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1199 résultats pour “vie parfaite

Quelqu'un qu'on aime de Séverine VIDAL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Des falaises fragiles, en sursis, voilà ce qu'on est."

Matt a promis à son grand-père atteint des premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer de l'emmener à travers les Etats-Unis sur les traces de son idole Pat Boone, crooner mythique des années 50, concurrent direct de Elvis Presley. Son grand-père avait en effet suivi la tournée du chanteur et Matt pense qu'en revenant sur les pas de cette période heureuse, les souvenirs vont affluer plutôt que refluer.

De fil en aiguille, ils ne seront finalement pas seuls dans leur virée, ils seront accompagnés de Amber, 18 mois, la fille que Matt vient de se découvrir, de Luke, ado en fugue, et d'Antonia, trentenaire prête à changer de vie. Leur road-trip à travers le pays s'annonce rédempteur pour chacun.

"Matt craignait le pire et ce n'est pas ce qui est arrivé. C'est même tout le contraire. A l'horizon il n'y a pas de soleil couchant magnifique, on ne voit pas à cent mètres dans ce chaos glacial, il n'y a rien, rien de ce qu'il avait prévu, rêvé. Mais Matt s'en fout, ce sera ce que ce sera. Et ça sera sans doute pas si mal."

Ce voyage est semé d'aléas, ceux de la vie, jamais totalement linéaire, la vie avec ses joies et ses pleurs. Les personnages comprendront l'importance d'être présents, de vivre ici et maintenant, avant que tout ne s'effrite, avant que la falaise sur laquelle nous nous tenons ne sombre dans une mer déchainée. Nos trajectoires provisoires peuvent nous angoisser, mais elles doivent aussi nous rappeler à accorder le juste prix à chaque étape et chaque rencontre.

Un beau roman profondément humain.

 

Présentation de l'éditeur : Sarbacane

D'autres avis : Babélio

Vous aimerez aussi : La petite voix du coeur de Billie Letts

Site de l'auteur : http://severinevidalmeslivres.blogspot.com/2015/07/quelquun-quon-aime.html

 

Quelqu'un qu'on aime, Séverine Vidal, Editions Sarbacane, août 2015, 288 p., 15.50 euros
 

Dés 13 ans

Merci à ma nièce pour ce beau conseil de lecture !

Publié dans Jeunesse Roman

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Kukum de Michel JEAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Kukum raconte l'histoire d'Amanda Siméon, orpheline qui va partager la vie des Innus du lac Pekualami - le lac saint Jean au Québec - Elle apprend l'existence nomade et s'insère peu à peu dans le clan des Atuk-Siméon aux côtés de son mari Thomas. SI elle connait le bonheur de l'existence nomade en son jeune âge, elle va aussi se heurter à l'extinction de ce mode de vie traditionnel nomade et aux débuts de la sédentarité si peu commune à ces peuples.

En choisissant de décrire la vie de Almanda - l'arrière-grand-mère de Michel Jean, sa "kukum"- de 1877 au XXème siècle, l'auteur épouse ainsi les changements majeurs de l'histoire des Innus et nous les fait vivre de l'intérieur. La volonté d'offrir à ses enfants un éducation à l'école marque les débuts de la sédentarisation puisque cela signifie rester près de ladite école toute l'année. Puis les industriels chassent les Innus du lac en déboisant la forêt pour développer leurs usines de pâte à papier, privant les Innus de leur habitat naturel et de leur identité. Les pensionnats dans lesquels leurs enfants sont envoyés par les autorités canadiennes pour qu'ils apprennent le français sonnent le glas de leur culture puisque là bas, les autochtones doivent gommer tout ce qui fait leur identité, perdre leur langue et s'éloigner définitivement des leurs, et ce quand ils ne sont pas maltraités ou ne meurent pas de la tuberculose. L'alcool prend leur place au sein de la communauté qui a perdu tous ses repères.

"Les Passes-Dangereuses, où mes enfants sont nés, où j'ai élevé ma famille et où Thomas et moi nous sommes aimés si souvent, ont disparu, englouties sous des tonnes d'eau. Sorte d'Atlantide innu, ce lieu n'existe plus que dans les souvenirs des vieux comme moi et il disparaitra pour de bon avec nous. Bientôt. Comme s'effaceront les chemins de portage tracés avec patience par des générations de nomades. Tout ce savoir s'évanouira des mémoires où il vit encore."

Kukum permet de mieux comprendre l'histoire des Innus, il éclaire leurs difficultés d'un halo tragique inconciliable avec le monde qu'on leur propose. Un essentiel !

 

Ce roman vient d'obtenir le prix littéraire France Québec 2020

Présentation de l'éditeur : Editions Dépaysage

Du même auteur : Elle et nous ♥ ♥ 

D'autres avis : Karine ;

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Catégorie Roman d'un auteur autochtone

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Confessions d'un masque de Yukio MISHIMA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Étant enfant, je lisais tous les contes de fées qui me tombaient sous la main, pourtant, je n’ai jamais eu de goût pour les princesses. Je n’aimais que les princes. »

De l'enfance à l'adolescence, le jeune narrateur prend peu à peu conscience de son attirance pour les hommes : quand il se retourne sur les matelots dans la rue, admire les gravures d'art représentant des hommes, ou le corps d'un de ses camarades de classe, il ne peut nier sa préférence. Pourtant, il se contraint à porter un masque, dans une société japonaise des années 30-40 qui refuse l'homosexualité, il essaie de se persuader que son amour pour la belle Sonoko le rapproche de l'hétérosexualité. « A mes yeux, Sonoko apparaissait comme l’incarnation de mon amour même de la normalité, mon amour des choses de l’esprit, mon amour des choses éternelles. » Mais la scission entre sa chair est son âme est bien présente, s'il dit « Mon âme appartenait à Sonoko. », son corps lui, refuse cette pensée. Arrivera le jour où il faudra regarder la réalité en face et assumer...

D'inspiration autobiographique, ce roman s'interroge sur la norme qu'un adolescent distingue mais dans laquelle il ne peut se fondre.
" Dés le début, la vie m’avait écrasé sous un pesant sentiment du devoir. Bien que je fusse de toute évidence incapable d’accomplir ce devoir, la vie me harcelait, me reprochait ce manquement. »

L'intimité du personnage nous plonge dans cette lente prise de conscience aux étapes douloureuses, mais aussi éclairées par ce sentiment d'être différent, plus sensible, plus apte à capter les errances du monde. Le jeune narrateur fait montre d'une acuité psychologique hors normes. Quand on sait que Mishima a porté un masque toute sa vie en se mariant, en ayant des enfants avec une femme malgré ses attirances homosexuelles, et en se donnant finalement la mort de façon spectaculaire, ce récit revêt alors un aspect glaçant.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Retrouvez ce roman dans votre librairie la plus proche

Publié dans Littérature Asie

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Ainsi parlait Rainer Maria RILKE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Il s'agit du 14ème volume de cette collection Ainsi parlait, consacrée à un auteur que l'on découvre par le biais de "Dits et maximes de vie" tirées de son oeuvre et présentées dans l’ordre chronologique de leur date de publication. Cela permet de découvrir un auteur et ses multiples méditations.

Morceaux choisis :

« Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui n’attendent que de nous voir un jour beaux et courageux. Peut-être les choses qui nous effraient sont-elles toutes, au fond, des choses en détresse et qui attendent notre aide »



« Il n’y a rien au monde qu’on puisse imaginer, pas la moindre chose. Tout est fait de quantité de détails uniques qui ne se laissent pas  prévoir. »

« L’art m’apparaît comme l’effort d’un individu, au-delà de l’étroit et de l’obscur, pour trouver une communication avec toutes choses, les plus petites comme les plus grands, et, dans ce continuel dialogue de se rapprocher des sources ultimes ; difficiles à entendre, de toute vie. »

« Que ce soit le chant d’une lampe ou la voix de la tempête, le souffle du soir ou le gémissement de la mer qui t’entoure, toujours veille derrière toi une immense mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle seule, ici et là, ton solo a sa place. »

« Si votre quotidien vous semble pauvre, ne l’accuse pas ; accusez-vous vous-même dites-vous que vous n’êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses. « 

« Etre ici est magnifique. »

« Mais l’existence nous est encore enchantée ; en mille

endroits elle est encore source. Un jeu de forces

pures que nul ne touche s’il ne s’agenouille et n’admire. »

« A travers tous les êtres nous atteint l’unique espace :

l’espace intérieur du monde. Le vol paisible des oiseaux nous traverse. Oh, moi qui veux grandir,

je regarde dehors et c’est en moi que l’arbre grandit. »

 

Présentation de l'éditeur : Editions Arfuyen

 

Publié dans Littérature Europe

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La valse des arbres et du ciel de Jean-Michel GUENASSIA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Vois-tu il est des moments dans la vie, où tout, en nous aussi, est paix et harmonie, et où la vie entière nous paraît un chemin à travers la bruyère." Texte de Vincent 1878

1890 à Auvers sur Oise. Marguerite Gachet, fille du Dc Gachet établi à Auvers, vit entre un père autoritaire et un frère effacé et décalé. Heureusement, elle s'évade en peignant et rêve de partir aux Etats-Unis pour enfin, être libre, loin de ce qui la ramène à terre. L'arrivée d'un nouveau patient du Dc Gachet bouleverse ses plans. En effet, Vincent Van Gogh et sa peinture éblouissante font irruption dans la vie de la jeune femme.

Jean-Michel Guenassia s'est intéressé ici aux deux derniers mois de Vincent Van Gogh, non pas du point de vue de sa peinture, mais de son histoire personnelle. En effet des thèses récentes d'historiens américains ont contesté le suicide de l'artiste, laissant entendre que l'origine de sa mort était à chercher ailleurs. De plus, de nombreux faux ont circulé après sa mort, laissant ainsi l'âme romanesque de l'écrivain s'immiscer dans les brèches de l'histoire fascinante de Van Gogh. Qui était ce docteur Gachet, qui se prétendait ami des impressionnistes ? Pourquoi lui et son fils ont-ils donné autant de vrais que de faux tableaux au musée d'Orsay ? Qui était sa fille Marguerite dont on connait si peu, mais à qui la rumeur prête une relation amoureuse ?

L'écrivain peint donc un Vincent, rejeté, ayant à peine de quoi vivre sommé de demander sans cesse de l'argent à son frère, mais néanmoins, il montre un artiste qui fourmillait de projets. Habité par sa peinture, exalté par ses heures passées à parcourir la campagne, Auvers et sa campagne, il semblait porté par la conviction que ce qu'il peignait était un aboutissement. L'auteur entrecoupe son récit d'articles de presse de l'époque ou d'extraits de lettres de Vincent à Théo, pour mettre en perspective ce destin atypique.

Parallèlement, le lecteur découvre la discrète Marguerite, prise dans les rets de sa condition féminine, promise à un mariage arrangé sans amour, obligée de suivre les hommes dans sa trajectoire.

Une belle lumière s'échappe de ces pages, illuminant le destin de ces êtres d'un nouvel éclairage étonnant.

Une belle découverte !

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

 

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Rivage de la colère de Caroline LAURENT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"L'existence n'était rien d'autre que ça, une succession de vérités et de mensonges qui pouvaient faire basculer votre vie sur un mot, un cri, un silence."

Marie-Pierre Ladouceur vit sur l'île de Diego Garcia, dans l'archipel des Chagos, dans l'océan indien. Elle élève seule sa fille, et se réjouit du futur mariage de sa soeur. Sa vie connait un tournant quand elle rencontre et est conquise par Gabriel, un jeune Mauricien venu de la ville pour travailler aux côtés de l'administrateur de l'île, dépendance de Maurice.

En 1967 l'île accède à l'indépendance, mais l'archipel des Chagos est vendu aux Britanniques, qui décident d'évacuer les habitants vers Maurice pour établir en lieu et place de leur habitat une base militaire. Les îlois sont alors contraints de quitter l'île, alors qu'ils n'ont jamais connu d'autre vie, pour se rendre à Maurice, loin de leurs racines. Marie-Pierre fait partie de ces personnes démunies que l'on chasse honteusement, sans aucune possibilité de se défendre, la plupart des chagossiens étant analphabètes, donc vulnérables "et c'étaient les puissants eux-mêmes qui les avaient empêchés d'accéder au savoir." Elle est d'autant plus choquée que Gabriel a eu un rôle à jouer dans ces décisions...

L'autrice connaissait cette histoire par sa mère mauricienne, et a souhaité transmettre ce combat, après s'être documentée longuement sur le sujet. Elle a choisi d'incarner des personnages fictifs pour offrir un souffle romanesque puissant à son roman, ce souffle qui secoue le lecteur et l'emporte aux côtés des chagossiens.

Aujourd'hui, le drame est toujours en jugement devant la Cour Internationale de Justice de La Haye, porté par ce terrible constat : "Si les Chagossiens avaient été blancs, jamais ils n'auraient été chassés de cette façon."

Un des meilleurs romans que j'ai pu lire cette année !

 

Présentation de l'éditeur : Pocket

Publié dans Littérature Afrique

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Rentrée littéraire 2017

Publié le par Hélène

Bakhita de Véronique Olmi

Présentation de l'éditeur : Enlevée à sept ans dans son village du Darfour, Bakhita a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion. Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.

Mon avis : Par la puissance de son écriture, Véronique Olmi nous transporte aux côtés de cette éternelle enfant traversant des épreuves innommables, cette enfant qui, même adulte, donne l'impression de garder intact en elle cette candeur insouciante connue avant ses sept ans, ne comprenant pas bien le monde qui l'entoure, mais gardant la foi en l'amour et en la générosité envers et contre tout. L'auteure ressuscite cette magnifique Bakhita canonisée en l'an 2000 par le pape Jean-Paul II, et lui offre en cadeau ses mots bouleversants, qui l'inscrivent une nouvelle fois dans l'éternité de l'humanité.

Légende d'un dormeur éveillé de Gaëlle NOHANT

Présentation de l'éditeur : Du Montparnasse des années folles au Paris de l’Occupation, Gaëlle Nohant ressuscite un héros incandescent, généreux et libre. Ses amis s’appelaient Jacques Prévert, Louis Aragon, Jean-Louis Barrault ou Pablo Neruda. Poète, amoureux, résistant, féroce et blagueur, il croquait la vie, aimait Youki et la liberté à en mourir. 

Mon avis : Sous la plume talentueuse de Gaëlle Nohant, le personnage prend vie et toute l'époque s'agite à ses côtés, créant un tableau vivant et passionnant. Un très bel hommage rendu à ce grand poète !

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Une heure de jour en moins de Jim HARRISON

Publié le par Hélène

                                          

♥ ♥ ♥ 

« La journée était si suave et belle

Que je n’ai pensé à rien.

J’ai perdu la tête. »

 

L’auteur :

 http://jimharrison.free.fr/Biographie.htm

 

 Présentation :

 

 On ne présente plus Jim Harrison, écorché vif dans un corps de grizzly des montagnes, l'un des plus grands écrivains américains contemporains. On connaît moins le Jim Harrison poète. C'est chose faite grâce à ce recueil réunissant des poèmes inédits écrits entre 1965 et 2010, dans lequel Harrison, poète contemplatif à la fois mélancolique et brutal, se fait le chantre vagabond et universel de l'Amérique profonde et des vastes étendues sauvages. Dans Une heure de jour en moins, Jim Harrison, plus virtuose et truculent que jamais, joue avec les formes, les influences et les cultures, rendant au passage un vibrant hommage à ses maîtres, Antonio Machado, René Char et César Vallejo.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Jim Harrison poète n'est pas loin de Jim Harrison romancier. Ses grands thèmes traversent ses vers comme ils structurent sa vie.

La nature est au centre des poèmes, matrice et élément auquel l'homme torturé revient toujours pour se recentrer, retrouver ses valeurs et se reconnaître en tant qu'homme. Elle coule dans l'eau des rivières, elle chante et enchante à travers le chant des oiseaux, elle crie le mal-être et la violence avec les coyotes, elle nous rappelle à l'ordre et recentre l'homme au sein d'un univers plus large.

  « Issu de presque rien, de rien de

Tangible, nous retournons tels de vieux

Enfants au grand rien,

Le chant de l’homme et de l’eau allant à l’océan." (p. 191)

 

« J’espère définir ma vie, ce qu’il en reste,

Par des migrations, au sud et au nord avec les oiseaux

Loin de la fièvre métallique des horloges,

Le soi fixant l’horloge et disant « Je dois faire cela".

Je ne vois pas le temps sur la langue de la rivière

Dans l’air frais du matin, l’odeur fermentée

De la végétation, la poussière sur les parois du canyon,

Les hirondelles plongeant vers l’eau vive parfumée. » (p. 151)

       

« Dans la péninsule Nord du Michigan

Et les montagnes de la frontière mexicaine

J’ai suivi l’appel d’oiseaux

Inexistants dans des fourrés

Et des canyons. Je ne suis pas sûr

D’en être revenu indemne. » (p. 210)

 Les indiens que Jim Harrison admire tant l'ont compris bien avant lui, comme ce vieil homme indien ojibway qui lui donne des conseils :

 « Quand tu te balades dans l ‘arrière-pays, va où tu dois aller, et marche comme un héron ou une grue des sables. Il ne leur manque rien. (…) Pense à ton esprit comme à un lac. Renonce à la moitié de l’argent que tu gagnes si tu ne veux pas devenir une mauvaise personne. Les nuits de pleine lune, tâche de marcher aussi lentement qu’une moufette. » (p. 158)

Jim Harrison chante et enchante le monde grâce au pouvoir millénaire de la création. Il chante la vie qui court, il chante la joie de partager son coeur avec ses lecteurs, il chante comme un besoin inhérent à sa condition d'artiste...

      « Au réveil d’une sieste j’ai su en un instant

Que j’étais en vie. C’était stupéfiant,

Presque effrayant. Emotion et sensations

Me submergeaient. Cela ne m’était jamais arrivé.

Sur une chaise bleue dans un pré j’ai réappris

Le monde. » (p. 211)

  Ses poèmes sont un véritable sésame à son oeuvre et à l'homme, il s'y met à nu et nous livre le plus beau des chants d'amour et de vie...

« J’ai gâché trop de clairs de lune.

Cœur battant. Je n’en gâcherai plus,

La Lune harcelée de nuages file vers l’ouest

En son arc impondérable, piégée une demi-

Heure parmi les feuilles mouillées de la vasque

Aux oiseaux. » (p. 76)

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Le recueil rassemble des poèmes écrit de 1965 à 2010, et j'avoue avoir un faible pour les plus récents...

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Grand maître de Jim HARRISON

 Autre :  Poésie étrangère

 

Une heure de jour en moins, Jim Harrison, traduit de l’anglais (EU) par Brice Matthieussent, Flammarion, 2012, 221 p., 19 euros

 

 

Publié dans Poésie étrangère

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Les choses de Georges PEREC

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 Georges Perec naît à Paris de parents juifs polonais, tous deux décédés durant la Seconde Guerre mondiale: son père au front en 1940, sa mère déportée à Auschwitz en 1942. Georges Perec passera son enfance entre Paris et le deux V entrelacés de W ou le Souvenir d’enfance, Villard-de-Lans et Lans-en-Vercors. Après des études de lettres, où il rencontre Marcel Bénabou, il devient documentaliste au CNRS et publie ses premiers articles dans Partisans. Il publie son premier roman, Les Choses, en 1965. Ce roman « sociologique » de facture flaubertienne est couronné par le prix Renaudot. En 1966, il publie un bref récit truffé d’inventions verbales, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour?, et entre l’année suivante à l’Oulipo, dont il devient l’une des figures majeures. Il expérimente toutes sortes de contraintes formelles : La Disparition (1969) est un roman écrit sans la lettre e (lipogramme) ; Les Revenentes (1972), où la seule voyelle admise est le e. Son roman le plus ambitieux, La Vie mode d’emploi (prix Médicis 1978), est construit comme une succession d’histoires combinées à la manière des pièces d’un puzzle, et multiplie les contraintes narratives et sémantiques. L’œuvre de Perec s’articule, semble-t-il, autour de trois champs différents : le quotidien, l’autobiographie, le goût des histoires. Le jeu est toujours présent, tout comme la quête identitaire, et l’angoisse de la disparition. (Source : Oulipo.net)

 

L’histoire :

 La vie quotidienne d'un jeune couple des années soixante issu des classes moyennes, l'idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible - car il est lié aux choses que l'on acquiert, il est asservissement aux choses. (Source : Julliard)

 

Ce que j’ai aimé :

 Les choses nous conte le destin de deux êtres englués dans la société de consommation. Ils pensent que les objets dont ils s'entourent et dont ils rêvent pourront leur permettre de se rélaiser dans la vie. Ils s'emplissent de désirs factices, pour combler un vide latent. Cinquante ans plus tard, ce sujet n'a pas pris une ride, malheureusement pourrait-on dire. Posséder est toujours le maître mot.

« Dans le monde qui était le leur, il était presque de règle de désirer toujours plus qu’on ne pouvait acquérir. Ce n’était pas eux qui l’avait décrété ; c’était la loi de la civilisation, une donnée de fait dont la publicité en général, les magazines, l’art des étalages, le spectacle de la rue, et même, sous un certain aspect, l’ensemble des productions communément appelées culturelles, étaient les expressions les plus conformes. »

Les deux êtres semblent bien décidés à garder leur liberté, à se tenir en marge de la société, mais ils ne se rendent pas compte que cette liberté n’est que factice et que consommer les aliène.

« Ils se disaient parfois que la vie qu’ils mèneraient aurait le charme, la souplesse, la fantaisie des comédies américaines, des génériques de Saül Bass, et des images merveilleuses, lumineuses, de champs de neige immaculé striés de traces de skis, de mer bleue, de soleil, de vertes collines, de feux pétillant dans des cheminées de pierre, d’autoroutes audacieuses, de pullmans, de palaces, les effleuraient comme autant de promesses. »

Un classique à redécouvrir.

A noter une nouvelle édition  : une création numérique originale enrichie d'animations graphiques, sonores et typographiques.

http://www.lepoint.fr/livres/lifting-2-0-pour-georges-perec-28-11-2013-1762683_37.php

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien

 

Premières phrases :

 « L’œil, d’abord, glisserait sur la moquette grise d’un long corridor, haut et étroit. Les murs seraient des placards de bois clair, dont les ferrures de cuivre luiraient. Trois gravures, représentant l’une Thunderbird, vainqueur à Epsom, l’autre un navire à aubes, le Ville-de-Montereau, la troisième une locomotive de Stephenson, mèneraient à une tenture de cuir, retenue par de gros anneaux de bois noir veiné, et qu’un simple geste suffirait à faire glisser. »

 

Vous aimerez aussi :

  Du même auteur : La vie mode d'emploi

 

Les choses, une histoire des années soixante, Georges Pérec, Pocket, 6.10 euros

 

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Grand maître de Jim HARRISON

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

  

L’auteur :

 Scénariste, critique gastronomique et littéraire, journaliste sportif et automobile, Jim Harrison, né dans le Michigan, décide de devenir écrivain à l'âge de douze ans.

D'abord enseignant à l'Université de New York, il retourne dans sa région natale et connaît ses premiers succès avec sa poésie, puis bifurque vers le roman.
Depuis, il a publié quatre recueils de nouvelles, sept de poésie, sept romans et une autobiographie, En marge.

Lauréat de multiples prix, ses livres ont été adaptés à plusieurs reprises au cinéma : Vengeance (Revenge) (1990), de Tony Scott, Wolf (1994), de Mike Nichols, Légendes d'automne (Legends of the Fall) (1994), d'Edward Zwick. (Source : babélio)

 

L’histoire :

Sur le point de prendre sa retraite au terme d’une longue carrière dans la police du Michigan, l’inspecteur Sunderson enquête sur une secte hédoniste qui a pris ses quartiers à quelques kilomètres de chez lui. Simple hurluberlu inoffensif au premier abord, le gourou se fait appeler Grand Maître. Au fil de leurs recherches, Sunderson et son improbable acolyte de seize ans, Mona, découvrent un personnage bien plus sinistre qu’il n’y paraît. Lui-même poursuivi par ses propres démons, imbibé d’alcool et obsédé par les femmes, Sunderson traque sa proie des bois du Michigan jusqu’à une petite ville d’Arizona qui fourmille de criminels transfrontaliers, avant d’atterrir dans le Nebraska, où les adeptes du Grand Maître espèrent s’établir pour de bon. Un chef-d’œuvre tragicomique, étincelant d’humour et de désespoir. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Sunderson est un homme à l’automne de sa vie, soudain désoeuvré sans le travail qui régissait sa vie à tel point qu’il lui a fait perdre sa femme. (« Elle lui avait dit : « Ta profession consiste à découvrir ce qui cloche et tu l’exerces depuis si longtemps que tu n’es plus capable de voir ce qui va bien dans la vie. » » (p. 149)) Sunderson, rattrapé par son vieil insctinct de flic décide de mener une dernière enquête en neutralisant le chef d’une secte soupçonné de détournement de mineures. Il traque l’homme aidé par sa jeune et affriolante voisine, elle-même mineure, Mona.  Mais au-delà de cette dernière mission, il va surtout apprendre à s’adapter  sa nouvelle vie et aux plaisirs assouvis ou fantasmés qui emplissent désormais exclusivement son univers. Il va apprendre à aimer la liberté en jouissant des plaisirs simples de la vie : une boisson fraîche et alcoolisée, un bon repas et une belle partie de jambes en l'air... 

 «Il dormit les deux premières heures et se réveilla avec l’étrange impression  d’avoir été écrabouillé, une sensation tout à fait nouvelle, pas exactement comme un animal écrasé sur la route, plutôt comme un homme dont les contours ont été brouillés, dilués par la perte de la profession qui le définissait jusque là. (…) Il n’était plus personne, mais il était libre. » (p. 61)

 Sa quête de Dwight est plus une dernière errance dans les antichambres de la violence et de l’immoralité qu’une véritable enquête. Grand maître n’est pas un roman policier, il est un roman su un homme qui tourne une page et apprend à apprivoiser sa retraite. 

 « Je viens de feuilleter The Practice of the Wild de Gary Snyder et d’y lire : « La marche est l’équilibre exact entre l’esprit et l’humilité. » Je ne suis pas sûr de bien piger ce qu’il veut dire, mais au cours d’une marche de deux ou trois heures la première demi-heure est saturée de banalités mentales sans intérêt, puis on émerge soudain dans le paysage et l’on est simplement un bipède humanoïde qui avance dans les collines et les forêts enneigées, ou le long des plages gelées du lac Supérieur. On n’essaie même pas de comprendre cet immense plan d’eau, car on n’est pas censé le faire. » (p.284)

  

Ce que j’ai moins aimé :

 Quelques longueurs.

 Premières phrases :

« L’inspecteur Sunderson marchait à reculons sur la plage en jetant parfois un regard derrière lui pour s’assurer de ne pas trébucher sur un bout de bois. Le vent du nord-ouest soufflait sans doute à plus de cinquante nœuds, et le sable lui piquait le visage et lui brûlait les yeux. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Dalva

   D’autres avis :

 Presse : Le Figaro ; Le Monde ; Les Echos 

  

Grand maître, Jim Harrison, traduit de l’anglais (EU) par Brice Matthieussent, Flammarion, septembre 2012, 342 p., 21 euros

dialogues-croises

  challenge rentrée littéraire 2012

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