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420 résultats pour “ile du point némo

Parlez-moi d'amour de XINRAN

Publié le par Hélène

♥ ♥

"L'histoire vit avec nous et en nous. Les coutumes anciennes inspirent notre vie de tous les jours. Nous devons faire un effort pour comprendre ce qui se passe autour de nous, en observant, posant des questions, cherchant des indices, utilisant notre cerveau pour analyser ce qui est bien et ce qui est mal. De cette manière, nous pouvons trouver tout ce dont nous avons besoin pour consigner l'histoire à l'intention des générations futures."

Xinran a recueilli les témoignages de femmes sur quatre générations avec comme point de départ cette question "Parlez-moi d'amour".

L'aînée est Rouge, mariée très jeune à un homme qu'elle ne connait pas et qui, malheureusement aime une autre femme qu'il attendra toute sa vie et à qui il restera fidèle. Une belle complicité s'instaure entre les deux jeunes gens, même si à la mort de son mari, Rouge sera vierge comme au premier jour. Viennent ensuite Verte et Dafu, qui se rencontrent durant le Révolution Culturelle et seront fortement marqués par les évènements historiques, puis Grue, mariée à un homme qu'elle a choisi mais que sa famille n'a jamais accepté, et enfin la nouvelle génération, adepte des rencontres sur Internet et des amours plus légères.

"Les quatre ou cinq générations qui ont vécu pendant cette période ont des histoires très différentes à raconter en matière d'amour, leurs expériences ayant été façonnées par le chaos et les tourmentes de la guerre, l'instabilité de la situation politique, les diverses avancées technologiques, et bon nombre d'autres facteurs."

En choisissant d'aborder d'histoire de la Chine par le biais de ce thème, Xinran montre brillamment les liens ténus qui marient l'intime et le politique. Subtilement, elle met en lumière l'influence plus que prégnante que peut avoir le régime politique sur le mariage et sur les relations individuelles au point de les façonner. Observer les relations amoureuses, c'est donc décrypter la société...

Par ces beaux témoignages, Xinran dresse un portrait en profondeur de ces femmes chinoises au coeur des aléas de leur histoire...

 

Présentation de l'éditeur : Picquier

Du même auteur : Chinoises

Vous aimerez aussi : SIJIE Dai Balzac et la petite tailleuse chinoise

D'autres avis : Chinouk ;

 

Merci à l'éditeur.

Parlez-moi d'amour, Xinran, traduit de l'anglais par Françoise Nagel, Picquier, avril 2018, 448 p., 23.50 euros

Publié dans Littérature Asie

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Stand by saison 1 de Bruno PELLEGRINO, Aude SEIGNE, Daniel VUATAZ

Publié le par Hélène

♥ ♥

L'idée de départ est brillante : remettre au goût du jour le feuilleton littéraire, que l'on retrouve aujourd'hui plus à la télévision qu'à l'écrit, avec un succès certain. Les éditions Zoé ont donc fait appel à trois auteurs pour rendre au feuilleton littéraire ses lettres de noblesse. Dans cet épisode pilote, un nouveau volcan entre en éruption à Naples, provoquant un nuage de cendres clouant les avions au sol et empêchant la plupart des communications. Ainsi, Alix, journaliste cinéma, est coincée à Roissy alors qu'elle s'apprêtait à s'envoler pour New-York. Eole, Pascaline, Céleste et les autres, européens qui accomplissent au Groenland leur Service climatique obligatoire. restent sur l'île sans secours. Enfin, Nora, Vasko et Virgile, trois ados en vacances au Monténégro, sont tout à coup isolés, sans adultes. Leur vie va être profondément bouleversée lors de ces premières vingt-quatre heures.

"Car c'est ça, un volcan. Plus qu'un monument naturel posé sur le paysage pour les adeptes de l'adrénaline ou de l'histoire du monde, c'est un point de contact direct avec le cosmos. Un tunnel qui relie les entrailles d'un corps planétaire à son atmosphère. Le rappel qui nous vivons sur une braise, sur sa surface extérieure, refroidie, qui peut se raviver à tout moment."

Ce que j'ai moins aimé : Malheureusement, ce premier épisode souffre de quelques maux qui sapent son intention de départ et ne parviennent pas à rendre le lecteur aussi addict qu'il pourrait l'être devant un écran. 

La mise en place est laborieuse, les auteurs mettent du temps à camper leurs personnages (peut-être trop nombreux, d'ailleurs), et ceci au détriment de l'action, primordiale pour ferrer le lecteur dans une série. De fait, le suspens est quasi absent, la fin du tome laisse effectivement planer un doute sur le sort de certains des personnages, mais pas au point de se précipiter sur le tome suivant.

Bilan : Ces défauts sont peut-être gommés au fil des épisodes suivants, il faut l'espérer. A noter que le tome 4 sort cet été pour ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure, clôturant ainsi la première saison.

 

Le site : https://standbyzoe.ch/

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

Du même auteur : Chroniques de l'Occident nomade de Aude Seigne ; Les neiges de damas de Aude Seigne

 

 

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Piégés dans le Yellowstone de C. J. BOX

Publié le par Hélène

♥ ♥

Cody Hoyt doit lutter à chaque minute pour ne pas replonger dans les affres de l'alcool. Enquêteur criminel auprès des services du shérif, il est surveillé de près par ses supérieurs qui redoutent ses excès. Malheureusement, ses bonnes résolutions vont voler en éclat quand son parrain aux alcooliques anonymes trouve la mort dans un incendie. Si ses chefs préfèrent ne voir qu'un accident, Cody est persuadé que cet incendie n'est guère accidentel. Il se dresse alors contre sa hiérarchie. De fil en aiguille il découvre que le tueur participe à une randonnée dans le Yellowstone à laquelle est également inscrite son fils. Il n'hésite pas et fonce envers et contre tous pour sauver son fils...

Commence alors curieusement un deuxième roman, comme si deux romans se fondaient en un seul : la première partie assez classique au sein des services de police, et la deuxième au coeur du Yellowstone, aux côtés des différents participants de cette expédition à cheval.


Ce que j'ai moins aimé :

La structure et ces deux romans en un est assez surprenante, manquant de fluidité.

Des incohérences : le fils participe comme par hasard à la même expédition que le tueur.

Des caricatures dans la psychologie des personnages dont le cliché du flic alcoolo, les soeurs dont l'une est jolie et superficielle et l'autre intelligente mais plus commune, les copains new-yorkais en goguette...

Bilan : Un page turner efficace qui donne une autre vision plus sauvage du célèbre parc, bien loin des clichés pour les touristes.

 

Présentation de l'éditeur : Points ; Seuil

D'autres avis : Jean-Marc ; Oncle Paul

 

Piégés dans le Yellowstone, C. J. Box, traduit de l'anglais (EU) par Freddy Michalski, Points, 491 p., 8 euros

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Les bottes suédoises de Henning MANKELL

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Vieillir, c'est s'aventurer sur une glace de moins en moins solide." p. 200

Oui, le bandeau scande la filiation avec Les Chaussures italiennes, mais je vous rassure de suite, les deux romans peuvent se lire indépendamment l'un de l'autre.

Fredrik vit seul sur une île de la Baltique. Il se réveille un matin dans sa maison en feu. De cette maison héritée de ses grands-parents, il ne reste rien. A 70 ans Fredrik s'installe dans une caravane au confort rudimentaire et se demande comment envisager la suite de son existence. Une journaliste venue l'interroger sur le drame pourrait lui redonner le goût de vivre, mais la belle reste fuyante. De surcroit, des sous-entendus laissent penser qu'on le croit responsable de l'incendie. Fredrik noie sa mélancolie dans les paysages de son île quand l'arrivée de sa fille Louise porteuse d'un secret ravive son envie de vivre. 

Doux roman mélancolique, Les bottes suédoises prend son temps, à l'image des bottes commandées par Fredrik qui tardent à arriver au magasin. En attendant, Fredrik se promène avec deux bottes de pied gauche, claudiquant dans sa vie ravagée. Il lui faudra du temps pour se reconstruire et appréhender les êtres qui l'entourent qui bien souvent constituent un mystère pour lui.

Cette belle réflexion sur le temps qui passe et sur la vieillesse nous prend dans ses serres pour nous relâcher ensuite, apaisés, prêts à regarder aux côtés de Fredrik vers des rivages harmonieux.

 

Présentation de l'éditeur : Seuil ; Points

D'autres avis : Télérama Babelio ; Antigone

 

Les bottes suédoises, Henning Mankell, Traduit du suédois par Anna Gibson, Points, 384 p., juin 2017, 7.9 euros

 

Et merci à Isabelle pour le prêt !

Publié dans Littérature Europe

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Mary Barton de Elizabeth GASKELL

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Ne rien convoiter sous les vastes cieux,

N'avoir à regretter aucune vilenie,

Non plus qu'une heure gaspillée,

Et comme une timide violette, en silence,

Exhaler vers le Ciel un suave parfum,

Pour le remercier de toutes ses bontés,

Puis ployer, satisfait sous la pluie purifiante." Elliott

Ce premier roman d'Elizabeth Gaskell peint le destin de la jeune et trop jolie Mary Barton dont le coeur oscille entre son ami d'enfance Jem Wilson et le fils du patron des filatures, Harry Carson. Jeune couturière vivant dans la pauvreté et le dénuement, si son coeur a tendance à la pousser vers Jem, ses rêves et sa coquetterie lui font espérer une vie prospère, comme une revanche sur la pauvreté actuelle, aux côtés de Harry.

En ces années 1839, la misère frappe durement les ouvriers, la faim taraudant les plus faibles et les menant aux portes de la mort. La moindre miette de pain est une bénédiction en ces périodes de disette. De plus, le contraste entre les ouvriers et ces patrons qui préfèrent ignorer les revendications des uns et des autres provoque les premières luttes syndicales. Le père de Mary Barton s'engage corps et âme dans ces luttes. Les revendications des syndicalistes veulent ouvrir une ère nouvelle : "Il était souhaitable que les ouvriers ne fussent pas seulement des ignorants se comportant comme des machines, mais des hommes éduqués, capables de discernement ; et qu'il existât entre eux et leurs patrons des liens de respect et d'affection, et pas seulement des contrats financiers ; en somme, il souhaitait que la loi gouvernant les rapports entre les deux parties fût conforme à l'esprit du Christ." p. 473

Au fil du roman, Mary mûrit et revient aux valeurs essentielles, éprise de justice, elle sera soumise à une dilemme bien plus grave que de simples hésitations sentimentales...

Vous l'aurez compris, malgré ses 600 pages, Mary Barton est un roman social prenant aux nombreuses ramifications.

« Audacieux pour son temps, accueilli avec intérêt par Dostoïevski, Mary Barton est éloigné de toute subversion, mais touche par son réalisme juste et sensible. »

Le Monde

 

Présentation de l'éditeur : Fayard, Points

D'autres avis : Télérama ; Claudia ; Kathel ;

Du même auteur : Nord Sud

 

Une lecture qui clôturera - un peu en retard- le Mois anglais pour moi

 

Mary Barton, Elizabeth Gaskell, Points, mars 2016, 595 p., 8.40 euros

Publié dans Littérature Europe

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Dark Horse de Craig JOHNSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Invitez un bon flic chez vous une fois, et un an plus tard il sera capable de vous dire si le grille-pain est blanc ou en inox." 

Un dark horse est un participant très peu connu (comme un cheval de course) qui se fait remarquer de manière inattendue ou une personne qui se dévoile très peu. Mary Barsad est de celles qui se dévoilent peu, femme volontaire passionnée par les chevaux et pourtant dans son mariage, elle a misé sur le "mauvais cheval". Le jour où ce dernier brûle la grange dans laquelle sont enfermés ses chevaux de course, le monde de Mary bascule. Elle se retrouve sonnée, atterrée, avec à quelques mètres d'elle son mari qui a reçu six balles dans le corps... Confuse, elle s'accuse de ce crime sanglant et est emprisonnée dans les geôles de Longmire. Malgré ses dires, le shérif Walt Longmire est persuadé qu'elle n'a pas pu commettre un tel acte. Il part sr place, à Absalom dans le Wyoming pour mener sa propre enquête incognito. 

Savant mélange de nature writing et d'enquête policière palpitante, Dark Horse est la cinquième enquête des aventures de Walt Longmire. Dans une atmosphère rappelant les meilleurs westerns, les personnages évoluent dans les grands espaces sans reconnaître la terre de leurs ancêtres. 

"Je pensai à la manière dont nous labourions et cultivions la terre, dont nous y plantions des arbres, l'enfermions dans des clôtures, y construisions des maisons et faisions tout notre possible pour repousser l'éternité de la distance - tout pour donner au paysage une espèce d'échelle hmaine. Mais peu importait ce que nos faisions pour essayer de façonner l'Ouest, c'était l'Ouest qui nous façonnait inévitablement." p. 249

Les personnages bien campés apportent densité et profondeur à cette série à ne manquer sous aucun prétexte !

PS : beaucoup se demanderont pourquoi je découvre seulement maintenant cette série qui pourtant était faite pour moi. J'avoue avoir tenté l'aventure avec le premier "Little bird". J'ai commencé deux fois cette lecture et je l'ai abandonné deux fois. Raison pour laquelle j'ai finalement commencé par le 5ème de la série, pioché avec détermination en librairie, et avec succés cette fois-ci. Maintenant je vais reprendre dans l'ordre, mais sans passer par la case "Little bird"...

 

Présentation de l'éditeur : GallmeisterPoints 

 

Dark Horse, Craig Johnson, traduit de l'anglais (EU) par Sophie Aslanides, Gallmeister, 2013, 336 p., 23.60 euros 

Dark Horse, Craig Johnson, traduit de l'anglais (EU) par Sophie Aslanides, Points, 377 p., 7.95 euros

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Petits moments de bonheur volés de Francesco PICCOLO

Publié le par Hélène

♥ ♥

Avec fraîcheur et humour, l'auteur fait la liste des petits riens qui font le sel de son existence. 

"L'intelligence des choses simples, comme celle du conducteur de la voiture derrière moi quand il comprend tout de suite que je vais me garer et donc faire marche arrière. Il s'arrête à quelques mètres de distance et attend." p. 45

"Toutes les fois où je peux légitimement dire : "Je l'avais dit !" (Ou bien quand quelqu'un dit : "C'est vrai, il l'avait dit je m'en souviens!") " p. 49

Si l'ensemble est plaisant, sa poésie transparaît surtout quand l'auteur parle de sa ville, Rome qu'il se plaît à arpenter. Il sait alors nous faire ressentir la magie de l'instant romain, son effervescence qui alterne avec la quiétude de la ville endormie ou en vacances. 

"Et puis certains après-midi de pluie où les gens qui attendent qu'il cesse de pleuvoir sous les porches font connaissance, se parlent. (...) Le nombre exact de baisers qui se donnent en ce moment. J'aimerais qu'aucune porte ne claque, qu'aucun être humain ne tousse, que pas un citadin ne se sente citadin ; et, toujours en ce moment précis, que quelqu'un dise : qu'il est bon de vivre ici. Même intérieurement." p.135

Un petit opus léger, sans prétention, qui se lit en deux heures et nous permet ensuite de poser un regard plus apaisé sur notre propre ville... 

 

Présentation de l'éditeur : Denoël Points 

D'autres avis : Folavril ; Martine

 

Petits moments de bonheur volés, Francesco Piccolo, traduit de l'italien par Anaïs Bokobza, Points, 2015, 134 p., 5.9 euros

 

Un petit livre qui  m'a fait penser à l'excellent Journal intime de Nanni Moretti, un de mes films préférés.

Publié dans Littérature Europe

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Nord Sud de Elizabeth GASKELL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Margaret Hale est la fille d’un pasteur du Sud rural qui quitte l’Église d’Angleterre pour des raisons de conscience et emmène sa femme et sa fille dans la ville industrielle de Milton dans le Darkshire, où on lui propose un travail de professeur privé. Ils rejoignent ainsi le rude et besogneux Nord industriel qui contraste sévèrement avec le paisible Sud rural et conservateur. Margaret découvre un monde totalement différent de celui qui était le sien, elle, qui vivait chez sa tante, dans un milieu privilégié, se heurte à un monde régi par la révolution industrielle et la montée des syndicats. Ces nouvelles valeurs s'incarnent dans le personnage de John Thornton, un riche manufacturier de la ville que méprise Margaret. Elle se lie au contraire avec les Higgins, des pauvres du quartier pour qui elle éprouve de la compassion. A leurs côtés, elle assiste alors aux premières grèves organisées et voit s'affronter patrons et ouvriers, s'éloignant peu à peu de l'univers qu'elle a quitté, de ces nobles qui se laissent vivre de façon indolente en entretenant des discussions superficielles, quand de l'autre côté, des travailleurs acharnés se battent pour nourrir leurs enfants. La jeune femme prend résolument partie, encourageant un dialogue égalitaire entre patrons et ouvriers, ouvriers qu'elle considère avant tout comme des êtres humains et non pas des outils de production régentés par le monde de l'argent. 

La gare Victoria de Manchester en 1844

lewebpedagogique.com

 

Dans cette magnifique fresque au souffle romanesque puissant, les points de vue différents s'affrontent face au pouvoir industriel, et les préjugés de la jeune Margaret se transforment face à la réalité et face à son ennemi de la première heure, le ténébreux John... 

Elizabeth Gaskell a su trouver le bon équilibre entre romance et roman social pour porter les questions de son siècle sur le devant de la scène, et si les scènes sentimentales flirtent quelquefois avec les clichés, les pages passionnantes sur les grèves rachètent ces légers errements.

Un grand roman victorien. 

 

Présentation de l'éditeur : Points

 

Challenge mois anglais : roman victorien 

Publié dans Littérature Europe

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Cadres noirs de Pierre Lemaitre

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

 Alain Delambre, est un cadre de 57 ans au chômage depuis quatre ans. Ainsi quand un beau jour il est convoqué à un entretien d'embauche, il décide de mettre toutes les chances de son côté. Et pourtant, l'entretient d'embauche d'un nouveau genre répugne à sa femme : il s'agit de participer à un jeu de rôle sous la forme d'une prise d'otages... Sa dignité est en jeu, Alain n'hésite pas.

Toute la première partie du roman présente le point de vue de Alain, cet homme désoeuvré pour qui le travail représente une voie vers le bonheur après tant d'années à errer et à courir après l'argent. Trouver un travail est pour lui une chance salvatrice car cela lui permettrait de payer les traites, "des vacances, des sorties, des inscriptions à la fac, les voitures et la certitude que notre travail appliqué, résolu, nous fournissait la récompense à laquelle nous avions droit." p. 105

Cette nécessité est tellement prégnante qu'Alain bascule peu à peu, et lance une machine qu'il ne peut plus freiner. Hanté par un sentiment d'humiliation ou d'injustice, reclus dans une extrême solitude, armé, Alain n'a plus rien à perdre...

Au moment où le récit s'alourdissait sous le poids des actions d'Alain, l'auteur opère un choix de maitre en quittant son personnage alourdi pour choisir un nouveau point de vue. Et il cumule ensuite les renversements, les surprises, les manipulations, prenant un malin plaisir à surprendre son lecteur. Incidemment, il le mène à porter un regard neuf et désabusé sur notre société moderne régie par des logiques absurdes...

"L'autre jour, il m'est revenu un truc que Charles m'avait dit (lui, avec ses sentences...) : "Si tu veux tuer un homme, commence par lui donner ce qu'il espère le plus. Le plus souvent, ça suffit." p. 441

Ce que j'ai moins aimé :

- Une première partie un peu longue.

- Un style peu travaillé : "Ils ont dû, commente la note, se rencontrer dans une circonstance professionnelle, genre séminaire, salon, etc." p. 165

Bilan : Un roman policier diablement efficace !

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur : Trois jours et une vie, Au revoir là-haut, Au revoir là-haut en BD

 

Cadres noirs, Pierre Lemaître, Le livre de poche, mars 2011, 448 p. , 7.60 euros

 

Merci à Pauline pour le prêt !

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La concession du téléphone d’Andréa CAMILLERI

Publié le par Hélène

concession-du-telephone.gif
 
♥ ♥ ♥
 

L’auteur :

Maître du polar à l'italienne, Andrea Camilleri débute en tant que metteur en scène et scénariste pour la télévision, avant de se lancer dans l'écriture. C'est sous l'influence de son ami Sciascia que le Sicilien s'initie aux romans policiers. Il accède à la notoriété grâce au personnage de Montalbano, commissaire singulier, colérique et bon vivant qui fait sa première apparition en 1994 dans 'La Forme de l'eau'. Drogue, mafia et faits divers, autant de thèmes qui vont séduire un large public, au point qu'une série est adaptée pour la télévision en 1998. Le succès est tel que l'on parle désormais de 'phénomène Camilleri', pour évoquer l'écrivain et de son oeuvre. (source : Evene)

 

L’histoire :

Filippo Genuardi jeune sicilien féru des nouvelles technologies souhaite obtenir une ligne téléphonique. Nous sommes en 1891, en Sicile, et le jeune homme doit donc faire sa demande par écrit au préfet de la région. Mais une petite erreur orthographique va entraîner une suite de malentendus : Filippo sera soupçonné d'être un dangereux agitateur qu'il faut neutraliser...

Ce que j’ai aimé :

-          L'originalité de ce roman tient dans son genre épistolaire : seules les lettres que s'envoient les différents protagonistes constituent le fond et le coeur du roman.
André Camilleri écrit d'habitude des romans policiers, mais ici il s'agit plus d'un roman social drôle, d'une récréation dans la série policière de Camilleri.

 

-          L'action se passe en Sicile, à Vigata petite bourgade dans laquelle se situe la plupart des intrigues d'Andréa Camilleri. La vie de cette petite communauté est admirablement bien rendue, de façon très vivante et drôle. Nous sommes en 1891, le téléphone fait tout juste son apparition et l'on se demande pourquoi Filippo tient autant à l'avoir...

 

-          C'est un roman très original, drôle et fin. Il est court, facile à lire et très divertissant. Il pointe du doigt non seulement les lourdeurs administratives, mais aussi les rapports humains quelquefois considérablement compliqués par certains... L'ensemble fait penser à une farce burlesque bien menée, très intelligente.

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Il faut juste un petit effort au début pour situer tous les personnages qui sont nombreux à correspondre entre eux, mais une fois ce petit exercice accompli, le lecteur se régale d'un bout à l'autre de ce petit livre...

D'autres avis :

L'express 

  

La concession du téléphone, Andrea Camilleri, Fayard, 1999, 17.80 euros

POCHE : La concession du téléphone, Andrea Camilleri, Le livre de poche, avril 2001, 281 p., 5.60 euros

 

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Publié dans Littérature Europe

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