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1199 résultats pour “vie parfaite

Rencontre avec Tracy Chevalier

Publié le par Hélène

Grâce à l'agence de presse D'Anne et Arnaud nous sommes plusieurs blogueuses a avoir eu le plaisir de rencontrer Tracy Chevalier, une auteure très accessible et agréable. Voici le compte rendu de cette rencontre : 

 

Pourquoi cette chronologie ?

Pour entretienir le mystère. Je ne voulais pas une saga-western très longue, j'ai donc choisi d'entremêler deux époques : celle de l'Ohio et celle du Robert adulte. Les lettres sont un pont, un lien entre l'Ohio et la Californie.

 

Comment vous est venue l'idée de ce roman ?

Qunad j'ai effectué des recherches sur La dernière fugitive j'ai lu un livre sur les relations entre les humains et plantes pour me documenter sur des détails sur la vie dans l'Ohio au XIXème siècle.Dans ce livre il y avait un chapitre sur les pommes et sur Appleseed, un commerçant. J'ai été amusée par la différence entre ce que l'on apprend sur cet homme aux enfants, qu'il donnait des pommes pour promouvoir la santé, alors qu'en fait il les vendait pour faire de l'alcool. La différence entre la réalité et la fiction m' a amusée. Puis j'ai eu l'image de ce couple qui se déchirerait parce que l'un voudrait cultiver des pommes sucrées et l'autre des pommes acides pour faire de l'alcool.

C'est l'histoire de gens qui bougent, ceux qui émigrent mais aussi le mouvement des arbres. On pense que les arbres ne bougent pas mais en fait c'est faux, les gens les font voyager. Les pommiers sont originaires du Kazakstan par exemple. L'arbre est le miroir de la migration humaine. 

 

Sur quel projet travaillez vous actuellement ?

Un roman qui se passe aussi aux Etats-Unis en rapport avec le projet Shakespeare : une maison d'édition en Angleterre a demandé à plusieurs écrivains de choisir une pièce de Shaespeare et d'écrire un roman inspiré par cette pièce. Margaret Atwood a choisi la Tempête et pour ma part j'ai choisi Othello. Cela se passera dans une école américaine en 1974. Tous les écoliers seront américains sauf un jeune enfant noir qui arrive un jour dans l'école venant d'Afrique. 

 

Pourquoi avoir choisi d'offrir le point de vue de Sadie à la première personne quand les autres personnages sont présentés à la 3ème personne ?

AU début j'avais pensé que ce serait l'homme l'ivrogne puis je me suis dit que cela était trop stéréotypé et j'ai choisi la femme. Dans ma tête j'entendais sa voix et sa manière de parler. J'ai pensé qu'elle était si forte que j'ai su qu'elle devait s'exprimer à la première personne. Si l'histoire était à la troisième personne uniquement, le personnage serait devenu nul. Inversement tout le roman avec seulement son point de vue aurait été trop. Un petit peu c'était mieux. Sadie est un personnage que l'on déteste ou que l'on adore. Il ne faut pas que tous les personnages soient gentils dans un roman. Elle est forte mais elle a ses raisons : elle perd un enfant chaque hiver, elle est isolée, n'a pas d'amis, elle est un peu égoïste. 

 

Pourquoi était-ce la première réelle fois que le héros était masculin ?

Ce qui m'intéresse sont les effets qu'ont pu avoir la famille sur les enfants. Il fallait la réaction d'un des enfants qui partirait vers l'Ouest. Il fallait un homme car pour une fille cela aurait été trop difficile de partir seule à travers le pays.

 

Pourquoi des histoires d'amour tourmentées ?

Parce que l'amour est compliqué. Robert est influencé par la relation de ses parents. Il faut toujours des compromis.

 

Quelles sont vos relations avec Faulkner ?

Faulkner et ses structures narratives ont indubitablement influencé de nombreux auteurs. J'ai étudié Faulkner à l'université, j'ai lu tout ce qu'il a publié et j'ai adoré Le bruit et la fureur et Tandis que j'agonise. J'ai été impressionnée, c'est toujours là, je pense. J'ai aussi eu d'autres influences comme celle de Toni Morrison, par Beloved et le Chant de Salomon. Elle aussi utilise les différents points de vue des personnages. 

 

Quels sont vos rapports avec votre traductrice ?

Je ne lis jamais les traductions. Quand c'est fini, c'est fini, le livre est pour vous, lecteurs, pas pour moi. Pour la traduction, je regarde quelques pages par ci et par là, mais je ne peux pas juger la traduction. On m'a dit que c'était bon. Anouk - la traductrice- a rencontré quelques problèmes en raison de l'utilisation de beaucoup de vocabulaire spécifique à la culture des pommes, et quelquefois elle m'a posée des questions.

 

Avez-vous des romans en cours d'adaptation cinématographique ?

Un producteur a acheté les droits de Prodigieuses créatures il y a 5 ans mais a finalement refusé de tourner l'adaptation. On a décidé que peut-être quelqu'un d'autre aura cette chance. C'ets diffcile de faire un film, il y a tant de monnaie en jeu. Quand on publie un livre il n'y a que moi et le lecteur, c'est simple. Avec un film il y a les différentes compagnies, les différents pays, il faut plusieurs personnes les acteurs, producteurs, etc... Il est difficile que tout ce monde se mette d'accord. Sans doute que cette adaptation n'a pas vu le jour car le roman est très anglais et que le producteur intéressé était australien.

A l'orée du verger est difficile à adapter à cause des différentes époques, il faudrait des flashbacks, ce serait compliqué. 

Je n'imagine pas en écrivant que ce que j'écris pourra devenir un film. Il faut écrire pour le lecteur pas pour quelqu'un qui va voir un film. Néanmoins quelques scènes restent très visuelles comme celle durant laquelle Robert est avec Nancy et Marthe et descend la montagne et voit à distance Molly et son parapluie jaune et rouge. C'était un film dans ma tête. Cela ne signifie pas que cela ferait un bon film.

 

Avez-vous été influencée par Les soeurs Brontë ?

J'ai travaillé sur un projet pour célébrer le bicentenaire de Charlotte Brontë avec des expositions et des livres. J'ai beaucoup lu les soeurs Brontë et j'ai remarqué que Jane Eyre ressemblait un peu à ma jeune fille à la perle. 

 

Merci à Anaïs et Arnaud pour cette soirée très enrichissante et merci à Tracy Chevalier pour sa proximité et sa gentillesse !

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Forum Fnac Livres 2016

Publié le par Hélène

Dans le cadre du Forum Fnac Livres organisé pour la première année j'ai eu la chance d'assister à : 
Déjeuner avec Gaël Faye entre blogueurs :

Organisé par la Fnac et mené d'une main de maître par Julie Henry, ce déjeuner en petit comité nous a permis de rencontrer le lauréat du prix Roman Fnac, récompensé pour son roman Petit Pays. 

@http://www.majicmiju-photos.com/artists

Un homme profondément humain qui nous a raconté comment l'écriture a pu le sauver le jour où il a dû fuir son pays aux prises avec une guerre sanguinaire. Depuis, il a écrit des chansons, du rap, et s'est illustré sans ce domaine d'abord aux côtés du groupe Milk Cofee and Sugar, puis en solo avec son album Pili Pili sur un croissant au beurre.

Puis, ce roman, comme une évidence, qu'il doit à son éditrice de chez Grasset. Une éditrice qui lui a fait tout de suite confiance. Ce roman dans lequel il a voulu chanter son pays, le Burundi :

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

A travers son personnage Gabriel, Gaël Faye raconte son chemin, son exil, son arrivée en France, son déracinement. Il y a  un an il s'est installé au Rwanda avec sa femme et ses deux filles, comme un retour aux sources, pour mieux connaître ce pays, autrement qu'au travers du prisme de la guerre. Il évoque avec tendresse ce Rwanda sur lequel chaque homme croisé pourrait être un roman à lui tout seul. 

Un grand homme profondément humain ... 

A lire sur son parcours Le Figaro , et à voir, ce documentaire de France ô : 

Balade littéraire en bus des années 30 avec Olivier Bourdeaut auteur du magnifique

En Attendant Bojangles

Le bus à lui tout seul vaut le détour, pétaradant, explosant et sentant bon l'essence fraîche...

Olivier Bourdeaut est étonnant, atypique, presque surpris par son succès, lui qui semblait avoir si peu confiance en ses écrits. Il faut dire qu'auparavant ses brèves carrières ne furent guère constructives : "Durant dix ans il travailla dans l’immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant. Puis, pendant deux ans, il devint responsable d’une agence d’experts en plomb, responsable d’une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires – un comble – et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres." (présentation Finitudes)

Il écrit En attendant Bojangles à l'été 2014, au fil de la plume en sept semaines acculé par son banquier. Auparavant il s'était déjà essayé à l'écriture, acculé par son frère cette fois, mais ce premier roman beaucoup plus sombre n'a jamais trouvé son éditeur...

@télérama

Il écrit actuellement un deuxième roman qui devrait sortir en janvier 2018 puis il s'arrêtera. Ce roman devrait s'inspirer de son expérience de cueilleur de fleur de sel au Croisic.

Un auteur très simple qui ne croit toujours pas à son succès...

A lire sur son parcours : L'express

Bel espace où déambuler, à taille humaine. De nombreux auteurs emblématiques de la rentrée littéraire, des signatures, des rencontres et tout cela gratuitement, ce qui laisse aussi la possibilité de rentrer et sortir du lieu comme on l'entend... Un rendez-vous beaucoup plus convivial que le salon du livre à nos yeux ! 

Côté librairie, étaient proposés les livres de la rentrée littéraire. Je suis restée raisonnable je suis repartie avec "Apprendre à vivre" de Edgar Morin, qui me semble être une base pour l'éducation, et "En attendant Bojangles" pour l'offrir.

En tant que blogueurs nous avons été accueillis comme des rois par l'équipe de la Fnac, Julie Henry en tête. Nous avions l'opportunité de rencontrer de nombreux auteurs, de déjeuner ou prendre un café avec eux, même à l'improviste, de se balader dans le bus avec eux...

Ce fut comme toujours un plaisir de croiser les blogueurs présents : Leiloona, Audrey, Noukette et Jérôme, Caroline, Stephie, Keisha, Séverine, entre autres.

 

Un beau rendez-vous littéraire que l'on aura plaisir à retrouver l'an prochain !!

 

Merci encore aux équipes : l'agence Anne et Arnaud, et les filles de la Fnac Julie, toujours disponible pour nous, Marine et Stéphanie.

 

Publié dans Divers

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Tours et détours de la vilaine fille de Mario VARGAS LLOSA

Publié le par Hélène

                                                  tours et détours

 ♥ ♥

  L’auteur :

 Né en 1936 au Pérou, Mario Vargas passe une partie de son enfance en Bolivie. Dès l’âge de quatorze ans, il est placé à l’Académie militaire Leoncio Prado de Lima qui lui laisse un sinistre souvenir. Parallèlement à ses études universitaires, il collabore à plusieurs revues littéraires et, lors d’un bref passage au Parti communiste, découvre l’autre visage du Pérou. En 1959, il publie un recueil de nouvelles très remarqué, Les caïds, et s’installe à Paris. Il publie de nombreux romans, couronnés par des prix littéraires prestigieux. Devenu libéral après la révolution cubaine, il fonde un mouvement de droite démocratique et se présente aux élections présidentielles de 1990, mais il est battu au second tour. Romancier, critique, essayiste lucide et polémique (L’utopie archaïque) Mario Vargas Llosa est considéré comme l’un des chefs de file de la littérature latino-américaine. Source : Gallimard

 L’histoire :

Que de tours et de malices chez cette " vilaine fille ", toujours et tant aimée par son ami Ricardo, le " bon garçon ".

Ils se rencontrent pour la première fois au début des années cinquante en pleine adolescence, dans l'un des quartiers les plus huppés de Lima, Miraflores. Joyeux, inconscients, ils font partie d'une jeunesse dorée qui se passionne pour les rythmes du mambo et ne connaît d'autre souci que les chagrins d'amour. Rien ne laissait alors deviner que celle qu'on appelait à Miraflores " la petite Chilienne " allait devenir, quelques années plus tard, une farouche guérillera dans la Cuba de Cassa, puis l'épouse d'un diplomate dans le Paris des existentialistes, ou encore une richissime aristocrate dans le swinging London.
D'une époque, d'un pays à l'autre, Ricardo la suit et la poursuit, comme le plus obscur objet de son désir. Et, bien entendu, ne la perd que pour mieux la rechercher. Mario Vargas Llosa nous offre un cadeau inattendu : une superbe tragi-comédie où éros et thanatos finissent par dessiner une autre Carte de Tendre entre Lima, Paris, Londres et Madrid. Car Tours et détours de la vilaine fille est bien cela : la géographie moderne d'un amour fou. (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

Les aventures de cette vilaine fille prête à tout pour trouver un mari riche qui puisse lui fournir protection et argent sont divertissantes. Amoureuse du pouvoir avant tout, elle recherche les portefeuilles fournis avant le bonheur :

 « L’argent te donne de la sécurité, te défend, te permet de jouir à fond de la vie sans te soucier du lendemain. Le seul bonheur qu’on puisse toucher. » (p. 87)

Elle se lasse vite de ses maris, et repart alors en chasse d’un nouveau pigeon prêt à succomber à ses charmes. Elle s’enfuit alors, laissant sur le carreau des hommes furieux et meurtris, poursuivie par la police, ce qui l’oblige à mettre à chaque fois le pied dans un nouveau pays ou continent. Ricardo la retrouve régulièrement sur son chemin, et se laissant prendre dans ses rets, il vit à chaque fois une passion tumultueuse avec elle, jusqu’à sa prochaine fuite… Leurs périples permettent de découvrir l’atmosphère de ce début de siècle dans différents pays, en France, à Londres, à Madrid, Tokyo… Ricardo connaît ainsi des amitiés très fortes avec des personnages marquants dont l’histoire étoffe la lecture.

 Ce roman peint avec facilité la « géographie moderne d’un amour fou ».

 miraflores.jpg

                     Lima, Miraflorès

 Ce que j’ai moins aimé :

Au milieu du roman, j’ai trouvé les épisodes quelque peu répétitifs, mais un rebondissement a par la suite –miraculeusement- relancé l’action.

 Les « cucuteries » du narrateur ont eu tendance à m’agacer, ce n’est pas un personnage que j’ai trouvé sympathique, sa faiblesse et son amour inconditionnel pour une femme qui s’obstine à le faire souffrir ont fini par m’exaspérer. Peut-on être à ce point être hanté par une personne, perdre sa dignité, tout lui sacrifier, sans avoir un sursaut de dignité pour s’abstraire de ce sentiment néfaste ?

 « Je ne suis ni ne serai jamais ton ami. Tu ne t'en es pas encore aperçue? Je suis ton amant, ton amoureux, quelqu'un qui depuis tout gosse est fou de sa petite Chilienne (...). Ton pitchounet qui ne vit que pour te désirer et penser à toi. À Tokyo je ne veux pas vivre de nos souvenirs. Je veux te tenir dans mes bras, t'embrasser, respirer ton odeur, te mordre, te faire l'amour ». (p. 182)

 Premières phrases :

« Ce fut un fabuleux été. Pérez Prado vint à Lima avec son orchestre de douze musiciens pour animer les bals de carnaval au Club Terrazas de Miraflores et au Lawn tenis, et un championnat national de mambo fut organisé aux arènes d’Acho, avec grand succès malgré le cardinal Juan Gualberto Guevara, archevêque de la ville, qui menaça d’excommunier tous les couples de danseurs ; et puis mes copains du quartier Alegre à Miraflores, des rues Diego Ferré, Juan Fanning et Colon, disputèrent les olympiades de football, cyclisme, athlétisme et natation contre la bande de la rue San Martin : on remporta toutes les médailles, bien sûr. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La tante Julia et le scribouillard

 

D’autres avis :

Gangoueus  

 

Tours et détours de la vilaine fille, Mario Vargas Llosa, Gallimard, 404 p., 21 euros

POCHE : Tours et détours de la vilaine fille, Mario Vargas Llosa, Folio, 2008, 4.79 euros

  12 d'Ys

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Les ignorants de Etienne DAVODEAU

Publié le par Hélène

                      ignorants-1.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

« Le vin, c’est un truc pour se détendre, c’est un point de rencontre, un lien entre les gens ! » (p. 111)

 

L’auteur :

Je suis né en 1965 dans les Mauges ( c’est une région du Maine & Loire dont le nom viendrait étymologiquement de "MAUvaises GEns" en latin, vous voyez le tableau) . J’y ai passé une enfance formidable . Elle a principalement consisté à me balader avec mes copains dans les champs, à tirer à la fronde d’innocents moineaux puis à ricaner bêtement sur ma mobylette devant les filles.

Partie sur une courbe idéale qui faisait la fierté de mes parents, ma scolarité a reçu en pleine gueule une adolescence tourmentée. S’en est suivi un piqué en flammes assez spectaculaire. Quand je me suis réveillé au milieu des débris , ma main droite cramponnait un document noirci. Il fallait bien me rendre à l’évidence : J’avais mon bac.
À Rennes, je me suis inscrit à la fac, section Arts Plastiques pour une raison qui m’échappe encore. J’y ai étudié (un peu) et dessiné (beaucoup). Avec quelques gaillards qui nourrissaient le même intérêt que moi pour la bande dessinée, nous avons fondé le studio Psurde, modeste association qui nous permit de publier nos premiers travaux, heureusement aujourd’hui introuvables.
Qui étaient ces vaillants pionniers ? Olivier Maunaye, créateur du présent site, Fred Simon (Rails, Le Poisson clown, Popotka), Jean-Luc Simon (coloriste et dessinateur, pour qui j’ai écrit La Gagne), Joub avec qui j’anime Max & Zoé, ainsi que Christophe Hermenier et Thierry Guyader qui ont lâchement abandonné la bande dessinée pour la peinture et la presse.

Après quelques années d’études approximatives mais fort poilantes, j’ai cédé aux encouragements de la femme de ma vie et j’ai écrit le scénario de ce qui allait devenir mon premier livre. Intitulé L’homme qui n’aimait pas les arbres, il s’est niché comme il a pu dans le catalogue Dargaud en 1992. (Source : babélio)

Son blog : http://www.etiennedavodeau.com/

 

L’histoire :

Par un beau temps d’hiver, deux individus, bonnets sur la tête, sécateur en main, taillent une vigne. L’un a le geste et la parole assurés. L’autre, plus emprunté, regarde le premier, cherche à comprendre « ce qui relie ce type à sa vigne », et s’étonne de la « singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents. »

Le premier est vigneron, le second auteur de bandes dessinées.

Pendant un an, Etienne Davodeau a goûté aux joies de la taille, du décavaillonnage, de la tonnellerie ou encore s’est interrogé sur la biodynamie.

Richard Leroy, de son côté, a lu des bandes dessinées choisies par Etienne, a rencontré des auteurs, s’est rendu dans des festivals, est allé chez un imprimeur, s’est penché sur la planche à dessin d’Etienne…

Etienne et Richard échangent leurs savoirs et savoir-faire, mettent en évidence les points que ces pratiques (artistiques et vigneronnes) peuvent avoie ne commun ; et ils sont plus nombreux qu’on ne pourrait l’envisager de prime abord. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

« Les ignorants » : des hommes vierges de savoir dans un certain domaine, des hommes humbles  prêts à s’ouvrir à un autre monde, des hommes beaux qui vont se lancer corps et âme dans une « initiation croisée ».  Le titre et le sous-titre ont déjà une aura magique et majestueuse en eux : ils portent l’humanité comme une toile de fond de cette histoire vécue si touchante.

ignorants 2

Richard va mener Etienne dans un monde aux mots inconnus : décavaillonnage, ébourgeonnage, palissage, et Etienne va inviter Richard à découvrir son univers artistique peuplé de mots et d’images. Cet enrichissement mutuel se fait dans une tolérance exemplaire, dans la simple volonté d’accéder à la compréhension d’un monde différent du leur. Leur année commune se centre sur l’ouverture, apprentissage de la différence.

Etienne ne comprend pas toujours les logiques de la biodynamie...

 « J’ai l’impression que c’est très subjectif, la biodynamie...

- Mais TOUT est subjectif dans le vin !" (p. 91)

... comme Richard reste hermétique à l’art de Moebius. Mais il fera la rencontre des pages de Gibrat, Guibert, Mathieu, Spiegelman, et bien d’autres auteurs qui le toucheront à des degrés divers. Quant à lui Etienne rencontrera des gars qui travaillent au naturel pas au chimique, parce que «  la proximité physique et donc mentale, du vigneron avec son travail… pense à ça quand tu bois du vin. » (p. 102)

ignorants-biodynamie.jpg

Les ignorants est truffés de réflexions philosophiques :

« Mais bon, y’a pas de recettes… Il faut de l’attention. Ouvrir les yeux sur les choses élémentaires. » (p.229)

économiques, 

« Rester petit, c’est garder le contrôle sur la qualité de notre travail ! Refusons de croître ! » (p.158)  

réflexions artistiques comme dans ce passage magnifique dans lequel  Marc-Antoine Mathieu évoque sa relation au lecteur :

« Ce qui m’importe par-dessus-tout, c’est qu’ils [ses livres]soient cohérents avec la vision de monde que j’y développe… Ensuite y entre qui veut… »

A la fin de l'album, l’auteur nous livre la liste des vins bus et des BD lues, comme une invitation à nous initier, nous aussi, à ces autres mondes... 

Un joyau d’humanité !

 

Ignorants--DAVODEAU-LEROY-oct2011.jpg

Les deux "ignorants" au milieu des coteaux

© Photo F.Roy - Editions Futuropolis

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien ! 

 

Vous aimerez aussi :

 De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI 

 

D’autres avis :

Blogs : Sylire  Aifelle Joelle - Fransoaz

Presse : Télérama Lire  

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Les ignorants, récit d’une initiation croisée,  Etienne DAVODEAU, Futuropolis, octobre 2011, 272 p., 24,9euros

BD Mango bleuTop-bd-2012

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Pour seul cortège de Laurent GAUDE

Publié le par Hélène

                                                  POUR SEUL CORTEGE large

 ♥ ♥ ♥

"A qui appartiens-tu, Alexandre ?..."

 

  L’auteur :

Laurent Gaudé est un écrivain français né le 6 juillet 1972 dans le XIVe arrondissement de Paris. Ancien élève de l'École Alsacienne de Paris, il poursuit des études de lettres modernes à Paris III. Il prépare l'agrégation mais ne sent pas d'attirance pour l'enseignement. Son sujet de thèse porte sur le théâtre. Il décide de vivre de sa plume et ses premiers écrits seront pour la scène (1999).

En 2001, il publie son premier roman : Cris.

Laurent Gaudé est marié à une femme d'origine italienne. Son roman Le soleil des Scorta, dont l'action se situe dans les Pouilles, remporte le prix Goncourt 2004 et couronne pour la première fois son éditeur Acte sud qui jusque là n'avait jamais remporté ce prestigieux prix. Le livre s'était déjà vendu à 80 000 exemplaires avant que le verdict du Goncourt ne soit rendu.

Paraitront ensuite Eldorado, en 2006; La Porte des Enfers, en 2008 et Ouragan en 2010.
"Pour seul cortège" apparaitra à le rentrée 2012. (Source : babélio)

 

 L’histoire :

En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre.

Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille. Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père… Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée.
Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende.

 

 Ce que j’ai aimé :

En choisissant comme personnage principal Alexandre le Grand, Laurent Gaudé insuffle à son roman un souffle épique grandiose porté par un style lyrique fonctionnant en symbiose avec son sujet.

« ALEXANDRE LE GRAND n’est pas un personnage historique.

Ce n’est pas ainsi que j’ai voulu l’approcher. C’est un maelström, un tourbillon de forces contradictoires. Un mélange saisissant de violence et de beauté, de rêves et de démence. Alexandre n’est pas une figure de nos livres d’histoire, il est bien plus que cela : c’est un mythe, c’est-à-dire une force vivante qui m’intrigue, m’habite, et se déploie dans mon imaginaire.
Avec Pour seul cortège, je n’ai pas voulu proposer au lecteur la reconstitution d’un épisode de notre Antiquité, j’ai voulu embrasser Alexandre. Le roman historique ne m’intéresse pas, parce qu’il corsète la fiction. Le roman historique ne m’intéresse pas parce que je préfère l’éblouissement à la véracité, l’épique à l’exactitude. Je veux être dans la fièvre plutôt que dans le détail, tenter d’insuffler au livre une énergie chamanique plutôt que rester fidèle à la chronique.

Pour seul cortège est un chant à deux voix, celle d’Alexandre et celle de Dryptéis. Au fond, il n’y a que ces deux personnages-là et, au coeur du livre, l’énigme de ce qui les lie. Chacun va offrir à l’autre la possibilité de s’affranchir du temps et du poids de l’Histoire. Ce qui me touche, c’est la vibration de leur parole. Ce qui me touche, c’est leur héritage. J’ai écrit Pour seul cortège parce que je veux être du côté des cavaliers du Gandhara, ces cinq compagnons qui abandonnent l’Empire pour embrasser l’immensité, ces cinq hommes qui quittent le réel pour plonger dans le mythe et qui le font avec ivresse. » Laurent Gaudé (Source : Editeur)

 Alexandre et Dryptéis sont deux personnages en prise directe avec l’Histoire. Si Dryptéis a tenté de se retirer du monde politique, elle est contrainte de retourner vers lui, comme si un destin inéluctable l’y poussait. Elle doit se rendre au chevet d’Alexandre malade avec sa grand-mère, l’empire l’appelle.

 « Pourquoi existe-t-il toujours une raison pour me traîner à nouveau dans le tumulte de l’histoire où aujourd’hui comme hier, je le sais, je ne serai que giflée ?... » (p. 23)

  Même en se terrant au fond d’un temple, l’Histoire la rattrape. Pourra-t-elle s’y soustraire ? C’est ce que vont tenter ces deux êtres qui aspirent enfin à la paix dans ce monde foncièrement violent et impitoyable. Et c’est ainsi seulement qu’ils pourront s’humaniser.

 La beauté du texte sertit un sujet tragique dans un écrin de soie et de sang, nous offrant ainsi un texte profond et fort. La vie et la mort se frôlent et se confondent dans un dernier combat pour l’oubli et la paix…

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

Premières phrases :

« Au premier spasme, personne ne remarque rien, et ceux qui l’entourent rient encore. Il a un mouvement des épaules, à peine, comme pour se protéger d’un coup invisible, un geste infime qui se perd dans la cohue du banquet, il se plie légèrement en deux et porte la main à son ventre. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le soleil des Scorta , Ouragan

Autre : Le voyage de Bilqis de Aliette ARMEL

 D’autres avis :

 Presse : sur le site de Actes Sud

Blogs : Kathel ; Jostein 

 

Pour seul cortège, Laurent Gaudé, Actes Sud, août 2012, 185 p., 18 euros

 matchs.jpg

 18/20

 challenge rentrée littéraire 2012 

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Editions Zulma

Publié le par Hélène

Samedi dernier, nous avons été plusieurs blogueurs à avoir été reçus par les Editions Zulma, rue du Dragon, l'occasion de revenir sur l'histoire de cette maison d'édition si particulière...

Une maison fondée en 1991

Laure Leroy était stagiaire dans l'édition et a décidé de fonder sa propre maison d'édition en 1991. Pendant quinze ans, elle a appris son métier de directrice, mais elle a surtout appris tous les métiers de l'édition.

En 2006 elle a décidé qu'il était temps de refonder la maison de fonds en combles.

2006, l'année des changements

Laure Leroy décide alors de publier moins, seulement 10 ou 12 livres par an, mais en prenant le temps de trouver, publier, et promouvoir ces livres choisis pour son catalogue. Elle ne publie que des livres qu'elle aime, parce que pour elle une maison d'édition ne peut toucher ses lecteurs que si il y a cette chaine d'authenticité, ces gens passionnés d'un bout à l'autre du projet.

La diversité du monde et l'universalité des sentiments

Ce qui manquait dans le paysage éditorial français était une maison ouverte sur la diversité du monde, une maison qui ne serait pas spécialisée dans la littérature française, japonaise ou russe, mais une maison qui s'attacherait à la diversité du monde. Si les cultures sont différentes, chacun reste un être humain qui partage avec les autres des valeurs universelles, d'humanisme, tous les êtres humains ont des craintes, des émotions, des aspirations. Zulma a souhaité aller voir des écrivains dans le monde entier qui construisent une oeuvre avec une culture différente dont on ne connait rien. 

Par exemple au Kerala, état du Sud de l'Inde,  on parle une langue qui s'appelle le malayalam. Or cet état est riche et éduqué, et pourtant on en ignore tout. Pourtant, il y a forcément là-bas des écrivains extraordinaires, et parmi eux, il en existe forcément un qui pourra plaire. Le travail de recherche est très important chez Zulma. Sur place, des traducteurs tout aussi passionnés traduisent quelques chapitres pour donner envie aux éditeurs français de publier leurs auteurs. C'est comme cela que Laure Leroy a découvert Basheer.

Si on prend un livre comme La somme de nos folies, c'est avant tout l'histoire d'une vieille dame excentrique, ce qui est plus important que de préciser que c'est un roman qui se passe en Malaisie.

Une identité singulière pour des voix fortes

David Pearsons était un graphiste anglais qui a beaucoup travaillé pour Penguin.

Laure lui a demandé pour leurs couvertures de respecter un cahier des charges, avec un design contemporain, reconnaissable, comme un écrin. De fait, la quatrième de couverture n'existe pas dans cet écrin.

 

Une équipe soudée

Au sein de cette équipe soudée, Béatrice Pô s'occupe du travail éditorial et de la fabrication, Héloïse Bailly est l'oeil de la maison, traquant les coquilles et aidant Béatrice, Catherine Henry s'occupe des relations libraires depuis 2006, Amélie Louat négocie les sessions de droits, l'acquisition des droits et Rym et maintenant Valentin se consacrent aux relations presse et blogueurs.

Le rôle d'agents

La spécificité de Zulma tient aussi au fait que la maison est l'agent de ses auteurs étrangers. Quand ils sont traduits dans un autre pays, c'est Zulma qui gère les contrats. Les échanges de droits se passent lors de la grande foire de Francfort. Zulma soit valider le choix de la maison d'édition, du traducteur, du titre et de la couverture.

 

Les étapes de la fabrication

L'impression se fait sur une feuille 52/80cm qui est ensuite pliée pour constituer des cahiers.

Les cahiers sont ensuite assemblés, cousus, puis placés dans la couverture.

Zulma travaille en partenariat avec les imprimeries Floch en Mayenne.

Rencontre avec Jean-Marie ROBLES

Le premier livre de l'auteur Là où les tigres sont chez eux, mélange de Umberto Eco et Indiana Jones, fut un véritable coup de coeur pour Laure Leroy. En 2014, elle publie de lui L'île du Point Némo, puis Dans l'épaisseur de la chair. En janvier 2019, il publiera Le rituel des dunes. Ce roman se passe à la fin ]des années quatre-vingt dans la Chine communiste. Roetgen vient de quitter Tientsin. Il laisse derrière lui le petit milieu des expatriés, joyeusement délétère et décalé, pourtant en prise avec le quotidien souvent absurde du régime. Plus que tout, c’est son histoire avec Beverly, une Américaine de vingt ans son aînée, que Roetgen cherche à comprendre. Beverly, qui a vécu (ou fantasmé) mille vies rocambolesques, des plus sordides aux plus éclatantes, est exubérante, excessive, jalouse, elle n’a aucune limite, elle ne vit que par passion. D’emblée Roetgen est fasciné, mais Beverly a aussi sa face obscure. Beverly réclame sans cesse à son amant des histoires à la hauteur de sa propre biographie. Il lui raconte les affres d’un empereur chinois au double visage, une folle nuit au cœur de la Cité Interdite, un vrai faux polar dont il ne livre qu’un chapitre sur deux – récits haletants, volontiers désopilants, qui vont à leur tour nourrir la folie de Beverly.
 

Sortira également La maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres. La puissante Mano Santa est appelée au chevet de Carlos Gardel, l’icône du tango, à la veille de sa tournée dans les Caraïbes. La guérisseuse emmène avec elle sa petite-fille Micaela, étudiante infirmière silencieuse et appliquée, à qui elle confie Gardel.

Les plus grands succès

Rosa Candida de Audur Ava OLAFSDOTTIR : vendu à plus de 100 000 exemplaires en grand format, et traduit partout dans le monde à la suite de son succès en France.

Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de ROBLES : Prix Medicis et Prix du roman Fnac

Palestine de Hubert HADDAD : prix Renaudot poche

Le garçon de Marcus MALTE : Prix Fémina

Mes coups de coeur :

Les romans de Audur Ava OLAFSDOTTIR dont Le rouge vif de la rhubarbe

Rosa Candida et L'exception

Le complexe d'Eden Bellwether de benjamin WOOD

La boite aux lettres du cimetière de Serge PEY

Gouverneurs de la rosée de Jacques ROUMAIN

L'île du point Némo de Jean-Marie ROBLES

La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

L'année des secrets de Anjana APPACHANA

Les nuits de laitue de Vanessa BARBARA

 

Merci à toute l'équipe pour ce bel après-midi !

Publié dans Divers

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Incendies de Wajdi MOUAWAD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ne haïr personne, jamais, la tête dans les étoiles, toujours."

Quand le notaire Lebel lit aux jumeaux Jeanne et Simon le testament de leur mère Nawal, ils découvrent avec surprise qu'ils ont un frère et que leur père qu'ils croyaient mort est vivant. Leurs destins se trouvent bouleversés par ces révélations qui les poussent vers la découverte de leur identité. Ils remontent alors aux sources de leur enfance, lors de la guerre civile au Liban.

En 2011, lors d'une rencontre avec Josée Lambert, une photographe québécoise, Wajdi Mouawad entend parler de Souha Bechara, militante libanaise pendant la guerre civile qui a tenté, en 1988, s'assassiner Antoine Lahad, chef des milices chrétiennes du Sud Liban. Elle fut alors incarcérée pendant dix ans dans une prison. Ce témoignage et l'histoire de cette femme touche profondément Wajdi Mouawad : lui aussi a passé son enfance au Liban qu'il quitte à l'âge de 8 ans pour échapper aux conflits qui s'intensifient entre les communautés de son pays. A partir de cette femme, il imagine le portrait de Nawal. Nawal est cette femme qui cherche à casser le fil de la haine, le cercle infernal de la violence, parce que sa grand-mère lui a ordonné d'apprendre à lire et écrire pour sortir de la misère et de la haine.
"Nous, [...] les femmes de notre famille, sommes engluées dans la colère depuis si longtemps ; j'étais en colère contre ma mère et ta mère est en colère contre moi tout comme tu es en colère contre ta mère. Toi aussi tu laisseras à ta fille la colère en héritage. Il faut casser le fil. Alors apprends... apprends à lire, à écrire, à compter, à parler : apprends à penser. Nawal. Apprends."

"Nous n'aimions pas la guerre ni la violence, nous avons fait la guerre et avons été violents. A présent , il nous reste encore notre possible dignité. Nous avons échoué en tout, nous pourrions peut-être sauver encore cela : la dignité."

L'écriture est un moyen pour l'auteur de retrouver le monde, un monde arraché par la guerre, par l'Histoire, les mots permettant de se lover à nouveau dans le monde de l'enfance et de l'enchantement.

"J'ai compris qu'il fallait choisir : ou je défigure le monde ou je fais tout pour le retrouver."

L'importance de la parole, du dialogue est en effet au centre du récit. Quand Hermile raconte un élément clé de la vie de Nawal que les enfants ne connaissent pas, Jeanne demande pourquoi Nawal lui a raconté cela, à lui, et non à eux. A quoi l'homme répond "Parce que je lui ai demandé !". Les êtres se livrent à ceux qui écoutent, non à ceux qui redoutent la parole. Cette parole est nécessaire pour dire, pour comprendre. Les discussions entre Nawal et Nawda agissent comme un miroir : deux faces, deux choix face à la guerre. Deux personnages que l'on comprend, que l'on approuve et désapprouve, dont les arguments résonnent en nous. N'est-il pas préférable dans ce cas de  ne haïr personne, de ne pas prendre parti car "Tout parti est faillible et possible, aveugle et cohérent, rival et né d'un même sang." (postface Charlotte Farcet) ?

"Au journaliste qui me demandait quelle était ma position dans le conflit du Proche-Orient, je n’ai pas pu lui mentir, lui avouant que ma position relevait d’une telle impossibilité que ce n’est plus une position, c’est une courbature. Torticolis de tous les instants.
Je n’ai pas de position, je n’ai pas de parti, je suis simplement bouleversé car j’appartiens tout entier à cette violence. Je regarde la terre de mon père et de ma mère et je me vois, moi : je pourrais tuer et je pourrais être des deux côtés, des six côtés, des vingt côtés. Je pourrais envahir et je pourrais terroriser. Je pourrais me défendre et je pourrais résister et, comble de tout, si j’étais l’un ou si j’étais l’autre, je saurais justifier chacun de mes agissements et justifier l’injustice qui m’habite, je saurais trouver les mots pour dire combien ils me massacrent, combien ils m’ôtent toute possibilité à vivre.
Cette guerre, c’est moi, je suis cette guerre. C’est un «je» impersonnel qui s’accorde à chaque personne et qui pourrait dire le contraire ? Pour chacun le même désarroi. Je le sais. J’ai marché toute la nuit à la faveur de la canicule pour tenter de trouver les mots, tous les mots,tenter de dire ce qui ne peut pas être dit. Car comment dire l’abandon des hommes par les hommes ? Ébranlés, ébranlés. Nous sommes ébranlés car nous entendons la marche du temps auquel nous appartenons et aujourd’hui, encore, l’hécatombe est sur nous.
Il n’y a que ceux qui crient victoire à la mort de leurs ennemis qui tirent joie et bonheur de ce désastre. Je ne serai pas l’un d’entre eux même si tout concourt à ce que je le sois. Alors justement, comment faire pour éviter le piège ? Comment faire pour ne pas se mettre à faire de la politique et tomber ainsi dans le discours qui nous mènera tout droit à la détestation ?
Je voudrais devenir fou pour pouvoir, non pas fuir la réalité mais, au contraire, me réclamer tout entier de la poésie. Je voudrais déterrer les mots à défaut de ressusciter les morts. Car ce n’est pas la destruction qui me terrorise, ce ne sont pas même les invasions, non, car les gens de mon pays sont indésespérables malgré tout leur désespoir et demain, j’en suis sûr, vous les verrez remettre des vitres à leurs fenêtres, replanter des oliviers, et continuer, malgré la peine effroyable, à sourire devant la beauté. Ils sont fiers. Ils sont grands. Les routes sont détruites ? Elles seront reconstruites. Et les enfants, morts dans le chagrin insupportable de leurs parents, naîtront encore. Au moment où je vous écris, des gens, là-bas, font l’amour. Obstinément.
Je les connais. Ils ont trouvé une manière de gagner qui consiste à perdre et cela dure depuis 7000 ans (...) Ce qui est terrifiant, ce n’est pas la situation politique, c’est la souricière dans laquelle la situation nous met tous et nous oblige, face à l’impuissance à agir, à faire un choix insupportable : celui de la haine ou celui de la folie."

Wajdi Mouawad, Le Devoir,
juillet 2006, extraits.

Un texte essentiel, pur, dur, pour aller au-delà de la haine... Enfin.

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur : Anima

 

Publié dans Théâtre

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Rencontre Babélio avec Janis Otsiemi

Publié le par Hélène

Jeudi dernier, Babélio organisait une rencontre avec Janis Otsiemi à l'occasion de la sortie de son nouveau roman Tu ne perds rien pour attendre dans le tout récent label de Plon : Sang Neuf dirigé par Marc Fernandez qui souligne "Nous en sommes sûrs, pour comprendre la société actuelle, il faut lire noir."

Voici de quoi il a été question :

La superstition en Afrique :

En Afrique, la frontière entre le réel et l'irréel est tangente, il est tout à fait courant d'entendre des histoires comme celle du fantôme pris en stop par Jean-Marc. Ce sont des histoires qui existent, des faits divers, des fantasmes, des rumeurs.

Le personnage de Jean-Marc :

Je voulais un personnage nouveau qui soit dans la justice mais rebuté par les pratiques du pays. En Afrique la notion de mérite n'existe pas en tant que telle. Il faut avoir des fétiches, des marabouts pour réussir. Par exemple si votre fils va passer le bac et a des difficultés en cours, vous ne faites pas appel à un professeur particulier, vous prenez le bic et les cahiers et vous vous rendez chez le marabout. Ainsi, l'esprit de l'ancêtre viendra habiter l'élève et écrira à sa place le jour du bac.

Au début je voulais choisir un journaliste mais ce n'était pas possible le journalisme n'est pas objectif là-bas, soit il dépend du pouvoir, soit de l'opposition.

Les femmes :

Un bon gabonais a toujours un deuxième ou troisième bureau, plusieurs femmes.

L'intrigue :

Les corses : L'histoire banale est un prétexte pour dénoncer. Les corses sont très présents au Gabon, ils sont dans les jeux, les machines à sous. Moi-même je travaille dans l'aviation d'affaires et mon chef est un corse -qui n'a pas encore lu le roman, je ne sais pas s'il va me garder après l'avoir lu !- Le Gabon est la deuxième patrie des corses.

Les jeux : Les gabonais jouent beaucoup. Dans leur extrême misère, ils espèrent gagner des millions, surtout les retraités. C'est une machine à lessiver les gens.

La drogue : l'ancienne route de la drogue passait par le Sahel mais avec le terrorisme, ils ne peuvent plus passer par là, ils passent par chez nous car de plus le régime est facilement corruptible.

Mon rapport avec la langue :

L'africain a un rapport particulier avec la langue française  : c'est une langue que nous avons reçu en héritage, ce n'est pas une langue nationale nous avons plusieurs dialectes en fonction des ethnies. Le français est alors devenu langue nationale. Mais le problème étant que avec ses relents gaulois cette langue française ne peut pas traduire la réalité dans laquelle je vis. Je triture le français, c'est une espèce de vengeance contre les colonisateurs, nous nous approprions leur propre langue. Par exemple motamoter signifie apprendre par coeur ou encore la sans-confiance est une babouche chinoise en qui on ne peut pas avoir confiance car elle peut vous lâcher à tout moment.

Notre langue est pleine de richesses, elle traduit notre vécu, notre réalité. Ce n'est pas pour paraitre exotique mais c'est MA langue.

Dans cet opus, mon travail sur le style est plus classique. En effet, j'ai été touché par les critiques qui me reprochaient auparavant une intrigue un peu faible. J'ai voulu privilégier l'intrigue cette fois-ci.

Libreville :

A Libreville le front de mer est beau, mais c'est l'intérieur qui m'intéresse, quelques encablures plus loin on rencontre le peuple de l'intérieur, qui vit dans la précarité et la misère. Personnellement j'habite les Etats-Unis d'Akébé, un quartier populaire.

Comment tout a démarré :

Mes copains ont dit que j'écrivais comme un bourgeois, mes amis m'ont demandé d'écrire quelque chose dans lequel ils pourraient se reconnaitre.

Le polar africain :

Le polar africain est calqué souvent sur le mode occidental avec des médecins légistes qui pourtant n'existent pas chez nous. je voulais un roman réaliste. Ce n'est pas la réalité à 100 % mais MA réalité, nourrie de mon imaginaire, de ma manière de voir les choses.

La prise de pouvoir de Bongo :

C'était difficile on se planquait tous... A cause de la susceptibilité de certains politiques africains, je m'autocensure. Je n'ai pas peur mais je protège aussi ma famille.

Par exemple un article est sorti dans le Point intitulé "Gabon maudit" qui a eu des conséquences, on m'a accusé de véhiculer une mauvaise image du Gabon. J'ai répondu que je n'étais pas fonctionnaire du tourisme.

Je crains des réprésailles, pour l'instant je ne suis pas inquiété par contre j'ai des pressions extérieures des voisins des collègues j'essaie de garder mon indépendance, je dis tout de même les choses.

Le rapport avec les services de la police ?

Pour les observer, je débarque dans leur commissariat et j'invente un histoire, je dis que mon frère a disparu, on m'envoie au sous-sol voir un enquêteur qui me laisse dans un coin le temps de régler d'autres affaires. L'enquêteur a encore une machine à écrire du temps de De Gaulle, il est là, il fait son truc, et j'observe.

Les bars

En Afrique, le Gabon et le Cameroun sont les pays où l'on consomme le plus d'alcool. mais on boit pour se saouler, non par goût comme en France. Par exemple le whisky frelaté marche bien chez nous.

L'édition au Gabon ?

Il existe quelques maisons d'édition à compte d'auteurs, mais cela reste rare. De même, il y a peu de librairies, il n'y a pas de réseau de distribution. Les librairies sont souvent des librairies scolaires, si je voulais diffuser mon livre là-bas je devrais le commander à perte en France. De fait pour être connu là-bas, un auteur doit être "blanchi" passé par la France. En plus le livre est cher, il n'y a pas de culture du livre.

Quand j'étais petit, je lisais des romans à l'eau de rose car j'avais neuf soeurs. Puis j'ai découvert "Le lac" de Lamartine et j'ai eu une révélation, j'ai appris à écrire en recopiant des pages de Balzac. La littérature m'a sauvé. Sans elle je serais peut-être devenu délinquant, bandit, dans les quartiers où j'ai grandi tout est fait pour que tu ailles dans le mur.

Mon parcours dans l'édition tient à une question de rencontres : j'avais publié un petit livre à compte d'auteur  et j'avais un blog de littérature africaine. Jigal a lu mon livre, m'a contacté et m'a demandé un manuscrit.

Ma vie là-bas :

Pour le moment j'ai fait le choix de rester au pays. Et puis "l'Afrique est un polar à ciel ouvert" Des histoires dingues nous arrivent en Afrique, si ton voisin meurt on peut t'accuser de l'avoir assassiné ! Pour moi c'est de la matière, c'est un filon en or.
 

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L'odeur du café de Dany LAFERRIERE

Publié le par Hélène

"Da boit son café. J'observe les fourmis. Le temps n'existe pas." p. 16

Le narrateur, petit garçon, évoque ses vacances passées à Petit-Goâve aux côtés de sa grand-mère, Da. Ses souvenirs d'enfance oscillent entre jeux entre camarades, discussions enflammées avec les voisins, maladies qui le clouent au lit, mais surtout observation avide de tout ce qui l'entoure et crée un univers qui résonnera à jamais par la suite dans son âme d'adulte.

"La mer
Je n’ai qu’à me tourner pour voir un soleil rouge plonger doucement dans la mer turquoise. La mer des Caraïbes se trouve au bout de ma rue. Je la vois scintiller entre les cocotiers, derrière les casernes.

La bicyclette rouge
Cet été encore, je n’aurai pas la bicyclette tant rêvée. La bicyclette rouge promise. Bien sûr, je n’aurais pas pu la monter à cause de mes vertiges, mais il n’y a rien de plus vivant qu’une bicyclette contre un mur. Une bicyclette rouge. "

L'auteur dit avoir écrit ce livre pour :

"Ne jamais oublier cette libellule couverte de fourmis.

Ni l'odeur de la terre.

Ni les pluies de Jamel.

Ni la mer derrière les cocotiers.

Ni le vent du soir.

Ni Vava, ce brûlant premier amour.

(...)

Mais j'ai écrit ce livre surtout pour cette seule scène qui m'a poursuivi si longtemps : un petit garçon assis aux pieds de sa grand-mère sur la galerie ensoleillée d'une petite ville de province."

"Je fuyais l’hiver montréalais en remontant le cours de ma mémoire jusqu’à la source chaude de mon enfance. Je quittais aussi le bruit et la fureur que génèrent les métropoles nord-américaines pour me réfugier, au pied de ma grand-mère, sur cette petite galerie de Petit-Goâve. Comme il m’était difficile, à l’époque, de songer à vivre en Haïti avec ma famille, je me suis arrêté à Miami. On a trouvé la maison, dans un quartier tranquille de la ville, devant laquelle j’ai tout de suite planté un bougainvillier. Puis j’ai posé ma machine à écrire en face de la fenêtre qui donne sur la cour. Je n’avais qu’à allonger le bras pour caresser les feuilles de l’arbre qui se trouvait dans l’embrasure de ma fenêtre et dont le vent dans les feuilles faisait une musique qui me berçait à l’heure de la sieste. C’est dans un moment pareil que surgit le visage à la fois doux et ridé de ma grand-mère qui me souriait et, tout à coup, un grand soleil illumina la pièce. C’est pour la garder plus longtemps avec moi que je me mis à écrire L’Odeur du café. Cette odeur s’était infiltrée dans tous les recoins de mon enfance. Chaque matin, à Miami, je partais faire le tour du petit lac, pas loin de chez moi, en tentant de ramener au retour quelques images lumineuses d’une époque magique. Je revenais parfois bredouille, d’autres fois avec une pêche miraculeuse. J’avançais par petites touches. Un matin j’essayais de faire remonter à la surface tout le bruit de la rue Lamarre un samedi matin. Quelques jours plus tard, je décrivais la maison, le 88, où je vivais avec ma grand-mère, quelques tantes et mon chien. Puis ce fut la galerie où nous passions le plus clair de notre temps. Cette galerie, je la connaissais bien. Je pouvais me rappeler tout ce monde si grouillant mais invisible aux yeux des adultes qui s’y agitait. Ma grand-mère buvait constamment du café. Comment restituer de tels moments en apparence si naïfs, mais plutôt complexes quand on y plonge ? J’ai décidé de ne plus chercher une forme particulière, mais de permettre à cette montagne de détails et d’émotions de trouver sa forme définitive. La réalité impose son style. Je me mets dans l’ambiance de mon enfance et j’essaie d’écrire sans faire attention aux mots. En fait, je n’écris pas, je peins. Tout en rêvant de l’art de ces peintres naïfs dont les tableaux aux traits parfois grossiers et aux couleurs chatoyantes dégagent une énergie si primitive qu’on oublie tout esprit critique pour vivre le moment. Pour ma part, je souhaite que le lecteur cesse de lire pour traverser la page et venir flâner dans les rues de Petit-Goâve. Je suis sûr que si ses pas l’amènent à la rue Lamarre, Da lui offrira une tasse de café pour fêter les vingt-cinq ans de L’Odeur du café, le roman de son petit-fils. Il me trouvera sur la galerie, toujours fasciné par l’agitation des fourmis. Le temps n’existe pas. Et l’éternité guette Da."Dany Laferrière

 

Hommage touchant à une enfance simple entourée d'amour, ces scènes de vie nous rappellent combien les souvenirs d'enfant sont précieux...

 

Présentation de l'éditeur : Zulma

D'autres avis : Repéré chez Yves ; Télérama ; Nadael  nous parle de la version jeunesse ; Papillon ;

 

L'odeur du café, Dany Laferrière, Zulma, mai 2016, 240 p., 9.95 euros

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Déceptions du mois de mai

Publié le par Hélène

Le saut oblique de la truite de Jérôme Magnier-Moreno

Pitch : « La Corse. Boisée. Montagneuse. Désertique. Magnifique. Mer bleue. Minuscules coques blanches des bateaux jetées dans l’eau comme une poignée de graviers. Côtes brunes. Nouvelle palettes de couleurs. »

Le peintre Jérôme Magnier-Moreno a mis dix ans pour écrire une histoire qui ne parle de rien – ou presque ; un jeune homme parti pêcher le long du GR20… Un premier roman initiatique procurant une impression unique de liberté.

Mon avis : Le résumé dit que ça ne parle de rien. C'est bien ça le problème. Parce que le projet de voyage du jeune narrateur tombe plus ou moins à l'eau étant donné que son compagnon d'aventures ne vient pas au rendez-vous. En fait ce récit est inclassable : il n'est ni poétique, ni drôle à mon goût, ni philosophique, ni écologique ou que sais-je encore. Il raconte juste un voyage lambda, voyage que tout un chacun aurait pu vivre et raconter. En effet le style de l'auteur n'est pas non plus très littéraire, plus télégraphique que proustien... Mais ce qui finit par franchement être dérangeant est cette manie d'user et d'abuser des situations scato-sexo, le summum étant tout de même ponctué par la description détaillée de l'issue d'une tourista carabinée. Presque chaque soirée sous les étoiles est animée par une branlette poétique à souhait, bref tout est prétexte "Pour un homme, c'est typiquement le moment de choisir un arbre à sa convenance contre lequel se soulager, ce que je ne tarde pas à faire avec cette nonchalance animale qui caractérise les bipèdes de mon sexe." p. 48

Vous l'aurez compris, je n'ai pas adhéré à ce récit, mais les avis sur la blogo à qui l'auteur a envoyé son livre, sont plutôt positifs...

Présentation de l'éditeur : Editions Phébus 

D'autres avis Jostein ; Nicole ; Nathalie ; Cathulu ; Antigone ; Keisha ;

La loi des sames de Lars Petterson

Pitch : Kautokeino. Localité de Laponie norvégienne où des Sames – un peuple autochtone – continuent à vivre de l’élevage des rennes, et selon des traditions ancestrales.
Anna Magnusson, jeune substitut du procureur à Stockholm, mène une existence à mille lieues de ses origines sames, que sa mère a reniées en venant vivre en Suède… Jusqu’au jour où sa grand-mère l’appelle à l’aide : son cousin Nils Mattis est accusé de viol. Chargée de trouver un arrangement avec la plaignante, Anna accepte de retourner à Kautokeino, qui n’évoque pour elle que de lointains souvenirs d’enfance.
Une fois sur place, rien ne se passe comme prévu. Traitée comme une étrangère, Anna se trouve confrontée aux lois implicites qui règnent dans ces contrées reculées. Entre les menaces qu’elle subit et les vérités qu’on lui cache, la jeune femme se rend compte que cette affaire de viol n’est que la partie émergée d’une situation bien plus complexe. Commence pour elle une périlleuse enquête, qui lui fera redécouvrir ses racines et l’univers de ses ancêtres.
Originellement conçu comme un scénario, La loi des Sames est un thriller qui se vit, se voit, se ressent.
Le regard fin et perçant de Lars Pettersson nous plonge au cœur de la société same. En suivant son héroïne courageuse et sensible, incarnation de la tension entre le moderne et le traditionnel, le lecteur saisit en profondeur ce qui pourrait sembler indicible : le poids des attentes familiales, la place des origines dans le façonnement de notre identité, la majesté des paysages polaires…

Mon avis : Je suis surprise en lisant le pitch pour la préparation de ce billet d'apprendre que initialement ce roman était prévu pour être un film car le défaut principal pour moi est qu'il manque de rythme, qu'il n'avance pas suffisamment, et reste répétitif dans ses scènes. L'héroïne passe son temps à errer sans fin dans les paysages glacés. La réflexion de fond est intéressante, entre ceux qui choisissent de rester pour les terres et pour honorer les ancêtres et leur histoire et ceux qui font le choix de partir, mais ladite réflexion tourne en rond. L'ensemble est lonnnngggg...

D'autres avis : Babelio

Sur Babélio les avis se rejoignent effectivement, j'aurais mieux fait de consulter les avis avant de me lancer dans la lecture de ce roman !

Le bois du rossignol de Stella Gibbons

Pitch : Charmante écervelée, Viola Wither se retrouve veuve à vingt et un ans. Frivole et sans le sou, elle n’a qu’une porte de sortie : quitter Londres et emménager chez sa belle-famille. Entre ennui mortel et hystérie, la vie à la campagne est tristement cocasse. Jusqu’au jour où elle s’éprend du plus beau parti de la région, promis à une autre. Et qu’elle flirte avec lui…

Une comédie pétillante et poivrée, dans la lignée d’une Jane Austen qui aurait revisité Cendrillon.

Mon avis : En prévision du mois anglais je l'ai sorti de ma PAL je me souvenais que Keisha avait adoré. Mais... Je n'ai pas trouvé les personnages attachants, je n'ai pas trouvé le fond très profond, et je l'ai finalement abandonné en cours de route...

Présentation de l'éditeur : Points

 

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