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1205 résultats pour “vie parfaite

Limonov d'Emmanuel CARRERE

Publié le par Hélène

limonov

♥  

Prix Renaudot 2011

 

L’auteur :

Emmanuel Carrère est un écrivain français.

 

L’histoire :

« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.

C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

-         -  Je pourrais vous dire que Limonov est un roman passionnant centré sur un personnage marquant. Mais si Edouard Limonov est sans conteste un homme qui marque les esprits, il est aussi un être prêt à tout pour échapper à sa condition tristement humaine et exister. Prêt à tout, et surtout prêt au pire pour devenir quelqu’un et s’échapper d’un destin étroit. Ce n’est pas un être attachant, et la fascination étrange de l’auteur pour cet homme est assez déroutante :

« « C’est bizarre, quand même. Pourquoi est-ce que vous voulez écrire un livre sur moi ? »

Je suis pris de court mais je réponds, sincèrement : parce qu’il a – ou parce qu’il a eu, je ne me rappelle plus le temps que j’ai employé – une vie passionnante. Une vie romanesque, dangereuse, une vie qui a pris le risque de se mêler à l’histoire.

Et là, il dit quelque chose qui me scie. Avec son petit rire sec, sans me regarder :

« Une vie de merde, oui. » » (p. 484)

La frontière entre biographie et roman est ténue ici et l’auteur le reconnaît lui-même "J'ai une réticence à utiliser ce mot, explique l'auteur. La définition du roman parle de fiction. Or, tous les événements rapportés sont véridiques, même si je garde une liberté dans la mise en scène. Et il y a aussi tout ce qui relève de l'inexactitude involontaire..." (source L’express, Jean-Paul Guilloteau)

-          - Je pourrais vous dire que l’on apprend beaucoup sur la Russie et la politique de cette époque. Sauf que personnellement, je me suis ennuyée dans ces passages historiques et politiques.

-         - Je pourrais vous dire qu’Emmanuel Carrère est un grand écrivain, mais je n’avais pas du tout apprécié son « D’autres vies que la mienne », qui jouait trop sur le pathos à mon goût, et ici j’ai été énervée par ces allers et retours entre sa vie et celle de son héros, parce que je n’ai pas cette idée-là de la littérature et des romans.

 -         -  Je pourrais vous dire qu’il faut croire les critiques et découvrir cet ouvrage,  et je pense qu’il faut le faire si :

1. Vous appréciez les biographies

2. Vous appréciez l’histoire du communisme

3. Vous vous intéressez à  Edouard Limonov

4. Vous appréciez Emmanuel Carrère.

Sinon ? Il y a tant d’autres romans à découvrir…

 

Premières phrases :

 

« Jusqu’à ce qu’Anna Politkovskaïa soit abattue dans l’escalier de son immeuble, le 7 ocotbre 2006, seuls les gens qui s’intéressaient de près aux guerres de Tchétchénie connaissaient le nom de cette journaliste courageuse, opposante déclarée à la politique de Vladimir Poutine. »

 

 

D’autres avis :

 

Blogs : Clara , Mathilde, Valérie, PetitSachem, SD49

Presse : Les InrocksTélérama, Lire, Le Magazine Littéraire

 

Limonov, Emmanuel Carrère, POL, 2011, 488 p., 20 euros

 

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Mon calendrier de l'avent - Le meilleur personnage

Publié le par Hélène

J'ai une tendresse pour Willa, personnage de ce roman qui nous rappelle qu'il n'est jamais trop tard pour choisir sa vie...

Derrière l'apparente simplicité de ce roman, se cache la complexité des rapports familiaux, à travers ces modèles que l'on se crée à notre insu pendant nos années d'enfance, ces choix que l'on refuse de faire pour préserver la famille, ces renoncements journaliers qui affadissent le quotidien. Willa nous rappelle ainsi qu'il n'est jamais trop tard pour prendre sa vie en mains, jamais trop tard pour changer de direction, jamais trop tard pour se reconstruire une famille aimante et attentionnée et pour s'affranchir des modèles aliénants...

A découvrir ici : La danse du temps de Anne TYLER

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Les 20 livres qui ont changé votre vie

Publié le par Hélène

A l'occasion de ses 20 ans, France 5 proposait le 11 décembre 2014 une émission spéciale, présentée par François Busnel, qui dévoilait les 20 livres qui ont changé la vie des lecteurs. La question a été posée à des écrivains, des personnalités de tous horizons mais aussi aux téléspectateurs et aux internautes. 

"Oui, les livres, la littérature et la lecture peuvent cela : faire exister notre liberté, nous permettre d'échapper à la routine, donner du sens à ce qui n'en a pas. la lecture console, questionne ou inquiète parfois, mais elle peut aussi renforcer ou faire naître en nous le désir de vivre différemment. Tout dépend du livre... Assurément certains livres peuvent changer notre vie." François Busnel

Voici les livres les plus cités : 

1. Le petit prince de SAINT EXUPERY

2. L'étranger de CAMUS

3. Le voyage au bout de la nuit de CELINE

4. L'écume des jours de VIAN

5. A la recherche du temps perdu de PROUST

6. Le grand Meaulnes de FOURNIER

7. L'alchimiste de COELHO

8. Belle du seigneur de COHEN

9. Cent ans de solitude de GARCIA MARQUEZ

10. Les fleurs de mal de BAUDELAIRE

11. La peste de CAMUS

12. Harry Potter de ROWLING

13. 1984 de ORWELL

14. Le monde selon Garp de IRVING

15. Crime et châtiment de DOSTOIEVSKI

16. Le seigneur des anneaux de TOLKIEN

17. Le parfum de SUSKIND

18. Le journal d'Anne Franck

19. Madame Bovary de FLAUBERT

20. Les Misérables de HUGO

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Pourquoi les oiseaux meurent de Victor POUCHET

Publié le par Hélène

♥  ♥ ♥

Un phénomène étrange semble se produite en Haute Normandie : des oiseaux tombent du ciel, raides morts et s'échouent sur les plages dans l'indifférence générale. Mais le narrateur, parisien originaire de Normandie décide de se rendre sur place pour enquêter. Il choisit alors la voie de l'eau et embarque sur le Seine-Princess, un bateau de croisière qui descend la Seine.

En fait, pour résumer, c'est l'histoire d'un homme qui a "la vie sur le bout de sa langue". Ainsi il se retrouve sur une péniche à guetter des oiseaux qui tombent du ciel, morts et mène une enquête pour laquelle personne ne l'a missionné.

"Sur le bout de la langue les engagements, les choix, les aventures de l'esprit, la vie sociale et les conquêtes.J'avais l'impression de passer ma vie à ne pas articuler complètement ce qui m'arrivait et à sacrifier tout un tas de syllabes, de mots et de phrases-projets."

Il tente de mettre de l'ordre dans sa vie porté par sa quête, prétexte pour revenir vers ses origines et se réconcilier avec son père ? Prétexte surtout pour se perdre dans des circonvolutions qui évitent de penser à l'essentiel...

Avec humour et intelligence, Victor Fouchet peint le portrait d'un homme perdu qui retrouve peu à peu le chemin vers la logique et sa vie.

"Le scrabble frustre comme la vie : je pourrais faire un mot sublime là tout de suite, mais il manque toujours une lettre, un endroit où le placer. On voudrait les thésauriser, les garder au chaud pour abattre ses cartes d'un seul coup, plier le jeu, ranger ses gaules et aller se coucher avec le mot de la fin. Mais on est obligé de jouer à chaque tour. Jusqu'à ce qu'un autre mot sur le plateau offre une perspective inédite, salvatrice. Il  y a des gens compte double, des après-midi compte triple; des journées Y (dix points), de très nombreuses matinées E, A ou S (un point), il y a surtout des jours où de toutes les lettres placées devant nous on ne réussit à tirer aucun mot."

Un roman érudit pour un beau portrait d'homme.

 

Présentation de l'éditeur : Finitude

 

Pourquoi les oiseaux meurent, Victor Pouchet, Finitude,septembre 2017, 192 p., 16.50 euros

 

Merci à l'éditeur.

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En attendant Bojangles de Olivier BOURDEAUT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Certains ne deviennent jamais fou...

Leurs vies doivent être bien ennuyeuses." 

Charles Bukowski

Le jeune narrateur observe avec tendresse ses parents enlacés danser sur "Monsieur Bojangles" de Nina Simone. Cette danse est à l'image de leur vie, une fête perpétuelle menée tambour battant par la mère, feu follet qui veut faire virevolter la vie, danser et rire, toujours... Cette femme extravagante se moque des conventions, refusant d'ouvrir les courriers désagréables, changeant de nom tous les jours au rythme de ses humeurs, achetant un château en Espagne parce qu'elle a pris l'expression au pied de la lettre, adoptant un superbe oiseau exotique nommée Mlle Superfétatoire, faisant définitivement un pied de nez à la normalité. Quand l'école de son fils demande à ce que ce dernier respecte les horaires et autres obligations scolaires, elle répond du haut de sa superbe : "Mais vous voulez quoi ? Qu'il devienne fonctionnaire ? Mon fils est un érudit oiseau de nuit qui a déjà lu trois fois le dictionnaire, et vous voulez le transformer en mouette couverte de cambouis se débattant dans une marée noire d'ennuis !" p. 118

Le père fasciné est fou amoureux de cette nymphe qui embellit la vie, même s'il se doute qu'ils marchent sur un fil. Peut-on s'abstraire ainsi de la réalité éternellement ? Le monde extérieur ne risque-t-il pas de s'immiscer pour faire chanceler la joie ? Il connaissait les risques. Et pourtant, quand il se livre dans son journal, il souligne "Je ne regrettai rien, je ne pouvais pas regretter cette douce marginalité, ces pieds de nez perpétuels à la réalité, ces bras d'honneur aux conventions, aux horloges, aux saisons, ces langues tirées aux qu'en dira-t-on." p. 122

Sous l'oeil admiratif du fils, la vie bat son plein. Dans ce tourbillon de la vie, tout n'est que "fêtes, voyages, excentricité et extravagante gaieté" et tant pis si la réalité vient y mettre son grain de sel. Tant pis. Ca valait quand même le coup... 

 

Présentation de l'éditeur : Finitude 

D'autres avis : un roman qui fait l'unanimité  comme en témoignent ses nombreux  prix : Grand Prix RTL / Lire, Prix Roman France Télévision, Prix Emmanuel Roblès, Prix de l'Académie de Bretagne, Prix du roman des Etudiants France Culture/Télérama, et je pense qu'il en reste à venir ... 

 

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, Finitude, 2015, 158 p., 15.50 euros

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La double vie d’Anna Song de Minh Tran HUY

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥ ♥

« La vie, c’est passer son temps à se préparer à quelque chose qui n’arrive jamais »

 

L’auteur :

 

Minh Tran Huy est une journaliste et romancière d’origine vietnamienne. Elle a publié son premier roman La princesse et le pêcheur en 2007.

 

L’histoire :

 

L’histoire est inspirée d’une histoire vraie : celle de la pianiste Joyce HATTO, connue pour avoir défrayé la chronique en 2007.

Lors du décès de sa femme Anne Song, pianiste, son mari et producteur Paul Desroches se plonge dans ses souvenirs pour la faire revivre dans son cœur.  Par son intermédiaire le lecteur va découvrir le destin particulier de la jeune pianiste : de leur rencontre aux confins de l’enfance à leur union maritale et artistique, en passant par une période d’éloignement source de souffrances pour Paul. Pendant qu’il raconte, le scandale éclate : Anna Song n’aurait pas enregistré une seule note de sa discographie, son mari aillant « emprunté » ailleurs ses morceaux…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les personnages : ce sont des êtres de fiction dans toute leur splendeur, ils revendiquent le droit de s’inventer une vie sur mesure, loin des contingences liées au destin qui quelquefois brise ou éloigne les êtres.

-          La structure du récit : entre les chapitres consacrés au récit de Paul, s’intercalent des articles de presse chantant les louanges de la jeune pianiste décédée, puis dévoilant au fil du temps l’imposture découverte par hasard par un ordinateur…

-          L’histoire elle-même, si surprenante, romancée bien sûr par l’auteur qui nous offre une chute vertigineuse… C'est un véritable hymne à l'amour qu'offre Paul à Anna pour prolonger le souvenir pur de celle qu'il n'a jamais cessé d'aimer...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien…

 

Premières phrases :

 

« Anna Song, une vie un point d’orgue

 

Par Alexis Cambrel, Classique Magazine,

Le 16 juin 2008

 

« La vie, c’est passer son temps à se préparer à quelque chose qui n’arrive jamais » a écrit Yeats. Une phrase qui illustre à la perfection le destin de la pianiste Anna Song, décédée il y a six jours à son domicile, à l’âge de quarante neuf ans. »



Vous aimerez aussi :

 

Corps et âme de Franck CONROY

 

La double vie d’Anna Song, Minh Tran HUY, Actes Sud, août 2009, 192 p., 18 euros

 

Clara en parle aussi.

Publié dans Littérature Asie

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Les impatientes de Djaïli Amadou Amal

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Elles sont trois femmes, à qui on apprend à être patientes, malgré les violences morales et subies au sein de leur mariage. Ramla est contrainte de se marier à un homme qu'elle ne connait pas, alors qu'elle devait épouser son aimé, Hindou sa jeune sœur est quant à elle contrainte d'épouser son cousin, alcoolique, drogué, et Safira doit accepter qu'une co-épouse bouleverse son couple et ses habitudes. Impossible d'aller à l'encontre des vœux de leurs famille, impossible de s’abstraire des traditions, elles doivent être patientes et subir sans mot dire une vie qu'elles n'ont pas choisie, une vie violente, physiquement ou moralement.

Mariage forcé, polygamie, viol conjugal, la condition féminine au Sahel est glaçante :

"Il est difficile, le chemin de vie des femmes, ma fille. Ils sont brefs, les moments d'insouciance. Nous n'avons pas de jeunesse. Nous ne connaissons que très peu de joies. Nous ne trouvons le bonheur que là où nous le cultivons. A toi de trouver une solution pour rendre ta vie supportable. Mieux encore, pour rendre ta vie acceptable. c'est ce que j'ai fait, moi , durant toutes ces années. j'ai piétiné mes rêves pour mieux embrasser mes devoirs."

Djaïli Amadou Amal, née en 1975 dans l’extrême-Nord du Cameroun, mariée à dix-sept ans, a connu tout ce qui rend si difficile la vie des femmes du Sahel. Devenue écrivaine, Amal s’est affirmée en militante féministe à la tête de l’association « Femmes du Sahel » devenant ainsi « la voix des sans voix ». Avec ses personnages, elle incarne ces femmes subissant une souffrance inhumaine qui ne peut que révolter.

Ce roman se déploie dans un style simple, auquel on peut reprocher la sécheresse quelquefois, mais qui a l'avantage d'être percutant.

Un témoignage poignant !

 

Prix Goncourt des Lycéens 2020 Prix Orange du livre en Afrique 2019 Prix de la meilleure auteure africaine 2019 Finaliste du prix Goncourt 2020

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

D'autres livres sur les combats des femmes :

En Iran : Un jour avant Pâques ; Broderies 

En Inde : La colère des aubergines ; Mangue amère ;  L’année des secrets ;  Mes seuls dieux

En Europe : La joueuse d’échecs ; La femme gelée ; Karitas 

En Afrique : Photo de groupe au bord du fleuve ; Aya de Yopougon tome 1 ; Blues pour Elise ;   Celles qui attendent ; La cruche cassée ; Une si longue lettre ;   Les recluses ;  A mon âge, je me cache encore pour fumer  ; Loin des mosquées  ; Notre force est infinie ;  Americanah Autour de ton cou ;

Essai : Nous sommes tous des féministes

 

Publié dans Littérature Afrique

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Encabanée de Gabrielle FILTEAU-CHIBA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ma cabane, quelques planches dans le bois. Un petit prisme rectangulaire. Une boîte de Pandore. Je n'ai jamais vu les choses aussi clairement. "

Anouk décide de se retirer de la société de consommation et de la société des hommes pour quelques temps. Elle choisit une cabane au Kamouraska, inspirée par Anne Hébert et son roman, et passe l'hiver là-bas, racontant ses journées dans son carnet de bord. Elle apprend peu à peu à se retrouver seule face à elle-même, et seule face à la nature. Elle écoute les coyotes qui rôdent, essaie de s'adapter à la neige qui tombe abruptement durant ce rude hiver, surveille son poêle, établit des listes :

"Liste n° 120
Choses que j'aimerais conserver en pots:
- Le chant des baleines à bosses
- L'odeur de la croustade aux pommes
- Des lucioles immortelles pour nos noces
- L'odeur de nos draps après cette nuit
- Une mèche de tes cheveux
- La couleur de ce matin "

Elle finira même par rompre sa solitude en accueillant dans sa cabane une âme perdue...

«  Les plus belles saisons de ma vie ont commencé ici, à créer en ce lieu un îlot propre à mes valeurs. Simplicité, autonomie, respect de la nature. le temps de méditer sur ce qui compte vraiment. le temps que la symphonie des prédateurs, la nuit, laisse place à l'émerveillement ».

L'auteure a elle-même vécu dans une cabane pendant trois ans, et elle s'est inspirée de cette expérience pour écrire. Elle raconte :

"Tout ce que je voulais c’était être maître de ma vie, être dans la nature, marcher pendant des heures, rencontrer des animaux et dessiner des flocons de neige. Ce désir de m’arracher au moule avait quelque chose d’enfantin, mais en fait, cela m’a permis de plonger dans ma propre vie d’adulte et de définir mon propre avenir, et cela passait par la nature et les arts." (entretien avec France Culture)

Militante pour la cause environnementale, elle entremêle savamment réflexions philosophiques sur la sagesse d'une vie loin d'une société souvent aliénante, et considérations écologistes pour sauver cette nature tellement régénératrice.

Une belle découverte !

 

Présentation de l'éditeur : Le mot et le reste

Sur le même thème : Sylvain Tesson Dans les forêts de Sibérie ; Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM ; Solitudes australes de David Lefevre ; Une année à la campagne de Sue HUBBELL  ; Walden ou la vie dans les bois de Thoreau ; Thoreau : La vie sublime

Retrouvez ce livre dans votre librairie la plus proche

Lu grâce à l'opération Masse critique de Babélio

tous les livres sur Babelio.com
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La survivance de Claudie HUNZINGER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

"C'était la vie de pionniers." 

Ce que j'ai aimé :

Nils et Jenny sont deux libraires passionnés qui ont toujours suivi le vent de la liberté. Aussi, quand ils se retrouvent contraints de mettre la clef sous la porte de leur librairie, décdent-ils de se réfugier dans leur fief des Vosges, une vieille grange défraîchie. La vie, la liberté les attend, ils ont de quoi vivre quelques années en cultivant leur jardin potager et en élevant des poules. Sauf que la bergerie est dans un état de délabrement avancé : "C'était une chose déglinguée, une ancienne métairie à flanc d'une croupe sauvage, à plus de 900 mètres au-dessus de Kayserberg. Il fallait être fou pour penser y vivre, je le reconnais." 

Pas de chauffage sauf un vieux poêle, pas d'électricité, un toit crevé, tel est leur nouveau lieu de vie. Ils y ont vécu quelques mois quand ils avaient 20 ans (expérience que l'auteur évoque dans Bambois, la vie verte) Mais cette fois-ci le froid, la pluie risquent de les rattraper. Accompagné de Betty leur chien et d'Avanie leur âne et lovés aux côtés de leurs livres,  leurs compagnons de toujours, ils vont vivre des heures intenses.

"Il nous arrivait de penser que nous n'allions survivre ni à la montagne ni à la décomposition globale dès qu'on écoutait les nouvelles à la radio. Si, si, je murmurais, c'était juste avant le sommeil, si, on y arrivera, c'est la seule bataille qui compte, la seule qui justifie la peine de vivre : ne pas se laisser attraper." p. 90

Jenny raconte cette expérience hors du commun en mentionnant les joies et les angoisses, les peurs, les rencontres improbables comme leurs nouveaux voisins les cerfs, les renards, les ornithologues... Le couple s'épaule jour et nuit, beaucoup de douceur transparaît dans leurs rapports, entraide, caresses permettent aussi d'assumer ce choix de vivre à part, dans un monde préservé, au sein d'un cocon naturel. Dans leur univers la culture est omniprésente avec notamment cette peinture de Grünewald "le retable d'Issenheim" du XVIème siècle : selon la légende, le peintre venait souvent dans ce massif vosgien réputé pour ses mines d'argent, afin de collecter des minéraux pour fabriquer ses pigments de couleurs. 

"Je me répétais cette définition en forme de grandhuit d'un belge (Robert Filliou) que j'adorais : L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art." p. 131

La vie est bien là, palpitante en eux, nue sous les néons de la nature qui n'autorise aucun fard.

"Si nous voulions nous en sortir, il fallait sortir de nous. Plonger direct dans les sensations, dans la peur, dans la joie, être aux aguets, se transformer en une boule de présence au monde prête à jaillir. Il y a quelque chose d'excitant, de suffocant dans la lutte pour la vie : plus d'écran entre elle et nous. On devient la vie. Tous les hommes descendent de Darwin, me soufflait Sils qui avait lu Jules Renard." p. 186 

Claudie Hunzinger nous offre en ces pages une ode à la vie, à la nature loin de la société consumériste, un bijou indispensable pour rejoindre de vraies valeurs !

                        

http://www.randoalsacevosges.com/article-le-grand-et-le-petit-brezouard-119149274.html

Ce que j'ai moins aimé :

- La fin est un peu lapidaire.

Premières phrases :

"Avanie savait que nous avions perdu : ses longues oreilles captaient au loi les présages. Dès la nuit tombée, elle nous attendait, mélancolique, de tout son pelage gris.

Il fllait rendre les clés le 1er mai au matin et nous n'avions nulle part où aller. Deux semaines avant l'explosion, Sils et moi, en compagnie de Betty, nous cherchions encore, mais tout loyer était devenu hors de nos prix."

Informations sur le livre :

Grasset

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Bambois, la vie verte (http://www.bambois.net/)

D'autres avis :

DominiqueKeishaClaraAifelleCathulu

Lire 

 

La survivance, Claudie Hunzinger, J'ai lu, août 2014, 7.10 euros

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La forêt des renards pendus de Nicolas DUMONTHEUIL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Rafael Juntunen est un truand qui s'est enfui avec le butin, laissant son complice de l'époque se faire arrêter. Hors, le complice va sortir de prison, ce qui oblige Rafael à se terrer au fin fond de la Laponie, dans la forêt des renards pendus. Il est rapidement rejoint par un major de l'armée mis sur la touche en raison de son alcoolisme, et qui souhaite fuir sa femme. Puis une vielle lapone fuyant la maison de retraite se joint à ces joyeux drilles. La cohabitation ne sera pas de tout repos, surtout avec ces lingots d'or que Rafael cache dans la forêt, craignant la cupidité de ses colocataires... Seul le renard "Cinq-cent balles", devenu leur compagnon de route, sait où est enterré le trésor...

Ces hommes perdus dans cette grande forêt apprennent l'un de l'autre, aidés par la vieille femme, loin de toute civilisation, ils redeviennent peu à peu humains. Nicolas Dumontheuil a parfaitement rendu l'univers tendre et déjanté de Arto Paasilinna et les dessins aux tons sépia, surprenants au début de lecture,  s'accorde harmonieusement au destin en suspension de ces deux hommes.

  

Présentation de l'éditeur : Futuropolis

D'autres avis : Yves

 

La forêt des renards pendus, Nicolas Dumontheuil, d'après l'oeuvre de Arto Passilinna, Futuropolis, août 2016, 144 p., 21 euros

 

Cette BD est en course pour le prix du polar SNCF dans la catégorie Bd et elle est à découvrir en e-livre ce mois-ci sur le site de la SNCF : ICI

 

C'était ma Bd de la semaine, chez Noukette aujourd'hui

 

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