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1205 résultats pour “vie parfaite

Winter de Rick BASS

Publié le par Hélène

                              

 ♥ ♥ ♥

 "Je n'ai pas l'intention de quitter cette vallée." (p. 261) 

 

L’auteur :

 

Rick Bass est un écrivain américain. Il vit dans la vallée du Yaak depuis 1987, vallée qu’il défend ardemment contre l’exploitation forestière notamment. Il appartient au groupe que l’on nomme « Les écrivains du Montana ».

 

 

L’histoire :

 

Winter est le récit de l’installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans ces lieux isolés et désolés est décrite avec tellement de tendresse et  d’engouement, que j’avais sorti ma valise du placard... Puis sont venus les mois d’hiver, et à l’évocation des -35 mon petit cœur frileux a bondi et j’ai rangé bien sagement ma valise…

  

fix ranch

Fix Ranch

 

-          C’est un récit très similaire à « Indian creek » : rédigé sous forme de journal il nous offre le quotidien de ces hommes qui ont fait le choix de tenter la grande aventure… J’avais reproché à Pete Fromm l’absence de réflexions, et j’ai donc été très heureuse de les  trouver chez Rick Bass :

 

«  Il y a des forces dans les bois, des forces dans le monde, qui vous revendiquent, qui posent une main sur votre épaule si doucement que voue ne la sentez même pas ; en tout cas, pas au début. Tous les éléments les plus infimes – la direction de la brise un jour, l’unique petite phrase qu’un ami peut vous lâcher, un corbeau volant au-dessus de la prairie et décrivant un arc de cercle pour revenir – vous revendiquent, pour finir, avec une puissance cumulative. » (p. 114)

  

«  En fin d’après-midi, il y a un moment où la lumière devient si étrange, où elle prend de tels reflets de bronze et une si parfaite immobilité qu’on jurerait un ferrotype – on dirait qu’elle essaie de retenir cet angle particulier des rayons solaires le plus longtemps possible, afin de nous permettre de contempler les champs, les bois, les prairies sous cet éclairage contrasté une dernière fois avant de s’estomper. Une dernière fois…

Et nous contemplons. Nous restons plantés là, en l’honneur de la lumière, à regarder, sans rien faire d’autre. Les oiseaux lancent des appels dans les bois, les colaptes dorés et les grives, et j’ai l’impression que ma vie est sur le point de me parler, tant ce sentiment d’attente, de promesse est puissant. » (p. 120)

 

Pour ceux qui, comme moi,  à la lecture de ce passage auraient déjà pris leur billet d’avion :

 hiver.jpg

« Je crois à la vieille légende de Jim Bridger, à l’époque où il a passé l’hiver du côté du Yellowstone. Il est ensuite retourné dans l’est où il a raconté aux citadins de ces régions que quand les trappeurs essayaient de se parler, les mots gelaient en sortant de leur bouche ; ils ne pouvaient pas entendre ce qu’ils se disaient les uns aux autres, parce que les paroles gelaient dès la seconde où elles franchissaient leurs lèvres – si bien qu’ils étaient obligés de ramasser les mots gelés, de les rapporter autour du feu de camp le soir et de les décongeler, afin de savoir ce qui s’était dit dans la journée, en reconstituant les phrases mot par mot. Moi, je peux imaginer qu’il fasse aussi froid. » (p. 230)

  

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Pendant cette lecture mon esprit a eu tendance à musarder, s’accrochant difficilement à certaines descriptions statiques. Etait-ce dû à un manque de concentration ou bien à quelques longueurs du récit… Je vous laisse seuls juges…

 

 

Premières phrases :

 

« J’avais déjà vécu dans les montagnes. J’avais même fréquenté une université bâtie à flanc de montagne, l’Utah State University, et jamais je n’avais été aussi heureux – non pas heureux d’être jeune, ou d’être étudiant, ou d’être libre, mais heureux tout simplement de faire partie du paysage, de me déplacer à travers une contrée aussi étrange et merveilleuse (je suis originaire du Texas et, après l’université, j’ai travaillé pendant plusieurs années dans le Mississippi.) Avec mon amie Elizabeth, j’allais souvent camper dans l’ouest. Nous aimions l’odeur que dégageaient les bois, le soir, et le lendemain matin, à notre réveil. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le livre du Yaak

Autre : Indian creek de Pete FROMM

 

Lecture commune avec Vilvirt, Anne, Somaja, Syl, Juliette, Emeralda 

D’autres avis : Pickwick

 

Winter, Rick Bass, traduit de l’américain par Béatrice Vierne, Gallimard, Folio, avril 2010,

 

Quelques liens : les écrivains du Montana, Le site de Yaak Valley

  

challenge nature writing 

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Kiffe kiffe demain de Faïza GUENE

Publié le par Hélène

                                            Kiffe_kiffe_demain.jpg

♥ ♥

L’auteur :

 Faïza Guène est une romancière et réalisatrice.

Française d'origine algérienne, elle est la cadette d'une famille de trois enfants. Elle a grandi et vit dans la cité des Courtillières à Pantin.

Au collège, elle participe aux ateliers de lecture et doit réaliser pour le journal de l'établissement un reportage sur l'association " Les engraineurs " qui propose aux jeunes du quartier un atelier d'écriture cinématographique. Faïza Guène n'a jamais quitté l'association depuis ce reportage. Grâce à l'association, elle réalise en 2002, son premier court-métrage, RTT qui raconte l'histoire de Zohra, mère célibataire joué par Mme Guène. Le film remporte trois prix dans les festivals. Cinq courts-métrages suivront et un documentaire sur le 17 octobre 1961. 

Son premier roman, Kiffe kiffe demain, a été l'une des meilleures ventes de l'année 2004. Elle publie en 2006 Du rêve pour les oufs, puis, en 2008, Les gens du Balto, aux éditions Hachette Littératures.

 

L’histoire :

Doria a 15 ans, un sens aigu de la vanne, une connaissance encyclopédique de la télé, et des rêves qui la réveillent. Elle vit seule avec sa mère dans une cité de Livry-Gargan depuis que son père est parti un matin dans un taxi gris trouver au Maroc une femme plus jeune et plus féconde. Ça, chez Doria, ça s'appelle le mektoub, le destin : " Ça veut dire que quoi que tu fasses, tu te feras toujours couiller. " Alors autant ne pas trop penser à l'avenir et profiter du présent avec ceux qui l'aiment ou font semblant. Sa mère d'abord, femme de ménage dans un Formule 1 de Bagnolet et soleil dans sa vie. Son pote Hamoudi, un grand de la cité qui l'a connue alors qu'elle était " haute comme une barrette de shit ". Mme Burlaud, sa psychologue, qui met des porte-jarretelles et sent le Parapoux. Les assistantes sociales de la mairie qui défilent chez elle toujours parfaitement manucurées. Nabil le nul qui lui donne des cours particuliers et en profite pour lui voler son premier baiser. Ou encore Aziz, l'épicier du Sidi Mohamed Market avec qui Doria essaie en vain de caser sa mère. Il se mariera sans les inviter ? Peu importe, " Maman et moi on s'en fout de pas faire partie de la jet-set ". Kiffe kiffe demain est d'abord une voix, celle d'une enfant des quartiers. Un roman plein de sève et d'humour.

 

Ce que j’ai aimé :

Doria, jeune fille appartenant à la deuxième génération d’émigrés algériens en frace, nous raconte son quotidien dans la cité de Livry Gargan. Elle nous offre ainsi un point de vue de l’intérieur des banlieues. Avec beaucoup de recul et d’humour elle évoque sa mère illetrée, son père qui a déserté le foyer familial, les assistantes sociales qui défilent, sa psychologue, ses amis, Hamoudi, Nabil qui lui donne des cours particuliers…

Son récit est dynamique et drôle là où il pourrait être déprimant, Doria portant un regard empli de tendresse et d’optimisme pour sa cité. Elle n’occulte pas ses dérives, la détresse des femmes, la délinquance des jeunes, la prison pour certains, les trafics en tous genre,  les vols, l’argent qui manque sans cesse et oblige à s’habiller au secours populaire ou desna les vide greniers…

« L’avenir ça nous inquiète mais ça ne devrait pas, parce que si ça se trouve, on en a même pas. On peut mourir dans dix jours, demain ou tout à l’heure, là, juste après. » (p. 22)

Alors bien sûr, Doria s’interroge sur son avenir, comme tous les jeunes de son âge :

« Le problème, c’est qu’en cours, je suis nulle. Je touche la moyenne juste en arts plastiques. C’est déjà ça mais je crois que pour mon avenir, coller des feuilles mortes sur du papier canson, ça va pas trop m’aider. » (p. 24)

Leurs rêves sont à leur image, simples et baignant dans leur univers comme pour Nabil qui rêve de participer au Bigdil et de gagner la voiture.

« C’est peut-être ça la solution : garder toujours un petit espoir et ne plus avoir peur de perdre. » (p. 130)

Mais cette vie de bric et de broc est éclairée par une tendresse infinie pour sa mère et pour son monde. L’humour, l’espoir illumine le récit.

 

Premières phrases :

 « C’est lundi et comme tous les lundis, je suis allée chez Mme Burlaud. Mme Burlaud, elle est vieille, elle est moche et elle sent le Parapoux. Elle est inoffensive mais quelquefois, elle m’inquiète vraiment. Aujourd’hui, elle m’a sorti de son tiroir du bas une collection d’images bizarres, des grosses taches qui ressemblaient à du vomi séché. Elle m’a demandé à quoi ça me faisait penser. Je lui ai dit et elle m’a fixée de ses yeux globuleux en remuant la tête comme les petits chiens mécaniques à l’arrière des voitures. »

 

Kiffe kiffe demain, Faïza Guène, Le libre de poche ; 2004 ; 5 euros

Publié dans Jeunesse Roman

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Mauvaises fréquentations de Marcia CLARK

Publié le par Hélène

                                            mauvaises-frequentations.jpg

 

 L’auteur :

Procureur du procès O.J. Simpson, Marcia Clark est une star aux Etats-Unis. Avec Mauvaises fréquentations et son héroïne Rachel Knight, de son propre aveu son « double, en mieux ! », elle a fait une entrée remarquée sur la scène du suspense.

 L’histoire :

Intelligente, pugnace, efficace, Rachel Knight, malgré sa jeunesse, a été nommée procureur dans une division d’élite de Los Angeles. Après le meurtre de son collègue et ami Jack et d’un adolescent dans un motel sordide, elle hérite de l’affaire délicate sur laquelle il travaillait avant sa mort : le viol d’une jeune fille de la haute société. Et si les deux affaires étaient liées ? Rachel, qui ne peut s’empêcher de croire que Jack a été victime d’un coup monté, se retrouve prise dans une spirale de violence menaçant d’anéantir sa carrière et bientôt sa vie. Procureur célèbre aux U.S.A., Marcia Clarke connait comme personne les arcanes des prétoires et des commissariats de Los Angeles. Mêlant un sens inné du suspense et de l’action à un humour décapant, elle signe un premier thriller remarquable, les débuts en fanfare d’une héroïne qui lui ressemble et dont on n’a pas fini d’entendre parler : Rachel Knight.

« Un début triomphal. Les lecteurs vont attendre avec impatience les nouvelles enquêtes de Rachel Knight. » Publishers Weekly

« L’intrigue de Marcia Clark est forte et prenante, mais ce sont ses personnages déjanté qui font de ce premier thriller un vrai bonheur. » People

 Ce que j’ai aimé :

L’ intrigue est correcte, elle pousse à aller au bout des pages –et c’est la seule motivation, croyez-moi…

 Ce que j’ai moins aimé :

Je n’ai pas aimé le côté fille, à savoir cette gourde de procureure qui a des pensées très profondes soit :

 a.      Sa tenue ou celle de ses copines :

« Comme à son habitude, Bailey était l’élégance même ; un trench de couleur fauve et un col roulé blanc cassé qui s’accordaient parfaitement à sa peau claire et à ses cheveux blonds et courts. Un pantalon droit moulant lui irait toujours mieux avec sa minceur et son mètre soixante-quinze qu’à moi qui culminait à un mètre soixante-huit. Je me consolai une fois de plus en me disant que je pouvais compenser en mettant des chaussures à talons plus hauts. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était une solution. » (p. 51)

 b.      Ses repas et son régime :

« Nous entrechoquâmes nos couverts en argent, brisâmes la croûte brune et croustillante et savourâmes la première bouchée. Je trouvais l’appareil ferme mais crémeux, sucré mais pas trop. Nous ne rompîmes pas le silence avant d’avoir raclé le fond du ramequin. » (p. 224)

 c.       Ses restos et bars préférés

Le Church and state «  nouveau restaurant plutôt sympa situé dans le vieux quartier des abattoirs. »

Le Oolong café où « la nourriture se révélait étonnamment bonne et le service, rapide. » (p. 97)

Engine Co N°28 qui « demeurait un restaurant assez couru. » (p. 99)

El Chavo « Ce petit restau intime servait la meilleure cuisine mexicaine et les meilleures margaritas en dehors de Baja. » (p. 116)

  Charlie O’s « C’était un petit bar de jazz, chaleureux, l’un de nos QG préférés. » (p. 140)

PDC « vieux wagon-restaurant transformé en restaurant intime, époque Frank Sinatra ou Dean Martin, Le Pacific Dining car servait des homards et des pièces de viande à tomber et possédait l’une des meilleures caves de la ville. » (p. 180) Canters-deli.jpg

  Le Cover « bistro, style speakeasy qui se cachait derrière une porte anonyme au fond d’un diner construit dans les années trente, un véritable monument historique. Lumière tamisée, calme, et ouvert plutôt récemment (…) » (p. 218)

  Le Canter’s  « la popularité de ce deli avait connu des hauts et des bas, mais il servait toujours de bons petits plats. AU diable la diététique : je commanderai un bagel, saumon fumé, fromage balcn et câpres et Bailey, du poisson fumé sur un petit pain viennois. » (p. 284)

 Non, nous ne sommes pas dans un guide gastronomique - et pourtant ces restaurants existent bel et bien - mais non, la quatrième de couverture nous précise que nous sommes dans un « roman mêlant un sens inné du suspense –quel restaurant va-t-elle choisir – et de l’action –en voiture !- à un humour décapant »« Un petit coup ? demandai-je. –Voire plusieurs » répondit-elle. » (p. 71) –ah ah ah…-

 d.      Ses copines (avec qui elle écluse les bars enchaînant repas succulents et boissons alcoolisées) :

 Bailey but une nouvelle gorgée. Ses scampi m’avaient fait saliver ; j’en voulais encore. Incapable de résister, je levai ma fourchette et visai un autre morceau de crevette. Mais Bailey prouva qu’une amitié comme la nôtre connaissait des limites. Elle écarta son assiette pour la protéger de mes ardeurs.

A contrecœur, j’éloignai ma fourchette et me concentrai sur ma salade. Je fixai une rondelle d’œuf dur. Je fis semblant de la trouver délicieuse. » (p.  82)

 Dur-dur la vie de procureure…

 e.      Les beaux gosses

« « Il est intéressé.

-          Qui ? Et par quoi ?

-          Toi. Tu n’as pas remarqué ? »

Je ne savais absolument pas de quoi elle voulait parler.

« Qui ? répétai-je.

-          Graden. Le lieutenant. Tu l’intéresses.

-          Merde. Franchement, Toni », répliquai-je sur un ton agressif » (p. 40)

Citation qui vous permet d’ailleurs d’apprécier la qualité des dialogues…

 Alors je vais vous dire, contrairement à ce que dit la quatrième de couverture, je ne vais pas attendre avec impatience les nouvelles enquêtes de cette chère Rachel…


Premières phrases :

 «  Il referma le clapet de son portable d’un coup sec et le glissa dans la poche de son jean moulant. Il venait d’assembler la dernière  pièce du puzzle : ça ne serait plus long maintenant. Mais l’attente se révélait insupportable. »

 

Vous aimerez aussi :

Si vous avez aimé ce roman, n’importe quel roman policier fera l’affaire… Je vous conseille néanmoins, si vous avez aimé cette chère Rachel, les romans de Janet Evanovitch, bien plus fins et drôles…

 D’autres avis :

Babélio 

 

Mauvaises fréquentations, Marcia Clark, traduit de l’anglais (EU) par Guillaume Marlière, Albin Michel, octobre 2012, 20.90 euros

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L’équation africaine de Yasmina KHADRA

Publié le par Hélène

equation africaine

  « Le poisson rouge ne peut ramener la complexité des océans à la quiétude de son bocal. » (p. 185)

  

L’auteur :

 

Yasmina Khadra est né en 1955 dans le Sahara algérien. Il est aujourd'hui connu et salué dans le monde entier ou ses romans, notamment À quoi rêvent les loups, L'Écrivain, L'Imposture des mots, Cousine K sont traduits dans 40 pays. L'Attentat a reçu, entre autres, le prix des libraires 2006, le prix Tropiques 2006, le grand prix des lectrices Côté Femme et est actuellement en cours d'adaptation cinématographique. Ce que le jour doit à la nuit - Meilleur livre de l'année 2008 (Lire), prix France Télévisions 2008, prix des lecteurs de Corse - sera également porté à l'écran par Alexandre Arcady.

 

L’histoire :

 

Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu'au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l'aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d'affaires versé dans l'humanitaire, lui propose de l'emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d'une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. (présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Yasmina Khadra a le mérite de s’intéresser à des problématiques actuelles complexes. Ici, il nous plonge dans une Afrique en proie à la violence, une Afrique désertique et appauvrie par des luttes de pouvoir. Il place face à cette réalité un européen issu d’un milieu aisé, médecin, un homme qui évolue dans des sphères totalement étrangères et qui va se heurter de plein fouet à un monde inconnu.

 « - Je n'ai pas choisi la violence. C'est la violence qui m'a recruté. De mon plein gré ou à mon insu, peu importe. Chacun fait avec ce qu'il a. Je n'en veux à personne en particulier et, par conséquent, je ne vois pas comment ne pas loger tout le monde à la même enseigne. Pour moi, Blanc ou Noir, innocent ou coupable, victime ou bourreau, c'est du pareil au même. Je suis trop daltonien pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Et puis, c'est quoi le bon grain, et c'est quoi l'ivraie ? Ce qui est bon pour les uns est mauvais pour les autres. Tout dépend de quel côté on se trouve. Nul besoin d'éprouver du regret ou du remords. Qu'est-ce que ça change lorsque le mal est fait ? Petit, j'avais peut-être un coeur, aujourd'hui il est calcifié. Quand je porte ma main à ma poitrine, je ne perçois que la colère en train de sourdre en moi. Je ne sais pas m'émouvoir puisque personne n'a eut pitié de moi. Je ne suis que le support de mon fusil, et j'ignore qui, de moi ou de mon fusil, commande l'autre. » (p. 142)

 Si vous avez lu ce passage, vous comprendrez tout de suite ce qui ne peut pas fonctionner dans ce roman :

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Yasmina Khadra, comme dans L’olympe des Infortunes, s’échine à nous administrer une  morale, des phrases et des idées toutes faites :

 « Il n’y a pas d’enfer sur terre, docteur Krausmann, seulement des démons, et ils ne sont pas invincibles. » ( p. 214)

 « L’Afrique ne se voit pas, elle se sent. » (p. 217)

 Le désir de vivre des Africains, est, bien sûr, plus fort que tout :

 « J’ai vu des gens qui n’avaient que la peau sur les os, et d’autres qui avaient perdu le goût de la nourriture, et d’autres jetés en pâture aux chiens et aux vauriens, pas un n’était prêt à céder. Ils meurent la nuit, et au matin ils ressuscitent, nullement dissuadés par la galère qui les guette. » (p. 217)

 Conclusion lumineuse :

  « L’Africain sait que sa vie est son bien le plus précieux. Le chagrin, les joies, la maladie ne sont que pédagogie. L’Africain prend les choses comme elles viennent sans leur accorder plus d’opportunité qu’elles ne le méritent. Et s’il est convaincu que les miracles existent, il ne les exige pas pour autant. Il s’autosuffit, vous comprenez ? Sa sagesse amortit ses déconvenues. » (p. 218)

 «  Si je devais mettre un visage sur la générosité, ce serait le visage d’un Africain. Si je devais mettre un éclat sur la fraternité, il aurait celui d’un rire africain. » (p 219)

 Le ton de ces leçons est proprement lassant, trop sentencieux, trop attendu, tout comme la fin, parfaitement prévisible…

 Son style ampoulé et convenu enlise définitivement cette « Equation africaine »…

 

Premières phrases :

 

«  Lorsque j’ai rencontré l’amour, je m’étais dit, ça y est, je passe de l’existence à la vie et je m’étais promis de veiller à ce que ma joie demeure à jamais. Ma présence sur terre se découvrit un sens et une vocation, et moi une singularité … Avant, j’étais un médecin ordinaire entamant une carrière ordinaire. Je grignotais ma part d’actualité sans réel appétit, négociant par-ci de rares conquêtes féminines aussi dénuées de passion que de traces, me contentant par-là de copains de passage que je retrouvais certains soirs au pub et le week-end en forêt pour une gentille randonnée – bref, de la routine à perte de vue avec de temps à autre un événement aussi fugace et flou qu’une impression de déjà-vu qui ne m’apportait rien de plus qu’un banal fait divers dans un journal… En rencontrant Jessica, j’ai rencontré le monde, je dirais même que j’ai accédé à la quintessence du monde. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Ces âmes chagrines de Léonora MIANO

 

D’autres avis :

 

Charlotte ; Jostein

Le masque et la plume  parle de « non assistance à auteur en danger » de la part de l’éditeur…

 

 

L’équation africaine, Yasmina Khadra, Julliard, août 2011, 336 p., 19 euros

 

Merci aux Editions Julliard.

 

 

challenge 1% littéraire 

 

defi Afrika Choupynette 

 

Publié dans Littérature Afrique

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Dernières nouvelles du Sud de Luis SEPULVEDA et Daniel MORDZINSKI

Publié le par Hélène

                                        dernières nouvelles du sud

♥ ♥ ♥

  Les auteurs  :

Portrait par Bernard Sesé à découvrir ici.

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L’histoire :

« Nous sommes partis un jour vers le sud du monde pour voir ce qu’on allait y trouver. Notre itinéraire était très simple: pour des raisons de logistique, le voyage commençait à San Carlos de Bariloche puis, à partir du 42e Parallèle, nous descendions jusqu’au Cap Horn, toujours en territoire argentin, et revenions par la Patagonie chilienne jusqu’à la grande île de Chiloé, soit quatre mille cinq cents kilomètres environ. Mais, tout ce que nous avons vu, entendu, senti, mangé et bu à partir du moment où nous nous sommes mis en route, nous a fait comprendre qu’au bout d’un mois nous aurions tout juste parcouru une centaine de kilomètres. Sur chacune des histoires passe sans doute le souffle des choses inexorablement perdues, cet «inventaire des pertes» dont parlait Osvaldo Soriano, coût impitoyable de notre époque. Pendant que nous étions sur la route, sans but précis, sans limite de temps, sans boussole et sans tricheries, cette formidable mécanique de la vie qui permet toujours de retrouver les siens nous a amenés à rencontrer beaucoup de ces «barbares» dont parle Konstantinos Kavafis. Quelques semaines après notre retour en Europe, mon socio, mon associé, m’a remis un dossier bourré de superbes photos tirées en format de travail et on n’a plus parlé du livre. Drôles d’animaux que les livres. Celui-ci a décidé de sa forme finale il y a quatre ans : nous volions au-dessus du détroit de Magellan dans un fragile coucou ballotté par le vent, le pilote pestait contre les nuages qui l’empêchaient de voir où diable se trouvait la piste d’atterrissage et les points cardinaux étaient une référence absurde, c’est alors que mon socio m’a signalé qu’il y avait, là en bas, quelques-unes des histoires et des photos qui nous manquaient. » Luis Sepúlveda, avant-propos du livre

 dernières nouvelles du sud vieille dame

Ce que j’ai aimé :

Dernières nouvelles du Sud est un récit touchant, l'amour des gens transparaît dans chaque mot, chaque phrase, chaque chapitre. Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski  sont des hommes qui aiment aller à la rencontre des autres pour mieux les comprendre, les entendre, écouter leur histoire et se laisser charmer par la magie des récits... Ils réussissent à communiquer cet amour profond de l'humanité avec intelligence et simplicité.

"Car dans le conglomérat de croyances qui constituent la foi d'un écrivain, il y en a une en laquelle je crois tout particulièrement : celle qui nous avertit du danger de confondre la vie qui coule au fil des pages d'un livre avec l'autre, celle qui bouillonne de l'autre côté de sa couverture. Lire ou écrire, c'est une façon de prendre la fuite, la plus pure et la plus légitime des évasions. On en ressort plus forts, régénérés et peut-être meilleurs. Au fond, et malgré tant de théories littéraires, nous autres écrivains nous sommes comme ces personnages du cinéma muet qui mettaient une lime dans un gâteau pour permettre au prisonnier de scier les barreaux de sa cellule. Nous favorisons des fugues temporaires." (p. 36) 

Les personnages croisés durant ce périple sont comme irréels, nimbés d'une aura surnaturelle créée par le pouvoir de l'écriture, et pourtant, ils sont vrais : se croisent une vieille dame qui fait fleurir les fleurs en les effleurant du bout des doigts,  les hommes du Patagonia Express, un passionné qui cherche le bois de son prochain violon, le shérif parti à la recherche de Butch Cassidy, et tant d'autres êtres devenus des personnages grâce aux auteurs du récit... 

Le style de Luis Sepulveda agit tel un tapis volant, faisant naître sous nos yeux un univers magique insoupçonnable et pourtant bien réel...

"Presque à la tombée du jour, nous avons quitté dona Delia. Nous l'avons vue jeter des grains de maïs aux poules, caresser le chien, se pencher pour redresser une tige, rentrer dans sa maison, fermer la porte et allumer une bougie qui a baigné d'or son unique fenêtre.

Le soleil se couchait sur l'autre versant des Andes, l'orchestre des grillons accordait ses intruments. Un jour mourait en Patagonie mais, à l'aube suivante, une vieille dame de quatre-vingt-quinze ans, qui avait fêté son anniversaire avec deux hommes des grands chemins, garderait la merveilleuse habitude de vivre." (p. 87)

Les photos sont en parfaite adéquation avec ce récit magique conçu comme un dernier hommage à ces hommes et femmes de cette région du bout du monde ...

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien 

 

Premières phrases :

 « Nous nous sommes mis en route sans savoir que la quila avait fleuri cette année-là. Cela n’arrive pas plus de trois fois par siècle et peut donc être qualifié de prodigieux. La quila est une variété de bambou andin qui pousse dans les ravins profonds de la cordillère. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis SEPULVEDA

Autre :  Récits de voyage

 

D’autres avis :

 Presse 

Blogs :  8 plumes 

 

Dernières nouvelles du Sud, Luis Sepulveda et Daniel Mordzinski, traduit de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, Métailié, avril 2012, 250 p. dont 80 photos, 20 euros

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Publié dans Récits de voyage

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Une journée parfaite de Danny PARKER et Freya BLACKWOOD

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Un bel album pour poétiser le monde
 Juste la journée ordinaire de trois enfants. Une somme de petits riens qui mis bout à bout forment une guirlande de bonheur. "Du vent, un cerf-volant, un fil pour le guider"

"Une soirée mystérieuse où l'on doit chuchoter

Une nuit toute douce et du temps pour rêver"

Les illustrations sont réalisées au crayon et à l'acrylique sur du papier à aquarelle, apportant légèreté et douceur à ces pages magnifiques qui chantent la liberté, la magie des instants suspendus portant en leur sein cette petite pointe d'ennui. 

Le bonheur n'est finalement pas plus que cela, juste une journée calme et sereine entourée de ceux que l'on aime ...

 

Présentation de l'éditeur : Grasset 

D'autres avis : découvert chez Jérome ; Nadael  ; Mya Rosa

 

Une journée parfaite, Danny Parker et Freya Blackwood, Grasset Jeunesse, 2015, 13.9 euros

 

Publié dans Jeunesse Album

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Printemps des poètes 2021

Publié le par Hélène

 

Seul l’inespéré

donne à la vie

le goût de vivre


Gil Jouanard, Inédit pour le Printemps des Poètes

Publié dans Poésie française

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Les gens honnêtes tome 1 et 2 de Jean-Pierre GIBRAT et Christian DURIEUX

Publié le par Hélène

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gens-honnetes-2.jpg

 

  ♥ ♥ ♥

 

 Les auteurs :

Christian DURIEUX : Né à Bruxelles le 18 janvier 1965, Christian Durieux obtient une licence de lettres avant de s'inscrire aux cours de bande dessinée de l'Institut Saint-Luc.

Il réalise une courte biographie d'André Malraux, scénarisée par Luc Dellisse, pour TINTIN REPORTER, en 1989, puis s'associe avec Jean Dufaux pour lancer sa première série, Avel, aux éditions Glénat, dans leur collection "Grafica". Cette saga d'un tueur à la recherche de son destin comptera quatre volumes. Un tel thème exigeait un graphisme froid et raide qu'il maîtrise parfaitement.

Il passe ensuite au Lombard où il entreprend, sur scénarios de Luc Dellisse, la série Foudre. Il adopte cette fois un trait plus en rondeur, mieux acclimaté avec le côté parfois grotesque de ce thriller futuriste. Sur une toile de fond pessimiste et cataclysmique, ce cycle de cinq volumes publiés de 1996 à 1998 ne manque pas d'humour dans les relations entre des personnages s'efforçant de survivre dans un univers qui leur échappe.

Un bref passage aux Humanoïdes Associés aboutit à l'album "Benito Mambo", en 1999, avant qu'il prenne Andréas pour scénariste chez Delcourt et commence la série Mobilis.

Soucieux d'expériences nouvelles, tant au niveau du récit que du graphisme, il est séduit par un projet humoristique de Denis Lapière et s'attaque en 2001 à la série Oscar chez Dupuis. Un tout nouveau registre où il relate d'un trait simplifié et vivant, dynamiquement cocasse, les exploits et affabulations d'un petit garçon pas comme les autres. Un de ses plus vifs plaisirs est de changer régulièrement de technique. (Source : Dupuis)

 

Né le 17 avril 1954 à Paris, Jean-Pierre Gibrat connaît une enfance banlieusarde sans histoires. Élevé dans une ambiance cégétiste, brillant en histoire, il obtient son bac grâce au Front Populaire et à l'agriculture de l'URSS.

Il se tourne ensuite vers le graphisme publicitaire, puis s'inscrit en Fac d'Arts Plastiques en 1975. Deux ans plus tard, il interrompt ses études pour se lancer sérieusement dans la bande dessinée et publie ses premiers récits complets dans PILOTE.

Sa rencontre avec le scénariste Jackie Berroyer, son aîné de huit ans, va faire naître le petit "Goudard" dans B.D., série d'avatars quotidiens d'un adolescent finement typé qui fréquentera ensuite CHARLIE MENSUEL, puis FLUIDE GLACIAL. Parallèlement, Gibrat multiplie les dessins dans la presse branchée (L'EDJ, LE NOUVEL OBS, etc.) et collabore à L'ORDINATEUR DE POCHE, SCIENCES ET AVENIR, puis à JE BOUQUINE et OKAPI (la série "Médecins sans frontières", sur des scénarios de Guy Vidal, puis Dominique Leguillier).

En 1982, son talent d'évocation de la gent féminine incite Berroyer à lui proposer un personnage de "Parisienne" en vacances à introduire dans PILOTE. Ils décident de réunir Goudard et cette séduisante créature dans la série d'albums que leur ouvrent les éditions Dargaud.

Dessinateur perfectionniste, donc lent, Gibrat aime se surprendre en changeant de sujet pour aborder des domaines où on ne l'attendait guère. En 1985, il accepte de faire vivre dans TÉLÉ-POCHE la chienne Zaza de Dany Saval et Michel Drucker ("L'Empire sous la mer").

Dix ans plus tard, il publie chez Albin Michel une version érotique de "Pinocchia", sur un scénario de Francis Leroi.

L'année suivante, avec Daniel Pecqueur, il mélange onirisme et fantastique dans "Marée basse" pour la collection "Long Courrier" de Dargaud.

Mais c'est dans la prestigieuse collection "Aire Libre" qu'il compose seul un chef-d'oeuvre de nostalgie rurale et de recomposition historique des années d'occupation telles que vécues dans la France profonde : "Le Sursis" emporte de multiples prix et un accueil enthousiaste des lecteurs. Son premier essai d'auteur complet est une réussite totale. Il sera suivi, en 2002, du magnifique "Vol du Corbeau".

Le festival BD de Saint-Malo,"Quai des bulles", a décerné son grand prix 2004 à Jean-Pierre Gibrat ("Le Sursis", "Le Vol du Corbeau").

Jean-Pierre Gibrat s'est vu remettre, le jeudi 26 janvier 2006, le Prix du dessin au Festival d'Angoulême pour le second tome du "Vol du corbeau". (Source : Dupuis)

 

L’histoire :

Aujourd'hui, Philippe fête son anniversaire. 53 ans, déjà. Sa maison est confortable, ses enfants sont grands, sa mère est bavarde, son nouveau vélo est magnifique. Une belle tranche de vie, dans la simplicité, l'honnêteté. Mais celui qui empoisonne le gâteau, c'est le patron de Philippe quand il lui annonce son licenciement. Victime collatérale de la mondialisation, Philippe coule à pic. Perd tout, même son toit. Mais cette plongée au coeur de lui-même va lui permettre d'ouvrir son regard sur les autres. Les gens honnêtes n'ont rien d'ordinaire.

Chronique de la tragi-comédie du quotidien, Les gens honnêtes marque la rencontre entre deux auteurs réunis par la tendresse qu'ils éprouvent pour leurs personnages. Jean-Pierre Gibrat, au scénario, et Christian Durieux, au dessin, savent faire vibrer à l'unisson la parcelle indicible de la création romanesque: son humanité.

 

Ce que j’ai aimé :

Les gens honnêtes est un récit optimiste, qui prouve que tout un chacun peut facilement et rapidement toucher le fond et remonter malgré tout vers la lumière en usant de ruse et d’intelligence. Avec des appuis indispensables tels que la famille et les amis, Philippe va rebondir de façon spectaculaire après son licenciement. Le chômage ne sera qu'une étape vers un épanouissement profond lui conférant une liberté bienvenue...

 Les personnages sont profondément humains tel que l’ami médecin de Philippe  qui accepte de l’héberger dans son petit studio avec le sourire, sans jamais se plaindre, et qui finalement va lui trouver la solution miracle pour l’aider à remonter la pente, mais aussi  l’ami libraire hédoniste amoureux du vin et des livres, en passant par les enfants de Philippe…

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Ce que j’ai moins aimé :

 Oui c’est un peu facile quelquefois, oui un peu caricatural peut-être, mais cela reste tendre et c’est un petit album de fée qui fait du bien au moral !

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Le vol du corbeau

Autre : les albums de Jean-Claude DENIS

 Les gens honnêtes, Gibrat, Durieux, Editions Dupuis, août 2008, 2 tomes, 18 euros le tome.

BD Mango bleu 

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Far away de Maryse et Jean-François CHARLES et Gabriele GAMBERINI

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 Un road-movie émouvant...

 

 Les auteurs :

Gabriele Gamberini : En parallèle de sa carrière de peintre, Gabriele Gamberini réalise des bandes dessinées pour lesquelles il a reçu plusieurs prix en Italie.

Il a publié avec Jean-François Charles et Maryse Charles les deux tomes de Red Bridges et la biographie en BD de James Dean.

Gabriele Gamberini vit dans la province de Bologne.

 Jean-François Charles naît en Belgique en 1952. Il poursuit ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et commence par dessiner des caricatures. Il collabore notamment à "La Libre Belgique" et la "Nouvelle Gazette" sous le pseudonyme de Bof.

En 1975, il travaille pour le magazine "Spirou" puis aux éditions Averbode où il illustre plusieurs revues destinées aux enfants. En 1978, il rencontre le scénariste Jan Bucquoy avec lequel il travaille sur Le Bal du Rat Mort qui sort chez Michel Deligne en 1980.

Puis toujours chez Deligne, en 1982 et 1984, il publie Le Pilori et Le Grand Dérangement, les deux premiers épisodes des Pionniers du Nouveau Monde co-scénarisés par son épouse. Les épisodes suivants seront publiés dans le magazine "Vécu" édité par Glénat. À partir du tome 7, le dessin des Pionniers du Nouveau Monde est confié à Ersel.

À nouveau chez Glénat, Jean-François Charles dessine Sagamore, un conte philosophique co-scénarisé par son épouse, Maryse. Puis, en 1991, chez le même éditeur, il entame une nouvelle série intitulée Fox, scénarisée par Jean Dufaux.

En 2001, il signe Le Météore, tome 3 du Décalogue scénarisé par Frank Giroud et publie la même année Esquisses & Toiles, un ouvrage qui regroupe plus d'une centaine de dessins et croquis inédits sur des textes de Paul Herman. Toujours en 2001, il signe India Dreams chez Casterman scénarisé par Maryse Charles, et en 2007, War and Dreams chez le même éditeur.

En 2010, il revient au dessin avec la saga Ella Mahé, qu'il scénarise également avec son épouse Maryse Charles.

 Maryse Charles a souvent collaboré avec son mari, notamment sur Les Pionniers du Nouveau Monde, mais aussi sur India Dreams, Les Mystères d’Osiris, War and Dreams et Ella Mahé en 2010.

 

L’histoire :

 Martin Bonsoir est chauffeur de camion. Il parcourt seul les paysages grandioses du Canada et des États-Unis sans plus les voir. Jusqu’au jour où son camion est immobilisé par la neige dans un bled paumé du Canada. Il y est secouru par une femme seule, plus âgée que lui, Esmé Larivière. Sur un coup de tête, elle demande à Martin de l’emmener avec lui. Le voyage de Martin prend alors une autre tournure. Il se surprend à apprécier les paysages, à prendre le temps de savourer de bons repas… Une relation forte naît entre ces deux âmes solitaires, tellement inattendue qu’ils en deviendront vite maladroits… Ils vont devoir apprendre à se faire confiance et à se dévoiler pour ne pas se perdre. C’est un magnifique road movie que nous offrent ici Maryse et Jean-François Charles, friands d’exotisme et de romantisme. Leur complice au dessin, Gabriele Gamberini, peint aussi admirablement les paysages traversés que les subtiles émotions sur les visages de ces héros ordinaires.

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Ce que j’ai aimé :

 La relation qui se tisse entre Martin, chauffeur de camion et Esmé, femme solitaire, est douce et simple comme un matin ouatiné par la neige. Esmé va rencontrer le jeune homme par hasard et va choisir de l'accompagner vers l'Arizona à bord de son camion. Elle va lui faire découvrir un autre monde, par l'intensité de son regard elle va lui apprendre à s'épanouir à l'orée de chaque instant. 

Les dessins magnifiques de Gabriele Gamberini sont comme une ouverture sur le monde qui entoure les deux compagnons, ils chantent parfaitement la beauté du paysage qui les entoure et le nouveau regard que porte le jeune chauffeur sur ces sites hors du commun.  Le  destin croisé de ces deux personnages est pur, sans fioritures inutiles. La relation qui s'instaure entre eux, si simple soit-elle, changera définitivement  leur façon d'être au monde.  

Far Away est un hymne à la vie et aux immensités américaines !

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Ce que j’ai moins aimé :

           Rien

Vous aimerez aussi :

 Des mêmes auteurs : Africa Dreams tome 1 L’ombre du roi de Frédéric BIHEL, Jean-Charles CHARLES et Maryse CHARLES ; Africa dreams tome 2 Dix volontaires sont arrivés enchaînés de Maryse et Jean-François CHARLES et Frédéric BIHEL

 Autre : L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI

 

D’autres avis :

 Mango ; Luocine ; Natiora ;  MissAlfie 

 

 BD Mango bleu 

 

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Arab jazz de Karim MISKE

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Grand Prix de littérature policière 2012 

  L’auteur :

 Karim Miské est né en 1964 à Abidjan d’un père mauritanien et d’une mère française. Il grandit à Paris avant de partir étudier le journalisme à Dakar. De retour en France, il réalise depuis vingt ans des films documentaires sur des sujets aussi divers que la bio-éthique, les néo-fondamentalismes juifs, chrétiens et musulmans, en passant par la surdité (pour lequel il apprend le langage des signes).

Ses films sont diffusés sur Arte, France 2, Canal +, Channel four et bien d’autres chaines de télévision à travers le monde. En 1997, il publie dans l’ouvrage collectif Le livre du retour (éditions Autrement), un récit qui relate sa découverte du monde arabe, de l’Afrique et de l’Islam lors de son premier voyage en Mauritanie, à l’âge de quinze ans, ainsi que les rapports complexes qu’il entretient depuis avec les différentes composantes de son identité.

À partir de 2010, il écrit plusieurs tribunes sur la racialisation de la société française pour Rue 89 et Le Monde. Il tient à présent un blog, « Chronique des années dix », sur le site des Inrockuptibles. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 Dans le 19e arrondissement de Paris toutes les communautés, religieuses et ethniques, se côtoient au quotidien. Sushis casher, kebabs, restaurant turc – point de ralliement de tous les jeunes du coin –, la librairie d’occasion farcie de romans policiers jusqu’au plafond, coiffeur juif…

 Seul Ahmed Taroudant – qui a l’horrible privilège de découvrir le corps sanguinolent de sa voisine et amie, Laura Vignola, suspendu au-dessus de son balcon – se tient à distance de cette population cosmopolite : prisonnier d’une histoire personnelle traumatisante, rêveur, lecteur fou de polars… Il constitue le coupable idéal de ce crime abominable.

 Sa découverte l’oblige à sortir de sa torpeur et à collaborer avec le duo de la Crim’ désigné par le commissaire Mercator pour mener l’enquête sur le meurtre : le flamboyant lieutenant Rachel Kupferstein et le torturé lieutenant Jean Hamelot, fils d’un Breton communiste rationaliste, quelque peu égaré dans la capitale. Ensemble, ils ont toutes les cartes pour décrypter les signes et symboles de cette mort ignoble. S’agit-il d’un meurtre symbolique exécuté par un fou de Dieu issu des communautés loubavitch ou salafiste ? Qu’en est-il de l’étrange famille de Laura, originaire de Niort, qui étend son influence jusqu’à New York ? Et de l’apparition dans le quartier du « Godzwill » une nouvelle drogue redoutable ?

 La collaboration des meilleures amies de la victime, Bintou et Aïcha (les sœurs des caïds du quartier), Rebecca – partie à Brooklyn dans l’intention d’épouser un Juif orthodoxe –, avec les lieutenants Kupferstein et Hamelot se révèlera indispensable pour reconstituer la toile d’araignée gigantesque qui, de Paris à New York, tire ses fils entre réseaux de trafics de drogue et communautés religieuses… Arab Jazz, foisonnant, pétri de sons, de musiques et de parfums, est le premier roman de l’auteur : il en a fait un coup de maître. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Karim Miské est un professionnel de l’envol qui sait en quelques lignes nous plonger dans des univers parallèles dépaysant et planants. Son écriture unique, à la fois poétique et onirique,  résonne en parfaite adéquation avec le lieu bigarré dans lequel il place son intrigue. Dans ce 19ème arrondissement animé, se côtoient musulmans, chrétiens, juifs, pour le meilleur et pour le pire. Ahmed se tient à l’écart de cette foule et de sa vie, traumatisé par un évènement de son passé enfoui dans les limbes de son inconscient. Le meurtre de sa voisine va faire remonter les souvenirs honnis, et il n’aura d’autres choix que d’affronter ses démons qui sont aussi ceux du quartier.

 Les enquêteurs dévoyés dans ce nid vont se confronter à tous les fondamentalistes religieux : témoins de Jéhovah, musulmans extrémistes, juifs radicaux, manipulateurs experts capables d’abolir les volontés des plus faibles pour les rallier à leurs causes… Pour démêler les fils de cet imbroglio religieux, Ahmed leur sera d’une grande aide…

 Pour une fois les policiers ne sont pas des gentils blancs comme neige chargés de pourfendre le mal mais plutôt des êtres humains faillibles.

 Karim Miské fait preuve d’un art de l’esquisse dans la description de ses personnages laissant entrevoir les failles sans les sonder, densifiant les personnalités au fil des pages pour créer des silhouettes insaisissables, préservées.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Un peu confus vers la fin...

 Premières phrases :

 « Ahmed regarde les nuages dans le ciel, les nuages qui flottent là-bas, les merveilleux nuages.

Ahmed aime la poésie, pourtant il n’en connaît plus que des bribes qui lui reviennent fugitivement telles des bulles à la surface de l’âme. Souvent les vers arrivent seuls, sans auteur ni titre. »

 

Vous aimerez aussi :

 Passage du désir de Dominique SYLVAIN 

 

D’autres avis :

Presse : Lire  ; Télérama  

 

Arab Jazz, Karim Miské, Viviane Hamy éditions, mars 2012, 350 p., 18 euros

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