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1205 résultats pour “vie parfaite

Cible mouvante de Ross MACDONALD

Publié le par Hélène

                                            cible-mouvante.jpg

 ♥ ♥ ♥ ♥

  

 L’auteur :

 

 ROSS MACDONALD (1915-1983) est l'auteur de plus d'une vingtaine de romans, dont la célèbre série mettant en scène le détective privé Lew Archer, qui a été incarné deux fois à l'écran par Paul Newman. Après Chandler et Hammett, c’est le troisième "grand" du roman noir américain. James Crumley et James Ellroy reconnaissent en lui un maître et ses livres se sont vendus à des millions d’exemplaires de par le monde. Ses romans sont enfin réédités – pour la première fois – dans une traduction intégrale. Plus de détails sur sa vie et son oeuvre.

L’histoire :

 

Comme beaucoup de millionnaires du sud de la Californie, Ralph Sampson a d'étranges fréquentations. Il y a cet étrange saint homme qui vénère le soleil et auquel Sampson a autrefois offert une montagne entière, et cette actrice oubliée, versée dans l’astrologie et les pratiques sado-maso. Mais voilà que le détective privé Lew Archer est engagé par la femme de Sampson pour retrouver cet excentrique magnat du pétrole dont les "amis" ont peut-être arrangé le kidnapping. Pour mener à bien son enquête, il devra naviguer entre les sanctuaires des méga-riches californiens et les boîtes de jazz sordides.

    Cette première enquête de Lew Archer plonge dans un univers où s'entremêlent sexe, avidité et rancœurs familiales. Ce classique du roman noir transcende le genre en mettant en scène un détective privé qui pénètre au cœur des mystères de l'existence humaine.

  Ce que j’ai aimé :

 

 Les romans de Ross McDonald ont été édités entre 1949 et 1976, et aujourd'hui  les éditions Gallmeister ont décidé de rééditer les aventures de Lew Archer dans de nouvelles tradutions, par ordre chonologique et directement en format de poche. Un vrai régal, merci Oliver...

 Cible mouvante nous plonge donc dans l’atmosphère des romans noirs des années 50 : les boîtes de jazz aux artistes désillusionnés, les bas-fonds sordides opposés à la lumière des grandes fortunes, si attirantes que certains papillons de nuit risquent d'y perdre leurs ailes.

Un autre monde souterrain dominé par l'argent et l'appât du gain se tapit dans l'ombre, attendant son heure. Lew Archer est là pour remettre un semblant d'ordre dans cette noirceur sous-jacente, il est l'archétype du détective privé fascinant,  et pourtant aux abords ordinaires.

 « En 1935, lorsque je me suis engagé dans la police, je croyais que le mal était une qualité avec laquelle certaines personnes naissaient, comme un bec de lièvre. Et que donc le boulot de flic consistait à trouver ces personnes et à les neutraliser. Mais la mal n’est pas si simple. Nous l’avons tous en nous, et le fait qu’il en vienne ou non à s’exprimer dans nos actes dépend de beaucoup de choses. De l’environnement, des opportunités, de la pression économique, du manque de bol, d’un mauvais ami. Le problème, c’est que le flic doit continuer à juger les gens au doigt mouillé et à agir en fonction de ce jugement. » (p.128)

Les chapitres courts (5 pages environ) et l'écriture directe et incisive de Ross McDonald rendent cette enquête diablement efficace et crée une accoutumance indéniable à cette série, rééditée dans de nouvelles traductions et qui comptera a priori 18 volumes... Vous n'avez pas fini d'entendre parler de Lew Archer...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

  

Premières phrases :

 « Le taxi quitta la US  en direction de la mer. La route contournait une montagne marron puis s’enfonçait dans un canyon bordé de chênes dorés.

-          C’est Cabrillo Canyon, dit le chauffeur.

Il n’y avait aucune maison en vue.

-          Les gens vivent dans des cavernes ?

-          Oh que non. Les domaines sont plus bas, près de l’océan. »

  

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Noyade en eau douce

 Autre : Raymond Chandler et Dashiell Hammett

 

 D’autres avis :

 

Blogs : Jean-Marc  

Presse :

Derrière son privé Lew Archer, Ross Macdonald décortique l'Amérique des nantis d'une plume cinglante. […] Une écriture moderne, tendue à l'extrême, et un goût pour le réalisme social qui se renforcera au fil des livres.

Christine Ferniot, TÉLÉRAMA

L'intrigue est en béton armé, la construction parfaite, la langue soignée (récit au passé simple). Les flatteurs ne s'y trompent pas: Macdonald est une étoile.

Marine de Tilly, LE POINT

Du grand art noir.

Delphine Peras, LIRE

Écriture précise, effets dégraissés, intrigue qui emprunte au réalisme social, émotion retenue. Face à une littérature de genre qui joue parfois la surenchère pour cacher sa médiocrité, le classicisme a toujours du bon.

Éric Libiot, L'EXPRESS

Le sens de la formule, des ambiances et des situations associés à des personnages denses nourrissent à juste titre la réputation de cet auteur admirable.

Jérôme Caron, LE POINT DE VUE

La meilleure série d’histoires de détective privé jamais écrite par un Américain.

WILLIAM GOLDMAN

Alors que personne n’y prêtait attention – ou plutôt quand tout le monde regardait dans la mauvaise direction –, un auteur de polar est devenu l’un des plus grands romanciers américains.

THE NEW YORK TIMES

Ross Macdonald est tout simplement l’un des meilleurs.

MICHAEL CONNELLY

 

Cible mouvante, Ross MACDONALD, Traduit de l’américain par Jacques Mailhos, Gallmeister, mai 2012, 288 p., 10 euros 

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Rencontre avec Emma Cline, auteure de The girls

Publié le par Hélène

Vendredi dernier, la librairie Gallimard organisait une rencontre avec Emma Cline, l'auteure talentueuse de "The girls", en collaboration avec l'agence Anne et Arnaud.

Ce fut l'occasion de rencontrer cette jeune auteure talentueuse.

Rencontre avec Emma Cline, auteure de The girls

Voici les questions qui lui ont été posées :

 

Pourquoi ce choix de s'appesantir sur l'adolescence ?

L'adolescence est un âge tumultueux, à la lisière entre l'innocence, la pureté de l'enfance et cette révolution du passage à l'âge adulte. Cela m'intéressait de donner un rôle à cette adolescence qui est souvent traitée avec des clichés dans les romans, trop rapidement.

 

Pourquoi utiliser cette affaire Manson en arrière-plan ?

L'affaire n'est pas au centre du roman, elle n'est qu'un prétexte pour parler de l'adolescence. C'est un symbole. Cette affaire est très présente dans la culture californienne dans laquelle j'ai grandi. Elle permet aussi une réflexion sur la violence, pas seulement la violence physique, mais aussi la violence psychologique des adolesents, la violence qui prend feu dans le rapport à l'autre. C'est cette violence là qui m'intéressait davantage que la violence dramatique de l'affaire Manson.

 

Peut-on voir des échos contemporains, faire un parallèle avec ces adolescents perdus de Californie et les jeunes embrigadés par Daesh ?

L'adolescence est un âge vulnérable, durant lequel on s'engage idéologiquement, on a besoin d'exrpimer cette violence inhérente vers d'autres que soi. On parle peu de la violence féminine, souvent rentrée, qui s'exprime par l'anorexie, les jeunes filles qui se tailladent, ou n'expriment pas leur mal-être, leur colère. C'était intéressant d'aborder ce thème là dans cette ville.

 

Pourquoi le personnage de Sacha ?

Je voulais montrer qu'à 30 ans de distance, une adolescente reste une adolescente avec cette envie d'être vue, regardée. Les réseaux sociaux sont au coeur de cette volonté de se montrer et d'être reconnu par ses camarades.

 

Pourquoi parler seulement de cette envie d'être vue et pas de l'envie d'être aimée qu'elle cache ?

A mon avis, l'adolescent n'est pas toujours en âge de comprendre que derrière cette envie d'être regardé se cache l'envie d'être aimé et compris.

 

Travaillez vous sur un nouveau projet ?

Oui sur un recueil de nouvelles et sur un roman.

 

Y aura-t-il une adaptation de "The girls" ?

On m'a proposé de travailler sur le script, mais j'ai refusé disant que quand c'était fini, c'était fini pour moi. Mais quelqu'un a acheté les droits du film. (Scott Rubin)

 

Etes vous toujours hantée par vos personnages ?

J'ai mis trois ans à écrire ce roman, fini depuis deux ans, et c'est seulement maintenant que je fais une tournée promotionnelle, c'est un peu étrange de parler de personnages que j'ai presque oublié pour certains, puisque je travaille sur de nouveaux projets. Mais oui, pour certains, ils m'habitent encore. J'ai finalisé le roman en deux mois et c'est là que j'ai mis le plus de moi même, et que j'ai écrit les personnages les plus difficiles.

 

Y-a-t-il une influence de votre vie personnelle dans ces pages ?

Je vous rassure, je n'ai tué personne ... Mais je suis l'aînée de 5 filles donc je connais les rapports entre filles. J'étais surtout intéressée par les décisions que l'on prend à cet âge là, décisions qui peuvent avoir des répercussions auxquelles on ne s'attend pas dans l'âge adulte.

 

Quel fut le meilleur moment de cette magnifique aventure littéraire?

J'avais terminé d'écrire le roman, et je suis sortie dans ma cour pour fumer une cigarette. Maintenant tout ce que je vis, je le vis avec distance, cela m'est un peu étranger.

Par la suite, j'ai pu rencontrer Anna Jarota et son assistant Robin Schultz, les agents littéraires d'Emma Cline. Anna Jarota a évoqué avec tendresse la jeune auteure de "The girls" : "Tout était déjà parfait dans ce roman, nous n'avons pas eu à le retravailler, j'ai senti à la première lecture que je tenais quelque chose, un talent rare. Sur peut-être 100 romans que nous lisons, seul 1 roman sort du lot, et ce fut celui là ! C'est impressionnant de se dire que cette jeune fille de 27 ans possède une telle maîtrise de l'écriture, et de la psychologie ! Elle est extraordinaire et mérite son succés. Nous avons vendu les droits de son roman dans 34 pays, et Emma a commencé sa tournée. La France est l'avant dernière étape avant l'Italie. J'ai hâte de recevoir son prochain roman dans ma boîte mail, à ce moment-là, je sais que le monde s'arrêtera de tourner et qu'il n'y aura plus que cela, ce manuscrit, cette nouvelle perle à découvrir. Je sais que je ne serai pas déçue !"

 Cette rencontre m'a éclairée aussi sur le métier d'agent littéraire, métier relativement récent en France, contrairement aux pays anglo-saxons où il est monnaie courante de faire appel à ces agents en tant qu'intermédiaire entre l'auteur et l'éditeur. Après une expérience enrichissante à Londres dans l'agence Andrew Nurnberg Associates, Anna Jarota a décidé de créer sa propre agence en France en 2008.  Elle est l'agent notamment de Nancy Huston, Woody Allen, Jérôme Kerviel et Valérie Trierweiler. Robin quant à lui, est passionné par ce métier qu'il assimile à celui de "découvreur de trésors" ! 

Quant à la question de savoir quel serait leur prochain "trésor", Robin m'a dit qu'il fallait s'attendre à un grand coup dans 5 mois, quelqu'un de connu, qu'il ne pouvait rien dire encore mais qu'il y avait des indices dans la newsletter de Livres Hebdo ! A vos tablettes !

 

J'ai aussi discuté avec le traducteur de "The girls"Jean Esch, pour qui cette traduction était une belle expérience. Il a aussi traduit récemment le roman de Don Winslow Cartel, la suite de La griffe du chien, à découvrir également absolument selon lui ! 

 

Nous avons pu également échanger plus longuement avec Emma Cline, une jeune femme très avenante, touchante de sincérité, Sandra vous en dit plus sur son blog Bellepagesite !

 

Merci à Arnaud, Anaïs, Roxane, et Sandra !

 

Présentation de l'éditeur : Editions de la table ronde

Mon avis sur "The girls" : ICI

 

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Le mariage de Figaro de BEAUMARCHAIS

Publié le par Hélène

mariage-de-figaro.jpg 

♥ ♥ ♥

​« Il n'y a que les petits hommes qui craignent les petits écrits. »

 

L’auteur :

Sur le site Bac de Français

 L’histoire :

 Figaro, le valet du comte Almaviva, doit épouser Suzanne, camériste de la comtesse. Mais le comte qui n’est plus aussi amoureux de sa femme ne détesterait pas voir rétabli certain « droit du seigneur » que lui-même a aboli : bref, il poursuit Suzanne de ses assiduités en lui faisant miroiter la dot qu’il lui a promise. De son côté, Marceline, femme d’un certain âge, entend se faire épouser par Figaro en vertu d’un engagement qu’il lui a signé jadis par plaisanterie. Or, le juge de paix, c’est le comte Almaviva et pour se venger du dédain de Suzanne, il pourrait bien ordonner ce mariage...

 

Ce que j’ai aimé :

Le sous titre de cette pièce bien connue de Beaumarchais est "La folle journée", intitulé qui lui convient parfaitement tant le rythme de cette pièce est enlevé, gai, les répliques fusant, rapides et divertissantes. Les personnages sont spirituels, et savent manier le langage avec brio pour arriver à leurs fins : qu'il s'agisse du comte qui souhaite séduire Suzanne, ou de Suzanne et de la comtesse qui se liguent pour le faire échouer : 

« En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez. »

« Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort »

« La femme la plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit, sois belle si tu peux, sois sage si tu veux mais sois considérée, il le faut. »

La tension liée à l'intrigue est désamorcée par le rire : personnages de comédie ridicules, situtations comiques avec les personnages qui aiment se cacher pour échapper à une mauvaise rencontre, personnages déguisés qui suscitent des équivoques, atmosphère riante pour aborder des sujets plus graves, comme le dit Figaro dans Le Barbier de Séville : "Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer."

Beaumarchais dénonce en effet les abus de pouvoir des plus puissants sur les plus faibles, ou encore des hommes sur les femmes. La comtesse est délaissée par un mari volage et se réfugie dans son engouement pour un jeune page émoustillé par son adolescence, Suzanne essaie d'échapper au comte qui veut réhabiliter le "droit du seigneur", le comte s'appuie sur ses privilèges et son pouvoir pour faire plier les autres à ses caprices. Il use de son argent et de son pouvoir, notamment par l'entremise du procés qui oppose Marceline et Figaro pour obtenir les faveurs de Suzanne. Beaumarchais s'est trouvé lui-même en plusieurs occasions en rivalité avec les Grands de ce monde, et il ne doit sa réussite et son succés qu'à ses mérites personnels et non aux privilèges dûs à sa naissance. Il a de plus connu aussi les imbroglios des palais de justice et des procès sans fins qui marquent les dysfonctionnements de l'institution judiciaire de l'époque. Le personnage de Figaro lui ressemble en divers points

« Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. »

 « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. » 

Dans son célèbre monologue, Figaro  veut prouver que sa valeur dépasse celle de son maître et que naissance et mérite ne sont pas liés. Le récit de sa vie montre une société de l'Ancien Régime sclérosée, qui ne laisse aucune ouverture au talent des hommes et favorise l'origine sociale plutôt que les qualités de la personne. Cette société de l'Ancien Régime porte aussi profondément atteinte à la dignité des femmes. Marceline sera le porte parole des femmes dans la pièce : séduite dans sa jeunesse et trompée dans ses espoirs par Bartholo, elle révèle la différence de traitement que subissent les femmes dans la société. 

AInsi, Beaumarchais nous offre une oeuvre virtuose qui ne précède que de quelques années la prise de la Bastille le 14 juillet 1789... Napoléon Bonaparte aurait même déclaré "Le Mariage de Figaro, c'est déjà la révolution en action."

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

Mes réticences tiendront dans la problématique récurrente liée au théâtre : est-il fait pour être lu ou vu . Les rebondissements étant multiples ici, je vous conseille plutôt de voir cette pièce sur scène pour rendre davantage justice à son rythme tonitruant, à ses quiproquos et rebondissements incessants.

 

Premières répliques :

« ACTE PREMIER

   Le théâtre représente une chambre à demi démeublée; un grand fauteuil de malade au milieu. Figaro, avec une toise, mesure le pancher. Suzanne attache sa tête, devant une glace, le petit bouquet de fleurs d'orange appelé chapeau de la mariée.

 

SCENE 1

FIGARO, SUZANNE

 

" FIGARO: Dix-neuf pieds sur vingt-six.

SUZANNE: Tiens, Figaro, voilà mon petit chapeau; le trouves-tu mieux ainsi ?

FIGARO lui prend les mains: Sans comparaison, ma charmante. Oh ! que ce joli bouquet virginal, élevé sur la tête d'une belle fille, est doux, le matin des noces, à l'oeil amoureux d'un époux !...

SUZANNE se retire: Que mesures-tu donc là, mon fils ?

FIGARO: Je regarde, ma petite Suzanne, si ce beau lit que Monseigneur nous donne aura bonne grâce ici.

SUZANNE: Dans cette chambre ?

FIGARO: Il nous la cède.

SUZANNE: Et moi je n'en veux point.

FIGARO: Pourquoi ?

SUZANNE: Je n'en veux point. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le barbier de Séville, La mère coupable

Autre : Théâtre

 

Editions diverses et variées...

Publié dans Théâtre

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Martini shoot de F. G. HAGHENBECK

Publié le par Hélène

martini-shoot.jpg

♥ ♥

L’auteur :

 Francisco G. Haghenbeck (Mexique, 1965) est écrivain et auteur de B.D., notamment de la série conçue pour le gouvernement mexicain : Los 7 pecados capitales. On lui doit également les romans : El codigo nazi et Aliento a Muerte. Il a reçu le prix du récit court de Oaxaca ; le prix La Bisagra de Puerto Vallarta et le Prix National de Roman au Mexique pour le roman Ttago Amatgo en 2006. Martini Shoot (2011) chez Denoël.

Il a travaillé dans les musées et à la télévision en tant que réalisateur et producteur. (Source : Babélio)

 L’histoire :

Sunny Pascal, amateur de tequila et de planches de surf, gagne sa vie en lavant les grands d'Hollywood des scandales les plus incroyables. En cette année 1963, un nouveau contrat l'emmène à Puerto Vallarta, dans son Mexique natal, sur le tournage du nouveau film de John Huston, La Nuit de l'iguane, qui réunit sur une même plage le sulfureux couple d'Elizabeth Taylor et Richard Burton, la sublime Ava Gardner, la capricieuse Sue Lyon et tout un staff haut en couleur. Entre deux cocktails bien corsés, Sunny devra veiller à ce que ce casting de marque ne s'entre-tue pas avant le clap de fin. Une gageure lorsque l'on sait que le réalisateur a offert à chacun un pistolet en or muni de balles en argent gravées à leur nom... Un polar noir et glamour campé sur le mythique tournage de La nuit de l'iguane de John Huston. (Source : Babélio)

nuit-de-l-iguane.jpg 

Ce que j’ai aimé :

Haghenbeck s’est appuyé sur les anecdotes liées à ce tournage resté célèbre pour la tension qui régnait sur le plateau : dans son livre de souvenirs (publié chez Pygmalion),  John Huston raconte :

 "Les rapports personnels entre les protagonistes de La Nuit de l'Iguane étaient passablement embrouillés. Richard Burton  était accompagné d'Elizabeth Taylor, encore légalement mariée à Eddie Fisher. Michael Wilding, ex-époux de Liz, nous rejoint en tant qu'agent de publicité de Burton. Peter Viertel, second mari de Deborah, avait été l'amant d’Ava Gardner qui s'était attaché les services de deux maîtres-nageurs, tandis que tous les "machos" de la ville recherchaient les bonnes grâces de Sue Lyon, malheureusement pour eux étroitement surveillée par sa mère et son fiancé. Tout le monde se demandait ce qui allait arriver.

 Qui ? Avec qui ? Pourquoi, quand, comment ? Avant de commencer à tourner, j'achetai cinq revolvers plaqués or, que j'offris solennellement à Burton, Elizabeth, Ava, Deborah et Sue. Chaque revolver était accompagné de quatre balles dorées, sur lesquelles j'avais fait graver le nom des quatre partenaires de chacune de mes vedettes. Les journalistes arrivaient en foule. Il y eût bientôt plus d'envoyés spéciaux que d'iguanes, un flot incessant de reporters et de photographes guettant l'instant où les revolvers entreraient en action. Ils attendirent en vain. Il n'y eu pas de feu d'artifice. Nos vedettes filaient le parfait amour. Le travail terminé, chacun retrouvait sa chacune. »

L’auteur part donc de cette situation initiale explosive pour construire un récit qui souhaite s’inscrire dans la droite ligne des romans de Chandler. Il met en scène son détective Sunny Pascal, personnage mi-looser mi-détective, étonnant quand il se met à ruer dans les brancards. Celui-ci est chargé de surveiller le tournage dans le petit village de Puerta Vallara –devenu suite au tournage une station balnéaire très prisés des américains- afin « d’arranger les choses en cas de pépin ».  Il s’imagine qu’il pourra tranquillement siroter sa margarita, faire du surf tout en flirtant avec les filles du coin. Malheureusement ses plans vont être légèrement perturbés par une balle perdue malencontreusement dans le corps d’un homme mort. Une balle en argent comme celles données par John Huston à ses acteurs. Entre dessous d’Hollywood peu reluisants et charme fatal des actrices, Sunny aura fort à faire pour aplanir la situation…

 A chaque début de chapitre nous est présenté un cocktail, sa recette et une anecdote sur ses origines. Le procédé a le mérite d’être original, même s’il a tendance à ralentir l’action, transformant le roman en livre de cocktails.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 En effet, il s’agit plus d’un roman d’ambiance que d’un roman avec une réelle intrigue policière, il flirte entre le genre policier seulement, mais sans l’assumer totalement.

Il manque un petit quelque chose, une étincelle pour que les dialogues sonnent vraiment juste et que l’on retrouve totalement l’ambiance des romans noirs à la Chandler…

Un bon roman, mais pas encore totalement abouti…


Premières phrases :

 « Martini Dry

6 mesures de gin

1 mesure de vermouth blanc sec

Olives à cocktail

Glaçons

Verser alcools et glaçons dans le verre à mélange, agiter afin de bien répartir la glace. Servir dans un verre à cocktail. Garnir d’olives piquées d’un cure-dents. Savourer en écoutant Frank Sinatra chanter Witchcraft. »

 D’autres avis :

 

L’express ; Cannibales lecteurs

 

Martini shoot, Une enquête de Sunny Pascal, F. G. Haghenbeck, traduit de l’espagnol (Mexique) par Juliette Ponce, Folio policier, 8 euros

 

dialogues-croises

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Mon calendrier de l'avent - Le livre le plus poétique

Publié le par Hélène

«Car vivre

C’est savoir que tout instant de vie est rayon d’or

Sur une mer de ténèbres,

C’est savoir dire merci»

A découvrir ICI

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L'âge de l'innocence de Edith WHARTON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Alors que Newland Archer s'apprête à se marier avec la sage May Welland, il rencontre la cousine de May, la comtesse Olenska, qui désire divorcer, ce que le clan familial et social des années 1880 refuse d'accepter. Face à cette jeune femme libre et sincère aux goûts artistiques et esthétiques affirmés, Newland est désarçonné et conquis malgré lui. Mais dans cette société pétrie de convenances, dans ce monde de principes dans lequel l'individu se heurte à la société, n'est pas libre qui veut.

La peinture acerbe du milieu américain de l'époque met en valeur l'aliénation du milieu social, une émancipation impossible. En ce sens, ce roman ne peut être que celui de la perte, et chaque personnage est voué à la frustration d'une passion inassouvie. Plus profondément, le véritable moi se trouve rapidement perdu dans la forme imprimée par la tradition et l'éducation, au point que l'identité même de l'individu disparaît, lissée, modelée par le milieu.

Par sa construction implacable, sa parfaite maitrise de la psychologie, et sa peinture sans concessions de la haute société new-yorkaise de cette fin du XIXème, L'âge de l'innocence est un grand roman qui bénéficie aujourd'hui d'une nouvelle traduction parfaitement maîtrisée.

 

Présentation de l'éditeur : Les Belles lettres

Du même auteur : Chez les heureux du monde 

Merci à Babélio pour cette belle découverte !

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Les refuges de Jérôme LOUBRY

Publié le par Hélène

♥ ♥

Nouvellement arrivée en Normandie, Sandrine est appelée à se rendre sur une île aux larges de la côte, île dans laquelle sa grand-mère a passé ses derniers instants. Sandrine connait peu cette grand-mère, et arrivée sur l'île, elle découvre le portrait d'une personne charmante que tous les habitants de l'île appréciaient. Elle découvre aussi un mystère autour de cette île froide et inhospitalière sur laquelle les habitants semblent voués à rester, comme prisonniers. L'île aurait abrité un pensionnat après la guerre, précipitamment fermé en 1949, pour des raisons confuses.

Quelques jours plus tard, Sandrine est retrouvée sur la plage du continent, errant perdue, avec le sang d'un autre sur ses vêtements. Qu'a-t-il bien pu se passer ?

L'atmosphère est rapidement pesante, oppressante et cela ne pourra aller que crescendo. je ne peux pas vous en dire plus au risque de dévoiler l'intrigue, sachez seulement que les intrigues se superposent en différentes strates qui ne prennent sens qu'à la toute fin du roman, l'auteur usant ainsi d'un procédé parfaitement maitrisé et parfait pour illustrer le propos final.

Ce que j'ai moins aimé : très très glauque !!!!! (très)

 

Présentation de l'éditeur : Calmann Lévy

 

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Coups de coeur 2016

Publié le par Hélène

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La vie devant soi de Romain GARY (Emile AJAR)

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Dans la vie c'est toujours la panique."

Quartier de Belleville, années 70. Momo, 10 ans vit chez Madame Rosa, une ancienne prostituée qui a créé « une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers », c'est à dire qu'elle accueille des enfants de prostituées pour les protéger de l'assistance publique ou des "proxinètes", comme dit Momo. Le jeune garçon raconte son quotidien à hauteur d'enfant émaillant son récit de réflexions sur la vie :

"Les gens tiennent à la vie plus qu'à n'importe quoi, c'est même marrant quand on pense à toutes les belles choses qu'il y a dans le monde."

"La vie fait vivre les gens sans faire tellement attention à ce qui leur arrive."

Si Momo a la vie devant lui, Madame Rosa, quant à elle, est hantée par ses souvenirs d'Auschwitz, se laissant gagner peu à peu par la maladie Si son médecin insiste pour qu'elle soit hospitalisée, elle le refuse catégoriquement, soutenue par Momo : 

"Moi je trouve qu'il n'y a pas plus dégueulasse que d'enfoncer la vie de force dans la gorge des gens qui ne peuvent pas se défendre et qui ne veulent plus servir."

L'enfance, la mort, la vieillesse, le milieu des prostituées et des émigrés s'entremêlent savamment pour former une oeuvre atypique, pimentée de trouvailles langagières hors norme, drôles et décalées. Le délabrement de Madame Rosa se niche au coeur du roman, sa dignité lui criant de ne pas finir à l'hôpital, reliée à des tubes, comme un simple légume. L'amour inconditionnel de Momo l'aidera à fuir cet hôpital synonyme de déchéance. 

L'amour fonde le monde de l'enfant et lui permet d'avancer en pensant qu'il a la vie devant soi. Même si la vie est cruelle, son humour et son innocence lui servent de bouclier. 

Les derniers mots du roman sonnent comme une promesse : "Il faut aimer". 

Pour la petite histoire  Romain Gary a reçu le prix Goncourt pour ce roman, sous le nom d'emprunt d'Emile Ajar. En effet Romain Gary s'est joué du Goncourt puisque le règlement n'autorise pas un auteur à recevoir le prestigieux prix deux fois, or il l'avait déjà obtenu en 1956 pour Les Racines du Ciel. Il voulait par cette mystification retrouver une certaine liberté d'expression, loin des critiques. L'affaire fut révélée à la mort de l'auteur en 1980. 

 

 

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : A propos des livres  ; Manou 

 

La vie devant soi, Emile Ajar, Folio, 7.70 euros

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Déceptions et abandons de 2011

Publié le par Hélène

les-types-comme-moi.jpgLes types comme moi de Dominique FABRE

 

Les types comme lui ce sont :

 

"Des types seuls, ou divorcés, ou les deux.

Des types au sourire bleu.

Des types qui ont perdu au jeu de la vie, avec des C.V. à trous.

Des types qui se retrouvent dans des bars. « Et qu'est-ce qu'il devient, untel ? »

Des types qui baissent les stores.

Des types qui baissent les bras.

Des types qui s'achètent un scooter, depuis le temps qu'ils en rêvent.

Des types qui ne croient pas aux deuxièmes chances, et qui pourtant..."

 

Des types comme lui, j'en croise tous les jours et je dois avouer que quand j'ouvre un roman, je n'ai pas envie d'écouter encore la longue litanie de doléances inhérentes aux vies ratées...

 

J'ai moi aussi baissé les bras...

 

sixieme_homme.jpg

Le sixième homme de Monica KRISTENSEN

 

Quatrième de couverture : onnaissez-vous Longyearbyen ? Un nom assez énigmatique pour cette capitale minuscule nichée dans l’archipel du Svalbard et plongée une grande partie de l’hiver dans la nuit polaire. C’est dans cette obscurité qu’un lourd manteau neigeux peine à éclaircir que la petite Ella disparaît. Le jardin d’enfants est pourtant bien surveillé, mais les petits aiment chahuter et se cacher sous la maison, entre les pilotis. Un homme rôde qui les observe. Des traces de pas dans la neige mènent droit à la mine de charbon. Située sur les hauteurs de la ville, cette mine est le centre de gravité de l’île. Chacun connaît dans son entourage un ou plusieurs de ses employés. Comment une si petite ville, d’à peine 2 000 habitants, pourrait longtemps cacher un criminel ? Le commissariat de Longyearbyen est plutôt engourdi par le manque de rotation des affaires à traiter… Rien de commun en effet entre cette disparition inexplicable et la routine des policiers : les chasses à l’ours en scooter des neiges - leurs couloirs migratoires menacent régulièrement de traverser la ville -, les petits trafics des pêcheurs contrebandiers ou encore le fléau de l’alcoolisme qui n’épargne pas tous les foyers… Epaulé par des agents venus de métropole, le commissariat parvient à recouper plusieurs pistes quand le père d’Ella disparaît à son tour. Nouvelle victime.

MOn avis : Je me suis arrêtée aux environs de la page 100, les policiers s'interrogeaient toujours sur la disparition de la petite Ella mais l'action n'avançait toujours pas d'un iota... L'explication la plus plausible est que le froid a engourdi leurs réflexes et a gelé leurs instincts...

Les chapitres ne se suivent pas chronologiquement, si bien que le lecteur a aussi l'impression d'être totalement désorienté, comme perdu dans une tempête de neige et de lire en plein brouillard : une fois la petite Ella  a disparu et on est en février, la fois suivante, le chapitre se déroule en décembre et a pour personnage principale une parfaite inconnue au nom improbable (comme tous les personnages mais ceci est une autre histoire) puis le chapitre suivant revient en février mais cette fois-ci avec le bon vieux Knut, mais ce n'était que provisoire, Trulte Hansen apparaît ensuite, puis Froydis, puis Per Leikvik (en novembre). N'en jetez plus ! Bref je me demande si l'auteure a pensé à ses lecteurs étrangers en écrivant ces chapitres désordonnés pullulant de personnages aux noms imprononçables...

A vouloir trop se concentrer pour comprendre qui est qui, et si on est en février ou en décembre, nous aussi oublions la pauvre Ella perdue dans la tempête de neige et risquant de croiser des ours polaires qui s'invitent eux aussi inopinément dans l'histoire (qui ont comlme seul bénéfice d'être reconnu parfaitement dans ces pages au charme brouillon...)

Je pense que pour qui est suffisamment concentré et n'a qu'un seul livre dans sa PAL, le détour peut valoir le coup, personnellement je n'ai pas pris le risque de me perdre dans les montagnes norvégiennes !

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La bataille du petit Trianon de Jorge AMADO

 

Je vous livre la quatrième de couverture pour que vous compreniez pourquoi je l'ai choisi :

 

"Nous sommes au Brésil à Rio de Janeiro, en pleine Seconde Guerre mondiale, sous l’Estado Novo, dictature militaire proche de l’idéologie nazie qui n’a de cesse de chasser les communistes et de torturer les opposants politiques.
Le grand poète académicien Antonio Bruno apprend la déroute des Français et l’entrée des Allemands dans Paris. Devant une telle défaite, voyant que la barbarie s’installe, il meurt de chagrin. Une place est désormais vacante à l’Académie des Lettres brésilienne ; le colonel Agnaldo Sampaio Pereira, grand admirateur du IIIe Reich, va alors se présenter, persuadé d’être élu à l’unanimité. Mais les académiciens refusent de laisser ce « Goebbels » brésilien briguer le fauteuil des immortels et vont lui imposer un autre candidat, membre de l’armée lui aussi, mais défenseur de la démocratie : le général Waldomiro Moreira. Qui du fascisme ou du libéralisme finira par gagner ? L’armée parviendra-t-elle à trouver sa place au sein du précieux monde des Lettres ? 
Avec un humour féroce, Jorge Amado dénonce, dans La bataille du Petit Trianon, la bestialité et la bêtise de l’homme. 
Dans une société où les machinations et la perversité sont de mise, ne restent que la littérature et la poésie pour (ré)enchanter le monde et faire éclater sa sensualité."

 

Le sujet avait tout pour me plaire puisque l'histoire entremêle subtilement le monde des lettres, de la résistance face au nazisme et à l'oppression, tout en nous offrant quelques anecdotes croustillantes sur la vie privée des protagonistes.


Et pourtant... J'ai essayé plusieurs fois de rentrer dans l'histoire sans succés, je lisais quelques lignes et mon esprit s'évadait, je revenais au texte, réussissait à accrocher quelques lignes, puis mon esprit prenait à nouveau la fuite... J'ai tout tenté pour le retenir, puis j'ai rendu les armes et je n'ai fait que survoler cette lutte pour un siège à l'Académie.


Je dois tout de même concéder que la fin de la fable est surprenante, mais que de circonvolutions pour en arriver là...


Je vous  livre tout de même la morale, elle aussi prometteuse : "La morale ? Voyez : partout, à travers le monde, ce sont les ténèbres à nouveau, la guerre contre le peuple, l'absolutisme. Mais, comme il est prouvé dans cette fable, il est toujours possible de planter une semence, d'éveiller une espérance."

 

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Mathématiques congolaises de In Koli Jean Bofane

 

Présentation de l'éditeur : Celio Mathematik, jeune fana de mathématiques dans une Kinshasa de la débrouille, va grimper candidement dans les cercles obscurs du pouvoir.
Dans un Kinshasa secoué de remous de toutes sortes, Célio aurait pu traîner sa galère encore longtemps, n’eut été sa rencontre avec le directeur d’un bureau aux activités très confidentielles, attaché à la Présidence de la République. La faim tenaille suffisamment les ventres pour que le débat sur le bien et le mal puisse être sérieusement envisagé. La ville ne fait pas de cadeau, le jeune homme le sait, et il tient là l’occasion d’enfin se réaliser. Faire partie du cercle très fermé de ces sorciers modernes d’un genre particulier qui manipulent les êtres et la vie quotidienne n’est pas non plus pour lui déplaire.
Orphelin depuis une de ces guerres chroniques qui ravagent le pays, Célio se rêve grand mathématicien, conservant comme une bible un vieux manuel scolaire retrouvé dans le sac de son père tué au hasard d’une route de fuite. C’est grâce à des théorèmes et des définitions que Célio espère influer sur le destin dont il dit n’être que le jouet. C’est à travers les épreuves, aussi, qu’il lui faudra procéder à des choix cruciaux, tenter de maîtriser les déséquilibres dans un environnement livré aux tiraillements et au chaos institutionnalisé.
Dans le jeu subtil de la manipulation politique, si loin de l’amitié constante du père Lolos, le prêtre qui l’a recueilli autrefois, Célio a l’ambition d’exceller et de faire parler de lui. Facile : le jeune homme, a toujours été proche des phénomènes complexes. Il a toujours su établir un dialogue privilégié avec les mathématiques. Ses amis, d’ailleurs, l’ont surnommé « Célio Mathématik ». Appliquer ses connaissances à la désinformation, c’est ce qu’il compte accomplir.
Avec humour et gravité, connaissant son monde et pour cause, In Koli Jean Bofane trace d’une plume aussi acerbe qu’exotique des tableaux d’un Congo que le lecteur s’approprie vite parce qu’il sent les rues, palpite au rythme des musiques et des images livrées avec justesse et énormément d’empathie. Parmi une petite dizaine de personnages forts, typés et vivants sous nos yeux, Célio Mathématik double-mitu, devient ainsi très vite un personnage auquel on s’attache, un Candide d’Afrique, sapeur à ses heures, amoureux et bon copain, qui saura finalement faire le bon choix.

 

J'ai trouvé ce roman plat et sans grand intérêt et j'ai fini par m'ennuyer..

 

 Un festin de hyènes de Michael STANLEY

 

Présentation : Un premier cadavre - ou du moins ce que les hyènes en ont laissé - est découvert près d'un point d'eau considéré comme un endroit magique par les peuples du désert. Pour l'inspecteur-en chef David " Kubu " Bengu, policier rusé et plein de ressources, il est évident que des forces obscures sont à l'oeuvre. Son enquête va le conduire sur une piste sanglante où les mensonges se mêlent aux superstitions, et l'amener à découvrir une série de meurtres liés aux personnalités les plus influentes du pays...

 

Un roman qui se déroule au Botswana, avec en toile de fond le trafic de diamants, voilà qui semblait très prometteur. Malheureusement, les longueurs ont eu raison de ma bonne volonté. C’est vraiment dommage, car s’il avait été plus condensé, je suis certaine que ce roman m’aurait beaucoup plu…

 

Merci à Jérôme Lambert des Editions Points.

 

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Le convoi de l'eau de Akira YOSHIMURA

 

Là encore, je reconnais les qualités indéniables de ce roman nébuleux poétique très beau, dont l'histoire est celle d'un homme qui accompagne un groupe d'ouvrier chargés de la construction d'un barrage en montagne. Cet homme fuit son passé, ses souvenirs, et ce hameau du bout du monde va le mener vers la rédemption.

 

On peut trouver cette histoire très belle (cf Martine Laval) et elle l'est, mais elle est aussi très glauque, et c'est cette impression désagréable qui perdure en moi..

 

 trois amisTrois amis de Mario TOBINO

 

Les trois amis en question sont Turri, Campi et Ottaviani. Ottaviani, resté seul, raconte leur recnontre, leurs premières expériences en tant que médecins, leurs idées communes, puis leur engagement pendant la guerre gangrenée par le fascisme pour une italie libre. Campi, martyr, demeure jusqu’au bout leur héros, par-delà la mort, qu’il brave avec un courage sans faille face à la barbarie nazie. Sous les canons, Turri se découvre une âme de chef et devient une grande figure de la résistance organisée. Ottaviani, psychiatre, poète, épris de paix et de liberté, suit les trajectoires de ses deux amis, comme habité par eux.

 

J'ai abandonné ces trois amis en cours de route (lâchement, je le reconnais) : Ottaviani, le narrateur livre ses pensées de façon désordonnée, en entremêlant les époques, en anticipant, puis revenant en arrière, si bien que j'ai vite perdu le fil temporel du récit, premier point qui m'a agacé.

 

Ensuite, l'héroïsme de ces trois compagnons est trop souvent rappelé au cours de la narration, trop lisse, pas assez indécis pour me plaire.

 

Finalement, j'ai trouvé que ce roman manquait de fluidité dans la narration, et de corps dans le propos.  

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  L'enfant allemand de Camilla LACKBERG

 

Dès les premières pages j'ai été agacée par ce couple improbable et par les scènes domestiques sans aucun intérêt.

 

Les dialogues sont consternants :

"Salut tout le monde ! lança Erica en arrivant dans l'escalier.

- Qui veut du café ? demanda Patrik depuis la cuisine avant de recevoir trois "moi" en réponse.

- Alors Erica, ça se passe comment, la vie, maintenant que tu es mariée ? dit Johan.

-Bien merci, à peu près comme avant. A part que Patrik s'entête tout le temps à m'appeler "ma p'tite femme". tu n'aurais pas un tuyau pour qu'il s'arrête ? demanda erica à Elisabeth avec un clin d'oeil." (p. 16)

 

Pleine d'abnégation, j'ai persévéré, j'ai fait des efforts, je vous assure, mais je n'ai pas pu. L'intrigue n'a pas réussi à me faire oublier les défauts des personnages principaux, ni leurs dialogues insipides. J'ai abandonné... 

 

book cover ces choses que nous n avons pas vues venir 14877

Ces choses que nous n'avons pas vu venir de Steve AMSTERDAM

Je l'ai déjà dit en ces pages, je suis rarement convaincue par les romans d'anticipation. Et là encore, j'ai trouvé cette évocation d'un monde dévasté décevante. Les êtres humains sont déshumanisés si bien qu'on ne parvient pas à s'attacher à qui que ce soit, mais rien de philosophique ou sociologique ne m'a non plus frappé, m'est seulement resté un grand vide interrogatif. De plus la construction particulière m'a plus d'une fois déconcerté : les chapitres ne sont pas liés, ou très peu, ni temporellement, ni narrativement, si bien que l'on en sait plus bien dans quelle époque, avec quels personnages, et pourquoi erre-ton dans ces paysages dévastés. C'était sans doute voulu par l'auteur pour marquer davantage encore la déconstruction de notre monde, mais à force de vouloir me déstabiliser, l'auteur a fini par me perdre...

Avant-d-aller-dormir-170x281

Avant d'aller dormir de S. J. WATSON

Le pitch : À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Seulement, du fait que tous les matins, tout est à recommencer, les chapitres ont tendance à se ressembler et ont fini par me lasser. De plus le fait que l'action soit concentrée sur un seul personnage, avec seulement quelques personnages satellites annexes, dans un même endroit, crée un sentiment d'étouffement proprement désagréable au final.

Néanmoins, de nombreux avis positifs chez Babélio par exemple vous encourageront peut-être à le lire : Babélio.

 

meme-les-truites-ont-le-vague-a-l-ame.jpgMême les truites ont le vague à l'âme de John GIERACH

 

Quel crève-coeur de devoir avouer avoir abandonné un roman appartenant au Nature Writing de chez Gallmeister...

 

Mais je n'ai résolument pas pu avancer dans cette lecture qui m'a très rapidement ennuyée. J'aime quand l'alliance entre l'histoire et les scènes liées au nature Writing est savamment dosée, quand l'un ne prend pas le pas sur l'autre, or j'ai trouvé ici que les histoires s'adressaient davantage à des passionnés de pêche qu'à un lecteur lambda. Les détails sont foisonnants, toutes les histoires et les personnages tournent exclusivement autour de ce sujet, et j'ai résolument coulé au fur et à mesure des pages...

 

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Là-haut tout est calme de Gerbrand BAKKER

Trop calme pour moi sans doute...

De nombreux avis positifs dans la blogosphère : Yves vous renverra  vers les liens...

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  Générosité de Richard POWERS

 

J'ai abandonné "Trois fermiers s'en vont au bal", j'ai adoré "Le temps où nous chantions", moins "La chambre aux échos", et j'ai fait l'impasse sur "L'ombre en fuite". Richard Powers est un écrivain puissant, érudit, passionnant, protéiforme, et ces romans restent indéniablement profondément ancrés en nous. Mais il faut s'accrocher pour les lire, c'est indéniable, et ce mois-ci, pour diverses raisons ma concentration n'est pas à son point culminant, si bien que j'ai abandonné ce nouvel opus que je pressens pourtant puissant. Je le garde pour des jours plus clairs. En attendant, je vous renvoie chez KathelClaraKeishaChocoAmandaCunéPapillonTélérama,

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  Un assassin blanc comme neige de Christian BOBIN

J'ai dû me résoudre à placer mon cher Christian Bobin dans les déceptions de ce mois, et pourtant ceux qui me connaissent savent combien j'apprécie cet auteur... Mais là, force m'est de constater que ces textes ne m'ont rien apporté. D'accord, même si l'auteur n'a rien à dire, il le dit très bien, mais le constat reste le même : il n'a rien à dire...

J'ai trouvé quelques perles malgré tout, extraites de cette contemplation extatique :

"J'attends d'un poème qu'il me tranche la gorge et me ressuscite." (p. 59)

"Bientôt le mariage des oiseaux. Je me demande quelle tenue choisir." (p. 85) 

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Ce livre va vous sauver la vie de A.M.HOMES

 

Bon d’accord ma vie va très bien et n’avait pas besoin d’être sauvée. Bon d’accord j’ai toute une pile de livres très attirants qui m’attendent dans ma PAL, si bien qu’un livre doit vraiment me passionner pour que je ne lui sois pas infidèle (oui je suis une femme TRES exigeante, c'est bien connu...). Bon et puis les hommes larmoyants un rien loosers, ce n’est pas mon truc.

 

Comme à la page 150 de ce roman la situation n’avait pas franchement évoluée et que je n’apercevais point de sauvetage miraculeux à l’horizon,  j’ai lâchement laissé ce pauvre Richard Novak à son mal-être métaphysique pour me tourner vers des personnages un rien moins tourmentés (ah, les cow-boys, il n’y a que cela de vrai…) (je suis plongée dans « True Grit », la faute à Keisha…)

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Sachant toute solitude de John Millington Synge

 

 Des poèmes irlandais qui ont coulé sur mon âme sans y laisser aucune trace... L'artiste est plus connu pour ses pièces de théâtre que pour ses poèmes. Et pour cause...

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Saison de lumière de Francesca KAY

 

J'ai lâchement abandonné cette lecture n'y trouvant pas la lumière suggérée par le titre. Au contraire j'ai trouvé l'histoire très noire, comme si dés le début le narrateur s'ingéniait à sous-entendre que l'histoire de Jennet serait tragique, mais que quelques touches de lumière, nées de sa peinture, éclaireraient son destin. Ce parti pris m'a gêné, j'ai ressenti un malaise prégnant à la lecture de ce roman, si bien que je n'ai pas souhaité avancer plus avant dans un roman qui me déprimait...

 

Vous trouverez des avis positifs chez CathuluClaraEmiLie

 

  Merci aux Editions Plon d'avoir assouvi ma curiosité...

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Et c'est le soir toute la journée de Preeta SAMARASAN

 

Par une triste journée de septembre 1980, une jeune servante tamoul, Chellam, est chassée de la "Grande Maison" de Kingfisher Lane qui abrite les Rajasekharan, une famille de notables indiens de la ville d'Ipoh, en Malaisie. Peu à peu le mystère se lève sur les raisons de ce congédiement et sur l'histoire de cette famille...

 

"Peu à peu" mais ô combien lentement...

L'auteur a un style à couper le souffle, et elle sait en jouer pour créer une atmosphère particulière, envoûtante et mystérieuse. Mais ses mots lyriques m'ont malheureusement plus ennuyée que fascinée, je me suis perdue dans les méandres de cette histoire centrée sur quelques personnages seulement. Je me suis sentie étouffée par cette atmosphère confinée, lourde de secrets et de non-dits.

 

C'est un roman qui demande disponibilité et concentration, un roman dense qui ne se laisse pas appréhender facilement...

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Les pérégrins de Olga TOKARCZUK

L'histoire :

Olga Tokarczuk nous livre une série de textes courts qui ont en commun d'aborder la question du "nomadisme moderne" (j'aurais dû déjà me méfier me direz-vous avec un terme aussi pompeux...) Routards, mères de famille en rupture de ban, conducteur de ferry qui met enfin le cap sur le grand large : ses personnages sont aux prises avec leur liberté, mais aussi avec le temps.

 

Ce livre fut d'une part trop philosophique pour moi (les passages sur la psychologie du voyage m'ont profondément ennuyée...), d'autre part trop scientifique pour mon esprit littéraire borné (les allusions incessantes à l'anatomie humaine m'ont pour le coup définitivement fait fuir...)

 

Je ne me suis pas découragée et j'ai essayé de picorer ça et là quelques passages plus en adéquation avec mes goûts, parce qu'il faut reconnaître que les textes sont intelligents et admirablement bien écrits.

 

Par exemple :

 

La narratrice se laisse convaincre par un nouveau concept : elle découvre en effet sur son paquet de serviettes hygiéniques des phrases courtes imprimées, en lieu et place des petites fleurs habituelles : "Je suis donc retournée dans la même pharmacie, pour chercher d'autres produits de cette étrange société qui avait pris l'initiative de joindre l'utile à l'indispensable. Pourquoi imprimer des fleurs ou des fraises sur du papier ? Ca n'a aucun sens. Après tout, le papier a été inventé pour véhiculer des idées ! Le papier d'emballage est un pur gaspillage, cela devrait être interdit. Et quitte à emballer des articles, autant imprimer dessus des récits ou des poèmes, en veillant toujours à ce qu'il ya ait quelques rapport entre le contenu et le contenant." (p. 102)

 

"Se tenir à l'écart. On ne peut voir que des fragments du monde, il n'y a pas autre chose. Il y a juste des instants, des bribes, des configurations fugaces qui, à peine surgis dans l'existence, se désagrègent en mille morceaux. Et la vie ? Cela n'existe pas. (p. 174)

 

Mais les passages retenant mon attention se faisant de plus en plus rares, j'ai lâchement abandonné cette lecture, laissant la narratrice à ses pérégrinations physiques et philosophiques...

 

Les pérégrins, Olga TOKARCZUK, Editions Noir sur Blanc, 2010, 380 p., 24 euros

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Un autre amour de Kate O'RIORDAN

 

Connie revient de son voyage à Rome sans son mari Matt, resté là-bas pour une femme. Elle rentre donc seule à Londres, retrouvant ses trois garçons avides d'explications.

 

""Un autre amour" est le récit intense du désespoir d'une femme dont l'heureux et paisible mariage se trouble." nous dit la quatrième de couverture.

 

Je pressentais que ce livre n'allait pas cadrer avec mes goûts mais j'en ai lu tant de critiques dithyrambiques, que j'ai craqué et ai tenté l'aventure. Et j'y ai trouvé ce que je redoutais : beaucoup trop de trouble, beaucoup trop de désespoir, beaucoup trop de mariage... Je ne suis pas allée au bout.

 

Parmi ceux qui ont adoré : ChocoThéomaAntigoneChiffonnetteCathulu...

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La quatrième de couverture m'annonçait un roman exaltant  que j'avais hâte de découvrir... :

"

Des montagnes du Colorado aux confins du Nord-Ouest, dans le sillage de Zebulon, ce western littéraire nous fait traverser les États-Unis jusqu'au Mexique, en pleine révolution, en remontant le long de la côte californienne, vers San Francisco et ses mines d'or.
En chemin, Zebulon multiplie rencontres et aventures épiques qui le mêlent à de tragiques triangles amoureux, le rendent témoin et acteur de bouleversements politiques et le font s'interroger sur des questions aussi fondamentales que la vie, l'amour, et la mort.

 

«Zebulon est un livre dont on voit le film en le lisant, dont on effectue le casting en le relisant, et auquel on invente une suite en dormant. Une fable hypnotique, un poème d'amour mystique. » Patti Smith

 

« Une aventure sauvage écrite par un musicien qui sait comment maintenir son public envoûté autour du feu de camp. Un roman moderne et subversif sur les limites de l'amour et les malaises de la vie civilisée. » Judith Thurman

 

« Ensorcelant. Un western comme Céline aurait pu en écrire. » Times Literary Supplement of London"

 

Et pourtant, je n'ai pas réussi à me passionner pour les aventures de ce Zébulon peu sympathique. Il s'agit bel et bien d'un western avec coups de feus, prostituées, règlements de compte, re-prostiuées... Je l'avoue : j'ai lâchement abandonné le pauvre Zébulon à son mauvais sort... Cela ne remet pas en cause ses qualités, mais il n'était simplement pas à mon goût.

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Les jardins statuaires de Jacques ABEILLE, Editions Attila

Je n'ai malheureusement pas réussi à rentrer dans ce roman.

Les descriptions concernant la culture des statues m'ont ennuyée (peut-être parce que je ne suis pas jardinière...), le personnage principal ne m'a pas semblé particulièrement attachant et l'intrigue trop lente à mon goût ne m'a pas convaincue (peut-être parce que je suis hermétique à tout ce qui touche à la science fiction ou au surnaturel...)

Bref, j'avais envie d'aimer ce livre, j'ai fait des efforts, mais ce fut un échec. J'ai tenté de chercher une allégorie, car je pense qu'elle existe, puis j'ai lâchement abandonné cette lecture surréaliste.

Par contre c'est un très bel objet, illustré par Schuiten la couverture cartonnée est magnifique.

 Un festin de hyènes de Michael STANLEY

 

Présentation : Un premier cadavre - ou du moins ce que les hyènes en ont laissé - est découvert près d'un point d'eau considéré comme un endroit magique par les peuples du désert. Pour l'inspecteur-en chef David " Kubu " Bengu, policier rusé et plein de ressources, il est évident que des forces obscures sont à l'oeuvre. Son enquête va le conduire sur une piste sanglante où les mensonges se mêlent aux superstitions, et l'amener à découvrir une série de meurtres liés aux personnalités les plus influentes du pays...

 

Un roman qui se déroule au Botswana, avec en toile de fond le trafic de diamants, voilà qui semblait très prometteur. Malheureusement, les longueurs ont eu raison de ma bonne volonté. C’est vraiment dommage, car s’il avait été plus condensé, je suis certaine que ce roman m’aurait beaucoup plu…

 

Merci à Jérôme Lambert des Editions Points.

 

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Le convoi de l'eau de Akira YOSHIMURA

 

Là encore, je reconnais les qualités indéniables de ce roman nébuleux poétique très beau, dont l'histoire est celle d'un homme qui accompagne un groupe d'ouvrier chargés de la construction d'un barrage en montagne. Cet homme fuit son passé, ses souvenirs, et ce hameau du bout du monde va le mener vers la rédemption.

 

On peut trouver cette histoire très belle (cf Martine Laval) et elle l'est, mais elle est aussi très glauque, et c'est cette impression désagréable qui perdure en moi..

 

 trois amisTrois amis de Mario TOBINO

 

Les trois amis en question sont Turri, Campi et Ottaviani. Ottaviani, resté seul, raconte leur recnontre, leurs premières expériences en tant que médecins, leurs idées communes, puis leur engagement pendant la guerre gangrenée par le fascisme pour une italie libre. Campi, martyr, demeure jusqu’au bout leur héros, par-delà la mort, qu’il brave avec un courage sans faille face à la barbarie nazie. Sous les canons, Turri se découvre une âme de chef et devient une grande figure de la résistance organisée. Ottaviani, psychiatre, poète, épris de paix et de liberté, suit les trajectoires de ses deux amis, comme habité par eux.

 

J'ai abandonné ces trois amis en cours de route (lâchement, je le reconnais) : Ottaviani, le narrateur livre ses pensées de façon désordonnée, en entremêlant les époques, en anticipant, puis revenant en arrière, si bien que j'ai vite perdu le fil temporel du récit, premier point qui m'a agacé.

 

Ensuite, l'héroïsme de ces trois compagnons est trop souvent rappelé au cours de la narration, trop lisse, pas assez indécis pour me plaire.

 

Finalement, j'ai trouvé que ce roman manquait de fluidité dans la narration, et de corps dans le propos.  

 enfant-allemand-123709.jpg

  L'enfant allemand de Camilla LACKBERG

 

Dès les premières pages j'ai été agacée par ce couple improbable et par les scènes domestiques sans aucun intérêt.

 

Les dialogues sont consternants :

"Salut tout le monde ! lança Erica en arrivant dans l'escalier.

- Qui veut du café ? demanda Patrik depuis la cuisine avant de recevoir trois "moi" en réponse.

- Alors Erica, ça se passe comment, la vie, maintenant que tu es mariée ? dit Johan.

-Bien merci, à peu près comme avant. A part que Patrik s'entête tout le temps à m'appeler "ma p'tite femme". tu n'aurais pas un tuyau pour qu'il s'arrête ? demanda erica à Elisabeth avec un clin d'oeil." (p. 16)

 

Pleine d'abnégation, j'ai persévéré, j'ai fait des efforts, je vous assure, mais je n'ai pas pu. L'intrigue n'a pas réussi à me faire oublier les défauts des personnages principaux, ni leurs dialogues insipides. J'ai abandonné... 

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