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Le ciel se trouve sur terre de Ake EDWARDSON

Publié le par Hélène

                                                   ciel-se-trouve-sur-terre.jpg

   ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

Åke Edwardson est né en 1953. Les Aventures d'Erik Winter ont été traduites dans plus de vingt langues; elles ont reçu des distinctions dans le monde entier, dont une nomination pour le Los Angeles Times Book Prize, et ont été adaptées pour la télévision (Présentation de l’éditeur)

 

 L’histoire :

Un climat d'angoisse éclipse à Göteborg les festivités de fin d'année. Tour à tour, des enfants sont enlevés quelques heures par un inconnu sans qu'aucun crime ne puisse être constaté. Alors qu'il enquête sur de violentes agressions touchant les étudiants, Erik Winter est sur le qui-vive. Jusqu'à ce que les deux affaires s'accélèrent brutalement... (Présentation de l’éditeur)

 

 Ce que j’ai aimé :

 Deux affaires aux allures étranges s’entremêlent dans ce nouvel opus des aventures de Erik Winter : la disparition momentanée d’enfants et l’agression d’étudiants dotés de cicatrices hors du commun par la suite. Pourquoi divers enfants racontent-ils être montés dans la voiture d’un homme qui les avait attirés avec des bonbons ? Disent-ils la vérité ou bien s’agit-il d’élucubrations d’enfants lovés dans des délires imaginatifs ? Et quels sont les liens entre ces étudiants agressés la nuit, et incapables de donner davantage de détails ?

 Ake Edwardson revient sur les blessures inoubliables de l’enfance, mais il pointe aussi les défaillances des jardins d’enfants, qui, par manque de personnel ne peuvent avoir l’œil partout alors que les pédophiles, eux, peuvent être à tous les coins de rue.

 Parallèlement, la vie domestique de Erik ronronne entre Angela et Elsa sa petite fille. Un nouvel opus passionnant des aventures de ce cher Erik Winter... 

 

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

 Premières phrases :

« L’un des enfants se précipita du haut de son perchoir et atterrit dans le bac à sable, puis il éclata d’un rire bref. C’avait l’air amusant. Lui aussi voulait sauter, mais alors il lui faudrait sortir de la voiture, longer la grille et franchir le portillon pour grimper sur les barres jaunes et rouges. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Je voudrais que cela ne finisse jamais de Ake EDWARDSON ; Presque mort de Ake EDWARDSON

Autre : Roman policier nordique

 

Le ciel se trouve sur terre, Ake Edwardson, Traduit par Marie-Hélène ARCHAMBEAUD, 10/18, octobre 2012, 504 p., 9.10 euros

Série Erik Winter

 

1.      Danse avec l'ange, 2002/

2.      Un cri si lointain, 2003 /

3.      Ombre et soleil, 2004 /

4.      Je voudrais que cela ne finisse jamais, 2005 /

5.      Le ciel se trouve sur Terre, 2011 /

6.      Voile de pierre, 2006 /

7.      Chambre numéro 10, 2007

8.      Ce doux pays, 2007

9.      Presque mort, 2009

10.  Le dernier hiver, 2010

 

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Délivrance de Jussi ADLER-OLSEN

Publié le par Hélène

                                                delivrance.JPG

 ♥ ♥ ♥ ♥

 Prix du meilleur thriller scandinave et Prix des Libraires danois.

 L’auteur :

 Né à Copenhague, Jussi Adler-Olsen a étudié la médecine, la sociologie, le cinéma et la politique. Ancien éditeur, il connaît un succès sans précédent avec Département V, série bestseller qui compte déjà quatre tomes et qui a remporté les prix scandinaves les plus prestigieux. La série est en cours de traduction dans une trentaine de pays, et s'est déjà vendue à plus de 5 millions d'exemplaires en Europe.

Le premier volet, Miséricorde, paru chez Albin Michel en octobre 2011, s'est vendu à ce jour à plus de 40 000 exemplaires. (Présentation de l’éditeur)

 L’histoire :

Au fin fond de l’Ecosse, une bouteille ancienne en verre poli est longtemps restée sur le rebord d’une fenêtre. Personne ne l’avait remarquée, pas plus que le message qu’elle contenait. Un message qui commence par le mot Hjœlp, « au secours », en danois, écrits en lettres de sang…

Envoyée par la police anglaise à Copenhague, la mystérieuse missive atterrit entre les mains de Mørck et de son équipe. Son déchiffrage révèle qu’elle provient de deux garçons qui auraient été kidnappés dix ans plus tôt. Chose étrange : leur disparition n’a jamais été signalée… (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 Ce troisième opus des aventures de la section V est de très bonne facture : nous retrouvons le trio improbable qui dans le tome 2 s’est vu renforcé par une présence féminine  : Rose, jeune femme plutôt excentrique et étrange. Le jeune Assad est tout aussi flou : des questions sur son identité et son passé vont apparaître subrepticement.

L'intrigue est passionnante offrant une plongée dans l’univers étriqué des sectes religieuses et de leurs errances totalitaires et violentes. L'enquête est une course contre la montre et la mort, il ne s’agit pas de découvrir qui est le meurtrier pour le lecteur puisqu’il le sait : des chapitres sont consacrés à son point de vue, d’autres à celui de sa femme, et les derniers aux enquêteurs. Mais les enquêteurs doivent retrouver deux enfants enlevés par cet homme avant qu'ils ne les tuent, si bien que les heures sont comptées... 

Les intrigues secondaires sont tout aussi intéressantes : la femme du meutrier se rend compte petit à petit des zones d'ombre de son mari et va chercher à échapper à ses griffes, tandis qu'une autre jeune femme va succomber aux charmes du diable personnifié... 

Ce roman est admirablement bien conçu, démoniaque à souhait pour un très bon moment de lecture. A conseiller.  

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

Premières phrases :

 « Il y avait maintenant trois jours qu’ils étaient là et leurs vêtements étaient imprégnés d’une odeur de goudron et d’algues. Sous le plancher du hangar à bateaux, une substance épaisse faite de glace à demi fondue clapotai doucement contre les pilotis, et leur rappelait des jours plus heureux. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Miséricorde de Jussi ADLER OLSEN

 Autre : Roman policier nordique  

 D’autres avis :

Yves ;  Jostein ; Valérie ; Lystig, Keisha et Jules.

 

 Délivrance, la troisième enquête du département V, Jussi Adler-Olsen, traduit du danois par Caroline Berg, Albin Michel, janvier 2013, 672 p., 22.90 euros

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Luz ou le temps sauvage de Elsa OSORIO

Publié le par Hélène

luz ou le temps sauvage

♥ ♥ ♥ ♥

"Un roman bouleversant et implacable" (Télérama)

 

L’auteure :

  http://www.elsaosorio.com

 

Ce que j’ai aimé :

 

Argentine. Années 70. Des militaires chargés de nettoyer le pays des subversifs, des enfants désirés tombés du ciel, une famille complice et aveugle à la fois, la famille des enfants volés qui cherchent les enfants, et au milieu de cet inextricable situation, des enfants, qui grandissent au sein de familles qui ne sont pas la leur, et qui peuvent à un moment ou un autre se poser la question nébuleuse de leurs origines. Luz est une de ces femmes au destin atypique et tragique, enlevée à sa naissance à sa mère emprisonnée par une famille de militaires. Elle raconte ici son histoire, de sa naissance jusqu’à la recherche de ses origines.

La narration est très vivante : à la première personne, elle entremêle les époques, l’époque actuelle avec une Luz adulte maman d’un petit garçon, et l’histoire de ses parents, les vrais, et les adoptifs. Parallèlement, elle raconte aussi le destin de Miriam, une jeune femme qui a joué un rôle non négligeable dans son histoire. Ce faisceau d’histoires rend le récit dense et profond.

Elsa Osorio est une ancienne opposante à la dictature en Argentine et elle s’intéresse ici aux grand-mères de la place de mai, à ces mères et grands-mères qui recherchent les bébés kidnappés pendant la dictature pour enfin faire la lumière sur une vérité latente violente et meurtrière. Par le biais d’un personnage romanesque fort, elle dénonce cette dictature et insiste sur l'importance pour ces enfants de connaître leurs origines pour se construire une identité propre dans la vérité et vivre ensuite apaisé et en cohérence avec eux-mêmes. Pour ne pas être des ombres, la vérité doit être faite.

500 bébés ont été volés pendant la dictature, 300 d’entre eux connaissent leur situation d’enfants volés, mais seuls 70 connaissent leur origine exacte.

 

grands-meres.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

L’ensemble est peut-être un peu faible psychologiquement parlant, et le style reste assez basique, mais l’histoire nous emmène tellement facilement au cœur de cette période sombre de l’histoire argentine que ces petits défauts s’estompent au fur et à mesure pour ne laisser en tête que la profondeur et la gravité du thème.

 

Premières phrases :

 

« Luz, Ramiro et leur fils Juan arrivèrent à l’aéroport de Barajas à sept heures du matin d’un jeudi chaud. Dans le taxi qui les conduisait à l’hôtel, Luz leur parla de la Plaza Mayor, des ruelles étroites et mystérieuses, des bars ouverts à toute heure, des femmes au regard hautain qui dansent avec leurs mains comme des oiseaux inquiets. Tu vas adorer le flamenco, Ramiro, et toi Juan je vais t’emmener au parc de Retiro. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Tango

Autre :  Mapuche de Caryl FEREY

 

D’autres avis :

 

Papillon ; AlfieSylire 

 

 

Luz ou le temps sauvage, Elsa Osorio, traduit de l’espagnol (Argentine) par François Gaudry, Métailié, novembre 2002, 364 p., 12 euros

Poche : en Points 8 euros

 

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La remontée des cendres suivi de Non identifiés de Tahar BEN JELLOUN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Ce corps qui fut un rire

Brûle à présent.

Cendres emportées par le vent jusqu’au fleuve et l’eau les reçoit comme les restes de larmes heureuses. »

 

L’auteur :

 

Ecrivain marocain de langue française, Tahar ben Jelloun est né en 1944. Il a publié de nombreux romans, recueils de poèmes et essais. Il a obtenu le prix Goncourt en 1987 pour la Nuit sacrée.

 

Présentation :

 

« Ce corps qui fut un rire

Brûle à présent.

Cendres emportées par le vent jusqu’au fleuve et l’eau les reçoit comme les restes de larmes heureuses. »

 « Il est une douleur millénaire sui rend notre souffle dérisoire. Le poète est celui qui risque les mots. Il les dépose pour pouvoir respirer. Cela ne rend pas ses nuits plus paisibles.

Nommer la blessure, redonner un nom au visage annulé par la flamme, dire, faire et défaire les rives du silence, voilà ce que lui dicte sa conscience. Il doit cerner l’impuissance de la parole face à l’extrême brutalité de l’histoire, face à la détresse de ceux qui n’ont plus rien, pas même la raison pour survivre et oublier. » (Tahar Ben Jelloun)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Tahar Ben Jelloun rend hommage à tous les morts pendant la guerre du Golfe : aussi bien les soldats, les militaires que les civils. La mission du poète passeur de mots est dans cette transmission, dans cette dénonciation :

« Entre le silence meurtri et le balbutiement désespéré, la poésie s’entête à dire. Le poète crie ou murmure ; il sait que se taire pourrait ressembler à un délit, un crime. » (p.6)

Les illustrations  du peintre irakien Azzawi Harrouda nourissent intelligemment le texte du poète.

« Qui comptera nos morts ?

Tas de cendre oubliés au bord de la route

Membres épars dans les carcasses abandonnées.

Qui nommera ces restes ?

Nous ne sommes qu’épaves sans navire

Ombres du vent sur des collines perdues

Couchés sur flanc d’airain

Par le signe céleste. » (p. 35)

 Le texte se termine sur une note d’espoir finale :

« Cet homme est tous les hommes. Il a fait toutes les guerres. Il est mort plusieurs fois. Il ne cesse de renaître. Toujours le même, il croit à l’âme, à la pensée et aux choses : une prairie fleurie, un parasol pour l’amour, le rire et l’amitié, l’enfance et le courage…

Cela fait des milliers de jours et de saisons qu’il marche. On dit qu’il est atteint d’errance. On dit qu’il est fou. Sa bouche est fermée sur des siècles de mots. Ses yeux, grands et étincelants, restent ouverts. Ils voient loin, au-delà des murs et des montages. Au-delà de tous les silences. »

Les Non identifiés sont les palestiniens des territoires occupés, victimes de répression.

Les poèmes sont construits pour certains comme des notices biographiques. Ce sont des personnes appartenant à l’humanité ordinaire, des gens du peuple, inoffensifs, mères de famille, jeunes gens innocents. Et pourtant cette vie simple s’est terminée brutalement dans d’atroces souffrances, par une mort absurde.

Un très beau recueil sur les ravages de la guerre et son absurdité...

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien

 

Premiers vers :

 

 

« Ce corps qui fut un corps ne flânera plus le long du Tigre ou de l’Euphrate

Ramassé par une pelle qui ne se souviendra d’aucune douleur

Mis dans un sac en plastique noir

Ce corps qui fut une âme, un nom et un visage

Retourne à la terre des sables

Détritus et absence. »

 

La remontée des cendres suivi de Non identifiés Version arabe de Kadhim Jihad, Edition Bilinge, Points, 8 euros

 

Publié dans Poésie étrangère

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Alaska de Melinda MOUSTAKIS

Publié le par Hélène

                              

♥ ♥

Ce que j'ai aimé : 

Ce premier recueil de nouvelles de Melinda Moustakis nous présente des histoires originales reliées entre elles par cet amour des grands espaces, de la pêche, et des anecdotes savoureuses. Souvent les récits de pêche sont masculins, ici le point de vue féminin apporte un bol d'air frais dans cet exercice. Les femmes occupent en effet une place centrale dans ces nouvelles évoquant trois générations de femmes de poigne, devant lutter contre la dérive des hommes, contre les éléments naturels, contre la solitude, contre le grand froid d'Alaska, contre elles-mêmes. 

L'auteur établit ainsi un lien entre la pêche et les relations humaines : 

"Fishing and fishing stories taught me how to structure tension and anticipation." (Interview à lire ici)

Pour surmonter les épreuves, chacun doit s'attacher à des relations familiales fortes, comme les liens fraternels qui unissent Gracie et Jack, cette entraide qui pousse Gracie à rouler vers son frère en difficulté au milieu de la nuit même si la route est enneigée, parce que c'est le rôle des frères et des soeurs de veiller les uns sur les autres, surtout quand les parents font défaut. L'art d'éduquer les enfants est en effet difficile, et préserver les liens subtils qui courent entre les êtres l'est encore davantage... Certaines mères douées de clairvoyance savent prévenir leurs filles qu'à l'adolescence elle risque de les haïr, tout en leur précisant que cette période passera, parce que tout passe. D'autres restent démunies devant le laxisme de leurs enfants : 

"La colère, les hormones, la sensation d'être impuissant et jeune. Ils ont besoin d'un tel exercice, ou d'un tel exorcisme. Construisez un pont, as-tu envie de leur dire. Construisez quelque chose. Arrêtez de faire les gros yeux et de courber le dos. Construisez un monument à la grandeur de votre malheur. Sculptez une main géante qui lèverait le majeur en direction du ciel. Mais faites quelque chose."

L'enfance de Kitty et des autres est bercée par l'innocence, le bonheur de courir dans la neige avec cousins et cousines, mais aussi par les gifles, l'alcool, les angoisses devant des parents dépassés par la vie... D'où la nécessité de devenir un battant, pour conjurer le froid ambiant et réchauffer son propre coeur et celui des siens. 

Mélinda Moustakis écrit ici un premier recueil qui allie subtilement art de la pêche et des relations humaines...

Ce que j'ai moins aimé :

L'abondance de personnages et les changements d'époque permanents sont quelquefois déstabilisants.

Premières phrases :

"Tu as été conçue dans un mirador de chasse, disent-ils. 

Ce qui signifie : Nous n'avions pas d'autre endroit.

La cabane est envahie par les frères et soeurs de ma mère. Sur la cuisinière, une marmite de potée de pommes de terre en quantité suffisante pour nourrir vingt personnes. Voyez ma mère, le dos malmené contre la plate-forme en bois au mileiur des arbres. Voyez mon père, le doigt sur la détente -au cas où."

Informations sur le livre :

Gallmeister

Vous aimerez aussi :

Le site de l'auteur 

David VANN Désolations

 

Alaska, Melinda Moustakis, traduction de l'américain par Laura Derajinski, Gallmeister, octobre 2014, 216 p., 22.50 euros

 

Merci à l'éditeur

 

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Nous sommes tous des féministes suivi des Marieuses de Chimamanda NGOZI ADICHIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Mon avis :

«Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement.» 

Ce folio rassemble deux textes sur le même sujet du féminisme : l'un est un discours direct énoncé par Chimamanda Ngozi Adichie au TEDxEuston en 2012, modifié pour sa réédition, l'autre est une nouvelle fictive mettant en scène une femme nigériane victime d'un mariage arrangé. Les deux se complètent parfaitement.

Les hommes sont au pouvoir bien que la société ait évoluée. Nos idées sur le genre ont malheureusement stagné, enserrant les femmes dans des carcans démodés. Les hommes eux-mêmes peuvent souffrir de cette culture qui crée des êtres selon une théorie du genre ancestrale. Les mentalités doivent évoluer.

"La culture ne crée pas les gens. Les gens créent la culture. S'il est vrai que notre culture ne reconnaît pas l'humanité pleine et entière des femmes, nous pouvons et devons l'y introduire."

Comme souvent dans les discours de TED, l'ensemble est vivant et dynamique, agrémenté d'exemples issus de la vie de la jeune auteure. 

Néanmoins, j'ai trouvé plus fort le recours à la fiction. 

Les "marieuses" est tiré de l'excellent recueil de nouvelles Autour du cou. Chinaza a été mariée à un "mari tout neuf", nigérian émigré aux Etats-Unis pour devenir médecin. Elle le rejoint à son tour, mais se heurte à un homme bien loin de ses aspirations... Cette courte nouvelle nous fait vivre de l'intérieur la différence notoire qui peut exister entre les deux époux, en rendant palpable le désarroi de cette jeune femme prise au piège d'un mariage décevant.

Ainsi ce petit livre indispensable nous rappelle combien ce combat pour les femmes doit être celui de tous !

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  L'hibiscus pourpre  Autour du cou Americanah 

Sur les combats des femmes :

En Iran : Un jour avant Pâques ; Broderies 

En Inde : La colère des aubergines ; Mangue amère ;  L’année des secrets ;  Mes seuls dieux

En Europe : La joueuse d’échecs ; La femme gelée ; Karitas 

En Afrique : Photo de groupe au bord du fleuve ; Aya de Yopougon tome 1 ; Blues pour Elise ;   Celles qui attendent ; La cruche cassée ; Une si longue lettre ;   Les recluses ;  A mon âge, je me cache encore pour fumer  ; Loin des mosquées  ; Notre force est infinie ;  Americanah 

 

Nous sommes tous des féministes, suivi des Marieuses, Chimamanda Ngozi Adichie, traduit de l'anglais (Nigéria) par Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal, 2015, Folio 2 euros

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Photo du mois - Flou

Publié le par Hélène

Le thème choisi par  Lyonelk : «Le flou et la vie».

Voici l'explication de son choix :

Dès son invention, la photographie est associée à la netteté absolue qui devient sa caractéristique fondamentale. Elle s’oppose en cela à la toile picturale qui, par son contact direct avec la main et le pinceau de l’artiste, ne peut aspirer à une précision aussi franche. À l’inverse, la définition de la photographie se fonde sur un présupposé de netteté parfaite. Son importance est telle que de nombreux critiques d’Art estiment que la photographie change radicalement les normes de la représentation du réel, instaurant comme principe de base une exactitude irréprochable, à laquelle les œuvres seront comparées. Il s’agissait donc, dès les débuts de la photographie, de définir la technique photographique comme un nouveau standard de la “véritable” exactitude».

Mais

« Il y a cependant une sorte de philosophie derrière cette “tendance”. Derrière le “flou”, il y a l’intuition d’une mise au point impossible sur le réel, l’impossibilité de rendre compte du monde dans sa fluidité, son éphémérité, son inexactitude et donc d’en être témoin et d’en porter témoignage. C’est le parti pris d’en saisir le mouvement, le mode d’apparition, dans une sorte d’anamorphose et d’improvisation. » De Jean Baudrillard (Sociologue et philosophe français, 1929-2007)
Source :
http://blog.fnac.ch/…/la-notion-de-flou-en-photographie-un…/

Sur le flou en photographie :
- le flou artistique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Flou_artistique

- Le bokeh (se prononce comme « beau-quai ») désigne un flou artistique d'arrière-plan permettant de détacher le sujet de son environnement : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bokeh

- Le terme flou cinétique désigne le flou visible sur une photographie dû à un mouvement du sujet photographié et non à l'instabilité de l'appareil : http://fr.wikipedia.org/wiki/Flou_cinétique

 

Mon choix s'est portée sur cette photo des moutons de pré-salé, prise dans la baie du Mont Saint Michel le mois dernier :

Photo du mois - Flou

Publié dans Photographies

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Enterrez vos morts de Louise PENNY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

L’inspecteur-chef Armand Gamache et ses collègues tentent de surpasser le traumatisme lié à une opération policière longue et éprouvante, à l'issue fatale. Armand séjourne chez Emile, à Vieux-Québec et il aime se réfugier dans la bibliothèque de la Literary and Historical Society, loin de la violence du monde. Mais dans ce lieu mythique qui abrite les archives historiques de la ville, on retrouve le corps sans vie d'un archéologue passionné par Samuel de Champlain, un des fondateurs du Québec. Etait-il sur la piste de la sépulture de cet homme célèbre, restée secrète jusqu'à aujourd'hui, près de 400 ans après ? Qui aurait eu intérêt à éliminer cet homme devenu ridicule à force de creuser les sols à la recherche du tombeau de Champlain ?

Parallèlement, Gamache, torturé par l'erreur, se demande s'il n'a pas condamné trop vite celui qu'il a mis en prison pour le meurtre de l'ermite à Three Pines (cf Révélation brutale). Il envoie donc son fidèle Langlois dans le petit village, par acquis de conscience, pour enquêter discrètement.

A l'image de la bibliothèque dont Gamache arpente les allées, ce roman est d'une richesse infinie. Si le meurtre initial porte vers l'histoire de la ville, avec cette vieille querelle entre anglais et français, il s'oriente rapidement sur la mémoire et les traces qu'elle laisse profondément en nous.

"La ville avait peut-être été construite grâce à la foi et aux fourrures, par des êtres en chair et en os, mais c'étaient les symboles qui lui servaient de carburant. Et la mémoire."

Mémoire de notre histoire commune, mémoire de nos parents, mémoire du passé proche, aliénant, handicapant quelqurfois. En avançant, Gamache apprend peu à peu à faire siennes les quatre phrases qui mènent à la sagesse :  "Je m'excuse. Je me suis trompé. J'ai besoin d'aide. Je ne sais pas.". Il comprend que la sécurité n'est que factice et que la vie est un risque à prendre, même si cela peut être douloureux.

""Se sentir en sécurité", pensa Gamache. C'était un besoin primordial, vital. Que feraient les gens pour préserver un havre sûr ? Ils feraient ce qu'ils avaient fait depuis des siècles. ce que les français avaient fait pour sauver le Québec, ce que les Anglais avaient fait pour le conquérir. Ce que faisaient les pays pour protéger leurs frontières, et les individus pour protéger leur maison.

C'est à dire tuer. Pour se sentir en sécurité. mais ça ne fonctionnait à peu près jamais." p. 245

Pour Gamache, la sécurité sera davantage à trouver dans l'amour de ses proches, sa femme la première qui retient de cette aventure traumatisante un point essentiel, qu'elle répète comme un mantra "Il est vivant". Car finalement, "Enterrez vos morts" n'est pas un livre sur la mort, mais sur la vie. Et sur la nécessité à la fois de respecter le passé et de s'en détacher." (Postface de l'auteure)

Mon préféré de la série jusqu'ici !

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Aifelle ; Enna ; Karine

Sur le blog :  Nature morte ♥ ♥ ♥  ; Le mois le plus cruel ♥ ♥   ; Défense de tuer ♥ ♥ ♥ ♥ , Révélation brutale ♥ ♥ ♥ 

La série dans l'ordre :

  1. Nature morte
  2. Sous la glace
  3. Le Mois le plus cruel
  4. Défense de tuer
  5. Révélation brutale
  6. Enterrez vos morts
  7. Illusion de lumière
  8. Le Beau Mystère
  9. La Faille en toute chose
  10. Un long retour
  11. La Nature de la bête
  12. Un outrage mortel
  13. Maisons de verre

 

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Une vie de Guy de MAUPASSANT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"La vie, voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit."

Jeanne, fille unique du baron et de la baronne Le Perthuis des Vauds, rejoint la demeure familiale après avoir passé plusieurs années au couvent. A l'orée de cette nouvelle vie, la jeune fille est impatiente, tout l'enthousiaste, même la pluie normande ne semble pas être un obstacle à son bonheur. Installée aux Peuples, elle n'est que ravissement, et sa rencontre avec Julien de Lamare sera l'apogée de cette période heureuse de sa vie. Rapidement, elle se marie avec le jeune homme, persuadée d'avoir trouvé l'amour dont elle rêvait au couvent. Malheureusement, Julien ne sera pas le mari aimant et bienveillant qu'elle espérait.

"Elle en voulait en son cœur à Julien de ne pas comprendre cela, de n'avoir point ces fines pudeurs, ces délicatesses d'instinct ; et elle sentait entre elle et lui comme un voile, un obstacle, s'apercevant pour la première fois que deux personnes ne se pénètrent jamais jusqu'à l'âme, jusqu'au fond des pensées, qu'elles marchent côte à côte, enlacées parfois, mais non mêlées, et que l'être moral de chacun de nous reste éternellement seul par la vie." p. 123

La jeune Jeanne ira alors de désillusions en désillusions, s'installant dans un ennui latent, un mal de vivre prégnant que rien ne vient combler.

"Mais voilà que la douce réalité des premiers jours allait devenir la réalité quotidienne qui fermait la porte aux espoirs indéfinis, aux charmantes inquiétudes de l'inconnu. Oui, c'était fini d'attendre.

Alors plus rien à faire, aujourd'hui, ni demain ni jamais. elle sentait tout cela vaguement à une certaine désillusion, à un affaissement de ses rêves." p. 136

Ce premier roman de Maupassant est une peinture remarquable des mœurs provinciales de la Normandie du XIXème siècle. Maupassant dénonce les lois sociales et les contraintes hypocrites qu'elles imposent aux femmes mais aussi les contraintes liées à la nature, pesant sur tout être humain. Si le roman est résolument pessimiste, il est porté par une écriture tellement belle qu'on en oublie la noirceur pour n'en retenir que la quintessence, la pureté.

De ce magnifique roman, Léon Tosltoï lui-même dira :

Une vie est un roman de premier ordre ; non seulement c’est la meilleure oeuvre de Maupassant, mais peut-être même le meilleur roman français depuis les Misérables, de Victor Hugo (…). Cette fois la vie n’est plus, pour l’auteur, une suite d’aventures de débauchés; ici, le fond du roman, comme le titre l’indique, est la description d’une vie détruite, de la vie d’une femme innocente et charmante, prête à tout ce qui est noble, et détruite précisément par cette sensualité des plus grossières et des plus bestiales qui apparaissait à l’auteur, dans ses récits antérieurs, comme le phénomène le plus essentiel de la vie. Cette fois la sympathie de l’auteur se porte vers le bien”. Léon Tolstoï, Guy de Maupassant, Éditions de l’Anabase, 1995

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de Poche

Du même auteur :  Une partie de campagne ♥ ♥ Bel-Ami ♥ ♥ ♥ ; Pierre et Jean ♥ ♥ 

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Là où les chiens aboient par la queue de Estelle-Sarah BULLE

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Dés le départ, toute notre histoire prend racine dans la terre à chimères."

Dans la famille Ezechiel, la jeune nièce guadeloupéenne vivant en métropole s'interroge sur ses origines. Elle décide alors de se tourner vers sa tante Antoine, la plus indomptable de la fratrie, pour qu'elle lui livre son histoire antillaise. L'histoire familiale revit alors sous les mots d'Antoine, mais aussi sous ceux de Lucinde et Petit-frère, la soeur et le frère d'Antoine. A travers leurs récits, la narratrice découvre ce bourg particulier de Morne-galant, surnommé "Là où les chiens aboient par la queue" d'où vient sa famille.  

Ce premier roman chatoyant évoque la Guadeloupe dans les années 40, au travers de l'enfance dans la campagne de cette Antoine fascinante, puis la découverte de Pointe-à-Pitre, le commerce dans les mers des Caraïbes, pour finalement choisir l'exil à Paris au pied du Sacré-Coeur.

"Je suis restée plantée au milieu de la rue. En continuant d'approcher, il m'a lancé : " T'es Noire ou t'es Blanche , toi ? "
Je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il voulait. "Qu'est-ce que tu veux que je te réponde ?" Il a répété sa question en tendant vers moi un doigt menaçant. Ma vie dépendait peut-être de ce que j'allais dire. Toutes ces histoires de négritude qu'on entendait , que Césaire et Senghor poétisaient admirablement et qui fascinaient les jeunes, ça m'avait toujours laissée indifférente.
Je me considérais comme une femme, ça oui, et comme une guadeloupéenne, c'est-à-dire une sang-mélangé, comme eux tous, debout sur un confetti où tout le monde venait d'ailleurs et n'avait gardé qu'un peu de sang des Caraïbes, les tout premiers habitants. Ça m'éloignait définitivement de toute idée de grandeur et de pureté. Ma fierté, c'était le chemin que je menais dans la vie et que je ne devais qu'à moi-même. (p. 234)

En France, Antoine découvre aussi le racisme : " Je dirais qu’en métropole, nous sommes devenus noirs vers 1980, à partir du moment où avoir du boulot n’est plus allé de soi. Avant ça, le plein-emploi et la jeunesse soudaient les gens, ceux qui n’avaient pas grand chose, dans une même vigueur et des rêves communs. Bien sûr que le racisme existait, mais pas suffisamment pour gâcher la fête."

Les autres voix qui se font entendre contre-balancent les avis quelquefois tranchés de cette tante au caractère bien trempé, offrant ainsi le destin de toute une génération d’Antillais pris entre deux mondes qui scintille sous les mots limpides de l'auteur.

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

D'autres avis : Télérama ; L'or des Livres ;

 

Là où les chiens aboient par la queue, Estelle-Sarah BULLE, Liana Levi, 288 p., 19 euros

Publié dans Littérature Antilles

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