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424 résultats pour “ile du point némo

Pierre qui roule de Donald WESTLAKE

Publié le par Hélène

                        

♥ ♥ ♥ ♥ 

Ce que j'ai aimé :

Dortmunder sort de prison et est accueilli par son ami de toujours Kelp qui lui propose aussitôt un nouveau coup fumant : subtiliser une grosse émeraude valant un demi-million de dollars en plein coeur d'une exposition d'art à New-York, et ce pour le compte d'un petit état africain. Les bénéfices et le challenge poussent Dortmunder à accepter. Reste à savoir qui les accompagnera quand leurs acolytes sont tous pris : Whistler est en prison pour avoir libérer un lion, Lartz chauffeur de renom est à l'hôpital après avoir percuté un avion, Danforth est devenu prêtre. Ils choisiront finalement Chefwick passionné de trains "complètement marbré", Murch comme chauffeur, et Greemwood comme homme à tout faire. Servis par un plan concocté aux petits oignons par Dortmunder, l'équipe se lance alors à corps et coeur perdu dans cette quête de l'émeraude. Qui prendra un peu plus de temps que prévu... Mais ils iront au bout de leur mission car :

"- C'est une question de fierté, dit Murch. C'est comme de pas se laisser doubler à droite." 

Un récit rythmé, loufoque, des dialogues qui font mouche, il n'en faut pas plus pour se laisser charmer par cette première aventure de Dortmunder, celèbre cambrioleur. 

Ce que j'ai moins aimé :

-Rien

Premières phrases :

"Dortmunder se moucha.

"Monsieur le directeur, dit-il, vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai apprécié la sollicitude dont vous avez fait preuve à mon endroit."

Comme il ne savait pas quoi faire du Kleenex, il le garda roulé en boule dans son poing."

Informations sur le livre :

Payot rivages 

Vous aimerez aussi :

Série des Dortmunder

 1 - Pierre qui roule( Parution originale en 1970)

 2 - Comment voler une banque( Parution originale en 1972)

 3 - Jimmy the Kid( Parution originale en 1974)

 4 - Personne n'est parfait( Parution originale en 1977)

 5 - Pourquoi moi ?( Parution originale en 1983)

 6 - Bonne conduite( Parution originale en 1985)

 7 - Dégâts des eaux( Parution originale en 1990)

 8 - Histoire d'os( Parution originale en 1993)

 9 - Au pire qu'est-ce qu'on risque ?( Parution originale en 1996)

 10 - Mauvaises nouvelles( Parution originale en 2001)

 11 - Les sentiers du désastre( Parution originale en 2004)

 12 - Surveille tes arrières !( Parution originale en 2009)

 13 - Soit réaliste

 14 - Voleurs à la douzaine

 

Pierre qui roule, Donald Westlake, traduit de l'anglais (EU) par Alexis G. Nolent, Rivages noir, 2007, 304 p., 8.50 euros

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Pablo de Julie BIRMANT et Clément OUBRERIE

Publié le par Hélène

♥♥♥

"Un soir, j'ai assis la beauté sur mes genoux.

- Et je l'ai trouvée amère.

- Et je l'ai injuriée."

Rimbaud

Ce que j'ai aimé :

Cette série présente le quotidien de Picasso à Montmartre de 1900 à 1912.

Le point de vue proposé est celui de Fernande, celle qui sera le premier amour de Picasso et dont il réalisera une centaine de portraits. Nous suivons tout d'abord parallèlement les histoires du jeune Pablo fraîchement arrivé l'Espagne, et de Fernande qui vient de se marier et va vite vivre un enfer conjugal. Le premier tome se terminera par leur rencontre au Bateau Lavoir, quand Fernande sera devenue modèle pour les peintres.

                            

Puis l'hiver 1904-1905 arrive et Picasso rencontre Apollinaire, le poète ami des peintres. Une amitié sincère naîtra entre les deux hommes. Le troisième salon d'automne consacrera le succés des fauves quand Picasso est lui fasciné par Ingres et de son "Bain turc". Gertrude et Léo Stein achètent des toiles à Picasso et le convient à des soirées que fréquentent déjà de nombreux artistes. Le CM, cher Maître Matisse à la vie si bien rangée fait de l'ombre à Picasso.

Le troisième tome commence en Espagne en mai 1906 où Picasso a emmené Fernande. De plus en plus jamoux, il s'exile dans un petit village perdu dans la sierra pour préserver Fernande des mauvaises rencontres. Picasso est habité par un génie créateur, mais ils doivent rentrer à Paris précipitamment. Picasso travaille à "son grand bordel" et est obsédé par l'art des fangs, par les têtes ibériques, les femmes nues. Sa folie créatrice et sa personnalité torturée le place aux antipodes de la vie posée et harmonieuse de Matisse son grand rival qui triomphe avec son "Nu bleu". Apollinaire quant à lui tombe fou amoureux de Marie Laurencin ce qui apporte de l'équilibre dans l'âme de cet artiste habité.

La gloire arrivera dans le tome 4 porté par la naissance du cubisme et du "bordel" devenu le célèbre "Les demoiselles d'Avignon".

                          

"C'est une bombe, un concentré de tout ce qui n'a pas encore été peint : la peinture de l'avenir."

L'histoire de Picasso est aussi prétexte pour peindre cette époque virevoltante, cette émulation intellectuelle et culturelle des artistes, cette bohème enivrante. 

Une réussite !

Présentation de l'éditeur :

Dargaud 

                   

Vous aimerez aussi :

D'autres albums de Oubrerie :  Aya de Yopougon ;   Zazie dans le métro 

Blog de Oubrerie 

Présentation Julie Birmant

D'autres avis :

Jérôme 

 

 

Pablo, Max Jacob, Julie Birmant et Clément Oubrerie, Dargaud, environ 17 euros le tome

 

Chez Noukette cette semaine.

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Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick MODIANO

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Il aura fallu un nom, un mot, pour ouvrir la boîte de Pandore du passé de Jean Daragane. "Comme une piqûre d'insecte" le nom de "Guy Torstel" ouvre soudain une brèche dans le temps et projette l'écrivain devenu sexagénaire dans les années 50-60, du temps de son enfance.  Saint-Leu-La -Forêt, une grande maison, une femme phare nommée Annie Astrand et des individus louches qui gravitent autour d'elle, autant d'énigmes inhérentes à l'enfance que Jean Dargane tente d'appréhender. Mais le temps a tendance à effacer les souvenirs de la première enfance ne laissant qu'un vague ressenti, une ombre.

Peu importe, car le but de l'écrivain n'est finalement pas de copier la rélaité, mais plutôt d'en saisir la quintessence : 

"Je ne puis pas donner la réalité des faits, je n'en puis présenter que l'ombre." Stendhal

Ainsi point de réalité dans les souvenirs,  juste une impression diffuse qu'on tente de border avec des mots d'écrivain.

"C'était comme s'il allait lui dévoiler le secret de ses origines, toutes ces années du début de la vie que l'on a oubliées, sauf un détail qui remonte parfois des profondeurs, une rue que recouvre une voûte de feuillage, un parfum, un nom familier, mais dont vous ne savez plus à qui il appartenait, un toboggan."

La quête du passé et des ombres liées au souvenir est un motif récurrent chez Modiano, laissant parfois l'impression de toujours lire le même livre réécrit à l'infini, déformé par le prisme du temps. Le flou de la mémoire flotte au-dessus des pages, amenant le lecteur à plonger dans ses propres racines à la recherche d'une identité. Les interrogations doivent se renouveler à l'infini, tout comme les romans de cet auteur hors norme, comme pour nous rappeler que trouver des réponses n'appartient pas à la mission de l'auteur. Chacun doit se laisser envoûter, encercler par l'épaisseur du brouillard qui, seul, donne consistance à la vie. Sans cela, le charme serait rompu...

"Oui, je crois que les regards des enfants et des écrivains ont le pouvoir de donner du mystère aux êtres et aux choses qui, en apparence, n’en avaient pas." Entretien Patrick Modiano 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  L'herbe des nuits L'horizon 

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

D'autres avis :

Télérama 

Galéa ; Noukette ; Jérôme 

 

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano, Gallimard, 2014, 16.9

 
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Le liseur de Bernhard SCHLINK

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Le jeune Michaël fait la connaissance de Hanna alors qu'il n'a que quinze ans. Il est fasciné par cette femme plus âgée qui lui ouvre rapidement l'espace de ses bras. Durant six mois, ils vivent une relation harmonieuse, relation cimentée par la lecture à haute voix que le jeune Michaël fait tous les jours. Puis Hanna disparaît du jour au lendemain. 

Sept ans plus tard, Michaël étudiant en droit assiste au procés de cinq criminelles gardiennes de camps de concentration. Parmi elles, Hanna. Il suit alors jour après jour les avancées du procés en tentant de comprendre la femme qu'il a aimée, et en s'interrogeant sur les dérives de son époque qui l'ont menée sur le banc des accusés. Né après guerre le jeune Michaël adopte un point de vue unique sur la Shoah, porté par ce qui fut son grand amour pour Hanna, il analyse sa honte avec recul et intelligence.

"Quelque consistance que puisse avoir, ou ne pas avoir, moralement et juridiquement, la culpabilité collective, pour  ma génération d'étudiants ce fut  une réalité vécue.Elle ne concernait pas uniquement ce qui s'était passé sous le Troisième Reich. Que des tombes juives soient barbouillées de croix gammées, que tant d'anciens nazis fassent carrière dans les tribunaux, l'administration et les universités, que la République fédérale ne reconnaisse pas l'Etat d'Israël, que l'émigration et la résistance tiennent moins de place dans les livres que la collaboration  et la soumission : tout cela nous remplissait de honte, même quand nous pouvions montrer du doigt les coupables." p. 190

Le rapport entre comprendre et juger s'avère ténu,  la peur d'avoir honte d'être jugé plaçant chacun face à ses responsabilités. En cela, Hanna demeure un personnage relativement énigmatique, ne faisant preuve d'aucun remords, comme si elle ne comprenait pas ce qu'elle a accompli. Ainsi, l'importance des mots, de la littérature, de la connaissance rédemptrice qu'ils apportent est au centre du roman, ces mots qui auraient pu la sauver, ces mots qui, peut-être pourront encore l'aider, si ce n'est pas trop tard...

Un très gros succés pour ce roman traduit en 39 langues et inclus aux programmes scolaires de littérature de la Shoah.

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai trouvé l'ensemble assez froid. 

Présentation de l'éditeur :

Folio 

Vous aimerez aussi :

Le film

D'autres avis :

Lu dans le cadre du Blogoclub : les avis de Sylire-  Titine - Lisa - Claudia lucia

 

 

Le liseur, Bernhard Schlink, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, Folio, 1999, 256 p., 7.50 euros

Publié dans Littérature Europe

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Oreiller d'herbes de Natsumé SOSEKI

Publié le par Hélène

♥ 

"Un village d'eaux isolé... l'ombre de fleurs par un soir de printemps... un chant à mi-voix au clair de lune... une silhouette dans une nuit de pénombre... ce sont des thèmes de prédilection des artistes." 

Un peintre se retire dans une auberge de montagne pour peindre et réfléchir sur son art. Il y rencontre une jeune femme Nami, fille du patron des lieux. Son histoire recoupe le destin de la Belle de Nagara, légende de la région  : aimée par deux garçons, elle ne choisit aucun des deux, compose un poème et se noie dans la rivière. Nami quant à elle était aussi aimée de deux garçons, mais "n'a heureusement pas recouru à la solution de la rivière." Elle choisit un des hommes, mais étant malheuruese, le quitte er revient vivre chez ses parents. Elle hante les lieux et est depuis soupçonnée de s'enliser dans la folie. 

Le narrateur est envoûté par la jeune femme et cherche son inspiration dans son chant. Son esprit erre dans des brumes oniriques, entre rêve et réalité, la poésie s'installe au delà du sentiment, provoqué et reconstruit par le poète. 

"Dans un pareil moment, comment retrouver un point de vue poétique ? Eh bien, il suffit de placer devant soi un sentiment,  de reculer de quelques pas et de l'examiner avec calme comme s'il s'agissait de celui d'un autre. Le poète a le devoir de disséquer lui-même son propre cadavre et de rendre publics les résultats de son autopsie." p. 53

Des silhouettes fantômatiques peuplent son monde, telle la belle Ophélie de Millais.

Si la peinture le fascine, le narrateur rédige aussi des haïkus, artiste complet il est happé par le besoin de créer et ressent profondément les affres et doutes de la création artistique. Ses cheminements poétiques empruntent quelquefois des méandres difficiles à suivre pour un lecteur occidental qui doit se laisser bercer par le rythme lancinant de la littérature japonaise pour être touché. 

 

D'autres avis chez Babélio 

Présentation de l'éditeur chez Payot et Rivages. 

 

Publié dans Littérature Asie

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La ballade du calame d'Atiq RAHIMI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Une méditation sur ce qui reste de nos vies quand on perd sa terre d’enfance."

Atiq Rahimi livre en ces pages un portrait intime de son parcours en évoquant son exil, sa vie, son errance lui qui est "né en Inde, incarné en Afghanistan et réincarné en France". Ecrivain en mal d'inspiration, il évoque la difficulté de trouver ses marques dans son exil, et la nécessité de revenir vers ses origines qui l'ont construit pour mieux appréhender le présent. 

"Quand tu te perds dans un désert, disent les sages africains, cherche plutôt la trace des pas d'où tu viens.

L'origine est un repère, et non pas le but ni la fin." p. 59

Or quand les mots font défaut, l'auteur dessine avec ce calame, fin roseau taillé en pointe dont il se servait enfant pour tracer des lettres calligraphiées. La calligraphie a une immense influence sur sa vie, cet art a bercé son enfance. Lorsqu'il était élève à Kaboul, il devait déjà recopier des lettres divines que le jeune homme se plaisait déjà à déformer. Plus tard, quand l'inspiration fuyait, quand les mots se dérobaient le dessin, la calligraphie suppléait à ce silence intérieur. Il créera ainsi des callimorphies, dessins au fusain et au calame combinant la technique calligraphique perse et la gestuelle propre à la calligraphie japonaise, représentant des corps de femmes posés sur des lettres et des lettres sur les corps.

"En Chine, la calligraphie est en soi une religion, une spiritualité, parce que l'artiste, selon le grand maître François Cheng, "cherche à rejoindre l'immense par l'infime et à donner par là une présence à l'invisible."

Ou, comme confie Fabienne Verdier dans son entretien avec le sage Charles Juliet, c'est en pratiquant la calligraphie chinoise qu'elle a appris à peindre "la non-existence des choses"." p. 117

Essai autobiographique, réflexion sur l'exil, sur l'art et la calligraphie, La Ballade du Calame nous convie dans l'univers de cet auteur touchant dans ses hésitations. 

 

Présentation de l'éditeur : Editions Iconoclaste 

Du même auteur :  Terre et cendres Syngué sabour, pierre de patience

D'autres avis : Jostein 

 

 

La ballade du Calame, Atiq Rahimi, L'iconoclaste, août 2015, 185 p., 18 euros 

 

 

La maison de la poésie à Paris propose une exposition jusqu'au 25 octobre "Atiq Rahimi - "Callimorphies"" et une performance autour de cet essai le 10 octobre 2015 à 19h  

 

Maison de la Poésie

Passage Molière
157, rue Saint-Martin - 75003 Paris
M° Rambuteau - RER Les Halles

 

Infos et réservations

tél : 01 44 54 53 00
du mardi au samedi de 15h à 18h

accueil@maisondelapoesieparis.com

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La boîte noire de ITO Shiori

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En 2015, Ito Shiori a 26 ans, elle est journaliste. Un soir, elle rejoint N. Yamaguchi – directeur dans une grande chaîne de télévision et proche du Premier ministre – au restaurant pour parler affaires. Quelques heures plus tard, elle reprend conscience dans une chambre d’hôtel, en train de se faire violer. Si la justice inculpe dans un premier temps son agresseur, l'arrestation est finalement annulée après un appel téléphonique du chef de la brigade criminelle, proche du premier ministre. Le non lieu est prononcé.
Confrontée à la mauvaise volonté des pouvoirs publics et au silence des médias, Shiori mènera seule l’enquête sur sa propre affaire. A ce jour, elle n’a toujours pas obtenu justice.

Dans ce livre témoignage glaçant Ito Shiori dénonce les violences sexuelles au Japon :

"Je veux parler de l'avenir, des mesures à prendre pour qu'il n'y ait plus d'autres victimes et des moyens à mettre en place pour que les victimes d'agression sexuelles puissent obtenir de l'aide. Si je parle du passé, c'est uniquement pour réfléchir au futur."

Elle évoque la question du consentement : que faire quand les actes se passent dans une pièce close, une "boîte noire" ? De fait, elle insiste sur ses propres erreurs, la première étant de ne pas être allée de suite porter plainte, pour que les examens, le kit de viol puisse attester des faits. Elle s'est retrouvée prise au piège de ses hésitations, puis au piège de son agresseur qui, bien après l'acte, par le biais de ses relations, a fait planer sur elle l'ombre des doutes. Ito Shiori pointe ainsi du doigt "les imperfections de la loi, la façon dont les enquêtes sont menées et l'attitude de la société, qui forcent les victimes à se résigner et rester silencieuses."

La journaliste est devenue une figure emblématique du mouvement #MeToo au Japon, devenu #WeToo. Son engagement et sa force lui permettent de combattre avec courage tous ses détracteurs pour qui le silence est préférable. Dans son livre comme dans ses interviews elle n'édulcore rien : 

« J'ai connu une souffrance dont je n'imaginais même pas l'existence. J'ai appris que les personnes qui vivaient avec cette souffrance étaient bien plus nombreuses que ce que j'aurais pu imaginer.
Aux personnes qui ont vécu les mêmes épreuves que moi, à ceux qui soutiennent un être cher en souffrance, je souhaite dire : vous n'êtes pas seuls.»

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

D'autres avis : Libération ; Grazia

 

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La prisonnière du temps de Kate MORTON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Les gens accordent de la valeur aux pierres qui scintillent et aux porte-bonheur, mais ils oublient que les talismans les plus puissants sont les histoires que nous racontons, à nous-mêmes ou aux autres. "

La jeune Elodie WInslow, archiviste à Londres découvre une vielle sacoche dans laquelle était conservé le portrait sépia d'une jeune femme à la beauté solaire, ainsi que des croquis d'une maison située dans la campagne anglaise, au bord de la Tamise. Or cette demeure de Birchwood Manor semble familière à la jeune femme... Elle plonge alors dans les méandres du temps et s'intéresse à Edward Radcliffe, jeune homme appartenant à un groupe de jeunes peintres proches des Préraphaélites, durant l'été 1862. Ce peintre talentueux a connu durant cet été un drame marquant : lors d'un de ses séjours à Birchwood Manor, sa fiancée est tuée et un diamant issu de la fortune familiale disparait, sans doute volé par la sulfureuse Lily avec qui Edward vivait une passion tapageuse...

Dans ce beau roman, les strates temporelles se superposent, avec en point d'ancrage cette belle demeure lovée au creux du vallon, ce manoir imperturbable, rassurant comme un phare, une vigie veillant sur ses locataires dans les tempêtes du temps.

Les éléments s'agencent petit à petit, les personnages prennent sens au gré des histoires et des indices distillés, tels une histoire de famille prenant forme au fil du temps.

"Parents, enfants. La relation la plus simple du monde, et la plus compliquée. Chaque génération transmet à la suivante une valise pleine de pièces prises à d'innombrables puzzles accumulés depuis des siècles, avec cette prière : "Eh bien, à vous d'en faire quelque chose, maintenant.""

Le lecteur est emporté dans cette belle lecture et risque bien de devenir aussi prisonnier des rets du temps...

 

Présentation de l'éditeur : Presses de la cité

D'autres avis : Babélio

 

Publié dans Littérature Océanie

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Le vent l'emportera de Gunnar STAALESEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Une enquête de Varg Veum, le privé norvégien

Varg Veum est mandaté par une amie de son amie pour retrouver son mari disparu. Il se rend alors au large de Bergen sur ces îles battues par les vents. Il y est question d'un projet de parc éolien, la populations se divisant entre ceux qui ne veulent pas voir ces lieux défigurés et ceux qui appuient le dossier.

Ce roman bien conçu pointe du doigt les contradictions des écologistes, prêts à dénaturer l'environnement pour le sauver. En coulisses, les intérêts ne sont pas toujours aussi transparents qu'il y paraît. Au sein même des familles les avis divergent... Placé au centre des querelles, Varg Veum, fidèle à lui-même, tente de rester juste et équitable en tentant de défendre ceux qu'il aime.

Une série toujours efficace, entremêlant savamment intrigue policière et actualité.

 

Présentation de l'éditeur : Gaia et Folio

Du même auteur : L'écriture sur le mur ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ; Les chiens enterrés ne mordent pas ♥ ♥ ♥ ♥ (Policier) ;  Comme dans un miroir de Gunnar STAALESEN ♥ ♥ ♥ (Policier)

La série des Varg Veum dans l'ordre :

  1. Le loup dans la bergerie (Rocher en 1994. Gaïa Polar en 2005. Folio Policier en 2004)
  2. Pour le meilleur et pour le pire (Gaïa Polar en 2002. Folio Policier en 2004)
  3. La belle dormit cent ans (Gaïa Polar en 2002. Folio Policier en 2005)
  4. La Femme dans le frigo (Gaïa Polar en 2003. Folio Policier en 2006)
  5. La nuit tous les loups sont gris (Gaïa Polar en 2005. Folio Policier en 2007)
  6. Anges déchus (Gaïa Polar en 2005. Folio Policier en 2008)
  7. Fleurs amères (Gaïa Polar en 2008. Folio Policier en 2010)
  8. Les chiens enterrés ne mordent pas (Gaïa Polar en 2007. Folio Policier en 2011)
  9. L’écriture sur le mur (Gaïa Polar, . Folio Policier, 2012)
  10. Comme un miroir (Gaïa Polar en 2012. Folio Policier en 2013)
  11. Face à face (Gaïa en août 2013)
  12. L’enfant qui criait au loup (Gaïa en septembre 2014)
  13. Coeur Glacé (Gaïa en septembre 2015)
  14. Le vent l’emportera (Gaïa en septembre 2015)
  15. Où les roses ne meurent jamais (Gaïa en septembre 2018. Folio en 2019)
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Présumée disparue de Susie STEINER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Manon Bradshaw est inspectrice, traquant le jour les criminels, et le soir les prétendants éventuels. Cette célibataire endurcie aimerait ne plus être seule pour affronter les duretés que la vie lui réserve. Une nuit, après une énième rencontre Internet ratée, elle est confrontée à la mystérieuse disparition d'Edith Hind, étudiante à Cambridge. La jeune femme semble s'être volatilisée, et des traces de sang apparaissent dans sa maison. Néanmoins les indices restent minces pour se lancer sur la piste de la jeune femme, et les pressions augmentent étant donné que son père n'est autre que le médecin de la reine. Les points de vue alternent pour proposer un kaléidoscope enrichissant : celui de Manon, de Davy, son jeune collègue, de Miriam, la mère d'Edith ou encore d'Hélèna, la meilleure amie d'Edith.

La trame sociale est dense, mettant en avant l'errance des jeunes, tous milieux confondus, évoquant les foyers d'accueil pour les plus jeunes, pas toujours fréquentables, le rôle des associations. Manon jouera un rôle important pour eux. Ce personnage, appelé à devenir un personnage récurrent des romans de l'auteure, ressemble à de nombreux héros de romans policiers écorchés, exhalant un malaise lancinant. Son originalité tient dans ces rencontres et relations qu'elle enchaine pour combler le vide, à tout prix, parce qu'elle court après une image parfaite de ce qu'elle doit être. Elle apprend au fur et à mesure que la perfection n'existe pas, "Il y a toujours quelque chose : une maladie, un divorce, un deuil, à moins que ce ne soit la découverte d'une face cachée de la personnalité qui rend toute cohabitation impossible. Chacun fait du mieux qu'il peut et purge sa peine, les gens se retrouvent ensemble par accident (...)."

Un bon moment de lecture, mais rien non plus de très nouveau ou original.

 

Présentation de l'éditeur : Les arènes

D'autres avis : découvert chez Eva ; Cathulu ; Clara

Publié dans Roman policier Europe

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