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1205 résultats pour “vie parfaite

Remise du prix Psychologies du roman inspirant 2018

Publié le par Hélène

Mardi avaient lieu les délibérations et la remise du prix Psychologies du roman inspirant 2018

Un jury de choc :

Le jury était composé de :

Philippe Besson, notre président du jury qui a emporté le prix l'an dernier avec l'excellent Arrête avec tes mensonges

Mathilde Walton, chargée de programmation à la villa Gillet

Chloé et Michèle, lectrices du magazine

Ariane Bois, journaliste et romancière

Christine Sallès journaliste

Margaux Rambert journaliste

Christilla Pellé-Douël journaliste

Marie-Claire Pléros, libraire à L'arbre à lettres à Bastille,

Colette Kerber, libraire aux Cahiers de Colette

Matthieu Bossard libraire à Le passage à Lyon

Eva, blogueuse littéraire https://tuvastabimerlesyeux.fr/

et moi !

Une pré-sélection de qualité :

La pré-selection a été établie par Christine, Ariane et Christilla. Le fil conducteur du témoignage, de l'autofiction leur est apparu après leur sélection faite. Elles cherchaient des livres forts, inspirants et ont choisi :

Bakhita de Véronique Olmi chez Albin Michel

Neverland de Timothée de Fombelle aux éditions L’Iconoclaste

Mon père sur mes épaules de Metin Arditi chez Grasset

Mort d’un cheval dans les bras de sa mère de Jane Sautière chez Verticales

Une rencontre à Pekin et  Une autre Aurélia de Jean-François Billeter, chez Allia

Des délibérations passionnées :

Chacun a défendu son point de vue lors des délibérations, quelquefois ardemment pour privilégier tel ou tel titre. Si un premier tour a d'emblée éliminé deux titres, il s'agissait ensuite de convaincre les autres de garder notre préféré, en leur montrant peut-être des aspects qu'ils avaient pu occulter. J'ai personnellement défendu Bakhita et Neverland. La force de ce prix est que nous avons vraiment eu le temps et l'opportunité de nous exprimer, de partager nos avis, nos ressentis, nos coups de coeur, nos coups de gueule, dans le respect et la bonne humeur ! A noter que nous étions accueillis par Dalloyau pour le plus grand plaisir de nos papilles gustatives...

And the winner is ...

Jean-François Billeter pour Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia

Les passeurs de livres ...

Nous avons ensuite pu continuer à discuter tous ensemble autour de cette passion commune qui nous rassemblait. Je suis repartie avec une liste de livres à lire assez impressionnante :

- Un chagrin d'aimer de Geneviève Brisac

- My absolute darling de Gabriel Tallent

- La ville gagne toujours de Omar Robert Hamilton

- les romans de Wilfried N'Sondé

- L'appartement de André Markowicz

- La vie parfaite de Silvia Avallone

- Alfred Hayes Une jolie fille comme ça

- Max Winson de Jérémie Moreau (BD)

- Deux étrangers de Emilie Frèche

- Méto de Yves Grevet pour ma fille

- L'été où maman a eu les yeux verts de Tatiana TIBULEAC

- Force of nature de Jane Harper

- Les ombres de Montelupo de Valério Varesi

- La tristesse du samouraï de Victor Del Arbol

- Boccanera de Michèle Pedinielli

Ainsi que des maisons d'édition à visiter absolument :

Le bruit du temps

Agullo

et des spectacles à voir comme "Vous n'aurez pas ma haine"

Une soirée privilégiée :

Le musée du Luxembourg était ensuite privatisé pour la remise du prix et nous avons ainsi pu visiter la magnifique exposition sur le Tintoret dans des conditions idéales !

Sans oublier bien sûr les bulles ... Ce fut également l'occasion de croiser Nicolas Gaudemet, dont je vais lire prochainement le roman La fin des idoles, et Camille du blog Mémoire du vivant. 

Merci à Pauline pour son organisation, à Julie pour m'avoir permis d'être dans ce jury, à toute l'équipe de Psychologies pour leur accueil, à Sandra pour sa visite guidée de l'expo et pour m'avoir accompagnée, à Eva pour sa présence radieuse, à Marie-Claire pour son écoute et sa passion, à Christine pour son franc-parler et pour ses conseils éclairés, à Olivier et Martial, à ma mère, bon bref, je m'égare, c'était un chouette moment, et je le place parmi mes expériences de jurée préférées, aux côtés du jury du prix Orange du Livre.

 

Publié dans Prix littéraires

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Meurtre au sommet de José GIOVANNI

Publié le par Hélène

   meutre-au-sommet.jpg 

♥ ♥ ♥

 

  L’auteur :

  Pendant la Seconde Guerre mondiale, José Giovanni entre dans la Résistance Française. La Libération venue, il est accusé de racket. Emprisonné en 1945, il est condamné à mort. Son père, certain de son innocence, oeuvre corps et âme pour le réhabiliter. Après onze années de lutte, José Giovanni obtient la grâce présidentielle. A trente-trois ans, l'homme est enfin libre. Il prend la plume pour se soulager de cette mauvaise expérience, 'Le Trou' paraît en 1957. Deux années plus tard, Jacques Becker l'adapte au cinéma. Ecrivain, il devient aussi scénariste et dialoguiste pour différents grands noms du cinéma : Becker, Sautet… Dans les années soixante, Giovanni se place, à son tour, derrière la caméra : 'Le Rapace', 'Deux hommes dans la ville'... Il devient un fidèle du film noir, et tourne avec les meilleurs acteurs de l'époque : Belmondo, Delon, Gabin, Ventura… Réalisateur pour le cinéma, il l'est également pour la télévision à partir des années quatre-vingts. La décennie suivante, Giovanni délaisse la réalisation au profit de la plume. Auteur de nombreux ouvrages, il tire de son récit autobiographique, 'Il avait dans le coeur des jardins introuvables', le film 'Mon père', dirigé par Bertrand Tavernier. Il décède d'une hémorragie cérébrale, laissant derrière lui une oeuvre très riche. (Source : Evene)

 

L’histoire :

  En cet été 1962, le riche industriel Jean Réno [ça ne s’invente pas !], 45 ans, célibataire, beau gosse, est brutalement rattrapé par son passé trouble. Une raison suffisante pour aller se changer les idées en haute montagne. Au programme : la face nord des Drus, le bivouac au pied du grand névé conique, l'attaque du granit et de ses cheminées étroites et enfin l'ivresse du sommet atteint. La dernière ascension pour Jean Réno, dont le corps s'écrabouille dans une crevasse, huit cents mètres plus bas. Accident ou meurtre ? L'aiguille du Dru pourrait-elle être le terrain idéal du crime parfait ? Chargé de l'enquête par une compagnie d'assurances, Georges, jeune détective parisien, peine à démêler l'écheveau. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

  Jean Réno est un riche industriel au passé peu reluisant qui va subir le chantage d’un de ses anciens acolytes. Pour échapper à cette pression, il décide de s’aérer à Chamonix et de s’adonner à son activité favorite : l’alpinisme. Malheureusement, il chute en escaladant la face nord des Drus et se tue. Accident, suicide, meurtre ? La compagnie d’assurances décide d’enquêter. Georges, enquêteur de pacotilles est dépêché sur place, mais il pense davantage à courser les jolies filles qu’à découvrir la vérité…

 

 drus2.jpg

En plantant le décor de son roman à Chamonix, José Giovanni navigue en terrain connu puisqu’il est lui-même alpiniste passionné par la haute montagne. Il nous invite donc dans un univers connu, aux côtés de personnages emblématiques du lieu et de l’époque comme les alpinistes Louis Lachenal, Lionel Terray et Gaston Rébuffat, le grand reporter à Paris-Match Gérard Géry, ou encore Louis Janin le patron de l’hôtel de Paris.

L’auteur s’attache également aux valeurs véhiculées par la montagne :

 « La montagne ne lui avait encore jamais menti. Avec elle, il avait toujours su à quoi s’en tenir. Elle siplifiait tous les problèmes, les ramenait à l’essentiel : la vie ou la mort.

Si dans la société des Vallées il existait mille manières de vivre (à plat ventre, à genoux, à quatre pattes, mi-tortue mi-reptile), en haute montagne ceux qui vivaient vivaient debout. Même ceux que la foudre surprenait, on les retrouvait debout.

C’était ça la réponse de la montagne, cette réponse que Réno faisait sienne : vivre debout ou mourir. » (p. 56)

 Les dangers de la montagne et ses morts sont bien présents, mais l'aspect tragique de la destinée de certains est contrebalancé par le ton humoristique donné par le personnage de Georges, dragueur léger et sympathique.

La résolution de l’intrigue est machiavélique, surprenant le lecteur déjà conquis par cette atmosphère hautement fascinante.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Le mystère que le passé trouble de Jean Réno n’est pas levé, alors que ledit mystère est au cœur du chantage exercé sur l’industriel…


Premières phrases :

 « Jean Réno s’approcha d’une fenêtre de son bureau ? De là, il avait une vue d’ensemble sur les laboratoires de produits pharmaceutiques. Il voyait même les grandes lettres noires : LABORATOIRES J. RENO. »

 

Meurtre au sommet, José Giovanni, Hoëbeke, 1997, 213 p., 15 euros

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Esprit d'hiver de Laura KASISCHKE

Publié le par Hélène

                                      esprit-d-hiver.jpg

 

Un récit oppressant

 

L’auteur :

Laura Kasischke est née en 1961 à Grand Rapids, dans l’État du Michigan. Elle a fait ses études à l'Université du Michigan. Ella a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires ainsi que le Hopwood Awards. Elle a également reçu la Bourse MacDowell. Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river(1999), La Couronne verte(2008), En un monde parfait(2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et À suspicious riveront été adaptés au cinéma. Laura Kasischke vit actuellement à Chelsea, dans le Michigan, avec sa famille. Elle enseigne l'art du roman à l’université de Ann Arbor. (source : éditeur)

 

L’histoire :

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. » Marine Landrot, Télérama

(Quatrième couverture)


Mon avis :

Le matin de Noël, Holly se réveille tard. Son mari part comme une flèche chercher ses parents à l’éaroport, et  sa fille se terre dans sa chambre. Holly ressent comme une angoisse diffuse, difficile à cerner, qu’elle aimerait retranscrire par écrit, comme pour mieux l’appréhender et la comprendre. Mais elle ne trouve ni le temps car il lui faut préparer le repas de Noël, tandis que la cohabitation avec sa fille Tatiana se fait de plus en plus tendue et étrange. Le blizzard se lève, les invités annulent leur venue, Tationa devient inquiétante et l’angoisse sourde prend ses aises, entre souvenirs de l‘adoption de Tatiana et tensions exacerbées dans la maison.

Esprit d’hiver est un huis-clos anxiogène, qui plonge dans la psychologie de Holly avec une précision chirurgicale. Les non dits évacués par la conscience de Holly s’estompent petit à petit, le pire revient à la surface, et le coup de massue ne sera assenée qu’à la toute dernière page.

Il faut être prêt à aborder des rivages mouvants qui effleurent la conscience et l’inconscient, prêt à sentir jusque dans nos chairs le mal être rampant dans les pièce sd ela maison, insidieusement, sournoisement.

Laura K. crée un univers particulier, suintant, qui crée un malaise lancinant.

"Vous voyez, c'est toujours la même obsession qui revient, des êtres qui voudraient supprimer des choses qu'ils savent avant que ces choses ne les anéantissent eux-mêmes." Interview le Monde 

 

Premières phrases :

"Noël, 20..

 

Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut :

Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.

C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?

Treize ans ?

Treize ans !"

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Sucipisious river

D’autres avis :

  Lecture commune avec Géraldine,  Tiphanieet Cynthia

Les Inrocks ; Télérama

      Papillon Clara 

 

Esprit d’hiver, Laura Kasischke, traduit de l'anglais (EU) par Aurélie TRONCHET, Christian Bourgeois éditeur,

 

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      11/20

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Un petit détour et autres racontars de Jorn RIEL, Gwen de BONNEVAL, Hervé TANQUERELLE

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥ ♥ ♥

"Dans les grandes lignes, faut bien reconnaître que la vie est surprenante et merveilleuse à vivre."

 

Les auteurs :

Jorn RIEL : Auteur. Né au Danemark en 1931, bercé par les récits de Knud Rasmussen, Jørn Riel a passé seize ans au Groenland, où il a cotoyé Paul-Émile Victor. Écrivain, ethnologue, c’est aussi un conteur fabuleux. Le succès de ses fameux « racontars arctiques », puis celui de trilogies comme Le Chant pour celui qui désire vivre ou Le Garçon qui voulait devenir un Être Humain, tous publiés aux éditions Sarbacane, lui ont apporté la reconnaissance. Il vit actuellement en Malaisie.

Gwen de BONNEVAL : scénariste Gwen de Bonneval est un auteur complet (Basile Bonjour,Monsieur Forme), dessinateur sur des scénarios de Fabien Vehlmann (Samedi et DimancheLes Derniers Jours d’un Immortel), ou scénariste pour des dessinateurs (Frantz Duchazeau, Nicolas Hubesch, Hervé Tanquerelle… ). Primé au Festival d’Angoulême en 2010 pour Messire Guillaume, en collaboration avec Matthieu Bonhomme. Il est aujourd’hui directeur éditorial du mensuel de bd numériques : Professeur Cyclope. Ses deux derniers ouvrages parus sont Bonneval Pacha avec Hugues Micol (Dargaud), et Adam et Elle avec Michaël Sterckeman (Glénat).

Hervé TANQUERELLE : Dessinateur. Hervé Tanquerelle a multiplié les expériences graphiques et narratives : La Ballade du Petit Pendu chez l’Association, puis il reprend le dessin de la série Professeur Bell de Joann Sfar aux éditions Delcourt, suivent La Communauté, éditions Futuropolis, Faux Visages sur un scénario de David B, Les Voleurs de Carthage publié aux éditions Dargaud. Il est également rédacteur en chef de Professeur Cyclope, mensuel de bd et fictions numériques. Hervé Tanquerelle vit à Nantes.

(Présentation de l'éditeur)

L'histoire :

Dans la première partie du XXe siècle, sur le vaste territoire du nord-est du Groenland, des trappeurs vivaient de la chasse et de la vente de peaux d’ours polaires, renards, phoques et autres gibiers… De son séjour dans les années 50 auprès de ces trappeurs, Jørn Riel en a rapporté ses désormais célèbres Racontars. Selon lui, un racontar, «c’est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge. À moins que ce ne soit l’inverse.»

- L’oeuvre majeure de Jørn Riel formidablement adaptée en BD !
- 20 000 exemplaires vendus des tomes 1 et 2

(Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

Retrouver l'univers délirant de Jorn Riel en Bd, c'est un vrai bonheur. Trois de ses nouvelles sont adaptées dans ce tome :

"La balle perdue" : une fameuse chasse à l'ours orchestrée de main de maître par Siverts.

"Un petit détour" : où Valfred entre deux siestes, et Hanse, entre deux bains, visitent du pays. Mais les deux compères se retrouvent dans une position improbable.

Un petit détour et autres racontars de Jorn RIEL, Gwen de BONNEVAL, Hervé TANQUERELLE
Un petit détour et autres racontars de Jorn RIEL, Gwen de BONNEVAL, Hervé TANQUERELLE

"Ce qu'il advint d'Emma par la suite" où l'indécrottable positivisme de l'Islandais Fjordur. Cette dernière nouvelle reprend le mythe d'Emma, particulièrement fascinant et inventif : les trappeurs, en manque d'affection féminine, ont inventé une femme imaginaire, Emma, dont ils se cèdent "les droits" tour à tour. Jusqu'à Fjordur qui ne comprend pas qu'on ne lui présente pas la femme en chair et en os alors qu'il en a acheté les droits... 

Chaque nouvelle est un trésor d'inventivité et d'intelligence, et cette adaptation parfaitement réussie est idéale pour s'initier au monde particulier de ces hommes du froid, drôles et philosophes à la fois.

"J’ai découvert la série des Racontars par hasard, on m’en avait offert un épisode pour un anniversaire. J’ai trouvé les héros tellement attachants que j’ai eu envie de les faire connaître à mes amis. D’où l’idée d’une adaptation. Jørn Riel est un homme au regard bleu froid, il impose le respect, on n’a pas envie de lui taper sur l’épaule. Aussi, je n’en menais pas large quand on lui a présenté des planches. Mais son regard s’est adouci, puis a pétillé, enfin il a souri en regardant le personnage de Valfred. Quel soulagement ! » (Gwen de Bonneval)

 

Ce que j'ai moins aimé :

Comme toujours dans les BD noir et blanc, j'ai imaginé les pages en couleurs et je me suis dit que cela aurait été magnifique !

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur ; La vierge froide ;  Le roi Oscar et autres racontars

 

D'autres avis :

Télérama

A propos des livres 

 

Un petit détour et autres racontars, Riel, Tanquerelle, De Bonneval, Sarbacane, octobre 2013, 22 euros

 

Reçu dans le cadre de l'opération "La BD fait son festival" chez Priceminister 

Note : 18/20

 

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Vert Palatino, un printemps meurtrier de Gilda PIERSANTI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 Prix polar dans la ville

 

L’auteur : 

Née en italie quand les sixties n'étaient pas les sixties, non loin de la ville d'Hadrien, elle a grandi à Rome et nourri une passion précoce pour la Ville éternelle. Philosophe, critique littéraire, tradutrice, elle est l'auteur de romans noirs. (présentation de l'auteur)

Le site de Gilda Piersanti 

 

L'histoire :

 

À Rome, depuis des semaines, il pleut. La ville est paralysée, le jour de Pâques s’est terminé en bouillie, personne n’a pu remplir le panier pour le pique-nique rituel de Pasquetta (le lundi de Pâques). Et voilà qu’une accalmie inespérée surprend tout le monde, sauf le petit groupe d’archéologues qui l’attendaient avec impatience et décident d’aller vérifier leurs fouilles sur la colline du Palatino, arrêtées « pour cause météorologique ». Mais, sous les bâches blanches qui protègent les fouilles, une surprise attend une jeune archéologue de l’équipe en mal d’amour.

Dans cet épisode, le sang froid de l’inspecteur principal Mariella De Luca est mis à dure épreuve au cours d’une enquête qui la conduira des milieux pédophiles jusqu’aux troubles intimes d’une jeune mère habitant le quartier de Corviale, cette extraordinaire barre de logements sociaux d’un kilomètre de long, construite à la fin des années 70 au sud-ouest de Rome. (Présentation de l’éditeur)
 

Ce que j’ai aimé :

Un bon roman policier ne se contente pas d’une intrigue passionnante, pour acquérir une épaisseur substantielle, il doit conjuguer une atmosphère particulière, des personnages à la profondeur attirante, un contexte social ou politique inévitable, bref il lui faut tout un faisceau de ramifications qui le mèneront vers un gage de qualité. Les romans de Gilda Piersanti sont de cette veine, ce Vert Palatino s’accordant parfaitement avec les prérogatives requises.

 Gilda Piersanti situe ses intrigues dans une ville qu’elle connait sur le bout des doigts, pouvant ainsi facilement semer tout cliché touristique.  Vert Palatino est le deuxième opus des Quatre saisons Meutrières, « Les quatre saisons meurtrières : quatre histoires, quatre enquêtes policières qui débutent sur des lieux communs du noir pour les déjouer… » (résumé de l’éditeur)

 palatin.jpg

 Durant ce printemps 2001, Rome est assaillie de pluies diluviennes que viennent adoucir une accalmie à laquelle personne n’ose croire. Mais les romains sont reclus chez eux, devant leurs écrans, la coupe d’Italie battant son plein. Seule Mariella ne semble pas vibrer devant le championnat, même si, en italienne de souche,  elle maîtrise le sujet au besoin.

 Mariella De Luca est une jeune femme mystérieuse, à fleur de peau, qui aime suivre ses impulsions, aussi scabreuses soient-elles. Enquêtrice hors pair, sa vie privée erre dans des territoires sombres aux fils entremêlés.

 « Elle s’était jurée qu’elle ne tomberait jamais sous l’emprise d’un homme. L’amour, surtout pour les femmes, c’était l’instrument des tortures qu’elles s’infligeaient à elles-mêmes. » (p. 155)

 Elle bénéficie du soutien sans pareil de son responsable hiérarchique D’Innocenzo, un homme marqué par la disparition inexpliquée en Inde de son fils sept ans auparavant, et par l’aphasie dans laquelle est tombée sa femme suite à cette disparition. Cette intrigue secondaire mystérieuse et non résolue du roman permet de pousser le lecteur en avant vers les épisodes suivants.

 Dans cette enquête, Mariella est affublée d’un jeune stagiaire et le meurtre d’un membre d’un réseau pédophile et la disparition quasi simultanée d’une petite fille les mènent dans le quartier de Corviale, une barre d’immeubles de un kilomètre de long, haute de neuf étages, surnommée « Le Serpentone » en raison de sa réputation sulfureuse. Au fil de ses découvertes, Mariella explorera plusieurs milieux et sera amenée à côtoyer des personnages atypiques, aux souffrances éraillées.

 corviale1.jpg

 Un opus italien magistral !

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

  

Premières phrases :

« Elle manqua la dernière marche et s’agrippa à la grille. En principe, il fallait des clés pour entrer. En montant jusqu’au dernier étage, Mariella se doutait que ce serait fermé. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Rouge abattoir de Gilda PIERSANTI

Autre :  Le roi Lézard de Dominique SYLVAIN

 

Vert Palatino, un printemps meurtrier, Gilda PIERSANTI, Editions le Passage, 320 p. 15 euros

POCHE : Vert Palatino, un printemps meurtrier, Gilda PIERSANTI, Pocket, février 2009, 6.70 euros

 challengeQuatreSaisons 

Publié dans Roman policier Europe

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Le lanceur de couteaux de Steven MILLHAUSER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

  « A l’orée du merveilleux »

  

L’auteur :

Steven Millhauser est un nouvelliste et romancier américain. Son écriture poétique, explorant les frontières entre rêve et réalité, lui a valu à plusieurs reprises les louanges de la critique. Ainsi, il obtient le prix Médicis étranger en 1975 pour 'La Vie trop brève d'Edwin Mulhouse' et le Prix Pullitzer en 1997 pour 'Martin Dressler ou Le roman d'un rêveur américain'. Son univers merveilleux teinté de fantastique est souvent comparé à celui de Franz Kafka, Thomas Mann, Edgar Poe ou encore à celui d'Italo Calvino. Il vit aujourd'hui à Saratoga Springs (État de New York) et enseigne l'anglais au Skidmore College.

 

L’histoire :

 Un lanceur de couteaux transgressant les limites de son art, un homme marié à une grenouille, un enfant virtuose du tapis volant…

Dans ces douze nouvelles mêlant la fable métaphysique et le récit d’aventure, l’auteur de Nuit enchantée entraîne le lecteur dans une visite fascinante et dérangeante de notre quotidien et de notre imaginaire. On retrouve ici ses thèmes favoris : l’artiste dévoré par son oeuvre pour avoir recherché la perfection ; l’enfance de plain-pied avec le surnaturel, le monde de la nuit et du songe ; le rêve américain, sa promesse du « tout est possible », ses échecs cruels ; l’irrésistible et dangereux attrait d’un envers du réel, un monde de ténèbres accessible aux seuls audacieux.


L’écriture est comme toujours magistrale : acérée, précise et poétique à la fois, d’une grande musicalité. Avec son univers très particulier où réalité et imaginaire s’interpénètrent et se confondent, Millhauser demeure un virtuose du rêve éveillé. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 Steven Millhauser nous entraîne dans un univers nimbé d’une lumière oscillant entre chien et loup, à cette heure improbable où les limites se brouillent et où les esprits se perdent dans des limbes mystérieux. A ce moment-là, les femmes parfaites se transforment en grenouille, les enfants jouent sur des tapis volants, des nymphes apparaissent, des sociétés secrètes s’organisent, les contours entre vérité et illusion se brouillent pour laisser la place à un monde étrange et étranger. Les nouvelles sont comme en suspens dans l’air et dans la littérature, et doucement, elles  mènent vers des réflexions fondamentales sur le monde réel qui nous inonde et nous empêche bien souvent de  nous arrêter pour faire le point sur notre vision de l’univers.

 « Je suggère que les filles se rassemblent la nuit non pas pour observer quelque rite banal et titillant, procéder clandestinement à un acte qu’il serait aisé de mettre au jour, mais dans le simple but de se retirer du monde et de jouir du silence. Les membres de cette société désirent être inaccessibles. Elles désirent éviter notre regard, se soustraire aux investigations – elles désirent, par-dessus-tout, qu’on ne sache pas qui elles sont. Dans un monde que la compréhension rend étouffant, où pèsent les explications, les intuitions et l’amour, les membres de cette société du silence ressentent une ardente envie d’échapper à toute définition, de demeurer mystérieuses et insaisissables. » (p. 72)

 Servies par un style serti, ces nouvelles rompent avec les textes traditionnels et élèvent notre âme vers des régions insoupçonnées…

 « Alors que nous pressons le pas sur le trottoir, nous éprouvons la sensation absurde d’avoir à l’instant même pénétré dans un autre rayon encore, composé d’un ingénieux simulacre de rues extrêmement ressemblantes, où jouent artistement les ombres et les reflets – que nous sommes en route pour un recoin lointain de ce même rayon – que nous sommes éternellement condamnés à traverser à la hâte ces halls artificiels, tout illuminés par cette lumière de fin d’après-midi, à la recherche d’une issue. » (p. 190)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Les nouvelles descriptives sur le grand magasin ou le parc d’attractions.

 

Premières phrases :

 « Lorsque nous apprîmes que Hensch, le lanceur de couteaux, s’arrêterait dans notre ville pour une unique représentation le samedi soir à huit heures, nous fûmes pris d’hésitation, incertains de nos sentiments. »

 

Vous aimerez aussi :

 Sur les jantes de Thomas MCGUANE 

 

D’autres avis :

 Blogs : Jostein ;  Yves ; Clara ;  Cuné

Presse : L’express ; Libération  

Lire avec intérêt l’étude de Nathalie Cochoy « The knife thrower ant other stories : l’écriture au couteau » dans Etudes anglaises 2003/4 tome 53 http://www.cairn.info/revue-etudes-anglaises-2003-4-page-467.htm

 

Merci aux Editions Albin Michel pour cette belle découverte.

 

Le lanceur de couteaux et autres nouvelles, Steven Millhauser, traduit de l’anglais (EU) par Marc Chénetier, Albin Michel, 2012, 304 p., 22 euros

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La tête à Toto de Sandra KOLLENDER

Publié le par Hélène

                                                 tete-a-toto.jpg

 ♥ ♥

 

 L’auteur :

 Conceptrice-rédactrice puis comédienne, elle met sa carrière entre parenthèses en 2003 pour s’occuper de son fils, alors atteint du Syndrome de West.

Elle partage actuellement son temps entre les nombreuses rééducations et la scène.

La Tête à Toto est son premier roman.

 L’histoire :

 – Écoute Anna, ton bébé est gravement malade, mais tu sais il pourrait être handicapé. Ah, OK, il est handicapé ? Mais tu pourrais être une mère célibataire. Ah, ça aussi ? Bon mais ne te plains pas, je te rappelle que le père de ton fils est vivant alors que ton amoureux d’avant est mort d’un cancer. Ah, tu vois, ça va tout de suite mieux non ?

 Anna a grandi dans une famille où le pathos est proscrit. Chez les siens, il est un devoir de rire de tout. Alors, elle n'a pas choix, il faut tout prendre autrement. C'est une question de survie.

 Dans ce roman autobiographique, Sandra Kollender nous entraîne dans un monde surréaliste et lumineux. Elle démontre que dans la vie non seulement tout peut arriver – mais que, surtout, presque tout arrive. Même le meilleur.

En refermant ce livre sur le pouvoir de l'amour maternel, on se dit que, bien qu’escarpé, le chemin est exaltant.

 

Ce que j’ai aimé :

Sandra Kollender nous fait découvrir le parcours du combattant d’une mère et de son enfant handicapé : les médecins peu aptes à expliquer la maladie, peu psychologues, les directrices d’école, peu enclines à accepter un enfant handicapé, les méthodes de rééducation, peu adaptées en France… Le bilan pour la France est lourd : il semble que ce soit un pays qui ne sait pas gérer cette réalité, obligeant par exemple Noé à se faire rééduquer à … Toronto !

 Après les stages à Toronto avec la méthode MEDEK voici le bilan de la jeune maman : 

 « Eh bien moi j’ai réalisé pendant mes longues heures d’avion que si Noé était né dans une ferme au fin fond de la Creuse, dans une famille un peu moins informée et avantagée, il n’aurait pas pu partir à Toronto et rien de tout ça ne serait arrivé.

J’ai aussi vu le retard de la France en matière de prise en charge (peu de choix, quasiment aucun remboursement), mais surtout l’étroitesse d’esprit des nombreux rééducateurs qui refusaient de s‘ouvrir aux méthodes qui ne sont pas celles enseignées à l’école.(…)

« Ah oui, c’est très bien. Oui vraiment, très impressionnant. Ca ressemble un peu à la méthode machin que j’utilise parfois. Bravo, il a fait de beaux progrès. Allez, reprenons où on en était. » » (p. 43)

Le ton de ce témoignage se veut drôle et décalé :

 « Je n’ai rien contre les PMI. C’est peut-être très bien. Mais faut pas y aller quand t’es malade. C’est marqué dans le règlement. Quand t’es malade il faut aller voir le pédiatre. Mais comment tu sais que t’es malade si tu vas qu’à la PMI ? » (p. 21)

 En effet derrière cette mascarade humoristique, se cache de véritables failles, cachées pour les besoins du bien-être de l’enfant :

 « Mais il faut qu’il sache que je suis la plus graaaande actrice qu’il ait jamais connue.

Je suis celle qui peut vire chaque jour avec un cœur mort en chantant « Meunier tu dors » avec les mains qui tournent et le changement de rythme et tout et tout.

Je suis celle qui peut parler pendant près d’une heure avec sa grand-mère adorée d’une voix parfaitement calme et raccrocher pour pouvoir enfin m’écrouler.

Je suis celle qui va jouer la comédie du monde meilleur pour son petit garçon, parce que si je ne le fais pas, il va devenir triste. » (p. 76)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’ai nettement moins aimé les chapitres consacrés uniquement à la maman et à ses déboires amoureux. Il faut dire aussi que ce livre est beaucoup centrée sur elle, sur sa capacité à passer outre les difficultés, à être une super-maman…

Je me suis demandée si les quelques caricatures qui égratignent la France sont vraies ou pas, j'aurais aimé qu'un dossier accompagne ce petit livre, avec en plus des explications sur la maladie évoquée.

 Au final, je pense que le fait de traiter de ce sujet sur un mode humoristique est dérangeant pour les personnes concernées par le handicap, j’ai en effet demandé à deux personnes dont c’était le cas, elles m’ont répondu que ce type de livre les gênait. 

  

Premières phrases :

 « Je m’appelle Anna, je suis au bord de mes trente-sept ans et de pas mal d’autres choses. J’ai des diplômes vraiment très impressionnants. Si vous voulez les voir, ils sont quelque part au fond d’un carton. »

 Vous aimerez aussi :

Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER 

 

D’autres avis :

Clara Mimi Stieg Yves

   La tête à Toto, Sandra Kollender, Steinkis Editions, février 2012,  156 p., 9.50 euros

grand prix lectrices de elle

Publié dans Biographies et cie

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Regards sur le monde. Deux nouvelles contemporaines de Laurent GAUDE et Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

La seconde côte d'Adam de Sylvain Tesson

♥ ♥ ♥ ♥

"Un scientifique doit parfois mettre sa rigueur au service de l'imagination." 

Dans les années 1950, trois scientifiques progressent depuis 15 jours dans l'Himalaya : Anatole zoologue, spécialiste des félins d'altitude et doyen du laboratoire de mammalogie comparée de l'université de Minsk en Biélorussie, sa femme Véra et Kolya scientifique ukrainien, ancien élève d'Anatole. Leur but : découvrir l'once des altitudes, le léopard des neiges dont on soupçonnait l'existence mais qui n'avait pas encore été approché ni photographié. Ils arpentent les contreforts de l'Himalaya, ses paysages sauvages, ses monastères perdus, rencontrent les habitants, dont ces  tibétains qui ont connu l'oppression chinoise. 

Peu à peu, des divergences apparaissent entre le maître et l'ancien élève, le conflit naissant entre les deux hommes autour de l'existence du yéti. Deux conceptions de la science s'affrontent : celle d'un homme plus âgé, Anatole, respecteux des traditions, de la population et de ses croyances, à l'écoute des autres et du monde, et celle du jeune Kolya qui souhaite faire coller le monde avec la représentation qu'il en a. 

"Vous êtes un religieux, Kolya. Comme tous vos collègues : un torquemada de la science. Le défenseur d'un credo, le dépositaire du savoir. Et vous honnissez la moindre brèche qui ferait vaciller l'édifice. Vous êtes comme ces savants du XVIIIè siècle qui poussaient des cris de vierges effarouchées quand sont apparues des bactéries dans l'oeilleton de leurs microscopes, parce qu'ils ne pouvaient accepter que Dieu ait créé des éléments vivants invisibles à l'oeil humain. Vous êtes comme ces aveugles de France à qui l'on montrait des fossiles recueillis au sommet des Alpes et qui décrétaient qu'il s'agisait des reliefs d'un festin de croisés. Vous ne voyez pas que ce que vous savez est une infime partie de ce qu'il y a à connaître. La science n'est pas un bras bâtisseur qui construit un système, c'est un pinceau d'archéologue qui déblaie une mosaïque." p. 15

Le jeune Kolya refuse d'admettre l'existence supposée du yéti, quand son aîné reste ouvert à toutes les infinies possibilités du monde : 

"En tous cas, Kolya Vassilievitch, ce que vous en pouvez pas flétrir, c'est la beauté de cette hypothèse, la force de cette croyance, l'universalité de cette vision ; et ce que vous ne pourrez jamais fermer dans le temple de la science, c'est le petit soupirail ouvert sur l'inconnu et sur le fantastique." p. 19

Photo (mise en scène !) de l'Abominable homme des neiges (1992). DICKINSON LEO/SIPA

@sciencesetavenir

La nouvelle est parfaitement ciselée, sa conctruction frise la perfection et sa chute est surpenante. La voix de l'auteur sonne juste, sans doute parce que lui même a découvert en 1997 des empreintes dans la neige, empreintes qui n'appartenaient ni à un homme ni à un ours, ceci pendant une expédition avec Alexandre Poussin dans l'Himalaya ! 

 

A lire sur le yéti : lewebpédagogique 

 

Le bâtard du bout du monde de Laurent Gaudé

♥ ♥

La deuxième nouvelle du recueil nous emmène dans un tout autre univers : celui de la Rome antique. Hadrien a chargé Lucius de tuer Caïus. Lucius se rend donc les confins de l'Empire pour accomplir sa mission. Son forfait accompli, il est pris de visions qui le poussent à quitter le fort pour faire route vers les barbares. Une gangrène le prend en chemin. 

Le lyrisme de Laurent Gaudé se retrouve en ces pages qui offrent une belle réflexion sur la barbarie. 

 

Les deux nouvelles sont suivies d'un dossier pédaggique pour étudier ces textes en classe,  les ressources sont nombreuses et les pistes de réflexion passionnantes.

 

Présentation de l'éditeur : Librio 

A lire aussi de Sylvainn Tesson : Une vie à coucher dehors Dans les forêts de Sibérie ;  Géographie de l’instant S'abandonner à vivre Aphorismes sous la lune 

A lire aussi de Laurent Gaudé :  Ouragan Le soleil des Scorta ;  Pour seul cortège ; La mort du roi TsongorDanser les ombres

 

Regards sur le monde, Sylvain Tesson et Laurent Gaudé, Librio, juin 2015, 3 euros

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Le galop du vent sous le ciel infini. Chroniques des terres australes de David LEFEVRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Je rends grâce à cette terre d'exagérer à tel point la part du ciel."

Roger Caillois

Depuis 2010, David Lefevre s'est retiré sur l'île de Chiloé pour vivre en parfaite harmonie avec la nature et s'adonne ainsi à une vie frugale proche de l'autosubsistance. Il consacre plusieurs récits à cette expérience unique comme Aux quatre vents de Patagonie ou le magnifique Solitudes australes. Dans ce Galop du vent sous le ciel infini, il revient vers les origines de cette fascination pour la Patagonie, terre de mythes et d'aventures extraordinaires qui exerce un pouvoir d'attraction immense sur les hommes.

Après s'être abreuvé durant sa jeunesse à des récits d'écrivains amoureux de cette région comme Roger Caillois, Jean Raspail, Cendrars, Supervielle, Saint Exupéry ou encore Bruce Chatwin, sa rencontre avec cet espace "de ciel, de pluie et de vent" sonne comme une révélation : "Dans l'époustouflante beauté de ses paysages, je reconnus l'incarnation d'une sorte d'absolu que depuis toujours je portais en moi". 

Ses rencontres sont marquées par le sceau de l'inoubliable et même les humeurs de ses saisons l'enchantent. Parmi les aventures et les rencontres extraordinaires qu'il a pu vivre sur ces terres australes, il choisit ici de s'approcher de plus près de quelques unes. Il s'attarde notamment sur le marin Charles Milward, oncle de Bruce Chatwin et sur sa fuite épique à bord du Dresden, croiseur allemand pourchassé par la marine britannique dans les mers australes en 1914. En mentionnant Bruce Chatwin et son En Patagonie il s'interroge alors sur les limites de ce récit de voyage, qui a pu quelquefois laisser la réalité historique en suspens. Chatwin a à peine mentionné dans son récit le coup d'état de 1973 et ses conséquences, le pays tout entier étant alors sous le joug d'une dictature militaire répressive et violente. Cet oubli permet à David Lefevre de s'interroger sur l'engagement de l'écrivain voyageur : 

"Je veux croire cependant qu'en certaines occasions, l'écrivain ne peut se contenter d'être un go between, mais un homme capable de s'engendrer lui-même. Je veux croire que son statut peut être la cause d'une inquiétude chaque fois qu'il observe du dehors un monde qui vire au désert glaçant, et ce sans se préoccuper de savoir si ce sera là ou non la source de son malheur ou bien de sa notoriété." p; 192

La puissance des récits de David Lefèvre tient dans cette alliance subtile entre des passages narratifs autour de ses rencontres originales, comme avec cet homme qui tient un cabinet de curiosités préhistorique, sorte de musée officieux, et des réflexions plus philosophiques qui interrogent sa présence au monde. Entre récit, essai, réflexion philosophique, poétique, il rend ici un bel hommage à cette région du bout du monde et à ses habitants.

http://www.evaneos.com/chili/voyage/etape/8907-ile-de-chiloe/

"Pendant des mois, j'ai observé le temps qu'il fait là-bas. J'ai levé les yeux et j'ai connu la part du ciel, cet autre paysage renversé sur le dos des hommes. J'ai vu se faire et se défaire d'indicibles nuages. J'ai vécu cet instant précis où les contours de la terre s'effacent et les saisons s'abolissent. Les pluies m'ont rincé et les vents m'ont envoyé au tapis. (...) Ma propre vérité m'est venue un jour de la bouche d'un gaucho qui me connaisait de la veille, auquel j'annonçais vouloir traverser la Patagonie en marchant sur un seul méridien : "Tu en reviendras la peau et l'esprit burinés, mais tu sauras ce que la nature du monde réserve à ceux qui s'approchent d'elle en la regardant."" p. 15

Ce que j'ai moins aimé : J'avoue m'être perdue dans le cheminement autour de Charles Milward, oncle de Bruce Chatwin et de son aventure à bord du Dresden.  

 

Présentation de l'éditeur : Le Passeur Editions 

 

Le galop du vent sous le ciel infini. Chroniques des terres australes, David Lefèvre, Le Passeur éditeur, avril 2016, 278 p., 19.90 euros

 

Reçu dans le cadre d'une opération Babélio Masse Critique 

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Calme et attentif comme une grenouille de Eline SNEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥  

La méditation pour les enfants ... avec leurs parents. 

Présentation de l'éditeur :

Les enfants d’aujourd’hui sont souvent agités, dispersés, stressés. Comment les aider à s’apaiser ? Comment leur apprendre à se concentrer ?

La méditation est un outil simple et efficace pour y parvenir. Elle s’adapte parfaitement aux besoin des petits et leur procure des bénéfices immédiats.

Eline Snel a donc mis au point une méthode de méditation adaptée aux enfants, directement inspirée de la pratique de la pleine conscience élaborée par Jon Kabat-Zinn. Elle a également créé aux Pays-Bas l’Académie pour l’enseignement de la pleine conscience.

Cette méthode repose sur des exercices de respiration simples qui aident peu à peu à se recentrer sur l’instant présent et à prendre du recul par rapport à l’agitation et aux ruminations. Les bienfaits de cette pratique sont tels que le ministère de l’Éducation de son pays a décidé d’offrir à tous les enseignants qui le souhaitent une formation dans son Académie.

Les arènes 

Mon avis : 

L'auteure part du postulat que les enfants sont dans la pleine conscience, présents au monde et à eux mêmes, comme l'illustre une citation de Wordsworth "l'arc en ciel' :

Mon cœur bondit lorsque je vois
S’élancer un arc-en-ciel :
Ainsi était-ce au début de ma vie;
Ainsi est-ce maintenant que je suis un homme ;
Qu’il en soit ainsi quand il me faudra vieillir ,
Ou bien que je meure !
L’Enfant est le Père de l’Homme ;
Et je souhaiterais que mes jours fussent
L’un à l’autre liés de piété naturelle.

Pour conserver cette présence au monde, il faut l'entretenir. Ces exercices permettent aussi de faire face à des situations problématiques ponctuelles : le manque de concentration, les pensées négatives qui nous envahissent quelquefois, les colères incontrôlées. Nous croyons que c'est en ruminant que nos résolvons les problèmes, c'est une erreur. 

Ces exercices constituent un moment de complicité avec les parents. Les enfants apprennent à faire attention à leur respiration, ils pratiquent avec entrain l'exercice du spaghetti, ils se fabriquent un bouton "pause"... Ces exercices sont faits pour éviter d'agir impulsivement, ils sont comme des premiers secours en cas de sensations désagréables pour se créer un refuge dans lequel on se sent en sécurité,  et gérer les pensées tourbillonnantes.

Les lectures de Sara Giraudeau à la voix douce et posée accompagnent les enfants dans leur méditation,  le CD étant plutôt destiné aux enfants et le livre aux parents.

Si l'auteure n'invente rien, elle a le mérite de se mettre à la hauteur des enfants avec des dessins adaptés aux petits.

L'avis d'Anaïs, 8 ans : ♥ ♥ ♥ ♥ 

Le Cd est bien, parce qu'on s'exerce à la respiration. Cela m'aide à rester plus calme, je me mets moins en colère. "Dors bien" m'a appris à dormir en pensant à sa respiration, si bien que je m'endors plus vite. J'ai appris aussi à chasser les mauvaises pensées. J'aime bien l'exercice du spaghetti parce que au début tu dois serrer tes muscles et après tout relâcher et cela me détend.

La voix de celle qui raconte est douce, elle me berce.

J'écoute souvent ce Cd parce que c'est bien et ça me relaxe.

J'ai beaucoup aimé le calendrier parce que il y a des phrases intéressantes pour chaque mois. J'ai aimé cette phrase :

"La respiration c'est ce qui te permet d'être attentif comme une grenouille. La grenouille ne se laisse pas facilement distraire. Elle voit bien toute l'agitation autour d'elle, mais elle ne réagit pas. Elle reste calme et attentive, sans bouger. Elle respire et se tient tranquille. Son ventre gonfle et dégonfle, il va et il vient. Toi aussi, tu peux faire comme la grenouille.

Faire attention à sa respiration, c'est très utile, par exemple quand on s'est fait mal, quand on est fâché ou fatigué."

L'avis de Romain, 10 ans :

Le CD m'a endormi !

 

Calme et attentif comme une grenouille, Eline Snel, préface de Christophe Honoré, traduction du nééerlandais par Jacques Van Rillaer, Illustré par Marc Boutavant, Les arènes, 2012, 24.80 euros

Publié dans Document Jeunesse

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