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420 résultats pour “ile du point némo

Un moindre mal de Joe FLANAGAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Cape Cod, 1957. le lieutenant Warren enquête sur des meurtres d'enfants. Parallèlement une famille disparait et un homme est projeté d'une voiture, mal en point il reste mutique. Stasiak, officier de la police d'Etat est envoyé à Cape Cod pour reprendre l'enquête de Warren, mais ses méthodes sont quelque peu différentes de celles de Warren.

Si le duel flic ripou/ flic qui marche droit est usuel, la galerie de personnages secondaires densifient l'intrigue et lui apportent ses lettres de noblesse. Entre le fils quasi-autiste de Warren, son ancienne femme alcoolique qui a mystérieusement disparu, des antiquaires homosexuels victimes de vol mais dont on en fait aucun cas, des prêtres nébuleux officiant dans l'école voisine, un journaliste tenace refusant de se plier aux règles du système qui voudraient que les politiciens soient intouchables, tous semblent avoir quelque chose à cacher, tous portent leurs plaies. Quand ensuite le FBI lui-même s'en mêle, les pistes se croisent et se décroisent... Dans ce monde régi par l'argent et les relations, les hommes vrais sont rares.

Dés les premières pages, ce premier roman envoutant se démarque par un lyrisme affiché :

"Dans ces eaux vertes peu profondes, les petites créatures de l'océan se montraient. Des vairons ternes apparaissaient là où les herbes marines s'éclaircissaient, leurs yeux de poissons écarquillés par l'étonnement d'avoir survécu à une marée de plus. Des bernard-l'ermite trainaient leur fardeau sur le fond, tels de vieux réfugiés depuis longtemps en peine, et des méduses effilochées dérivaient comme des âmes traversant les limbes."

L'auteur a ce talent pour rendre l'atmosphère des lieux, il lui suffit d'une ombre projetée la nuit sur la maison de Warren pour que le lecteur tremble à l'idée de ce mal qui rôde et l'enserre.

Du grand art de la part d'un auteur à suivre...

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

 

Un moindre mal, Joe Flanagan, traduit de l'américain par Janique Jouin-de Laurens, Gallmeister, mars 2017, 480 p., 24.10 euros

 

Merci à l'éditeur.

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La double vie d’Anna Song de Minh Tran HUY

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

« La vie, c’est passer son temps à se préparer à quelque chose qui n’arrive jamais »

 

L’auteur :

 

Minh Tran Huy est une journaliste et romancière d’origine vietnamienne. Elle a publié son premier roman La princesse et le pêcheur en 2007.

 

L’histoire :

 

L’histoire est inspirée d’une histoire vraie : celle de la pianiste Joyce HATTO, connue pour avoir défrayé la chronique en 2007.

Lors du décès de sa femme Anne Song, pianiste, son mari et producteur Paul Desroches se plonge dans ses souvenirs pour la faire revivre dans son cœur.  Par son intermédiaire le lecteur va découvrir le destin particulier de la jeune pianiste : de leur rencontre aux confins de l’enfance à leur union maritale et artistique, en passant par une période d’éloignement source de souffrances pour Paul. Pendant qu’il raconte, le scandale éclate : Anna Song n’aurait pas enregistré une seule note de sa discographie, son mari aillant « emprunté » ailleurs ses morceaux…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les personnages : ce sont des êtres de fiction dans toute leur splendeur, ils revendiquent le droit de s’inventer une vie sur mesure, loin des contingences liées au destin qui quelquefois brise ou éloigne les êtres.

-          La structure du récit : entre les chapitres consacrés au récit de Paul, s’intercalent des articles de presse chantant les louanges de la jeune pianiste décédée, puis dévoilant au fil du temps l’imposture découverte par hasard par un ordinateur…

-          L’histoire elle-même, si surprenante, romancée bien sûr par l’auteur qui nous offre une chute vertigineuse… C'est un véritable hymne à l'amour qu'offre Paul à Anna pour prolonger le souvenir pur de celle qu'il n'a jamais cessé d'aimer...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien…

 

Premières phrases :

 

« Anna Song, une vie un point d’orgue

 

Par Alexis Cambrel, Classique Magazine,

Le 16 juin 2008

 

« La vie, c’est passer son temps à se préparer à quelque chose qui n’arrive jamais » a écrit Yeats. Une phrase qui illustre à la perfection le destin de la pianiste Anna Song, décédée il y a six jours à son domicile, à l’âge de quarante neuf ans. »



Vous aimerez aussi :

 

Corps et âme de Franck CONROY

 

La double vie d’Anna Song, Minh Tran HUY, Actes Sud, août 2009, 192 p., 18 euros

 

Clara en parle aussi.

Publié dans Littérature Asie

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La géométrie des variables de Mamadou Mahmoud N’DONGO

Publié le par Hélène

géométrie des variables

♥ ♥

 « La vérité historique c’est quand un mensonge est accepté par le plus grand nombre » (p. 99)

 

L’auteur :

Mamadou Mahmoud N’DONGO est un écrivain, cinéaste et photographe né au Sénégal. La géométrie des variables est son cinquième roman.

L’histoire :

Pierre-Alexis de Bainville et Daour Tembely, métis d’origine peule,  sont deux « communicants  politiques », hommes de l’ombre qui secondent les hommes politiques dans leurs quêtes du pouvoir. Ils se rendent tous deux aux Pays-Bas pour recevoir un prix. Ce sera l’occasion pour Pierre-Alexis de faire rapidement un point sur sa carrière pour donner quelques conseils à son poulain qui va se lancer seul dans ce monde aux entre fils compliqués.

 

Ce que j’ai aimé :

-          La simplicité du récit : les paroles prédominent dans ce récit comme dans le monde de ces deux hommes pour qui  tout passe par le discours. Leurs échanges sont mesurés, concis,  ils ont le sens de la formule exacte.

La mise en page épouse leur rythme de réflexion : quelques lignes seulement peuvent orner une page, afin de laisser le temps au locuteur et au lecteur de méditer, respirer, avant de comprendre, puis d’être convaincu.

-          Ces personnages placés dans l’orbite des hommes politiques publics sont désarçonnés quand leur vie privée envahit leur monde. Dans leur univers tout est tellement lissé, que les sentiments semblent les effrayer, trop incontrôlables à leurs yeux. Leur personnalité émerge peu à peu, au fil des pages, ils prennent vie par les mots et sortent de l’ombre comme en s’excusant, désabusés, pas encore tout à fait désespérés…

-          L’analyse neutre que fait l’auteur de la politique et de ses emblèmes est très fine : ces communicants ne sont pas des politiques, si bien que finalement les discours et les idées des hommes politiques deviennent atones, dénués du bel idéal qui devrait être le leur.

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          L’impression que ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable.

 

Premières phrases :

« « L’antisémitisme est la réponse à la xénophobie juive ». Les Noces de Wolkenstein, acte II, Didascalie, Yaya Cissé, bonjour…

Indéniablement, l’évènement théâtral de cette rentrée hivernale 2008, nous le devons aux Noces de Wolkenstein de Lionel Seligmann, dans unemise en scène de Christopher Adams, que j’ai le plaisir de recevoir : Christopher Adams, bonjour… »

 

Merci à Frédérique ROMAIN des Editions Gallimard pour cette découverte qui sort de l’ordinaire…

 

La géométrie des variables de Mamadou Mahmoud N’DONGO, Gallimard, Continents noirs, septembre 2010, 320 p., 19.50 euros

1pourcent

Publié dans Littérature Afrique

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La danseuse de Mao de Qiu XIAOLONG

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥
Un roman policier chinois très original
 
L’auteur :
Qiu Xiaolong est un auteur chinois de romans policicers. Il est également poète, comme son personnage principal, l’inspecteur Chen.
L’histoire :

L'inspecteur principal Chen est contacté par une amie qui lui demande son aide. La petite fille de son amie est soupçonnée de détenir un document sur Mao, document que veut récupérer le secrétaire du Parti. En effet, les documents sur le « grand timonier » sont légion à cette période, l'image de Mao ayant souvent flétri par leur lecture.
Son enquête va mener Chen vers la révolution culturelle, et plus délicat, vers la vie privée de Mao lui-même.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le personnage de l’inspecteur Chen : fin gastronome et poète doué,  ce personnage donne à la fois de la profondeur et de la légèreté au genre policier.


- L’environnement dépaysant et un fond historique intéressant : le roman se déroule dans la Chine actuelle, mais il fait ici référence à la Chine des années 30, et également à la Révolution culturelle. Si la quatrième de couverture laisse supposer que nous sommes en présence d'un livre historique, voire politique, avec la mention de Mao, la lecture du roman nous détrompe bien vite. L'ensemble est léger, facile à comprendre, simplifié pour le lecteur lambda.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-      Un peu léger.

-      Une intrigue policière peu haletante..

 

Premières phrases :

 

  "L'inspecteur Chen Cao ne se sentait pas d'humeur à prendre la parole à la réunion d'études politiques du Comité du Parti. L'ordre du jour, l'urgence de bâtir la civilisation spirituelle en Chine, le laissait perplexe..."

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : De soie et de sang

Autre : Meurtres à Pékin de Peter MAY

 

La danseuse de Mao, Qiu XIAOLONG, Liana Levi, mai 2008, 368 p., 19 euros

POCHE : La danseuse de Mao, Qiu XIAOLONG, Points policier, avril 2009, 315 p., 7 euros

 

D'autres avis : Cathe,

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Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Une petite merveille pour souhaiter une

bonne fête à tous les pères !!!

  

L’auteur :

 

Hubert Mingarelli est un écrivain français. Il est lauréat du Prix Médicis en 2003 pour son roman Quatre Soldats. Il vit aujourd'hui dans un hameau de montagne de Matheysine dans les Alpes françaises.

 

L’histoire :

 

Un petit garçon, Primo, vit seul avec son père, ouvrier au chômage. Pauvreté matérielle et dénuement psychologique marquent ce récit. Le père et l'enfant imaginent faire fortune en cultivant des rosiers. On leur coupe l'électricité. Ils vont manger dans un bistrot où une femme chante des chansons grivoises. Ils volent des cierges dans une église pour s'éclairer. (Présentation Fnac)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Une rivière verte et silencieuse est un texte court et lumineux serti comme une pierre précieuse. Chaque scène est parfaite, s’insérant à merveille dans l’ensemble.

 

-          L’amour du père et du fils est au coeur du roman : ce père attendrissant est considéré comme un raté par tous mais l’amour de son fils va réussir à le sauver. Ils ont besoin l'un de l'autre, quoi qu'il arrive, Primo  veut désespérément croire en cet homme, son seul repère dans une vie solitaire, comme le père a besoin de choyer son fils pour se sentir exister :

 

« Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu’il avait attrapé des truites bleues à la main.

Je fermai les yeux.

Une rivière verte et des truites bleues. » (p. 52)

 

  - C'est un roman très visuel, la brieveté et la pureté des scènes leur apporte une intensité miraculeuse. Il est difficile de trouver les mots pour décrire cette merveille, je n'aurais qu'un seul mot "lisez-le"...

       

   « C'est vraiment pas grand-chose que ce livre, mais un premier roman capable de faire naître autant d'émotions, si on croyait en Dieu, on dirait qu'aujourd'hui c'est presque un miracle. » (Thierry Guichard, Matricule des Anges)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien…

 

Premières phrases :

 

« Cette herbe poussait si vite que personne ne jugeait utile de couper une herbe qui aurait repoussé le lendemain. Elle commençait derrière les maisons et, me semblait-il, s’étendait aussi loin que la vue portait depuis le sommet du château d’eau. Mais je ne pouvais pas l’affirmer, car je n’étais jamais monté sur le château d’eau. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Trois chevaux de Erri DE LUCA

 

D’autres avis :

 

Le Matricule des Anges

 

Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Editions du Seuil, 1999, 123 p., 11.43 euros

POCHE : Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Points, 2001, 128 p., 5 euros

 

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Passage du désir de Dominique SYLVAIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Roman atypique, « Passage du désir » brille par son humour et son originalité. Et les romans policiers drôles sont assez rares pour être mentionnés...

Grand prix des lectrices de Elle 2005, catégorie policier.

 

L’auteur :

 

Dominique Sylvain est une écrivain française. Elle travaille pendant une douzaine d’années à Paris, d’abord comme journaliste, puis comme responsable de la communication interne et du mécénat chez Usinor. Pendant six ans, elle a vécu avec sa famille en Asie. Ainsi, Tokyo, où elle a passé trois ans, lui a inspiré son premier roman Baka ! (1995). Sœurs de sang et Travestis (1997 et 1998) ont été écrits à Singapour. 

Elle habite actuellement à Tokyo et se consacre exclusivement à l’écriture.

 

 L’histoire :

 

Lola Jost et Ingrid Diesel ne sont pas des enquêtrices comme les autres. La première est une ex-commissaire, et la deuxième est une kiné américaine amoureuse de Paris. Elles vont unir leurs efforts pour la première fois dans ce roman pour découvrir l'assassin d'une jeune fille travaillant dans un petit restaurant de Paris. Leur gouaille et leur dynamisme mènent joyeusement cette enquête peu évidente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Un duo d'enquêtrices de charme et de choc. Les deux enquêtrices sont attachantes, vives et drôles.

- L’atmosphère : il s'agit d'un roman policier, mais l'atmosphère du roman est au premier plan, supplantant l'intérêt de l'intrigue. Comme chez Fred Vargas, on retourne vers cet auteur, non pour le suspens lié à l'intrigue, mais plus par amour des personnages phares de la série, pour l'atmosphère, les dialogues...

- Véritable déclaration d'amour à Paris et ses quartiers, « Passage du désir » se situe dans le 10e arrondissement de Paris. On rencontre sa faune particulière et on s'attache immanquablement à ce quartier vivant.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Le suspens n'est pas haletant.

 

Premières phrases :

 

 "Je rencontrai pour la première fois Etienne Le Blais (alias Monky) au Café Noir, à deux pas de chez moi. "

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La fille du samouraï

Autre : Pars vite et reviens tard de Fred VARGAS

 

Passage du désir, Dominique SYLVAIN, Viviane HAMY, mars 2004, 285 p., 15.20 euros

POCHE : Passage du désir, Dominique SYLVAIN, Points, janvier 2009, 7 euros

 

  Le site de l'auteur : http://www.dominiquesylvain.com/index.php

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L’été de la vie de John Maxwell COETZEE

Publié le par Hélène

                                             été de la vie

 ♥ ♥ ♥

 « Un livre devrait être un outil pour fendre la glace que nous portons en nous. » (p.78)

 

L’auteur :

 

J. M. Coetzee, de son nom complet John Maxwell Coetzee (né le 9 février 1940 au Cap en Afrique du Sud) est un romancier  et professeur en littérature sud-africain  d'expression anglaise, descendant de colons afrikaners. Il est lauréat de nombreux  prix littéraires de premier ordre dont le prix Nobel de littérature en 2003.

 

L’histoire :

 

Il s’agit d’une autobiographie fictive de l’auteur. Un jeune universitaire anglais recueille les témoignages de quatre femmes et d’un collègue qui auraient compté pour l’écrivain Coetzee en gestation dans les années 70.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le procédé est original : en faisant parler des personnes qui ont connu Coetzee, un portrait en creux se dessine, encadré par des notes et fragments extraits des carnets de l’écrivain. Cette construction multiplie les points de vue et les perspectives, agissant comme un prisme dans lequel apparaît une image déformée de l'homme dont il est question. 

 

-          C’est en effet un homme ordinaire qui se dessine, un homme plutôt maladroit avec les femmes, mal à l’aise en société, pataud, loin de l’image de grand homme à laquelle on s’attend quand on parle d’un écrivain connu. Le talent dans l’écriture est-il vraiment un gage de grandeur ?  L'auteur joue autour de ces questions en créant ce double qui n'est pas tout à fait lui...

 

-          La réflexion sur l’entreprise autobiographique nous éclaire sur la part de fiction et de réel qui hante chaque écrit et chaque vie :

 

« Et si tous, tant que nous sommes, nous faisions dans la fiction, comme vous le dites de Coetzee ? Si nous ne cessions d’inventer l’histoire de notre vie ? Pourquoi ce que je vous dis de Coetzee serait-il plus digne de foi que ce qu’il vous dit de lui-même ? » (p.271)

 

- J. M. Coetzee nous offre un roman original très complet 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien

 

Premières phrases :

 

«  Dans le Sunday Times d’hier, un reportage sur Francistown au Botswana. La semaine dernière, en pleine nuit, une voiture, modèle américain de couleur blanche, s’est arrêtée devant une maison dans un quartier résidentiel. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Disgrâce

Autre : Indépendances de Richard FORD

 

 

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L’Été de la vie, J. M. Coetzee, traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis, éd. du Seuil, août 2010, 324 p., 22 euros.

Publié dans Littérature Afrique

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L’année du jardinier de Karel CAPEK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Un petit précis de jardinage humoristique et philosophique…

    

L’auteur :

 Karel CAPEK était un écrivain tchèque mort en 1938. Artiste aux talents multiples, il a publié de nombreux recueils de récits, des pièces de théâtre, des romans, avec toujours dans ses livres un humour vivace. Son frère Josef a participé à certains de ses ouvrages en les agrémentant d’esquisses.

L’année du jardinier a été publié en 1929.

 

L’histoire :

 L’année du jardinier, comme son titre l’indique, suit un jardinier dans l’entretien de son jardin, mois après mois. Les chapitres courts suivent les pérégrinations du jardinier dans les différentes étapes de sa création. Les esquisses de Josef KAPEK rendent l’ensemble d’autant plus attrayant.

 

Ce que j’ai aimé :

- Le ton humoristique.

- Le portrait tendre de cette espèce particulière qu’est le jardinier : une personne qui a tendance à beaucoup montrer son postérieur à ses invités, toujours occupé à désherber, planter, semer… Une personne amoureuse de la pluie et du purin, ou mieux, des pluies de purin… Un être qui devrait être bien différent :

 « S’il avait été produit par la nature, il serait fait bien différemment ; il aurait des jambes de scarabée afin de n’être point obligé de s’asseoir à croupetons et il aurait des ailes, d’abord parce que c’est plus joli et, en second lieu, pour pouvoir s’élever au-dessus de ses plates-bandes. » (p. 52)

 - L’hymne au jardinage.

-  Et pour couronner le tout : un brin de philosophie :

«  L’avenir n’est pas devant nous, car il est déjà sous les espèces de ce germe ; il est déjà parmi nous, et ce qui n’est pas présent parmi nous n’y sera pas non plus dans l’avenir. Nous ne voyons pas les germes parce qu’ils sont sous la terre ; nous ne connaissons pas l’avenir parce qu’il est en nous. (…) si nous pouvions voir ce fourmillement caché de l’avenir au milieu de nous, il est sûr que nous dirions que notre mélancolie et notre scepticisme sont de grandes sottises et que le meilleur de tout, c’est d’être un homme vivant, je veux dire un homme qui croît. » (p. 139)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

 

Premières phrases :

 «  Il y a cent manières de se créer un jardin : la meilleure est encore de prendre un jardinier. Ce jardinier vous plante toutes sortes de bouts de bois, de bâtons ou de manches à balai, en vous soutenant que ce sont là des érables, des aubépines, des lilas, des rosiers à haute tige ou buissonnants et autres espèces botaniques ; (…) »

 

Vous aimerez aussi :

 Une année à la campagne de Sue HUBBELL

 

POCHE : L’année du jardinier de Karel CAPEK, 10/18, décembre 1999, 156 p., 6 euros

 

TAGS : Littérature tchèque - Jardinage - Nature - Humour

 

Publié dans Littérature Europe

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Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

Publié le par Hélène

ciel bleu

♥ ♥ ♥

Un roman dépaysant  pour découvrir la culture mongole.

    

L’auteur :

 

Galsan TSCHINAG est né en Mongolie occidentale et a passé son enfance dans les steppes. Ciel bleu est son premier roman publié en 1994.

 

L’histoire :

 

Galsan TSCHINAG nous conte son enfance dans la steppe dans le Haut Altaï. Il évoque avec beaucoup de tendresse le quotidien au sein d’une famille aimante. Dans ces pages, il rend hommage à un monde voué à la disparition, à travers notamment les figures emblématiques de sa grand-mère ou de son chien.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le dépaysement : cette lecture est un véritable bol d’air frais, loin des considérations nombrilistes de certains romans actuels. On y découvre un univers totalement inconnu, oscillant entre tradition et modernité, un monde magique aux mœurs déroutantes et enrichissantes dans lequel on chante pour les brebis afin qu’elles ne rejettent pas leurs agneaux.

-          La justesse du récit : on trouve beaucoup de tendresse et de poésie dans cette évocation. Le point de vue adopté est celui du jeune garçon de 7 ans qui découvre petit à petit les règles particulières du monde qui est le sien. 

-          Une source de sagesse : de nombreux enseignements sont à tirer de ce petit récit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La scène un peu longue à mon goût concernant le chien qui a avalé du poison, mais ce sera le seul bémol.

 

Premières phrases :

 

«           Il est possible que cette histoire ait commencé dans un rêve. Etait-ce une préparation à ce qui allait suivre, une mise en garde peut-être ? Car le rêve était pénible, pénible – un cauchemar.

On disait qu’il ne fallait parler de ses mauvais rêves à personne, mais les dire plutôt pour soi à haute voix, puis cracher trois fois. On disait la même chose pour les rêves agréables. Il ne fallait les confier à personne, les garder pour soi. Ceux qu’on entendait raconter n’étaient-ils donc ni bons ni mauvais ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Dersou Ouzala de Vladimir ARSENIEV (non lu)

 

Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï, Galsan TSCHINAG, Métailié suites, 1996, 8 euros

 

TAGS : Littérature mongole - Famille

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Kyoko de Ryû MURAKAMI

Publié le par Hélène

kyoko couv

  ♥ ♥ ♥

Un conte moderne japonais relativement prenant.

  

L’auteur :

 

Ryû MURAKAMI est un écrivain et cinéaste japonais. Son œuvre est relativement sombre et désespérée, notamment Les bébés de la consigne automatique, ou encore Parasites.

 

L’histoire :

 

La jeune Kyoko part à l’âge de 21 ans à la recherche de celui qui lui a donné le goût de la danse quand elle avait 8 ans, José. Son voyage la mène à New York, et dans cette ville protéiforme elle va rencontrer une série de personnages qui ne resteront pas indifférent face à cette jeune femme diaphane.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’alternance des points de vue : chaque chapitre a un narrateur différent qui raconte sa rencontre avec la jeune Kyoko. Ce procédé a tendance à dynamiser le récit, même si pour moi, il n’est pas assez exploité.

-          La quête de la jeune femme intrigue le lecteur et le pousse en avant dans sa lecture.

-          La simplicité des rapports humains, la tendresse qui filtre entre eux nimbe le roman d’une poésie utopique.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La naïveté générale : sur la quatrième de couverture, on nous dit que l’auteur s’est efforcé dans ce roman de faire un roman « sans drogue, sans violence et sans sexe, sur la renaissance et l’espoir. » Malheureusement, j’ai senti qu’il n’était pas là dans son élément, tout étant trop édulcoré, simple, naïf.

-          Les scènes de danse de surcroît sont difficiles à se représenter alors qu’elles constituent le cœur du récit. Un film a été tourné, peut-être est-il plus convaincant…

 

Premières phrases :

 

« Les grillages de barbelés.

Il s’étend à perte de vue, ce grillage de barbelés plus haut que moi, et recouvre ma mémoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Itinéraire d’enfance de Duong Thu HUONG

  

 Lu dans le cadre duchallenge  challenge-In-the-mood-for-Japan

 

 POCHE : Kyoko, Ryû MURAKAMI, Picquier poche, août 2000, 227 p., 7 euros

 

TAGS : Littérature japonaise - Maladie -Danse

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