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428 résultats pour “ile du point némo

Captive de Margaret ATWOOD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

En 1873 Grace Marks, seize ans, est condamnée à la prison à perpétuité pour avoir assassiné son jeune employeur et sa gouvernante, avec l'aide de son petit ami, condamné à mort. Etait-elle victime, simple complice, conspiratrice ? A-t-elle feint la folie ? Nul ne le sait réellement. Le Docteur Jordan s'empare du dossier, bien décidé à plonger dans l'âme de Grace pour en sonder les profondeurs. Mais saura-t-il accéder dans ces recoins secrets de l'âme ?

Alors que sa mère le destine à une jeune femme aimante ordinaire, des visions apocalyptiques de ce que serait sa vie s'offrent à lui : "Sa mère croit-elle réellement qu'il puisse être séduit par une telle vision de lui-même - marié à Fidelia Cartwright et emprisonnée dans un fauteuil près de la cheminée, figé dans une sorte de stupeur pétrifiée tandis qu'à côté de lui sa chère femme l'enroulerait lentement dans des fils de soie multicolores, tel un cocon ou une mouche piégée dans la toile d'une araignée ?" p. 392

Peu à peu, il est pris dans les filets de Grace, qui, telle une Shéhérazade brode pour mieux le retenir...

Inspiré d'un sanglant fait divers qui a bouleversé le Canada du XIXe siècle, Margaret Atwood écrit là un roman remarquable dans par sa construction que par ses réflexions. Elle choisit de multiplier supports et points de vue, faisant alterner le point de vue de Grace, celui de Simon, mais aussi des lettres, autant de prismes qui ont tendance à donner une vision déformée des personnages. Qui sont-ils vraiment ? Eux-mêmes le savent si peu... Qui détient la vérité et peut-on dire que cette vérité existe tant l'être est capable de refouler sentiments et pensées ?

"Que de mystères demeurent à découvrir dans le système nerveux, cette toile de structure matérielle et éthérée, ce réseau de fils qui parcourent le corps, compose de mille fils d'Ariane, menant tous au cerveau, ce sombre labyrinthe où gisent, éparpillés, les os humains et où rôdent les monstres...

Et aussi les anges, se dit-il. Et aussi les anges." p. 247

Cette plongée dans l'âme humaine à travers le personnage de Grace s'avère passionnante !
 

Présentation de l'éditeur : 10-18
D'autres avis : Eva

 

Merci à l'éditeur !

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Paméla ou la vertu récompensée de Samuel RICHARDSON

Publié le par Hélène

♥ ♥

Roman épistolaire de 1740 qui raconte le destin de la jeune Paméla, 15 ans qui résiste aux assauts répétés de son maître, M. B., souhaitant par dessus tout préserver sa vertu intacte. Elle raconte ses mésaventures à ses parents dans ses lettres, puis quand elle comprend que ses lettres n'atteignent pas ses destinataires, elle continue à écrire son journal intime.

Ce roman a marqué la littérature anglaise et européenne par son originalité : donner la parole à la première personne à une domestique était novateur à l'époque, mais aussi par cette image vertueuse, néanmoins controversée. Deux voix s'élèvent : ceux qui pensent que Paméla est un modèle de vertu, et ceux qui pensent que sous couvert de la vertu, l'auteur en profite pour montrer des scènes équivoques, et que la jeune Paméla ne fait que provoquer M. B, son maître dans le but d'être épousée.
 

Ce que j'ai moins aimé :

Les atermoiements de la jeune Paméla m'ont lassée et son ambivalence m'a surprise effectivement : alors que cet homme a tenté d'abuser d'elle à maintes reprises, elle finirait finalement par éprouver des sentiments pour lui ?

" Vous et mon cher père êtes sans doute surpris de n'avoir point eu de mes nouvelles depuis plusieurs semaines, mais une triste scène en a été la cause. Car à présent il n'est que trop clair que vos avertissements étaient bien fondés. Oh, ma chère mère, je suis malheureuse, véritablement malheureuse ! Ne vous effrayez pourtant pas, je suis vertueuse ! Dieu veuille par Sa grâce que je le sois toujours.
Oh ! cet ange, ce galant homme, ce doux bienfaiteur de votre pauvre Paméla, qui devait prendre soin de moi à la prière que lui fit sa mère, lorsqu'elle était sur son lit de mort, qui craignait si fort que je ne me laissasse séduire par le neveu de Milord Davers qu'il ne voulut point me laisser entrer au service de Milady ; ce gentilhomme (oui, il faut encore que je l'appelle ainsi, quoiqu'il ne mérite plus ce titre), ce gentilhomme s'est avili jusqu'à se donner des libertés avec sa pauvre servante ! Il s'est fait voir maintenant dans son caractère naturel, et rien ne me paraît plus noir et plus affreux."

Bilan :

J'ai été heureuse de découvrir ce classique du XVIIIème, mais en tant que lectrice, je n'ai pas été convaincue par Paméla et encore moins par sa vertu !

 

Présentation de l'éditeur : 10-18

 

Publié dans Littérature Europe

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La saga des Cazalet tome 1 Etés anglais de Elizabeth Jane Howard

Publié le par Hélène

♥ ♥

En juillet 1937 la famille Cazalet se retrouve à Home Place, au coeur du Sussex. La Duche et son mari William accueillent leurs trois fils Hugh, Edward et Rupert ainsi que leurs femmes et enfants.

Chacun a ses préoccupations : Clary est en conflit avec sa belle-mère Zoé, Villy s'ennuie, cherchant désespérément un sens à sa vie, Polly, est apeurée par la perspective d'une guerre, Rachel, la seule fille de la Duche restée célibataire cherche comment voir son amie Sid, Sybil, enceinte, appréhende son accouchement, d'autant plus qu'on lui annonce des jumeaux... Les frères font les allers retours à Londres pour gérer l'entreprise familiale, et Rupert, peintre, se désespère de ne plus avoir le temps de peindre. Les femmes gèrent les enfants et leurs gouvernantes. Le temps s'étire, suspendu durant cet été qui voit naître des interrogations angoissantes concernant l'imminence d'une autre guerre.

Cette saga aborde par le biais de points de vue différents, des sujets très disparates liés à l'époque : la position des femmes das la société, la différence d'éducation entre les garçons et les filles, les difficultés du pensionnat pour les garçons victimes de brimades, mais aussi les choix de vie, de carrière qui nous poussent presque toujours à renoncer à autre chose...

Ce que j'ai moins aimé :

- Beaucoup de personnages mais heureusement un arbre généalogique placé en début de volume nous permet de mieux reconnaitre les protagonistes

- Le roman se concentre sur les préoccupations des personnages très bourgeois : quelle robe porter, comment voir sa maitresse sans se faire prendre par sa femme... Les domestiques apparaissent trop peu à mon goût, alors qu'il aurait été intéressant de connaitre aussi leurs points de vue.

Bilan :

J'ai peiné au commencement, je me suis attachée aux personnages au milieu du roman, puis détachée d'eux vers la fin. Il n'empêche que je lirai avec plaisir la suite, le tome 2 étant prévu pour octobre 2020, la série prévoyant 5 tomes qui couvriront une large période : de 1938 à 1958.

 

Présentation de l'éditeur : Quai Voltaire

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Europe

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Le coeur et la raison de Dorothy L. SAYERS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Harriet Vane se rend à Oxford pour assister à une rencontre avec ses anciennes amies et professeurs de Shrewsbury College, où elle avait été étudiante. Peu de temps après, la doyenne Letitia Martin la rappelle pour lui signaler des lettres anonymes et du vandalisme au sein de l'établissement. Elle lui demande son aide pour enquêter discrètement. Harriet décide de s'installer au sein du collège, en prétendant faire des recherchces sur l'écrivain Sheridan Le Fanu. Il semble en effet que la menace vienne de l'intérieur. La jeune femme en profite pour faire le point dans son esprit sur ses sentiments et son avenir avec Lord Peter Winsey qui s'évertue à la demander en mariage malgré ses refus. Le coeur et la raison est en effet le troisième roman de la série qui mettait en avant Lord Peter et ses enquêtes policières. Ici, Harriet Vane est l'héroïne qui mène l'enquête, et se fait aider seulement à la fin par Lord Peter.

Ce que j'ai aimé :

- La peinture du monde universitaire d'Oxford, la question de l'intégrité intellectuelle étant au coeur du roman.

- L'intrigue policière reste subtile, sans effusion de sang. L'auteure souhaitait en effet s'éloigner du roman policier pour écrire un roman plus "classique", plus psychologique, afin de mettre en lumière le statut de la femme dans ces années 30, en Angleterre.

- Elle en profite donc pour offrir un point de vue moderne sur le mariage et son aliénation potentielle. Harriet refuse en effet le mariage, persuadée qu'elle se perdra dans cette union, et que son coeur étouffera ses ambitions intellectuelles.

- L'importance des études et du développement intellectuel des femmes est ainsi mis en avant, permettant aux femmes d'acquérir une véritable place dans la société : Harriet est l'égale de Peter intellectuellement, ayant obtenu les mêmes diplômes que lui.

Ce que j'ai moins aimé :

- Des longueurs, surtout après l'intervention de Peter, vers la dernière partie du roman (il faut préciser que le roman comporte 688 pages !)

Bilan :

Une lecture agréable.

Titre trouvé dans la liste des Cent meilleurs romans policiers de tous les temps

Présentation de l'éditeur : Libretto

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Publié dans Roman policier Europe

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Mon salon du Livre 2012 - soirée d'inauguration

Publié le par Hélène

 

Arrivée à 17h30, j'appelle Copiiine Isabelle  qui me dit être à "maison de la radio"... "ok je t'attends". je n'avais pas de plan de métro -ni Internet sur mon téléphone- pour moi la maison de la radio c'était dans Paris, j'étais moi-même dans Paris, donc j'allais attendre quoi... 10 minutes. Paris est grand mes amis, sachez-le, j'ai attendu 1 heure. Je suis restée plantée à l'entrée, et cinq fois des gentils gens sont venus me demander des renseignements, me prenant pour une hôtesse. Deux personnes ont même cherché à profiter de mon invit pour rentrer avec moi...Et il y en a une qui a même tenté de me piquer mon invit. J'ai alors pris mon plus beau sourire d'hôtesse et je lui ai dit "chère Madame, cette soirée est strictement réservée aux invités munis d'un carton d'invitation, aussi vous invitai-je (ouais, je parle comme ça...) à revenir les jours suivants dévolus aux visiteurs grand public. Bonne journée, au revoir Madame." Cinq ans de sourire et de langage normalisé pour éviter le "casse toi pétasse, fais pas ch... ou j'appelle la sécurité"...

 

Bref 18h30 Isablle arrive, après s'être quand même perdue dans le hall 5 ...

 

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Elle est contente d'être arrivée, Isabelle !

 

Arrêt chez Zulma qui nous explique pendant une demi-heure que chaque couverture de livre est unique, choisie par l'auteur en relation avec l'histoire ou le pays d'origine de l'auteur.

 

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Visite à Vincent des Editions Le passage (qui fête ses 10 ans cette année), un Vincent très people entre champagne et discussions enfièvrées. Après s'être moqué de mon look de touriste avec mon appareil autour du cou, (c'est l'accessoire tendance, il n'y connait rien...) il a quand même accepté de se faire prendre en photo avec Charlotte.

 

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Nous sommes repartis à l'assaut des allées noires de monde. Notre mission : trouver le stand des écrivains du bassin du Congo qui nous avait promis 'un cocktail africain" et un concert.

 

 

Nous avons trouvé un stand "librairie du Sud" avec quelques écrivains africains, un stand noir de monde... La raison ? Des livres ??? Des écrivains ??? Non, point du tout, de délicieux accras...

 

Coup de fil à Sophie du blog SophieLit "tu es où ?" "bah je sais pas chez Gallimard" "en U ou en S ?" "je sais pas je te rappelles". 10 minutes plus tard lecture du sms arrivé 10 minutes plus tôt (un salon, c'est bruyant, on n'entend pas bien les téléphones...) (surtout les vieux téléphones tout pourris comme le mien) "en s21" ni une ni deux, nous courons. sauf  que, trop tard, Sophie n'était plus là.

 

Nous sommes revenues à notre mission première et avons décidé d'aller au point information pour trouver nos congolais. L'hôtesse avec son foulard rose autour du cou nous dirige vers l'allée Z. Sauf que l'hôtesse est la pro du blush rose assorti à son foulard, mais ne connait pas du tout sa géographie et ne savait donc pas que la Turquie n'est pas dans la bassin du Congo. Allée Z, pas l'ombre d'un congolais...

 

Naruto nous indique le chemin, et j'aurais tendance à lui faire plus confiance qu'à l'hôtesse au foulard, allez savoir pouquoi !

 

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Sms de Sophie : "suis en I20"

 

 

Escale au stand des Editions Attila avec un accueil en or d'Hélène Morice qui, bien que débordée, a pris le temps de discuter avec nous, et ça c'est une vraie copiiine...(une copine qui vous accueille en plus en disant "t'es toute belle dis moi" est de toute façon une bonne copine (oui, j'avais retiré l'appareil photo de mon cou, car quand même Vincent est un poil plus fashion que moi, et sur ce coup-là, je lui ai fait confiance...))

 

Sms de Sophie  : P28. On cherche, on cherche...

 

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Fin de soirée enfin nous avons trouvé le stand (H29), grâce à un téléguidage à distance de mon cher et tendre qui lui, a Internet sur son téléphone. Nous avons trouvé Huchon aussi et ô victoire nous sommes en plus arrivées à point pour le concert ! Sauf que cela faisait 2h30 que nous piétiniions (oui, avec deux ii) dans les allées et que nos dos, nos pieds et nos jambes réclamaient du repos.

 

Moralité : j'm'en fous, free ou pas free, je resignechez SFR et je prends un forfait avec Internet compris.

Moralité 2 : toujours avoir un homme à distance qui peut vous guider -et garder les enfants, et faire à manger, et faire la vaisselle, et vous accueillir avec le sourire  "et ta soirée alors?"... bref toujours avoir un homme...

Moralité 3 : les salons c'est pas pratique pour voir les copines

Moralité 4 : et les livres dans tout ça ? Ah oui, les livres bah, y'en avait plein...

Publié dans Divers

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Les apparences de Gillian FLYNN

Publié le par Hélène

                                               apparences

 ♥ ♥ ♥

Préparez vos nuits blanches ! 

 L’auteur :

 Gillian Flynn est un auteur américain. Elle a grandi dans le Missouri et vit aujourd'hui à Chicago. (Source : Babélio)

 L’histoire :

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Charlie, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Charlie a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Charlie découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivée. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Charlie ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre quelle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Charlie est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

Considérée par une critique unanime comme l’une des voix les plus originales du thriller contemporain, Gillian Flynn dissèque ici d’une main de maître la vie conjugale et ses vicissitudes et nous offre une symphonie paranoïaque aux retournements multiples, dans un style viscéral dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller. (Source : Editeur)

 Ce que j’ai aimé :

Les apparences est un roman diaboliquement prenant, machiavélique, qui joue avec vos nerfs et vos analyses psychologiques. L’auteur alterne les chapitres : l’un adopte le point de vue de Nick, mari suspecté d’avoir tué sa femme, et le suivant retranscrit le journal intime de la jeune femme dans les mois précédant sa mystérieuse  disparition. Des indices dans le discours de l’un ou de l’autre orientent le lecteur vers une explication ou une autre, indices savamment disséminés dans le but de manipuler ledit lecteur.

 Puis un retournement de situation soudain renverse à nouveau les perspectives, offrant un tout nouvel éclairage sur la scène du « crime ». Cette construction orchestrée de mains de maître apporte du poids à ce roman centré sur le mariage et ses aléas.

 A quel point doit-on s’aliéner pour plaire à l’autre ? Le mari doit-il devenir le pantin de sa femme, celui qui accourt dès qu’on le siffle, la femme doit-elle être « cool » à tous prix et faire des concessions inconcevables, au prix d’y laisser son âme ? Le couple peut-il durer quand  il débute sur des compromis que le temps efface parce qu’ils deviennent ingérables au quotidien ?

 D'autres questions affleurent également comme le poids de l'opinion publique dans le cadre d'une enquête criminelle, le rôle des médias, l'image du coupable manipulée... Autant de pistes de réflexions qui densifient le propos.

Méfiez-vous des apparences…

 Ce que j’ai moins aimé :

La fin est plus faible, mais la question se pose aussi : comment finir ?

 Premières phrases :

« Quand je pense à ma femme, je pense toujours à son crâne. A la forme de son crâne, pour commencer. La toute première fois que je l’ai vue, c’est l’arrière de son crâne que j’ai vu, et il s’en dégageait quelque chose d’adorable. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Les lieux sombres

Autre : La maison d'à côté de Lisa GARDNER

  D’autres avis :

Canel ; Val ; Clara ; Stieg ; Véronique  

 

Les apparences, Gillian Flynn, traduit de l’anglais (EU) par Héloïse Esquié, Sonatine, 2012, 22 euros

grand prix lectrices de elle 

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A la lueur d’une étoile distante de Mary McGARRY MORRIS

Publié le par Hélène

a la lueur d'une étoile distante

♥ ♥ ♥ 

 « Les gens n’admettraient pas que les apparences sont parfois trompeuses. A l’image des meilleures prises de combat, les mots peuvent être retournés contre vous et une fois que vous êtes à terre, ils sont à même de vous tuer. » (p. 364)

 

L’auteur :

 Mary McGarry Morris est née en 1943 dans le Connecticut. Disparue (Flammarion, 1989), son premier roman, a été sélectionné pour le National Book Award et le Pen Faulkner Award. Elle a depuis publié Une femme dangereuse (Julliard, 1991), Mélodie du temps ordinaire et Un abri en ce monde (Belfond, 2005). Mary McGarry Morris vit aujourd'hui à Andover, dans le Massachusetts.

 L’histoire :

Ces derniers temps, Nellie Peck, treize ans, a enfin trouvé de quoi combler son désoeuvrement : espionner la nouvelle locataire de sa mère dans le petit studio attenant à leur maison.

Activité d'autant plus excitante que l'arrivée de la jeune et jolie Dolly, danseuse de cabaret à la sensualité débordante, n'est pas passée inaperçue dans le quartier. Et rapidement, c'est à un véritable défilé de prétendants qu'assiste Nellie, cachée dans les arbres. (Début de la quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Le point de vue adopté est celui de la petite Nellie, qui observe le monde à son niveau, se fiant à son innocence, à son instinct naïf pour interpréter ce qu'elle entend et voit. Or elle ignore encore que la vérité est insaisissable, fuyante, réinterpréable à l'infini.  

 « Nellie commençait à voir combien la vie pouvait être compliquée. Aucun fait n’était isolé. Chaque action entraînait une réaction, qui elle-même en entraînait d’autres, et ainsi de suite, en une série de combustions insidieuses qu’ils ne pouvaient pas cerner précisément, ni a fortiori prévenir, et qui se répandait désormais partout. Ils assistaient à leur propre désastre nucléaire, assis là, au centre de la zone dévastée par l’explosion, essayant toujours de paraître normaux, son père et elle, face au bureau de l’avocat au teint terreux. » (p.229)

 « Peut-être en allait-il de même pour tout le monde en grandissant. Petit à petit le vérité perdait de sa force, jusqu’à ce que, comme les particules en suspension dans l’air, elle devienne invisible. Et si c’était ça aussi, être un adulte ? Rationaliser une expérience, la transformer jusqu’à oublier la plupart des choses importantes, celles que personne n’avait besoin d’expliquer à certains enfants, parce que, eux, ils savaient, voilà tout. Et ils n’oubliaient pas. » (p. 428) 

 Les éléments se mettent en place petit à petit pour former un tout cohérent dans l'esprit de Nellie, mais inadéquat à sa vie familiale, à cet univers confortable, connu qui est le sien.

Le suspens est savamment dosé, tenant en haleine le lecteur partagé entre vérité et illusions, le ton naturel de la jeune Nellie allégeant un propos profondément plus grave.

 A la lueur d'une étoile distante est un roman prenant, intelligent, bien construit, une agréable découverte... 

 Ce que j’ai moins aimé :

Le début est un peu long par rapport à la fin beaucoup plus dense… Au point que j’ai trouvé certaines réactions des personnages peu crédibles à la fin, comme s’il fallait effacer rapidement les problèmes pour conclure… 

La question du résumé de la quatrième de couverture mérite d’être posée : fallait-il parler de l’évènement majeur ou laisser le lecteur le découvrir par lui-même ? Le fait de savoir éclaire-t-il finalement le récit d’un point de vue différent qui densifie le roman ? Je n’ai pas tranché… 

Le titre me semble difficile à retenir pour qui veut en conseiller la lecture au débotté…

 

Premières phrases :

 « A quoi voit-on parfois que l’on connaît bien une personne ? Elle n’a même pas besoin de vous fixer dans les yeux ou de dire un mot, et vous savez. Bon, ce que vous savez au juste n’est peut-être pas très clair, mais vous le savez, c’est tout. »

 

Vous aimerez aussi :

   Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

   D’autres avis :

Lire

 

  A la lueur d’une étoile distante, Mary McGarry Morris, traduit de l’américain par Valérie Bourgeois, Belfond, mai 2012, 444 p., 21.50 euros

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D'après une histoire vraie de Delphine De VIGAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Le point de démence de quelqu'un, c'est la source de son charme."

Delphine, la narratrice, raconte rétrospectivement la relation particulière qui s'est ébauchée entre elle et L. rencontrée dans une soirée. Cette  L. la séduit peu à peu et les deux femmes deviennent amies, L. sachant se rendre indispensable. Nécessaire. Toujours là quand on a besoin d'elle. L'incarnation vivante de l'amie parfaite. Avec un côté inquiétant, presque aliénant, peut-être la marque indélébile de la véritable amitié ?

"Peut-être était-ce d'ailleurs cela, une rencontre, qu'elle soit amoureuse ou amicale, deux démences qui se reconnaissent et se captivent." p. 178

Les deux amies sont souvent en harmonie sauf sur un point : Delphine est une  écrivain entre deux romans, elle a connu le succés avec son roman précédent très autobiographique, et aimerait maintenant revenir à la fiction, ce à quoi s'oppose fortement L : 

"Les gens s'en foutent. Ils ont leur dose de fables et de personnages, ils sont gavés de péripéties, de rebondissements. Les gens en ont assez des intrigues bien huilées, de leurs accroches habiles et de leurs dénouements. Les gens en ont assez des marchands de sable ou de soupe, qui multiplient les histoires comme des petits pains pour leur vendre des livres, des voitures ou des yaourts. Des histoires produites en nombre et déclinables à l'infini. Les lecteurs, tu peux me croire, attendent autre chose de la littérature et ils ont bien raison : ils attendent du Vrai, de l'authentique, ils veulent qu'on leur raconte la vie, tu comprends ? La littérature ne doit pas se tromper de territoire."  sinon les personnages "seront comme des mouchoirs en papier, on les jettera après usage dans la première poubelle venue." p. 139

Pour Delphine sonner juste suffit : 

"Je crois que les gens savent que rien de ce que nous écrivons ne nous est tout à fait étranger. Ils savent qu'il ya toujours un fil, un motif, une faille, qui nous relie au texte. Mais ils acceptent que l'on transpose, que l'on condense, que l'on déplace, que l'on travestisse. Et que l'on invente. " Elle ne croit pas que le réel suffise : "Le réel, si tant est qu'il existe, qu'il soit possible de le restituer, le réel, comme tu dis, a besoin d'être incarné, d'être transformé, d'être interprété. Sans regard, sans point de vue, au mieux, c'est chiant à mourir, au pire c'est totalement anxiogène. Et ce travail-là, quel que soit le matériau de départ, est toujours une forme de fiction." p. 331

Débat sans fin durant lequel les passions de l'une et l'autre s'exacerbent, instillant le doute dans l'esprit de la narratrice comme du lecteur : L. aurait-elle un projet plus vaste en tête que de simplement conquérir l'amitié de Delphine ? Est-elle une jeune femme équilibrée rencontrée par hasard ou une manipulatrice de génie ? Qui est-elle vraiment ? Et finalement existe--t-elle réellement ? Dans quelle réalité ? celle du roman de Delphine de Vigan ? Dans la vie de l'auteur ? Dans la vie de la narratrice ? Les frontières s'estompent et la narratrice-auteure nous met au défi de démêler le vrai du faux "D'ailleurs, ce pourrait être un projet littéraire, écrire un livre entier qui se donnerait à lire comme une histoire vraie, un livre soi-disant inspiré de faits réels, mais dont out, ou presque, serait inventé." p.448 

Avec génie, Delphine de Vigan revisite le Misery de Stephen King et ce rapport intense qui s'établit entre le lecteur et l'auteur. Elle nous rappelle que l'important n'est pas de démêler le vrai du faux mais d'être pris par une histoire, emporté, coupé du monde pendant le laps de temps que l'on passe immergé dans les pages. Pari réussi !

 

Présentation de l'éditeur : JC Lattès  

D'autres avis : Babelio

Du même auteur Rien ne s’oppose à la nuit 

Prix Renaudot et Prix Goncourt des lycéens. 

 

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Le mardi c’est permis

Publié le par Hélène

 

mardi tout est permis 

Ce mois-ci, point de billet sulfureux, en effet, j’ai croisé la route de Carrie Pilby qui m’a tout à coup ouvert les yeux :

  « Le monde est tellement obsédé par le sexe qu’il faut être asexuel en pratique pour réaliser à quel point la sexualité est omniprésente et extrême. C’est la motivation principale derrière les agissements des gens, le sujet numéro un de leurs plaisanteries et la force motrice qui anime leur créativité artistique. Et si vous n’avez pas la même libido, vous finissez par vous interroger sur la légitimité de votre existence. Si le sexe fait tourner le monde, le  monde doit-il s’arrêter pour ceux qui sont asexuels ?» (p. 10)

 vie-pas-tres-cool.jpgEh oui, Carrie ne plaisante pas avec ça, elle préfère philosopher, faire des listes improbables sur les choses qu’elle aime, chercher des mots  compliqués dans le dictionnaire, et surtout, surtout  DORMIR. Là j’ai commencé à me détendre et à  apprécier davantage cette drôle de fille qui voue un culte aux sodas à la cerise, puisque nous nous sommes enfin trouvés un point commun (la philosophie bien sûr…)

 Je la rejoins aussi quand elle  évoque l’hypocrisie généralisée devenue un code de bonne conduite :

  « Je pense que tout le monde triche au travail, dis-je. Cela fait tellement partie du système que c’est implicite. Je n’ai pas vu un seul lieu de travail où les gens ne passaient pas le maximum  de temps à boire du café et lire le New York Post. » (p. 181)

 Et là vous aurez enfin la réponse à LA question  « Mais comment fais-tu pour lire autant ? » : c’est grâce à ce système astucieux d’hypocrisie tolérée que je peux assurer  la lecture et le compte–rendu de quinze livres par mois tout en sirotant mon café… Comme ça quand je rentre chez moi,  je peux dormir philosopher…

 Bref pour en revenir à cette chère Carrie, je dois avouer que ses questionnements sans fin sur la moralité, l’honnêteté, m’ont fait douter de son parcours universitaire sans faille et de sa  passion pour la philosophie :

 « Et qu’en est-il des mensonges des parents ? Quid de tous ces parents qui parlent du Père Noël à leurs enfants ? Est-ce qu’ils ne mentent pas, et même, ne commettent-ils pas un péché ? Quatre-vingt neuf pour cent de Chrétiens ne sont-ils donc pas de pécheurs ? » (p. 218)

 Et sa conclusion est à l’aune de ses interrogations :

 « On ne doit jamais renoncer à un principe qui est logique, solide, important et nécessaire à sa constitution, même si le monde entier est contre. » (p. 531)

  Yeahh baby… Retourne dormir Carrie, cela vaudra mieux…

 Comme vous l'aurez compris, si j'ai trouvé Carrie attachante par certains côtés, elle m'a aussi souvent horripilée.

 De plus, il faudrait qu'elle revoie son style car si je conseille à certains de mes élèves de se cantonner à la phrase simple pour éviter les phrases surréalistes, (exemple : "Carrie Pilby est seule pour cause que parce que elle est surdouée, donc que personne la comprend.") (c'était le pitch du bouquin...),  je pense qu'une élève d'Harvard  peut s'aventurer aux abords de la phrase complexe sans risquer de basculer dans le surréel...

 "J'enfile mon imperméable et un chapeau. J'attrape mon parapluie et dévale l'escalier.

Le trottoir est plein de flaques. Je marche dans quelques-unes. Je fais ça tout le long de la rue. Si les flaques sont inévitables, autant en profiter." (p. 370)

 Je vous laisse sur ces mots, le temps file, il est l'heure pour moi de retourner à mon café travail et puis j'avoue ne pas être téméraire, je crains les foudres de Juliette qui s'est prise pour Gustave en lançant "Carrie Pilby, c'est moi" (et c'était avant son traumatisme crânien...) I love you honey, n'oublie pas...

 

La vie (pas) très cool de Carrie Pilby de Caren LISSNER, traduction de l’américain par Géraldine BRETAULT, éditions Harlequin, Darkiss, 2010, 531 p., 11.50 euros

 

Publié dans Chick-lit

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Super triste histoire d’amour de Gary SHTEYNGART

Publié le par Hélène

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  ♥  

 

L’auteur :

 

   Né en 1972, Gary Shteyngart a été désigné comme l'un des vingt meilleurs auteurs de sa génération par le New Yorker. Ses deux premiers romans, Absurdistan et Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes Russes, sont disponibles en Points. 

 

L’histoire :

 

Lenny Abramov vit dans un New York futuriste, image exagérée de notre époque mais qui lui ressemble étrangement : le monde entier est arrimé à son téléphone ultra-perfectionné, la publicité triomphe et la littérature est un art préhistorique que quelques inadaptés tentent de sauvegarder sans succès. Lenny fait partie de ceux-là. Il lit des "livres papier", croit encore aux relations humaines et commet la folie de tomber amoureux d’Eunice Park, jeune américaine d’origine coréenne. Cette Super Triste Histoire d’amour est une comédie romantique qui finit mal (Lenny et Eunice ne vieilliront pas ensemble) et qui dresse un portrait accablant de la "modernité". L'Amérique, au bord de l'effondrement économique, est menacée par ses créanciers chinois et une ambiance très Big Brother s’installe au quotidien. Cette satire mélancolique est surtout un roman à l’humour dévastateur.

Sans délaisser la fable politique, Shteyngart livre ici un texte plus personnel, un autoportrait à peine déguisé d’un homme en décalage avec son temps. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Gary Shteyngart nous entraîne dans un univers décalé, loufoque, au sein d'une sorte de roman d'anticipation se situant aux Etats-Unis, pays devenu un état policier glaçant. Ce changement d'époque lui permet de figurer une satire de la modernité avec au centre de l'intrigue un Lenny décalé et has been, face à un monde dans lequel il ne trouve plus sa place.

Les points de vue varient entre ceux de Lenny par le biais de son journal et les conversations d'Eunice avec ses amies sur le forum Globados. Cette formation en miroir des situations racontées sous deux formes différentes permet de mettre en valeur la solitude des êtres appelés bien souvent à se tromper sur leurs congénères, aveuglés par leurs égos. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Le style est assez vulgaire notamment dans les conversations entre Eunice et sa soeur :

"Quoi de neuf, pétasse ? Ta nigaude te manque ? Tu veux me lâcher la purée dessus ? MDR. J'suis grave dégoûtée de baiser avec des meufs. A prop', j'ai vu les photos du comité des anciens d'Elderbird où tu mets ta langue dans, hum !, l'oreille de Bryana." (p. 41)

De plus les personnage principaux sont peu sympathiques voire franchement antipathiques : Lenny est un vieux bedonnant amoureux d’une jeunette, et Eunice, une jeune femme perdue et vulgaire. Des êtres obsédés par le sexe et en perpétuel décalage entre ce qu'ils montrent d'eux-mêmes et ce qu'ils sont, des êtres égoïstes, se répétant sans cesse, pour le plus grand désarroi du lecteur. 

Une déception...


Premières phrases :

 

"Très cher journal,

Aujourd'hui, j'ai pris une grande décision : je ne mourrai jamais.

D'autres mourront autour de moi. Annihilés. Rien de leur personnalité ne substitera. Extinction des feux. Leur vie, leur entièreté, seront résumées sur le marbre poli de leur pierre tombale par des formules mensongères ("Son étoile brillait au firmament", "Nous ne t'oublierons jamais", "Il aimait le jazz"), lesquelles seront à leur tout balayées par un raz-de-marée ou mises en pièces par on ne sait quelle dinde de l'avenir génétiquement modifiée." 

 

D’autres avis :

L'express  ; Les inrocks ; France Info 

  Babélio 

 

Super triste histoire d’amour, Gary Shteyngart, traduit de l'anglais (EU) par Stéphane Roques, Points, 8 euros

 

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