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336 résultats pour “long silence

Le long silence de Thomas MCGUANE

Publié le par Hélène

Thomas McGuane nous livre en ces pages des courts récits autobiographiques dans lesquels il évoque sa passion pour la pêche. En effet, les parties de pêche lui permettent de se découvrir pleinement humain en étant attentif au monde, il écoute et observe ce qui l'entoure avec acuité et sa présence au monde devient évidente. Que ce soit la chasse, l'observation des oiseaux, la pêche ou le bateau à voile "chacun de ces loisirs offre de magnifiques possibilités d'observer le temps, le paysage dans sa lumière changeante, le mouvement de l'eau." p.301

Les pêcheurs suivent le rythme des saisons, se mettent à l'unisson du balancement du monde et vivent ainsi des instants suspendus hors du monde ou au contraire profondément ancrés dans l'univers.

"Je suis bouleversé par la perfection des choses : le profil splendide de chacune des truites, la beauté angélique miniature des éphémères, et les eaux soyeuses et sauvages de le Big Hole River. Car c'est pour de telles choses que nous sommes déposés sur ce tas de boue en rotation." p.124

Bien campés dans leurs bottes comme dans le monde, ils apprennent à profiter du moment présent :

"Il trouva des signes d'immortalité dans la pêche et le long des rivières où des instincts humains ancestraux rencontrent la nature au paroxysme du cyclique et du mystérieux, où le comportement humain fait si clairement partie de la nature, où notre détachement, même de la brièveté de nos propres vies, est réconfortant." p. 332

http://pecheur.info/flyfishing-is-a-joke.html

Ce que j'ai moins aimé :

Partie de pêche après partie de pêche, j'ai fini par me lasser du vocabulaire technique, des détails et de l'aspect finalement très répétitif des récits.

Bilan :

De belles anecdotes à picorer pour se plonger dans l'univers lumineux de cet auteur, icône du nature writing américain.

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

D'autres avis : Le Bouquineur ; Lecture commune avec Electra

Du même auteur : Sur les jantes

Sur le même thème :  Dérive sanglante  ; Casco bay Mon Amérique 

 

Le long silence, Thomas McGuane, traduit par Anatole Pons, Gallmeister, novembre 2016, 376 p., 23.90 euros

 

Merci à l'éditeur.

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La remontée des cendres suivi de Non identifiés de Tahar BEN JELLOUN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Ce corps qui fut un rire

Brûle à présent.

Cendres emportées par le vent jusqu’au fleuve et l’eau les reçoit comme les restes de larmes heureuses. »

 

L’auteur :

 

Ecrivain marocain de langue française, Tahar ben Jelloun est né en 1944. Il a publié de nombreux romans, recueils de poèmes et essais. Il a obtenu le prix Goncourt en 1987 pour la Nuit sacrée.

 

Présentation :

 

« Ce corps qui fut un rire

Brûle à présent.

Cendres emportées par le vent jusqu’au fleuve et l’eau les reçoit comme les restes de larmes heureuses. »

 « Il est une douleur millénaire sui rend notre souffle dérisoire. Le poète est celui qui risque les mots. Il les dépose pour pouvoir respirer. Cela ne rend pas ses nuits plus paisibles.

Nommer la blessure, redonner un nom au visage annulé par la flamme, dire, faire et défaire les rives du silence, voilà ce que lui dicte sa conscience. Il doit cerner l’impuissance de la parole face à l’extrême brutalité de l’histoire, face à la détresse de ceux qui n’ont plus rien, pas même la raison pour survivre et oublier. » (Tahar Ben Jelloun)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Tahar Ben Jelloun rend hommage à tous les morts pendant la guerre du Golfe : aussi bien les soldats, les militaires que les civils. La mission du poète passeur de mots est dans cette transmission, dans cette dénonciation :

« Entre le silence meurtri et le balbutiement désespéré, la poésie s’entête à dire. Le poète crie ou murmure ; il sait que se taire pourrait ressembler à un délit, un crime. » (p.6)

Les illustrations  du peintre irakien Azzawi Harrouda nourissent intelligemment le texte du poète.

« Qui comptera nos morts ?

Tas de cendre oubliés au bord de la route

Membres épars dans les carcasses abandonnées.

Qui nommera ces restes ?

Nous ne sommes qu’épaves sans navire

Ombres du vent sur des collines perdues

Couchés sur flanc d’airain

Par le signe céleste. » (p. 35)

 Le texte se termine sur une note d’espoir finale :

« Cet homme est tous les hommes. Il a fait toutes les guerres. Il est mort plusieurs fois. Il ne cesse de renaître. Toujours le même, il croit à l’âme, à la pensée et aux choses : une prairie fleurie, un parasol pour l’amour, le rire et l’amitié, l’enfance et le courage…

Cela fait des milliers de jours et de saisons qu’il marche. On dit qu’il est atteint d’errance. On dit qu’il est fou. Sa bouche est fermée sur des siècles de mots. Ses yeux, grands et étincelants, restent ouverts. Ils voient loin, au-delà des murs et des montages. Au-delà de tous les silences. »

Les Non identifiés sont les palestiniens des territoires occupés, victimes de répression.

Les poèmes sont construits pour certains comme des notices biographiques. Ce sont des personnes appartenant à l’humanité ordinaire, des gens du peuple, inoffensifs, mères de famille, jeunes gens innocents. Et pourtant cette vie simple s’est terminée brutalement dans d’atroces souffrances, par une mort absurde.

Un très beau recueil sur les ravages de la guerre et son absurdité...

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien

 

Premiers vers :

 

 

« Ce corps qui fut un corps ne flânera plus le long du Tigre ou de l’Euphrate

Ramassé par une pelle qui ne se souviendra d’aucune douleur

Mis dans un sac en plastique noir

Ce corps qui fut une âme, un nom et un visage

Retourne à la terre des sables

Détritus et absence. »

 

La remontée des cendres suivi de Non identifiés Version arabe de Kadhim Jihad, Edition Bilinge, Points, 8 euros

 

Publié dans Poésie étrangère

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Lecture musicale de Gaël Faye lors du Festival Paris en toutes lettres

Publié le par Hélène

Il apparaît sur scène, altier, unique.

Si l'obscurité l'environne, il illumine la scène, comme un défi lancé aux ténèbres.

Il plonge dans ses racines, il longe les ravines de son passé, il songe à son petit pays.

Ses mots chantent l'insouciance d'une enfance, les défis lancés au sort du haut d'un plongeoir de piscine, la nuit, la fuite dans sa ville endormie, la magie des lumières prometteuses de Bujumbura.

La musique de Samuel Kamanzi offre un écrin doux et ouaté à ses paroles enchantées.

Il chante sa ville, ses bars, ses lumières, ses chansons.

Il loue la vie, la vie qui tourne, la vie qui virevolte sous un air de Papa Wemba, la vie qui palpite, la vie qui crépite.

Puis insidieusement, l'hostilité se glisse. Sournoisement, au détour d'une phrase, d'un sous-entendu, d'un silence...

Puis, l'horreur éclate, nous sommes le 21 octobre 1993.

Plus rien ne sera comme avant...

Et pourtant... Et pourtant... La vie reste plus forte.

Toujours...

"On ne doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n’es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c’est comme si tu étais déjà mort."
 

 

Publié dans Festival

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Radeau d’Antoine CHOPLIN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

« Pour les amoureux d’art et des silences qui en disent long. »

 

L’auteur :

 Antoine Choplin est depuis 1996 l’organisateur du festival de l’Arpenteur, en Isère, événement consacré au spectacle vivant et à la littérature.

Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne. Il est également l’auteur de plusieurs livres parus aux éditions de La fosse aux ours, notamment Radeau (2003, Prix des librairies Initiales), Léger fracas du monde (2005) et L’Impasse (2006). Antoine Choplin reçoit le Prix France Télévisions 2012 pour "La nuit tombée". (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 

 1940 En pleine débâcle, Louis, au volant d'un camion, fuit devant l'arrivée prochaine des Allemands. Sa cargaison est précieuse. Il transporte des tableaux du Louvre qu'il faut mettre à l'abri. Sur la route, il dépasse une femme. Les consignes du plan "Hirondelle" sont strictes. Il ne doit pas s'arrêter. Et pourtant... (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

1940. Un camion au chargement précieux sur une route déserte. Sur cette même route, une femme marche. Ils vont se rencontrer. SI Louis le conducteur hésite tout d’abord à s’arrêter, à cause de sa mission, le plan « Hirondelle », il va finalement passer outre les consignes et inviter la jeune femme à ses côtés.

De non-dits en paroles sibyllines, ils se découvrent, s’apprivoisent, se lient…

En peu de mots, Antoine Choplin dit l’essentiel. Il fait entendre aussi bien les sentiments que les silences, il dessine des silhouettes qui peu à peu prennent vie sous nos yeux émerveillés.

 « Il n’y a qu’à vivre, passer par ces instants. Rencontrer une femme sur la route, lui donner un bout de pain, sentir sans savoir les méandres d’un destin, partager la suite avec elle. Une nuit de guerre. Une nuit comme ça, entre un homme et une femme dans un camion, sur la banquette d’un camion, avec juste  la promesse des heures sombres à traverser ensemble.

Il est exalté par cette chose simple, aussi humaine. » (p. 13)

 

 L’histoire de Louis et Sarah est effectivement simple et lumineuse, ensemble ils vont construire un cocon d’art et d’amour en marge de la guerre.

 

 « C’est une drôle de chose les musées. En fait, une sorte de trahison. Quand on pense à toutes ces œuvres façonnées dans la solitude, souvent créées dans le dénuement, sans souci les unes des autres, et qu’on retrouve là, les unes à côté des autres, accrochées dans ces salons d’apparat à haut plafond, au parquet bien lustré, les musées, ce devrait être les ateliers d’artistes, avec leur vraie lumière, avec les chiffons salis et les odeurs de vernis. Alors là. » (p. 53)

 « Un roman charnel et incandescent. » (Télérama)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien.

 

 Premières phrases :

 

 « Il franchirait la Loire à Saumur. Emprunterait le même pont chargé d’enfance. C’était cette route-là aussi, vers le Berry de ses grands-parents, des premières vacances, des cousins éloignés et des courses de brouette, des cerises trop mûres bouffées par les oiseaux.

Quand il y pense, Louis. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  La nuit tombée de Antoine CHOPLIN ; Le héron de Guernica de Antoine CHOPLIN 

 

Radeau, Antoine Choplin, Points, septembre 2013, 128 p., 5.50 euros

 

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Tag de l'amitié sur le thème de l'enfance

Publié le par Hélène

 J'ai été taguée par Vilvirt

(oui, je sais c'était "l'an dernier", mais il me fallait réfléchir aux réponses, c'est long...) :

relais-amitie.jpg

 

1) Quand vous étiez petit(e), que répondiez-vous à la question : "Et toi, que veux-tu faire quand tu seras plus grand(e) ?"

 

Je voulais être : institutrice, infirmière, prof agrégée, ethnologue, journaliste, écrivain, lectrice...

 

Et je ne sais toujours pas ce que je veux faire quand je serai grande... 

 

2) Quels ont été vos BD et dessins animés préférés ?

 

Pour les BD, sans hésiter « Astérix » pour ça : 

 asterix-bagarre-copie-1.jpg Et "Tintin", pour ce cher capitaine :  

tintin-capitaine.jpg

 

Pour les dessins animés, j’étais fan des dessins animés japonais des années 80 comme « Jeanne et Serge », parce Jeanne, y'a pas à dire, c'est la plus forte...

 

 jeanne-serge 

  

3) Quels ont été vos jeux préférés ?

 

Le jeu des petits chevaux parce que ça ne s'arrête jamais...

 

4) Quel a été votre meilleur anniversaire et pourquoi ?

 

Je passe, je ne saurais pas répondre.

 

5) Qu'est-ce que vous auriez absolument voulu faire que vous n'avez pas encore fait ?

  

Réponse classique,  voyager davantage pour voir ça : 

 

 

etats-unis-298721.jpg

 Tanzanie-2-copie-1.gif 

 taj-mahal.jpg

 

 

 canada-488733.jpg

 

 

 venise-copie-1.jpg

 

 

 muraille_de_chine_Mutianyu.jpg

 

Mais le problème, c'est la réponse à la question 1 ...

 

6) Quel était votre premier sport préféré ?

  

L'escalade pour aller toujours plus haut...  Et parce que "Where there is a will, there is a way" (spécial dédicace à Guy)

 

escalade1.jpg

 

7) Quelle était votre première idole de musique ?

 

JJ Goldman, parce que :

Veiller Tard

Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève.
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie,
le silence inquiétant qui précède les rêves
quand le monde disparu, l'on est face à soi.

Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent,
Le noir où s'engloutissent notre foi, nos lois,
Cette inquiétude sourde qui coule dans nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies.

Ces visages oubliés qui reviennent à la charge,
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois,
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines,
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard.

Ces paroles enfermées que l'on n'a pas pu dire,
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris,
Ces appels évidents, ces lueurs tardives,
Ces morsures aux regrets qui se livrent la nuit.

Ces solitudes dignes au milieu des silences,
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées,
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux joués cassés.

Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer,
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines,
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

 

 

8) Quel est le plus beau cadeau de Noël (ou équivalent) que vous avez reçu ?

 

Celui que mon cher et tendre va m'offrir cette année : un voyage à Venise...

 

- Comment ça j'ai dû mal comprendre ? - 

 

Publié dans Tags - challenges...

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A l'orient de tout. Oeuvres poétiques de François CHENG

Publié le par Hélène

♥♥♥♥

"La beauté est une rencontre" 

 

"Quand se tait soudain le chant du loriot

L'espace est empli de choses qui meurent

Tombant en cascade un long filet d'eau

Ouve les rochers de la profondeur

Le vallon s'écoute et entend l'écho

D'immémoriaux battements de coeur."

 

"Vers le soir

Abandonne-toi

à ton double destin :

Habiter le coeur du paysage 

Et faire signe

aux filantes étoiles."

 

Le lac Suwa dans la province de Shinano, (c) Hokusai

 

"Céder à l'invite du tronc couché

Céder à l'antique blessure

guérie par la résine du temps

Au sortilège d'un après-midi

en vierge forêt

Aux murmures ininterrompues de l'été

A la félicité de l'attente, à l'arrivée

inattendue d'une amante de rêve

Au bourdonnement autour des mûres

que les renards ont crachées

Aux écailles de serpent muées en papillons

A la soif qu'étanchent seules les larmes

A l'irrépressible nostalgie renée

de l'éternel instant

 

Céder à l'invite du héron debout

Qui, près de l'étang, là-bas

Tend le miroir d'un soir doré

au coeur de la mémoire terrestre."

 

"Réduit au plus ténu du souffle

Etre pure ouïe

Et faire écho en silence

Au respir des sycomores

Quand l'automne les pénètre

De son haleine d'humus et de brume

A la saveur de sel après larmes

 

Réduit au plus ténu du souffle

Abandonné au rien

Et au change

A rine de moins qu'échange

Là où voix est voie

Et voie voix

Là est"

Shiro Kasamatsu – Pin sous la pluie, Kinokunizaka, in Tokyo, 1938

 

"Ne laisse en ce lieu, passant

Ni les trésors de ton corps

Ni les dons de ton esprit

Mais quelques traces de pas

 

Afin qu'un jour le vent fort

A ton rythme s'initie

A ton silence à ton cri

Et fixe enfin ton chemin"

 

"Au bout de la nuit un seuil éclairé

Nous attire encore vers son doux mystère

Les grillons chantant l'éternel été

Quelque part la vie vécue reste entière"

 

Kawase Hasui (1883-1957), "Lune d'hiver à Toyamagahara" (ukiyo-e, c. 1931)

 

"Accorde-nous de boire l'eau céleste

Aussi pure que les perles de crapaud

sous l'éclair de la lune

 

De surgir une fois encore du sol

Des chairs meurtries au gré de la tige

du bambou réduite aux os

 

De ne pas oublier le cou de cygne

Plus tendre u'un rêve de paradis

au coeur de la foule en perdition

 

De perpétuer les mots non dits à jamais

Lèvres d'iris effleurées par la brise

émanant du volcan d'origine

 

"Nous reverrons-nous un jour ?" 

"Mais..."

 

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

 

A l'orient de tout. Oeuvres poétiques, François Cheng, Préface d'André Velter, Poésie/Gallimard, septembre 2005, 7.10 euros

Publié dans Poésie française

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L’année des secrets d’Anjana APPACHANA

Publié le par Hélène

année des secrets

♥ ♥ ♥

L’auteure :

 Née au sud de l’Inde, dans l’État du Karnataka, Anjana Appachana vit aujourd’hui entre l’Arizona et Delhi. Après Mes seuls Dieux, elle pousuit une investigation quasi sociologique de l'imaginaire indien en y ajoutant cette ampleur intimiste, frémissante de nuances, qui nous rend si proches de ses personnages. En rupture avec les conventions, Anjana Appachana place le lecteur au coeur même de la sensibilité féminine indienne.  (Présentation de l’éditeur)

 L’histoire :

 Tout commence à travers la vive émotion de Mallika, une fillette entourée et choyée dans une famille indienne qui eût été traditionnelle sans l’absence du père. Padma, sa mère adorée, garde depuis des années un brûlant secret. Mais elle n’en est pas la seule détentrice. Tout au long de ce roman polyphonique, chacune – mère, tante, amies ou voisines – nous révèle une part du mystère, plus ou moins assaisonné de fantaisie, comme le ferait une cuisinière jalouse de ses recettes.

Dans ce roman bruissant d’échos, l’intrigue semble se nourrir, à l’indienne et par maints jeux de miroir, des passions dévorantes, rendez-vous manqués et portes dérobées des grands romans victoriens. Et le secret des secrets finit par nous apparaître comme une promesse d’histoires – une fresque haute en couleurs et terriblement féministe.

On retrouve avec L'année des secrets l'auteur de Mes seuls dieux qui déjà nous donnait à vivre et à aimer l'Inde d'un point de vue éminemment romanesque de la fmme sur les chemins escarpés de sa libération. (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

Foisonnant, nous emportant dans l'intimité d'une famille aux secrets bien gardés, L'année des secrets est un roman résolument très prenant. Différents points de vue se croisent pour nous conter l'histoire de la jeune Prada amoureuse et prétendûment veuve. Ce changement de points de vue permet de mettre en avant les strates de secret préservés qui éloignent peu  à peu les êtres de la vérité. Les personnages sont ainsi amenés à construire leur propre vérité, et quand finalement d’autres données viennent ébranler l’univers fragile construit avec le temps, l’équilibre instable risque de s’effondrer.

Les femmes sont au cœur du roman tissant des thèmes comme le mariage, la condition des femmes en Inde mais aussi plus largement le statut de femme mariée qui oblige la femme à faire des sacrifices et à laisser de côté certaines de ses passions, certains aspects de sa personnalité. Ces femmes se font agresser dans la rue, sont bien souvent victimes des hommes, victimes aussi de la famillle, obligées de se répéter à longueur de journée comme un mantra "Contrôle-toi"

 "La mesure. C'était ça, le bonheur. (...) Ce n'était pas le ravissement, mais le calme, il n'aiguisait pas les sens mais les émoussait. C'était ce lieu intermédiaire que tout un chacun devait découvrir pour vivre." (p. 178)

"Comment expliquer à Mallika, à l'aide de mots simples, l'erreur des femmes qui attendaient de leur mari et de la famille de leur mari les mêmes gestes d'amour que ceux si naturellement reçus de leur propre famille ? Comment lui dire que l'amour etre hommes et femmes, de par sa nature même, était corrompu ? Qu'il revêtait une apparence dorée dans les livres, les films, la mythologie, dans l'éclat même de la cérémonie du mariage, du mensonge que vivait chaque femme mariée et des sourires qu'elle arborait." (p. 252)

Les hommes sont en effet bien souvent faibles, soumis à une pression familiale à laquelle ils refusent d'échapper, égoïstes, ne voyant pas ou si peu la tristesse dans le regard de leurs femmes.

Ce que j’ai moins aimé :

 Un peu trop de rebondissements mélos vers la fin, le roman aurait gagné à être un peu moins long. De plus le dénouement est quelque peu décevant après tant d’actions et de mouvements.

 Premières phrases :

 « A cette époque enfouie et lointaine, vivaient sous notre toit ma mère, constamment affligée, sa sœur, vive et enjouée, et mon père, absent, à qui donnait corps le terrible silence de ma mère. Notra maison était un puits rempli de cette absence et de ce silence, et c’est dans ces eaux-là que mon histoire commença. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Mes seuls dieux

Autre :  La colère des aubergines de Bulbul SHARMA

 

L’année des secrets, Anjana Appachana, Traduit de l’anglais (Inde) par Catherine Richard, Zulma, 2013, 608 p., 24.80 euros

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Publié dans Littérature Asie

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Révélation brutale de Louise PENNY

Publié le par Hélène

♥ ♥

On ne peut pas retourner au bonheur de l’ignorance ?

L'inspecteur Gamache se rend à nouveau dans le petit village de Three Pines car un mort a été retrouvé dans le bistrot d'Olivier, au coeur du village. Personne ne semble connaitre la victime, un ermite, mais Gamache et son équipe va rapidement s'apercevoir que les non-dits sont nombreux. L'arrivée dans le village d'un projet de Spa bouleverse l'ordre calme et tranquille.

L'âme du village vibre toujours avec ses habitants emblématiques comme Ruth et son canard au look vestimentaire tendance, Clara et Peter et leurs projets artistiques à la rivalité qui couve, Olivier et ses secrets. Mais toujours cette entraide et cette volonté de préserver le village de la violence. Malheureusement, ce sont les émotions qui gouvernent les hommes, et celles-ci peuvent s'avérer incontrôlables...
"L'inspecteur-chef l'avait mis en garde : on ne voit pas ce qui tue, d'où le danger. Ce n'est ni un revolver, ni un couteau, ni un poing. C'est une émotion. Rance et putride. Attendant l'occasion de frapper."

La jalousie, les rancoeurs, les silences et mensonges engloutissent les âmes les plus pures, tant la recherche du bonheur inhérente au genre humain reste aléatoire et compliquée. L'art peut sauver un temps, par la révélation brutale qu'il provoque.

Emily Carr Yan, Q.C.I 1912 Oil on canvas 98.8 x 152.5 Art Gallery of Hamilton Gift of Roy G. Cole, 1992

Ce cinquième volet des aventures de l'inspecteur Gamache nous porte aux rives de l'automne, au coeur d'une atmosphère en clair-obscur propice aux secrets, aux regrets et aux remords. Placé sous le patronage de Walden, il prouve combien il est difficile à l'homme de ne pas être rongé par une conscience affamée.

"'Un homme est riche en proportion du nombre de choses qu'il peut arriver à laisser tranquilles." Walden

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Babélio

Du même auteur : Nature morte ♥ ♥ ♥  ; Le mois le plus cruel ♥ ♥   ; Défense de tuer ♥ ♥ ♥ 

La série dans l'ordre :

  1. Nature morte
  2. Sous la glace
  3. Le Mois le plus cruel
  4. Défense de tuer
  5. Révélation brutale
  6. Enterrez vos morts
  7. Illusion de lumière
  8. Le Beau Mystère
  9. La Faille en toute chose
  10. Un long retour
  11. La Nature de la bête
  12. Un outrage mortel

 

Révélation brutale, Louise Penny, Actes Sud, Babel, juin 2016, 9.90 euros

 

 

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Les leçons du mal de Thomas H. COOK

Publié le par Hélène

                                              leçons du mal

  

  

 L’auteur :

 

Thomas H. Cook est un écrivain américain, auteur d’une vingtaine de romans.

 

L’histoire :

 

Jack Branch est un fils de bonne famille, professeur dans le petit lycée de Lakeland, Mississippi. Très impliqué dans son métier, soucieux de justice dans un pays encore marqué par la guerre de Sécession, il se prend d’affection pour un élève taiseux et renfrogné du nom d’Eddie Miller. Eddie se tient à l’écart de la communauté, résigné, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du « tueur de l’étudiante », mort en prison quinze ans plus tôt. Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d’eux – mêmes ?
Pour libérer Eddie de son fardeau, Jack lui suggère de mener une enquête sur son père. Le maître et l’élève découvrent peu à peu un monde où le bien et le mal se confondent, chargé de violence et de mirages : un monde de ténèbres. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Une attente est savamment créée tout au long du roman par des prolepses incessantes : Jack Branch raconte les évènements qui se sont déroulés en 1957, mais il le fait à la fin de sa vie, ayant ainsi une vision d’ensemble sur son récit et sur les êtres dont il est question. Il fond ainsi les époques, instillant au fur et à mesure des informations sur le devenir des personnages, intriguant le lecteur avec cet évènement mystérieux qui changera leur destin et les mènera au procès dont des extraits sont retranscrits…

 

-          Les références culturelles sont érudites puisque Jack est professeur, il survole l’histoire traquant le mal à travers des personnages historiques ou fictionnels pour raconter leur histoire.

 

-          Le style est précis, tout comme la construction, nous prenant incidemment dans ses rets.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai attendu avec impatience pendant le récit cet évènement violent, extraordinaire qui a changé la vie des personnages. De fait, j’ai trop attendu, et j’ai été déçue quand, enfin, la relation de cette scène évoquée à moults occasions tout au long du roman, est enfin relatée. Pour moi, le suspens est tombé à plat.

 

-          Le propos de l’auteur n’était évidemment pas seulement dans l’intrigue policière, il s’applique à décrire la psychologie des personnages avec tellement de minutie, que l’on peut penser que là est l’essentiel de son propos. Pourquoi dans ce cas instiller cette jalousie pernicieuse cadrant peu avec la personnalité de Jack à la fin du roman ? Je ne l’ai pas trouvée cohérente.

 

Premières phrases :

 

« Gâté par le sort, je n’ai pas su voir les ténèbres ni ce qu’elles dissimulaient. Jusqu’au moment fatidique, le mal s’est tenu à distance, circonscrit à de simples notes de cours sur les crimes perpétrés par des armées, des foules et des individus sanguinaires, auteurs d’actes abominables que j’exposais avec passion à mon auditoire d’élèves captifs. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Seul le silence de Roger John  ELLORY

 

Lu dans le cadre du jury Babélio-Seuil Policiers

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Vous trouverez d’autres avis plus positifs que le mien sur Babélio

  

Les leçons du mal, Thomas H.COOK, Traduit de l’anglais (EU) par Philippe LOUBAT-DELRANC, Seuil policier, mars 2011, 356 p., 21.50 euros

 

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Une année en haut, chroniques d’un refuge ordinaire de Cyril AZOUVI

Publié le par Hélène

                            une année en haut

 ♥ ♥ ♥

Dépaysement garanti

  

L’auteur :

 

Cyril AZOUVI est un journaliste français qui a longtemps collaboré pour la presse montagne et voyage.

  

L’histoire :

 

Le lecteur est invité à passer une année au refuge des Oulettes de Gaube, au pied du Vignemale, à deux ou trois heures de marche de la station de Cauterets dans les Pyrénées. Il y côtoiera Jean- Thomas, gardien du refuge, et son aide-gardien Boris, tous deux passionnées de montagne et profondément amoureux de leur refuge…

 

Ce que j’ai aimé :

 

Au préalable, je dois préciser une chose concernant ma notation : ma sœur me faisait remarquer qu’elle et moi n’avions pas les mêmes critères pour attribuer des cœurs - ou des étoiles, des notes, que sais-je - à nos lectures : pour elle quatre cœurs signifiaient un très bon moment de lecture, sans se soucier de critères techniques. Alors que pour moi quatre cœurs signifient un bon moment de lecture, mais aussi un style irréprochable, une construction exemplaire, une histoire originale, des idées lumineuses…

Mais cette fois-ci, je vais parler et noter avec mon cœur (et la fois prochaine aussi d’ailleurs pour « Les chagrins ») : durant les quelques pages de « Une année en haut »,  j’ai déambulé avec les randonneurs sur le plateau de Gaube, je me suis assise en terrasse face au Vignemale aux côtés de Jean-Thomas, j’ai guetté le cri d’alarme des marmottes, j’ai cherché au loin quelques izards égarés, j’ai suivi tremblante la progression d’une cordée sur une paroi, et quand j’ai dû rentrer chez moi, j’ai senti comme un vide immense que ne pourrait combler qu’un voyage prochain -réel cette fois- dans ce refuge paradisiaque.

Alors oui l’écriture n’est pas littéraire, oui les situations sont tout à fait banales,  oui les rapports humains restent sommairement décrits, mais il n’en reste pas moins que ces pages ont su se frayer un chemin à travers mes critères –drastiques quelquefois, oui Maryse, je te l’accorde- et elles sont allées droit à mon cœur. Touché…

 

« Oui, adieu l’été. Comme s’ils avaient l’hiver à leurs trousses, quatre randonneurs avancent à grandes enjambées en lançant leurs bâtons loin devant pour mieux se propulser. Autour d’eux, la montagne a pris ses couleurs d’automne. La forêt éclate de rouge et de brun, de jaune et d’orange. Le long des pentes ouest de la vallée de Gaube, l’herbe semble briller d’un jaune paille, saupoudrée de sapins éternellement verts. L’air est frais. Le ciel bleu est légèrement blanchi par des nuages de haute altitude.

       Si ce n'étaient les timides ondulations provoquées par le passage d’une truite, on pourrait croire le lac de Gaube déjà gelé. Pas un souffle de vent ne vient troubler la vaste surface bleu-vert, figée comme un miroir. Inesthétique cube de béton blanc au toit de tôle et aux volets verts hermétiquement clos, l’hôtellerie du lac semble n’avoir jamais été ouverte. Seul el bruit des cascades alentour rompt le silence. » (p. 174)

 

Premières phrases :

« « N’avons-nous pas souvent besoin de solitude, de recueillement et de silence ? A bien plus forte raison dans les montagnes, qui semblent faites pour ça. Ce sont des temples, dont la splendeur et la solennité ont quelque chose d’austère et de sacré. »

 L’auteur de ces lignes écrites en 1899, le très distingué pyrénéiste Henry Russell, se retournerait dans sa tombe s’il était témoin de la frénésie qui règne à 2151 mètres d’altitude, dans les Hautes-Pyrénées, par cette après-midi ensoleillée de juillet 2009. »

 

 

Une année en haut, Chroniques d’un refuge ordinaire, Cyril AZOUVI, Glénat, juin 2010, 189 p., 15.95 euros

 

Un grand merci à Cuné chez qui j’ai découvert ce livre, et ma reconnaissance éternelle à Shanez Richert des Editions Glénat qui a bien voulu me l’envoyer…

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