Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

424 résultats pour “ile du point némo

Pablo de Julie BIRMANT et Clément OUBRERIE

Publié le par Hélène

♥♥♥

"Un soir, j'ai assis la beauté sur mes genoux.

- Et je l'ai trouvée amère.

- Et je l'ai injuriée."

Rimbaud

Ce que j'ai aimé :

Cette série présente le quotidien de Picasso à Montmartre de 1900 à 1912.

Le point de vue proposé est celui de Fernande, celle qui sera le premier amour de Picasso et dont il réalisera une centaine de portraits. Nous suivons tout d'abord parallèlement les histoires du jeune Pablo fraîchement arrivé l'Espagne, et de Fernande qui vient de se marier et va vite vivre un enfer conjugal. Le premier tome se terminera par leur rencontre au Bateau Lavoir, quand Fernande sera devenue modèle pour les peintres.

                            

Puis l'hiver 1904-1905 arrive et Picasso rencontre Apollinaire, le poète ami des peintres. Une amitié sincère naîtra entre les deux hommes. Le troisième salon d'automne consacrera le succés des fauves quand Picasso est lui fasciné par Ingres et de son "Bain turc". Gertrude et Léo Stein achètent des toiles à Picasso et le convient à des soirées que fréquentent déjà de nombreux artistes. Le CM, cher Maître Matisse à la vie si bien rangée fait de l'ombre à Picasso.

Le troisième tome commence en Espagne en mai 1906 où Picasso a emmené Fernande. De plus en plus jamoux, il s'exile dans un petit village perdu dans la sierra pour préserver Fernande des mauvaises rencontres. Picasso est habité par un génie créateur, mais ils doivent rentrer à Paris précipitamment. Picasso travaille à "son grand bordel" et est obsédé par l'art des fangs, par les têtes ibériques, les femmes nues. Sa folie créatrice et sa personnalité torturée le place aux antipodes de la vie posée et harmonieuse de Matisse son grand rival qui triomphe avec son "Nu bleu". Apollinaire quant à lui tombe fou amoureux de Marie Laurencin ce qui apporte de l'équilibre dans l'âme de cet artiste habité.

La gloire arrivera dans le tome 4 porté par la naissance du cubisme et du "bordel" devenu le célèbre "Les demoiselles d'Avignon".

                          

"C'est une bombe, un concentré de tout ce qui n'a pas encore été peint : la peinture de l'avenir."

L'histoire de Picasso est aussi prétexte pour peindre cette époque virevoltante, cette émulation intellectuelle et culturelle des artistes, cette bohème enivrante. 

Une réussite !

Présentation de l'éditeur :

Dargaud 

                   

Vous aimerez aussi :

D'autres albums de Oubrerie :  Aya de Yopougon ;   Zazie dans le métro 

Blog de Oubrerie 

Présentation Julie Birmant

D'autres avis :

Jérôme 

 

 

Pablo, Max Jacob, Julie Birmant et Clément Oubrerie, Dargaud, environ 17 euros le tome

 

Chez Noukette cette semaine.

Partager cet article
Repost0

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick MODIANO

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Il aura fallu un nom, un mot, pour ouvrir la boîte de Pandore du passé de Jean Daragane. "Comme une piqûre d'insecte" le nom de "Guy Torstel" ouvre soudain une brèche dans le temps et projette l'écrivain devenu sexagénaire dans les années 50-60, du temps de son enfance.  Saint-Leu-La -Forêt, une grande maison, une femme phare nommée Annie Astrand et des individus louches qui gravitent autour d'elle, autant d'énigmes inhérentes à l'enfance que Jean Dargane tente d'appréhender. Mais le temps a tendance à effacer les souvenirs de la première enfance ne laissant qu'un vague ressenti, une ombre.

Peu importe, car le but de l'écrivain n'est finalement pas de copier la rélaité, mais plutôt d'en saisir la quintessence : 

"Je ne puis pas donner la réalité des faits, je n'en puis présenter que l'ombre." Stendhal

Ainsi point de réalité dans les souvenirs,  juste une impression diffuse qu'on tente de border avec des mots d'écrivain.

"C'était comme s'il allait lui dévoiler le secret de ses origines, toutes ces années du début de la vie que l'on a oubliées, sauf un détail qui remonte parfois des profondeurs, une rue que recouvre une voûte de feuillage, un parfum, un nom familier, mais dont vous ne savez plus à qui il appartenait, un toboggan."

La quête du passé et des ombres liées au souvenir est un motif récurrent chez Modiano, laissant parfois l'impression de toujours lire le même livre réécrit à l'infini, déformé par le prisme du temps. Le flou de la mémoire flotte au-dessus des pages, amenant le lecteur à plonger dans ses propres racines à la recherche d'une identité. Les interrogations doivent se renouveler à l'infini, tout comme les romans de cet auteur hors norme, comme pour nous rappeler que trouver des réponses n'appartient pas à la mission de l'auteur. Chacun doit se laisser envoûter, encercler par l'épaisseur du brouillard qui, seul, donne consistance à la vie. Sans cela, le charme serait rompu...

"Oui, je crois que les regards des enfants et des écrivains ont le pouvoir de donner du mystère aux êtres et aux choses qui, en apparence, n’en avaient pas." Entretien Patrick Modiano 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  L'herbe des nuits L'horizon 

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

D'autres avis :

Télérama 

Galéa ; Noukette ; Jérôme 

 

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano, Gallimard, 2014, 16.9

 
Partager cet article
Repost0

Oreiller d'herbes de Natsumé SOSEKI

Publié le par Hélène

♥ 

"Un village d'eaux isolé... l'ombre de fleurs par un soir de printemps... un chant à mi-voix au clair de lune... une silhouette dans une nuit de pénombre... ce sont des thèmes de prédilection des artistes." 

Un peintre se retire dans une auberge de montagne pour peindre et réfléchir sur son art. Il y rencontre une jeune femme Nami, fille du patron des lieux. Son histoire recoupe le destin de la Belle de Nagara, légende de la région  : aimée par deux garçons, elle ne choisit aucun des deux, compose un poème et se noie dans la rivière. Nami quant à elle était aussi aimée de deux garçons, mais "n'a heureusement pas recouru à la solution de la rivière." Elle choisit un des hommes, mais étant malheuruese, le quitte er revient vivre chez ses parents. Elle hante les lieux et est depuis soupçonnée de s'enliser dans la folie. 

Le narrateur est envoûté par la jeune femme et cherche son inspiration dans son chant. Son esprit erre dans des brumes oniriques, entre rêve et réalité, la poésie s'installe au delà du sentiment, provoqué et reconstruit par le poète. 

"Dans un pareil moment, comment retrouver un point de vue poétique ? Eh bien, il suffit de placer devant soi un sentiment,  de reculer de quelques pas et de l'examiner avec calme comme s'il s'agissait de celui d'un autre. Le poète a le devoir de disséquer lui-même son propre cadavre et de rendre publics les résultats de son autopsie." p. 53

Des silhouettes fantômatiques peuplent son monde, telle la belle Ophélie de Millais.

Si la peinture le fascine, le narrateur rédige aussi des haïkus, artiste complet il est happé par le besoin de créer et ressent profondément les affres et doutes de la création artistique. Ses cheminements poétiques empruntent quelquefois des méandres difficiles à suivre pour un lecteur occidental qui doit se laisser bercer par le rythme lancinant de la littérature japonaise pour être touché. 

 

D'autres avis chez Babélio 

Présentation de l'éditeur chez Payot et Rivages. 

 

Publié dans Littérature Asie

Partager cet article
Repost0

La dernière frontière de Howard FAST

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

1878. Les indiens cheyennes parqués en territoire indien en Oklahoma ne supportent plus leurs conditions de vie âpres, passés dans cette "étendue poussiéreuse, brûlante et cuite au soleil, de terre sèche, d'herbes jaunies, de pins rabougris et de rivières asséchées." Malades, affamés, désespérés, ils décident de regagner leur terre sacrée des Black Hills.  Trois cent d'entre eux partent, avec à leur trousse des soldats et des civils qui refusent que ces hommes fiers bafouent les traités que les blancs ont mis en place, traités qui ont spolié les indiens de leurs terres et les ont parqués dans des réserves. La dernière frontière conte l'odyssée de ceux qui n'avaient que le tort de penser que le sol sur lequel ils avaient vécu était le leur, le voyage tourmenté d'hommes et de femmes qui voulaient juste rentrer chez eux ! 

"Le mot freedom -liberté-, savez-vous d'où il vient ? Du vieux saxon, free (libre), et doom (mort). Alors songeons à ce qu'il a signifié : le droit pour tout homme de choisir la mort plutôt que la servitude." p. 120

Alors même si 1600 km les séparent de leur terre promise, les cheyennes ont décidé de se battre pour leur dignité, Leur chef Little Wolf estimant que la mort est toujours  préférable au statut d'esclave.

Little Wolf @http://www.digitalhistoryproject.com/

C'est la fin d'un monde qui s'ouvre sous nos yeux. Une page se tourne, laissant derrière elle une époque révolue où les bisons peuplaient les plaines et les indiens cheyennes étaient des êtres arrogants, fiers et beaux. A présent, ils ne sont plus que des ombres décharnées et traquées par l'administration américaine. La cavalerie qui les piste est étonnée de rencontrer des êtres qui ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, des êtres glaçants, déjà des fantômes de l'histoire. 

La question centrale du roman apparaît rapidement : "pourquoi un groupe minoritaire dans notre République ne peut-il légalement occuper le pays qu'il a habité pendant des siècles ?" L'égalité n'est qu'un leurre, la démocratie américaine a ses revers meurtriers pointés brillamment du doigt par Howard Fast dans ce roman poignant de 1941, roman inspiré de faits historiques et réédité ici en français dans une nouvelle traduction par les éditions Gallmeister. 

Un grand roman sur l'anéantissement d'un peuple.

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister 

D'autres avis :  Babélio

 

La dernière frontière, Howard Fast, traduit par Catherine de Palaminy, Gallmeister, mai 2014, 320 p., 10.20 euros

 

 

Partager cet article
Repost0

Notre-Dame du Nil de Scholastique MUKASONGA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Prix Renaudot 2012, Prix Océans 2013, Prix Ahmadou Kourouma 2012

"Il faut toujours rappeler aux Tutsi qu'ils ne sont que des cafards, des Inyenzi, au Rwanda."

Rwanda début des années 70. Le lycée Notre-Dame du Nil est perché sur une colline. En son sein, sous le calme appparent, la lutte raciale couve entre Tustis et Hutus. Le président hutu Kayibanda a commencé à lancer des opérations punitives contre l'ethnie rivale qu'il menace de mort ou condamne à l'exode. Dans ce lycée perché sur la colline, un quota "etnhique' limite le nombre d'élèves tutsis à 10 %. Parmi les jeunes filles qui suivent l'enseignement, Gloriosa, fille de ministre hutu se dresse face à Véronica et Virginia, deux jeunes filles tutsis. Peu à peu la tension monte...

Véronica et Virginia trouvent refuge chez Monsieur Fontenaille, un homme blanc des environs qui se plait à fréquenter les tutsis, parce qu'il reste persuadé que ce sont les descendantes de reines égyptiennes. Il les met en scène dans des tableaux vivants tirés de l'Egypte ancienne. Si les jeunes filles sont méfiantes dans un premier temps face à cet homme un peu fou, elles comprennent rapidement qu'il est leur seul allié dans ce lieu où tous les mensonges deviennent politiques et sont tolérés pour faire accuser les tutsis. Les soeurs belges et les enseignants français du lycée ferment les yeux, invisibles, introuvables quand des troubles éclatent. 

Scholastique Mukasonga nous emmène dans l'antichambre du massacre. Dans un récit tout en retenue, en finesse, elle livre l'émotion pure ressentie face à cette lutte ethnique injustifiable. Avec une intelligence rare, elle sait en quelques personnages, en quelques scènes, témoigner de cette horreur qu'elle a subie elle-même de plein fouet. Un roman essentiel ! 

 

Présentation de l'éditeur : GallimardFolio 

D'autres avisLe PointLe Magazine Littéraire Bibliobs Le Monde 

Vous aimerez aussiQuelques photos pour illustrer le roman ; le site de l'auteure 

Du même auteurL'iguifou

 

Notre-Dame du Nil, Scholastique Mukasonga, folio, février 2014, 7.49 euros

 

Lu dans le cadre de Lire le monde consacré aujorud'hui à Scholastique Mukasonga

Publié dans Littérature Afrique

Partager cet article
Repost0

Rendez-vous à Estepona de Ake EDWARDSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"Tout le monde ment dans cette histoire. Tout le monde a ses raisons de mentir. Parfois, tout le monde sait que tout le monde ment. Ça vaut mieux pour tout le monde. On sait à quoi s’en tenir."

Peter Matteus mène une vie équilibrée à première vue : publicitaire, il bénéficie d'une vie de famille harmonieuse. Jusqu'au jour où son passé le rattrape : il reçoit d'abord des photos de sa femme et de leurs enfants accompagnés de la clé d'une consigne, et la consigne le mène droit vers son histoire trouble qu'il avait tenté d'occulter. Quand sa femme reçoit des billets d'avion pour qu'ils s'envolent tous deux vers la Costa de Sol, le doute n'est plus permis, Peter n'a plus le choix, il doit revenir sur ses pas pour affronter les démons de sa mémoire. 

Peter se trouve pris dans une machination diabolique, payant les erreurs ou errances de son passé. A l'heure de régler ses dettes, il met la vie de sa femme et de ses enfants en danger. 

Le style d'Edwardson se met au diapason des sentiments suffocants de Peter, comme si les phrases courtes imitaient les pulsations du coeur qui s'accélère, le point venant ponctuer un manque d'air prégnant. Attentif à ses sensations, Peter se concentre sur ce qu'il voit, sur sa présence au monde, pour éviter de ressasser ses souvenirs traumatisants, ou de penser au futur angoissant. A côté du couple acculé, la vie continue, leur faisant ressentir encore plus durement leur décalage :

"Ils vont au bar près de la piscine. C'est l'happy hour. Ils commandent une bière pour lui et une eau minérale pour elel. Deux verres pour le prix d'un. Ils restent au bar. Il pose la petite glacière sur le comptoir, à côté de son verre de bière." p. 189

Ce rendez-vous à Estepona sera comme un rachat des fautes passées pour Peter qui comprendra pleinement l'impact de ses actions sur le présent. Pour protéger ceux qu'il aime, il aura dû leur mentir, en oubliant que rien ne s'efface ici-bas.  

Un épisode loin de la série des Winter mais tout aussi puissant...

 

Présentation de l'éditeur : 10/18 ; Jc Lattès 

D'autres avis : Babélio 

Du même auteur Je voudrais que cela ne finisse jamais ; Presque mort Le ciel se trouve sur terre ; Ce doux pays Le dernier hiver 

 

Rendez-vous à Estepona, Ake Edwardson, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, 10/18, septembre 2015, 7.50 euros

Partager cet article
Repost0

Histoire d'Awu de Justine MINTSA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Obame Afane est marié à Bella, mais malheureusement celle-ci ne peut pas avoir d'enfants, ce qui oblige Obame à se remarier avec la jeune Awa, plus jeune que lui. Mais son coeur reste attaché à Bella et Awu souffre de cette situation. Elle s'attache néanmoins à mener son destin coûte que coûte, en femme aimante et attentionnée.

Suivre le destin de la belle Awu, c'est plonger au coeur des contradictions du Gabon, entre modernité et traditions absurdes, voire cruelles. Qu'il s'agisse du sort réservé aux femmes qui ne peuvent enfanter, ou des luttes familiales, des jalousies, des humiliations, ces femmes gabonaises traversent mille épreuves ! A la mort de son mari Awu est soumise aux jalousies, et aux sévices de sa belle-sœur. Elle se doit de subir ces épreuves docilement pour honorer la famille. Elle sera dépouillée, considérée comme une chose, une possession comme les autres "En conséquence, elle avait l'impression d'avoir cousu sa vie au point de chaînette, sans faire de nœud au bout. Et, comme par jeu, on venait de tirer sur le fil. Et c'était le néant." p. 103

Sa force de caractère lui permet malgré tout de garder la tête haute, dans l'adversité comme dans les rares moments de bonheur. Cette femme instruite, dynamique et dotée d'une sagesse supérieure incarne l'avenir du Gabon. Comme le disait Justine Mintsa dans une interview en 2003 pour Amina par Pascaline Mouango : 

« Ignorer l'héritage culturel, le tenir pour inutile, c'est s'interdire la compréhension profonde du présent et toute activité authentiquement créatrice »

    Ce que j'ai moins aimé : Histoire d'Awu manque malheureusement d'un souffle romanesque qui aurait permis de s'attacher davantage à la jeune héroïne.

     

    Présentation de l'éditeur : Gallimard

    Sur le Gabon La bouche qui mange ne parle pas de Janis OTSIEMI ; African Tabloid de Janis OTSIEMI  Ceci n’est pas l’Afrique, récit d’une française au Gabon de Anne-Cécile MAKOSSO-AKENDENGUE

    D'autres avis

     

    Lire le monde avec Sandrine Tête de Lecture 

     

    Histoire d'Awu, Justine Mintsa, Gallimard, Continents noirs,120 p., 15.25 euros

    Publié dans Littérature Afrique

    Partager cet article
    Repost0

    Eugène Onéguine de Alexandre POUCHKINE

    Publié le par Hélène

    Ce roman-poème atypique écrit en vers raconte le destin de Eugène Onéguine personnage assez glacé, doté d'un spleen quasi baudelairien. Rien ne le satisfait, il erre loin de toute passion. La jeune Tatiana tombe sous son charme mais Eugène, le coeur glacé, la rejette. Il se lie avec un jeune voisin Lenski, jeune homme exalté et romantique. Mais un drame vient entacher leur relation.

    "Par quel hasard être venu ?

    Dans mon désert, dans mon silence,

    Je ne vous aurais pas connu,

    J'aurais pu vivre sans souffrance,

    Le feu d'un coeur sans expérience,

    Avec le temps, se serait tu,

    Quelqu'un aurait compris mon âme,

    Je serais devenue sa femme,

    Mère et modèle de vertu."

    Plusieurs années plus tard, Eugène recroise Tatiana, mariée, et les regrets s'invitent en son coeur... Mais Tatiana est douée d'une dignité toute aristocratique qui récuse l'adultère.

    Roman d'un amour impossible, l'intrigue d'Eugène Onéguine reprend les thèmes des rendez vous manqués, de l'amour qui passe trop tôt ou trop tard... Les commentaires ironiques de l'auteur-narrateur qui juge les actions de ses personnages, mais évoque aussi les questions de langue et de style, apportent une certaine légèreté à cette oeuvre.

    "Placé du côté de la légèreté, du sourire,le roman de Pouchkine est unique dans la littérature russe : il n'apprend pas à vivre, ne dénonce pas, n'accuse pas, n'appelle pas à la révolte, n'impose pas un point de vue, comme le font, chacun à leur façon, Dostoïevski, Tolstoï, ou, plus près de nous, Soljénitsyne et tant d'autres, Tchekhov excepté. Il nous appelle à vivre, dans notre propre langue, dans une espèce d'anonymat joyeux de la mémoire qui nous ramène, nous aussi, à la légèreté de notre absence." André Markowicz traducteur

    Ce que j'ai moins aimé : La traduction ne peut que rendre difficilement hommage à une telle oeuvre. Je n'ai pas été sensible à la poésie du style. De plus, les références littéraires (à Byron et aux romantiques notamment) me sont restées étrangères.

    L'âme slave ne m'habite pas, je suis restée fermée à toute éclosion de sentiments en moi à cette lecture.

    Bilan :  Pour Nabokov, Eugène Onéguine est «une des œuvres les plus brillantes jamais composées, un classique international aussi grand que Hamlet, ou Moby Dick».

    A vous de juger...

     

    Présentation de l'éditeur : Actes Sud

    D'autres avis : Moka  ; Madame Lit ; L'or des livres

     

    Lu dans le cadre du week-end russe organisé par Cryssilda en marge du Festival "Journées du livre Russe et des littératures russophones" qui se tient à Paris ce week-end. 

     

    Publié dans Littérature Europe

    Partager cet article
    Repost0

    Printemps des poètes 2018 - L'Ardeur

    Publié le par Hélène

     

     

    PRINTEMPS DES POÈTES

    VINGTIÈME ÉDITION

    3 - 19 mars 2018

    L'ARDEUR

     

    Imaginé à l’initiative de Jack Lang, et créé à Paris du 21 au 28 mars 1999 par Emmanuel Hoog et André Velter, afin de contrer les idées reçues et de rendre manifeste l’extrême vitalité de la Poésie en France, Le Printemps des Poètes est vite devenu une manifestation d’ampleur nationale. Sous l’impulsion d’Alain Borer en 2001, puis de Jean-Pierre Siméon de 2002 à 2017, un Centre de Ressources pour la Poésie est venu prolonger les temps forts du Printemps tout au long de l’année. C’est ainsi que la voix des poètes s’est propagée et que de nombreuses actions poétiques se sont déployées sur tout le territoire et jusqu’à l’étranger.


    Au fil des saisons, avec le soutien des Ministères de la Culture, via le Centre National du Livre, et de l’Éducation Nationale, la petite équipe du Printemps des Poètes a su tisser une immense communauté active : poètes, éditeurs, enseignants, élèves, bibliothécaires, chanteurs, comédiens, musiciens, lecteurs… Avec cette 20e édition, c’est un troisième souffle, un passage de témoin à Sophie Nauleau qui entend bien décupler cette aura du poème : « Pour Le Printemps des Poètes 2018, je voulais plus qu’un thème, je voulais un emblème. Une bannière qui étonne et aimante à la fois. Un mot dont tous les synonymes disent l’allant, la passion, la vigueur, la fougue, l’emportement. Un vocable vaste et généreux qui, à lui seul, condense l’élan et l’inspiration poétiques. Plus qu’un intitulé, L’Ardeur est le souffle même de la Poésie. Ernest Pignon-Ernest, qui avait calligraphié la signature du Printemps dès l’origine, a imaginé ce somptueux pastel représentant l’envol d’un être ailé. Est-ce un homme, une femme, un ange, une chimère ? C’est tout cela, mais aussi Zélos, le dieu grec du zèle et de l’ardeur, frère méconnu de Niké, la Victoire. Cette aile bleue sur un revers de toile brute est à l’image de notre ambition : à la fois intense et artisanale. Un dessin fait main qui importe en ce troisième millénaire de très haute technologie. Car s’il s’agit d’habiter encore poétiquement le monde, il est vital que la langue des poètes continue de pulser en chacun de nous. Ce qui ne nous empêche guère de travailler à une toute nouvelle version du site internet pour 2018 : la Poésie aussi étant un art de pointe. »

    Publié dans Poésie française

    Partager cet article
    Repost0

    Ar Men, l'enfer des enfers de Emmanuel LEPAGE

    Publié le par Hélène

       

    Ar Men est le nom du phare qui éclaire la nuit au large de l'île de Sein. Il est surnommé "L'enfer des enfers" car il est le phare le plus exposé et le plus difficile d’accès de Bretagne, construit sur un plateau rocheux dépassant de simplement quelques centimètres durant les grandes marées et placé dans un endroit extrêmement dangereux. Cette position le voue à assister à des centaines de naufrages, souvent très meurtriers. Germain est le gardien de ce lieu atypique, il lutte contre les éléments pour mieux recouvrir ses propres souvenirs, comme pour se noyer dans l'action. Sur les murs de son phare, sous les strates du temps, il découvre l'histoire de Moïzez...

    MoIzez participera à la naissance du phare au XIXème siècle. Germain conte son histoire à sa petite fille lovée dans le phare, mais il évoque aussi d'autres récits qui participent à la légende de l'île de Sein et de la Bretagne comme le mythe de la ville d'Ys ou celui de l'Ankou.

    Ce que j'ai moins aimé : Comme souvent chez Lepage, le récit est plus faible que les dessins, magnifiques. Ici, les histoires s'entremêlent de façon quelque peu artificielles, retraçant l'histoire du phare, confondant naufrages et drames au point qu'on ne sait plus bien ce qui tient de la réalité ou de la fiction... 

    Bilan : Des aquarelles inoubliables pour un bel hommage rendu à ces gardiens du bout du monde qui ont vu leur métier disparaitre au profit des phares automatisés.

    Présentation de l'éditeur : Futuropolis

    Du même auteur :  Un printemps à Tchernobyl ♥ ♥ ♥ ♥ (BD)Voyage aux îles de la Désolation ♥ ♥ (BD) ; Les voyages d'Anna ♥ ♥ ♥ (BD)

    D'autres avis : Lecture commune avec Jérôme, Blandine ; Eimelle ; Antigone ; Leiloona ; Kathel

    Sur le même sujet : Le phare, voyage immobile de Paolo RUMIZ ; La promenade au phare de Virginia Woolf et mon préféré : Tout seul de Chabouté

     

    Bd de la semaine accueillie par Stéphie

     

     

     

     

    La BD fait son festival avec Priceminister

     

     

     

    Partager cet article
    Repost0

    << < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 > >>