Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

1199 résultats pour “vie parfaite

L'appel de la forêt de Jack LONDON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Tuer ou être tué, manger ou être mangé, telle était la loi: et à ce commandement, venu du fond des Temps, il obéissait. "

Alors que Buck vit paisiblement en Californie, il se trouve enlevé à cet univers confortable pour être vendu comme chien de traineau dans le Grand Nord. La ruée vers l’or de  1897 et la découverte du gisement du Klondike attire dans le nord glacé des hommes venus du monde entier.

Buck rejoint un groupe de chiens menés par Perrault chargé de convoyer le courrier. Il découvre peu à peu que les lois qui régissent ce monde bien plus sauvage que ce qu'il a connu : la loi du plus fort règne et il devra apprendre à se faire entendre pour trouver sa place dans l'attelage.

Ce beau roman d'apprentissage nous plonge au cœur de la lutte entre l'homme civilisé et l'homme sauvage. Les passages lyriques de l'appel de la forêt résonnent dans nos âmes avides d'évasion :

"Chaque nuit, à neuf heures, à minuit, à trois heures du matin, ils faisaient entendre un chant nocturne, étrange et fantastique, auquel Buck était heureux de se joindre. Quand l'aurore boréale brillait froide et calme au firmament, que les étoiles scintillaient avec la gelée, et que la terre demeurait engourdie et glacée sous son linceul de neige, ce chant morne, lugubre et modulé sur le ton mineur, avait quelque chose de puissamment suggestif, évocateur d'images et de rumeurs antiques. Cétait la plainte immémoriale de la vie même, avec ses terreurs et ses mystères, son éternel labeur d'enfantement et sa perpétuelle angoisse de mort ; lamentation vieille comme le monde, gémissement de la terre à son berceau ; et Buck, en s'associant à cette plainte, en mêlant fraternellement sa vois aux sanglots de ces demi-fauves, Buck franchissait d'un bond le gouffre des siècles, revenait à ses aïeux, touchait à l'origine même des choses. "

"Il y a une extase qui nous porte au point le plus haut de la vie, au-delà duquel la vie ne peut s'élever. Le paradoxe est qu'elle se produit alors qu'on est - sans s'en rendre compte - pleinement vivant. Cette extase, cette inconscience d'exister appartiennent à l'artiste, saisi et projeté hors de lui-même dans une nappe de feu ; au soldat, pris de folie guerrière sur le champ de bataille, qui refuse de faire quartier. Elle appartenait aussi à Buck, en tête de la meute, poussant le cri du loup, tendu vers la proie vivante qui fuyait à toute allure devant lui au clair de lune."

"Il était sous l'emprise du pur déferlement de la vie, du raz-de-marée de l'existence, de la joie parfaite de chaque muscle, de chaque articulation, de chaque tendon particuliers - dans la mesure où c'était tout le contraire de la mort, toute l'ardeur et l'exubérance qui s'exprimaient dans le mouvement et volaient avec exultation entre les étoiles au-dessus de lui et la surface de matière inerte sous ses pas."

Pour ceux qui seraient moins sensibles à "l'appel de la forêt", les aventures de Buck s'enchainent à un rythme trépidant, plaçant sur sa route des personnages hauts en couleur, bienveillants ou malveillants. Le lecteur ne peut qu'être emporté à bord du traineau qui file dans le blizzard vers une fortune aléatoire.

Un grand roman d'aventures !

 

Du même auteur : Smoke bellew ♥ ♥ ♥ ♥ ; Martin Eden ♥ ♥ ♥ ; La piste des soleils ♥ ♥  (nouvelle)

Adaptation cinématographique :

J'ai été déçue par cette adaptation : trop américain à mon goût, les aspects intéressants du roman ont été gommés, lissés, pour ne pas dépasser et plaire au public le plus large possible. Des acteurs grand public (Omar Sy, Harrison Ford), pas de violence, quelques femmes en plus pour toucher tous les spectateurs, une histoire d'amour qui était absente de la version de Jack London.... Et c'est là où le bât blesse le plus à mes yeux, car cette histoire d'amour donne l'impression que Buck part non par pour répondre à l'appel sauvage de la forêt, mais pour répondre à l'appel humain de l'amour.

Je nuance mon avis car je sais qu'il plaît aux plus jeunes, ce qui reste tout de même une façon pertinente de les intéresser aux grands classiques.

Que voulez vous, les rouages américains restent malgré tout efficaces et savent toucher leur cible !

Partager cet article
Repost0

Tout ce que je sais de l'amour de Michela MARZANO

Publié le par Hélène

                     

"Même si je me suis rendue compte qu'à force de courir après l'absolu, c'est le quotidien qu s'échappe." p. 74

Mon avis :

Partant du principe qu'on ne peut pas parler d'amour sans parler de soi, Michela Marzano part de sa propre expérience pour tenter de cerner ce mystère absolu et ses corollaires : désir, passion, durée dans le temps...

Malheureusement son propos ne s'élève guère, les remarques qui naissent de son expérience sont certes pertinentes, mais nullement révolutionnaires. Elle tourne autour de l'idée selon laquelle ce qu'on a vécu détermine notre façon d'aimer et d'être aimé, et le propos tourne rapidement en rond autour du nombril de l'auteur mal comprise par son père et en mal d'enfant.

"Ce n'est jamais l'autre qui peut nous aider à "désenvoûter la maison hantée que nous sommes," comme l'écrit Anne Dufourmantelle. Cette maison "hantée par des plaintes dont on ne sait plus à qui elles apartiennent, mais qu'on a faites nôtres". Au contraire. Bien souvent c'est l'autre qui fait resurgir nos peurs. Toutes celles qui demeurent dans un coin de notre être.

La peur du jugement de notre père. La peur de l'abandon de notre mère. La peur de na pas être à la hauteur des attentes des autres. Ce sentiment d'inutilité. Cette envie de mieux faire mais cette impossiblité à y parvenir. Ce pardon qui n'arrive pas..." p. 59

Elle souligne également qu'il est impossible de tout avoir et si cela arrivait, nous n'aurions plus rien à désirer. Ainsi, si la personne qui aime a tendance à trop projeter dans l'autre, elle sera irrémadiablement déçue par le décalage entre l'image idéale de l'autre et sa réalité.

"Qui, dès lors, est le véritable responsable ?

Lui, qui est toujours égal, terriblement égal, identique à lui-même, ou nous, qui avons cru qu'il changerait pour devenir ceomme nous avons toujours rêvé qu'il soit, comme il aurait dû être ?" p. 87

Ses pistes de réflexion se révèlent ainsi relativement banales et évidentes, n'apportant pas de neuf au sujet...

Elle appuie aussi sa réflexion sur de brèves citations d'écrivains ou philosophes, décortiquant l'idée pour la démonter ou l'infirmer. En quelques pages, elle glose sur une idée qui en aurait mériter largement le double et réduit ainsi la pensée de l'auteur cité. 

Si quelquefois la phrase frappe par sa justesse et sa poésie au détour d'une page, l'auto-apitoiement psychanalytique et les phrases convenues refond rapidement surface, créant une déception chez le lecteur !

Premières phrases :

"Enfant, je rêvais de l'amour. Je passais des heures entières le nez plongé dans des livres débordants d'histoires parfaites. J'imaginais des journées sans failles. Je rêvais de réécrire l'histoire de mes parents. 

La vie ne povait être disputes et fractures. Elle devait miroiter. Pareille à la surface de la mer au printemps.

Comme si l'harmonie pouvait exister."

Présentation du livre :

Chez Stock 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Légère comme un papillon

Autre : Le goût de la vie commune

D'autres avis :

Le point  ; Leiloona

 

Tout ce que je sais de l'amour, Michela Marzano, Stock, août 2014, 216 p., 18.50 euros

 

 

Partager cet article
Repost0

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

Publié le par Hélène

Ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur-Harper-Lee.gif 

♥ ♥ ♥ ♥ 

«Le courage, c’est savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter. » (p. 171)

 L’auteur :

Harper LEE est une romancière américaine. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est son unique roman, publié en 1960.

L’histoire :

A Maycomb, dans une petite ville de l’Alabama, vit la petite Scout aux côtés de son père Atticus FINCH, de son frère Jem et de leur cuisinière Calpurnia. Ils ont perdu leur mère jeune et sont élevés de façon plutôt libérale par leur père avocat. Scout va raconter comment leur vie bien rangée a basculé le jour où Atticus a choisi de défendre un noir accusé du viol d’une blanche.

 

Ce que j’ai aimé :

-          Le portrait d’un homme exceptionnel : Atticus élève seul ses enfants et tente de leur inculquer une humanité qui pour lui devrait être inhérente au genre humain. C’est un homme droit qui n’hésite pas à défendre un noir dans un contexte tourmenté, même s’il se doute que ce ne sera pas sans retombées sur sa vie et sur sa famille. Mais il voit en Tom Robinson un être humain qui mérite autant qu’un blanc son soutien.

« Tu ne comprendras jamais aucune personne tant que tu n’envisageras pas la situation de son point de vue… » (p.51)

- Un superbe roman d'initiation : Scout et son frère vont mûrir au cours de ces années, et leur passage vers l'adolescence est subtilement orchestré par ces évènements si forts.

-          Le portrait d’une époque :

L'ambiguité de ces hommes et de ces femmes qui condamnent Tom est prégnante : ils réprouvent le comportement d’Hitler envers les Juifs mais n’hésitent pas à agir de même envers les Noirs.

« Comment peut-on tellement détester Hitler si c’est pour se montrer odieux avec les gens de son pays ? » demande Scout désarmée devant le comportement de son institutrice. (p.367)

monsieur-smith-au-senat.jpg-          Un magnifique plaidoyer  pour la tolérance et la justice qui n’est pas sans rappeler le film de Franck CAPRA « Monsieur Smith au Sénat » 

 « Nous savons que tous les hommes  ne naissent pas égaux au sens où certains voudraient nous le faire croire – certains sont plus intelligents que d’autres, certains ont plus de chances parce qu’ils sont nés ainsi, certains hommes gagnent plus d’argent que d’autres, certaines femmes font de meilleurs gâteaux que d’autres-, certains sont plus doués que la moyenne.

Mais ce pays met en application l’idée que tous les hommes naissent égaux dans une institution qui fait du pauvre l’égale d’un Rockefeller, du crétin l’égal d’un Einstein, et de l’ignorant l’égal de n’importe quel directeur de lycée. Cette institution, messieurs les jurés, c’est le tribunal. » (p. 306)

Ce que j’ai moins aimé :

- C’est un roman parfait devenu à juste titre un classique…

- Mais pourquoi Harper Lee n'a-t-elle écrit qu'un seul roman ?????

 

Premières phrases :

« Mon frère Jem allait sur ses treize ans quand il se fit une vilaine fracture au coude mais, aussitôt sa blessure cicatrisée et apaisées ses craintes dde na jamais pouvoir jouer au football, il ne s’en préoccupa plus guère. »

 

Vous aimerez aussi :

  Jim Glass de Tony EARLEY

 

 Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper LEE, Editions de Fallois, janvier 2005, 345 p., 19.80 euros

POCHE : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper LEE, Le livre de poche, août 2006, 447 p., 6.50 euros

blogoclub

challengeabccritiques1

challenge littérature au féminin

Partager cet article
Repost0

La petite Malika de Mabrouck RACHEDI et Habiba MAHANY

Publié le par Hélène

la-petite-malika

 

 Un roman plein de fraîcheur.

 

 

Les auteurs :

Habiba Mahany est l’auteur de Kiffer sa race. Mabrouck Rachedi, auteur du Poids d’une âme et du Petit Malik, est son frère. Il a travaillé dans la finance et défend activement l’image positive de la banlieue. La Petite Malika est leur première collaboration littéraire.
 

L’histoire :

Vingt-deux ans dans la vie de Malika, jeune surdouée dans une cité de banlieue.

Ce que j’ai aimé :

-          Chaque chapitre nous offre une ou plusieurs scènes correspondant à un âge précis de la jeune Malika. Ainsi, chapitres après chapitres, années après années, c’est un portrait frais et vivant de la petite Malika qui se dessine sous nos yeux.

-          Le ton est résolument drôle et léger, le style très facile épousant parfaitement cette truculente évocation d’une vie dans une cité.  De la mère redoutant plus que tout une grossesse précoce pour sa fille (qui n’a alors que 5 ans), des amies apprenant le langage SMS à Malika en passant par le trajet éreintant et surréaliste de sa mère pour aller travailler, les années d’enfance sont alertes et vivantes :

« j’imaginais le mot qu’elles laisseraient dans leurs journaux intimes : je me sui faché av Malika ké pa genti vu kel é pa com nou tro c pa drol lé coincos com el((((((. J’ai dit que dalle du fight à la daronne qui zarma m’a demandé de parler correct, stp. Lol. » (p. 72)

Le ton s’alourdit quelque peu avec l’âge, on a tendance à moins sourire au fur et à mesure, la fraîcheur du début s’effaçant devant la gravité de la maturité.

Ce que j’ai moins aimé :

-          Je n’ai pas tellement apprécié les passages au style très travaillé, comme pour rompre avec le style parlé qui court en ces pages. J’ai eu l’impression que les auteurs voulaient nous prouver qu’ils pouvaient écrire autrement. Soit. Mais cela alourdit un récit que je préfère dans la spontanéité de la chronique vécue.

Premières phrases :

« Dès mes premiers pas, maman m’avait appris à ranger les chemises bleues avec les chemises bleues, les jeans avec les jeans, les chaussettes avec les chaussettes. Et aussi les verres à la place des verres, les assiettes à la place des assiettes, les couteaux à la place des couteaux et tout plein de trucs dans le genre. »

Vous aimerez aussi :

  Autobiographie d'une courgette de Gilles PARIS

La petite Malika, Mabrouck RACHEDI et Habiba MAHANY, JC Lattès, septembre 2010, 237 p., 16.50 euros

  Merci à Anne BLONDAT pour cet agréable moment de lecture.

  Sophie l'a lu aussi et chez elle vous trouverez aussi une interview des auteurs

  Clara aussi l'apprécié.

Partager cet article
Repost0

Ailleurs meilleur de Sophie ADRIANSEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"L'Espagne n'est pas une terre d'accueil, c'est une terre d'écueil."

Suite à la mort de son père, Alassane, jeune homme de 15 ans, doit quitter la Côte d'Ivoire, car le pays ne lui offre guère de perspectives brillantes pour son avenir. Il décide ainsi de se rendre en France, le pays des Droits de l'Homme. Commence alors un long périple mais le jeune Alassane reste optimiste, persuadé qu'il part pour un "ailleurs meilleur".

Il rencontre les passeurs, se heurte aux murs de barbelés qui séparent l'Afrique de l'Europe, pour finalement gagner cette France tant espérée. Si son parcours est semé d'embûches, il est aussi illuminé par de belles rencontres.

"- Pourquoi ont-ils dressé ces grilles ?
- Pourquoi ? Ce n'est pas pour, c'est contre. Contre nous. On ne veut pas des Africains en Europe. Pas de Noirs sur la terre promise. L'Afrique est une cage. Une gigantesque cage dans laquelle on nous maintient enfermés. Il n'y a qu'aux cages qu'on met de si hautes grilles. On sait qui est du mauvais côté des barreaux. On sait de qui on veut se protéger. "

Sophie Adriansen a écrit ce roman car sa route a croisé celle de jeunes hommes qui ont connu ce parcours et qui souhaitaient témoigner. Ainsi, sans fioritures, l'autrice se met à la hauteur de ces adolescents pour rendre hommage à leur courage, leur pugnacité et leur volonté de se fabriquer cette vie meilleure. Elle comprend peu à peu que ce n'est pas par désespoir mais par espoir que les gens partent de chez eux. Elle s'indigne aussi contre les différences de traitement de l'information concernant ces migrants et la mort d'un enfant blanc : si la mort d'un enfant dans une piscine l'été est mentionnée dans les médias, la mort d'un enfant migrant est édulcorée, voire ignorée.

Le dossier final est passionnant pour mieux comprendre les enjeux, les fonctionnements des systèmes d'aide aux jeunes migrants, peu connu et mentionné dans les romans.

Un angle intéressant pour un sujet brûlant ! A lire dès 10 ans.

 

Présentation de l'éditeur : Nathan

Du même auteur : Je vous emmène au bout de la ligne  ♥ ♥ (Essai)  Quand nous serons frère et sœur ♥ ♥ ; Grace Kelly ♥ ♥ (bio) ; Max et les poissons ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Naître et grandir en musique  ♥ ♥ (doct) ; Les grandes jambes  ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Le syndrôme de la vitre étoilée ♥ ♥ ♥ ♥ ; Linea Nigra ♥ ♥

D'autres avis : Babélio

Sur le même sujet : Eldorado de Laurent GAUDE ; Le ver dans la pomme ; La saga des émigrants ; Monsieur Ki. Rhapsodie parisienne à sourire pour caresser le temps ; La fortune de Sila ; La double vie d’Anna Song ; Le cuisinier ;  Là où vont nos pères  ;  Celles qui attendent ; Fais péter les basses Bruno ! Cinq mille kilomètres par seconde ;  Hier  ;  Ce qu’on peut lire dans l’air ; Ru  ; Rébétiko ; Sang impur  ; Loin d’être parfait ; Portugal La trilogie du Minnesota 1. Terre des rêves  ; Americanah ; Beauté parade ;  Debout payé ;

Publié dans Jeunesse Roman

Partager cet article
Repost0

Ceux qui restent - Janvier

Publié le par Hélène

2014

Le petit grumeau illustré de Nathalie JOMARD : ou comment ne pas être une mère parfaite

La descente de Pégase de James Lee Burke : un policier fort et marquant 

Au revoir là-haut de Pierre LEMAITRE  : un prix Goncourt bien mérité ! Le destin atypique de deux rescapés de la guerre 14-18

2013

Le voleur de mort de Tess GERRITSEN  : A travers la traque d'un tueur en série adepte du bistouri, Tess Gerritsen brosse un tableau captivant des débuts de la police scientifique.  

Le dernier lapon de Olivier TRUC  : L'alliance subtile entre ethnologie et intrigue policière

Arrive un vagabond de Robert GOOLRICK 

Anuki de Frédéric MAUPOME et Stéphane SENEGAS : Ma première rencontre avec ce petit indien si attachant. Un album muet à conseiller à tous les petits !

Le héron de Guernica de Antoine CHOPLIN  : un texte magnifique !

Le tireur de Glendon SWARTHOUT : un western profondément humain

Le singe de Hartlepool de Wilfried LUPANO et Jérémie MOREAU   : une histoire cocasse et vraie sur les méfaits de la haine ordinaire !

 2012

Les vagues de Virginia WOOLF : un voyage aux portes de la conscience

Hokusaï de Shotaro ISHNOMORI : une BD qui nous permet de redécouvrir l'univers de ce peintre japonais

La fille du cannibale de Rosa MONTERO : un très beau roman à savourer

2011 :

Poulet aux prunes de Marjane SATRAPI : prix du meilleur album à Angoulême en 2005

Nonnonba de Shigeru MIZUKI : prix du meilleur album à Angoulême en 2007

Un autre monde de Barbara KINGSOLVER : un roman riche, intelligent 

L'homme inquiet de Henning MANKELL : où Wallander tire sa révérence

Antigone de Jean ANOUILH : un personnage pur et fort

Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON : un recueil de nouvelles marquant

Broderies de Marjane SATRAPI : des portraits de femmes fortes 

 

Partager cet article
Repost0

Le paradis des animaux de David James POISSANT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Les personnages qui hantent ces nouvelles sont tous à un tournant de leur vie, tous chancelants, risquant à tous moments de basculer vers une décision marquante. Qu'ils soient au bord du suicide dans "100% coton", vraiment bordelines dans "La fin d'Aaron", Aaron prédisant la fin du monde, au bord de l'implosion dans "les derniers des mammifères terrestres", au bord de la rupture dans "Remboursement", tous hésitent face à la complexité du monde qui les entoure et surtout face aux difficultés créées par les relations humaines. Il est si simple de baisser les bras devant l'incompréhension que représente l'autre ! C'est ce qu'a fait le narrateur de  en reniant son fils homosexuel, c'est ce qu'envisage de faire le narrateur de "Remboursement" quand il comprend que sa femme et lui sont diamétralement opposés face à leur fils surdoué, c'est aussi la solution envisagée par les parents de "La géométrie du désespoir" après la mort subite de leur bébé. Et pourtant, au moment où tout semblait sombrer dans une noirceur pessimiste, l'espoir renaît et les êtres se relèvent, plus forts d'avoir vacillés. SI la mort et le désamour rôdent, la rédemption et le pardon sont toujours possibles : après un road movie concluant, le père retournera vers son fils homosexuel dans la suite de "L'homme lézard", "Le paradis des animaux". 

Quand ces nouvelles pourraient être glauques, noires, déprimantes au vu des thèmes abordés, elles sont simplement puissantes. Les situations décalées rafraîchissent des univers trop réalistes :  dans "L'homme lézard" Crystal et le narrateur transportent un alligator dans le coffre, Arnie quant à lui se retrouve face à un bison dans "les derniers des mammifères terrestres" et le narrateur de "Ce que veut le loup" face à un loup qui réclame de surcroît ses mocassins !

La parfaite maîtrise de cet exercice difficile de la nouvelle alliant concision et précision dans l'écriture en font des nouvelles percutantes qui font toutes mouche ! 

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

D'autres avis : Caroline ; Augustin Trapenard  ; Valérie ; Cathulu 

Interview chez Lecturama 

 

Le paradis des animaux, David James Poissant, traduit de l'anglais (EU) par Michel Lederer, Albin Michel, terres d'Amérique, mai 2015, 352 p., 25 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

Partager cet article
Repost0

Merci de ZIDROU et Arno MONIN

Publié le par Hélène

  ♥ ♥

Merci est une jeune fille de 16 ans, qui aime se faire remarquer jusque dans son look gothique. Après plusieurs menus actes condamnés par la justice, le juge d'application des peines, lassé de son discours anti-société et anti-politique, décide de lui allouer une peine de substitution : elle siègera au conseil municipal de sa commune pour proposer des projets pouvant permettre aux jeunes de mieux s'insérer dans leur ville et delà dans la société. La jeune Merci s'adapte parfaitement à ses nouvelles fonctions, et ses projets pour la ville s'avèreront prometteurs...

A travers le portrait de cette jeune fille pour qui la politique n'est qu'un vain mot, Zidrou nous parle du désenchantement de la jeunesse et nous invite à réenchanter et à réinventer le monde. En permettant à la jeune fille de s'investir dans sa ville et de réfléchir réellement aux améliorations possibles, le juge atypique lui offre une nouvelle façon de voir le monde et d'y trouver sa place.

"A la fin de sa vie, mon grand-père qui a été à la tête de cette ville quinze ans durant disait souvent : "De nos jours, les gens ne votent plus pour des idées mais pour se décharger de leurs propres responsabilités.""

Sous ses airs naïfs et profondément optimistes, cet album a le mérite de proposer des pistes de réflexion enrichissantes pour pallier à l'errance de la jeunesse...

 

Présentation de l'éditeur : Grand Angle

D'autres avis : Noukette ; Livresse des mots, Yaneck, Yvan ; Yves

Du même auteur : La vieille qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien ♥ ♥ (BD) ; Les beaux étés ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ;  Les beaux étés tome 2 ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ;  Les beaux étés tome 3

 

Merci, Zidrou et Arno Monin, Grand Angle, 2014, 54 p., 14.90 euros

Cette semaine la BD de la semaine est accueillie par Steph

Partager cet article
Repost0

Terres promises de Milena AGUS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Il a la nostalgie d'un autre monde. D'un monde parfait. On en souffre tous. Et puis on s'adapte."

Chacun cherche au fond de son coeur et de son âme cette terre promise sur laquelle il est enfin possible de trouver sa place. Pour Raffaele, originaire de Sardaigne, elle est sur le continent, mais sa femme Ester ne trouve pas sa place là-bas, alors qu'elle était la première à vouloir partir. Ils retournent finalement au pays, et c'est là-bas qu'ils élèveront Félicita, leur fille. Celle-ci s'amourache d'un voisin, et met au monde Gregorio, drôle de petit bonhomme qui trouve sa voie dans la musique. Malgré les épreuves qui jalonnent leur parcours, Félicita continue à croire au bonheur et à la bonté des humains. Elle s'adapte, faisant feu de tout bois : "Puisque personne ne la trouve jamais, cette terre promise, pourquoi ne pas s'arrêter en route, dès qu'on arrive quelque part où on se sent bien."

Avancer la tête haute, en portant en son sein l'amour des siens, telle est sa terre promise...

"Sa grand-mère avait compris que la terre promise n'était somme toute pas si éloignée de l'endroit où elle avait passé sa vie, et qu'au fond il suffisait d'un petit effort pour franchir les bornes de son univers familier et accéder à un monde extraordinaire, juste à côté."

Cette "stratégie pacifique" portera ses fruits car quelquefois chez Milena Agus, le bonheur est possible en prenant conscience de ses propres limites ...

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

Du même auteur : Battements d’ailes ♥ ♥ ♥ ; Quand le requin dort ♥ ♥ ♥ ; Sens dessus dessous ♥ ♥ ♥ ♥ 

D'autres avis : Télérama

 

Terres promises, Milena Agus, traduit de l'italien par Marianne Faurobert, mars 2018, 176 p., 15 euros

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive de Debi GLIORI

Publié le par Hélène

                              je-t-aimerai-toujours-couverture.gif

 

♥ ♥ ♥ ♥

"Ecoute ma chanson, l'amour ne meurt jamais.

Quoi qu'il arrive, je t'aimerai..."

 

L'auteur :

      Debi Gliori est né à Glasgow et à fait ses études à Edimbourg où elle vit aujourd'hui. Elle a travaillé sur de nombreux livres pour enfants, mais c'est avec Papa Ours qu'elle trouve la consécration. Son personnage lui a valu de nombreux prix dont en 1997 l'Award des livres pour enfants.



La série "Papa Ours" de Debi Gliori est illustrée de dessins tendres et colorés qui accompagnent des textes simples destinés aux tout-petits. Le personnage de Papa Ours deviendra vite un compagnon de lecture pour les enfants.

 

L'histoire :

Petit renard est de très mauvaise humeur,

Il dit que personne ne l'aime.

mais ce n'est pas vrai.

Maman va le rassurer et lui expliquer

que leur amour durera toujours,

quoi qu'il arrive...

je-t-aimerai-toujours.jpg

 

Mon avis :

Petit Renard a besoin d'être rassuré, il a peur tout à coup que l'amour de sa maman ne s'envole. Il veut savoir s'il est vilain, même s'il ressemble à un hanneton, si sa maman l'aimera toujours. Et invariablement, les mots doux de sa maman l'apaise "Je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive". Des mots doux qui illuminent la nuit, qui comblent le vide, qui apaisent les angoisses.

Car si au début de l'histoire, les questions de Petit Renard sont simples , elles se densifient au fur et à mesure, parce qu'elles cachent une angoisse bien plus grande tapie au sein de chaque enfant. La peur d'être abandonné, la peur de ne plus être aimé, la peur de perdre ceux qu'il aime.

"Et si l'amour s'abîme, se casse ou se déchire, pourrais-tu le recoudre, le recoller, le réparer ?"

"Je sais juste que je t'aimerai toujours."

Telle une étoile qui éclaire le ciel la nuit, l'amour maternel est inconditionnel et absolu et illumine la vie de l'enfant.

Les dessins colorés s'accordent parfaitement à cette magnifique histoire d'amour.

je-taimerai-toujours

 

Vous aimerez aussi :

Jeunesse  

 

Je t'aimerai toujours quoi qu'il arrive, Debi Gliori, adaptation française de Marie-France Floury, Gautier Languereau, 2011, 6.90

Publié dans Jeunesse Album

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>