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Super triste histoire d’amour de Gary SHTEYNGART

Publié le par Hélène

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  ♥  

 

L’auteur :

 

   Né en 1972, Gary Shteyngart a été désigné comme l'un des vingt meilleurs auteurs de sa génération par le New Yorker. Ses deux premiers romans, Absurdistan et Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes Russes, sont disponibles en Points. 

 

L’histoire :

 

Lenny Abramov vit dans un New York futuriste, image exagérée de notre époque mais qui lui ressemble étrangement : le monde entier est arrimé à son téléphone ultra-perfectionné, la publicité triomphe et la littérature est un art préhistorique que quelques inadaptés tentent de sauvegarder sans succès. Lenny fait partie de ceux-là. Il lit des "livres papier", croit encore aux relations humaines et commet la folie de tomber amoureux d’Eunice Park, jeune américaine d’origine coréenne. Cette Super Triste Histoire d’amour est une comédie romantique qui finit mal (Lenny et Eunice ne vieilliront pas ensemble) et qui dresse un portrait accablant de la "modernité". L'Amérique, au bord de l'effondrement économique, est menacée par ses créanciers chinois et une ambiance très Big Brother s’installe au quotidien. Cette satire mélancolique est surtout un roman à l’humour dévastateur.

Sans délaisser la fable politique, Shteyngart livre ici un texte plus personnel, un autoportrait à peine déguisé d’un homme en décalage avec son temps. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Gary Shteyngart nous entraîne dans un univers décalé, loufoque, au sein d'une sorte de roman d'anticipation se situant aux Etats-Unis, pays devenu un état policier glaçant. Ce changement d'époque lui permet de figurer une satire de la modernité avec au centre de l'intrigue un Lenny décalé et has been, face à un monde dans lequel il ne trouve plus sa place.

Les points de vue varient entre ceux de Lenny par le biais de son journal et les conversations d'Eunice avec ses amies sur le forum Globados. Cette formation en miroir des situations racontées sous deux formes différentes permet de mettre en valeur la solitude des êtres appelés bien souvent à se tromper sur leurs congénères, aveuglés par leurs égos. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Le style est assez vulgaire notamment dans les conversations entre Eunice et sa soeur :

"Quoi de neuf, pétasse ? Ta nigaude te manque ? Tu veux me lâcher la purée dessus ? MDR. J'suis grave dégoûtée de baiser avec des meufs. A prop', j'ai vu les photos du comité des anciens d'Elderbird où tu mets ta langue dans, hum !, l'oreille de Bryana." (p. 41)

De plus les personnage principaux sont peu sympathiques voire franchement antipathiques : Lenny est un vieux bedonnant amoureux d’une jeunette, et Eunice, une jeune femme perdue et vulgaire. Des êtres obsédés par le sexe et en perpétuel décalage entre ce qu'ils montrent d'eux-mêmes et ce qu'ils sont, des êtres égoïstes, se répétant sans cesse, pour le plus grand désarroi du lecteur. 

Une déception...


Premières phrases :

 

"Très cher journal,

Aujourd'hui, j'ai pris une grande décision : je ne mourrai jamais.

D'autres mourront autour de moi. Annihilés. Rien de leur personnalité ne substitera. Extinction des feux. Leur vie, leur entièreté, seront résumées sur le marbre poli de leur pierre tombale par des formules mensongères ("Son étoile brillait au firmament", "Nous ne t'oublierons jamais", "Il aimait le jazz"), lesquelles seront à leur tout balayées par un raz-de-marée ou mises en pièces par on ne sait quelle dinde de l'avenir génétiquement modifiée." 

 

D’autres avis :

L'express  ; Les inrocks ; France Info 

  Babélio 

 

Super triste histoire d’amour, Gary Shteyngart, traduit de l'anglais (EU) par Stéphane Roques, Points, 8 euros

 

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Déception et abandon du mois

Publié le par Hélène

Présentation de l'éditeur :

Depuis l'arrivée du couple Daniels, la petite bourgade de Winsville, en Virginie, est en émoi. L'intense beauté de Vienna, sa déroutante culture, sa passion immodérée pour les arbres suscitent l'admiration des uns, l'effroi des autres, les commérages de tous. Un jour, Willard s'en va, laissant Vienna élever seule leurs enfants, Willa et Elliott, deux sauvageons pétris de curiosité et de connaissances. Dès lors, les rumeurs enflent. Jalousies et désirs se multiplient, se cristallisent. Puis le destin commence à s'acharner sur les Daniels. Forte de sa foi païenne, de son appétit de vivre, de l'amour qu'elle porte à Willa et Elliott, Vienna entre éperdument en résistance.

Mon avis :

Gênée par les changements d'époque, j'ai à peine eu le temps de m'attacher à Willa et Elliott que nous repartions en arrière pour découvrir le destin -ô combien malheureux de leur mère Vienna.

Voici le deuxième point qui m'a déplu : l'impression que tout s'acharne contre la pauvre Vienna, qui ne peut même pas bénéficier d'une amitié durable sans que le destin la trahisse.

Si j'ai été éblouie par le style au début du roman, cette noirceur a fini par me lasser.

D'autres avis : Babélio

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Une saison ardente de Richard FORD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"La vie, c'est fait de choses insignifiantes. Il faut s'y accrocher."

L'année de ses 16 ans, le père de Joe perd son emploi et décide de partir combattre les incendies qui font rage dans la région. Pendant son absence, sa mère rencontre Warren Miller et tombe amoureuse de cet autre homme plus riche sous le regard distancié de son fils. Son univers vacille alors doucement, se consumant dans les flammes de ce nouvel amour. Au retour de son père, il reçoit une leçon de tolérance qui le guidera dans sa vie d'adulte : "On peut sombrer dans le regret du passé au lieu de penser à ce qu'on peut faire pour améliorer le présent. Évite ça."

Il comprend également, au travers des anecdotes racontées par Warren, que ce qui nous visse au sol et nous retient souvent est la peur ressentie quand on pense aux siens sinon, il serait possible de se sentir aussi libre qu'un oiseau, sans attaches et prêt à tout risquer, uniquement présent. Si son père tente cette aventure, pour se sentir vivant ou utile au cœur des flammes, il n'en perd pas moins son couple. Tout choix imprime des conséquences dans les trajectoires de vie...

Dans l'écriture de Richard Ford, se ressent l'influence des grands comme Conrad, Tchekhov ou encore son ami Raymond Carver. Dans un style ramassé, direct comme un uppercut, il saisit l'essentiel en plongeant au cœur de l'âme humaine pour en décrire l'aura. Il écrit ici un roman aux profondeurs insondables !

 

Présentation de l'éditeur : Points

Du même auteur : Canada ;

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

 

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Les grandes marées de Jim LYNCH

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Miles O'Malley, treize ans, aime se promener sur la plage, de jour comme de nuit, et particulièrement à marée basse. Ainsi, lors d'une promenade nocturne, ce biologiste en herbe fait une découverte qui attire les médias locaux. Mais Miles est davantage préoccupé par le divorce imminent de ses parents, par la santé vacillante de son amie Florence ou encore par son éveil à la sexualité, plus que par leurs questions inquisitrices, rapidement déformées. Les journalistes restent persuadés que la terre cherche à lui délivrer un message, même si Miles leur répond que la terre demande juste à ce que l'on soit attentif à ce qui nous entoure. Son rêve serait que ""Tout le monde" passe une demi heure sur la grève à marée basse ; dix minutes à écouter, dix minutes à regarder et dix minutes à toucher. "

Pour lui, la beauté du monde tient dans le regard porté sur lui... Il se place sous le patronage de Rachel Carson biologiste connue qui disait : "S'il y a de la poésie dans mon livre sur la mer, ce n'est point parce que je l'y ai délibérément mise, mais parce que personne ne peut décrire fidèlement la mer en omettant la poésie." (citation extraite de "Cette mer qui nous entoure", essai pour lequel elle a reçu le National Book Award).

"Les grandes marées" est effectivement un roman éminemment poétique, porté par le regard naïf et émerveillé du jeune Miles pour qui la plage est un terrain de jeu fascinant. Son regard neuf illumine le monde et nous enjoint à plus d'humilité face à lui...

Un coup de cœur !

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur : Face au vent ♥ ♥ ♥ 

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

 

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L'enfant céleste de Maud SIMONNOT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Célian est un petit garçon qui ne parvient pas à trouver sa place à l'école, trop sensible, trop rêveur, il ne rentre pas dans les cadres. Cette situation affecte sa mère Mary, qui se remet difficilement d'une rupture sentimentale. A quelques mois de l'été, elle décide de prendre le large avec son petit garçon, sur une île légendaire de la baltique. C'est en effet au cœur de l'île que Tycho Brahe, astronome de la Renaissance a imaginé un observatoire pour redessiner une carte du ciel. Dans ce lieu particulier, hors du temps, lovés au cœur de cette île, Mary et Célian pansent leurs blessures et s'épanouissent.

"Tandis que nous longeons un champ de blé d'un blond laiteux, nous nous arrêtons pour boire à l'ombre d'un pommier. dans le vaste silence de cette campagne, on n'entend que le craquement des céréales sous l'effet du soleil. Un couple de lièvres pointe leurs nez, le visage de mon fils rayonne. je souffle sur les graines d'un pissenlit pour qu'elles s'envolent. Les akènes aux aigrettes gris perle, symbole de l'univers en expansion, montent très haut, jusqu'à disparaitre dans le ciel. j'ai fait un vœu." p 80

Cette parenthèse enchantée résonne en nos âmes tourmentées, elle teinte le quotidien de Célian et Mary de magie, les enveloppe dans un cocon protecteur au cœur de la nature et les rend plus forts, jours après jour, face à l'adversité du monde.
Un roman d'une grande pureté.
 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Observatoire

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

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Le magasin général de Régis LOISEL et Jean-Louis TRIPP Tome 1 Marie

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Dans le petit village Notre-Dame des Lacs au Québec, dans les années 20, le Magasin Général est le point central pour ses habitants. Il est tenu par Félix Ducharme et sa femme, Marie. Mais quand son époux meurt, cette dernière hésite à continuer à tenir le magasin. Poussée par le village qui a besoin d'elle, elle décide de continuer, contre vents et marées. C'est son histoire, centrale comme son magasin, que nous suivrons au cours des 9 tomes que compte la série.

Mais c'est aussi l'histoire du quotidien d'un village québécois, entre le nouveau curé qui vient d'arriver, celui qui a décidé de construire un bateau, le jeune garçon qui se casse la jambe, les bagarres, les jalousies, les émotions, les liens, ténus, qui se tissent entre des êtres proches. 

Dans un patois québecois qui chante aux oreilles, les auteurs restituent à merveille ce qui fait le sel d'un village et d'une vie.

          

Ce que j'ai moins aimé :

Le dessin m'a moins plu.

Vous aimerez aussi :

Les autres tomes de la série

Présentation :

Chez Casterman

Le site de l'auteur 

D'autres avis :

Lecture commune organisée dans le cadre de Québec en septembre chez Karine:)

 

Pioché à la bibliothèque.

 

Le magasin général, tome 1, Marie Régis Loisel, Casterman, mars 2006, 15.50 euros

 

 

 

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Mois du Québec - Bilan

Publié le par Hélène

 

Dans le cadre du mois du Québec organisé par Karine et Yueyin, voici mes découvertes - assez mitigées :

J'ai souhaité inspecter de plus près l'univers de Monique Proulx dont j'avais tant apprécié le Champagne. Malheureusement, je n'ai pas retrouvé le charme qui m'avait tant plus dans Les aurores montréales ni dans Le coeur est un muscle involontaire. 

Je me suis alors tournée vers une valeur sûre, Jacques Poulin qui m'enchante avec son univers poétique peuplé de marées et de chats. Mais là encore, une déception m'attendait car ses grandes marées m'ont semblé bien plus pessimiste que ses autres écrits...

J'ai ensuite lu des roman glanés ici et là et estampillés "coups de coeur" :

- Coup de coeur Renaud Bray avec La foi du braconnier. Echec.

- Coup de coeur de Karine avec Un ange cornu de Michel Tremblay, une belle découverte.

- Coup de coeur des lecteurs des éditions Points avec Chercher le vent de Guillaume Vigneault, un road movie agréable.

 

Mais pas de véritables coups de coeur pour moi cette année. je vous renvoie donc : 

- à mes chouchous de Jacques Poulin : La tournée d'automne et Le vieux chagrin  

- à mon pavé de l'an dernier, véritable plaisir de lecture La fiancée américaine ; 

- à mes deux coups de coeur québecois Champagne de Monique Proulx et Rivière Mékiskan de Lucie Lachapelle 

 

Découvrez d'autres titres avec les autres participants ICI  ainsi que sur la méga liste de Québec ô trésors 

 

Merci aux organisatrices ! 

 

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Les neiges de Damas de Aude SEIGNE

Publié le par Hélène

Enchantée par le précédent recueil de cette auteure intitulé Chroniques de l'occident nomade, je me suis précipitée sur celui-ci. Il raconte l'histoire d'Alice qui dépoussière, photographie et répertorie les tablettes sumériennes dans le sous-sol du Musée national de Damas. Alice raconte cette aventure six ans plus tard, en 2014, quand la Syrie qu'elle a connue a définitivement disparu... La jeune fille évoque les coulisses du conflit avec délicatesse et intelligence. Ce récit est aussi prétexte pour parler du passage à l'âge adulte et de la découverte du décalage inaltérable entre rêve et réalité...

Mes réticences : plusieurs époques s'entrecroisent au fil des chapitres : 1770 avant Jésus Christ, 2005 avec narrateur qui s'exprime à la troisième personne et décrit Alice, puis le point de vue interne de Alice en 2005 toujours, 1980 avec Adam Compagnon, etc...  Pourquoi ne pas choisir seulement deux époques et résolument la première personne propre aux récits de voyage ? L'ensemble m'a semblé embrouillé, et assez détaché, impersonnel.

Seul le style, toujours aussi travaillé, sauve le roman à mes yeux.

Une déception...

 

Présentation de l'éditeur : Editions ZOE

Site de l'auteur : Aude Seigne 

D'autres avis (divisés) sur Babelio 

 

Les neiges de Damas, Aude Seigne, Editions Zoé, janvier 2015, 188 p., 17 euros

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Meurtres à Willow Pond de Ned CRABB

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sur les rives d'un petit lac dans le Maine, Alicia et Six Godwin coulent des jours tranquilles que vont venir troubler leurs voisins et cousins les Seldon. Leur cousine Iphigénie les convie en effet dans son lodge voisin, lui aussi au bord d'un lac, parce qu'elle souhaite modifier la répartition de sa fortune entre ses enfants dans son testament. Cette femme autoritaire mène d'une main de fer son lodge consacré à la pêche et elle est peu appréciée de sa famille. Les passions vont se déchaîner lors de cette soirée sous l'égide d'un orage d'une extrême violence. Iphigénie galvanise la haine et chaque membre de sa famille ressent à son contact des envies de meurtre irrépréssibles...

Dans ce huis clos à la Agatha Christie les relations familiales régies par l'argent volent en éclat, menées par des égoïsmes contradictoires. Au sein d'une nature préservée le trouble s'installe, provoqué par l'avidité pécuniaire des hommes. 

Six se transforme en Hercule Poirot pour aider le shérif à résoudre ces meurtres à Willow Point, entraînant son lecteur ravi dans une intrigue bien mené aux multiples rebondissements.

Mes réticences : La psychologie des personnages est un peu sommaire, voire caricaturale. La fin m'a déçue, un peu trop tonitruante à mon goût, j'attendais quelque chose de plus subtil ... 

Lac Winnipesaukee - New Hampshire - Etats-Unis

http://www.voyageursdumonde.fr/

Présentation de l'éditeur : Gallmeister 

D'autres avis : Mary 

 

Meurtres à Willow Pond, Ned Crabb, traduit de l'américain par Laurent Bury, Gallmeister, Noire, février 2016, 432 p., 24.30 euros

 

Merci à Ekaterina.

 

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La chambre de Jacob de Virginia WOOLF

Publié le par Hélène

♥ ♥

"C'est ainsi que nous vivons, paraît-il, menés par une force insaisissable. et l'on dit aussi que les romanciers ne la captent jamais tout à fait ; elle passe avec effraction à travers leurs filets, qu'elle réduit en lambeaux. Et c'est d'elle que nous vivons - de cette insaisissable force."

Jacob Flanders est cet être insaisissable que l'auteure cherche à capturer dans les rets de ses phrases, au détour d'un point de vue. A la fois enfant de Cornouailles, étudiant de Cambridge, voyageur impénitent, il est aussi celui au parcours amoureux chaotique. Virginia Woolf a créé cet être vu par le prisme des autres pour rendre hommage à son frère Thoby, mort prématurément à l'âge de 26 ans. Publié en 1922, La Chambre de Jacob inaugure la série des romans qui feront de Virginia Woolf la romancière anglaise la plus célèbre du XXe siècle. S'y retrouve sa volonté de saisir l'émotion au travers de conversations, d'impressions fugaces et volatiles. Les détails sont mis en avant, un éclair, une lumière, éclairant l'importance des sensations qui révèlent plus sur nous et les autres que les faits.

"Aucun de nous ne voit les autres tels qu'ils sont, et pas plus une cinquantenaire assise en face d'un jeune inconnu, dans le train. Ce qu'on voit c'est un ensemble - c'est toutes sortes de choses - c'est soi qu'on voit."

A travers son interrogation sur la réalité des choses et des êtres, à travers ses réflexions sur ce qui fonde notre identité, Virginia Woolf esquisse entre les lignes la magie du monde et des êtres vivants...

 

Présentation de l'éditeur : Folio ; Le livre de poche ; Stock

Du même auteur : Les vagues ♥ ♥ ♥ ♥ ; La promenade au phare ♥ ♥ ♥ 

 

Publié dans Littérature Europe

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