Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

1199 résultats pour “vie parfaite

Ruy Blas de Victor HUGO

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥

"Oh! s'il est vrai que Dieu, par un prodige étrange

En nous donnant l'amour, voulut mêler en nous

Ce qui fait l'homme grand à ce qui le fait doux."

 

La reine, femme du roi Charles II  s'ennuie loin de son Allemagne natale. 

"Pauvre femme ! passer tous ses jours dans la gêne, 

Au fond de cette cour insipide ! et n'avoir

D'autre distraction que le plaisir de voir,

Au bord de ce marais à  l'eau dormante et plate,

Un vieux comte amoureux rêvant sur une patte !"

Seule distraction dans ses journées mornes, la découverte quotidienne d'un bouquet de ses fleurs préférées sur un banc. Elle apprend rapidement que ce don miraculeux est le fait de Don César, un noble. Ce qu'elle ignore est que celui qui se cache sous les traits de Don César n'est qu'un valet, un "ver de terre amoureux d'une étoile", simple outil de la vengeance d'un grand d'Espagne, Don Salluste, disgracié par la reine. Seuls les sentiments de Ruy Blas sont véritables, tout le reste n'étant que faux semblant visant à discréditer la reine. 

Quel sort subira cet amour impossible qui cherche à s'affranchir des lois sociales ? 

Ruy Blas est un symbole puissant pour le romantique Hugo : héros romantique, il a soif d'idéal et vit son amour fantasmatique dans un lyrisme brûlant. Mais il représente aussi le souffle de la révolte puisque pour l'auteur le peuple doit pouvoir accéder aux plus hautes fonctions de la nation. Ruy Blas incarne ce potentiel révolutionnaire du peuple. Face à une noblesse décadente, la vacance du pouvoir permet tous les espoirs.

Hugo malmène les règles classiques dans ce drame romantique : la règle des trois unités n'est guère respectée, l'alexandrin est disloqué et enfin le grotesque cotoie le sublime, parce que seule cette alliance garantit une représentation fidèle de la vie sous tous ses aspects. 

Un drame romantique aux nombreuses ramifications, puissant et émouvant.

 

Vous aimerez aussi : 

Du même auteur : Préface de Cromwell

Autre : On ne badine pas avec l'amour de Musset

Sur l''auteur : Larousse ; BNF 

Sur l'histoire : http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/ruy-blas/accueil2.html

 

Ruy Blas, Victor Hugo, Belin Gallimard, Classico lycée, 3.55 euros

Je conseille cette édition, parfaite pour les lycéens car elle comporte un dossier complet en fin de volume avec des fiches sur ce qu'il faut retenir. Très didactique.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Pourquoi j’ai tué Pierre de Olivier KA et ALFRED

Publié le par Hélène

PourquoiJaiTuePierre_14092006-copie-2.jpg

♥ ♥ ♥

  

 Les auteurs :

 Alfred est né à Grenoble en mai 1976. Il décide avec quelques amis de monter sa propre maison d'édition Ciel Ether. Il y publie quelques ouvrages et entame une fructueuse collaboration avec Corbeyran, pleine de dessins et de belles histoires. Les petites graines qu'il a plantées sur son chemin se mettent à éclore tout doucement (La Digue, Abraxas..), et il prend du plaisir à fourrer son nez et ses crayons un peu partout (Treize Etrange, Petit à petit, Le Cycliste...).

 http://olivierka.blogspot.fr/

 L’histoire :

Olivier est un garçon sans histoires. Élevé dans une ambiance baba-cool au sein d’un milieu libertaire et permissif, c’est un enfant peu farouche qui a l’habitude de la nudité des adultes. À 12 ans, il part en colonie de vacances. Là, Pierre, un curé avec qui il s’est lié d’amitié, lui demandera de toucher son corps. Olivier ne sera ni violé ni abusé, mais cet évènement marquera son existence à jamais…

 

pourquoijaituepierre

 

Ce que j’ai aimé :

 Cet album aborde un sujet difficile avec beaucoup de retenue, d’intelligence. Olivier est un enfant élevé dans un milieu libre, tolérant, sans tabous, au sein d'un foyer harmonieux et il devient un être innocent, foncièrement gentil et naïf, bref un enfant normal épargné par la vie. Il fait donc confiance à cet ami de la famille, Pierre, curé avec lequel il part en colonie de vacances. Et ne va pas comprendre comment cet homme a pu abuser de sa gentillesse, de son ouverture pour le trahir de la pire façon qui soit. Le désarroi de l’enfant est palpable,  évoqué comme un trou vide qui s’ouvre sous ses pieds, emporté dans un tourbillon sans fin, les répercussions de cette scène fatale dépasseront largement les frontières de l’enfance.

"Tu avais du pouvoir sur moi... Tu en as joué, abusé... Les mômes c'est de la pâte à modeler... tu poses tes doigts, l'empreinte reste. Tu m'as manipulé... Tu as brisé quelque chose en moi... définitivement." 

Ce récit autobiographique est un moyen pour l'auteur de conjurer par l’écriture l’horreur d’un évènement, et il met en lumière pour le lecteur les zones d'ombre de la pédophilie, l'amenant ainsi à davantage de vigilance et d'écoute envers les plus jeunes. 

 Les dessins sont en parfaite adéquation avec le sujet, subtils et profonds jusque dans les détails.

 Un texte essentiel...

  pourquoij-aituepierre.jpg

Ce que j’ai moins aimé :

           Rien.

 
D’autres avis :

    Théoma, Mo', Canel, Laure, Enna, Midola Fransoaz     , Noukette

 

Pourquoi j’ai tué Pierre, Olivier Ka et Alfred, Delcourt, septembre 2006, 14.95 euros

 BD Mango bleu

Top-bd-2012

 

Partager cet article
Repost0

La sonate à Bridgetower de Emmanuel DONGALA

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Au début de 1789 George, jeune violoniste de talent et son père, un noir de la Barbade arrivent d'Autriche pour conquérir un public parisien. Recommandés par Haydn, le jeune métis semble voué à un bel avenir. S'ils multiplient rapidement les concerts, la révolte révolutionnaire gronde et les oblige à fuir pour Londres.

George Bridgetower, s'il est tombé aujourd'hui dans l'oubli, a pourtant marqué son siècle, au point que Beethoven lui a consacré une sonate, ladite "Sonate à Bridgetower". Il fut un temps en effet où les deux hommes furent amis, avant qu'une brouille ne les sépare et transforme la sonate en "Sonate à Kreutzer". Fondé sur des faits réels, ce roman retrace le destin du jeune Georges des cours parisiennes au faste de Vienne, en passant par Londres.

"Frederick de Augustus prit conscience d'une chose : l'importance de la musique. Elle ne se situait pas à la périphérie, mais au coeur même de la société, voire du régime, là où se croisaient et se confrontaient tous ceux qui avaient la prétention de faire bouger les choses dans quelque domaine que ce soit dans le royaume de la France." p. 95

Son père a joué un rôle prépondérant dans sa notoriété puisqu'il l'a poussé, motivé par des voeux égoïstes : devenir lui-même riche et célèbre. Leurs personnalités finiront par se heurter.

Au-delà des destins individuels, Emmanuel Dongala dresse le portrait d'une époque mouvementée, aux bouleversements marquants. Les deux hommes rencontrent dans les salons des hommes et des femmes illustres qui ont façonné le siècle comme Thomas Jefferson, Olympe de Gouges, Louise de Keralio.  Il aborde également l'essor du mouvement abolitionniste et les conditions des noirs à l'époque. A la fin du roman, George découvre horrifié le destin d'Angelo Soliman qui finit empaillé dans un musée "Voilà que cet homme éminent qui, sa vie durant, avait incarné pour ces Européens la "perfectibilité" de l'Africain postulée par leurs philosophes, le "sauvage" qui, à force d'éducation, de travail et de dévouement, s'était "civilisé" et s'était si parfaitement intégré qu'il était considéré comme un pair par l'élite de la société, était maintenant exposé comme le type même du "sauvage", à moitié nu, avec des plumes et des coquillages !" p. 331

Ce que j'ai moins aimé : S'il est érudit et enrichissant, ce roman manque néanmoins à mes yeux de souffle romanesque...

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur : Photo de groupe au bord du fleuve

 

La sonate à Bridgetower, Emmanuel Dongala, Actes Sud, janvier 2017, 336 p., 22.50 euros

 

Lu dans le cadre d'une lecture commune autour de Emmanuel Dongala pour Lire le Monde

 

Publié dans Littérature Afrique

Partager cet article
Repost0

Dans les veines ce fleuve d’argent de Dario FRANCESCHINI

Publié le par Hélène

                                               dans-les-veines.gif

♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 

Dario Franceschini est un écrivain italien qui signe ici son premier roman. Il a été élu président du groupe parlementaire « l’Olivier » à la Chambre des Députés.

 

L’histoire :

 A l'heure où sa vie approche de son automne, Primo Bottardi décide de revenir sur les lieux de sa jeunesse et de retrouver un ami qui lui avait posé quarante ans plus tôt une question à laquelle il n'avait pas su répondre. Son périple le ramène au bord du Pô, parmi les pêcheurs d'esturgeons, dans une atmosphère de brume et d'eau qui change la plaine en un mirage infini.

 

Ce que j’ai aimé :

Le lent voyage de Primo est teinté de mélancolie, comme si le vieil homme observait le monde pour mieux l’imprégner sur sa rétine, pour n’en perdre aucun détail et s’en souvenir ainsi avec acuité. Il rencontre des personnages atypiques, venus tout droit de son passé comme le magicien Ariodante, il se souvient de rencontres lointaines ou écoutent les hommes et les femmes raconter leur histoire, bercés par le rythme lancinant et immuable du fleuve.

Au fil des pages comme au bord du fleuve s’infiltre une magie parfaitement intégrée à la réalité, parce que l’homme ne peut pas tout expliquer et que la réalité peut prendre des atours mystérieux.

Dans les veines ce fleuve d’argent est un texte magnifique qui nous emporte aux confins de l’existence…

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 

Premières phrases :

 « Il avait toujours confondu le silence avec le froid. Pendant les nuits moites d’été, il regardait les lèvres de marie qui bougeaient, sans un bruit, au rythme des mots de son livre, et il commençait à trembler sous les draps rêches de coton blanc. »

 

Vous aimerez  aussi :

 Le jour avant le bonheur de Erri DE LUCA

 

D’autres avis :

Sabbio , Leiloona, Clara

Télérama, Le matricule  des anges

 

Dans les veines ce fleuve d’argent, Dario Franceschini, traduit de l’italien par Chantal Moiroud, éd. L'Arpenteur/Gallimard, 150 p., 13 €.

POCHE : Dans les veines ce fleuve d’argent, Dario Franceschini, traduit de l’italien par Chantal Moiroud, Folio, 4.60 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Maus d’Art SPIEGELMAN

Publié le par Hélène

maus_hc.gif

♥ ♥ ♥

 « Auschwitz, personne ne peut comprendre. » (p.64)

 

L’auteur :

 Art Spiegelman est un illustrateur et auteur de bande dessinée américaine, né le 15 février 1948 à Stockholm (Suède). Figure phare de la bande dessinée underground américaine des années 1970-1980, il est à partir du milieu des années 1980 surtout connu pour sa bande dessinée Maus, qui lui a valu un Prix Pulitzer. C'est également un illustrateur reconnu. Il vit à New York avec sa femme, Françoise Mouly. Il est sacré Grand Prix de la Ville d'Angoulême en 2011.

 L’histoire :

 Le père de l'auteur, Vladek, juif polonais, rescapé d'Auschwitz, raconte sa vie de 1930 à 1944, date de sa déportation. Ce récit est rapporté sous la forme d'une bande dessinée dont les personnages ont une tête d'animal : les juifs sont des souris, les nazis des chats, les Polonais des porcs et les Américains des chiens.

 Ce que j’ai aimé :

-          Art Spiegelman met en avant la force de ce père qui, grâce à son intelligence, à son ingénuosité, àmaus.jpg réussi à survivre. Pour cela il a exercé divers métiers de prof d'anglais à cordonnier en passant par zingueur, mais toujours avec la féroce envie de ne pas sombrer, de survivre coûte que coûte dans un monde impitoyable et inhumain. 

- Si la description du passage par les camps est criante de vérité, l'évocation de l'après-Auschwitz et des séquelles irrémédiables qu'une telle expérience fait peser sur les survivants est expliquée avec autant de brio : Vladek est un homme marqué qui ne s'adapte que très difficilement au monde et aux gens qui l'entourent désormais. Il a perdu une partie de lui-même dans ces camps, il reste un rescapé torturé et torturant pour ses proches.

-           Le dessin en noir et blanc  est en parfaite adéquation avec cette période sombre de l’histoire, permettant à la fois d'en souligner la noirceur mais aussi de masquer quelquefois l'horreur de scènes qui auraient pu être bien plus choquantes en couleurs.

- Enfin, le choix de peindre les êtres sont les traits d'animaux stigmatise le fait que les nazis condamnaient une race entière sans aucun critère rationnel.

 -          Par sa justesse et son intelligence, Maus fait partie des BD indispensables !

 « Alors seul mon petit frère Pinek est sorti vivant de la guerre… Pour le reste de ma  famille, il reste rien, même pas une photo… » (p.116)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

Vous aimerez aussi :

  Si c'est un homme de Primo Levi

D’autres avis :

Miss Alfie, Zarline, Mango

 

Maus, Art Spiegelman, traduction de Judith Ertel, Flammarion, 1998, 2 tomes, 28 euros

 

 BD du mercredi de Mango 1

Partager cet article
Repost0

Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

Publié le par Hélène

riviere-verte-et-silencieuse.jpg

 

 

♥ ♥ ♥ ♥

Une petite merveille pour souhaiter une

bonne fête à tous les pères !!!

  

L’auteur :

 

Hubert Mingarelli est un écrivain français. Il est lauréat du Prix Médicis en 2003 pour son roman Quatre Soldats. Il vit aujourd'hui dans un hameau de montagne de Matheysine dans les Alpes françaises.

 

L’histoire :

 

Un petit garçon, Primo, vit seul avec son père, ouvrier au chômage. Pauvreté matérielle et dénuement psychologique marquent ce récit. Le père et l'enfant imaginent faire fortune en cultivant des rosiers. On leur coupe l'électricité. Ils vont manger dans un bistrot où une femme chante des chansons grivoises. Ils volent des cierges dans une église pour s'éclairer. (Présentation Fnac)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Une rivière verte et silencieuse est un texte court et lumineux serti comme une pierre précieuse. Chaque scène est parfaite, s’insérant à merveille dans l’ensemble.

 

-          L’amour du père et du fils est au coeur du roman : ce père attendrissant est considéré comme un raté par tous mais l’amour de son fils va réussir à le sauver. Ils ont besoin l'un de l'autre, quoi qu'il arrive, Primo  veut désespérément croire en cet homme, son seul repère dans une vie solitaire, comme le père a besoin de choyer son fils pour se sentir exister :

 

« Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu’il avait attrapé des truites bleues à la main.

Je fermai les yeux.

Une rivière verte et des truites bleues. » (p. 52)

 

  - C'est un roman très visuel, la brieveté et la pureté des scènes leur apporte une intensité miraculeuse. Il est difficile de trouver les mots pour décrire cette merveille, je n'aurais qu'un seul mot "lisez-le"...

       

   « C'est vraiment pas grand-chose que ce livre, mais un premier roman capable de faire naître autant d'émotions, si on croyait en Dieu, on dirait qu'aujourd'hui c'est presque un miracle. » (Thierry Guichard, Matricule des Anges)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien…

 

Premières phrases :

 

« Cette herbe poussait si vite que personne ne jugeait utile de couper une herbe qui aurait repoussé le lendemain. Elle commençait derrière les maisons et, me semblait-il, s’étendait aussi loin que la vue portait depuis le sommet du château d’eau. Mais je ne pouvais pas l’affirmer, car je n’étais jamais monté sur le château d’eau. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Trois chevaux de Erri DE LUCA

 

D’autres avis :

 

Le Matricule des Anges

 

Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Editions du Seuil, 1999, 123 p., 11.43 euros

POCHE : Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Points, 2001, 128 p., 5 euros

 

Partager cet article
Repost0

Le goût des pépins de pomme de Katharina HAGENA

Publié le par Hélène

                                                           gout pépins de pomme  

♥ ♥ ♥ ♥

Un joli roman sur le thème du souvenir.

  

L’auteur :

 

Katharina HAGENA est une écrivaine allemande qui signe là son premier roman. Ell est professeure de littérature à l’université d’Hambourg.

 

L’histoire :

 

A la mort de Bertha, ses trois filles Inga, Harriet, Christa, ainsi que sa petite-fille Iris se retrouvent sur les lieux de leur enfance à Bootshaven au nord de l’Allemagne. Iris hérite de la maison familiale et va s’y installer le temps de régler les questions de succession. Ce sera l’occasion d’appeler à elle les souvenirs liés à la maison.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le charme diffus qui se dégage de cette lecture. De subtils entrelacs naissent entre la vie des personnages et la nature créant une atmosphère bucolique et aérienne presque magique.

-          Le thème de la mémoire et du souvenir : Iris rassemble des souvenirs éparpillés aux quatre vents et les offre à cette maison dépositaire de la mémoire familiale. La construction du roman épouse le caractère décousu de ses souvenirs confus et marqué quelquefois du sceau des secrets.

-          La description très fine que fait l’auteur des malades d’Alzheimer. Bertha avait sombré en effet les dernières années dans les affres de cette maladie tentaculaire.

-          L’intrigue liée à la mort de Rosemarie, la cousine d’Iris apporte la juste dose de mystère…

-          Plus prosaïquement, j’ai apprécié la couverture du roman, parfaitement en adéquation avec le récit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les réflexions quelquefois assenées plus que suggérées en une suite de question sans fin. Le texte pose de lui-même ces questions sur la mémoire et le souvenir, nul besoin d’en rajouter.

-          La bluette sentimentale. Etait-elle bien nécessaire ?

 

Premières phrases :

 

« Tante Anna est morte à seize ans d’une pneumonie qui n’a pas guéri parce que la malade avait le cœur brisé et qu’on ne connaissait pas encore la pénicilline. La mort survint un jour de juillet, en fin d’après-midi. Et l’instant d’après, quand Bertha, la sœur cadette d’Anna, se précipita en larmes dans le jardin, elle constata qu’avec le dernier souffle rauque d’Anna toutes les groseilles étaient devenues blanches. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les cinq quartiers de l’orange de Joanne HARRIS

 

Merci à Julia GALLET des Editions Anne Carrière pour cette belle découverte.

 

Le goût des pépins de pommes, Katharina HAGENA, Editions Anne Carrière, janvier 2010, 19.50 euros

 

TAGS : Littérature allemande - Famille- Femmes

 

D'autres avis chez Aifelle, Mango, Sylde.

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Sombre tango d'un maître d'échecs de Jean-François BOUCHARD

Publié le par Hélène

                                       

♥ ♥

"Les échecs sont la traduction sur une planchette de bois de la vie et de la mort, du sang et de la haine, de la colère et de la force. Et le sang, la mort et la haine débordent si souvent de l'échiquier..."

Ce que j'ai aimé :

1927. La Havane. Deux maîtres d'échec s'affrontent : José-Paul Capablanca, enfant prodige cubain, et le russe Alexandre Alekhine, qui tente ici d'acquérir  le titre de champion du monde détenu par Capablanca. Sur fond de réalité historique l'auteur installe sa trame : Capablanca est accompagné par un vieux professeur, le narrateur, aux premières loges pour raconter la partie qui se joue dans l'ombre : en effet Capablanca reçoit de mystérieuses lettres anonymes qui sous-entendent qu'il pourrait empêcher le meurtre d'innocents. Piqué dans son orgueil de joueur, Capablanca se précipite dans les bas-fonds de la Havane pour lutter contre son ennemi anonyme.

 Le suspens est discret, laissant la part belle aux personnages aux personnalités bien marquées : le russe terrassé par ses démons et par l'enjeu des parties, Capablanca, bon viveur grand amoureux des femmes, et le vieux professeur que la vieillesse rattrape inexorablement avec ses lots de regrets et de remords. Les univers de ces êtres sont diamétralement opposés, et pourtant, ils vont s'affronter, s'entraider, se jauger et se juger. Les lecteurs peu amateurs de polar pourront de fait parfaitement apprécier le récit qui oscille entre intrigue vaguement policière et portrait psychologique affûté des deux joueurs et de ceux qui gravitent dans leur ombre.

A l'image du jeu mythique, le roman brille par sa construction calibrée. Un bon moment de lecture !

Ce que j'ai moins aimé :

Les allusions aux évolutions technologiques de l'époque (le téléphone, l'ascenseur...) sont un peu trop marquées.

Infos pour le livre :

Chez Max Milo

Premières phrases :

"La Havane. 1942.

Il arrive que certains hommes soient des miracles de Dieu. Je distrais mes vieux jours en faisant leur connaissance au cours de s longues heures que je passe à la bibliothèque municipale de la Havane. Je lis leur histoire dans les lovres qui leur sont consacrés."

Vous aimerez aussi :

Le duel de iNDRIDASON

D'autres avis :

Yves 

 

Sombre tango d'un maître d'échecs, Jean-François Bouchard, Max Milo, 18 euros

Partager cet article
Repost0

De haute lutte de AMBAI

Publié le par Hélène

Ce que j'ai aimé :

De haute lutte est un recueil de nouvelles mettant en scène la femme indienne, et plus particulièrement la culture tamoule.

"Le manuscrit" : Chentamarai vit avec sa mère qui s'est battue pour vivre comme elle l'entendait, loin d'un mari poète violent.

"Les ailes brisées" : Châyâ est l'épouse d'un homme avare. Elle se rend compte peu à peu que l'aigreur de vivre près d'un homme qu'elle n'aime pas la transforme elle aussi...

"Pour que la femme jouisse d'une image positive aux yeux de la société, il fallait qu'elle se consume et se comporte en victime consentante plut^to que de se révolter et de chercher son plaisir. Mais en se conduisant ainsi, elle ne faisait que tricher et retourner son hostilité contre elle-même." p. 82

"De haute lutte" : Cempakan est une musicienne qui a épousé le fils de son maître de musique. Mais une rivalité s'installe entre elle et son mari également musicien. 

"La forêt" : récit onirique, mystique, beaucoup plus complexe.

L'originalité du recueil tient principalement par la place centrale prise par la musique, l'importance du chant traditionnel dans cette culture, art également pratiquée par ces femmes qui souvent doivent sacrifier leur passion pour devenir une parfaite épouse s'occupant de la maison et des enfants. Dans ces nouvelles, peu à peu, les femmes provoquent leur émancipation, mais la complexité de leur statut aujourd'hui reste entière.

Ce que j'ai moins aimé :

D'autres titres chez Zulma ayant le même sujet m'ont semblé plus forts, notamment les romans et nouvelles de Anjana Appachana, ou encore ceux de Bulbul Sharma, au caractère original. Je n'ai pu m'empêcher de comparer, et de fait, ce recueil-ci m'a moins plu. 

Présentation de l'éditeur :

Zulma 

Vous aimerez aussi :

La colère des aubergines de Bulbul SHARMA  ; Mangue amère de Bulbul SHARMA  Quand viennent les cyclones de Anita NAIR ; Une étrange et sublime adresse de Amit CHAUDHURI ; Pondichéry, à l’aurore de Aliette ARMEL ; Le tigre blanc de Aravind ADIGA ; Une bonne épouse indienne de Anne CHERIAN ; Les ombres de Kittur de Aravind ADIGA ; L’année des secrets d’Anjana APPACHANA  ; Mes seuls dieux d'Anjana APPACHANA ;  La vie troublée d'un tailleur pour dames de Bulbul Sharma

D'autres avis :

Jostein ; Yves

 

De haute lutte, Ambai, nouvelles traduites du tamoul (Inde) par Dominique Vitalyos et Krishna Nagarathinam, Zulma éditions, février 2015, 224 p., 18 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

Partager cet article
Repost0

Les forestiers de Thomas HARDY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Après avoir accompli ses études, Grace Melbury est de retour dans son village natal Little Hintock. Elle est destinée à Giles Winterbone, en raison d'une promesse conclue entre son père et celui de Giles. Mais le séjour de Grace loin de la vie campagnarde l'a transformée, et son mariage avec Giles n'est plus aussi évident qu'autrefois... Quand de surcroît elle rencontre le nouveau médecin de la région, Edred Fitzpiers, ses certitudes et celles de son père vacillent.

Grace est une jeune fille indécise, perdue entre ses sentiments profonds et les rêves de son père, tellement fier de sa fille unique et de son éducation, aveuglé par son amour pour elle. Il fait peser un poids sur les épaules de sa fille, souhaitant le meilleur pour elle, sans évidemment savoir quel pourra être ce meilleur. Il pense que les études fournissent un bagage solide pour une jeune fille de l'époque, lui permettant de s'extraire de sa condition sociale de paysanne. Mais sait-on vraiment ce qui forge l'identité d'un être ? Les études peuvent-elles transformer profondément Grace ? Les valeurs des personnes cultivées valent-elles celles des gens simples et travailleurs de la campagne ? 

A travers de beaux portaits simples et sincères, Thomas Hardy nous mène vers une réflexion profonde sur les fondements de l'être, sur le mariage et ses vicissitudes, et sur les valeurs que l'on porte en soi. 

Un très beau roman.

« Hardy n’a rien écrit de plus intelligent, de plus ému, de plus parfait. C’est une perle sans défaut, d’un orient incomparable », écrit André Gide dans son Journal, à propos du roman le plus injustement méconnu de l’auteur anglais.

Ce que j'ai moins aimé :

- J'avoue que la fin, un peut trop pathétique à mon goût, m'a déçue ... Mais cela n''enlève rien à mon plaisir de lecture.

Présentation de l'éditeur :

Libretto 

Vous aimerez aussi :

Les romans de Wilkie Collins

D'autres avis :

Dominique 

Lecture commune autour de Thomas Hardy dans le cadre du mois anglais.

 

Les forestiers, Thomas Hardy, traduit de l'anglais par Antoinette Six, Phébus, 2009, 416 p., 10.8 euros

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>