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435 résultats pour “ile du point némo

Réanimation de Cécile GUILBERT

Publié le par Hélène

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 « La mort ne possède aucun savoir-faire.

Seule la vie résolvant les contraires, quand elle repart de plus belle, l’été dans le jardin. » (p. 270)

 

L’auteur :

Cécile Guilbert est l'auteur de plusieurs essais publiés chez Gallimard comme Saint-Simon ou l'encre de la subversion (1994), Pour Guy Debord (1996), L'Ecrivain le plus libre (2004), Sans entraves et sans temps morts (2009). Elle a obtenu le prix Médicis de l'Essai pour Warhol Spirit (Grasset, 2008), et cosigné avec Nicolas Guilbert Animaux & Cie (Grasset, 2010). Après Le Musée national (Gallimard, 2000), Réanimation est son deuxième roman.

 L’histoire :

« Blaise vient de fêter ses cinquante printemps. Quelque chose en lui refuse-t-il de naître ? De céder ? De s’ouvrir ? Une délivrance ? Une douleur ? Un remords ? Peut-être. Car soudain tonne le canon qui abat tout, renverse tout, démolit tout. »

 La narratrice et Blaise, mariés, vivent comme des adolescents, des Robinson parisiens, artistes accrochés l’un à l’autre, insouciants. Jusqu’au jour où Blaise est atteint d’une maladie rare, la « cellulite cervicale », forme de nécrose parfois mortelle des tissus du cou. Hospitalisé d’urgence à Lariboisière, Blaise se mue du jour au lendemain en « homme-machine » plongé dans le coma. Alors la peur s'installe. De le perdre. De voir le bonheur disparaître. S'installe aussi la curiosité fascinée de la narratrice pour ce service spécial – la « réa » – tandis que son existence se détraque et se ranime elle aussi...

Récit intelligent et sensible, exercice de mise à distance du malheur, méditation d'une grande douceur sur le temps et l'espérance, les pouvoirs de l'art et de la médecine, les pièges de l'image et les sortilèges de l'imagination, le livre de Cécile Guilbert, traversé de mythes et de contes, et aussi – surtout ? – une lettre d'amour à Blaise.

Mon avis :

Ce mois-ci les lectrices de Elle ont choisi un autre témoignage sur la maladie, du point de vue des proches laissés sur le bord de la route. Je dois avouer que je n’avais nulle envie de lire à nouveau un livre sur la maladie après La tête à Toto le mois dernier –sans parler de La réparation  et Cher Gabriel du mois précédent – d’autant plus que la photo de l’auteure en bandeau fait franchement peur...

 Néanmoins, j’ai été très agréablement surprise par la profondeur du propos et par la beauté du style, mais il n’en reste pas moins que je ne saisis toujours pas bien l’intérêt de ce type de lecture : il s’agit pour l’auteur de se purger, de partager, je le conçois entièrement, mais pour les lecteurs ? Si encore il s’agit d’un lecteur lui-même atteint de ce type de maladie –ou d’une autre- et qui reste avide de trouver un témoignage, une bouffée d’espoir, pourquoi pas. Mais pour les autres ? Entretenir la paranoïa de la maladie, du malheur, se dire que finalement on n’est pas à plaindre ?

Je n’ai rien appris en lisant ce témoignage, j’en ressors indemne…

 Premières phrases :

« Cette année-là, dans les derniers jours de mars, quelque chose a lieu.

Le temps balance entre giboulées hargneuses et fulgurantes éclaircies.

Le soleil s’allume d’un coup dans le bleu lavé pour s’éteindre dans la cendre. »

 

D’autres avis :

Presse : Le monde Le Magazine Littéraire

Blogs : Clara A propos des livres  Nadael  Mango    Théoma

Réanimation, Cécile Guilbert, Grasset, août 2012, 272 p., 18 euros

grand prix lectrices de elle 

 

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Quand nous serons heureux de Carole FIVES

Publié le par Hélène

quand nous serons heureux

 

 

♥ ♥ ♥ 

 

« J’écris tout cela et plus encore, je donne forme à mes regrets, je les regarde en face et les tiens à distance, enfin, ces rêves qui ne sont pas les miens. Je finis par les faire tourner, les voir danser sur ma feuille de papier. » (p. 55)

 

 

L’auteur :

 

Carole Fives vit à Lille et partage son temps entre les arts plastiques et la littérature. Pour Quand nous serons heureux, elle a reçu le prix Technikart du manuscrit 2009, présidé par Alain Mabanckou.

 

L’histoire :

 

Il y a les vies que nous aimerions vivre… et celles que nous vivons, faites de compromis, de doutes, de fantasmes : le fils qui fait de la scène pour attirer l’attention de son père, la jeune femme qui comprend que ses opérations de chirurgie plastique n’ont pas réglé ses problèmes, la fan de David Bowie qui perd le sens de la réalité, l’homme qui à force de ratures, de biffures sur son agenda se rend compte que c’est son existence qu’il annule jour après jour, la victime de viol dans le déni qui relate son agression comme s’il s’agissait d’une histoire d’amour, le photographe Rmiste en panne de modèles… (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

  Le bonheur dont il est question dans le titre semble bien loin des protagonistes… Carole Fives nous présente dans ses nouvelles des êtres désenchantés, malmenés par la vie et par les autres, des hommes et des femmes à l’avenir sans espoir. Mais elle peint leur quotidien avec un ton acide et décalé qui évite le naufrage dans un désespoir sans fond, et qui, subtilement amène le lecteur vers une réflexion constructive. La forme courte et expéditive des nouvelles permet aussi de ne pas s’enferrer dans les situations glauques, mais de simplement les effleurer, les suggérer pour mieux les faire chuter en fin de nouvelle.

 

« C’est pas parce que la vie est dégoûtante qu’il faut encore en rajouter dans un bouquin, merci. » (p. 155) conseille une amie à l’auteur dans le dernier chapitre, lui enjoignant de plutôt écrire des romans comme Anna Gavalda « plein d’espoir ». Carole Fives est une auteure effectivement bien loin des stratégies commerciales, et qui écrit simplement ce qu’elle ressent, dans un acte de partage sans calcul. Elle choisit délibérément de pointer les travers de la société et de nos semblables plutôt que d’édulcorer comme tant d’auteurs contemporains populaires le monde qui nous entoure… Parce qu’on ne peut pas se cacher les yeux éternellement et que viendra un jour où il faudra peut-être revoir notre rapport aux autres…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 J’ai lu ces nouvelles en ayant en tête le dynamisme et la gentillesse de Carole rencontrée par hasard un soir de mai. Je n’ai donc pas ressenti le côté plombant des nouvelles, mais je reconnais que leur cynisme pourrait en désarmer certains…

 

Premières phrases :

 

« Certes, les loyers y étaient largement moins élevés que dans le centre-ville. Mais ce n’est pas la seule raison qui vous a amenée à Ploucville. Le goût des quartiers populaires aussi, leur métissage, leurs possibilités d’échanges, de rencontres… »

 

Vous aimerez aussi :

 

Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON

 

D’autres avis :

 

Clara, Sophie

 

Quand nous serons heureux, Carole FIVES, Editions le Passage, 2010, 157 p., 14 euros

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Rouge abattoir de Gilda PIERSANTI

Publié le par Hélène

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  ♥♥♥

 Au coeur de Rome, Mariella mène l'enquête... 

 

 L’auteur :

 

Gilda Piersanti est une romancière italienne qui vit en France depuis 20 ans. Elle se consacre exclusivement à l'écriture depuis 1995.

 

L’histoire :

 

Au cœur de la Ville éternelle ensevelie sous la neige, dans le très populaire et très branché quartier romain de Testaccio, une troisième jeune fille vient d’être assassinée, au beau milieu des fêtes de fin d’année. Le commissaire D’Innocenzo ne croit pas à l’hypothèse du tueur en série que les journaux se plaisent à rabâcher, mais ne sait plus comment maîtriser la peur qui gagne les habitants du quartier et cette population jeune et nombreuse qui fréquente, le soir, ses restaurants et ses discothèques, son théâtre et son cinéma. Une jeune femme inspecteur, téméraire et secrète dans sa réputation, rejoint l’équipe du commissaire sans son consentement. Au fil des heures et du raisonnement, une entente mutuelle finit par s’établir qui viendra à bout d’une histoire personnelle ensevelie, comme la ville sous la neige, sous les années de plomb de la vie politique italienne.

 

Ce que j’ai aimé :

 -          Le décor : Rome en hiver resplendit de magie sous la plume de Gilda Piersanti.

 

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-          Les personnages : Je déplorais récemment le manque d’inspectrice dans la littérature policière, or ici ce sera la surprenante Mariella qui tiendra les rennes de l’enquête, aux côtés d’Innocenzo tout de même (car que ferait-on sans les hommes, n’est-ce pas…)

 

-          Les intrigues secondaires aiguillonnent l’intérêt du lecteur : qu’est-il arrivé au fils du commissaire ? Où vont l’amener les habitudes pour le moins surprenantes de Mariella ? Autant de questions qui donnent envie de lire sans tarder les autres opus de la série « saisons meurtrières »…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

L’intrigue est somme toute assez banale et sa résolution sort un peu trop facilement du chapeau de l’auteur…

 

Premières phrases :

 

« Un morceau de la troisième victime fut retrouvé le lendemain de Noël devant le kiosque à journaux. Assunta faillit se tordre la cheville pour éviter la main qu’un soupçon de neige décorait comme une branche de sapin. Elle pensa : « Il a neigé toute la nuit… » Puis elle vit la main et poussa un hurlement aigu, amplifié par la lenteur de son raisonnement et le silence du matin. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les saisons meurtrières qui comprend : Rouge abattoir, Vert palatino, Bleu catacombes, Jaune Caravage, Vengeances romaines, Roma Enigma

Autre : les romans de Donna LEON

 

D’autres avis :

 

Babélio

 

Rouge abattoir, un hiver meurtrier, Gilda Piersanti, Le passage, 2003, 18 euros

POCHE : Rouge abattoir, un hiver meurtrier, Gilda Piersanti, Points, 2008, 277 p., 6.60 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Roman policier Europe

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Une heure de silence de Michael KORYTA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un roman policier plutôt bien mené.

 

L’auteur :

 

Michael Koryta est un auteur américain, ancien journaliste et détective privé.

 

L’histoire :

 

La mystérieuse propriété baptisée «La Crête aux murmures» et estimée à plusieurs millions de dollars, a longtemps abrité un étrange programme de réinsertion mené par Alexandra Cantrell, soeur d'un ponte de la mafia de Cleveland.

Le détective privé Lincoln Perry en apprend l'existence lorsque débarque dans son bureau Parker Harrison - ancien détenu et «pensionnaire» de la Crête aux murmures - l'implorant de retrouver Alexandra, mystérieusement disparue. Déconcerté et embarrassé par l'instinctive méfiance que lui inspire son client, Perry décide de prendre l'affaire mais se rend vite compte que les os de Joshua Cantrell, l'époux d'Alexandra, ont été découverts au moment même ou Parker s'est décidé à faire appel à lui.

Coïncidence ? Sûrement pas. Pour régler ce dossier dont les pistes sont froides depuis des années, Lincoln Perry, aidé d'un autre détective, va devoir plonger le nez dans les enquêtes de la police mais aussi du FBI, et enfin résoudre disparition et meurtre au risque et au prix de sa vie.

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’atmosphère liée à cette maison idéale tapie en pleine nature intrigue le lecteur dés les premières pages. Le décor est attirant, les personnages énigmatiques : on rencontre un ancien meurtrier qui semble s’être réinséré, un détective hésitant, un autre à la retraite, et le troisième hanté par ses échecs. Et surtout la disparition mystérieuse et inexpliquée de ce couple aux valeurs morales aiguillonne la curiosité…

Le point de vue de la jeune Alexandra sur la réinsertion des anciens meurtriers est intéressant et ouvre de nouvelles perspectives...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai moins aimé les imbroglios liés à la mafia locale, j’ai trouvé que l’intrigue perdait de son épaisseur en tombant dans ces poncifs, alors qu’elle aurait pu sans doute partir sur des voies plus originales et passionnantes.

-          Le suspens n’est pas assez exploité car à chaque fois que l’enquête frôle le danger, Lincoln connaît les affres de l’hésitation qui le happent et le font douter de sa mission –la trouille tout simplement … C’est sans doute tout à son honneur de souhaiter protéger ses proches  mais on est loin du personnage de dur à cuire que rien ni personne ne fait reculer, à la Sam Spade …

-          A dire vrai, je n’ai pas vraiment envie de revoir le beau Lincoln, et ça, croyez-en une fan des beaux détectives musclés, ce n’est pas très bon signe… (personne n’a encore remplacé Dahlgren dans mon cœur, qu’on se le dise !)

 

Premières phrases :

 

« Il avait aiguisé son couteau une heure avant de tuer. La police, le procureur et les médias en avaient fait grand cas. Pour eux, il y avait préméditation. Dessein criminel. Meurtre de sang-froid.

Parker Harrison s’était contenté de répondre qu’il aiguisait souvent son couteau le soir.

Un peu léger comme défense. »

 

 

D’autres avis :

Babélio

 

Une heure de silence, une enquête de Lincoln PERRY, Michael KORYTA, Traduit de l’anglais (EU) par Frédéric Grellier, Seuil policiers, octobre 2011, 365 p., 21.50 euros

 

JURY-2011Jury seuil babélio

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Des vies d’oiseaux de Véronique OVALDE

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« Si tu voulais des garanties, ma douce, il fallait acheter un toasteur. » (p. 235)

 

L’auteur :

 

Véronique Ovaldé est un écrivain français né en 1972. Ses ouvrages connaissent un succès grandissant et depuis le début de sa carrière littéraire elle bénéficie d’une reconnaissance de la librairie et de la critique. En 2008, son cinquième roman Et mon cœur transparent est récompensé par le prix France Culture/Télérama. En 2009, son septième roman Ce que je sais de Vera Candida, reçoit le 18e prix Renaudot des lycéens2, le prix France Télévisions 20093 et le Grand Prix des lectrices de Elle en 2010. (source Wikipédia)

 

L’histoire :

« On peut considérer que ce fut grâce à son mari que Madame Izarra rencontra le lieutenant Taïbo » Car c’est lui, Gustavo Izzara, qui, revenant de vacances un soir d’octobre 1997, appelle la police pour qu’elle vienne constater que sa somptueuse villa de Villanueva avait été cambriolée. Un vol pour le moins étrange puisqu’aucun objet n’a été dérobé et que les intrus, apparemment familiers des lieux, se sont contentés d’habiter la maison en l’absence du couple. Vida Izzara va peu à peu sortir de son silence et dévoiler au lieutenant Taïbo la vérité : Paloma, sa fille unique de 18 ans, s’est évaporée du jour au lendemain avec Adolfo, un mystérieux (dangereux?) jardinier, et elle la soupçonne d’être revenue, par effronterie, insolence, nostalgie, hanter la demeure familiale. Les vies d’oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d’un nouvel amour, est conduit à se défaire de ses anciens liens, conjugaux, familiaux, sociaux, pour éprouver sa liberté d’exister. Sans plus se soucier d’où il vient ni de là où la vie le mène. Avec Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé continue à explorer les rapports qui lient les hommes et les femmes.  (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

Ce n’est pas le sujet, somme toute assez insignifiant, qui retient le lecteur, mais plutôt cette atmosphère si particulière que sait créer Véronique Ovaldé, ce monde teinté de mélancolie et de douceur, un univers dans lequel rien n’est vraiment grave, comme dans les romans sud-américains teintés de réalisme magique.

Les personnages évoluent comme dans un songe, et c’est presque malgré eux qu’ils accomplissent leur destin, poussés par des sentiments qui tombent du ciel et restent relativement inexplicables et mystérieux. Hypnotisés alors par cette force nouvelle qu’ils puisent en eux, ils trouvent le courage de s’abstraire d’un monde qui ne leur convient plus pour, enfin, devenir eux-mêmes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

     C’est un roman à l’atmosphère et à l’histoire tellement aériennes que je me demande si le vent de l’oubli ne va pas l’emporter rapidement loin de moi…


Premières phrases :

 

« On peut considérer que ce fut grâce à son mari que Madame Izarra rencontra le lieutenant Taïbo. Monsieur Izarra avait tenu à appeler le poste de police, un soir d’octobre 1997, malgré l’heure tardive et le caractère sans urgence de son appel, afin de déclarer qu’il leur semblait avoir été cambriolés mais que rien, et il avait insisté étrangement sur ce point, ne leur avait été dérobé. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Toutes choses scintillant

Autre :  Le cœur cousu de Carole MARTINEZ

 

D’autres avis :

 

Théoma, Clara , Cuné , Amanda

PRESSE : Babélio recense les articles presse

 

Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé, Editions de l’Olivier, 2011, 235 p., 19 euros

 

challenge 1% littéraire  

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Miséricorde de Jussi ADLER OLSEN

Publié le par Hélène

Misericorde

♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen (né le 2 août 1950 à Copenhague) est un écrivain danois.

Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s'est spécialisé dans un recueil de romans policiers dont son dernier roman Journal 64 fut la meilleure vente de livre en 2010 au Danemark, ainsi il a eu une distinction du meilleur prix littéraire danois au début de cette année qui est le prix du club des libraires danois du nom en danois de boghandlernes gyldne laurbær ou plus exactement en français des « lauriers d'or des libraires ».

 

L’histoire :

 

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux d’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encre. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Morck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …

 

Ce que j’ai aimé :

 

Miséricorde est un bon roman policier qui tient son lecteur en haleine : parallèlement à l’enquête des deux policiers, il assiste impuissant à la lente agonie de celle qu’ils recherchent et qui est enfermée dans une chambre close, soumise à la folie de ses ravisseurs. La tension est ainsi permanente et le compte à rebours se met rapidement en place.

Les deux policiers sont le point fort de ce roman : Carl est un homme fermé, traumatisé par un règlement de comptes qui a coûté la vie à un de ses collègues et a transformé l’autre en légume cloué sur un lit d’hôpital. L’acolyte qu’on lui adjoint est un homme étrange au premier abord, mais qui s’avèrera bien plus efficace que prévu… Leur improbable duo fonctionne bien

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

   J’ai rapidement deviné qui était les coupables, ce qui est plutôt mauvais signe pour un roman policier…

Une fois la dernière page refermée, je ne peux pas dire qu’il me reste grand-chose de cette lecture !

 

Premières phrases :

 

« Avec le bout de ses doigts, elle gratta jusqu’au sang les murs lisses, elle frappa de ses poings fermés le verre épais des vitres jusqu’à ce qu’elle ne sente plus ses mains. Dix fois au moins, elle avait retrouvé à tâtons la porte d’acier, inséré ses ongles dans la fente pour l’arracher, mais la porte avait un bord tranchant et restait inébranlable. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Le sang des pierres de Johan THEORIN

 

Merci à Florence Godfernaux des Editions Albin Michel.

 

Miséricorde, Jussi Adler Olsen, Traduit du danois par Monique Christiansen, Albin Michel, octobre 2011, 489 p., 22.50 euros

 

challenge voisins voisines

 

 

 

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Un été sans les hommes de Siri HUSTVEDT

Publié le par Hélène

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♥ ♥

  

L’auteur :

 

Siri Hustvedt est née de parents immigrés norvégiens. Poétesse, essayiste et romancière reconnue, elle est diplômée (PhD) en Littérature Anglaise de l'Université de Columbia.

Le 23 février 1981, Siri Hustvedt se rend à une séance de lecture de poésie, à laquelle assiste aussi Paul Auster. Le coup de foudre est réciproque, elle épousera l'écrivain l'année suivante. Ils vivent à Brooklyn, New-York, et ont une fille, Sophie Auster.

 

Ses œuvres sont traduites dans seize langues à ce jour. En France les écrits de Siri Hustvedt sont traduits par Christine Le Bœuf et publiés chez Actes Sud.

 

L’histoire :


Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari, Boris, neuroscientifique de renom, entretient avec une femme plus jeune qu'elle, Mia, poétesse de son état, décide de quitter New York pour se réfugier auprès de sa mère qui a, depuis la mort de son mari, pris ses quartiers dans une maison de retraite du Minnesota. En même temps que la jubilatoire résilience dont fait preuve le petit groupe de pétillantes veuves octogénaires qui entoure sa mère, Mia va découvrir la confusion des sentiments et les rivalités à l'oeuvre chez les sept adolescentes qu'elle a accepté d'initier à la poésie le temps d'un été, tout en nouant une amitié sincère avec Lola, jeune mère délaissée par un mari colérique et instable... Parcours en forme de "lecture de soi" d'une femme à un tournant de son existence et confrontée aux âges successifs de la vie à travers quelques personnages féminins inoubliables, ce roman aussi solaire que plaisamment subversif dresse le portrait attachant d'une humanité fragile mais se réinventant sans cesse. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le personnage de Mia est attachant, elle a ce côté enfant des personnes déprimées, ne demandant qu’à être écoutée, câlinée, aimée. L’abandonner serait faire preuve de trop de cruauté, si bien qu’on l’écoute chanter sa renaissance au sein de ces groupes atypiques de femmes.

 

« Mais avant d’en arriver là, je veux vous dire, Gentil Lecteur, que si vous êtes ici avec moi maintenant, sur cette page, je veux dire : si vous avez atteint ce paragraphe, si vous n’avez pas renoncé, ne m’avez pas envoyée, moi, Mia, valdinguer à l’autre bout de la pièce ou même si vous l’avez fait, mais vous êtes demandé s’il ne se pourrait pas que quelque chose se passe bientôt et m’avez reprise et êtes encore en train de lire, je voudrais tendre les bras vers vous et prendre votre visage à deux mains et vous couvrir de baisers, des baisers sur vos joues et sur votre menton et partout sur votre front et un sur l’arête de votre nez (de forme variable), parce que je suis à vous, tout à vous.

Je voulais juste que vous le sachiez. » (p. 112)

 

Et elle nous entraîne dans un monde profond, intellectuel et lumineux, un monde introspectif à la puissance dévastatrice qui illumine aussi bien le couple que notre société patriarcale, que les relations entre un livre et son lecteur.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je n’ai pas fusionné avec ce roman comme d’autres blogueuses, j’ai passé certains passages trop psychologiques à mon goût. Il faut dire que je n’ai pas un goût prononcé pour l’introspection poussée à outrance dans les romans...

 

Vous aimerez aussi :

 

Les femmes du braconnier de Claude PUJADE-RENAUD

 

D’autres avis :

 

Blogs : Cathulu , Cuné  Stéphie , Clara l, Keisha 

Presse : Télérama , interview dans Madame Figaro  Le Magazine Littéraire , Le point 

 

Un été sans les hommes, Siri HUSTVEDT, traduit de l’américain par Christine LE BŒUF, Actes sud, mai 2011, 215 p., 18 euros

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TMLP Ta mère la pute de Gilles ROCHIER

Publié le par Hélène

                                           TMLP-Gilles-Rochier.jpg

♥ ♥

Prix révélation au festival d'Angoulême 2012

 

L’auteur :

 Son blog http://envraccity.wordpress.com/

 

L’histoire :

 

"On était une bande, égaré dans un quartier flambant neuf au début des années 70. Des terrains vagues, des bois, les routes pas encore finies d’être goudronnées. On faisait nos 400 coups. Il y avait les “plus grands” qui nous pourchassaient en mobylettes, pour nous en faire baver dans la forêt. On se chamaillait aussi avec les gamins des cités voisines. On se passait entre nous une compil K7 qu’on écoutait en boucle sur un gros poste. Il y avait des lieux qui avaient une aura de mystère, comme ce trou d’eau noire, dont on disait qu’il avait été formé par un avion venu se crasher. Il y avait aussi cet arrêt de bus qui nous terrifiait : la journée c’était notre point de départ vers le monde, vers Paris, mais le soir, surtout les derniers jours du mois, aucun d’entre nous n’y aurait jamais mis les pieds. La misère pousse à bien des extrémités et la rumeur voulait que pour boucler les fins de mois trop courtes, certaines femmes de la cité y passaient le soir... “Ta mère la pute”, faut pas croire, c’est pas sorti de nulle part comme expression.

Et puis il y a eu cette histoire avec la K7... et là, ça s’est mal passé."

tmlp2.jpg

 

Ce que j’ai aimé :

Cet album nous offre une vision tendre et crue de la banlieue, en montrant les mécanismes de la violence et de l'exclusion subtilement, par touches, sans avoir l’air d’y toucher, en évoquant ces cordes invisibles qui mènent au pire sans qu’on l’ait vraiment voulu. Ici, pas de pathos, pas de violence gratuite, tout est fondu dans le dessin en sépia.

Gilles Rochier a choisi de placer son récit au tout début des cités, quand l'optimisme était encore présent, quand ces lieux n'étaient pas encore des ghettos. Le regard neuf, innocent est respecteux pour ce monde en devenir... 

Il nous montre une forme de bonheur :

« Malgré tout ça, on vivait heureux pas riches pas beaux mais heureux. On fonctionnait et avançait avec des compromis on se démerdait en fait. »

Mais il s'agit dun bonheur qui peut basculer très facilement dans l'horreur, à cause d'un mot, d'un geste, d'un rien qui implose et détruit d'un souffle des vies linéaires. Car si la violence balbutie encore dans ces lieux utopiques, elle est pourtant sous-jacente, attendant son heure au fond des cours, affûtant ses armes en faisant les yeux doux à la misère sociale.

Entre enfance et adolescence, les personnages flirtent avec le danger et comprennent vite que tout ne finit pas avec des chansons. La simplicité du récit est là pour nous rappeler que le passage à l'âge adulte est souvent cruel...

 

Ce que j’ai moins aimé :

A mes yeux, cette bande dessinée était trop courte, pas assez scénarisée, je l'ai lu en quinze minutes…

De plus, je n'ai pas vraiment accroché aux dessins, question de goût sans doute...

 

D’autres avis :

Pénélope Bagieu

 David ; Oliv' ; Yvan ;

 

TMLP, Ta mère la pute, Gilles Rochier, 6 pieds sous terre éditions, 2011, 16 euros 

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 BD Mango bleu

Top-bd-2012

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Bric à brac hopperien de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

                                                        bric-a-brac 

♥ ♥ ♥ ♥

« Intérieur/Extérieur 

 Je voudrais que les yeux

Qui se promènent

Sur mes tableaux

Servent de fenêtre

Ou d’escalier

Entre mon cœur

Et les grands vents. » (p.49) 

  

 L’auteur :

Thomas VINAU est né en 1978 à Toulouse.

Il habite au pied du Luberon. Il est entre autres supporter des poussières, militant du minuscule, anomaliste, brautiganiste et etc-iste... (Source babélio)

 http://etc-iste.blogspot.fr/

 L’histoire :

 "À neuf ans, Ed s'est perdu en plein centre de Nyack. Il n'avait jamais pensé qu'il pourrait y avoir d'autres rues et d'autres maisons autour de sa rue et de sa maison... Lorsqu'il est arrivé à New York, Ed a commencé à se perdre mais cette fois avec un certain plaisir et sans aucune peur. Dans les dernières années de sa vie, il inscrivait parfois au dos de ses peintures la phrase suivante : "Il est préconisé de se perdre dans une ville inconnue pour comprendre ce tableau""


Portrait interne du peintre Edward Hopper réalisé à partir de listes, de notes et de chutes autobiographiques par Thomas Vinau, l'auteur de "Nos cheveux blanchiront avec nos yeux" (Alma, 2011) et "Ici ça va" (Alma 2012) (Source Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

  Edward Hopper apparaît en filigrane entre ces pages, son portrait se crée sous nos yeux, mille petites touches évoque l'homme, l'artiste, l'époux, et, peu à peu, il nous devient familier, amical, intime. Là réside le talent de Thomas Vinau qui, avec une sensibilité extrême, réussit, tel un marionnettiste à faire vivre un homme sous nos yeux. 

Son écriture poétique sert le destin de l'artiste qui cherchait à saisir ce qui se tramait en-deçà de la réalité, au coeur du monde et des choses, pour ensuite mieux peindre cette réalité flamboyante, tout comme Thomas Vinau, dans son oeuvre cherche à partager les brindilles du quotidien pour chanter la beauté de ce qui l'entoure.

 

« Point de vue

Ed regarde les gens comme il regarde le ciel.

Ed regarde les lieux comme il regarde les gens.

Lorsque Ed regarde quelque chose, il cherche

A voir ce qui le remplit et ce qui le vide.

Ce qui le modifie. » (p. 24)

 

« Partie de chasse

La première fois qu’il est allé chasser dans

la vallée du Yaak, Ed a clairement apprécié

le rythme de la marche dans les bois du

Montana. Le fusil encombrant l’empêchait de

se servir de ses mains  et l’affût lui interdisait

de laisser traîner ses yeux sur les formes

mouvantes des nuages. La seconde fois,

il trouva plus commode d’y aller sans fusil. » (p. 53)

 

  Une magnifique rencontre d'artistes, une symbiose parfaite qui élève l'âme !

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Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court

 Premières phrases :

 

« Punch

Enfant, Ed lisait et relisait l’almanach

De Punch qu’un oncle lui avait rapporté

D’Angleterre. Il passait de longues heures

A rêver devant les dessins humoristiques

De Georges du Maurier. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Ici ça va de Thomas VINAU

Autre :  Hopper, Ombre et lumière du mythe américain de Didier OTTINGER

 

Bric à brac Hoppérien, Thomas Vinau, Alma Editeur, septembre 2012, 13 euros

 

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Déluge de Karen DUVE

Publié le par Hélène

déluge

 

     

 

 

♥ ♥

 « Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements. » (Proverbe anglais)

 

 

 

L’auteur :

 

Karen Duve est une auteure allemande. Déluge est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Leon Ulbricht, écrivain en mal d'inspiration, quitte Hambourg pour se retirer à la campagne, dans une maison perdue au milieu des tourbières de l'est de l'Allemagne. La jeune et belle Martina, qu'il vient d'épouser, l'accompagne. Mais la pluie incessante, l'invasion des limaces et la boue transforment l'aventure en naufrage. Les fondations de la maison commencent à céder tandis que les relations du couple s'effritent. L'hostilité des villageois et la présence, dans la maison voisine, de deux sœurs aussi énigmatiques qu'inquiétantes précipitent Leon vers la déchéance.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Pour la lecture de ce roman, je vous conseille de rester bien au chaud chez vous, par temps sec pour savourer le confort d’une vie loin du déluge décrit dans ces pages… L’atmosphère humide est admirablement bien rendue, à tel point que l’on s’attend à tout moment à voir une limace escalader les pages du livre…

 

La maison dans laquelle les protagonistes emménagent n’a rien d’un eldorado, l’eau suinte par tous les murs, celle qui coule des robinets est d’un marron douteux, et les marécages qui l’entourent n’ont rien de rassurant.  Léon s’amollit dans ce contexte, puisque sa personnalité flasque et faible s’accordait déjà au préalable avec ce temps et ce paysage pluvieux. Il aura beau essayer de lutter pour ne pas se noyer, ses efforts resteront vains.  Mais son naufrage n’a rien de désespéré ou pathétique, il est vu comme à travers un voile de pluie, au travers de scènes qui sonnent comme des sketchs…

 

-         Déluge est en effet un roman original, à l’humour décalé. Par exemple l’invasion de bêtes en tous genres (salamandre, limaces dont il est impossible de se débarrasser malgré les efforts constants de Leon, serpents d’eau, voisine gluante) pourrait dérouter le lecteur, mais l’auteur réussit à retourner la situation en créant des scènes cocasses … Les personnages sont tous un brin déjantés, et grâce à ce trait de caractère, ils voguent allègrement au-delà du désespoir. Et même ce pauvre Léon, pourtant véritable incarnation de la lâcheté, finit par faire pitié…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien de particulier, mais ce n’est pas un coup de cœur.

 

Premières phrases :

 

« « Quoi… ? Qu’est-ce que tu dis ? »

L’oreille aux aguets, la jeune femme fixait le talus qui descendait. Elle était seule, silhouette fragile sur ce parking désert en bordure d’une nationale, seule avec une Mercedes 300 noire, une grosse poubelle qui débordait et une caravane sans roues aux issues condamnées par des planches et dont le toit portait un panneau arborant l’inscription CASSE-CROUTE. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 

Les poissons ne connaissent pas l’adultère de Carl ADERHOLD

 

Déluge, karen DUVE, traduit de l’allemand par Pierre Deshusses, Rivages, 2003, 266 p., 8.40 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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