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1199 résultats pour “vie parfaite

Espaces sauvages de Jim FERGUS

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

L'auteur :

 

Né à Chicago en 1950, d'une mère française (aristocrate originaire de Bourgogne) et d'un père américain, Jim Fergus est chroniqueur dans de nombreux journaux américains. Passionné par l'histoire des Indiens d'Amérique, il avait depuis toujours le projet d'écrire une biographie de Little Wolf. Afin de trouver matière à son livre, il s'est beaucoup documenté et a silloné le Middle West, de l'Oklahoma au Montana, seul pendant plusieurs mois, sur les pistes des Cheyennes. À partir d'un fait authentique, Jim Fergus a imaginé le journal d'une des femmes qui ont été données en mariage aux Indiens en 1875. Mille femmes blanches (2000), son premier roman, qui a obtenu le prix du premier roman étranger, La fille sauvage (2004) et Marie blanche (2011) ont paru au Cherche Midi. (Présentation de l'éditeur)

Retrouvez l'auteur sur son site : www.jimfergus.com

 

L'histoire :

 

C'était le rêve d'un petit garçon du Midwest.

Ce rêve, trente ans plus tard, Jim Fergus l'a réalisé : cinq mois de chasse itinérante sur le continent nord-américain. 30 000 kilomètres, 24 États – du Maine au Montana, en passant par New York et la Floride –, avec son truck, son fusil et son chien Sweetzer, ainsi que tous les anonymes, écrivains et passionnés croisés au fil de la route.

Entre forêts, marais, dinerset bivouacs, Jim Fergus nous entraîne dans une balade sauvage qui révèle « le vrai monde derrière l'Amérique »... (Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

 

Contrairement aux apparences, ce livre n'est pas un livre sur la chasse mais plus sur le charme des rencontres, les contrées traversées, la chasse n'étant au final qu'un prétexte pour gouter à la "vie sauvage". Paradoxalement aussi, c'est cette même chasse qui permet une harmonie avec la nature  et avec les oiseaux.

 

« Je ne vois aucune raison de m'excuser d'être un chasseur, particulièrement à notre époque. Peut-on éprouver pareil émerveillement – fait de douceur et de mystère – devant des aliments sous film en barquette de polystyrène ? Ou devant les blancs de poulet sans os ni peau qu'on trouve aux étals de boucherie de son supermarché ? » (p. 40)

 

« Ce sont les chasseurs qui accordent une certaine valeur à ces oiseaux et sans cela il n'y en aurait plus, explique Gulion, qui était chercheur dans ce milieu depuis suffisamment longtemps pour avoir compris les réalités de la gestion de la vie sauvage. Sans l'intérêt qu'ils leur portent et la valeur économique qui en résulte, il n'y aurait aucune raison de faire des concessions aux pratiques habituelles de gestion de la forêt. J'espère que les forces anti-chasse ne finiront pas l'emporter, car je vous garantis que ce sera alors le déclin de toute vie sauvage. Il est important que les gens comprennent ça. » (p. 149)

 

Jim Fergus bouscule donc les idées reçues sur la chasse pour nous conter ses pérégrinations à travers différentes régions, en amoureux absolu de son pays et ce cette nature qu'il souhaite protéger et louer.

 

Les recettes en fin de chapitre font saliver et sont comme le point d'orgue des récits et de la philosophie de l'auteur : il prône une vie simple, harmonieuse, comblée par un bon repas, une belle promenade et des rencontres amicales. What else ?

 

« Bécassine grillée

Griller les oiseaux sur des braises de charbon de bois, pendant 6 à 8 minutes. Les retourner fréquemment pendant la cuisson en les arrosant de beurre fondu ou d'huile d'olive mélangée de sauce Worcester, de poivre et de jus de citron. »

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

Un peu répétitif et lassant.

 

Premières phrases :

 

« Je ne peux pas vous dire ce qui fait d'un homme un chasseur. Mai si je peux vous révéler comment tout s'est passé pour l'un d'entre eux.

Tout a commencé quand j'étais un petit garçon grandissant dans un faubourg du Midwest. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Mon Amérique de Jim FERGUS

Autre : les romans de Jim Harrison

 

D'autres avis :

 

Babélio

 

Espaces sauvages, Voyage à travers les États-Unis avec un chien et un fusil, Jim Fergus, traduit de l'américain par Nicolas DE TOLDI, Pocket, octobre 2013, 7,8 euros

Publié dans Récits de voyage

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Persuasion de Jane AUSTEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Jane Austen est l'avant-dernière et deuxième fille d'une fratrie de huit enfants. Son père, George Austen, est pasteur ; sa mère, Cassandra Austen née Leigh, compte parmi ses ancêtres sir Thomas Leigh qui fut lord-maire au temps de la reine Elisabeth. Les revenus de la famille Austen sont modestes mais confortables ; leur maison de deux étages et un grenier, le Rectory, est entourée d'arbres, d'herbes ainsi que d'une grange.
En 1782, Cassandra et Jane (sa sœur) furent envoyées à l'école, d'abord à Oxford, puis à Southampton, enfin à l'Abbey School de Reading.  Son éducation fut brève, et en retournant à sa maison elle dut la terminer grâce à la bibliothèque paternelle et aux conversations familiales. C'est à ce moment qu'elle commença à écrire. Elle vécut une relation amoureuse douloureuse. Puis dut affronter la mort de son père. Elle travailla ses textes avec acharnement malgré la maladie (qui l'emporta jeune). Elle laissa des romans comme: Raison et Sensibilité, Orgueil et Préjugés, Emma, Mansfield Park, Northanger Abbey... (source : Babélio)

 

L’histoire :

L'histoire

 Depuis quand une jeune fille a-t-elle besoin qu'on lui dicte sa conduite ? Si elle s'est laissé persuader trop jeune de rompre ses fiançailles, Anne Eliott n'est plus dupe. Et lorsque son ancien amant réapparaît, auréolé de gloire, l'heure n'est pas à l'indécision. Pour Anne, il est temps de faire fi des convenances et de la vanité de son entourage !

« À lire yeux baissés et genoux serrés pour goûter en secret le délicieux plaisir de la transgression des interdits. »

Anne Barbe, Libération (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Persuasion : influence d’une pensée sur une autre.

Le mot désigne ici l’acte de conseillère de Lady Russell sur Anne : dans sa prime jeunesse la discrète Anne s'est laissée convaincre de rompre ses fiançailles alors qu'elle était très amoureuse de son fiancé. Avec les années, elle s'est flétrie, en gardant toujours en une page de son coeur ce bel et intelligent marin qui avait fait son bonheur. Aussi, quand il réapparaît dans son environnement proche, se repose la question de ses choix passés.

 Cette histoire d'amour entre deux héros désignés dés le début est surtout prétexte pour Jane Austen à s'interroger sur les travers de son époque.

En plongeant dans la psychologie de la jeune Anne et dans la société du XIXème, elle met à jour des questions qui demeurent universelles. Elle lance ainsi la question du devoir : faut-il obéir ou se risquer à dire non ? Question centrale pour Anne qui se rendra vite compte que c'est finalement la vie qui nous apprend à savoir agir. Pour Jane Austen par la vie qu’on a vécu, on apprend à diriger son destin. Le contexte natal  et social influe sur la personnalité, tout  se construit par des choses qui nous conditionnent, la vie quotidienne nous façonne. La société pèse comme un poids sur le comportement de l'individu qui doit par la force de son intériorité, se battre avec patience et modestie pour atteindre son objectif. Entre raison et sensibilité, les personnages de Jane Austen apprennent à faire des choix, à réfléchir sur eux-mêmes et à savoir juger l'autre avec justesse. 

La mer est ici comme une métaphore des risques et des incertitudes inhérents à la vie. Un monde trouble dans lequel Jane Austen navigue avec finesse et intelligence.


Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« Sir Walter Elliott, du château de Kellynch, en Somerset, était un homme qui, pour se divertir, ne prenait jamais d’autre livre que le Baronnetage ; c’est à qu’il trouvait l’occupation d’une heure de loisir et la consolation d’une heure d’affliction : c’est là qu’il s’élevait à l’admiration et au respect en contemplant les restes limités des anciens titres, c’est là que toute sensation fâcheuse due à des ennuis domestiques se transformait naturellement en pitié et en mépris. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Orgueil et préjugés

Autre : Jane Eyre de Charlotte BRONTE

 

D’autres avis :

 

Télérama

Papillon


 

 Sur son adaptation : télérama 

 

 

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Persuasion, Jane Austen, traduit par ANdré Belamich, 10/18, 7.10 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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S’abandonner à vivre de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

                                    

♥ ♥

L’auteur :

Sylvain Tesson est un journaliste, écrivain voyageur et alpiniste français. Ses expéditions sont financées par la réalisation de documentaires, par des cycles de conférences et par la vente de ses récits d'expédition, qui connaissent un certain succès.

L’histoire :

Devant les coups du sort il n’y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l’on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s’abandonne à vivre. C’est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.

Ce que j’ai aimé :

La quatrième de couverure est formulée de façon ambivalente : comme si on avait seulement le choix entre vivre et prendre des coups, ou rester dans son lit, pour "s'abandonner". Vision plutôt pessimiste de la vie qui pourtant n'est pas le fond du propos des nouvelles de Sylvain Tesson. 

Ce dernier nous présente le pofigisme  «l'accueil résigné de toute chose » :

« Ce mot russe désigne une attitude face à l’absurdité du monde et à l’imprévisibilité des évènements. Le pofigisme est une résignation joyeuse, désespérée face à ce qui advient. Les adeptes du pofigisme, écrasés par l’inéluctabilité des choses, ne comprennent pas qu’on s’agite dans l’existence. Pour eux, lutter à la manière des moucherons piégés dans une toile d’argiope est une erreur, pire, le signe de la vulgarité. Ils accueillent les oscillations du destin sans chercher à entraver l’élan. Ils s’abandonnent à vivre. » (p. 201)

Ainsi ses personnages ont souvent tendance à lutter contre les éléments, comme dans « Le barrage », symbole des hommes qui luttent contre le courant, détournent des fleuves et détruisent ce qui est :

« Sous le miroir avait vécu un monde, des plantes, des hommes. Des Dieux peut-être. Tout était mort. » (p. 32)

Dans « L’ennui », une femme russe se marie à un français pour fuir l’ennui de sa vie, mais retrouve malheureusement les mêmes travers dans sa nouvelle vie en France. Elle aura voulu changer le cours de son destin en vain. 

AInsi la question est posée : faut-il ébranler le mystérieux équilibre du monde ? ("Les pitons")

Quelquefois faire chuter ce qui est permet d'apporter un peu de bonheur aux personnages, comme dans cette magnifique nouvelle « La ligne » nous contant l'expédition de deux hommes dans le froid sibérien pour faire chuter un arbre.

Sylvain Tesson ouvre des voies de réflexion, observateur du monde il s’interroge sur lui et sur les différentes façons qu’ont les êtres humains de l’appréhender. Mais il ne répond pas aux questions qu’il pose, à la manière de Montaigne, il s’essaie à différentes philosophies au travers d’anecdotes tirées de son expérience personnelle.

Il nous enjoint finalement à nous ouvrir au monde, sa nouvelle finale « Les fées » résume son propos : il vaut mieux accepter ce qui arrive sans a priori et s’ouvrir ainsi à la poésie du monde et à sa magie imprévisible...

Ce que j’ai moins aimé :

Malheureusement de nombreuses nouvelles m’ont semblé manquer cruellement d’inspiration. Comme celle sur un immigré clandestin, linéaire, celle sur l’amant dans le placard revisité, celle sur les amants incompatibles, celle sur l’ermite, etc…

Premières phrases :

« Rémi et Caroline ? Des Parisiens de quarante ans du genre de ces héros de roman écrits par des Parisiens de quarante ans. Je les ai connus tous les deux, bien avant leur rencontre, avant que tout le monde ne prenne l’habitude de dire « Rémi et Caroline », de ne jamais dire « Rémi » sans a jouter « Caroline ni de prononcer le nom de « Caroline » sans y associer « Rémi ». «Rémi & Caroline », ça aurait fait un bon nom de restaurant bio. »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Une vie à coucher dehors  ; Dans les forêts de Sibérie  Géographie de l’instant 

 

S’abandonner à vivre, Sylvain Tesson, Gallimard, 2014, 220 p.,  17.90 euros

 

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Fêtes galantes de Paul VERLAINE

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥ ♥

Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

Mon avis :

Dans ce second recueil, Verlaine s'inspire des fêtes galantes du XVIIIème siècle. Les fêtes galantes évoquent l'insouciance, la frivolité du XVIIIème entre badinage amoureux, recherche avide du bonheur et du plaisir. Mais ces fêtes sont un leurre de la grande comédie de la vie : le monde féérique n'est qu'un mirage, l'amour une mascarade et la vie un artifice davantage joué que rééellement vécu. 

          

Ses poèmes penchent quelquefois vers le Parnasse qui affirme le primat absolu de la forme plutôt que toute volonté de délivrer un message politique ou de formuler des confidences personnelles. Verlaine a foi en l'existence d'un monde spirituel en route vers un ailleurs plus beau aux accents baudelairiens. Il se réfugie dans des légendes, dans le passé, dans le libertinage du XVIIIème. Il témoigne ainsi d'un penchant pour les ruines et les cloitres, les cimetières et autres lieux solitaires qui expriment l'angoisse romantique de cette génération face à la fuite du temps et à la fragilité de la vie humaine. Il nourrit le rêve nostalgique d'un monde ancien aussi romantique. 

De nouvelles conceptions du rythme et de l'harmonie voient le jour, dans la mouvance du mouvement symboliste : le symbole moitié visible d'une réalité supérieure est à découvrir. Des "correspondances" relient les choses entre elles par les liens secrets. 

Promenade sentimentale

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l'étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j'errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l'épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et les nénuphars, parmi les roseaux,
Les grands nénuphars sur les calmes eaux.

Initium

    Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtes
    Et le bal tournoyait quand je la vis passer
    Avec ses cheveux blonds jouant sur les volutes
    De son oreille où mon Désir comme un baiser
    S'élançait et voulait lui parler, sans oser.

    Cependant elle allait, et la mazurque lente
    La portait dans son rhythme indolent comme un vers,
    - Rime mélodieuse, image étincelante, -
    Et son âme d'enfant rayonnait à travers
    La sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts.

    Et depuis, ma Pensée - immobile - contemple
    Sa Splendeur évoquée, en adoration,
    Et dans son Souvenir, ainsi que dans un temple,
    Mon Amour entre, plein de superstition.

    Et je crois que voici venir la Passion.

L'amour par terre

Le vent de l'autre nuit a jeté bas l'Amour

Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,

Souriait en bandant malignement son arc,

Et dont l'aspect nous fit tant songer tout un jour !

Le vent de l'autre nuit l'a jeté bas ! Le marbre

Au souffle du matin tournoie, épars. C'est triste

De voir le piédestal, où le nom de l'artiste

Se lit péniblement parmi l'ombre d'un arbre,

Oh ! c'est triste de voir debout le piédestal

Tout seul ! Et des pensers mélancoliques vont

Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond

Évoque un avenir solitaire et fatal.

Oh ! c'est triste ! - Et toi-même, est-ce pas ! es touchée

D'un si dolent tableau, bien que ton oeil frivole

S'amuse au papillon de pourpre et d'or qui vole

Au-dessus des débris dont l'allée est jonchée.

 

Exposition : 

Au Musée Jacquemart André

 

Publié dans Poésie française

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Sur les jantes de Thomas MCGUANE

Publié le par Hélène

                                              sur les jantes

          

    ♥ ♥

 « Chacun doit savoir réexaminer sa vie et se demander quelles grosses erreurs il a commises. » (p. 397)

      

L’auteur :

 

Thomas McGuane est né de parents irlandais catholiques qui avaient déménagé du Massachusetts vers le Midwest. Son éducation primaire comprend des études à la Cranbrook Kingswood School, dont il obtient le diplôme en 1958, mais aussi le travail dans un ranch du Wyoming, la pêche et la chasse un peu partout.

 

Il commence à se consacrer sérieusement à l’écriture vers l’âge de 16 ans. Il étudie à la Michigan State University, où il rencontre son ami de longue date, Jim Harrison. À l’université Yale, il étudie l’écriture théâtrale et dramatique, et une bourse de la Wallace Stegner Fellowship pour l’université Stanford (1966-67) lui fournit le temps et les ressources pour finir son premier roman publié, The Sporting Club.

 

Il vit maintenant dans le Montana avec sa femme Laurie, dans un ranch situé au pied des montagnes Absaroka. Il y élève du bétail, ainsi que des chevaux de ranch, de course et de rodéo. Il a, par ailleurs, été trois années consécutives champion de rodéo du Montana.

Après de nombreuses expériences d'écriture pour Hollywood (The Missouri Breaks, Rancho Deluxe, Tom Horn...), McGuane a abandonné toute collaboration avec le cinéma pour se consacrer à la littérature. Ses principaux textes parus en France sont L'homme qui avait perdu son nom, Rien que du ciel bleu et La source chaude. (Source Babélio)

 

L’histoire :

 

Médecin à Livingston, une petite ville du Montana, Berl Pickett aurait pu mener une vie sans histoire. C'était compter sans les rencontres mémorables et les nombreux écueils qui ont marqué son existence. Poursuivi par la calomnie et abandonné de presque tous ses proches, il se voit contraint de renouer avec son activité antérieure de peintre en bâtiment. Son temps, désormais plus libre, lui laisse tout loisir de se remémorer les événements qui ont rythmé son passage à l'âge adulte.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Berl est un être errant, éternel adolescent romantique et idéaliste, qui n’a pas encore tout à fait coupé les liens du cordon ombilical et qui se laisse porter par le rythme lancinant de l’univers. Il ne cherche pas à aller à l’encontre des évènements, ni à leur rencontre, et souvent, quand il pense mener enfin les brides de sa vie dans la bonne direction, il se fourvoie dans des chemins de traverse. Il est un être humain qui essaie au mieux de mener sa barque dans l’immensité mouvante des évènements.

 

« Je me dis que si je pouvais revivre toutes les forces qui avaient agi sur ma vie – mes parents, ma tante nymphomane, le Dr. Olsson, mes professeurs, mes avocats, collègues, voisins, Jocelyne, même mes patients, mes rêves les plus fous, mon amour de la terre, mes érections les plus fortuites, mes tentatives d’aller à l’église, et mon travail -, par déduction, je finirais par savoir qui j’étais. J’avais volontairement laissé Jinx hors de cette liste, parce que, pour l’y inclure, il m’aurait fallu sortir de l’ombre de toutes ces choses qui me disaient ce que j’étais pour tenter d’en émerger comme un véritable être humain. » (p. 482)

 

Les seuls moments de pause et de rédemption sont ceux passés au cœur d’une nature sauvage qui ne réclame rien. Ces pages sont l’occasion de descriptions des paysages lyriques magnifiques, qui contrastent avec le monde étriqué de cette petite ville de province dans laquelle tout le monde juge, espionne, se trompe.

 

Un beau roman sur la recherche de soi et le passage à la maturité.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Les errances psychologiques du narrateur, appelant à lui de multiples souvenirs, digressions, créent une œuvre longue, lente, à laquelle il faut s’accrocher pour espérer toucher à sa fin.

 

Premières phrases :

 

« Je suis Berl Pickett, le Dr. Berl Pickett. Mais je signe chèques et documents « I.B. Pickett », et il faut sans doute que je m’explique. Ma mère, une femme énergique qu’il en fut, ardente patriote et chrétienne évangélique, choisit mes prénoms en l’honneur du compositeur de God Bless America. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La source chaude

Autre : Mr.Peanut d’Adam ROSS 

  

D’autres avis :

 

Presse : le Monde , Les Echos 

  

Sur les jantes, Thomas MCGUANE, Traduit de l’anglais (EU) par Marc Amfreville, Christian Bourgois Editeur, 2012, 494 p., 23 euros

 

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L’aiguillon de la mort de SHIMAO Toshio

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« L’eau qui a été renversée une fois ne retourne plus jamais au récipient. » (p. 17)

 

L’auteur :

 

Shimao Toshio (1917-1986) sera confronté à la mort en 1944 en qu'officier de commando kamikaze, une expérience qui sera à la source de nombreux romans qu'il écrira après la guerre. Mais la folie qui s'empare de sa femme lorsqu'elle découvre son infidélité le conduira à écrire L'Aiguillon de la mort, long roman autobiographique rédigé durant dix-sept années et qui connaît toujours une grande célébrité au Japon. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

L’entremêlement inextricable de la littérature et de la vie peut donner parfois des oeuvres magistrales. Ainsi en est-il de L’Aiguillon de la mort, un roman autobiographique d’une sincérité stupéfiante où le narrateur tente de révéler ce qu’est l’amour dans une écriture vécue comme une expérience des limites.

Un couple s’est lié autrefois d’amour passionné dans une petite île du Japon pendant la guerre. Elle apprend un jour que son mari a une maîtresse. Pour elle, qui croyait à sa vie d’amour et de confiance absolus, tout à coup, l’univers s’effondre et l’emporte progressivement vers la folie. Commence alors l’histoire extraordinaire d’un couple vivant l’extrémité du possible, au rythme d’une vie quotidienne faite de suppliques, d’aveux et de dévouement que nous fait partager le narrateur dans le même souffle où lui les a éprouvés au quotidien. Et le lecteur en vient à entrer avec fascination au coeur de cette histoire et à vivre de l’intérieur cette vertigineuse descente dans les abîmes du désespoir, qui est aussi une recherche obsessionnelle, éperdue, de la vérité. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Shimao Toshio emprunte le titre de son œuvre à la Première Epitre de saint Paul aux Corinthiens (chap. 15, 55-56) :

« Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché, et la puissance du péché, c’est la Loi. » (p. 41)

Cet aiguillon est donc le péché, ici l’infidélité du narrateur, qui, pendant dix ans a cédé à la tentation et  a connu différentes maîtresses. Le jour où sa femme l’apprend, commence alors une lente descente aux enfers.  Les différents stades sont décrits méthodiquement, minutieusement, de l’intérieur : l’ impression de vivre en cage, la peur des crises imminentes, les interrogations sans fin nourries par des fatigues liées aux nuits d’insomnie, les mensonges inévitables,  la jalousie insidieuse, l’autre femme, toujours présente, quoi qu’il arrive, ombre de malheur planant sur le couple… Le narrateur espère que le temps atténuera les douleurs, mais sa femme ne fait que s’emmurer dans sa folie, loin de relâcher son étreinte fatale, elle emprisonne son mari jour après jour.

« Je dois me dire que tout ce qui m’entoure, sans exception, est passé au crible de la sensibilité anormale, obsessionnelle de ma femme. » (p.86)

 « La gaieté qui était revenue sur le visage de ma femme grâce qu plaisir de la journée s’ajoutait à cette impression, nous étions joyeusement  animés, mais il m’était impossible de perdre ma méfiance, car c’était comme si j’avais tenu dans mes mains une chose aussi fragile qu’un jouet en verre. » (p. 205)

Les enfants, âgés de quatre et six ans, pauvres témoins innocents de ces batailles sans fin, sont les dernières victimes de ce duel, êtres en souffrance qui ne se relèveront probablement pas d’une telle tension quotidienne.

« Chaque jour après l’autre était une image de l’enfer, mais ce n’était ni la souffrance d’un être humain en proie à la torture, ni la douleur de celui qui attend dans la solitude d’être jugé. Le tribunal n’était pas un endroit où tous les liens étaient coupés, c’était le lieu de vie d’un couple et de deux enfants. (.. .) Ce monde restait creux, obscur, et j’ignorais quand il m’attaquerait à coups de tentations et de châtiments qui venaient se superposer à mes péchés. » (p.123)

Un roman puissant sur l’infidélité, mais surtout sur la jalousie maladive qui peut ronger les êtres plus sûrement que la plus tenace des maladies mentales.

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Ce que j’ai moins aimé :

 

Un peu trop long à mon goût.

 

Premières phrases :

 

« Ce soir-là, nous avons cessé de suspendre la moustiquaire. Les insectes avaient disparu, sans qu’on sache pourquoi. Il y avait trois jours que nous ne dormions pas, ma femme et moi. J’ignore si c’est une chose réellement possible. Peut-être nous étions-nous assoupis sans nous en rendre compte, en tous cas ma mémoire n’en a pas gardé trace. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Sélection littérature japonaise

 

D’autres avis :

 

Télérama

 

L’aiguillon de la mort, Shimao Toshio, roman traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu, Picquier, 2012, 640 p., 23 euros

 

Merci aux Editions Picquier.

Publié dans Littérature Asie

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A la trace de Deon MEYER

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

Né en 1958 à Paarl, en Afrique du Sud, Deon Meyer a été journaliste, puis rédacteur publicitaire et stratège en positionnement Internet, il est aujourd’hui l’auteur unanimement reconnu de best-sellers traduits dans 15 pays. Il vit à Melkbosstrand.

 

L’histoire :

Chacun des protagonistes de ce roman aux intrigues apparemment distinctes laisse des traces. Toutes, à un moment donné, vont se croiser.

Milla, mère de famille qui plaque son foyer et rejoint l’Agence de Renseignement Présidentielle au moment où un groupuscule islamiste s’agite de manière préoccupante.

L’aventurier Lemmer qui protège le transfert à la frontière du Zimbabwe de deux inestimables rhinos noirs. Lukas Becker, l’archéologue aux prises avec les gangs de la plaine du Cap. L’ex-flic Mat Joubert, devenu détective privé, chargé d’enquêter sur la disparition d’un cadre de l’Atlantic Bus Company.

Comparée à l’univers du polar américain (corruption, drogue, prostitution), la matière romanesque de À la trace, qui allie « le monde animal, inhérent à notre culture », des contrebandes pittoresques, l’émancipation des femmes, la culture gangsta des villes, frappe par sa richesse et sa diversité.

Deon Meyer est un des rares auteurs qui, tout en maîtrisant avec brio les règles du genre, ouvre grand le champ des problèmes contemporains de son pays. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Deon Meyer nous offre trois histoires dans un seul roman :

Celle de Milla, femme au foyer qui décide de fuir son havre oppressant. Obligée de trouver du travail, elle se fait embaucher ni plus ni moins par les services de renseignement sud africains et va se lancer à cœur perdu dans sa mission. Seulement un grain de sable va s’immiscer dans sa vie monotone, faisant exploser en lambeaux toutes ses certitudes. Milla souhaiter une vie trépidante, loin de son quotidien lassant, elle va trouver bien plus que cela...

« Notre vie est composée de vingt-deux mille jours en moyenne. Combien nous restent en mémoire, nommés et datés ? Dix, douze ?... Anniversaires, mariage et divorce, séparations, décès, puis quelques Grandes Premières… Les traces des autres jours s’usent peu à peu. Résultat : la vie consiste en fin de compte en l’équivalent d’un mois de jours dûment enregistrés en mémoire et d’une poignée de souvenirs non datés.

Il faudrait vivre en sorte que chaque jour laisse une trace. » (p. 345)

La deuxième histoire nous permet de retrouver Lemmer et ses failles qui nous emmène au cœur du veld. Lemmer est un personnage passionnant qui garde en lui cette violence sous-jacente, l'entourant d'une aura dense. Il va faire ici la connaissance de Fléa, jeune femme fascinante aux mille facettes...

 

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« N’est-ce pas là le problème essentiel de notre communauté ? Nous sommes tous devenus spectateurs, nous restons en marge et commentons, critiquons… Avides de lire, d’entendre et de raconter les malheurs d’autrui, nous participons de loin, du haut de notre supériorité morale. « Eh oui, ils ont eu ce qu’ils ont cherché !... » Personne n’a le courage d’intervenir, de faire quoi que ce soit. » (p. 273)

La troisième histoire est ancrée autour de l’enquête de Mat Joubert qui cherche à expliquer la disparation d’un conducteur de bus. Cette partie du roman permet de mettre en avant les luttes entre bandes rivales mais aussi l’incommunicabilité qui peut régner dans un couple au point qu’on ne connait pas vraiment son conjoint.

On y croise aussi Lukas Becker, archéologue idéaliste aux prises avec des gangs bien plus puissants que lui...

Cette combinaison de destins permet d’offrir un panorama juste de cette Afrique du Sud post- apartheid. Deon Meyer, en nous menant dans des univers différents aux ramifications multiples nous offre la possibilité de nous plonger dans un monde riche, passionnant mais aussi terrifiant, et ceci sans jamais nous lasser.

« Sacré pisteur que ce Meyer, qui traque sa proie sans jamais la lâcher, jusqu'à la dernière page. » (Télérama Christine Ferniot)

 

Ce que j’ai moins aimé :

Plus de 700 pages, c’est lourd à transporter…

 

Premières phrases :

« Ismail Mohammed dévale le Heiliger Lane. Les plis de sa galabiyya blanche s’envolent à chaque foulée ; le col mao est ouvert, comme le veut la mode. Terrifié, il agite les bras pour garder son équilibre. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  13 heures de Deon MEYER

Autre :  Disgrâce de J.M. COETZEE

 

D’autres avis :

Blogs : Cathulu

Presse : Le figaro  Télérama Jeune Afrique   Lire 

 

A la trace, Deon Meyer, Traduit par Marin Dorst, Seuil Policiers, février 2012,  736 pages, 22.9 € 

Publié dans Littérature Afrique

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Quand reviennent les âmes errantes de François CHENG

Publié le par Hélène

                                           quand reviennent les âmes errantes

 

  « Toute vie est à refaire

A refaire et à réinventer

Ecoutez, un rossignol chante ! » (p. 154)

 

L’auteur :

 Né en 1929 dans la province de Shandong, François Cheng vit en France depuis 1949. Universitaire, poète, calligraphe, traducteur en chinois de Baudelaire, Rimbaud, René Char, des surréalistes, etc., il est l’auteur de nombreux livres dont, aux éditions Albin Michel, Le Dit de Tianyi (prix Femina), L’Éternité n’est pas de trop ou Cinq méditations sur la beauté. Il a également reçu le Grand Prix de la Francophonie pour l’ensemble de son oeuvre en 2001. Il a été élu à l’Académie française le 13 juin 2002.

 

Quatrième de couverture :

Dans une forme éminemment originale, François Cheng signe là un drame épique où le destin humain, avec toute la complexité des désirs qui l’habitent, se dévoile comme dans les tragédies antiques.

Quand reviennent les âmes errantes, un mystérieux échange se noue, et toute la vie vécue, extrêmes douleurs et extrêmes joies mêlées, se trouve éclairée d’une lumière autre, revécue dans une résonance infinie.

 

Ce que j’ai aimé :

Quand le destin de Chun-niang, « Dame du printemps » croise celui de deux hommes entrés dans sa vie par hasard, Gao Jian-li devenu maître de zhou, cet instrument à cordes proche de la cithare et Jing Ko, mercenaire devenu chevalier, tout l’ordre du monde et de leurs âmes s’en trouve tourmenté. Dans cette ère de la fin du IIIème siècle avant JC, leur amitié triangulaire ne pourra s’épanouir pleinement, heurtée de plein fouet par la vie tourmentée de leur pays.

 « L’ordre antique a fini par s’effondrer, la longue dynastie des Zhou a rendu l’âme. Voici que la vaste terre de Chine se divise en de multiples royaumes rivaux. (…) Partout règnent la violence, le désordre, l’arbitraire, l’injustice. » (p. 11)

 Comme dans les tragédies grecques, cœur et raison vont s’affronter, sans d’autre issue possible que la mort. Jing  Ko va être appelé à jouer un rôle déterminant dans cette lutte continuelle entre les royaumes chinois.  La passion des hommes va le mener vers la mort, cette mort qui permettra peut-être, enfin, la communion des âmes…

 « L’âme ? C’est bien par elle que la vraie beauté d’un corps rayonne, c’est par elle qu’en réalité les corps qui s’aiment communiquent. » (p.123)

 « La grande affaire pour un artiste, j'en suis persuadé maintenant, c'est d'entendre et de donner à entendre l'âme qui l'habite et qui résonne de fait à l'âme cachée de l'univers. » (p 46)

 L’histoire –vraie- de ces trois protagonistes éclaire cette époque tourmentée de l’histoire chinoise.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Malheureusement, le récit de François Cheng n’est qu’une pâle copie des tragédies grecques et le style offert ici reste plat et insignifiant.  Les interrogations tintent faussement à l’oreille du lecteur, accumulant les clichés en des questions existentielles frôlant le ridicule :

 « O mystère ! Qui sommes-nous ? Où sommes-nous » (p. 72)

« Quelle est cette énigmatique force du désir qui nous ballotte, nous pulvérise ? Et vers quel Au-delà ? » (p.72)

 « Orgueil, ambition, ivresse du pouvoir absolu, tout cela habite l’homme, le pousse à la folie. L’humain devient inhumain, et l’inhumain monstrueux. La violence engendrant la violence, celui qui vit de la terreur périt par elle. »  (p. 137)

 Quand reviennent les âmes errantes jette de la poudre aux yeux du lecteur sans parvenir aucunement à l’éblouir…

 

Premières phrases :

 « En ce bas monde, en ce très bas monde, tout est vicissitude, tout est transformation. Le livre des Mutations l’a démontré, les Anciens nous l’ont dit : « Tous les cinquante ans, petit changement ; tous les cinq cent ans, grand chambardement. » »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Cinq méditations sur la beauté

Autre : Electre de Jean GIRAUDOUX

 

D’autres avis :

 Presse : Le figaro 

 

 Quand reviennent les âmes errantes : drame à trois voix avec chœur, François Cheng, Albin Michel, mars 2012, 166 p., 14 euros

 ChallengeDragonFeu 

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Aventures en Loire de Bernard OLLIVIER

Publié le par Hélène

aventures en loire

♥ ♥

 « L’aventure est au coin de la rue. Ce n’est pas une question de kilomètres mais de regard. » (p.215)

 

L’auteur :

 Terrassé à 51 ans par la mort de sa femme, suivie d’un licenciement, Bernard Ollivier s’abîmait dans le travail pour gagner sa vie comme journaliste indépendant.

Lors de son départ en retraite, ce Normand de souche suit le chemin de Compostelle afin de réfléchir, et décider, du sens qu’il va donner à cette nouvelle période de vie. C’est pendant ces trois mois qu’il entend parler d’Oïkoten et de la réinsertion par la marche à pied.
De 1999 à 2000, sa volonté d’aller à la rencontre d’autres cultures se concrétise en nouveau projet de marche ; il suit à pied la Route de la Soie, par étapes de quatre mois et 3000 km par an entre Istanbul et Xi’an en Chine.
Pendant les mois où il ne marche pas, il écrit le récit de son voyage et la satisfaction de dépasser les limites de l’effort physique et la peur de l’inconnu.
Longue Marche devient best-seller et avec les droits d’auteur, Bernard Ollivier met en place une structure d’accueil pour faire marcher les jeunes en difficulté : Seuil. (Présentation : Babélio)

 

L’histoire :

 Des chemins intimes aux vignobles prestigieux, des châteaux dans la brume au silence des matins sur l’eau calme, Bernard Ollivier retrace une odyssée hors du commun de 1 000 kilomètres sur les bords de Loire, du mont Gerbier-de-Jonc jusqu’à Nantes. Il dessine au fil des rencontres le portrait d’un fleuve majestueux, mais aussi celui des gens qui lui ont ouvert leur porte et leur coeur. L’aventure a le goût du bonheur, même si le fleuve, comme la vie, n’est pas toujours tranquille… (Présentation de l’éditeur)

 

 Ce que j’ai aimé :

 L’aventure de Bernard Ollivier est un exemple éloquent de renouveau et de renaissance, un modèle à suivre pour ceux qui s’enferrent dans leurs soucis quotidiens et leurs maux.

  « A 70 ans, le risque est grand de considérer que c’est le bout de la route, que le trajet de vie va prendre fin. C’’est absurde. La mort nous menace autant à 10 ou à 30 ans qu’à 70 ans. Là encore, c’est une question de statistique, mais il ne faut pas s’y fier, la mort, depuis la naissance, nous attend au coin de chaque rue, même s’il lui arrive de rater son mauvais coup. Attendre l’heure, son heure ? Non, il faut vivre. » (p. 215)

 Car vivre une aventure ne signifie pas nécessairement partir à l’autre bout du monde, ce qui nous entoure mérite d’être redécouvert et contempler avec un œil neuf et poétique comme l’est le regard de l’aventurier.

 « Nul besoin, pour se dépayser, de s’envoler au bout du monde. L’important pour le voyage est de perdre volontairement ses repères pour mieux se retrouver. C’est d’aller vers de nouveaux horizons, et ils ne manquent pas dans notre environnement immédiat.» (p. 215)

 L’une des motivations de l’auteur est l’envie de partir au -devant de nouvelles rencontres enrichissantes. Chaque soir il écoute une nouvelle histoire contée par des personnes  qui lui ont ouvert leur porte bien volontiers, des hommes et des femmes accueillants, offerts à la rencontre.

  « Pour moi, le voyage, c’est d’abord la rencontre. Un voyage sans nouvelles amitiés, c’est du tourisme, et je n’en ai pas le goût. » (p. 29)

 « Mes musées à moi, ce sont les hauts fûts des arbres centenaires ou les à-pics vertigineux des montagnes, mon cinéma, le vol anarchique d’un papillon au-dessus de la prairie ou les ondulations lascives d’une truite dans l’attente patiente d’une proie. » (p.29)

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 « Nomade en Loire, je veux m’ouvrir au monde, à ses bonnes et à ses mauvaises surprises. Je prends tout. Je veux embrasser la terre entière, les arbres comme les hommes, retrouver mon humanité loin du réveille-matin ou du « 20 heures » télévisé. »  (p. 48)

  Une expérience enrichissante aussi bien pour l’aventurier qu’est l’auteur que pour son lecteur…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 L’écriture est plus journalistique que littéraire, serrant au plus près les évènements et les rencontres, sans leur laisser la place de s’épanouir en objets poétiques.

 

Premières phrases :

 « Pour une fois, il faisait beau. L’eau du fleuve était limpide. Un ragondin avait bien percé un gros trou dans le sac caché au fond du canoë, à la recherche de la nourriture que je conservais au cas où… »

  

D’autres avis :

Folfaerie, Dominique

  

Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoë, Bernard Ollivier, Phébus Libretto, 2012 pour la version poche, 8.70 euros

  Aventures en Loire : 1.000 kilomètres à pied et en canoë par Bernard Ollivier

Publié dans Récits de voyage

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Les oubliés de la lande de Fabienne JUHEL

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 L’auteur :

Née en 1965 à Saint-Brieuc, Fabienne Juhel vit en Bretagne. Elle est notamment l'auteur des Hommes Sirènes (2011} et de À l'angle du renard (2009), prix du roman Ouest-France/Étonnants voyageurs.

 L’histoire :

C'est un endroit si isolé qu'aucun chemin n'y mène. Une contrée sauvage qu'aucune carte ne mentionne. C'est un village sans nom. Un trou noir. Ils sont une trentaine à vivre là, oubliés dans la lande. Tous ont une bonne raison de s'y être réfugiés. Il y a ceux qui craignaient la mort. Ceux qui ne pouvaient imaginer leur vie sans l'homme qu'ils aimaient. Et les autres, aux motivations moins avouables. Mais cette quiétude éternelle va être foudroyée, le premier jour de l'été. Tom, l'unique enfant de la communauté, fait une découverte macabre : le corps d'un inconnu, aux portes du village. Il a déjà été témoin d'autres événements inexplicables. Quelqu'un aurait-il réveillé les vieux démons ?

Dans son cinquième roman, Fabienne Juhel mène l'enquête avec une redoutable efficacité, fouillant le passé de chacun de ses personnages pour en dévoiler les plus funestes secrets. Roman à suspense, Les Oubliés de la lande nous offre une remarquable réflexion sur le sens de la vie, ce temps compté qui donne tout son prix aux instants vécus.

 Le mot de l'auteur

Mai 2011. Mon père me conduit à l'aéroport de Saint-Jacques-de-la-Lande. J'ai accepté de me rendre à La Comédie du livre parce que Montpellier est une ville solaire qui m'a sauvée, un jour, d'une envie de déserter ce monde. Nous roulons en silence. Toujours cette peur de prendre l'avion, cette angoisse de mourir. Mon père me raconte, qu'avec un ami, il a rendu visite à un homme retiré du monde. Il faut marcher longtemps, emprunter des pistes foulées par des sangliers, pour atteindre sa cabane.» Eh bien ! la Mort, elle n'est pas prête de te trouver !», dit l'ami. Alors, mon angoisse combinée à ma dette envers la ville solaire et cet aéroport qui a eu la bonne idée de mettre «lande» au bout de son nom, ont tissé Les oubliés de la lande. Parce que la mort n'est pas une échéance, mais un lâcher prise. Avion ou pas, en l'attendant, moi, je ne lâche rien.

 

Ce que j’ai aimé :

Vivre dans un « No death’s land », dans un pays isolé que la mort aurait oublié, un village dans lequel le temps aussi s’est arrêté, comme suspendu entre vie et mort… Vivre sans angoisse de la mort, libre… Mais peut-on être libres, êtres de chair et de sang que nous sommes, hommes et femmes de mémoire qui portons à chaque instant les stigmates du passé ? Les pistes de réflexion sont foisonnantes dans ce roman au thème fantastique discret, placé dans une réalité cohérente. En voulant écarter la mort, les personnages du roman en font finalement le thème principal de leur vie…

Fabienne Juhel est une conteuse hors pair, hantée par les légendes bretonnes, elle ancre ses romans dans des paysages de landes désertés, baignés par des lueurs surnaturelles inquiétantes et fascinantes à la fois créant ainsi des mondes interlopes.

 « Si quelqu'un avait aperçu la silhouette du voyageur griffant le ciel bleu depuis la lande rousse, il aurait pensé à un sarment tout sec ou aux racines d'une souche fossilisée interrogeant le ciel à l'envers. Peut-être aussi à un épouvantail enlevé par les vents d'hiver et planté là, par hasard, dans cette terre aride et sèche qui n'enfantait plus que des cailloux. » (début)

 Ce que j’ai moins aimé :

 Puis, tout à coup le monde interlope devient réellement glauque avec la description d’une scène particulièrement horrible. A tel point que j’en ai ressenti physiquement le choc, la révélation finale m’a donné des réels hauts de cœur. Je lis beaucoup de romans policiers et j’ai rarement autant été secouée…

De fait un bilan en demi-teinte…

 Premières phrases :

« Le voyageur arriva épuisé aux portes du village.

Il avait marché de longues heures dans une lande tout à fait déserte, ravinée par les déluges qui s’abattaient souvent dans la région, aujourd’hui mangée de soleil. La godasse achoppant sur de petits cailloux têtus. Il s’était emmêlé les pieds dans des barbelés de ronciers où s’accrochait du crin de sanglier – un peu de fibre de ses chaussettes maintenant. Sa progression était lente. Les stridulations assourdissantes des grillons pesaient comme du goudron frais collé à ses semelles. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : A l’angle du renard de Fabienne JUHEL

 

 D’autres avis :

Clara  

Les oubliés de la lande, Fabienne Juhel, Editions du Rouergue, août 2012, 282 p., 21 euros

 challenge rentrée littéraire 2012 

   dialogues-croises

 

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