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420 résultats pour “ile du point némo

Des éclairs de Jean ECHENOZ

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

L’histoire romancée d’un savant fou…

 

 L’auteur :

 

Jean ECHENOZ est un écrivain français  Il a publié son premier roman en 1979 et a depuis reçu une dizaine de prix littéraires.  Avec Ravel et Courir, Des éclairs constitue le dernier volet du triptyque de « vies imaginaires » entrepris par l'écrivain.

 

L’histoire :

 

Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l’intéresse plus que le profit… Tirant parti de ce trait de caractère, d’autres vont tout lui voler.

Jean Echenoz s’est inspiré pour ce récit de la destinée de l’ingénieur Nikola Tesla (1856-1943).

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Grégor est un personnage atypique et attachant malgré son caractère ombrageux. Inventeur génial : on lui doit notamment le courant alternatif, mais aussi « La radio. Les rayons X. L'air liquide. La télécommande. Les robots. Le microscope électronique. L'accélérateur de particules. L'Internet. J'en passe » (p.80), il préfère l’allégresse de la découverte et la mise en scène de ses découvertes aux retombées financières éventuelles. Sa passion aveugle et presque enfantine pour la science le condamnera à la solitude, avec comme seuls compagnons, des pigeons…

 

« Or on sait bien que tout le monde pense, toujours, la même chose au même instant. En tous cas se trouve-t-il toujours au moins quelqu’un pour avoir la même idée que vous. Mais il y en a toujours un aussi qui, avec la même idée que les autres, se montre plus patient, plus méthodique ou chanceux, mieux avisé, moins dispersé que Grégor, pour ne se consacrer qu’à elle et devancer le reste du monde en la réalisant. » (p. 80)

 

-          Grégor apparaît sous la plume de jean Echenoz comme une sorte de savant fou plutôt comique qui semble par exemple persuadé qu’il peut communiquer avec les Martiens. De plus, ses expériences ne sont pas toujours concluantes :

 

« Il égrène un compte à rebours et retient son souffle puis, quand son assistant actionne l’interrupteur, une foudre énorme explose au-dessus de la station dans laquelle se répandent une lueur bleue glaçante avec un fort parfum d’ozone alors que des éclairs géants, forme gratte-ciel, jaillissent du mât dans un fracas de tonnerre plus démesuré que jamais. » (p. 103) 

 

- Jean Echenoz nous offre un magnifique portrait cruel et drôle à la fois, et conclue ainsi en beauté son cycle consacré aux « vies imaginaires ».

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien de précis.

 

Premières phrases :

 

« Chacun préfère savoir quand il est né, tant que c’est possible. On aime mieux être au courant de l’instant chiffré où ça démarre, où les affaires commencent avec l’air, la lumière, la perspective, les nuits et les déboires, les plaisirs et les jours. Cela permet déjà d’avoir un premier repère, une inscription, un numéro utile pour vos anniversaires. Cela donne aussi le point de départ d’une petite idée personnelle du temps dont chacun sait aussi l’importance : telle que la plupart d’entre nous décident , acceptent de le porter en permanence sur eux, découpé en chiffres plus ou moins lisibles et parfois même fluorescents, fixé par un bracelet à leur poignet, le gauche plus souvent que le droit.»

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Courir

D’un autre auteur : Enlèvement avec rançon de Yves RAVEY

 

Des éclairs, Jean ECHENOZ, Editions de Minuit, septembre 2010, 14.50 euros

 

1pourcent

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Le signal de Ron CARLSON

Publié le par Hélène

 

♥ ♥

 

 

L’auteur :

 

Ron Carlson RON CARLSON est né en 1947, en Utah. Il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de quatre romans qui ont reçu de nombreuses distinctions aux États-Unis. Il enseigne la littérature à l'Université de Californie, à Irvine, et vit à Huntington Beach. Le Signal, publié en 2009 aux États-Unis est son dernier roman.

 

L’histoire :

 

Pour la dernière fois, Mack et sa femme Vonnie partent camper dans les montagnes du Wyoming afin de se dire adieu. Enlisé dans les dettes, l'alcool et les trafics, Mack a peu à peu contraint Vonnie à renoncer à l'amour profond qui l'avait attirée vers l'Ouest, et la jeune femme a refait sa vie. Cette randonnée est un moment de complicité retrouvée, une ultime occasion de se révéler l'un à l'autre. Pour Mack, cette expédition est aussi la dernière mission qu'il exécute pour le compte d'un intermédiaire douteux afin de sauver son ranch de la faillite. Au cœur des vastes étendues sauvages, guidé par un faible signal GPS, il doit retrouver une mystérieuse balise égarée lors d'un survol de la région. Mais cette mission se révèlera bien plus périlleuse que prévu.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai beaucoup apprécié la première partie du roman consacrée à la randonnée des deux protagonistes dans un décor à couper le souffle. Le récit est émaillé d’allusions au passé de Mack qui, subtilement, évoquent les raisons qui l’ont mené à divorcer et à accepter cette mission aléatoire commanditée par les hommes louches. Ses relations avec son père et avec la belle Vonnie qui n'appartient pas à son milieu sont appréhendées par touches successives qui forment au final un portrait vivant et émouvant de cet homme.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais, et c’est là à mon avis où le bas blesse, j’ai trouvé factice la façon dont tout à coup le récit tourne au cauchemar, comme s’il fallait à tout prix une pseudo-intrigue policière pour agrémenter le récit. La course poursuite m’a ennuyée, et j’ai regretté que tout le roman ne soit pas à l’aune des premières pages…

 

Premières phrases :

 

« Il enchaîna les grandes boucles que dessinait la piste à travers la haute forêt de trembles, puis traversa la vaste prairie jusqu’à la lisière des pins, au point de départ du sentier de Cold Creek, et gara le vieux pick-up Chevrolet bleu de son père à côté de la pancarte déglinguée, dans la douce lumière crépusculaire de septembre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La rivière de sang de Jim TENUTO  

 

D’autres avis (nombreux) :

 

Juliette, Cuné, Brize, Aifelle, Keisha, La ruelle bleue, Midola, Cathulu , Clara

 

Le signal, Ron Carlson, Traduit de l’américain par Sophie Aslanides, Gallmeister, Nature Writing, 2011, 222 p., 22 euros

 

challenge nature writing

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Le mardi c'est permis

Publié le par Hélène

mardi-tout-est-permis.jpg 

Sous l’égide de Stéphie de Mille et une pages , le premier mardi de chaque mois nous consacrerons  un article à une lecture "inavouable". J’en profiterai pour me lancer dans des domaines inconnus (hum…) tels que la chick-lit, les romans érotiques, les best-sellers dont je dis pourtant qu’ils ne passeront pas par moi, bref toute lecture qui sort des sentiers battus sur ce blog…

 

sexe diamants

 

J’ai commencé par Sexe, diamants et plus si affinités de Lauren WEISBERGER, selon Juliette, qui semble être spécialiste ès sexe, diamants  chick lit, ce n’était pas le meilleur de l’auteure. C’était en tous cas mon premier pas dans le genre et je dois dire que ce fut plutôt divertissant.

 

Soit trois femmes belles, sexys, qui aiment les endroits tendances de Manhattan. L’une est une « bomba latina » frivole et volage, bien résolue à ne s’attacher à aucun homme pour ne pas risquer de passer à côté d’un bel étalon sous prétexte qu’elle est mariée, l’autre est une future jeune mariée bizarrement peu enthousiaste et la dernière , Emmy, vient de se faire larguer par son petit ami. Un soir de désarroi, elles se lancent un défi : s’extraire de leur image pour épouser celle de l’autre : ainsi Adriana s’engage à assumer une relation monogame, quand Emmy décide de tester le libertinage.

 

La frivolité est bien sûr de mise :

 

« La robe était en effet très belle – comme si elle était capable de penser, la soie savait quelle courbe épouser étroitement, quelle autre draper gracieusement – mais il va sans dire que même attifée dans une nappe à carreaux, Adriana aurait été superbe. » (p. 54)

 

Ce sont des femmes pour qui tout est facile : séduire un homme, quitter un travail, trouver un travail, briller en société, gérer les crises familiales… Elles nous emportent dans un univers édulcoré, cotonneux, confortable, tout en nous apprenant –ou apprenant pour ma part (quoi, c’est la base non ? ne pas se dévaloriser…)-  les bases  de la séduction :

 

« Un homme ne se désintéresse pas de vous une fois qu’il a couché avec vous, reprit-elle. Ca, c’est un mythe. En fait, ce devrait même être le contraire : si vous faites bien votre boulot, ça lui donnera envie d’en avoir davantage. Tout réside dans l’équilibre à trouver entre le mystère, l’indisponibilité, et le défi en se montrant sensuelle, séduisante, mystérieuse. Ils doivent bosser pour vous obtenir – et pas juste la première fois, mais encore et encore et encore – et là, ils vous aiment à jamais. » (p. 306)

 

Ce qui est appréciable dans ce genre de lecture, est que l’on sait à quoi s’attendre et aucune déception ne germe donc à la lecture. Vous voulez du léger, de la superficialité, de la sentimentalité, vous serez servis... Par contre pour le sexe, attendez le mois prochain que je teste un roman érotique car dans celui-ci, malheureusement, point de scène sulfureuse.

 

Quoi qu'il en soit, détail non négligeable, la conclusion est parfaite pour les femmes de 30 ans : nous sommes des expertes messieurs, rien à voir avec les jeunettes de 20 ans inexpérimentées, qu’on se le dise !! YeahHH baby !!!

 

 

Sexe, diamants et plus si affinités…, Lauren WEISBERGER, Traduit de l’américain par Christine Barbaste, Fleuve Noir, Pocket, 2009, 439 p., 7.95 euros

Publié dans Chick-lit

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Les visages de Jesse KELLERMAN

Publié le par Hélène

VISAGES

♥ ♥

 Grand prix des lectrices de Elle 2010

  

L’auteur :

 

Jesse Kellerman est né en 1978. Il est le fils des écrivains Jonathan et Faye Kellerman. Les Visages est son premier roman publié en France.

 

L’histoire :

 

Lorsque Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va enfin pouvoir se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l'obsession.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai aimé l’alliance subtile entre le roman policier psychologique et les réflexions sur l’art et son marché. Malheureusement, au fil du roman, cet aspect s’efface pour laisser la place à des questions familiales, plus classiques et attendues.

 « Le fait est que, en créant ces objets, le Wireman n’avait réalisé qu’une partie de son travail, et je dirais même une petite partie. Il avait fabriqué des choses. Il fallait ensuite des marchands pour transformer ces choses en art. Une fois consacrées comme tel, il n’y a plus de retour en arrière possible : on peut détruire, mais pas dé-créer. » (p. 46)

 -          L’histoire nous embarque assez facilement et permet de passer un agréable moment de lecture.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Des longueurs, surtout dans les passages concernant l’histoire de Victor.

-          La bluette amoureuse et les dialogues entre les deux concernés frôlent quelquefois la mièvrerie. 

-          Il s’agit avant tout d’un roman psychologique, le suspens aurait toutefois pu être plus accentué pour happer davantage le lecteur.

 

Premières phrases :

« Au début, je me suis mal comporté. Je ne vais pas vous mentir, alors autant jouer cartes sur table dès maintenant : si j’aimerais croire que je me suis racheté par la suite, il ne fait aucun doute que mes intentions, du moins au début, ont manqué quelque peu de noblesse. »

 

Vous aimerez aussi :

  Les leçons du mal de Thomas H. COOK

 

D’autres avis :

 Amanda, Dasola, Ys

 

Les visages, Jesse Kellerman, traduit de l’anglais (EU) par Julie Sibony, Sonatine, 2009, 473 p., 22 euros

Les visages, Jesse Kellerman, traduit de l’anglais (EU) par Julie Sibony, Points, 2009, 473 p., janvier 2011, 7.80 euros

 

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Déluge de Karen DUVE

Publié le par Hélène

déluge

 

     

 

 

♥ ♥

 « Il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que de mauvais vêtements. » (Proverbe anglais)

 

 

 

L’auteur :

 

Karen Duve est une auteure allemande. Déluge est son premier roman.

 

L’histoire :

 

Leon Ulbricht, écrivain en mal d'inspiration, quitte Hambourg pour se retirer à la campagne, dans une maison perdue au milieu des tourbières de l'est de l'Allemagne. La jeune et belle Martina, qu'il vient d'épouser, l'accompagne. Mais la pluie incessante, l'invasion des limaces et la boue transforment l'aventure en naufrage. Les fondations de la maison commencent à céder tandis que les relations du couple s'effritent. L'hostilité des villageois et la présence, dans la maison voisine, de deux sœurs aussi énigmatiques qu'inquiétantes précipitent Leon vers la déchéance.

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Pour la lecture de ce roman, je vous conseille de rester bien au chaud chez vous, par temps sec pour savourer le confort d’une vie loin du déluge décrit dans ces pages… L’atmosphère humide est admirablement bien rendue, à tel point que l’on s’attend à tout moment à voir une limace escalader les pages du livre…

 

La maison dans laquelle les protagonistes emménagent n’a rien d’un eldorado, l’eau suinte par tous les murs, celle qui coule des robinets est d’un marron douteux, et les marécages qui l’entourent n’ont rien de rassurant.  Léon s’amollit dans ce contexte, puisque sa personnalité flasque et faible s’accordait déjà au préalable avec ce temps et ce paysage pluvieux. Il aura beau essayer de lutter pour ne pas se noyer, ses efforts resteront vains.  Mais son naufrage n’a rien de désespéré ou pathétique, il est vu comme à travers un voile de pluie, au travers de scènes qui sonnent comme des sketchs…

 

-         Déluge est en effet un roman original, à l’humour décalé. Par exemple l’invasion de bêtes en tous genres (salamandre, limaces dont il est impossible de se débarrasser malgré les efforts constants de Leon, serpents d’eau, voisine gluante) pourrait dérouter le lecteur, mais l’auteur réussit à retourner la situation en créant des scènes cocasses … Les personnages sont tous un brin déjantés, et grâce à ce trait de caractère, ils voguent allègrement au-delà du désespoir. Et même ce pauvre Léon, pourtant véritable incarnation de la lâcheté, finit par faire pitié…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien de particulier, mais ce n’est pas un coup de cœur.

 

Premières phrases :

 

« « Quoi… ? Qu’est-ce que tu dis ? »

L’oreille aux aguets, la jeune femme fixait le talus qui descendait. Elle était seule, silhouette fragile sur ce parking désert en bordure d’une nationale, seule avec une Mercedes 300 noire, une grosse poubelle qui débordait et une caravane sans roues aux issues condamnées par des planches et dont le toit portait un panneau arborant l’inscription CASSE-CROUTE. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 

Les poissons ne connaissent pas l’adultère de Carl ADERHOLD

 

Déluge, karen DUVE, traduit de l’allemand par Pierre Deshusses, Rivages, 2003, 266 p., 8.40 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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Parade De YOSHIDA Shuichi

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

« Everyman is an island » (John DONNE)

 

L’auteur :

 

Yoshida Schuichi est un écrivain japonais. Park Life a été couronné en 2002 du prix Akutagawa, l'équivalent du Goncourt au Japon.

 

L’histoire :

 

Quatre jeunes gens vivent en colocation dans un appartement dans Tokyo. Tour à tour ils vont se raconter : quelle est leur vie, quelles sont leurs folies, leurs manies, leurs secrets, leurs amours… Un cinquième personnage va rapidement les rejoindre, apportant un éclairage nouveau sur cette cohabitation…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’alternance de points de vue permet de mieux connaître chacun des protagonistes. Chacun se cache derrière un masque dans cet appartement, se cantonnant à l’image qu’il souhaite renvoyer aux autres, mais sans se dévoiler plus avant.

 

« Pour bien vivre ici, il n’y a rien d’autre à faire que d’adopter le moi qui paraît le mieux adapté au lieu. (…) Le moi qui s’entend bien avec les autres colocataires (…) » dira Mirai.

 

Satoru, le cinquième locataire qui s’est greffé on ne sait comment dans cette petite communauté, est l’exemple – type de ce processus :

 

« Au fond, koto et Ryösuke projettent sur Satoru l’image de la personne avec laquelle ils veulent être. ( …) Je ne peux m’empêcher de comparer son existence à une flaque d’eau qui se formerait au sein de l’eau elle-même. » (p. 150)

 

-          Les relations que les colocataires ont instaurées presque naturellement restent superficielles, chacun respectant l’espace de liberté et d’opacité de l’autre. L’une des protagonistes compare leur colocation aux relations nouées sur Internet par l’intermédiaire de forums. Les internautes ont l’impression de se connaître, mais cela reste un leurre confortable pour chacun d’eux.

 

Dans la postface Gérard SIARY exprime brillamment ces ambivalences :

 

« La petite musique de Yoshida Shuichi, qui s’entend si bien à orchestrer le drame latent jusque dans la répétition stylistique appuyée et quasi formulaire du monde comme il va, nous ramène constamment au mystère de l’autre, celui que nous côtoyons et pensons connaître, celui que nous jouons vis-à-vis d’autrui et de nous-mêmes et qui s’impose à nous, comme si nous nous attachions à démultiplier nos sphères d’existence au sein d’une monde désarticulé. » (p.261)

 

Une analyse très fine des rapports humains... 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Je n’ai pas l’impression que ce roman me marquera durablement, malgré son charme indéniable.

 

Premières phrases :

 

« Quel étrange spectacle, vraiment ! Le balcon de notre troisième étage donne sur l’ancienne route de Kôshû ; il a beau y passer des milliers de voitures par jour, il n’y a jamais le moindre accident. Juste en bas, un passage piéton. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Park life de Shuichi YOSHIDA

  Autre : Les années douces de Hiromi KAWAKAMI

 

 

Parade, YOSHIDA Shuichi, Editions Philippe Picquier, traduit du japonais par Gérard SIARY et Mieko NAKAJIMA-SIARY, 2010, 19.50 euros

 

Je remercie Manu pour le prêt.

D’autres avis chez Manu, Ankya

 

 

challenge-In-the-mood-for-Japan 

 

 

Publié dans Littérature Asie

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L’heure trouble de Johan THEORIN

Publié le par Hélène

                                         l-heure-trouble.jpg                                                                                           ♥ ♥ ♥ ♥

         Un roman policier à l’atmosphère envoûtante…

 

 

L’auteur :

 

Johan THEORIN est un journaliste et écrivain suédois. L'heure trouble est son premier roman et a été élu Meilleur Premier Roman par la Swedish Academy of Crime en 2007 et il est n° 1 des ventes en Suède. Un deuxième roman se situant aussi sur l’île d’Oland est paru par la suite : L’Echo des morts.

 

L’histoire :

 

Dans une petite île de la mer Baltique, en Suède, un enfant disparaît à la faveur du brouillard tenace, à l’heure trouble. Des années plus tard, son grand-père reçoit la sandale du petit Jens dans une enveloppe. Qui a posté cette mystérieuse enveloppe ? Julia, la mère du petit garçon va rejoindre l’île d’Oland et avec son père va chercher à résoudre ce mystère qui pèse tant pour elle.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère : cette île est peuplée d’histoires mystérieuses qui se racontent à l’heure trouble, quelques fantômes errent, désoeuvrés, et cette ambiance étrange est magnifiquement bien rendue dans ces pages. Malheureusement, l’enquête pure prend de plus en plus de place dans les pages, au détriment de ces descriptions si envoûtantes.
 

-          L’enquête : des années auparavant un enfant du pays nommé Nils Kant a sévi dans la région avant de s’exiler en Amérique. Il en revient dans un cercueil quelques années plus tard mais des doutes persistent sur sa mort. Est-ce lui qui aurait tué le petit Jens ? Le lecteur découvre son histoire grâce à une alternance des chapitres : l’un est consacré à Nils, l’autre à Julia et Gerlof. Cette construction permet de faire croître la tension dramatique et de ne pas lasser le lecteur.

-          Les thèmes abordés sont traités finement : les relations familiales, le deuil, la vengeance, le pardon…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les circonvolutions liées à la résolution de l’intrigue. A mon sens il y a un coupable de trop…

-          Le parti pris pour l’enquête, au détriment de l’ambiance au fil des pages. Le début était tellement prometteur que l’on ne peut qu’être légèrement déçu que les promesses ne soient pas totalement tenues.

-          La psychologie des personnages perd aussi de l’épaisseur au fil des pages, le revirement d’humeur de Julia par exemple étant un peu trop rapide.

 

Premières phrases :

 

« Oland, septembre 1972.

Le mur de grosses pierres rondes couvertes de lichens gris était aussi haut que le petit garçon. Il n’arrivait à voir par-dessus qu’en se mettant sur la pointe des pieds dans ses sandales. Tout était gris et brumeux de l’autre côté. »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’homme du lac de Arnaldur INDRIDASON

 

L’heure trouble, Johan THEORIN, Albin Michel, février 2009, 19.50 euros

 

Egalement lu et apprécié par Kathel

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Le ver dans la pomme de John CHEEVER

Publié le par Hélène

  

ver dans la pomme

♥ ♥ ♥ ♥

Une peinture acérée de la middle class américaine.

  

 L’auteur :

 

John CHEEVER est un écrivain américain mort en 1982. Il est un des plus grands nouvellistes américains, et a également publié des romans dont « The Wapshot chronicle » en 1957.

 

L’histoire :

 

Le ver dans la pomme est un recueil de nouvelles publiées dans The New Yorker de 1946 à 1978. Ces nouvelles s’attachent au destin de la middle class américaine en nous offrant des portraits touchants de ces hommes et femmes qui peinent à trouver leur place dans une société compartimentée.

A noter que la traduction est de Dominique Mainard.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-       La peinture très juste de ces êtres profondément humains.  Ils cherchent tous quelque chose et eux-mêmes ne savent pas bien quoi. Pour que le vide ne les rattrape pas, ils s’agitent, courent, parlent, et fuient la simplicité d’une vie sans histoires.  

 

« Mais à observer ce charmant couple qui recevait ses amis ou lisait les livres qu’ils aimaient, on finissait par se demander si le ver n’était pas plutôt dans l’œil de l’observateur qui, par crainte ou lâcheté morale, ne pouvait supporter la longue liste de leurs bonheurs et refusait de concéder que, même si Larry ne jouait que médiocrement Bach et au football américain, son plaisir à s’adonner à l’un et à l’autre était bien réel. » (p. 145)

 

-       Les nouvelles sont magnifiquement ciselées, rondes, elles évoquent avec beaucoup de charme  « les fragrances de la vie : l’eau de la mer, la fumée du bois de sapin, les seins des femmes. » (p. 264). Les mots de l’auteur se coulent dans l’interstice des sentiments de ses personnages pour créer un univers en seulement quelques pages. Les premières nouvelles du recueil, « Un jour ordinaire », « Le jour où le cochon est tombé dans le puits », « Les enfants » ou encore « Le ver dans la pomme » sont de ce point de vue remarquables.

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-       Les nouvelles dans lesquelles le narrateur s’exprime à la première personne comme « Un garçon à Rome », « Mené Mené Téqel ou-Parsîn » m’ont moins plu. L’emploi du « je » m’a semblé alourdir la narration pourtant si légère dans les autres nouvelles.

 

 

Premières phrases :

 

« Un jour ordinaire

Quand Jim s’éveilla, à 7 heures, il se leva et fit le tour de toutes les fenêtres de la chambre. Il était tellement habitué au bruit et à l’agitation de la ville que, bien qu’il fût arrivé six jours plus tôt dans le New Hampshire, la beauté des matins à la campagne lui paraissait encore poignante et singulière. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Gastby la magnifique de Francis SCOTT FITZGERALD

 

Merci à Lise CHASTELOUX des Editions Folio Gallimard.

 

Le ver dans la pomme, John CHEEVER, Editions Joëlle Losfeld, mai 2008, 274 p., 23 euros

POCHE, Le ver dans la pomme, John CHEEVER, Gallimard, Folio, juin 2010, 346 p., 7.10 euros

 

TAGS : Littérature américaine - Nouvelles- Emigration

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Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps de Koffi KWAHULE

Publié le par Hélène

monsieur-ki.jpg

♥ ♥

Un magnifique chant aux accents jazzy

  

L’auteur :

 

Koffi KWAHULE est un écrivain ivoirien qui a obtenu en 2006 le prix Ahmadou KOUROUMA pour son roman Babyface.  Il a beaucoup écrit pour le théâtre.

  

L’histoire :

 

Le narrateur s’installe dans une chambre de bonne, rue Saint Maur à Paris.  Il y trouve une bande magnétique visiblement laissée là par le précédent locataire qui s’est jeté sous un train. Sur cette bande ce dernier s’adresse à un mystérieux Monsieur Ki et raconte des histoires qui se déroulent dans un village africain, Djimi, village voisin de celui du narrateur lui-même. Il va alors retranscrire les histoires que raconte cet étrange locataire pour essayer d’éclaircir cette coïncidence…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le style : il épouse les rythmes de la rhapsodie, à la fois décousu et unitaire. Chaque personnage a droit à l’improvisation, et si chacun semble rivé dans sa solitude, l’ensemble s’assemble et devient soudain cohérent.

-          Les contes magiques et envoûtants : la sorcellerie tient une place importante et loin d’être tournée en dérision, elle est porteuse d’enseignements philosophiques éclairés :

 

« Les gens croient qu’on meurt parce qu’on est atteint du cancer ou du sida, ou parce qu’on a ceci ou parce qu’on a cela ; on meurt simplement pour la même raison que le soleil brille, que la mer fait des vagues ou que le nouveau-né sourit. On n’a rien fait pour mériter de naître et on ne fera rien pour démériter de mourir. Ne pas tricher avec elle. De toute façon, tôt ou tard, elle aura le dernier mot. Alors que nous coûte-t-il d’être honnêtes avec elle. Ceux qui se suicident sont de mauvais perdants, et on devrait les pendre ! Point à la ligne. » (p. 79)

 

- L’évocation de l’Afrique par ces africains exilés : la nostalgie les émeut et les enserre à la fois :

 

« Comme ça, de but en blanc, un matin un masque entre chez toi, rue Saint-Maur, en plein paris, et te somme de retourner au village au motif que c’est toi que les Anciens et la Confrérie de l’Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale ont choisi pour perpétuer la tradition. Au nom de quel mérite ? Au nom de quel parjure ? Au nom de quoi bon Dieu ? Personne ne sait. C’est ainsi. Ca a toujours été ainsi. Non, mais, où se croient-ils ? C’est fini, ces conneries-là ! » (p. 120)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien…

  

Premières phrases :

  

"Ki, l'autre signe, le premier, ç'a été cela, la mort de l'oncle Koui Gaspard. parce qu'il désirait être à ma place. Je t'en ai encore parlé l'autre jour, mais ces histoires-là, c'est comme une obsession, une bande magnétique qui se déclence toute seule dans ta tête... Mon destin. Par rapport à l'Ancêtre-à-tête-de-cynocéphale."

  

Vous aimerez aussi :

 

Verre cassé d’Alain MABANCKOU

 

Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le tempsde Koffi KWAHULE, Editions Gallimard, Continents noirs, janvier 2010, 146 p., 16 euros

 

TAGS : Littérature ivoirienne- Emigration-Sorcellerie-Solitude

Publié dans Littérature Afrique

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Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques, tome 1 de BLAIN et LANZAC

Publié le par Hélène

                                        Quai-dOrsay-Blain-Lanzac.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

A ne pas manquer...

 Les auteurs :

Le scénariste de cet album se cache derrière le pseudonyme de  « Abel Lanzac ». Il a été lui-même membre de plusieurs cabinets ministériels et souhaitait témoigner et restituer en images l’univers sans concessions de la politique et de la diplomatie. Sa collaboration avec Christophe Blain lui a permis d’atteindre son but.

Christophe Blain est un dessinateur et scénariste français de bandes dessinées.

 

L’histoire :

Le jeune Arthur Vlaminck est embauché en tant quequai-d-orsay-grand-prix-rtl-bd-2010-image-l440-h235.jpg chargé du "langage" par le ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms. En clair, il doit écrire les discours du ministre ! Mais encore faut-il se faire une place entre le directeur du cabinet et les conseillers qui gravitent dans un Quai d'Orsay où le stress, l'ambition et les coups fourrés ne sont pas rares... Inspiré de l'expérience d'Abel Lanzac qui fut conseiller dans un ministère, cet album restitue une vision de la politique à la fois pleine d'acuité et d'humour. Un pur régal ! (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

jpg_bd-chroniques-diplomatiques.jpg-          Le personnage du ministre Taillard, pauvre humain assailli par les crises mondiales et raisonnant dans un monde parallèle pour les résoudre est époustouflant. La difficulté pour ses collaborateurs étant de le suivre dans ces mondes parallèles et plus difficile encore, de retranscrire pour ses discours ses pensées aux allures disparates :

«-  Mais notez. C’est ça qu’il faut dire. Votre boulot, c’est de la faire comprendre.

-          Mais on ne peut pas écrire ça…

 

-          Il faut qu’il y ait du cœur. A travers une histoire. A travers une anecdote. De l’amour.  Et puis d’un coup, PLAF ! » (p. 29)

Taillard cite Tintin mais utilise aussi les citations d’Héraclite pour régler la guerre de l’anchois avec l’Espagne.

« C’est comme ça qu’on gouverne le monde. Par la pensée. Par la culture. Qui forge une vision. C’est pas compliqué quand même. » (p. 69)

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L’un de ses conseillers résume en ses mots sa façon de faire et d’être :

 «  Il lance la boule, il dit un truc, c’est n’importe quoi en apparence, mais quand tu comptes les points, c’est complètement dingue.  Sa boule est toujours à 1 cm du cochonnet de la vérité. (…) Mais par contre, qu’est-ce qu’il est chiant ! C’est X-or ce mec. Tu ne peux pas discuter avec lui. Il est constamment dans une dimension parallèle.» (p. 31)

Ce ministre Taillard est en réalité une incarnation cocasse de Dominique de Villepin.

-          Tout est drôle et intelligent dans cet album haut en couleurs, magnifiquement illsutré par Christophe Blain dont j’avais déjà beaucoup apprécié le travail dans Isaac le pirate. Les personnages prennent réellement vie sous nos yeux, se mouvant avec une prestance impressionnante au sein de ces cases aux dessins colorés.

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Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Isaac le pirate

 

Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques, tome 1 Le conseiler,  Abel LANZAC et Christophe BLAIN, Dargaud, mai 2010, 96 p., 15.95 euros

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