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1205 résultats pour “vie parfaite

Déceptions et abandons de 2011

Publié le par Hélène

les-types-comme-moi.jpgLes types comme moi de Dominique FABRE

 

Les types comme lui ce sont :

 

"Des types seuls, ou divorcés, ou les deux.

Des types au sourire bleu.

Des types qui ont perdu au jeu de la vie, avec des C.V. à trous.

Des types qui se retrouvent dans des bars. « Et qu'est-ce qu'il devient, untel ? »

Des types qui baissent les stores.

Des types qui baissent les bras.

Des types qui s'achètent un scooter, depuis le temps qu'ils en rêvent.

Des types qui ne croient pas aux deuxièmes chances, et qui pourtant..."

 

Des types comme lui, j'en croise tous les jours et je dois avouer que quand j'ouvre un roman, je n'ai pas envie d'écouter encore la longue litanie de doléances inhérentes aux vies ratées...

 

J'ai moi aussi baissé les bras...

 

sixieme_homme.jpg

Le sixième homme de Monica KRISTENSEN

 

Quatrième de couverture : onnaissez-vous Longyearbyen ? Un nom assez énigmatique pour cette capitale minuscule nichée dans l’archipel du Svalbard et plongée une grande partie de l’hiver dans la nuit polaire. C’est dans cette obscurité qu’un lourd manteau neigeux peine à éclaircir que la petite Ella disparaît. Le jardin d’enfants est pourtant bien surveillé, mais les petits aiment chahuter et se cacher sous la maison, entre les pilotis. Un homme rôde qui les observe. Des traces de pas dans la neige mènent droit à la mine de charbon. Située sur les hauteurs de la ville, cette mine est le centre de gravité de l’île. Chacun connaît dans son entourage un ou plusieurs de ses employés. Comment une si petite ville, d’à peine 2 000 habitants, pourrait longtemps cacher un criminel ? Le commissariat de Longyearbyen est plutôt engourdi par le manque de rotation des affaires à traiter… Rien de commun en effet entre cette disparition inexplicable et la routine des policiers : les chasses à l’ours en scooter des neiges - leurs couloirs migratoires menacent régulièrement de traverser la ville -, les petits trafics des pêcheurs contrebandiers ou encore le fléau de l’alcoolisme qui n’épargne pas tous les foyers… Epaulé par des agents venus de métropole, le commissariat parvient à recouper plusieurs pistes quand le père d’Ella disparaît à son tour. Nouvelle victime.

MOn avis : Je me suis arrêtée aux environs de la page 100, les policiers s'interrogeaient toujours sur la disparition de la petite Ella mais l'action n'avançait toujours pas d'un iota... L'explication la plus plausible est que le froid a engourdi leurs réflexes et a gelé leurs instincts...

Les chapitres ne se suivent pas chronologiquement, si bien que le lecteur a aussi l'impression d'être totalement désorienté, comme perdu dans une tempête de neige et de lire en plein brouillard : une fois la petite Ella  a disparu et on est en février, la fois suivante, le chapitre se déroule en décembre et a pour personnage principale une parfaite inconnue au nom improbable (comme tous les personnages mais ceci est une autre histoire) puis le chapitre suivant revient en février mais cette fois-ci avec le bon vieux Knut, mais ce n'était que provisoire, Trulte Hansen apparaît ensuite, puis Froydis, puis Per Leikvik (en novembre). N'en jetez plus ! Bref je me demande si l'auteure a pensé à ses lecteurs étrangers en écrivant ces chapitres désordonnés pullulant de personnages aux noms imprononçables...

A vouloir trop se concentrer pour comprendre qui est qui, et si on est en février ou en décembre, nous aussi oublions la pauvre Ella perdue dans la tempête de neige et risquant de croiser des ours polaires qui s'invitent eux aussi inopinément dans l'histoire (qui ont comlme seul bénéfice d'être reconnu parfaitement dans ces pages au charme brouillon...)

Je pense que pour qui est suffisamment concentré et n'a qu'un seul livre dans sa PAL, le détour peut valoir le coup, personnellement je n'ai pas pris le risque de me perdre dans les montagnes norvégiennes !

bataille-du-petit-trianon.jpg

 

 

La bataille du petit Trianon de Jorge AMADO

 

Je vous livre la quatrième de couverture pour que vous compreniez pourquoi je l'ai choisi :

 

"Nous sommes au Brésil à Rio de Janeiro, en pleine Seconde Guerre mondiale, sous l’Estado Novo, dictature militaire proche de l’idéologie nazie qui n’a de cesse de chasser les communistes et de torturer les opposants politiques.
Le grand poète académicien Antonio Bruno apprend la déroute des Français et l’entrée des Allemands dans Paris. Devant une telle défaite, voyant que la barbarie s’installe, il meurt de chagrin. Une place est désormais vacante à l’Académie des Lettres brésilienne ; le colonel Agnaldo Sampaio Pereira, grand admirateur du IIIe Reich, va alors se présenter, persuadé d’être élu à l’unanimité. Mais les académiciens refusent de laisser ce « Goebbels » brésilien briguer le fauteuil des immortels et vont lui imposer un autre candidat, membre de l’armée lui aussi, mais défenseur de la démocratie : le général Waldomiro Moreira. Qui du fascisme ou du libéralisme finira par gagner ? L’armée parviendra-t-elle à trouver sa place au sein du précieux monde des Lettres ? 
Avec un humour féroce, Jorge Amado dénonce, dans La bataille du Petit Trianon, la bestialité et la bêtise de l’homme. 
Dans une société où les machinations et la perversité sont de mise, ne restent que la littérature et la poésie pour (ré)enchanter le monde et faire éclater sa sensualité."

 

Le sujet avait tout pour me plaire puisque l'histoire entremêle subtilement le monde des lettres, de la résistance face au nazisme et à l'oppression, tout en nous offrant quelques anecdotes croustillantes sur la vie privée des protagonistes.


Et pourtant... J'ai essayé plusieurs fois de rentrer dans l'histoire sans succés, je lisais quelques lignes et mon esprit s'évadait, je revenais au texte, réussissait à accrocher quelques lignes, puis mon esprit prenait à nouveau la fuite... J'ai tout tenté pour le retenir, puis j'ai rendu les armes et je n'ai fait que survoler cette lutte pour un siège à l'Académie.


Je dois tout de même concéder que la fin de la fable est surprenante, mais que de circonvolutions pour en arriver là...


Je vous  livre tout de même la morale, elle aussi prometteuse : "La morale ? Voyez : partout, à travers le monde, ce sont les ténèbres à nouveau, la guerre contre le peuple, l'absolutisme. Mais, comme il est prouvé dans cette fable, il est toujours possible de planter une semence, d'éveiller une espérance."

 

mathematique-congolaises.jpg

Mathématiques congolaises de In Koli Jean Bofane

 

Présentation de l'éditeur : Celio Mathematik, jeune fana de mathématiques dans une Kinshasa de la débrouille, va grimper candidement dans les cercles obscurs du pouvoir.
Dans un Kinshasa secoué de remous de toutes sortes, Célio aurait pu traîner sa galère encore longtemps, n’eut été sa rencontre avec le directeur d’un bureau aux activités très confidentielles, attaché à la Présidence de la République. La faim tenaille suffisamment les ventres pour que le débat sur le bien et le mal puisse être sérieusement envisagé. La ville ne fait pas de cadeau, le jeune homme le sait, et il tient là l’occasion d’enfin se réaliser. Faire partie du cercle très fermé de ces sorciers modernes d’un genre particulier qui manipulent les êtres et la vie quotidienne n’est pas non plus pour lui déplaire.
Orphelin depuis une de ces guerres chroniques qui ravagent le pays, Célio se rêve grand mathématicien, conservant comme une bible un vieux manuel scolaire retrouvé dans le sac de son père tué au hasard d’une route de fuite. C’est grâce à des théorèmes et des définitions que Célio espère influer sur le destin dont il dit n’être que le jouet. C’est à travers les épreuves, aussi, qu’il lui faudra procéder à des choix cruciaux, tenter de maîtriser les déséquilibres dans un environnement livré aux tiraillements et au chaos institutionnalisé.
Dans le jeu subtil de la manipulation politique, si loin de l’amitié constante du père Lolos, le prêtre qui l’a recueilli autrefois, Célio a l’ambition d’exceller et de faire parler de lui. Facile : le jeune homme, a toujours été proche des phénomènes complexes. Il a toujours su établir un dialogue privilégié avec les mathématiques. Ses amis, d’ailleurs, l’ont surnommé « Célio Mathématik ». Appliquer ses connaissances à la désinformation, c’est ce qu’il compte accomplir.
Avec humour et gravité, connaissant son monde et pour cause, In Koli Jean Bofane trace d’une plume aussi acerbe qu’exotique des tableaux d’un Congo que le lecteur s’approprie vite parce qu’il sent les rues, palpite au rythme des musiques et des images livrées avec justesse et énormément d’empathie. Parmi une petite dizaine de personnages forts, typés et vivants sous nos yeux, Célio Mathématik double-mitu, devient ainsi très vite un personnage auquel on s’attache, un Candide d’Afrique, sapeur à ses heures, amoureux et bon copain, qui saura finalement faire le bon choix.

 

J'ai trouvé ce roman plat et sans grand intérêt et j'ai fini par m'ennuyer..

 

 Un festin de hyènes de Michael STANLEY

 

Présentation : Un premier cadavre - ou du moins ce que les hyènes en ont laissé - est découvert près d'un point d'eau considéré comme un endroit magique par les peuples du désert. Pour l'inspecteur-en chef David " Kubu " Bengu, policier rusé et plein de ressources, il est évident que des forces obscures sont à l'oeuvre. Son enquête va le conduire sur une piste sanglante où les mensonges se mêlent aux superstitions, et l'amener à découvrir une série de meurtres liés aux personnalités les plus influentes du pays...

 

Un roman qui se déroule au Botswana, avec en toile de fond le trafic de diamants, voilà qui semblait très prometteur. Malheureusement, les longueurs ont eu raison de ma bonne volonté. C’est vraiment dommage, car s’il avait été plus condensé, je suis certaine que ce roman m’aurait beaucoup plu…

 

Merci à Jérôme Lambert des Editions Points.

 

convoi-de-l-eau-M20409.jpg

Le convoi de l'eau de Akira YOSHIMURA

 

Là encore, je reconnais les qualités indéniables de ce roman nébuleux poétique très beau, dont l'histoire est celle d'un homme qui accompagne un groupe d'ouvrier chargés de la construction d'un barrage en montagne. Cet homme fuit son passé, ses souvenirs, et ce hameau du bout du monde va le mener vers la rédemption.

 

On peut trouver cette histoire très belle (cf Martine Laval) et elle l'est, mais elle est aussi très glauque, et c'est cette impression désagréable qui perdure en moi..

 

 trois amisTrois amis de Mario TOBINO

 

Les trois amis en question sont Turri, Campi et Ottaviani. Ottaviani, resté seul, raconte leur recnontre, leurs premières expériences en tant que médecins, leurs idées communes, puis leur engagement pendant la guerre gangrenée par le fascisme pour une italie libre. Campi, martyr, demeure jusqu’au bout leur héros, par-delà la mort, qu’il brave avec un courage sans faille face à la barbarie nazie. Sous les canons, Turri se découvre une âme de chef et devient une grande figure de la résistance organisée. Ottaviani, psychiatre, poète, épris de paix et de liberté, suit les trajectoires de ses deux amis, comme habité par eux.

 

J'ai abandonné ces trois amis en cours de route (lâchement, je le reconnais) : Ottaviani, le narrateur livre ses pensées de façon désordonnée, en entremêlant les époques, en anticipant, puis revenant en arrière, si bien que j'ai vite perdu le fil temporel du récit, premier point qui m'a agacé.

 

Ensuite, l'héroïsme de ces trois compagnons est trop souvent rappelé au cours de la narration, trop lisse, pas assez indécis pour me plaire.

 

Finalement, j'ai trouvé que ce roman manquait de fluidité dans la narration, et de corps dans le propos.  

 enfant-allemand-123709.jpg

  L'enfant allemand de Camilla LACKBERG

 

Dès les premières pages j'ai été agacée par ce couple improbable et par les scènes domestiques sans aucun intérêt.

 

Les dialogues sont consternants :

"Salut tout le monde ! lança Erica en arrivant dans l'escalier.

- Qui veut du café ? demanda Patrik depuis la cuisine avant de recevoir trois "moi" en réponse.

- Alors Erica, ça se passe comment, la vie, maintenant que tu es mariée ? dit Johan.

-Bien merci, à peu près comme avant. A part que Patrik s'entête tout le temps à m'appeler "ma p'tite femme". tu n'aurais pas un tuyau pour qu'il s'arrête ? demanda erica à Elisabeth avec un clin d'oeil." (p. 16)

 

Pleine d'abnégation, j'ai persévéré, j'ai fait des efforts, je vous assure, mais je n'ai pas pu. L'intrigue n'a pas réussi à me faire oublier les défauts des personnages principaux, ni leurs dialogues insipides. J'ai abandonné... 

 

book cover ces choses que nous n avons pas vues venir 14877

Ces choses que nous n'avons pas vu venir de Steve AMSTERDAM

Je l'ai déjà dit en ces pages, je suis rarement convaincue par les romans d'anticipation. Et là encore, j'ai trouvé cette évocation d'un monde dévasté décevante. Les êtres humains sont déshumanisés si bien qu'on ne parvient pas à s'attacher à qui que ce soit, mais rien de philosophique ou sociologique ne m'a non plus frappé, m'est seulement resté un grand vide interrogatif. De plus la construction particulière m'a plus d'une fois déconcerté : les chapitres ne sont pas liés, ou très peu, ni temporellement, ni narrativement, si bien que l'on en sait plus bien dans quelle époque, avec quels personnages, et pourquoi erre-ton dans ces paysages dévastés. C'était sans doute voulu par l'auteur pour marquer davantage encore la déconstruction de notre monde, mais à force de vouloir me déstabiliser, l'auteur a fini par me perdre...

Avant-d-aller-dormir-170x281

Avant d'aller dormir de S. J. WATSON

Le pitch : À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Seulement, du fait que tous les matins, tout est à recommencer, les chapitres ont tendance à se ressembler et ont fini par me lasser. De plus le fait que l'action soit concentrée sur un seul personnage, avec seulement quelques personnages satellites annexes, dans un même endroit, crée un sentiment d'étouffement proprement désagréable au final.

Néanmoins, de nombreux avis positifs chez Babélio par exemple vous encourageront peut-être à le lire : Babélio.

 

meme-les-truites-ont-le-vague-a-l-ame.jpgMême les truites ont le vague à l'âme de John GIERACH

 

Quel crève-coeur de devoir avouer avoir abandonné un roman appartenant au Nature Writing de chez Gallmeister...

 

Mais je n'ai résolument pas pu avancer dans cette lecture qui m'a très rapidement ennuyée. J'aime quand l'alliance entre l'histoire et les scènes liées au nature Writing est savamment dosée, quand l'un ne prend pas le pas sur l'autre, or j'ai trouvé ici que les histoires s'adressaient davantage à des passionnés de pêche qu'à un lecteur lambda. Les détails sont foisonnants, toutes les histoires et les personnages tournent exclusivement autour de ce sujet, et j'ai résolument coulé au fur et à mesure des pages...

 

lahautoutestcalme.gif

Là-haut tout est calme de Gerbrand BAKKER

Trop calme pour moi sans doute...

De nombreux avis positifs dans la blogosphère : Yves vous renverra  vers les liens...

generosite.jpg

  Générosité de Richard POWERS

 

J'ai abandonné "Trois fermiers s'en vont au bal", j'ai adoré "Le temps où nous chantions", moins "La chambre aux échos", et j'ai fait l'impasse sur "L'ombre en fuite". Richard Powers est un écrivain puissant, érudit, passionnant, protéiforme, et ces romans restent indéniablement profondément ancrés en nous. Mais il faut s'accrocher pour les lire, c'est indéniable, et ce mois-ci, pour diverses raisons ma concentration n'est pas à son point culminant, si bien que j'ai abandonné ce nouvel opus que je pressens pourtant puissant. Je le garde pour des jours plus clairs. En attendant, je vous renvoie chez KathelClaraKeishaChocoAmandaCunéPapillonTélérama,

un_assasin_blanc_comme_neig.jpg

  Un assassin blanc comme neige de Christian BOBIN

J'ai dû me résoudre à placer mon cher Christian Bobin dans les déceptions de ce mois, et pourtant ceux qui me connaissent savent combien j'apprécie cet auteur... Mais là, force m'est de constater que ces textes ne m'ont rien apporté. D'accord, même si l'auteur n'a rien à dire, il le dit très bien, mais le constat reste le même : il n'a rien à dire...

J'ai trouvé quelques perles malgré tout, extraites de cette contemplation extatique :

"J'attends d'un poème qu'il me tranche la gorge et me ressuscite." (p. 59)

"Bientôt le mariage des oiseaux. Je me demande quelle tenue choisir." (p. 85) 

 ce-livre-va-vous-sauver-la-vie.jpg

 

Ce livre va vous sauver la vie de A.M.HOMES

 

Bon d’accord ma vie va très bien et n’avait pas besoin d’être sauvée. Bon d’accord j’ai toute une pile de livres très attirants qui m’attendent dans ma PAL, si bien qu’un livre doit vraiment me passionner pour que je ne lui sois pas infidèle (oui je suis une femme TRES exigeante, c'est bien connu...). Bon et puis les hommes larmoyants un rien loosers, ce n’est pas mon truc.

 

Comme à la page 150 de ce roman la situation n’avait pas franchement évoluée et que je n’apercevais point de sauvetage miraculeux à l’horizon,  j’ai lâchement laissé ce pauvre Richard Novak à son mal-être métaphysique pour me tourner vers des personnages un rien moins tourmentés (ah, les cow-boys, il n’y a que cela de vrai…) (je suis plongée dans « True Grit », la faute à Keisha…)

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Sachant toute solitude de John Millington Synge

 

 Des poèmes irlandais qui ont coulé sur mon âme sans y laisser aucune trace... L'artiste est plus connu pour ses pièces de théâtre que pour ses poèmes. Et pour cause...

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Saison de lumière de Francesca KAY

 

J'ai lâchement abandonné cette lecture n'y trouvant pas la lumière suggérée par le titre. Au contraire j'ai trouvé l'histoire très noire, comme si dés le début le narrateur s'ingéniait à sous-entendre que l'histoire de Jennet serait tragique, mais que quelques touches de lumière, nées de sa peinture, éclaireraient son destin. Ce parti pris m'a gêné, j'ai ressenti un malaise prégnant à la lecture de ce roman, si bien que je n'ai pas souhaité avancer plus avant dans un roman qui me déprimait...

 

Vous trouverez des avis positifs chez CathuluClaraEmiLie

 

  Merci aux Editions Plon d'avoir assouvi ma curiosité...

et-c-est-le-soir-toute-la-journee.jpg

Et c'est le soir toute la journée de Preeta SAMARASAN

 

Par une triste journée de septembre 1980, une jeune servante tamoul, Chellam, est chassée de la "Grande Maison" de Kingfisher Lane qui abrite les Rajasekharan, une famille de notables indiens de la ville d'Ipoh, en Malaisie. Peu à peu le mystère se lève sur les raisons de ce congédiement et sur l'histoire de cette famille...

 

"Peu à peu" mais ô combien lentement...

L'auteur a un style à couper le souffle, et elle sait en jouer pour créer une atmosphère particulière, envoûtante et mystérieuse. Mais ses mots lyriques m'ont malheureusement plus ennuyée que fascinée, je me suis perdue dans les méandres de cette histoire centrée sur quelques personnages seulement. Je me suis sentie étouffée par cette atmosphère confinée, lourde de secrets et de non-dits.

 

C'est un roman qui demande disponibilité et concentration, un roman dense qui ne se laisse pas appréhender facilement...

peregrins.jpg

Les pérégrins de Olga TOKARCZUK

L'histoire :

Olga Tokarczuk nous livre une série de textes courts qui ont en commun d'aborder la question du "nomadisme moderne" (j'aurais dû déjà me méfier me direz-vous avec un terme aussi pompeux...) Routards, mères de famille en rupture de ban, conducteur de ferry qui met enfin le cap sur le grand large : ses personnages sont aux prises avec leur liberté, mais aussi avec le temps.

 

Ce livre fut d'une part trop philosophique pour moi (les passages sur la psychologie du voyage m'ont profondément ennuyée...), d'autre part trop scientifique pour mon esprit littéraire borné (les allusions incessantes à l'anatomie humaine m'ont pour le coup définitivement fait fuir...)

 

Je ne me suis pas découragée et j'ai essayé de picorer ça et là quelques passages plus en adéquation avec mes goûts, parce qu'il faut reconnaître que les textes sont intelligents et admirablement bien écrits.

 

Par exemple :

 

La narratrice se laisse convaincre par un nouveau concept : elle découvre en effet sur son paquet de serviettes hygiéniques des phrases courtes imprimées, en lieu et place des petites fleurs habituelles : "Je suis donc retournée dans la même pharmacie, pour chercher d'autres produits de cette étrange société qui avait pris l'initiative de joindre l'utile à l'indispensable. Pourquoi imprimer des fleurs ou des fraises sur du papier ? Ca n'a aucun sens. Après tout, le papier a été inventé pour véhiculer des idées ! Le papier d'emballage est un pur gaspillage, cela devrait être interdit. Et quitte à emballer des articles, autant imprimer dessus des récits ou des poèmes, en veillant toujours à ce qu'il ya ait quelques rapport entre le contenu et le contenant." (p. 102)

 

"Se tenir à l'écart. On ne peut voir que des fragments du monde, il n'y a pas autre chose. Il y a juste des instants, des bribes, des configurations fugaces qui, à peine surgis dans l'existence, se désagrègent en mille morceaux. Et la vie ? Cela n'existe pas. (p. 174)

 

Mais les passages retenant mon attention se faisant de plus en plus rares, j'ai lâchement abandonné cette lecture, laissant la narratrice à ses pérégrinations physiques et philosophiques...

 

Les pérégrins, Olga TOKARCZUK, Editions Noir sur Blanc, 2010, 380 p., 24 euros

un-autre-amour.jpg

     

Un autre amour de Kate O'RIORDAN

 

Connie revient de son voyage à Rome sans son mari Matt, resté là-bas pour une femme. Elle rentre donc seule à Londres, retrouvant ses trois garçons avides d'explications.

 

""Un autre amour" est le récit intense du désespoir d'une femme dont l'heureux et paisible mariage se trouble." nous dit la quatrième de couverture.

 

Je pressentais que ce livre n'allait pas cadrer avec mes goûts mais j'en ai lu tant de critiques dithyrambiques, que j'ai craqué et ai tenté l'aventure. Et j'y ai trouvé ce que je redoutais : beaucoup trop de trouble, beaucoup trop de désespoir, beaucoup trop de mariage... Je ne suis pas allée au bout.

 

Parmi ceux qui ont adoré : ChocoThéomaAntigoneChiffonnetteCathulu...

zebulon.jpg

 

La quatrième de couverture m'annonçait un roman exaltant  que j'avais hâte de découvrir... :

"

Des montagnes du Colorado aux confins du Nord-Ouest, dans le sillage de Zebulon, ce western littéraire nous fait traverser les États-Unis jusqu'au Mexique, en pleine révolution, en remontant le long de la côte californienne, vers San Francisco et ses mines d'or.
En chemin, Zebulon multiplie rencontres et aventures épiques qui le mêlent à de tragiques triangles amoureux, le rendent témoin et acteur de bouleversements politiques et le font s'interroger sur des questions aussi fondamentales que la vie, l'amour, et la mort.

 

«Zebulon est un livre dont on voit le film en le lisant, dont on effectue le casting en le relisant, et auquel on invente une suite en dormant. Une fable hypnotique, un poème d'amour mystique. » Patti Smith

 

« Une aventure sauvage écrite par un musicien qui sait comment maintenir son public envoûté autour du feu de camp. Un roman moderne et subversif sur les limites de l'amour et les malaises de la vie civilisée. » Judith Thurman

 

« Ensorcelant. Un western comme Céline aurait pu en écrire. » Times Literary Supplement of London"

 

Et pourtant, je n'ai pas réussi à me passionner pour les aventures de ce Zébulon peu sympathique. Il s'agit bel et bien d'un western avec coups de feus, prostituées, règlements de compte, re-prostiuées... Je l'avoue : j'ai lâchement abandonné le pauvre Zébulon à son mauvais sort... Cela ne remet pas en cause ses qualités, mais il n'était simplement pas à mon goût.

jardins-statuaires.jpg

Les jardins statuaires de Jacques ABEILLE, Editions Attila

Je n'ai malheureusement pas réussi à rentrer dans ce roman.

Les descriptions concernant la culture des statues m'ont ennuyée (peut-être parce que je ne suis pas jardinière...), le personnage principal ne m'a pas semblé particulièrement attachant et l'intrigue trop lente à mon goût ne m'a pas convaincue (peut-être parce que je suis hermétique à tout ce qui touche à la science fiction ou au surnaturel...)

Bref, j'avais envie d'aimer ce livre, j'ai fait des efforts, mais ce fut un échec. J'ai tenté de chercher une allégorie, car je pense qu'elle existe, puis j'ai lâchement abandonné cette lecture surréaliste.

Par contre c'est un très bel objet, illustré par Schuiten la couverture cartonnée est magnifique.

 Un festin de hyènes de Michael STANLEY

 

Présentation : Un premier cadavre - ou du moins ce que les hyènes en ont laissé - est découvert près d'un point d'eau considéré comme un endroit magique par les peuples du désert. Pour l'inspecteur-en chef David " Kubu " Bengu, policier rusé et plein de ressources, il est évident que des forces obscures sont à l'oeuvre. Son enquête va le conduire sur une piste sanglante où les mensonges se mêlent aux superstitions, et l'amener à découvrir une série de meurtres liés aux personnalités les plus influentes du pays...

 

Un roman qui se déroule au Botswana, avec en toile de fond le trafic de diamants, voilà qui semblait très prometteur. Malheureusement, les longueurs ont eu raison de ma bonne volonté. C’est vraiment dommage, car s’il avait été plus condensé, je suis certaine que ce roman m’aurait beaucoup plu…

 

Merci à Jérôme Lambert des Editions Points.

 

convoi-de-l-eau-M20409.jpg

Le convoi de l'eau de Akira YOSHIMURA

 

Là encore, je reconnais les qualités indéniables de ce roman nébuleux poétique très beau, dont l'histoire est celle d'un homme qui accompagne un groupe d'ouvrier chargés de la construction d'un barrage en montagne. Cet homme fuit son passé, ses souvenirs, et ce hameau du bout du monde va le mener vers la rédemption.

 

On peut trouver cette histoire très belle (cf Martine Laval) et elle l'est, mais elle est aussi très glauque, et c'est cette impression désagréable qui perdure en moi..

 

 trois amisTrois amis de Mario TOBINO

 

Les trois amis en question sont Turri, Campi et Ottaviani. Ottaviani, resté seul, raconte leur recnontre, leurs premières expériences en tant que médecins, leurs idées communes, puis leur engagement pendant la guerre gangrenée par le fascisme pour une italie libre. Campi, martyr, demeure jusqu’au bout leur héros, par-delà la mort, qu’il brave avec un courage sans faille face à la barbarie nazie. Sous les canons, Turri se découvre une âme de chef et devient une grande figure de la résistance organisée. Ottaviani, psychiatre, poète, épris de paix et de liberté, suit les trajectoires de ses deux amis, comme habité par eux.

 

J'ai abandonné ces trois amis en cours de route (lâchement, je le reconnais) : Ottaviani, le narrateur livre ses pensées de façon désordonnée, en entremêlant les époques, en anticipant, puis revenant en arrière, si bien que j'ai vite perdu le fil temporel du récit, premier point qui m'a agacé.

 

Ensuite, l'héroïsme de ces trois compagnons est trop souvent rappelé au cours de la narration, trop lisse, pas assez indécis pour me plaire.

 

Finalement, j'ai trouvé que ce roman manquait de fluidité dans la narration, et de corps dans le propos.  

 enfant-allemand-123709.jpg

  L'enfant allemand de Camilla LACKBERG

 

Dès les premières pages j'ai été agacée par ce couple improbable et par les scènes domestiques sans aucun intérêt.

 

Les dialogues sont consternants :

"Salut tout le monde ! lança Erica en arrivant dans l'escalier.

- Qui veut du café ? demanda Patrik depuis la cuisine avant de recevoir trois "moi" en réponse.

- Alors Erica, ça se passe comment, la vie, maintenant que tu es mariée ? dit Johan.

-Bien merci, à peu près comme avant. A part que Patrik s'entête tout le temps à m'appeler "ma p'tite femme". tu n'aurais pas un tuyau pour qu'il s'arrête ? demanda erica à Elisabeth avec un clin d'oeil." (p. 16)

 

Pleine d'abnégation, j'ai persévéré, j'ai fait des efforts, je vous assure, mais je n'ai pas pu. L'intrigue n'a pas réussi à me faire oublier les défauts des personnages principaux, ni leurs dialogues insipides. J'ai abandonné... 

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Petite sélection de romans d'amour pour la Saint Valentin

Publié le par Hélène

galets-coeur.jpg

 

 

La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS : de petites pépites très drôles sur le vie de couple.

 

La tournée d'automne de Jacques POULIN : une tendre histoire d'amour à l'aube de la retraite.

 

La double vie d’Anna Song de Minh Tran HUY  : un magnifique chant d'amour.

 

Le scandale de la saison de Sophie GEE : un décor historique pour un roman sentimental bien mené.

 

Les années douces de Hiromi KAWAKAMI : la relation particulière d'une jeune femme avec son ancien professeur.

 

Trois chevaux de Erri DE LUCA : le récit d'une passion dévastatrice...

 

et une BD : Broderies de Marjane SATRAPI pour avoir une autre vision de la vie de couple...

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Le vieil homme et son chat marchent à pas de velours de NEKOMAKI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Le plus important  c'est d'avoir une vie qui vous donne le plus possible d'occasions de sourire. Manger de bonnes choses, bien dormir, se réveiller de bonne humeur..."

Un vieux monsieur vit seul sur une petite ville côtière au Japon avec son chat Tama qui l'accompagne depuis plusieurs années. Qui veille sur l'autre ?

Le temps est comme suspendu, la mort fait alors partie de la vie, et chacun vit pas à pas, à pas de velours...

Il s'agit juste de la vie comme elle va, des objets du passé auxquels on s'attache comme cette pendule qui soudain se dérègle et que Daikichi espère réparer, une partie de pêche, la visite à la famille, le retour sur les traces du temps passé, les souvenirs en pagaille. Car au fond, il y a deux façons de voir la vieillesse : se préparer pour l'après, livrer ses souvenirs à ses petits enfants ou profiter de chaque moment qui reste, se gaver d'anguilles grillées et profiter de la vie jusqu'au bout, aux côtés du compagnon de toujours, à la fois proche et distant.

 

Présentation de l'éditeur : Casterman

Publié dans Manga - Manhwa

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Dans la lumière des saisons de Charles JULIET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Enfoui dans un état d'ineffable bien-être, les yeux le plus souvent clos, j'ai erré en moi, soumis aux intermittences du murmure."

Ce que j'ai aimé :

L'auteur écrit à une amie vivant au Canada et nous livre ces lettres. La douceur prévaut dans ces feuillets qui chantent la vie et convie la jeune femme à traverser sa nuit intérieure pour que perce la lumière.

"Dans l'état où je suis, la vie calmement ruisselle, m'inonde, m'emplit de confiance, de ferveur, accroît mon amour des êtres et ma foi en la vie. La culpabilité, les impatiences, les tourments, les peurs ont disparu, et je ne suis plus que ce flux, cette paisible et inépuisable coulée qui me convainc que la vie est bonne, simple, formidablement riche."

L'auteur évoque aussi son amour pour l'automne, "Une douceur est là, présente dans l'air, les lumières, les ciels qui pâlissent. En elle se profile la menace du déclin, et c'est peut-être cette menace qui donne tant de prix à la splendeur de ces journées où la vie jette ses derniers feux."

"De cet automne, je passe à celui de l'existence humaine. Pour nous aussi au long des années, se succèdent des nuits de gel, des vents dévastateurs, d'implacables journées de canicule, des orages, des sécheresses, des pluies torentielles, et c'est tout cela qui finit par produire la richesse d'une vie, la beauté d'un visage."

Il évoque son parcours personnel, jalonné d'épreuves pour atteindre une certaine forme de paix. Il reste en attente de "cette merveille qui eût apaisé la soif de ce qui manque à toute vie."

"Ce qui est susceptible de répondre à cette attente ne peut nous venir que de l'instant - cet instant qui est là, en avant de nos pas, et qui s'offre à notre convoitise. Mais souvent, nous le trouvons trop gris, trop banal, et parce qu'il ne nous paraît pas digne de véhiculer ce dont nous désirons nous rassasier, nous le franchissons sans chercher à recevoir ce qu'il recèle. Combien nous nous trompons. A tout moment la vie abonde, ruisselle, irrigue ce quotidien auquel nous ne savons pas nous arrêter. c'est du plus ordinaire que filtre l'eau de source."

Une petite merveille qui donne envie de se plonger à coeur perdu dans l'oeuvre de Charles Juliet ! 

Ce que j'ai moins aimé :

Trop court !

Présentation de l'éditeur :

Pol editeur 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Lambeaux

D'autres avis ;

Repéré chez Aifelle ; Marilyne  

Esprits nomades

 

Dans la lumière des saisons, Charles Juliet, P.O.L, 1991, 96 p., 8.50 euros

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La piste des soleils de Jack LONDON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le sage indien Sitka Charley s'interroge devant une gravure. Il cherche un sens à cet instantané de vie. Il établit alors un parallèle entre l'art et la vie  "Moi aussi j'ai vu maintes images de la vie, dit-il, des images qui n'étaient pas peintes, mais vues avec les yeux. (...) J'ai vu beaucoup de fragments de vie, sans commencement, sans fin, impossibles à comprendre."

Ainsi l'indien raconte l'une de ses aventures qui commence au bord du lac Lindeman. Il nous emmène à ses côtés dans la mission mystérieuse que s'est assignée une femme qui fuit en avant, poursuivie ou à la poursuite de quelque chose ou quelqu'un. La jeune femme se heurte aux conditions difficiles du grand nord, mais, portée par sa quête, elle continue à avancer, vivante. Elle dépasse ses limites physiques, luttant pour sa survie, grâce à la toute puissance de sa volonté. L'indien, témoin muet de sa fuite en avant aura beau chercher un sens à cette folie humaine, sa question restera à jamais sans réponse. Mais était-il nécessaire de comprendre ?

Si Jack London n'a pas son pareil pour peindre les contrées glaciales de l'Alaska, le froid mordant, les hommes qui avancent contre les éléments et luttent pour leur survie, la force de ses récits tient surtout à leur profondeur.

La Piste des soleils résonne comme un hymne à la création qui fige peut-être les vies des personnages, mais inscrit aussi des moments dans l'éternité. Chercher un sens à la vie comme aux histoires contées n'est peut-être pas tellement nécessaire. Jack London laisse la question ouverte, comme une invitation à interpréter notre propre vie et à lui assigner le sens qui nous convient ...

 

Du même auteur : Smoke Bellew ; Martin Eden

Présentation de l'éditeur : Folio

extrait du recueil L'amour de la vie

Cette mise en abyme de la création a été choisie pour honorer le nouveau rendez-vous hebdomadaire initié par Martine : tous les lundis nous mettrons l'accent sur une nouvelle "La bonne nouvelle du lundi"

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Chantons l'amour !

Publié le par Hélène

 

La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.

 

Paul Éluard. (1895-1952) in Derniers poèmes d’amour Poésie d’abord

Publié dans Poésie française

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Par les routes de Sylvain PRUDHOMME

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Moi cette question je me la pose à propos de la vie tout entière, je lui dis. A ton avis qu'est-ce qu'il faut faire tout court. De la vie. De la mort. De l'amour."

 

Sacha et l'autostoppeur. Deux êtres, deux choix de vie : Sacha est écrivain, ses journées ont un aspect assez répétitif que rendent ces phrases courtes percutantes, répétition de gestes similaires, quelquefois vides de sens. Dans le village où il décide de s'installer, il retrouve l'autostoppeur, qu'il a connu dans sa jeunesse, aujourd'hui marié à Marie, père d'un petit Augustin, et pourtant, épris de liberté. Avide de rencontres et de découvertes, l'autostoppeur part régulièrement sur les routes : "J'ai vu peu de gens, dans ma vie, pour lesquels autrui n'était jamais un poids, jamais une fatigue, jamais un ennui. Toujours au contraire une chance. Une fête. la possibilité d'un supplément de vie. l'autostoppeur était de ces êtres."

Ces deux hommes sont comme les deux aspirations qui peuvent tirailler l'être humain moderne, englué dans le quotidien quelquefois aliénant, et pris de vertige face à l'éventail de tous les possibles laissés de côté. Et pourtant il a bien fallu faire un choix, donner un sens à cette vie. Dans ses périples, l'autostoppeur cherche des réponses auprès des êtres croisés, il pose des questions philosophiques, mesure à quel endroit le vide atteint sa plus grande intensité, ou questionne sur notre présence sur terre, sur le sens de la vie, sur notre identité : "Elle m'a raconté que pour Spinoza chacun de nous était comme un petit nuage fragile, à chaque instant menacé de heurter d'autres nuages et de se dissoudre. Elle m'a dit que Spinoza n'utilisait pas l'image du nuage, mais que c'était comme ça qu'elle l'avait compris : vivre c'est maintenir entier le petit nuage que nous formons, malgré le temps qui passe, malgré les bonnes et mauvaises rencontres. C'est réussir à faire tenir ensemble toutes les petites gouttes de vapeur qui font que ce nuage c'est nous, et personne d'autre."

Le temps d'un voyage, les discussions s'enflamment, les liens se créent, le partage règne, comme dans cette magnifique scène finale, ode à la vie ! Un roman magnifique, doté d'une profondeur dans la légèreté, un vrai coup de coeur !!

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard

 

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L'oeuvre de Emile ZOLA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

« Ah ! la vie, la vie ! la sentir et la rendre dans sa réalité, l’aimer pour elle, y voir la seule beauté vraie, éternelle et changeante, ne pas avoir l’idée bête de l’anoblir en la châtrant, comprendre que les prétendues laideurs ne sont que les saillies des caractères, et faire vivre, et faire des hommes, la seule façon d’être Dieu ! »

Claude est un peintre avant-gardiste, incompris par l'Académie partisane de l'art officiel. Il persévère malgré tout et travaille jour et nuit sur son grand projet "Plein air". Il veut peindre la vie moderne « la vie telle qu’elle passe dans les rues, la vie des pauvres et des riches, aux marchés, aux courses, sur les boulevards, au fond des ruelles populeuses; et tous les métiers en branle; et toutes les passions remises debout, sous le plein jour; et les paysans, et les bêtes, et les campagnes!... »

Alors qu'il s'était juré de se consacrer à la peinture uniquement, il rencontre alors Christine qui prend une place grandissante dans sa vie.

Dans ce roman s'exprime Zola critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Il met en scène le statut de l'artiste et les affres de la création, les doutes, l'envie prégnante de toucher du doigt la perfection quand tout fuit et se délite. Face à cette passion dévorante, certains êtres sont laissés alors sur le bord de la route, qu'il s'agisse ici de Christine jalouse des femmes peintes, ou de Jacques, jeune sacrifié à l'autel de la création. L'artiste demeure tout entier voué à cette quête incertaine, sans suivre les conseils sages du peintre plus âgé : « Je vous l’ai dit vingt fois qu’on débutait toujours, que la joie n’était pas d’être arrivé là-haut, mais de monter, d’en être encore aux gaietés de l’escalade. »
Zola écrit : "Avec Claude Lantier, je veux peindre la lutte de l'artiste contre la nature, l'effort de la création dans l’œuvre d'art, effort de sang et de larmes pour donner sa chair, faire de la vie : toujours en bataille avec le vrai et toujours vaincu, la lutte contre l'ange. En un mot, j'y raconterai ma vie entière de production, ce perpétuel accouchement si douloureux "

Un roman profondément parlant et toujours tellement juste et pointu dans sa peinture des milieux !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

A noter : attention à ne pas acheter une version simplifiée qui vous privera de passages essentiels

Du même auteur : Au bonheur des dames ; Thérèse Raquin

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Polina de Bastien VIVES

Publié le par Hélène

                                         polina.jpg

 ♥ ♥ ♥

Un magnifique portrait de danseuse.

   

L’auteur :

 

Bastien Vivès est un auteur de bande dessinée français.

 

L’histoire :

 

Très douée pour la danse, la petite Polina Oulinov est sélectionnée pour suivre les cours de Nikita Bojinski, un maître d’une exigence absolue, à la fois redouté et admiré. Au fil de son enseignement, qu’elle suit des années durant, Polina devenue jeune fille développe avec son mentor une relation complexe, entre antagonisme et soumission – et finit par le quitter pour explorer de nouvelles expériences artistiques, en toute indépendance.

 

Ce que j’ai aimé :

polina1.jpg

 

Polina est une jeune personne fragile et attachante, une jeune danseuse qui mène ses choix avec grâce et intensité. Danseuse dans l’âme, elle assume ses choix artistiques et sentimentaux en parcourant son destin avec légèreté.

 

Les dessins épousent parfaitement la finesse des corps et des mouvements. Les  traits en noir et blanc laissent filer parmi les interstices le désarroi, la souffrance, mais aussi la beauté et la passion de ces jeunes artistes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

D’autres avis :

 

Théoma, Midola

  

Polina, Bastien VIVES, Casterman, 2011, 210 pages,  18 euros

 

polina2.jpg

 

Top-bd-2012

 

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Dans les eaux du grand Nord de Ian McGUIRE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Hiver 1859, le baleinier "le Volunteer" prend la mer en direction du cercle polaire arctique. A son bord, Summer, ancien chirurgien de l'armée à la réputation houleuse. Quelques jours après le départ, un garçon de cabine est retrouvé sauvagement assassiné. Le coupable est forcément à bord. Summer se demande alors dans quel croisière satanique il s'est embarqué... De plus, peu à peu, les objectifs de l'expédition deviennent troubles...

Ce que j'ai moins aimé : Quelques longueurs. J'aurais aimé plus de suspens.

Bilan : Ce roman ne parvient pas parfaitement à entremêler les deux genres du roman d'aventures et du roman policier pour les rendre suffisamment efficaces l'un et l'autre. N'est pas Joseph Conrad qui veut...

 

Présentation de l'éditeur : 10-18

D'autres avis : Télérama 

Sur le même thème : Sequoias de Michel Moutot

 

Sélectionné pour le Prix polar SNCF

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