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Petits moments de bonheur volés de Francesco PICCOLO

Publié le par Hélène

♥ ♥

Avec fraîcheur et humour, l'auteur fait la liste des petits riens qui font le sel de son existence. 

"L'intelligence des choses simples, comme celle du conducteur de la voiture derrière moi quand il comprend tout de suite que je vais me garer et donc faire marche arrière. Il s'arrête à quelques mètres de distance et attend." p. 45

"Toutes les fois où je peux légitimement dire : "Je l'avais dit !" (Ou bien quand quelqu'un dit : "C'est vrai, il l'avait dit je m'en souviens!") " p. 49

Si l'ensemble est plaisant, sa poésie transparaît surtout quand l'auteur parle de sa ville, Rome qu'il se plaît à arpenter. Il sait alors nous faire ressentir la magie de l'instant romain, son effervescence qui alterne avec la quiétude de la ville endormie ou en vacances. 

"Et puis certains après-midi de pluie où les gens qui attendent qu'il cesse de pleuvoir sous les porches font connaissance, se parlent. (...) Le nombre exact de baisers qui se donnent en ce moment. J'aimerais qu'aucune porte ne claque, qu'aucun être humain ne tousse, que pas un citadin ne se sente citadin ; et, toujours en ce moment précis, que quelqu'un dise : qu'il est bon de vivre ici. Même intérieurement." p.135

Un petit opus léger, sans prétention, qui se lit en deux heures et nous permet ensuite de poser un regard plus apaisé sur notre propre ville... 

 

Présentation de l'éditeur : Denoël Points 

D'autres avis : Folavril ; Martine

 

Petits moments de bonheur volés, Francesco Piccolo, traduit de l'italien par Anaïs Bokobza, Points, 2015, 134 p., 5.9 euros

 

Un petit livre qui  m'a fait penser à l'excellent Journal intime de Nanni Moretti, un de mes films préférés.

Publié dans Littérature Europe

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Nord Sud de Elizabeth GASKELL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

Margaret Hale est la fille d’un pasteur du Sud rural qui quitte l’Église d’Angleterre pour des raisons de conscience et emmène sa femme et sa fille dans la ville industrielle de Milton dans le Darkshire, où on lui propose un travail de professeur privé. Ils rejoignent ainsi le rude et besogneux Nord industriel qui contraste sévèrement avec le paisible Sud rural et conservateur. Margaret découvre un monde totalement différent de celui qui était le sien, elle, qui vivait chez sa tante, dans un milieu privilégié, se heurte à un monde régi par la révolution industrielle et la montée des syndicats. Ces nouvelles valeurs s'incarnent dans le personnage de John Thornton, un riche manufacturier de la ville que méprise Margaret. Elle se lie au contraire avec les Higgins, des pauvres du quartier pour qui elle éprouve de la compassion. A leurs côtés, elle assiste alors aux premières grèves organisées et voit s'affronter patrons et ouvriers, s'éloignant peu à peu de l'univers qu'elle a quitté, de ces nobles qui se laissent vivre de façon indolente en entretenant des discussions superficielles, quand de l'autre côté, des travailleurs acharnés se battent pour nourrir leurs enfants. La jeune femme prend résolument partie, encourageant un dialogue égalitaire entre patrons et ouvriers, ouvriers qu'elle considère avant tout comme des êtres humains et non pas des outils de production régentés par le monde de l'argent. 

La gare Victoria de Manchester en 1844

lewebpedagogique.com

 

Dans cette magnifique fresque au souffle romanesque puissant, les points de vue différents s'affrontent face au pouvoir industriel, et les préjugés de la jeune Margaret se transforment face à la réalité et face à son ennemi de la première heure, le ténébreux John... 

Elizabeth Gaskell a su trouver le bon équilibre entre romance et roman social pour porter les questions de son siècle sur le devant de la scène, et si les scènes sentimentales flirtent quelquefois avec les clichés, les pages passionnantes sur les grèves rachètent ces légers errements.

Un grand roman victorien. 

 

Présentation de l'éditeur : Points

 

Challenge mois anglais : roman victorien 

Publié dans Littérature Europe

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Cadres noirs de Pierre Lemaitre

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

 Alain Delambre, est un cadre de 57 ans au chômage depuis quatre ans. Ainsi quand un beau jour il est convoqué à un entretien d'embauche, il décide de mettre toutes les chances de son côté. Et pourtant, l'entretient d'embauche d'un nouveau genre répugne à sa femme : il s'agit de participer à un jeu de rôle sous la forme d'une prise d'otages... Sa dignité est en jeu, Alain n'hésite pas.

Toute la première partie du roman présente le point de vue de Alain, cet homme désoeuvré pour qui le travail représente une voie vers le bonheur après tant d'années à errer et à courir après l'argent. Trouver un travail est pour lui une chance salvatrice car cela lui permettrait de payer les traites, "des vacances, des sorties, des inscriptions à la fac, les voitures et la certitude que notre travail appliqué, résolu, nous fournissait la récompense à laquelle nous avions droit." p. 105

Cette nécessité est tellement prégnante qu'Alain bascule peu à peu, et lance une machine qu'il ne peut plus freiner. Hanté par un sentiment d'humiliation ou d'injustice, reclus dans une extrême solitude, armé, Alain n'a plus rien à perdre...

Au moment où le récit s'alourdissait sous le poids des actions d'Alain, l'auteur opère un choix de maitre en quittant son personnage alourdi pour choisir un nouveau point de vue. Et il cumule ensuite les renversements, les surprises, les manipulations, prenant un malin plaisir à surprendre son lecteur. Incidemment, il le mène à porter un regard neuf et désabusé sur notre société moderne régie par des logiques absurdes...

"L'autre jour, il m'est revenu un truc que Charles m'avait dit (lui, avec ses sentences...) : "Si tu veux tuer un homme, commence par lui donner ce qu'il espère le plus. Le plus souvent, ça suffit." p. 441

Ce que j'ai moins aimé :

- Une première partie un peu longue.

- Un style peu travaillé : "Ils ont dû, commente la note, se rencontrer dans une circonstance professionnelle, genre séminaire, salon, etc." p. 165

Bilan : Un roman policier diablement efficace !

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Du même auteur : Trois jours et une vie, Au revoir là-haut, Au revoir là-haut en BD

 

Cadres noirs, Pierre Lemaître, Le livre de poche, mars 2011, 448 p. , 7.60 euros

 

Merci à Pauline pour le prêt !

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La concession du téléphone d’Andréa CAMILLERI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥
 

L’auteur :

Maître du polar à l'italienne, Andrea Camilleri débute en tant que metteur en scène et scénariste pour la télévision, avant de se lancer dans l'écriture. C'est sous l'influence de son ami Sciascia que le Sicilien s'initie aux romans policiers. Il accède à la notoriété grâce au personnage de Montalbano, commissaire singulier, colérique et bon vivant qui fait sa première apparition en 1994 dans 'La Forme de l'eau'. Drogue, mafia et faits divers, autant de thèmes qui vont séduire un large public, au point qu'une série est adaptée pour la télévision en 1998. Le succès est tel que l'on parle désormais de 'phénomène Camilleri', pour évoquer l'écrivain et de son oeuvre. (source : Evene)

 

L’histoire :

Filippo Genuardi jeune sicilien féru des nouvelles technologies souhaite obtenir une ligne téléphonique. Nous sommes en 1891, en Sicile, et le jeune homme doit donc faire sa demande par écrit au préfet de la région. Mais une petite erreur orthographique va entraîner une suite de malentendus : Filippo sera soupçonné d'être un dangereux agitateur qu'il faut neutraliser...

Ce que j’ai aimé :

-          L'originalité de ce roman tient dans son genre épistolaire : seules les lettres que s'envoient les différents protagonistes constituent le fond et le coeur du roman.
André Camilleri écrit d'habitude des romans policiers, mais ici il s'agit plus d'un roman social drôle, d'une récréation dans la série policière de Camilleri.

 

-          L'action se passe en Sicile, à Vigata petite bourgade dans laquelle se situe la plupart des intrigues d'Andréa Camilleri. La vie de cette petite communauté est admirablement bien rendue, de façon très vivante et drôle. Nous sommes en 1891, le téléphone fait tout juste son apparition et l'on se demande pourquoi Filippo tient autant à l'avoir...

 

-          C'est un roman très original, drôle et fin. Il est court, facile à lire et très divertissant. Il pointe du doigt non seulement les lourdeurs administratives, mais aussi les rapports humains quelquefois considérablement compliqués par certains... L'ensemble fait penser à une farce burlesque bien menée, très intelligente.

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Il faut juste un petit effort au début pour situer tous les personnages qui sont nombreux à correspondre entre eux, mais une fois ce petit exercice accompli, le lecteur se régale d'un bout à l'autre de ce petit livre...

D'autres avis :

L'express 

  

La concession du téléphone, Andrea Camilleri, Fayard, 1999, 17.80 euros

POCHE : La concession du téléphone, Andrea Camilleri, Le livre de poche, avril 2001, 281 p., 5.60 euros

 

Vous aimerez aussi :

Publié dans Littérature Europe

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Comme deux gouttes d’eau de Tana FRENCH

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un roman policier qu’il est impossible de poser avant la fin…

 

L’auteur :

 

Tana French est une romancière irlandaise. Son premier roman La mort dans les bois a connu un très grand succès.

 

L’histoire :

 

L’inspecteur Cassie Maddox est appelé sur une scène de crime un peu particulière : la victime lui ressemble trait pour trait et est en possession de papiers d’identité au nom d’Alexandra Madison, personnage que Cassie a inventé  et dans la peau de laquelle elle s’est glissée le temps d’une enquête passée sur un réseau de stupéfiants.

Les collègues de Cassie décident alors d’infiltrer la jeune Cassie dans l’univers de celle qui se faisait appeler Alexandra Madison, sans révéler à ses proches pour l’instant sa mort. Ainsi aura-t-elle plus de chances de confondre le meurtrier.

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’originalité du sujet : la jeune Cassie doit jouer le rôle d’une autre femme assassinée au point de s’installer dans la maison qu’elle habitait aux côtés d’autres étudiants de Trinity College. Elle va devoir côtoyer lesdits étudiants sans se trahir, et au péril de sa vie puisque l’assassin est peut-être l’un d’eux…

Le suspens est haletant : le lecteur tremble à chaque détail qui pourrait ébranler le plan de Cassie, il frémit quand elle s’éloigne la nuit à pied de la maison pour faire un compte rendu de sa journée à ses chefs, bref, le stress est garanti…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

La psychologie des personnages n’est peut-être pas très poussée, mais le suspens gomme les défauts du roman…

 

Premières phrases :

 

« Certaines nuits, quand je dors seule, je rêve encore de Whitethorn House. Mon rêve se passe toujours au printemps. Une brume atténue une belle lumière paisible de fin d’après-midi. Je grimpe le perron usé avant d’actionner le grand heurtoir de cuivre noirci par le temps et assez lourd pour, chaque fois, me faire sursauter. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Sept jours à River Falls de Alexis AUBENQUE

 

Comme deux gouttes d’eau, Tana FRENCH, Michel Lafon, 2008, 482 p., 21.95 euros

POCHE : Comme deux gouttes d’eau, Tana FRENCH, Points,septembre 2010, 8 euros

 

D'autres avis chez Emeraude (déçue), Cuné (plus enthousiaste), Lily.

Publié dans Roman policier Europe

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Le dernier des Weynfeldt de Martin SUTER

Publié le par Hélène

                                  dernier des weynfeldt

 ♥ ♥ ♥ ♥

 Un  roman aux rouages machiavéliques

  

  L’auteur :

 

Martin Suter est un écrivain suisse. Depuis 1991 il se consacre uniquement à l’écriture après un passage dans l’univers de la publicité et du journalisme. Ses romans connaissent un beau succès.

 

L’histoire :

 

Adrian Weynfeldt est expert en art et riche héritier d’une famille suisse fortunée. Célibataire, il mène une vie plutôt routinière entouré d’un cercle d’amis fidèles et d’une gouvernante qui lui facilite la vie. Sa rencontre avec Lorena, jolie voleuse ressemblant à l’ancien amour perdu d’Adrian, va venir bouleverser cet univers bien rangé…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La façon dont l’intrigue se met en place, subtilement, doucement, rouage après rouage. La construction de ce roman est parfaitement maîtrisée, les évènements s’enchaînent avec brio et les rebondissements jaillissent à points nommés. Du grand art…

-          La peinture très subtile que fait l’auteur du monde de l’art et de l’argent : un des amis de Adrian cherche à lui vendre un faux Vallotton, et comme Adrian va découvrir la supercherie, il devra choisir que vendre : le vrai ou le faux ? S’amorce alors une réflexion sur l’argent qui donne souvent des lettres de noblesse aux œuvres comme à d’autres objets, ou même à des personnes comme Adrian…

 

« Que quelqu’un paie autant pour un tableau, ça suffit à le rendre authentique. » (p. 240)

 

-          Le portrait psychologique très fin d’Adrian : homme intègre, il est régi par des principes droits et ancrés profondément dans son histoire. Mais Lorena va venir ébranler cette façade si solide :

 

 « Oui, c’était compréhensible. Et tout ce qui se comprend se pardonne. N’est-ce pas ? C’était bien cela, non : tout ce qui se comprend se pardonne ?" (p.296)

  

Lui qui frôlait seulement les autres, gainé par son statut et son argent, va-t-il parvenir à se fissurer pour laisser entrer en lui une once de folie ?

 

Premières phrases :

 

« « Ne fais pas cela », voulut-il dire, mais ça ne marchait pas.

Adrian Weynfeldt avait le regard rivé aux poings blancs de la femme, des poings blancs et mouchetés de taches de rousseur. »

 

Vous aimerez aussi :

 

La double vie de Vermeer de Luigi GUARNIERI

 

Le dernier des Weynfeldt, Martin SUTER, Christian Bourgois Editeur, avril 2008, 339 p., 25 euros

POCHE : Le dernier des Weynfeldt, Martin SUTER, Points, mai 2009, 339 p. 7.50 euros

 

Kathel vous en parle.

Publié dans Littérature Europe

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Triste flic de Hugo HAMILTON

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

 A ne pas laisser passer...

 

L’auteur :

 

Hugo Hamilton est un écrivain irlandais et accède à la consécration avec son roman autobiographique Sang impur, récompensé en France par le prix Fémina Etranger en 2004.

 

L’histoire :

 

Abandonné par sa femme, mis en congé à durée indéterminé après un incendie qui a failli lui coûter la vie, Pat Coyne mène une bien triste vie, remâchant ses diatribes réactionnaires entre deux pintes de Guiness. Mais lorsque son fils se retrouve impliqué dans une sordide affaire d’immigration clandestine, l’ex-flic reprend du service.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’humour est « déjanté » (qui était d’ailleurs le titre des premières aventures de Pat Coyne, tout aussi savoureuses)

-          Le personnage de Pat Coyne est attachant et atypique : perdu, dépassé et souvent imbibé, il essaie de vaincre ses démons résistants avec l’aide d’une thérapeute motivée. Mais c’est loin d’être gagné : il persécute un pauvre banquier, reste convaincu qu’il est « inextricablement lié » à sa femme Carmel qui l’a pourtant quitté (il constate d’ailleurs très finement « C’est pas de la tarte d’être amoureux » (p. 68)), n’hésite pas à déloger quelques lions dans la maison de son rival, et aime pester contre les adeptes de « l’irlanditude »… Il est le centre de son monde, le centre du roman, et ceci pour notre plus grand plaisir…

 

« Pat vous faites une fixation sur la vérité.

Bien sûr. Je veux la vérité.

Oui, mais vous ne pouvez pas vivre avec. Nous vivons de symboles. Nous avons besoin de rêves. De fiction. […]

Tour est affaire d’invention. Les vies sont des histoires. » (p. 180)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’intrigue policière est vite expédiée, elle n’est que secondaire.

 

 

Premières phrases :

 

« Coyne sirotait sa pinte. S’occupait de ses oignons. A l’instar de beaucoup d’autres solitaires assis au bar un peu partout dans Dublin, on l’aurait cru aux commandes d’un gros engin. Perché sur un tabouret ; en train de manœuvrer une grue, un camion à plate-forme, ou encore un bus bondé de passagers à moitié soûls. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Déjanté

Autres : les romans de Ken BRUEN

 

Merci à Jérôme LAMBERT des Editions Points pour cette lecture.

 

D’autres avis Keisha, Jean-Marc

 

Triste flic, Hugo HAMILTON, Phébus, novembre 2008, 18.53 euros

POCHE : Triste flic, Hugo HAMILTON, Points, septembre 2010, 253 p., 6.50 euros

Publié dans Roman policier Europe

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Poulet aux prunes de Marjane SATRAPI

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Prix du meilleur album au festival d'Angoulême en 2005

 

L’auteur :

Marjane Satrapi est une auteure de bandes dessinées d’origine iranienne. Poulet aux prunes devrait sortir au cinéma en octobre 2011, adapté par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.

L’histoire :

Un beau jour, Nasser Ali retrouve son tar cassé. Il a beau chercher un nouveau tar qui serait à la hauteur de l’ancien, rien n’y fait, les sons qu’il compose que les nouveaux tars restent discordants. Désespéré car la musique est toute sa vie, Nasser Ali décide de se laisser mourir.

Ce que j’ai aimé :

-          Marjane Satrapi analyse très finement les rapports humains, et l’histoire qu’elle nous offre ici reste universelle : un amour contrarié, un mariage convenu sans sentiments, un désespoir sans fond qui fait son lit de l’insatisfaction des uns et des autres…

 

-          Le point de vue adopté est celui de Nasser Ali mais à travers ses souvenirs et ses points de vue, un portrait en creux s’ébauche : celui d’un homme qui fait payer ses erreurs à ses proches et ne comprend pas que ceux-ci lui en veulent, un homme incapable de pardonner, un homme égoïste désespérément replié sur lui-même…

 

-          Une belle interrogation sur l’art transparaît en filigrane : faut-il être désespéré pour être doué ?

« Pour le commun des mortels, être musicien ou être clown, c’est du pareil au même. Ne t’en fais pas mon petit. Dis-toi que tu vis une véritable histoire d’amour. Mais bien sûr. As-tu déjà vu quelqu’un écrire un poème sur la femme qu’il a épousée et qui l’engueule quatre fois par jour ? Crois-tu que si Roméo et Juliette avaient fait six gosses ensemble, on aurait écrit un livre sur eux ? Tu souffres ! C’est pour ça que tu joues si bien maintenant ! « 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Le désespoir de cet homme que rien ne sauve imbibe la bande dessinée d’une teinte très sombre.

Vous aimerez aussi :

Du  même auteur : Persépolis de Marjane SATRAPI

 

Poulet aux prunes, Marjane SATRAPI, L’association, 2007, 14 euros

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Une si longue lettre de Mariama BA

Publié le par Hélène

 

 

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  ♥ ♥ ♥

Un très beau destin de femme.

  

L’auteur :

 Mariama Bâ est née en 1929 au Sénégal. Diplômée de l'Ecole normale en 1947, elle enseigne douze ans durant avant d'être affectée à l'inspection régionale. Militante des droits de la femme, mère de neuf enfants, elle écrit en 1979 "Une si longue lettre". Elle est morte en 1981, ayant achevé son second roman.

 

L’histoire :

 L'auteur fait parler une femme du Sénégal, Ramatoulaye Fall qui écrit à une amie de jeunesse, Aïssatou Ba. A travers le quotidien qu'elle lui conte, c'est toute l'existence des femmes africaines qui se trouve dévoilée. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 -          Mariama Bâ nous offre avec cette longue lettre le portait vivant d'une femme africaine qui prend sa vie en mains.

 « Pour vaincre la détresse quand elle vous assiège, il faut de la volonté. Quand on pense que chaque seconde écoulée abrège la vie, on doit profiter intensément de cette seconde, c’est la somme de toutes les secondes perdues ou cueillies qui fait les vies ratées ou réussies. Se muscler pour endiguer les désespoirs et les réduite à leurs justes proportions ! » (p.81)

 -         La polygamie est au centre des préoccupations de ces femmes pour qui ce mode de fonctionnement ancestral n'est pas sans difficultés :

 «  Tu oublies que j’ai un cœur, une raison, que je ne suis pas un objet que l’on se passe de main en main. Tu ignores ce que se marier signifie pour moi : c’est un acte de foi et d’amour, un don total de soi à l’être que l’on a choisi et qui vous choisi. (J’insistais sur le mot choisi.) (p. 110)

 -          Mais au-delà de cette tradition avilissante pour la femme, c'est le statut global de la femme africaine, et de la femme en général qui est ici évoqué :

 «  La femme ne doit plus être l’accessoire qui orne. (…) la femme est la racine première, fondamentale de la nation où se greffe tout apport, d’où part aussi toute floraison. Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays. » (p. 116)

 -          Une si longue lettre est un court récit magnifiquement bien mené, un roman qui pose les bonne questions et les laissent planer lumineusement en notre esprit. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

  - Rien.

 

Premières phrases :

« Aïssatou,

J’ai reçu ton mot. En guise de réponse, j’ouvre ce cahier, point d’appui dans mon désarroi : notre longue pratique m’a enseigné que la confidence noie la douleur.

Ton existence dans ma vie n’est point hasard. »

 

Vous aimerez aussi :

Celles qui attendent de Fatou DIOME

 

Une si longue lettre, Mariama BA, Le serpent à plumes, 2001, 164 p., 7 euros

 

 defi Afrika Choupynette

Publié dans Littérature Afrique

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Le traducteur amoureux de Jacques GELAT

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

Un vrai plaisir de lecture.

 

L’auteur :

 Jacques GELAT est un écrivain français contemporain. Il s’est surtout consacré à l’écriture de scénarios, s’essayant au genre du roman en 1991 avec Le tableau, puis revenant à ses premières amours. Ce ne sera qu’en 2000 qu’il publiera à nouveau des romans.

   L’histoire :

 Le narrateur est un traducteur de romans japonais aux prises soudain avec les souffrances dues à une rupture amoureuse. Son travail va s’en trouver bouleversé puisque lors de la traduction de son dernier roman, il transforme un point virgule en un point. Et ce ne sera que le début de subtiles transformations dans son travail, mais aussi dans sa vie.

 Ce que j’ai aimé :

 -          La fluidité de la narration : le style est si coulant que l’on se laisse porter par le flot des mots avec délectation.

-          La légèreté du ton : le narrateur ne se perd jamais dans l’auto-apitoiement ou le pathétique, même quand il frôle la dépression, il est doté d’une force tranquille qui lui permet de rebondir.

-          La vision romantique de l’amour : le narrateur a plaisir, malgré ses dires, à tomber amoureux et sa joie est communicative.

-          Les belles réflexions amorcées sur la création et ses affres…

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          L’impression que ce n’est pas un livre marquant, que je l’aurai vite oublié. Puis, ce matin je me suis souvenue que j’avais eu la même impression en lisant Le plaisir du diable il y a un an de cela, or aujourd’hui j’en garde un souvenir prégnant. Réponse dans un an donc…

 Premières phrases :

« Je suis un traducteur. Au départ c’est un plaisir qui ressemble un peu au métier de comédien. On doit se faire à l’autre, l’écouter, le comprendre, s’en imprégner, avec cette différence qu’au lieu d’un personnage, c’est un roman qu’il va falloir traduire. »

Vous aimerez aussi :

 L’horizon de Patrick MODIANO

   

Le traducteur amoureux, Jacques GELAT, José Corti, mars 2010, 193 p., 15.50 euros  

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