Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

1199 résultats pour “vie parfaite

Max et les poissons de Sophie ADRIANSEN

Publié le par Hélène

♥♥♥♥ / ♥♥♥

Un poisson pour bonne étoile

Mon avis :

♥♥♥♥

Quelle délicatesse pour aborder un sujet aussi difficile ! Quelle intelligence !

Max est un petit garçon qui ne se préoccupe pour l'heure que de son poisson rouge prénommé Auguste et de son anniversaire prochain. Peut-être aura-t-il un second poisson rouge pour tenir compagnie à Auguste... La guerre prend néanmoins de plus en plus de place dans sa vie, même s'il ne parvient pas encore réellement à comprendre sa signification. Ses mots d'enfant essaient de la cerner : 

"La guerre, ça fait marcher les Allemands dans les rues et serrer fort les mains des petits garçons." 

"La guerre, ça commence l'été et ça empêche de faire des châteaux de sable.

La guerre, ça empêche d'aller se baigner dans l'eau salée." 

Le jour de son anniversaire arrive, mais c'est aussi le jour de la tristement célèbre rafle du Vel'd'hiv'... L'humour et l'innocence de Max atténuent l'horreur de la situation. La naïveté juvénile de Max et l'amour de ses parents permettent de le tenir à l'écart et de le préserver. Pas de pathos inutile pour évoquer cette période noire de l'histoire, tout est savamment dosé. 

En toile de fond, les sujets délicats de cette période sombre sont évoqués : le couvre-feu, les cartes d'alimentation, l'étoile juive, la rafle, puis Drancy. Max ressent alors la peur des grands.

"Et quand les grands ont peur, c'est comme une couverture toute râpée par laquelle passe le jour : ça ne protège plus de rien."

En fin de volume, un dossier explicatif présente une brève chronologie de la seconde guerre mondiale, et quelques pages pour mieux comprendre : l'antisémitisme et l'extermination des Juifs, la rafle du Vel' d'hiv', les camps, les cartes et tickets de rationnement, la résistance française, le Lutétia...

Pour parfaire le tout, la couverture de Tom Haugomat rend parfaitement le contraste entre l'ombre de la guerre et l'innocence du jeune Max.

Une réussite !

L'avis de Romain, 9 ans :

♥♥♥

J'ai aimé ce livre. C'est un livre bien, avec des poissons. C'est un petit peu drôle. Je l'ai lu rapidement. Par contre je n'avais pas bien compris la fin. Je n'ai pas non plus compris le dossier.

Ma conclusion :

La lecture nécessite bien sûr une explication, un éclaircissement, qui est aussi une bonne façon de partager avec nos enfants des questions difficiles de notre histoire.

Présentation :

Nathan

Site de Sophie Adriansen 

Vous aimerez aussi :

Dans la même collection : La trompette d'Alésia de Catherine Cuenca et illustré par Gilles Scheid, Le sang du serpent à plumes de Laurence Schaack, illustré par Julia Wanters

Du même auteur : en jeunesse : J’ai passé l’âge de la colo ! (Volpilière), Le souffle de l’ange(Nathan) et Drôles de familles ! (Nathan).

en adulte : Je vous emmène au bout de la ligne ;  Quand nous serons frère et sœur Grace Kelly 

 

D'autres avis :

 Mya’s books ;  LivresAdos ; Onirik ; Entre les pages

 

Merci à Sophie et à l'éditeur !

 

Max et les poissons, Sophie Adriansen, Illustrations de Tom Haugomat, Nathan, 2015, 64 p., 5 euros

Dès 9 ans, adapté au programme scolaire.

 

Publié dans Jeunesse Roman

Partager cet article
Repost0

Nous sommes tous des féministes suivi des Marieuses de Chimamanda NGOZI ADICHIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Mon avis :

«Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement.» 

Ce folio rassemble deux textes sur le même sujet du féminisme : l'un est un discours direct énoncé par Chimamanda Ngozi Adichie au TEDxEuston en 2012, modifié pour sa réédition, l'autre est une nouvelle fictive mettant en scène une femme nigériane victime d'un mariage arrangé. Les deux se complètent parfaitement.

Les hommes sont au pouvoir bien que la société ait évoluée. Nos idées sur le genre ont malheureusement stagné, enserrant les femmes dans des carcans démodés. Les hommes eux-mêmes peuvent souffrir de cette culture qui crée des êtres selon une théorie du genre ancestrale. Les mentalités doivent évoluer.

"La culture ne crée pas les gens. Les gens créent la culture. S'il est vrai que notre culture ne reconnaît pas l'humanité pleine et entière des femmes, nous pouvons et devons l'y introduire."

Comme souvent dans les discours de TED, l'ensemble est vivant et dynamique, agrémenté d'exemples issus de la vie de la jeune auteure. 

Néanmoins, j'ai trouvé plus fort le recours à la fiction. 

Les "marieuses" est tiré de l'excellent recueil de nouvelles Autour du cou. Chinaza a été mariée à un "mari tout neuf", nigérian émigré aux Etats-Unis pour devenir médecin. Elle le rejoint à son tour, mais se heurte à un homme bien loin de ses aspirations... Cette courte nouvelle nous fait vivre de l'intérieur la différence notoire qui peut exister entre les deux époux, en rendant palpable le désarroi de cette jeune femme prise au piège d'un mariage décevant.

Ainsi ce petit livre indispensable nous rappelle combien ce combat pour les femmes doit être celui de tous !

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  L'hibiscus pourpre  Autour du cou Americanah 

Sur les combats des femmes :

En Iran : Un jour avant Pâques ; Broderies 

En Inde : La colère des aubergines ; Mangue amère ;  L’année des secrets ;  Mes seuls dieux

En Europe : La joueuse d’échecs ; La femme gelée ; Karitas 

En Afrique : Photo de groupe au bord du fleuve ; Aya de Yopougon tome 1 ; Blues pour Elise ;   Celles qui attendent ; La cruche cassée ; Une si longue lettre ;   Les recluses ;  A mon âge, je me cache encore pour fumer  ; Loin des mosquées  ; Notre force est infinie ;  Americanah 

 

Nous sommes tous des féministes, suivi des Marieuses, Chimamanda Ngozi Adichie, traduit de l'anglais (Nigéria) par Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal, 2015, Folio 2 euros

Partager cet article
Repost0

L'aigle de Bonelli de Bruno GALLET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Bruno Gallet est un alpiniste chevronné, guide de haute montagne à ses heures, qui partage ici cette fascination pour l'altitude et ses vertiges.

Il campe ainsi ses personnages principaux en Suisse dans le canton du Valais : David est le fils d'un entrepreneur spécialisé dans les montres suisses. Leurs rapports complexes poussent David à cambrioler son propre père pour lui voler des pierres précieuses acquises illégalement. Pour passer son butin en France, David décide de passer la frontière par la montagne. Il prétexte l'envie de gravir L'innominata par la voie dite "La Bonnelli", pour se faire accompagner de son ami de toujours, Zacharie, guide de haute montagne, qui ignore tout du dessein caché de son compagnon. Commence alors une course palpitante dans l'univers minéral et glacier de la voie choisie par David. 

L'intrigue est millimétrée, savamment dosée, servie par des personnages attachants, ni trop parfaits, ni trop antipathiques, témoignant d'un équilibre digne des plus grands alpinistes...

Mais la grande force de ce roman transparaît bien sûr dans les passages magnifiques sur la montagne.. Qu'il soit question du difficile métier de guide, qui consiste à "dépenser votre vie à la gagner, en veillant à ne pas la perdre." p. 132, ou de la magie intrinsèque au lieu, l'auteur nous fait ressentir son amour inconditionnel pour l'alpinisme. Ainsi, quand David doit évoquer son plus beau souvenir, il surprend tout le monde par la simplicité pur de son bonheur : "Il avoua alors que marcher en montagne, lumière éteinte sous la pleine lune immobile, dans la nuit calire et froide, à pas réguliers le long d'une pente de neige dure et raide, au rythme de son piolet, écoutant les mâchoires de ses crampons mordre la glace, était pour lui le plus pur moment d'allégresse." p. 87

http://www.alpineexposures.com/

La montagne n'est pas exempte de dangers pour les têtes brûlées, demandant des précautions de chaque instant qu'une seconde d'inattention peut réduire à néant. Il faut connaître ses risques pour en apprécier sa beauté sauvage. Elle recèle également des trèsors insoupçonnés comme ces fours à cristaux dont la découverte tient du miracle.

Un roman qui ravira tous les passionnés de montagne et encouragera les autres à escalader des parois ! J'espère vivement qu'il y aura une suite !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Anne Carrière 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Des voyous magnifiques

Autre : Du haut de la montagne, une longue descente de Dave EGGERS Meurtre au sommet de José GIOVANNI

 

Merci à l'éditeur.

 

L'aigle de Bonelli, Bruno Gallet, Editions Anne Carrière, février 2015, 320 p., 19 euros

Partager cet article
Repost0

Photo du mois - Flou

Publié le par Hélène

Le thème choisi par  Lyonelk : «Le flou et la vie».

Voici l'explication de son choix :

Dès son invention, la photographie est associée à la netteté absolue qui devient sa caractéristique fondamentale. Elle s’oppose en cela à la toile picturale qui, par son contact direct avec la main et le pinceau de l’artiste, ne peut aspirer à une précision aussi franche. À l’inverse, la définition de la photographie se fonde sur un présupposé de netteté parfaite. Son importance est telle que de nombreux critiques d’Art estiment que la photographie change radicalement les normes de la représentation du réel, instaurant comme principe de base une exactitude irréprochable, à laquelle les œuvres seront comparées. Il s’agissait donc, dès les débuts de la photographie, de définir la technique photographique comme un nouveau standard de la “véritable” exactitude».

Mais

« Il y a cependant une sorte de philosophie derrière cette “tendance”. Derrière le “flou”, il y a l’intuition d’une mise au point impossible sur le réel, l’impossibilité de rendre compte du monde dans sa fluidité, son éphémérité, son inexactitude et donc d’en être témoin et d’en porter témoignage. C’est le parti pris d’en saisir le mouvement, le mode d’apparition, dans une sorte d’anamorphose et d’improvisation. » De Jean Baudrillard (Sociologue et philosophe français, 1929-2007)
Source :
http://blog.fnac.ch/…/la-notion-de-flou-en-photographie-un…/

Sur le flou en photographie :
- le flou artistique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Flou_artistique

- Le bokeh (se prononce comme « beau-quai ») désigne un flou artistique d'arrière-plan permettant de détacher le sujet de son environnement : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bokeh

- Le terme flou cinétique désigne le flou visible sur une photographie dû à un mouvement du sujet photographié et non à l'instabilité de l'appareil : http://fr.wikipedia.org/wiki/Flou_cinétique

 

Mon choix s'est portée sur cette photo des moutons de pré-salé, prise dans la baie du Mont Saint Michel le mois dernier :

Photo du mois - Flou

Publié dans Photographies

Partager cet article
Repost0

Hortensias de David THOMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Les souvenirs ne sont pas faits pour être justes et vrais, ils sont faits pour être ces terriers dans lesquels on s'engouffre pour souffler un peu du présent."

Mon avis :

La patience des buffles sous la pluie  fut le premier titre dont j'ai parlé sur ce blog en 2010. Parce qu'il m'avait touché, parce que j'avais trouvé ses pages très justes, parce que j'avais ri, parce que j'avais été émue, parce que l'auteur était discret, parce que l'éditeur n'était pas connu... Je ne pouvais donc que revenir vers mes premières amours 5 ans après -parce que, oui, je l'affirme, je suis une femme fidèle- ! Et c'est avec un immense plaisir que j'ai retrouvé le discret David Thomas, toujours un peu dépressif, mais toujours drôle, décalé et intelligent. Cette alliance subtile entre le désespoir et la lucidité donnerait presque envie d'entamer une petite dépression tellement la lumière finit par jaillir des heures sombres, plus pure que jamais.

Il met en scène Gabriel Vialle, cinquante ans qui apprend la mort de sa mère et décide simultanément de mettre fin à une relation passionnelle aliénante. Pour ce faire, il choisit une méthode radicale visant à la fois à faire son deuil et à éviter la furie nommée Irène qui le poursuit : il s'enferme chez lui et se plonge dans ses souvenirs et son passé aux Baléares, à Formentera : "Je ne suis pas en vacances, je suis en ermitage, je suis avec mon père et ma mère, avec mes racines."

Il convie à ses côtés les êtres qu'il a aimés pour les faire revivre le temps de son exil, pour leur dire aussi un dernier adieu, mais aussi pour mieux comprendre ses propres failles, ses errances, ses folies :

"Quand on a connu ses premières années heureuses, l'enfance est un boulet rose que l'on traîne en chantant pour se convaincre que la vie n'est pas si noire." p. 19

Le passé ne s'efface pas d'un coup de crayon, il est profondément ancré en l'être humain, et Gabriel demeure un petit garçon perdu qui hurle dans un coin de sa tête d'homme mûr et adulte. Tétanisé par l'abandon de sa mère, il oscille entre l'envie d'enfouir ces années au plus profond de son esprit, mais reste assez lucide pour savoir que là n'est pas la solution.

"Voilà, au fond, c'était simple, si simple, il suffisait de décider et de ne plus réfléchir. Faire des gestes, s'en tenir aux gestes. Et si des questions angoissantes parvenaient à se glisser dans les interstices du cerveau, ne pas y répondre, faire le geste comme on empoigne une cavité sur la paroi et se hisser un peu plus haut. Penser, c'était glisser." p. 182

Il décide finalement de quitter sa chambre et de se rendre dans le village de son enfance, pour marcher sur les traces de l'enfant qu'il fut. 

"Non, ça n'allait pas me manquer, ce qui manque, c'est ce qu'on a perdu, mais moi je n'avais rien perdu, au contraire, j'avais tout récupéré. Je n'avais pas perdu mon père, ma mère, la maison, Anita, les gamins, les plages, les rochers, les hippies, Barcelone, Irène... J'étais rempli de toutes ces choses-là, composé de tout ce que j'avais vécu. rien n'est perdu quand on se souvient." p. 227

Alliant profondeur et humour, ce petit bijou d'autodérision est parfait pour fêter dignement ces 5 années de blog ! A lire !

Présentation de l'éditeur :

Stock 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La patience des buffles sous la pluie  ; Un silence de clairière Je n’ai pas fini de regarder le monde  ; On ne va pas se raconter d'histoires

D'autres avis :

 

Hortensias, David Thomas, Stock, avril 2015, 232 p., 18.50 euros

 

Merci à l'éditeur

Partager cet article
Repost0

Bric à brac hopperien de Thomas VINAU

Publié le par Hélène

                                                        bric-a-brac 

♥ ♥ ♥ ♥

« Intérieur/Extérieur 

 Je voudrais que les yeux

Qui se promènent

Sur mes tableaux

Servent de fenêtre

Ou d’escalier

Entre mon cœur

Et les grands vents. » (p.49) 

  

 L’auteur :

Thomas VINAU est né en 1978 à Toulouse.

Il habite au pied du Luberon. Il est entre autres supporter des poussières, militant du minuscule, anomaliste, brautiganiste et etc-iste... (Source babélio)

 http://etc-iste.blogspot.fr/

 L’histoire :

 "À neuf ans, Ed s'est perdu en plein centre de Nyack. Il n'avait jamais pensé qu'il pourrait y avoir d'autres rues et d'autres maisons autour de sa rue et de sa maison... Lorsqu'il est arrivé à New York, Ed a commencé à se perdre mais cette fois avec un certain plaisir et sans aucune peur. Dans les dernières années de sa vie, il inscrivait parfois au dos de ses peintures la phrase suivante : "Il est préconisé de se perdre dans une ville inconnue pour comprendre ce tableau""


Portrait interne du peintre Edward Hopper réalisé à partir de listes, de notes et de chutes autobiographiques par Thomas Vinau, l'auteur de "Nos cheveux blanchiront avec nos yeux" (Alma, 2011) et "Ici ça va" (Alma 2012) (Source Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

  Edward Hopper apparaît en filigrane entre ces pages, son portrait se crée sous nos yeux, mille petites touches évoque l'homme, l'artiste, l'époux, et, peu à peu, il nous devient familier, amical, intime. Là réside le talent de Thomas Vinau qui, avec une sensibilité extrême, réussit, tel un marionnettiste à faire vivre un homme sous nos yeux. 

Son écriture poétique sert le destin de l'artiste qui cherchait à saisir ce qui se tramait en-deçà de la réalité, au coeur du monde et des choses, pour ensuite mieux peindre cette réalité flamboyante, tout comme Thomas Vinau, dans son oeuvre cherche à partager les brindilles du quotidien pour chanter la beauté de ce qui l'entoure.

 

« Point de vue

Ed regarde les gens comme il regarde le ciel.

Ed regarde les lieux comme il regarde les gens.

Lorsque Ed regarde quelque chose, il cherche

A voir ce qui le remplit et ce qui le vide.

Ce qui le modifie. » (p. 24)

 

« Partie de chasse

La première fois qu’il est allé chasser dans

la vallée du Yaak, Ed a clairement apprécié

le rythme de la marche dans les bois du

Montana. Le fusil encombrant l’empêchait de

se servir de ses mains  et l’affût lui interdisait

de laisser traîner ses yeux sur les formes

mouvantes des nuages. La seconde fois,

il trouva plus commode d’y aller sans fusil. » (p. 53)

 

  Une magnifique rencontre d'artistes, une symbiose parfaite qui élève l'âme !

gas.jpg

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Trop court

 Premières phrases :

 

« Punch

Enfant, Ed lisait et relisait l’almanach

De Punch qu’un oncle lui avait rapporté

D’Angleterre. Il passait de longues heures

A rêver devant les dessins humoristiques

De Georges du Maurier. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Ici ça va de Thomas VINAU

Autre :  Hopper, Ombre et lumière du mythe américain de Didier OTTINGER

 

Bric à brac Hoppérien, Thomas Vinau, Alma Editeur, septembre 2012, 13 euros

 

Partager cet article
Repost0

13 à table !

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ 

Mon avis :

Le principe est la raison numéro 1 de s'intéresser à ce recueil : pour 1 livre acheté, 3 repas seront distribués par les Restos du coeur. 

Je l'ai donc acheté les yeux fermés, sans m'intéresser aux auteurs ayant participé à ce projet. Et heureusement, car il faut bien l'avouer ces auteurs ne font pas partie de ceux que je préfère... La seule contrainte des participants était de créer un récit autour du thème du repas, et pour certains ce fut laborieux...

Ainsi je suis passée à côté de nombreux récits qui m'ont semblé plats, sans inventivité, sans style, parmi ceux-ci :

Olympe et Tatan de Françoise Bourdin : le récit d'un repas de famille si proche de la réalité qu'il en est banal

Nulle, nullissime en cuisine ! de Alexandra Lapierre : une jeune femme doit user de subterfuges pour ne pas montrer qu'elle est nulle en cuisine. Divertissant mais pas transcendant.

Un petit morceau de pain de Agnès Ledig : un petit garçon affamé en conflit avec une mère aux principes immuables. 

Une initiative de Pierre Lemaître : un récit laborieux.  L'histoire d'un vieux monsieur qui invite sa nièce à dîner et s'en mord les doigts.

Jules et Jim de Jean-Marc Périer : une suite un peu ratée de Jules et Jim, des retrouvailles autour d'un repas. Un peu facile.

 

A côté des récits ternes, nous retrouvons les marques de fabrique de ce qui fait le succés des grands auteurs populaires : 

La part de Reine d'Eric-Emmanuel Schmitt : La relation privilégiée entre une enfant et un sans abri. Beaucoup de bons sentiments.

Dissemblance de Marc Lévy : la rencontre entre deux hommes affamés que tout oppose. Comme d'habitude chez Lévy trop bien pensant pour être honnête.

Maligne de Maxime Chattam : un psychiatre rencontre un patient affamé. original, mais assez gore à l'image de l'univers de cet auteur.

Fantôme de Guillaume Musso : la rencontre entre une jeune femme hospitalisée et un jeune médecin fringant. Avec des fantômes, marque de fabrique de Musso.

 

Un peu à part, le Mange le dessert d'abord de Gilles Legardinier : en effet avant d'aborder son récit, l'auteur se livre autour du thème et partage avec nous une habitude qu'il avait à une période de sa vie : plutôt que de dîner seul, il s'adressait à des personnes seules pour partager leur table.

"Vous vous asseyez face à quelq'un dont vous ne savez rien et qu'un hasard géographique a placé sur votre chemin. En commençant par évoquer la situation du moment et la façon dont elle est vécue, vous vous placez immédiatement sur un plan aussi personnel qu'universel. Ces tête-à-tête impromptus m'ont enseigné que la solitude n'est pas forcément une malédiction, parce qu'elle constitue le meilleur premier pas vers la découverte."

 

En fin de volume arrivent les nouvelles les plus réussies à mes yeux :

Le parfait de Tatiana de Rosnay : un repas de mariage avec une belle-mère un brin énervante. Une touche d'humour ravigorante.

Gabrielle de Franck Thilliez : un couple surnommé "Le couple grizzli" observe des grizzlis en pleine nature. Sauf que cette année là les saumons dont sont friands les grizzlis se font rares...

Langouste blues de Bernard Werber : Le récit épouse le point de  vue d'une langouste. Brillant ! 

 

En résumé comme il y en a pour tous les goûts, n'hésitez plus à le déguster !

Vous aimerez aussi :

Les Restos du coeur 

 

13 à table, collectif, Pocket, 5 euros

 

Partager cet article
Repost0

Le policier qui rit de M. SJOWALL et P. WAHLOO

Publié le par Hélène

policier-qui-rit.jpg 

♥ ♥

Par les fondateurs du roman policier suédois...

 

Les auteurs :

 

Maj Sjöwall et Per Wahlöö sont un couple de romanciers suédois, auteurs de roman policier mettant en scène un héros récurrent : l'inspecteur Martin Beck. De 1965 à 1975 ils ont écrit une dizaine de romans mettant en scène cet inspecteur et ont fortement influencé la génération suivante d'auteurs suédois de romans policiers, dont notamment Henning Mankell.

 

L'histoire :

 

Alors que toute la police de Stockholm est mobilisée pour faire face à une manifestation contre la guerre du Viêt Nam, deux de ses membres découvrent un autobus rempli de passagers arrosés à coup de pistolet mitrailleur. Parmi les victimes se trouve un policier de la brigade criminelle : Åke Stenström.

 

Ce que j'ai aimé :

 

- L'enquête avance pas à pas, menée très minutieusement par l'équipe de Martin beck, et une à une, les interrogations se lèvent. Le mécanisme de l'investigation est parfaitement rôdé.

 

- L'une des originalités des auteurs tient dans l'importance accordée à la vie domestique des enquêteurs : nous les retrouvons chez eux, après leur travail, aux prises avec les difficultés inhérentes à toutes les familles.

 

- La peinture de la société suédoise de l'époque est assez sombre, comme le souligne Jonathan Franzen dans la préface :

 

"La peinture négative de la Suède d'après-guerre, thème commun aux dix ouvrages, atteint son paroxysme dans Le policier qui rit. On n'échappe pas plus à l'atrocité de l'hiver suédois qu'au sensationnalisme des journalistes locaux, au racisme et à la rapacité des propriétaires qu'à l'arrivisme des cadres de la police, à la décadence de la haute société qu'aux persécutions gratuites contre les manifestants anti-guerre, à l'abondance de mégots dans les cendriers qu'aux scènes de sexe sordides à la suédoise ou à l'ambiance cauchemardesque des rues à lapproche de Noël."

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

- Le rythme est très lent,  lancinant, un peu comme dans les romans de Simenon. Ce sont davantage des romans d'atmosphère que des enquêtes policières pures.

 

- Le roman regorge de personnages aux noms suédois (évidemment me direz-vous) difficiles à retenir et à diférencier.

 

Premières phrases :

 

"C'était le 13 novembre. Ce soir-là, il pleuvait à verse que Stockholm. martin beck et Kollberg étaient plongés dans une partie d'échecs. Ils étaient chez ce dernier, qui habitait un appartement de la banlieue sud, pas bien loin de la station de métro Skärmarbrink. les derniers jours avaient été plutôt calmes et les deux hommes n'étaient pas de service."

 

Vous aimerez aussi :

 

Des mêmes auteurs : Roseanna

 

Le policier qui rit, M. Sjöwall et P. Wahlöö, Traduit de l'anglais par Michel DEUTSCH,22 euros

POCHE : Le policier qui rit, M. Sjöwall et P. Wahlöö, Traduit de l'anglais par Michel DEUTSCH, Rivages noir, 8 euros

challenge voisins voisines

Partager cet article
Repost0

L'art de perdre de Alice ZENITER

Publié le par Hélène

 ♥ ♥ ♥

"Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître." Elisabeth Bishop

Pour Naïma l'Algérie dont est originaire sa famille n'est qu'une toile de fond à laquelle elle s'est peu intéressée. Son grand-père Ali, kabyle, a été taxé de "harki" mais il est mort avant de pouvoir livrer son histoire à la jeune fille. Hamid, son père est arrivé enfant à l'été 1962 et il refuse de parler de ce passé qui l'empêche de remettre les pieds sur son territoire. Sa mère, française, n'en sait pas beaucoup plus. Naïma comble peu à peu les lacunes de son histoire.

"C'est pour cela aussi que la fiction tout comme les recherches sont nécessaires, parce qu'elles sont tout ce qui reste pour combler les silences transmis entre les vignettes d'une génération à l'autre." p. 19

La première partie du roman se déroule en Algérie dans les années 30 à 50. Le jeune Ali assiste à l'arrivée progressive du FLN, aux choix des uns et des autres, puis à la violence qui peu à peu s'invite, la brutalité du conflit, les tribunaux improvisés dans les villages, les embuscades sur les routes, les "veuves de la libération" qui fleurissent. Ali et sa famille doivent fuir pour la France et rejoindre dans un premier temps un camp de transit, puis un hameau de forestage, avant d'être parqués dans une cité HLM en Normandie.

"L'Algérie les appellera des rats. Des traîtres. Des chiens. Des apostats. Des bandits. Des impurs. La France ne les appellera pas, ou si peu. La France se coud la bouche en entourant de barbelés les camps d'accueil"

L'écriture s'incarne parfaitement avec les personnages, permet de vivre pleinement cette tranche de l'histoire et amène à une réflexion profonde. Réflexion pesée sur ce qui fonde l'identité, sur le rapport à nos origines, sur ce qui nous construit. Sur les femmes qui ne choisissent pas :

"- J'en veux aussi à mon mari parce que si ce n'était que moi, je serais restée là-bas. c'est lui qui a voulu fuir. Nous, jamais on nous demande notre avis. On nous trimballe. Ils font des conneries entre hommes et après, c'est nous qui payons.

- Pauvres de nous...

Et elles soupirent en broyant les amandes sur le pays perdu par la faute des hommes." p.211

Sur les enfants qui ne comprennent pas ce passé qui s'échappe et meurt avec chaque ancêtre qui s'éteint.

"Tu peux venir d'un pays sans lui appartenir. Il y a des choses qui se perdent... On peut perdre un pays. (...) Personne ne t'a transmis l'Algérie. Qu'est-ce tu croyais ? Qu'un pays, ça passe dans le sang ? Que tu avais la langue kabyle enfouie quelque part dans tes chromosomes et qu'elles se réveillerait quand tu toucherais le sol ?" p. 432

"Un pays n'est jamais une seule chose à la fois : il est souvenirs tendres de l'enfance tout autant que guerre civile, il est peuple comme il est tribus, campagnes et villes, vagues d'immigration et d'émigration, il est son passé, son présent et son futur, il est ce qui est advenu et la somme de ses possibilités." p. 441

Sur ces émigrés perdus dans un monde qu'ils ne reconnaissent pas. 

L'art de perdre c'est celui de perdre un pays, une langue, des illusions, des biens minuscules mais essentiels, perdre pour avancer, et fonder une nouvelle vie, une nouvelle oeuvre, un nouveau monde, pour, enfin, peut-être, se libérer.

 

Présentation de l'éditeur : Flammarion

D'autres avis : Télérama ; Babélio

 

L'art de perdre, Alice Zeniter, Flammarion, 16 août 2017, 22 euros

Partager cet article
Repost0

Le mystère de la chaussette orpheline et autres tracas du quotidien de Colombe LINOTTE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Où il est question d'un chat démoniaque, d'un Mâle despotique et de moutons de poussière (entre autres)"

 

Mon avis :

J'ai découvert le blog de Colombe Linotte chez Keisha. Et j'ai été conquise par son ton humoristique décalé, par sa capacité à embellir avec drôlerie le quotidien pas toujours passionnant. Avec elle tout devient drôle et léger. On en vient presque à souhaiter les aléas de la vie quotidienne, pour, nous aussi, en rire avec détachement et intelligence (oui, pôrfaitement, Monsieur, je saurais faire ça... )

Bref, quand j'ai vu qu'elle avait aussi édité un livre (quelle femme...) j'ai dit banco. Sauf que ô déception, (qui m'apprendra à dire banco à chaque fois qu'on me parle d'un livre) le livre en question est beaucoup moins drôle que le blog. Les choix ne sont pas forcément très judicieux, et de fait l'humour gouaillier de Colombe perd des plumes. 

"J'ai lu sur un blog de mode que c'était le grand retour des jeans imprimés.

Alors j'ai aussi essayé. J'ai créé le bourrage papier du siècle au bureau."

 

"- Mais pourquoi tu n'imprimes pas recto verso ? ai-je demandé à mon collègue tatoué.

- Avec tout le pollen qu'ils me balancent, je me venge des arbres."

 

"-Carré ou long ? ai-je dit au Mâle.

- Carré, tu as déjà eu ?

- Carré, c'est ce que j'ai depuis des LUSTRES. Mais je pourrais les laisser pousser, par exemple. Qu'est ce que tu préfères, toi ?

- Qu'importe. Quelque chose qui ne bouche pas les baignoires.

J'ai annulé chez Dessange. J'irai chez Décathlon m'acheter un bonnet de bain."

 

Sur le blog :

"J’ai été émerveillée

par la description du petit-déjeuner quotidien de ma copine Ginette, qui se compose invariablement d’un kiwi, d’un verre de jus d’oranges pressées et de fromage sur du pain aux graines. J’ai donc pris l’immédiate décision de changer mes habitudes et de prendre moi aussi un petit déjeuner parfait, et dans les douze heures qui ont suivi, j’ai acheté une barquette de kiwis.

Le premier matin, j’ai oublié de manger le kiwi et je suis partie au bureau. Le deuxième matin, j’ai oublié de manger le kiwi mais je l’ai emmené au bureau et j’ai collé un post-it dessus. Le troisième matin, j’ai oublié de manger le kiwi alors j’ai programmé une sonnerie à 10h pour penser à lire le post-it du kiwi du bureau. Le quatrième matin, j’ai oublié de manger le kiwi alors une fois dans la voiture je me suis envoyée un mail pour m’ordonner de manger le kiwi du bureau dès mon arrivée. Le cinquième matin, j’ai emmené tout le reste de la barquette au bureau pour créer un effet 3D à côté du téléphone. Le sixième matin, on était samedi, j’avais oublié tous les kiwis rabougris au bureau. Dans les douze heures qui ont suivi, j’ai acheté une cagette d’oranges à jus."

                         

- on m’avait plutôt parlé d’une épreuve avec des gros vers blancs…
- estime-toi heureux qu’on ne porte pas de bandana.

#KohLanta

 

Par conséquent , je vous invite plutôt à lire son blog que son livre, en espérant qu'un prochain titre sortira, plus proche de l'esprit spirituel de la demoiselle. Les trois coeurs prouvent que je suis quand même fan, et que si vous n'avez pas Internet, ou que votre connexion free déconne parce que vous avez un Mâle chez vous incapable de réparer ne fut-ce qu'une ampoule, ou si vous préférez la version papier à la version blog, n'hésitez pas, vous découvrirez un univers optimiste et intelligent !

 

Informations sur le livre :

Sur son blog 

 

Le mystère de la chaussette orpheline et autres tracas du quotidien, Colombe Linotte, First, 2013, 9.95 euros

Partager cet article
Repost0