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1199 résultats pour “vie parfaite

On ne va pas se raconter d'histoires de David THOMAS

Publié le par Hélène

                                     

♥ ♥ ♥

" Je me dis souvent qu'il ne faut jamais négliger les jolies choses, elles sont aux hommes ce que  les ponts d'eau sont aux bêtes." 

 

Ce que j'ai aimé :

Avec tendresse et poésie David Thomas peint des situations cocasses ou plus sordides de la vie quotidienne. Il met en scène des hommes ou des femmes seuls ou mariés, jeunes ou vieux, confrontés à des thématiques universelles : les échecs de la séduction, l'incommunicabilité du couple, les divergences d'opinion concernant l'avenir ce grand inconnu, les ruptures, la solitude de cette femme qui ne veut pas finir sans enfants, inversement, la peur d'être parent et d'engendrer un monstre, celui qui apprend la persévérance à son fils...

Et puis la nostalgie, nostalgie de l'enfance innocente, l'envie de profiter de nos parents qui ne sont pas éternels, de regarder sa mère jardiner jusqu'à la nuit des temps ou d'écouter son père raconter Gargantua :

"Tout petit, je devais avoir quatre ans, mon père nous faisait la lecture à mes frères et à moi, avavnt de nous coucher. Mais plutôt que de nous lire des histoires pour enfants, mon père nous lisait du Rabelais. Il sortait de la bibliothèque un énorme livre illustré, qui me semblait aussi lourd que moi, ete nous nous blotissions contre lui. Je l'écoutais avec les yeux grands ouverts, deux doigts dans la bouche et un autre dans les trous de nez au cas où j'y trouverais queqlue chose d'intéressant, et je ne me lassais jamais, en collant mon oreille contre sa poitrine, d'entendre sa voix chaude nous promener dans la vie de ces géants dont les problèmes intestinaux me réjouissaient. Je me souviens très bien que je riais à me tordre quand mon père imitiait les pets de Gargantua en se pinçant la bouche. Je me souviens très bien que, lorsque j'étais là, sous son bras, je trouvais que la vie était formidable."

Dans une parfaite maîtrise de l'instantané David Thomas sait être subtil et spirituel pour nous parler de nous ! 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien 

Premières phrases :

"On passe sa vie à tenter de se recontrer soi-même alors que nous portons en nous nos propres obstacles. On attend ce moment dont on est sûr qu'il viendra un jour, où l'homme que l'on s'est projeté rejoindra celui que l'on est. C'est le travail de toute  ma vie."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La patience des buffles sous la pluie  ; Un silence de clairière ; Je n’ai pas fini de regarder le monde 

 

D'autres avis :

Jérôme, Noukette

 

On ne va pas se raconter d'histoires, David Thomas, Stock, mai 2014, 14 euros

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Portugal de Cyril PEDROSA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Son blog : http://cyrilpedrosa.blogspot.com/

 

L’histoire :

Quand un retour aux sources imprévu devient renaissance à soi-même.

Plus vraiment d'inspiration, plus d'envies et pas de projets, l'auteur de BD Simon Muchat végète doucement dans son boulot d'animateur scolaire, et exaspère Claire, sa compagne, qui le voudrait plus investi.

Invité à passer quelques jours au Portugal, dont sa famille est originaire et où il n'était plus allé depuis l'enfance, il va y découvrir une autre façon d'exister et d'être - et peut-être le début d'une nouvelle inspiration ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

Cet album est un bijou graphique avec une utilisation de la couleur permettant de toucher au plus près aux sentiments du narrateur : quand son moral frôle le néant, les couleurs sont ternes, sans vie, cette vie qui revient au Portugal quand Simon retourne vers ses racines. Les couleurs et le mouvement affluent alors sur les pages comme dans l'âme des personnages. Les pages consacrées aux souvenirs se teintent d'une coloration sépia mélancolique et triste.

 

portugal 2

 

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Portugal nous peint le retour à la vie de Simon, jeune adulte perdu, errant dans sa vie en se laissant porter par les évènements, et surtout par les décisions de sa copine, Claire, qui finit bien évidemment à se lasser de la perpétuelle indécision et morosité dans laquelle évolue son compagnon déprimé. Le temps du mariage de sa cousine, Simon va retourner vers ce qui le fonde, son père, sa famille, un pays qu'il connaît peu mais est avide de découvrir, un monde coloré et vif. Là aussi la vie n'épargne guère les êtres, mais Simon y est à sa juste place, il trouve enfin ce qui lui manquait, une identité.

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Le rythme assez lent et profondément mélancolique a instillé sur mon âme une touche amère et un peu déprimante…

 

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D’autres avis :

 

Blogs :

 

Ys ; Mo’; Les 8 plumes  

 

Presse :

 

"Un long et beau récit (...) intime et vagabond, parfaitement universel" (Le Nouvel Observateur)

- "Un roman graphique bouleversant" (Rue89)

- "Une BD intime et flamboyante. Un album fabuleux au graphisme sans cesse mouvant" (Métro)

- "Un magnifique album" (20MN)

- "Cyril Pedrosa signe là une oeuvre tout simplement magistrale" (Télérama)
  

 

- "Un petit bijou de BD" (Ouest France)

- "Un album d'une profondeur et d'une acuité rare" (Livres Hebdo)

 

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Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, septembre 2011, 261 p., 35 euros

 

Top-bd-2012

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Quatre soeurs tome 1 et 2 de Malika FERDJOUKH et Cati BAUR

Publié le par Hélène

♥♥♥

Ce que j'ai aimé :

La famille Verdelaine est composée de cinq soeurs : Charlie l'aînée, Geneviève, la ménagère accomplie, Bettina, l'adolescente superficielle, Hortense, plus effacée et Enid la petite dernière. Les filles habitent la Vill'Hervé, une grande maison au bord de la mer, pleine de courants d'air. Malgré tout elles restent attachée à cette grande villa qui constitue leur foyer, leur refuge et point d'ancrage dans une vie marquée par la disparition brutale des parents deux ans auparavant dans un accident de voiture. Ces derniers apparaissent  sporadiquement à l'une ou l'autre des filles en détresse pour conseiller, orienter... Ces apparitions fantômatiques pallient au manque difficilement exprimable, à l'l'absence qui aspire comme un trou d'air ces filles qui ont encore besoin d'être secondée par des adultes dans leur vie. La tante Lucrèce est chargée de veiller sur elles, même si ses apparitions rocambolesques laissent dans leur sillon une amertume, un rappel de leur situation précaire d'orphelines. Mais leur cohérence et le tourbillon du quotidien les sauve. En se créant une bulle confortable, malgré la mort des parents, la pauvreté, la vivacité et la dynamique du groupe leur donne le sourire.

Dans le tome 1 les projecteurs sont braqués sur Enid, 9 ans, encore dans l'enfance. A la suite d'une tempête, elle s'inquiéte pour ses animaux "domestiques" dont une chauve-souris. De plus, des hurlements lugubres retentissent aux alentours de la villa, poussant cette jeune Enid avide d'aventures à enquêter. Les cinq soeurs accueillent également pour les vacances scolaires la jeune Colombe dont Bettina sera farouchement jalouse.  

Dans le tome 2, Hortense est mise en lumière : jeune adolescente elle peine à trouver sa place dans le monde. Son caractère est aux antipodes de celui de sa soeur Bettina, et les disputes sont monnaie courante entre elles. Hortense cherche sa vocation, elle aimerait gagner en confiance et ne plus être tétanisée par sa timidité. Elle rencontre une jeune voisine malade avec qui elle entretient des rapports privilégiés.

Cette adaptation des romans de Malika Ferdjoukh, édités initialement par l'Ecole des Loisirs, est parfaitement réussie, la grâce des dessins accompagnant avec douceur le quotidien des ces cinq soeurs. Ces deux premiers tomes font montre d'une psychologie parfaitement maîtrisée : avec humour et profondeur, l'auteur saisit parfaitement les pensées, préoccupations, rêves des adolescentes, et ce en fonction de leur âge. Enid est encore dans le monde édulcoré de l'enfance durant lequel tout est mystère et peuplé de créatures imaginaires auxquelles elle peut se confier. Hortense quant à elle quitte doucement ce monde et ses interrogations deviennent plus graves : il s'agit à présent de trouver son identité, de se faire une place dans la micro-société des copines et copains, de s'épanouir au mieux à un âge relativement ingrat. La tendresse et l'humour de leurs soeurs leur permettent de se lover au besoin au creux de la grande villa comme dans un cocon confortable. 

Le tome 3 en préparation sera consacré à Bettina, le 4 à Geneviève. De belles lectures encore en perspective !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Delcourt 

Vous aimerez aussi :

Les romans à L'Ecole des Loisirs.

D'autres avis :

AifelleAntigone  ; Saxaoul  ; StéphieEnna 

 

Quatre soeurs, Enid tome 1, Hortense tome 2, Delcourt, 2011, 7 euros le tome

 

 Chez  Yaneckcette semaine

Publié dans Jeunesse BD

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Au revoir là-haut de Pierre LEMAITRE et Christian DE METTER

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Un Goncourt en BD

1919. Albert et Edouard sont deux rescapés de la guerre 14-18, amis au-delà de la vie, l'un ayant sauvé la vie de l'autre. Toutefois Edouard n'en est pas sorti indemne, un obus lui ayant arraché la mâchoire. Gueule cassée, il refuse de reprendre contact avec sa famille.Il imagine une arnaque permettant de se venger de cette paix qui les a oubliés et de réaliser son rêve de partir aux colonies, entraînant dans son projet fou son acolyte. 

Cette histoire mémorable de deux laissés pour compte de la grande guerre a valu à son auteur Pierre Lemaître le prix Goncourt en 2013. Chrsitian de Metter propose ici son adaptation en BD. Mais comment résumer un roman de près de 600 pages en quelques planches, 168 pages pour être exacte. Il faut faire des coupes, des choix. Le choix de ne garder que les évènements marquants qui font avancer l'intrigue par exemple. Pour moi, l'adaptation pâtit de ces choix nécessaires. Elle manque de coeur, de sentiment, l'action prévalant sur des détails subtils laissés de côté, détails qui donnaient toute sa force au roman. Que reste-t-il de la douleur, de la difficulté de s'adapter, de l'amitié indéfectible des deux êtres soudés à jamais, de la description fine des rapports familiaux ou conjugaux ? Trop peu à mon goût. De plus, je ne suis pas certaine que quelqu'un ne connaissant pas le roman réussirait à suivre tous les méandres de l'intrigue, je pense qu'il serait rapidement perdu. 

Mais il faut reconnaître que les dessins rendent magnifiquement hommage au roman, en parfaite harmonie avec les personnages et les lieux. Le jeu des masques d'Edouard est admirablement rendu, parfait clin d'oeil à la verve créatrice de Edouard, lui même dessinateur refoulé.

Un bilan en demi-teinte pour cette adaptation...

 

Présentation de l'éditeur : Editions Rue de Sèvres 

Vous aimerez aussi : Le roman de Pierre Lemaître

D'autres avis : Noukette  ; JérômeAntigoneLivresse des mots ; Sandrine . Miss Alfie

 

Au revoir là-haut, Pierre Lemaître et Christian De Metter, Rue de Sèvres, octobre 2015, 176 p., 22.50 euros

 

Merci à Marie du prix BD Fnac. . 

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Loin d’être parfait de Adrian TOMINE

Publié le par Hélène

                                          loin-d-etre-parfait_couv.jpg

 

L’auteur :

 

Adrian Tomine est un dessinateur américain né en 1974 à Sacramento, Californie.

 

L’histoire :

 

Ben Tanaka a des problèmes.
Non seulement il est cynique, sarcastique et insensible, mais en plus sa relation avec sa copine se passe mal. Miko Hayashi lui reproche d’être attiré par les femmes blanches. Tous les deux sont d’origine asiatique.
Elle fuit à New York, il reste en Californie. Leur histoire s’inscrit dans l’Amérique multiraciale et borderline d’aujourd’hui. Un pays imparfait, tout comme eux.

 

Mon avis :

 

Sur la quatrième de couverture qui présente quelques passages des articles de presse concernant l’album, l’un des critiques compare l’auteur à Eric Rohmer. J’ai effectivement capté cette même hésitation  ressentie devant les films de Rohmer : cette oscillation entre ennui et envie d’être charmée.

 

Il ne se passe pas grand-chose dans cet album, il s’agit juste du délitement d’un couple, des interoogations multiples et variées de deux personnes qui ne savent pas encore bien cerner leur identité ni leur attente de la vie. Ben Tanaka est désarmant de mauvaise foi, Miko trop bêcheuse  pour être honnête et la meilleure amie lesbienne de Ben semble finalement la seule à se sentir équilibrée et prête à assumer ses choix.

 

Si l’on sent quelquefois la vie et sa vérité s’immiscer entre les lignes et les images,  la lassitude des personnages et leurs interrogations nombrilistes ont été tellement communicatives qu'elles ont fini par m'ennuyer. Les questions sur les origines et les attirances sexuelles des protagonistes m’ont semblé assez simplistes et sans grand intérêt. Je ne suis pas tombée sous le charme...

 

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Loin d’être parfait, Adrian Tomine, Delcourt, novembre 2008, 108 p., 14,95 euros

 

 BD du mercredi de Mango 1

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Trop près du bord de Pascal GARNIER

Publié le par Hélène

                                          trop-pres-du-bord.jpg

♥ ♥

Un roman noir parfaitement maîtrisé

 

L’auteur :

 

Figure marquante de la littérature française contemporaine, Pascal Garnier avait élu domicile dans un petit village en Ardèche pour se consacrer à l’écriture et à la peinture. Il nous a quittés en mars 2010. Peintre d’atmosphère alliant la poésie d’Hardellet à la technique de Simenon, styliste du détail juste, il excelle dans la mise en scène des vies simples, celles du voisinage, des souvenirs d’enfant, des je me souviens qui tissent nos mémoires. Mais chez Pascal Garnier, ce beau calme des banlieues de l’âme et de l’époque prépare toujours d’effroyables orages, avec froissement de tôles et morts en série… (Source : Zulma)

 

L’histoire :

 

Eliette est veuve et s'ennuie dans sa maison ardéchoise.
Ses enfants sont grands, et elle n'a pour amis que ses voisins, un couple de braves gens. Et puis surgit Etienne, comme au détour du chemin. Une voiture en panne, un ou deux mensonges improvisés, la fille d'Etienne entre en scène et plus rien ne tourne vraiment rond. Pascal Garnier est passé maître dans l'art de dépeindre ces vies qui dérapent, ces destins qui explosent, ces existences où sommeille la folie. (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Eliette mène une vie harmonieuse dans sa maison ardéchoise. Elle jouit de sa solitude, interrompue sporadiquement par les appels ou les venues de ses enfants ou les visites aux voisins. Elle cultive son jardin et sa tranquillité. Cette vie proprette va se trouver bouleversée par l’arrivée d’Etienne, rencontré au détour d’une route, après une mystérieuse panne de voiture. Etienne s’installe pour un temps chez Eliette, conquise par ce quadragénaire, et ils sont rapidement rejoints par Agnès, la fille d’Etienne. Plus rien ne sera quiet, amlgré les efforts incessants d’Eliette pour intégrer Etienne à son paysage harmonieux tout en chassant Agnès, tache sombre dans le tableau idyllique que veut créer la retraitée. Mais les tableaux idylliques ne durent qu’un temps…

 

 « C’est la vie, Eliette, rien que la vie.

On se croit en sécurité, comme sur une autoroute, un peu monotone, on se laisse aller et puis… un gravier, un insecte, et hop ! On perd le contrôle, tête-à-queue, on se retrouve à contresens. Mais bon, tant qu’on n’est pas mort, on arrivera bien quelque part ! » (p.79)

 

 Comme souvent chez Pascal Garnier, la banalité flirte rapidement avec une folie déchaînée, comme si les personnages borderline n’attendaient qu’une légère pulsion pour basculer du bon au mauvais côté de la pente savonneuse de la moralité.

 

 « Partout, dans ces buissons, dans l’herbe, proies, prédateurs se confondaient en une même danse macabre. On pouvait être l’un ou l‘autre, selon les circonstances, et toutes étaient atténuantes. On appelait ça la vie, la plus formidable des excuses. »

 

 Un conte cruel, noir porté par une écriture cinématographique efficace.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Beaucoup d’hémoglobines, pour ne pas dire plus.

- Le retournement soudain de personnalité des protagonistes basculant du côté obscur de la moralité est peu crédible…

 

Premières phrases :

 

  " En tombant dans la casserole pleine d'eau, la pomme de terre pelée émit un plouf sonore dont les ondes se repercutèrent comme une balle de tennis entre les quatre murs de la cuisine. L'épluche-légumes en suspens, Eliette s'immobilisa avec, au plus profond de son être l'intime conviction de vivre un instant de bonheur parfait." 

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Comment va la douleur ?

 

D’autres avis :

 

 Babélio

 

Trop près du bord, Pascal Garnier, Points, novembre 2013, 5.99 euros

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Quand viennent les cyclones de Anita NAIR

Publié le par Hélène

quand-viennent-cyclones

♥ ♥ ♥ ♥

Un roman à la fois profond et léger.

  

L’auteur :

 

Anita NAIR est une écrivaine indienne qui signe son premier roman en 1997. Compartiment pour dames en 2007 a rencontré un franc succès.

 

L’histoire :

 

Mira, 40 ans est une femme apparemment comblée : elle a un mari aimant, deux enfants en parfaite santé, une mère et une grand-mère à ses côtés et un métier qui lui plaît : elle est écrivain de livres de cuisine. Jusqu’au jour où son mari la quitte pour une autre femme, la privant ainsi de son statut social. Elle est donc amenée à travailler aux côtés de J. A. Krishramurthy, spécialiste des cyclones et marqué par la tragédie qu’a connue sa fille Smriti, dans le coma après avoir été mystérieusement attaquée dans un village indien éloigné.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La capacité du roman à s’adapter à plusieurs publics : Quand viennent les cyclones a un côté léger  avec le portrait de cette femme de 40 ans qui doit se reconstruire après une rupture sentimentale. Ses rencontres amoureuses, ses ennuis professionnels, ses enfants divisés par la rupture, tous ces thèmes apportent un souffle léger au roman. Parallèlement les chapitres consacrés à Jak abordent des sujets plus graves : le coma de sa fille, le rôle des parents dans l’éducation de jeunes adultes, le choc des cultures, la culpabilité, le pardon…

-          L’engagement : Anita Nair dénonce notamment le foeticide des filles en Inde :

« Parce que le garçon transmet le nom, qu’il hérite de la fortune familiale et qu’il peut s’occuper de ses parents âgés, il est sans conteste préféré à la fille qui devra être correctement dotée pour trouver un mari et quitter la famille. » 

(source : Amnesty International http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/la_chronique/juin_2006_sommaire/inde_foeticide)

Anita Nair éclaire également intelligemment l’évolution lente de la société indienne : elle met en avant le poids des traditions et le rôle du mari prépondérant, mais ouvre également sur une modernité qui s’installe non sans heurts.  

-          Les pistes de réflexion ouvertes : Les parents sont-ils toujours responsables de ce que deviennent leurs enfants ? Qui est responsable d’un divorce dans un couple ? Quelle place doivent occuper les femmes dans un couple ? Doit-on s’engager au péril de nos vies ? Autant de sujets qui méritent un arrêt…

-          La poésie : elle transparaît à travers le parallélisme entre les vies et les changements climatiques, ainsi que dans la comparaison entre Mira et Héra, déesse grecque.

 

 « La fissure qui est en tout,

C’est par là qu’entrera la lumière

Et toute la grâce, toute la joie sera sienne

Toute la vie épousera ses désirs,

Un jour, un jour parfait. » (p. 382)

 

-          Pour couronner le tout, l’intrigue liée à l’attaque de la jeune Smriti aiguillonne l’intérêt du lecteur tout au long de sa lecture.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les scènes qui frôlent la mièvrerie : les confidences de Mira à Vinnie par exemple, ou encore les moments que passent Mira avec le jeune acteur. Cette relation n’apporte d’ailleurs rien à l’intrigue, elle n’est là à mon avis que pour plaire aux amateurs de « chick lit »…

 

Premières phrases :

 

« Toute le vie épouse ses désirs en cette parfaite journée de septembre. Tant de grâce, tant de joie, pourquoi cela lui arrive-t-il, pourquoi à elle ?

Mîra, visage levé, sourit de nouveau au ciel. Un soleil fluide brasse un distillat de senteurs, de notes hautes espiègles, dansantes. Pomme, jasmin, noix, rose, musc, vin. Un chrysanthème solitaire. Le « pop » des bouchons. La courbe constante de l’arc qui s’écoule dans les verres. Le verre frais  contre sa joue. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Noces indiennes de Sharon MAAS

 

Un grand Merci à Judith OTT pour cette belle découverte...

 

Quand viennent les cyclones, Anita NAIR, Albin Michel, août 2010, 400 p., 21.50 euros

 

TAGS :  Littérature indienne - Femmes -Deuil- Famille

 

Publié dans Littérature Asie

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Prévert, inventeur de CAILLEAUX et BOURHIS

Publié le par Hélène

Ce premier tome d'une trilogie s'attache aux années 1920 à 1950 de la vie du célèbre poète. Prévert a 20 ans, il est militaire à Constantinople, puis il rejoint le Paris des années folles et son effervescence intellectuelle. A Montparnasse, il connait la vie de bohème, refusant le travail aliénant. Il partage une colocation avec d'autres artistes, dont Yves Tanguy, ils sont financés par le riche Marcel Duhamel, qui sera plus tard éditeur chez Gallimard et créateur de la Série Noire. Jacques se lie avec les surréalistes, Desnos, Breton, Aragon et lors de leurs soirées alcoolisées, il invente le cadavre exquis.

Leur vie est marquée par une liberté insouciante, puis la politisation de Breton provoque l'éclatement du groupe des surréalistes. Prévert écrit quelques scénarios mais il reste encore en retrait, méconnu, préférant profiter du présent que de s'investir dans un projet quelconque.

« Bourhis : L’idée n’était pas de raconter la vie de « Prévert le poète bien connu », mais de se focaliser sur sa jeunesse. On a souvent l’image d’un Prévert vieux, la clope fatiguée au bec. Ici nous parlons du Prévert dandy, punk avant la lettre, imprévisible, fantasque, et déjà très créatif verbalement. Et comme Christian est au dessin, ça me semblait normal de commencer l’histoire dans un port, celui de Constantinople, où Prévert fait son service militaire de manière tout à fait personnelle. Mais ça je vous laisse découvrir comment. La dernière page de l’album reprend la structure de cette première page, sauf qu’au lieu d’un café turc, c’est un bar Parisien, 10 ans plus tard. Une manière de boucler la boucle de sa vingtaine, la décennie durant laquelle Prévert s’est construit, a mûri, a rencontré les gens qui lui ont donné l’envie d’écrire. »

La mise en scène fluide des auteurs résonne en parfaite adéquation avec la personnalité libre de Prévert. Les bulles éclatent hors cadre, dépassant les limites des cases traditionnelles, à l'image de cet esprit bohème refusant d'être circonscrit. Si, dans un premier temps cette mise en page peut surprendre, elle s'adapte finalement bien au poète.

 

Présentation de l'éditeur : Dupuis

A lire : L'intégrale :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'autres avis : Jérôme

 

Prévert, inventeur de Cailleaux et Bourhis, Dupuis, septembre 2014, 72 p., 30 euros

 

Bd de la semaine Chez Noukette cette semaine !

 

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Courir de Jean ECHENOZ

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ 

Le portrait touchant d'un homme passionné emporté malgré lui dans une course sans fin.

   

L’auteur :

 

Jean ECHENOZ est un écrivain français  Il a publié son premier roman en 1979 et a depuis reçu une dizaine de prix littéraires.

 

L’histoire :

 

Jean Echenoz nous livre un portrait vivant d'Emil Zatopek, l'homme le plus rapide au monde dans les années 50. C'est un homme attachant qui évolue dans le milieu de la course de fond, un peu par hasard dans la Tchécoslovaquie du XXe siècle. L'auteur dresse un portrait touchant et mélancolique d'un homme dépassé par la vie et ses avatars.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le style de Jean ECHENOZ : très minimaliste, il parvient à rendre parfaitement la course effrénée du jeune Emil. Le récit est vivant.

 

- Le portrait émouvant de cet homme. Il s'agit d'un roman basé sur un personnage réel. Si le récit puise ses sources dans la vie réelle d'Emil Zatopek, il n'est pas totalement biographique puisque des zones d'ombres demeurent. Jean Echenoz a épuré le récit de façon à ne garder de la biographie du coureur que les évènements principaux. Nous suivons la trajectoire de cet homme que l’on nommait « la locomotive » avec stupeur et tremblements… Quand va-t-il s’arrêter ? Va-t-il courir toute sa vie au risque de laisser sur le bas-côté un peu de lui-même ? Que va-t-il gagner ? Il ne s’agit pas simplement de trophées dans cette course infernale, mais d’une vie passée à courir presque malgré soi vers on ne sait quel ailleurs idéalement meilleur. Une course contre la montre, une course contre la mort…

 

- Le portrait d’une époque : L'histoire se déroule dans la Tchécoslovaquie communiste des années 40 et 50. Nous suivons donc en toile de fond l'occupation allemande puis la mise en place du régime stalinien à Prague. Emil Zatopek est aux prises avec les instances dirigeantes de son pays qui l'utilisent politiquement avant de l'abandonner quand ses performances ne sont plus aussi brillantes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je n’ai rien à redire.

 

Premières phrases :

 

« Les Allemands sont entrés en Moravie. Ils y sont arrivés à cheval, à moto, en camion, mais aussi en calèche, suivis d’unités d’infanterie et de colonnes de ravitaillement, puis de quelques véhicules semi chenillés de petit format, guère plus. »

  

Vous aimerez aussi :

 

Un soir au club de Christian GAILLY

 

Courir, Jean ECHENOZ , Editions de Minuit, octobre 2008, 13.50 euros

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Le secret du mari de Liane MORIARTY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"La vie nous réserve bien des surprises."

Cécilia a tout de la mère parfaite, épouse accomplie, femme équilibrée. Jusqu'au jour où elle découvre une lettre écrite par son mari et à n'ouvrir qu'après la mort de ce dernier. Après moults hésitations, Cécilia décide d'ouvrir la lettre, mais les révélations qu'elle contient vont irrémédiablement bouleverser sa vie. Rachel, quant à elle, a déjà vu son univers d'écrouler quand elle a perdu sa fille adolescente plusieurs années auparavant. Elle essaie de se reconstruire tant bien que mal, mais apprend soudainement que son petit-fils part vivre loin d'elle, à New York. Enfin, Tess est aussi une femme à la croisée des chemins, elle quitte son mari après avoir appris qu'il est amoureux de sa meilleure amie et revient alors vivre chez sa mère, dans la ville de son adolescence. Ces trois destins de femmes vont se croiser...

Chacune s'interroge sur ces choix qui peuvent bouleverser des vies tant chaque chemin emprunté implique toujours d'autres personnes. Quelle route prendre dans ce cas, faut-il demeurer dans un quotidien relativement sécurisant ou bien accepter de tout remettre en question ? Quel choix est le plus moral ? Chacune apprendra finalement à gagner en souplesse pour mieux s'adapter aux aléas de la vie.

Ce roman très prenant nous emporte sur la voie classique des secrets que le lecteur tente de deviner entre deux phrases, secrets à divulguer ou non. Si le thème est classique, l'intrigue est efficace, les personnages attachants, si bien que le lecteur est rapidement pris dans ces filets mystérieux...

Une très agréable surprise...

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

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