travaillaient au coup de folie de la mode, toujours plus chère. » p 69

Pour créer son grand magasin fictif "Au bonheur des dames", l’auteur des « Rougon-Macquart » s’est inspiré du triomphe du « Bon marché », créé à Paris vingt ans plus tôt par Boucicaut. Il met en valeur le rouleau compresseur que constituent les grands magasins pour les petits commerces, qui pourtant proposent souvent des articles de bien meilleure qualité, modelés par des artisans et non pas par des spéculateurs. Si les artisans résistent, ils se font petit à petit happer par cette machine infernale. Il montre aussi les dangers de la consommation à outrance à travers les portraits de quelques femmes prêtes à tout pour être à la pointe de la mode. Par le biais de la jeune Denise et de Octave, il offre aussi un point de vue plus nuancé : les deux personnages sont conscients de la nécessité de s'adapter à ce siècle en mouvement, qui doit nécessairement évoluer vers le progrès, quitte à laisser des êtres au bord de la route. L'auteur dira lui-même « Je n'attaque ni ne défends l'argent, je le montre comme une force nécessaire jusqu'à ce jour, comme une force de civilisation et de progrès. » (Zola, réponse à un journaliste cité dans Becker et Landes 1999, p. 90.)

Ce roman ambitieux brille par son intelligence, présentant le plus honnêtement possible cette mutation, en s'appuyant sur l'histoire de personnages attachants dont la jeune Denise, femme forte qui ne se laissera pas avilir par les hommes. Un grand moment de lecture !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Thérèse Raquin

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A l'orée du verger de Tracy CHEVALIER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Des pommes de la discorde aux arbres de l'espérance...

En 1838, dans l'Ohio, James Goodenough cultive des pommes. Mais les malheurs s'accumulent sur sa famille : à chaque fin d'hiver un de ses enfants meurt à cause de la fièvre des marais, les caprices du temps peuvent détruire en un instant ses récoltes, sa femme, Sadie, a tendance à trop apprécier l'eau de vie, les voisins sont rares bref, la vie est rude pour cette famille de cultivateurs... Les dissenssions s'exacerbent au sein du couple, James souhaitant cultiver avant tout une variété de pommes chère à son coeur la reinette dorée, pomme sucrée "au parfum de noix, de miel avec une note finale d'ananas" quand sa femme préfère les pommes à cidres qui lui permettent de fabriquer son eau de vie, encouragée en cela par John Chapman, vendeur d'arbres fruitiers itinérant. Leurs conflits permanents impacteront durablement leurs enfants. 

Enfants que l'on retrouve des années plus tard, après l'éclatement de la famille. Robert a quitté l'Ohio pour tenter sa chance dans l'Ouest. Il suit William Lobb, un exportateur chargé de prélever des pousses de séquoia pour les envoyer en Angleterre. Martha, quant à elle sillonne le pays à la recherche de son frère tant aimé.

Dans ce roman foisonnant très documenté, les arbres, tout comme les hommes voyagent : les pommiers à reinettes dorées viennent d'Angleterre et les séquoias géants ainsi que les redwoods font le chemin inverse. Mêlant savamment personnages fictifs et personnages réels, Tracy Chevalier rend hommage à la mémoire de ces pionniers venus construire l'Amérique. Si les êtres qui parcourent A l'orée du verger parlent peu, leur silence dit l'essentiel. Les rapports humains, amoureux ne coulent pas de source et demandent eux aussi des sols fertiles. Chacun est méfiant, comme pour se protéger d'un monde trop grand. 

Ce que j'ai moins aimé : Dans la première partie l'alternance de point de vue est déconcertante : d'abord celui de James à la troisième personne, puis celui de Sadie le personnage le plus détestable du roman -selon moi, d'autres comme Séverine l'ont adorée- qui, elle, parle à la première personne, dans un style qui se veut le sien. 

La construction est elle aussi déconcertante, avec des retours en arrière, des échanges épistolaires entrecoupant l'action et permettant des ellipses temporelles de plusieurs années.

En conclusion : Même si ce roman ne bénéficie pas des qualités narratives ni du souffle romanesque de La dernière fugitive, il aborde d'un point de vue original l'histoire de ces nomades anonymes qui ont contruit les Etats-Unis. 

 

Présentation de l'éditeur : Editions de la Table Ronde

Du même auteur : Mon préféré La dernière fugitive ;  Prodigieuses créatures

D'autres avis : Séverine

Télérama

 

A l'orée du verger, Tracy Chevalier, traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff, éditions la Table Ronde, mai 2016, 336 p., 22.50 euros

 

Merci à l'éditeur.

Ma rencontre avec l'auteure est ICI : rencontre avec Tracy Chevalier

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Karitas tome 2 L'art de la vie de Kristin Marja BALDURSDOTTIR

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Celui qui inspecte toujours le vent ne sème jamais, et celui qui regarde constamment les nuages ne moissonne jamais."

Pour rappel dans le premier tome consacré à Karitas, la jeune femme devait se battre contre un quotidien pesant pour espérer exercer son art, la peinture. Dans ce deuxième tome, nous la retrouvons installée dans le village Eyrarbakki où elle enseigne l'art aux enfants et continue à peindre. Elle approche la cinquantaine et décide sur un coup de tête de tenter sa chance à Paris. Elle part donc pour la ville lumière, même si une fois encore la famille pèse sur ses épaules puisque son fils lui laisse en pension sa petite fille Silfa. Et pourtant, sa force et son amour de l'art la poussera en avant : 

"Les femmes ne doivent plus laisser le vent entraver leur voyage. Elles l'ont eu dans le dos l'année où j'ai navigué autour du pays avec mes enfants et où la banquise n'a pas réussi à m'arrêter, je savais qu'un nouveau siècle s'était levé, notre siècle à nous, les femmes. Puis les femmes ont eu le vent de face et n'ont pas eu confiance en elles pour aller plus loin. Et elles se tiennent encore tranquilles, laissant le vent entraver leur voyage, mais toi Karitas, ne le laisse pas te faire obstacle. Le siècle des femmes est tout juste à moitié écoulé, tu partiras à Paris." p. 135

La famille restera très présente à ses côtés, qu'elle l'aliène ou la soutienne, de Paris à New-York en passant par Rome... Sigmar continuera à faire quelques apparitions sporadiques, et Karitas oscillera toujours entre haine et passion pour le père de ses enfants. 

Ce que j'ai moins aimé :

Rien de vraiment neuf par rappport au premier tome, plutôt des redites qui n'étaient pas vraiment nécessaires... Les mêmes thèmes tournent en boucle, avec de surcroît moins de force que dans le premier tome. Cet Art de la vie (un titre un peu grandiloquent au passage) semble forcé, traînant en longueur (672 pages quand même !) Les passages sur la nature ou l'univers fantastique s'effacent malheureusement pour laisser place aux noeuds familiaux, et à des scènes amoureuses toujours aussi mielleuses, qui finissent par noyer la personnalité de Karitas.

Bilan : une déception pour ce deuxième tome, je n'ai pas retrouvé la puissance de Chaos sur la toile 

 

Présentation de l'éditeur : Points 

D'autres avis : Babelio 

Mon avis sur le tome 1 Chaos sur la toile 

 

Lecture commune avec Nathalie du blog Mark et Marcel

 

Karitas tome 2 L'art de la vie, traduit de l'islandais par Henry Kiljan Albansson, Points, 2013, 672 p., 8,80 euros

 

Avec Lire le Monde chez Sandrine

Publié dans Littérature Europe

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Fakirs de Antonin VARENNE

Publié le par Hélène

fakirs.jpg

 ♥

 

Grand prix 2010 Meilleur Polar des lecteurs de Points

 

L’auteur :


Né à Paris, Antonin Varenne n’y restera que quelques mois avant d’être enlevé par ses parents pour vivre aux quatre coins de France, puis sur un voilier. Il n’y reviendra qu’à vingt ans, pour poursuivre des études à Nanterre.

Après une maîtrise de philosophie (Machiavel et l’illusion politique), il quitte l’Université, devient alpiniste du bâtiment, vit à Toulouse, travaille en Islande, au Mexique et, en 2005, s’arrime au pied des montagnes Appalaches où il décide de mettre sur papier une première histoire. 

Revenu en France accompagné d’une femme américaine, d’un enfant bilingue et d’un chien mexicain, il s’installe dans la Creuse et consacre désormais son temps à l’écriture.

Antonin Varenne remporte le prix Quais du polar-20 minutes 2012 (Source : Babélio)

http://antoninvarenne.over-blog.com/

 

L’histoire :

 

« On ne sortait des Suicides qu'à la retraite, par démission, via une dépression ou en finissant soi-même avec son arme de service dans la bouche.

De ces options, toutes étaient souhaitées à Guérin, dans un ordre variable. Mais celle que personne n'avait envisagée était qu'il s'y sente comme un poisson dans l'eau.

C'était arrivé. Résultat, le lieutenant Guérin flanqué de son stagiaire, Lambert — avait ajouté à la haine de ses collègues la répulsion viscérale qu'inspirent les pervers, lorsque, plongeant dans ce qui répugne à tous, ils semblent s'y régaler. » 

Ailleurs en France, au bord d'une rivière, John Nichols, un Franco-Américain installé dans un tipi, est convoqué à la gendarmerie de Saint-Céré. Là, on lui apprend la mort de son ami américain, Alan Mustgrave, intervenue alors qu'il s'écorchait en direct sur une scène du Paris underground, fort cotée pour ses spectacles sado-maso.

Soif de pouvoir, suicide, torture... On rit pourtant, jaune ou noir, c'est selon. L'auteur ne nous laisse aucun répit, et nous dépeint, en prime, de magnifiques personnages. (Source : Babélio)

 

 Ce que j’ai aimé :

 

Le commissaire Guérin est un personnage tourmenté, poursuivi par ses démons et par son passé. Mis au « placard » au service des suicides du quai des Orfèvres, et secondé par Lambert, jeune recrue, il croise le destin tragique de Alan Mustgrave, fakir mort sur scène. L’ami d’Alan, John, enquête sur cette mort qui révèle des dessous surprenants…

« En chemin, il chercha un lien entre de ce monde sans revanche possible et un fakir, mort sur scène d’une hémorragie. Evident. Le rapport était une ressemblance parfaite. Un monde d’hommes se tenant maladroitement debout sur des tapis de clous, courant et se fuyant les uns les autres. » (p. 176)

Les personnages sont bien campés psychologiquement, denses, ils dévoilent leur part d'ombre et de lumière au fil des pages. L'intrigue originale et ces personnages tourmentés créent un univers atypique en clair obscur, qui ne laisse pas le lecteur indifférent ! Un livre marquant !

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 L'intrigue patine un peu.

Assez glauque...

Premières phrases :

 

« Lambert se bouffait les ongles.

Le clair-obscur plongeait es trois flics dans un espace-temps imprécis, vaseux, perdus dans le compte des jours et des nuits. Une odeur d’alcool et de tabac froid avait empli la petite pièce. La fatigue s’entendait dans les voix mal réveillées, rauques malgré l’heure avancée de la matinée. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Le gâteau mexicain

Autres : Les romans de Fred Vargas

 

D’autres avis :

 

Babélio

  

Fakirs, Antonin Varenne, Points, 7.20 euros

 

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Intrusion de Natsuo KIRINO

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 

Natsuo Kirino a soixante et un ans et vit à Tokyo. Elle est l’un des talents les plus reconnus et les plus salués de sa génération. Lauréate de très nombreux prix au Japon, elle a été finaliste du prestigieux prix Edgar avec Out (Seuil, 2006).

 

L’histoire :

 

Jeune romancière, Tamaki a vécu une histoire d’amour intense et prolongée avec Seiji, son éditeur. Leur séparation un an plus tôt a été très douloureuse, mettant en péril leurs familles respectives, et Tamaki se plonge dans le travail sans pouvoir vraiment effacer sa présence.   Elle s’attèle à un nouveau roman : une enquête littéraire sur un auteur de best-sellers et sur son roman autobiographique, Innocent, où il raconte une histoire d’amour passionnée qui a failli détruire sa famille.   Mêlant enquête et quête de soi, dans une ultime tentative de démêler les fils de sa propre histoire, Tamaki se lance à la recherche d’Oko, cette maîtresse aussi célèbre que mystérieuse.  

 

Mon avis :

 

J’étais enthousiaste à l’idée de découvrir un roman policier japonais car ils ne sont pas monnaie courante, et ce fut donc avec joie que j’ai commencé ma lecture. Et ça commençait plutôt bien avec cette jeune écrivaine qui part sur les traces d’un autre auteur et cherchent à démêler le vrai du faux. Mais le problème est que 20 pages, puis 30 pages plus loin, nous en étions toujours au même point, avec en sus des histoires de couples et d’adultère banales à pleurer… J’ai persévéré, pensant qu’à un moment où un autre le genre « policier » allait s’exhiber fièrement et nous sortir de ce vaudeville presque burlesque. Que nenni !

 Les récits enchâssés ne finissent pas de s’enchâsser, les amants de se tromper, la jeune écrivaine d’enquêter sur la création et son lien ténu avec la réalité (vaste projet !), et j’ai fini par m’endormir, bercée par tant de platitudes…

Et le Japon dans tout ça ? L’action aurait pu se passer en France ou à Tombouctou, je n’aurais pas vu la différence, à part peut-être grâce aux noms et prénoms des protagonistes, seul point dépaysant…

Une déception !

 

Premières phrases :

 

« Un samedi matin, Tamaki Suzuki fit un cauchemar qui la réveilla, épouvantée, le cœur prêt à lâcher. Malgré un temps magnifique, elle fut prise d’un pressentiment sinistre et se sentit affreusement mal. Par déformation professionnelle – elle était écrivain -, elle essaya de se remémorer son rêve avec précision, mais le souvenir se dissipa aussitôt, tel un bateau qui sombre à une vitesse terrifiante. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Les leçons du mal de Thomas H. COOK

 

D’autres avis :

 

Chez babélio

 

 

Intrusion, Natsuo Kirino, Traduit du japonais par Claude Martin, Seuil Policiers, septembre 2011, 275 p., 20.50 euros

 

Lu dans le cadre du jury Babélio Seuil Policiers

 

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Neige de Maxence FERMINE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 « Je veux apprendre à regarder passer le temps. » (p.15)

 

L’auteur :

 Maxence Fermine est l’auteur de plusieurs romans à succès, Neige, L’Apiculteur (Prix del Duca et Prix Murat en 2001), Opium, Amazone (Prix Europe 1 en 2004)…, traduits dans de nombreux pays, notamment l’Italie où il est un best-seller. Il vit en Haute-Savoie. (Source : Albin Michel)

 L’histoire :

 

Dans le Japon de la fin du xixe siècle, sur l'île d'Hokkaido, Yuko ne désire devenir ni prêtre, ni guerrier, mais poète, afin "d'apprendre à regarder passer le temps". Fasciné par la neige, en laquelle il voit tout à la fois un poème, une calligraphie, une peinture, une danse et une musique, il s'adonne au haïku et traverse les montagnes dans l'espoir de parfaire son art auprès d'un maître renommé...

 Ce que j’ai aimé :

« Un matin, on prend le temps de se regarder vivre. » (p. 16)

  Neige est un texte qui flotte en apesanteur dans l’âme du lecteur et laisse en lui une marque pure, indélébile. Texte court qui allie subtilement prose et poésie, il approche le processus créatif : Yuko pour devenir poète, devra  être voyant… La poésie, l’art donnent accès à un monde qui n’existe pas ou n’existe plus. Elle permet de retrouver les êtres chers, de les sertir dans un cercueil de mots qui les rend immortels.

  Dans cet univers poétique, la femme est une muse, métaphore de la poésie :

   « Car l’amour est bien le plus difficile des arts. Et écrire, danser, composer, peindre, c’est la même chose qu’aimer. C’est du funambulisme. Le plus difficile, c’est d’avancer sans tomber. » (p. 50)

 « En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Ecrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Ecrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n’est pas non plus d’aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule, ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe. » (p. 81)

  Neige est une perle délicate comme un flocon, fragile, pure et immensément belle...

 flocon.jpg

 Ce que j’ai moins aimé :

- Rien.

 Premières phrases :

« Yuko Akita avait deux passions.

Le haiku.

Et la neige.

Le haïku est un genre littéraire japonais. Il s’agit d’un court poème composé de trois vers et de dix-sept syllabes. Pas une de plus.

La neige est un poème. Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers.

Ce poème vient de la bouche du ciel, de la main de Dieu.

Il porte un nom. Un nom d’une blancheur éclatante.

Neige. »

D’autres avis :

 Fransoaz ; Jostein ; Soukee ; Alex

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'apiculteur

 

Neige, Maxence Fermine, Arléa, janvier 1999, 96 p.,

POCHE : Neige, Maxence Fermine, Points, décembre 2000, 4.70 euros,

   challengeQuatreSaisons

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Quoi de neuf sur la planète blanche ? de Bernard FRANCOU et Christian VINCENT

Publié le par Hélène

♥ ♥

La planète blanche est "un thermomètre", "étudier sa croissance ou sa diminution c'est disposer d'un formidable indicateur des changements en cours qui affectent l'atmosphère et l'océan." Les effets du climat varient beaucoup selon les composantes que l'on étudie et les grands ensembles régionaux où l'on se situe. Les auteurs ont choisi cet axe comme fil d'Ariane de cette étude. 

Pour mieux cerner le sujet, le premier chapitre nous éclaire sur les moyens d'observation de la planète glace. 

Puis, régions par régions, un panorama se met en place : il présente d'abord un Antarctique contrasté avec une péninsule antarctique affectée par la fonte de surface mais une banquise australe stable. Le Groenland et les glaces de l'Arctique, plus vulnérables, montrent des signes de fonte de plus en plus importants.

"On imagine encore mal les enjeux économiques d'une telle disparition - ouverture de nouvelles lignes de navigation, exploitation pétrolière offshore, industrie minière ...- et les conséquences pour l'écosystème et les dernières populations traditionnelles qu'une libération de l'Arctique de ses glaces de mer pourrait entraîner..." p. 57

Le pergélisol, ce sol ou cette paroi rocheuse qui subsiste à l'état gelé pendant plus d'un an et qui résiste donc à la fonte estivale, est également menacé, tout comme les glaciers de montagne vulnérables, particulièrement ceux des Alpes qui ont perdu en moyenne une épaisseur de 1.10 m/an entre 2003 et 2009 ! La dégradation du manteau neigeux dans l'hémisphère nord et le déclin de l'enneigement dans les Alpes sont prégnants, mettant en péril notamment l'économie liée aux sports d'hiver. 

Entre les années 40 et 2006 la mer de Glace e reculé de 2km et est maintenant précédée de deux lacs apparus en 1997 et 1998, coincés entre la moraine frontale et le glacier qui a reculé. source : rfi

La hausse des températures a donc bien une influence marquante sur les glaces. "La tendance au réchauffement est indiscutable mais les moyennes lissent des disparités géographiques qui existent bel et bien." p. 108 Reste à savoir si la hausse des précipitations solides peut peut-être atténuer voire inverser l'effet du réchauffement. 

Les menaces pour les glaces du futur sont à prendre au sérieux, il faut continuer à observer la planète, comme le font Bernard Francou, directeur de recherche de l'IRD, au Laboratoire d'étude des transferts en hydrologie et environnement (LTHE) et Christian Vincent, ingénieur de recherche du CNRS au laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE). 

Point fort  : ensemble didactique avec de belles illustrations et graphiques. 

Point faible : certaines fiches imprimées en blanc sur fond jaune sont très désagréables à lire.

Bilan : Une bonne façon d'aborder le sujet en alliant à la fois données scientifiques et aperçus plus généraux accessibles au lecteur lambda. 

 

Présentation de l'éditeur : Glénat

 

Quoi de neuf sur la planète blanche ? Comprendre le déclin des glaces et ses conséquences, Beranrd Francou et Christian Vincent, Glénat, 2015, 142 p., 15.5 euros

 

Lu dans le cadre de Masse Critiqur organisé par Babélio

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7 années de bonheur de Etgar KERET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Ce que ça peut être flippant, les attentats terroristes,

dit l'infirmière fluette à sa collègue plus âgée.

Tu veux un chewing?" 

Etgar Keret raconte ici 7 années de sa vie à Tel Aviv entre la naissance de son fils, sa soeur ultra-orthodoxe et ses onze enfants, les chauffeurs de taxi irascibles, ses parents rescapée de l'Holocauste, les tournées littéraires mouvementées, avec toujours en toile de fond, cette peur des bombardements... 

Ainsi avec sa femme ils pratiquent un moment la philosophie du si-je-dois-partir-en-fumée-je-ne-veux-pas-mourir-en-gogo devant l'imminence de l'explosion probable d'une bombe nucléaire sur leur quartier. Ils décident ainsi de ne pas réparer leur plafond délabré puisque la ville va être rayée de la carte prochainement, puis reportent également les travaux de jardinage, "Pourquoi sacrifier inutilement, en les plantant, des violettes, des jeunes citronniers et de jeunes orangers -ce serait du gâchis. Si j'en crois Wiipédia, ils sont particulièrement sensibles aux radiations.",  puis renoncent à faire la vaisselle car ils ne veulent pas mourir en faisant la vaisselle, suppriment le ménage, la sortie des poubelles, font un prêt astronomique à la banque jusqu'à ce que le doute s'installe... Et si les iraniens ne bombardaient pas la ville ???

Vous l'aurez compris, le ton est décalé, l'humour permettant à l'auteur d'affronter cette situation instable quotidienne et d'instiller du bonheur là où le chaos règne. 

"Quelques semaines avant la naissance de notre fils Lev, voilà bientôt quatre ans, deux questions de la plus haute importance philosophique se sont présentées à nous.

La première, va-t-il ressembler à sa maman ou à son papa, a reçu une réponse rapide et sans équivoque à sa naissance : il était beau. Ou, ainsi que le dit ma chère épouse avec beaucoup d'à propos, "La seule chose qu'il ait hérité de toi, ce sont ces longs poils dans le dos."

Quant à la seconde, que-fera-t-il-quand-il-sera-grand, elle nous a tarabustés pendant les trois premières années de sa vie. Son mauvais caractère semblait le destiner à une carrière de chauffeur de taxi ; sa capacité phénoménale à se trouver des excuses le prédisposait plutôt au métier d'avocat ; et l'impérieuse domination qu'il a  constamment exercée sur les autres montrait qu'il pouvait aspirer à occuper un poste élevé au sein d'un quelconque gouvernement totalitaire. Mais depuis quelques mois, le brouillard qui estompait l'avenir rose et replet de notre fils a commencé à se dissiper. Il sera probablement livreur de lait, sans quoi son étonnante aptitude à se réveiller chaque matin à cinq heures trente puis, immanquablement à venir nous réveiller aussi, ne servirait strictement à rien." p. 85

Avec autodérision et un humour incisif revigorant Edgar Keret évoque en filigrane tout au long de ces 7 années de bonheur des questions essentielles et universelles.

"D'ailleurs, on le dit bien : "Ce n'est pas parce qu'on est paranoïaque qu'on n'est pas persécuté." Au cours des vingt ans où j'ai voyagé un peu partout dans le monde, j'ai connu ma part d'actes, de gestes et de paroles antisémites authentiques qu'on ne peut expliquer par aucune erreur de prononciation." p. 41

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Olivier ; Points

D'autres avis : Babélio

 

 

7 années de bonheur, Etgar Keret, traduit de l'anglais (Israël) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, Points, 2015, 185 p., 6.50 euros

Publié dans Littérature Asie

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Le scandale de la saison de Sophie GEE

Publié le par Hélène

scandale de la saison

 ♥ ♥ ♥ 

« Œillades de jour et chuchotements de nuit »

  

L’auteur :

 

Sophie GEE est australienne, elle enseigne à Princeton la littérature anglaise. Le scandale de la saison est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Au XVIIIème siècle, trois provinciaux s’installent pour quelques temps à Londres : Alexander Pope, poète aspirant au succès, et Martha et Térésa, attirée par l’éclat londonien et par la perspective d’y trouver un mari. Elles retrouvent là-bas leur cousine, la belle Arabella Fermor.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans cette société du XVIIIème siècle : les joutes oratoires sont jubilatoires, les jalousies féminines subtilement menées… L’oisiveté de ces femmes et de ces hommes constamment à la recherche d’une union qui leur permettrait d’asseoir leur fortune trouve finalement dans l’anecdote liée à la belle Arabella un écho désillusionné… A force de courir les bals masqués et d’user de faux semblants pour briller en société, ils en oublient la puissance des sentiments véritables.

-          Les personnages ont réellement existé : Alexander Pope s’est inspiré de la malheureuse histoire d’Arabella et de Lord Petre pour écrire son célèbre poème satirique « La boucle dérobée ». Nous nous trouvons donc dans l’antichambre de la création aux côtés de ce cher Alexander. Nous y rencontrerons également entre autres Jonathan Swift, le célèbre auteur des « Voyages de Gulliver », Charles Jervas, portraitiste en vogue à l’époque, la belle Mary Pierrepont…

-          Enfin - et surtout -  la relation passionnée qu’Arabella va nouer peu à peu avec Lord Petre ravira les amateurs de frivolité.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’aspect politique lié aux luttes entre catholiques et jacobites reste en toile de fond, effacé derrière l’aspect sentimental du roman. J’aurais aimé que l’auteur lui confère davantage d’importance.

-          Alexander Pope étant un poète qui a réellement existé, peut-être aurions-nous pu lire davantage de ses écrits disséminés dans le roman. Par exemple :

 

"Au soleil, déployant leurs ailes transparentes d'insectes, Elles glissent sur le vent ou plongent dans les nuages d'or, Silhouettes translucides, trop menues pour l'œil humain, Leurs corps fluides se fondent à demi dans la lumière."

 

Premières phrases :

 

« On entendait le vacarme dans tout le quartier. Les tourbillons de musique, les bribes de rires et de conversations résonnaient plus fort lorsque les convives sortaient dans la cour. Régulièrement, des échos de cris joyeux rebondissaient dans l’air nocturne : l’ambassadeur français donnait un bal masqué. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Orgueils et préjugés de Jane Austen

 

Le scandale de la saison, Sophie GEE, traduction de Bernard TURLE, P. Rey, janvier 2009, 19 euros

POCHE : Le scandale de la saison, Sophie GEE, traduit de l’anglais par Bernard TURLE, Points, juin 2010, 7.50 euros

 

Merci à Jérôme LAMBERT des Editions Points pour cet excellent moment de lecture.

 

D'autres avis chez Caroline, Mazel.

Publié dans Littérature Océanie

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