Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

1199 résultats pour “vie parfaite

Un avion sans elle de Michel BUSSI

Publié le par Hélène

avion sans elle

L'auteur :

      Après une thèse de doctorat de géographie, Michel Bussi a été recruté à l’Université de Rouen en 1993.

Il est professeur de géographie et directeur du laboratoire de modélisation et traitements graphiques en géographie.

Comme chercheur universitaire, il publie depuis une vingtaine d’années des articles et ouvrages scientifiques, principalement sur la géographie politique (dont beaucoup sur la région).
Son premier roman, Code Lupin, s'est vendu à plus de 7 000 exemplaires et a ensuite été publié en feuilleton, pendant 30 jours lors de l'été 2010 par le quotidien Paris Normandie. Son deuxième roman, Omaha crimes, a obtenu le prix Sang d'encre de la ville de Vienne en 2007, le prix littéraire du premier roman policier de la ville de Lens 2008, le prix littéraire lycéen de la ville de Caen 2008, le prix Octave-Mirbeau de la ville de Trévières 2008 et le prix des lecteurs Ancres noires 2008 de la ville du Havre, devant les meilleurs auteurs de polar de l'année.
Il publie en 2008 son troisième roman, Mourir sur Seine, qui se déroule pendant l'Armada 2008 de Rouen, et qui s'est vendu en quelques semaines à plusieurs milliers d'exemplaires. Mourir sur Seine a obtenu en 2008 le prix du Comité régional du livre de Basse-Normandie (prix Reine Mathilde). 

Il a publié en 2009 un nouveau roman, Sang famille, destiné à la fois aux adultes et aux adolescents. En 2010, il participe au recueil de nouvelles Les Couleurs de l'instant, avec une longue nouvelle, T'en souviens-tu mon Anaïs ?, qui se déroule à Veules-les-Roses et traite de la « légende » d'Anaïs Aubert.

À partir de 2010, il est publié aux Presses de la Cité. Son roman Nymphéas noirs, huis-clos qui se déroule dans le village de Giverny, sort le 20 janvier 2011. Il obtient un succès critique et populaire important, et remporte notamment le prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, le prix du polar méditerranéen (festival de Villeneuve-lez-Avignon), le prix Michel Lebrun de la 25e heure du Mans, le prix des lecteurs du festival Sang d'Encre de la ville de Vienne (« gouttes de Sang d'encre »), le Grand prix Gustave Flaubert de la Société des écrivains normands, devenant ainsi le roman policier français le plus primé en 2011.

Salué par Gérald Collard comme le polar de l'année, Un avion sans elle est récompensé par le prix Maison de la presse 2012, le prix du roman populaire 2012 et le prix du meilleur polar francophone 2012 (Montigny-les-Cormeilles). Vendu à plus de 40 000 exemplaires

(Source : Babélio)

 L'histoire :

       Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l'identité de l'unique rescapé d'un crash d'avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue  la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'affaire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête. Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu'à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu'un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ? (Source : Babélio)

 Ce que j'ai aimé :

 Ce roman est tellement un page turner tellement turner que j'ai tourné les pages plus vite que ma lecture, oui, j'avoue, je l'ai lu en diagonale.  Parce que soyons honnête dans ce roman le seul intérêt est la résolution de l'intrigue ! L’ensemble est très dilué, avec des longueurs démentielles si bien qu’il est très facile de le lire en diagonale tout en gardant le fil… 

La psychologie est un très sommaire : entre l'amoureux transi qui harcèle sa belle à coup de textos et d'appels intempestifs, la jeune femme parfaite insaisissable, la jeune psychopathe, les clichés s’accumulent.

Les idées sont tout aussi sommaires : ne vous fiez pas aux apparences, les méchants ne sont pas si méchants ni les gentils si gentils...

L'ensemble ne tient que grâce à cette intrigue démoniaque, mais malheureusement, un indice qui crève les yeux nous met rapidement sur la voie... Il n'en reste pas moins que les rebondissements s'enchaînent, que les contre la montre se mettent en place, que les personnages se dévoilent au fil des pages, et tout cela peut ferrer le lecteur. 

Qui sortira de sa lecture comme sonné, comme quand on passe un après midi devant la télé, devant des séries ou des films ineptes qui ont juste eu le mérite de nous faire passer -ou perdre selon le point de vue- notre temps... 

 Premières phrases :

 "L'Airbus 5403 Istanbul-Paris décrocha. Un plongeon de près de mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser à nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquemnt, avec la sensation terrifiante de s'être assoupis sur le fauteuil d'un manège de foire."

 D'autres avis :

 Babélio


Un avion sans elle, Michel Bussi, Pocket, mars 2013, 7.60 euros

Partager cet article
Repost0

Le dernier lapon d’Olivier TRUC

Publié le par Hélène

dernier-lapon

♥ ♥ ♥ ♥ 

 L’auteur :

 Journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste pour la télévision. Il est l’auteur de la biographie d’un rescapé français du goulag, L’Imposteur (Calmann-Lévy).

 

L’histoire :

 L’hiver est froid et dur en Laponie. À Kautokeino, un grand village sami au milieu de la toundra, au centre culturel, on se prépare à montrer un tambour de chaman que vient de donner un scientifique français, compagnon de Paul-Emile Victor. C’est un événement dans le village. Dans la nuit le tambour est volé. On soupçonne les fondamentalistes protestants laestadiens : ils ont dans le passé détruit de nombreux tambours pour combattre le paganisme. Puis on pense que ce sont les indépendantistes sami qui ont fait le coup pour faire parler d’eux.

La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. Deux enquêteurs de la police des rennes, Klemet Nango le Lapon et son équipière Nina Nansen, fraîche émoulue de l’école de police, sont persuadés que les deux affaires sont liées. Mais à Kautokeino on n’aime pas remuer les vieilles histoires et ils sont renvoyés à leurs courses sur leurs scooters des neiges à travers l’immensité glacée de la Laponie, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes dont les troupeaux se mélangent. Au cours de l’enquête sur le meurtre Nina est fascinée par la beauté sauvage d’Aslak, qui vit comme ses ancêtres et connaît parfaitement ce monde sauvage et blanc.

Que s’est-il passé en 1939 au cours de l’expédition de P-E. Victor, pourquoi, avant de disparaître, l’un des guides leur a-t-il donné ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks, ces chants traditionnels que chante le sympathique vieil oncle de Klemet pour sa jeune fiancée chinoise ? Que dissimule la tendre Berit malmenée depuis cinquante ans par le pasteur et ses employeurs ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et a l’air de bien connaître la géologie du coin ? Dans une atmosphère à la Fargo, au milieu d’un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

rennes.jpg

 

Ce que j’ai aimé :

L'immersion dans un monde totalement différent du nôtre est immédiate et fulgurante : bienvenue dans la nuit polaire illuminée par quelques minutes d'ensoleillement courtes et intenses ("Jeudi 13 janvier. Lever du Soleil : 10h41 ; coucher du soleil : 12h15. 1h34 d'ensoleillement." p. 64)

Dans ces contrées éloignées, les policiers eux-mêmes ont une mission atypique : Nina et Klemet appartiennent à la police des rennes chargés de régler aussi bien les errements des rennes de troupeaux à troupeaux que les accidents :

"Nina avait rempli pour la première fois un constat d'accident de renne.  Elle avait été surprise de voir le formulaire spécifique où il fallait entourer sur le dessin du renne les parties où la bête avait été accidentée. " (p. 53) 

Mais ici comme ailleurs, la mort rôde et peut soudainement prendre ses aises : Mattis, éleveur de rennes est retrouvé mort. Ce qui ressemble au premier abord à un règlement de compte entre propriétaires de rennes se revèle finalement bien plus complexe : la disparition simultanée d'un tambour lapon densifie l'enquête et  aiguille les deux policiers vers un faisceau de pistes remontant à une expédition de Paul Emile Victor dans la région en 1939.

En s'intéressant aux chants lapons, les joïks qui permettent de perpétrer les histoires et traditions des peuples, ainsi qu'aux motifs dessinés sur les tambours, Nina et Klemet vont découvrir que sous la neige, se cachent des trésors attirant la convoitise universelle des hommes...

Le lecteur découvrira pour sa part une communauté divisée en quête de son identité : les samis "dernière population aborigène d'Europe" (p.134) en butte contre l'église suspicieuse face à leur chamanisme, et persécutés encore à notre époque par un racisme ordinaire...

Olivier Truc réussit à allier subtilement des données ethnologiques denses à une intrigue passionnante, et parvient ainsi à tenir le pari difficile de divertir tout en instruisant...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien.

 

Premières phrases :

 « Aslak trébucha. Signe de fatigue. Normalement, ses pas trouvaient toujours. Le vieil homme n’avait pas lâché son paquet. Il roula sur lui-même. Le choc fut amorti par la couche de bruyère. Un lemming s’en échappa. »

 

Vous aimerez aussi :

Imaqa de Flemming JENSEN

D’autres avis :

Lire les billets de Michel, Yv, Dominique Keisha;  Dasola 

Presse 

 

Le dernier lapon, Olivier Truc, Métailié noir, septembre 2012, 456 p., 22 euros

Merci à Valérie des éditions Métailié.

 Un roman policier à chaudement recommander...

Partager cet article
Repost0

Déception et abandons de 2012

Publié le par Hélène

ville-des-serpents-d-eau-2943413-250-400.jpg

 

La ville des serpents d’eau de Brigitte AUBERT

Brigitte Aubert reprend un thème très couru en littérature policière : la pédophilie, et s’inspire pour ce faire d’un fait divers : séquestration d’une enfant devenue mère. Soit. Encore faudrait-il que les personnages soient crédibles : la séquestrée n’est pas  au quarantième dessous, la jeune Amy semble à peine décontenancée d’être lancée à l’air libre loin de sa mère et de son géniteur, le flic alcoolique –là encore quelle originalité !- enquêtant est grossier et très peu attachant, donc déjà, pour moi cela commençait mal.

Il a suffi de quelques passages pathétiques appuyant sur la corde sensible gratuitement pour que ce polar me tombe des mains. Il m’en reste une impression très désagréable, gluante, collante, lourde, qu’un style basique a définitivement embourbé dans les limbes de mon ennui. Et pourtant je me souviens d’avoir beaucoup aimé « La mort des bois ». C’est dommage.

 D'autres avis : Clara 

grand prix lectrices de elle

plan-table.jpg

 Plan de table deMaggie SHIPSTEAD

Présentation :

Un mariage, le plus beau moment d'une vie...? Plan de table, ou quand une riche famille américaine se retrouve en huis clos sur une île de Nouvelle-Angleterre. Amour, fidélité, réussite et démon de midi, dans la lignée des Sortilèges du cap Cod de Richard Russo ou encore d'American beauty de Sam Mendes, un roman social grinçant et jubilatoire, une analyse au scalpel des vies étriquées et superficielles de l'upper class américaine.

Brillante, impertinente et jubilatoire, une comédie de moeurs grinçante sur une île très select de Nouvelle-Angleterre, le tableau aussi émouvant que désopilant d'une upper class américaine engoncée dans ses codes et ses certitudes.

C'est l'événement de la saison sur l'île de Waskeke : Daphnée, l'aînée des Van Meter, se marie ! Mais alors que famille et amis sont en effervescence, son père, lui, arbore une mine maussade.
Pour Winn, banquier désabusé de cinquante-neuf ans, passe encore de voir sa fille très enceinte s'afficher en robe virginale, de supporter les commentaires gras des cousins de province et les discours éméchés de sa belle-soeur. Passe encore qu'une fuite de homard sème la panique et qu'une baleine choisisse précisément ce week-end pour venir s'échouer sur la plage. Passe enfin que son éducation toute protestante l'empêche de goûter aux appas de la jeune Agatha, demoiselle d'honneur particulièrement accorte.
Non. Le vrai scandale pour Win, cette obsession qui hante ses nuits, se résume à une seule question : pourquoi les portes du Pequod, le club le plus huppé de l'île, ce sanctuaire des âmes bien nées, lui restent-elles désespérément closes ?
Plus que deux jours à tenir et ce mariage sera de l'histoire ancienne...



Mon avis :

 Les problématiques des personnages m'ont semblé creuses et sans intérêt le vieux rombier qui lorgne la jeune damoiselle amie de sa fille, la jeune fille éconduite malheureuse comme la pierre, la mère de famille affairée, la future jeune mariée enceinte et fatiguée... Et le seul souci à l'horizon est la fait que ce brave ... ne puisse pas intégrer le club qu'il convoite ! Pauvres personnages si riches...

 

D'autres avis :

 Le Figaro http://www.lefigaro.fr/livres/2012/09/26/03005-20120926ARTFIG00689--plan-de-table-un-mariage-a-risques.php

Cathulu http://www.cathulu.com/archive/2012/10/29/plan-de-table.html

 

reparation.jpg

La réparation de Colombe SCHNECK

 

Quatrième de couverture :

« Je me suis d'abord trompée.

Je me disais c'est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d'amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La petite Salomé, dont ma fille a hérité du beau prénom, mon arrière grand-mère, mes oncles et tantes, mes cousins, vivaient en Lituanie avant la guerre. Ils appartenaient à une communauté dont il ne reste rien. »

 Que s'est-il vraiment passé dans le ghetto de Kovno en 1943 ? Et pourquoi cette culpabilité en héritage ?

Dans ce roman-vrai, Colombe Schneck remonte le temps et fouille les mémoires. Jusqu'à la découverte d'une vérité bouleversante.

  

Mon avis  :

En premier lieu, il y a l'écriture, basique, froide, banale, sans aucun intérêt, peut-être due au fait que l'auteure est journaliste.

Puis le sujet, l'intérêt de ce témoignage qui n'apporte pas grand chose au sujet, si ce n'est de soulager la conscience de l'auteure. Ecrire sur la Shoah pourquoi pas, que l'on aime ou non les bains dans la Méditerrranée, là n'est pas la question. Mais encore faut-il avoir quelque chose à dire, à raconter, et savoir le faire. 

Bref,  pour finir, la construction labyrinthique, faite d'allers-retours, a eu raison de mon intérêt pour ce roman-témoignage.

 

D'autres avis :

Jostein Mimi qui souligne le fait étrange que ce livre soit considéré comme un roman et non comme un témoignage.

Clara

oreilles-de-buster.jpg

Les oreilles de Buster de maria ERNESTAM  

Quatrième de couverture :

Eva cultive ses rosiers. À cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi la cruauté est-elle plus douce lorsqu’on l’évoque dans l’atmosphère feutrée d’une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l’a jamais aimée.

Très tôt, Eva s’était promis de se venger. Et elle l’a fait, avoue-t-elle d’emblée à son journal intime.

Un délicieux mélange de candeur et de perversion.

 

Mon avis :

Trop lent, je pensais rire, mais ce ne fut pas le cas.

Il faudra que l'on m'explique pourquoi l'auteur pense qu'une femme est vieille à 56 ans ? C'est étrange.

Il m'a été difficile de m'identifier aux personnages.  Une impression d'ennui a prévalu sur mon envie de lire ce roman ! 

libellules.jpg

 Quatrième de couverture :

 Il y a, dans Libellules, un enfant qui grandit et sans cesse s’interroge, un père qui aimerait pouvoir lui répondre, il y a cette femme qui, du matin au soir, secoue son linge à sa fenêtre, il y a Kate, là-bas, en Antarctique, et la tragique histoire d’un chapeau à la mer… Avec tendresse et bienveillance, un homme, écrivain, porte un regard sensible et drôle sur le monde qui l’entoure. (Présentation de l’éditeur)

 Mon avis :

 J'ai aimé les chapitres consacrés à l’enfant qui pose des questions philosophiques auxquelles il est difficile de répondre sont frais et intelligents. J'ai trouvé les autres chapitres insignifiants, le narrateur observe le monde qui l’entoure et nous le rend tel quel, sans réel travail de création ou de poésie. A chaque fin de chapitres, je me disais « Oui ? Bon… »

   D’autres avis :

 Clara ; Nina ; Yves  

   deesse_des_petites_victoires_m.jpg 

 

Quatrième de couverture :

Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.


Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique.


Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer.
 

Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.

 

Mon avis :

Trop de longueurs, une situation statique pendant plusieurs pages, des considérations scientifiques qui ne m'intéressaient pas du tout, des personnages peu attachants, voire franchement antipathiques, des situations répétitives (les chapitres consacrés aux visites de Adèle à la vieille Anna), bref, j'ai abandonné.

 

D'autres avis :

 

Chez Babélio  

remington.jpg

Remington de Mamadou Mahmoud N'Dongo

 

Quatrième de couverture : « Mon dimanche a commencé comme le début d’un film de Jim Jarmusch par un long plan séquence où le héros devant son verre de pur malt est assis au comptoir, près de lui, une Rita Hayworth éméchée mime une danse lascive devant un juke-box à la prise débranchée, tandis que le barman lit 2666 de Roberto Bolaño, il est minuit passé de cinq minutes, rue Myrha, je regarde mon reflet dans le miroir au-dessus du comptoir, je venais d’avoir quarante et un ans ». Miguel Juan Manuel vit à Paris, il est critique rock pour le magazine Remington, où il tient une chronique dans laquelle il fait entendre sa musique.
Un brin narcissique, un rien insouciant, Miguel Juan Manuel carbure au sexe, à l’alcool et au rock’n’roll… mais, le soir de son anniversaire, il fait son examen de conscience lors de la fête que lui organisent ses amis et ses fantômes. Dans de courts chapitres, comme autant de récits de vie, de récits de soi, Mamadou Mahmoud N’Dongo relate les ambivalences, les incertitudes, les doutes d’une génération.

 

Mon avis : Il faut préciser que Miguel est un être très narcissique et pas seulement "un brin", un être, qui, à mes yeux, brasse du vent, comme, sans doute il est vrai, de nombreux êtres de sa génération. Mais nous parlons là d'une génération de nantis qui peuvent s'offrir drogue, alcool, filles faciles et fêtes débridées, soit une certaine élite.

Le récit est une suite de pensées nées d'un esprit anesthésié qui a fini par endormir mon intérêt pour les frasques de ce cher Miguel. Je le laisse fêter seul son anniversaire... 

fabuleux-menteur.jpg

 Un fabuleux menteur de Susann PASZTOR

 

Quatrième de couverture : Lily, seize ans, nous relate une réunion de famille vouée à la mémoire de son grand-père Joschi, grand raconteur d'histoires devant l'Eternel, menteur impénitent, séducteur aux nombreuses épouses et aux nombreux enfants. A trop raconter d'histoires, c'est bien à sa mémoire que Joschi a jeté un sort.
Plus exactement aux bribes de mémoire, si contradictoires, que ses descendants aimeraient bien trier pour leur trouver une cohérence et s'accorder enfin sur le récit de leurs origines. Comédie humaine à l'échelle d'une famille, farce fort peu innocente puisqu'elle s'organise autour du voyage à Buchenwald de quelques Allemands un peu perdus à la recherche d'une confirmation de leur judéité, Un fabuleux menteur est un roman d'une légèreté perspicace, et d'une gravité généreuse.

 

Mon avis : J'ai trouvé ce roman très plat, sans grand intérêt.

La jeune Lily prend la parole du haut de ses seize ans et le style utilisé est tout aussi basique que les histoires qu'elle nous raconte. Peut-être ce roman conviendrait-il davantage à des adolescents...

Je ne suis pas allée au bout...

 

Extrait : "Dans la rue, je remis mes écouteurs et optai pour la musique de Portishezd parce que j'étais déprimée et que je voulais rester encore un peu seule. En fait, je n'avais plus aucune envie de me promener. Indécise, je tournai à gauche puis à droite et continuai un peu tout droit." (p. 141)

  dernierenuittwistedriver.jpg

Dernière nuit à Twisted River de John IRVING

 

Quatrième de couverture : A Twisted River circulent des histoires... Celles que les bûcherons racontent dans la chaleur du camp, peuplées d'ours et de sensuelles Indiennes. Et celles qu'ils taisent, comme cette nuit glacée qui a vu la fuite de Dominic et de son fils, après le meurtre accidentel de la maîtresse du shérif. En cavale à travers l'Amérique, ils tentent de semer leur passé. Mais peut- on oublier Twisted River ?

 

Mon avis : J'ai adoré la première partie et je me suis perdue au mitan du roman. Les époques se confondent à ce moment là, l'action fait une pause et le roman m'a laissée sur la route. Dommage...

 

D'autres avis (positifs pour la plupart) : Télérama Babélio

 

nom pour un autre

 

Un nom pour un autre de Jhumpa LAHIRI

 

 

Présentation de l'éditeur : Apparemment, c'est une simple histoire de nom, un caprice d'enfant. Lorsqu'il entre à l'école, près de Boston, Gogol refuse d'être appelé autrement que par ce surnom improvisé par son père à sa naissance. Non, il ne sera pas Nikhil, il ne veut pas se présenter sous ce prénom bengali. Bannissant ces deux syllabes qui le rattachent à la terre natale de ses parents, Gogol grandit comme un jeune Américain sous leur regard à la fois déconcerté et fier. Il joue au base-ball, écoute du rock, fréquente de jolies Américaines... Mais à la mort de son père, quelque chose se rompt en lui, révélant cette identité qu'il avait niée. Les deux syllabes oubliées, Nikhil, résonnent alors avec une profonde familiarité... A travers l'histoire de la réconciliation de Gogol avec son prénom, décrivant les désarrois d'une famille déracinée, Jhumpa Lahiri, révélée par L'Interprète des maladies, lauréat du prix Pulitzer en 2000, offre une évocation subtile et sensible des conflits intimes liés à la double
culture. 

 

Les raisons de mon abandon : c'est long, lent, dense, ça n'en finit pas, et comme j'ai une PAL faramineuse, avec des romans très tentants, j'ai laissé là ce brave Gogol et ses soucis d'identité. malgré tout le sujet de l'émigration est abordée de façon intelligente, le lecteur ressent durement les difficultés liées à une adaptation dans un pays et une culture radicalement différentes de ceux d'origine...

 

D'autres avis : Sassenach Lire

canyon.jpg

  Le canyon de Benjamin PERCY

Dès les premières pages, j'ai eu peur de ce roman : un homme étrange, son fils et au milieu d'eux, un fusil, j'ai eu l'impression de revivre Sukkwan Island.

Puis le récit se concentre sur un couple un peu chaotique pour ne pas dire franchement déprimant : on apprend que la jeune femme a perdu un enfant alors qu'elle était enceinte de 5 mois -sic-, depuis elle rejette son mari -deuxième sic-, et comme si cela ne suffisait pas, son deuxième enfant, bien vivant jusqu'ici disparaît -triple sic-... Tout cela en l'espace de quelques pages...

Et ce n'est pas tout  : l'enfant -le deuxième, vivant, vous suivez ?- a été enlevé par l'homme au fusil du début...  Gloups !!!

J'ai eu trop peur de la page 113, j'ai abandonné !

D'autres avis : chez Babélio 

  

livre-des-visages.jpg

Le livre des visages de Sylvie GRACIA

 

Présentation de l'éditeur : Durant une année, Sylvie Gracia s’astreint à publier régulièrement sur facebook une photo prise avec son téléphone portable, puis écrit la réaction spontanée que cette image fait naître en elle. S'invente alors au jour le jour une nouvelle forme du Journal littéraire où le plus intime surgit d’un étonnement, d’un éclat de colère, d’une peur d’être dévoilée, d’un désir soudain avoué. Ici, c’est le fragment, si consubstantiel à notre modernité, qui dévoile le réel, et la poésie la plus délicate comme la critique la plus féroce peuvent en naître. Ici l’instant est roi. Qu’il s'agisse du regard d’une femme de cinquante ans sur son propre corps, de la tendresse d’une mère pour ses filles, de l’appartement familier, d’un paysage urbain mais aussi d’idéologie ou de politique, l’œil est comme neuf, lavé, et même l’épreuve de la maladie, grâce à ce processus de distanciation, pourra peut-être se vivre autrement.

 

Mon avis : Je n'ai pas trouvé d'intérêt particulier à ce livre : les photos sont tout à fait banales, les textes qui leurs sont adjoints est tout aussi insignifiant, sans style particulier, ni idées révolutionnaires...

Dommage car j'avais beaucoup apprécié le roman de cette auteur : La parenthèse espagnole, lu avant le blog mais j'en parle ici (sous le pseudo de Léna Gari) : http://prix-orange-du-livre.event.orange.fr/livre/Sylvie-Gracia--15.html

 

liste-de-mes-envies.jpg 

La liste de mes envies de Grégoire Delacourt

 

Dans ce monde existent mille raisons de désespérer et je n'attends pas d'un livre qu'il me livre un énième témoignage de désespoir. J'attends au contraire la lumière, l'espoir, le bonheur optimiste. Ceci est la première raison pour laquelle je n'ai pas du tout apprécié ce roman...

 

De plus le style poussé à son strict minimum (sujet - verbe- complément) (mais sans le talent d'une Marguerite Duras...) m'a rapidement lassée ...

 

Si vous rajoutez quelques clichés ( "La convoitise brûle tout sur son passage."

"Je comprends aujourd'hui que je fus riche de sa confiance. Cliché, je sais. Mais vrai." (p. 85) , "Je sais qu'on ne gâte jamais assez ses parents et que lorsqu'on en prend conscience il est déjà trop tard." (p.86)), vous comprendrez pourquoi je n'ai pas été enthousiasmée.

 

Alors pourquoi un tel succès ? Sara  vous l'explique...

 

La liste de mes envies est un roman simple au propos simplet qui n'apporte rien de nouveau...

Alors_Belka_tu_naboies_plus_.jpg

 

 

Alors Belka, tu n'aboies plus ? de Hideo FURUKAWA

Editions Picquier

 

Présentation : En 1943, l'armée impériale japonaise laisse derrière elle quatre chiens sur une île déserte.
Ils la quitteront, et leurs descendants se répandront sur la terre pour chercher, au fil de leur généalogie chaotique, un lieu où ils puissent se sentir véritablement à leur place. Leur terre promise à eux. Ils participeront à toutes les aventures du XXe siècle, sur terre, sur mer, et même au-delà, pour nous donner à lire, dans un prodigieux renversement de valeurs, une nouvelle histoire du monde et adresser en même temps une déclaration de guerre à notre XXIe siècle.
Un roman polyphonique au rythme trépidant et d'une insolence extravagante qui remet en cause l'autorité naturelle de l'humanité sur le monde. Un livre hors normes dans la littérature japonaise contemporaine qui repousse stylistiquement encore plus loin les frontières du réel et de la fiction. De quoi est fait le monde, selon vous, sinon de fiction ? Car il s'agit bien, dans ce roman, de lâcher les chiens de la fiction !

 

Pourquoi j'ai abandonné : Un livre étrange, à l'atmosphère moderne aux ramifications souterraines inquiétantes. Trop étrange peut-être pour moi ?

 

D'autres avis : Télérama

 

journal-d-un-corps-de-daniel-pennac-gallimard.jpg

 

Journal d'un corps de Daniel PENNAC

Gallimard

 

Présentation : Le narrateur a commencé à tenir scrupuleusement le journal de son corps à l'âge de douze ans, en 1935. Il l'a tenu jusqu'à sa mort, en 2010, à 87 ans.

Son projet était d’observer les innombrables surprises que notre corps réserve à notre esprit d'un bout à l'autre de notre vie. Ainsi a-t-il finalement décrit toute l'évolution de son organisme.

Le résultat est le roman d'un corps qui tient moins du précis anatomique que de l’univers malaussénien, car Daniel Pennac évite la froideur du constat médical en introduisant à chaque page des personnages, des situations, des dialogues et des réflexions qui font circuler le sang de l’intimité dans ce corps autopsié que le lecteur, souvent, reconnaîtra comme étant le sien.

 

Pourquoi j'ai abandonné : Je me suis ennuyée, je n'ai trouvé aucun intérêt, même si je conçois que le projet soit original. Je suis une des rares à ne pas avoir aimé, je vous renvoie donc à toutes les critiques unanimes répertoriées par  Babélio

théorie du panda 

 

La théorie du panda de Pascal GARNIER

 

Je dois dire que cette histoire commençait plutôt bien : un homme mystérieux débarque dans une petite ville bretonne dont l'atmosphère pluvieuse et statique est admirablement bien rendue. L'homme se lie avec quelques habitants, et s'installe dans la ville comme dans leur vie.

 

Bon d'accord, les habitants ne sont pas du genre à chanter à tue-tête comme dans les comédies mais on n'est  pas dans de la chick-lit que diable ! Ah ça non ! Peu à peu les réminiscences de cet étrange Gabriel m'ont mis la puce à l'oreille : l'homme avait dû vivre une expérience traumatisante, c'était certain, mais bon la vie ce n'est pas de la chick lit, nous portons tous nos calvaires non ?

 

Sauf que quand j'ai commencé à comprendre, mon coeur de jeune mère angoissée a fait un bond et j'ai cru que j'allais avoir un malaise, là, tout de suite, dans mon train à gare du nord. J'ai donc hésité : soit je continuais et dans ce cas je risquais le malaise, l'affolement, les pompiers, la foule en délire car le train allait avoir cinq minutes de retard, le lynchage collectif (il ne faut jamais contrarier un parisien qui rentre chez lui, il faut le savoir...)...soit j'arrêtais là ma lecture.

 

Bon les pompiers m'ont tentée un temps, je l'avoue, jusqu'à ce que j'imagine la scène quand je devrais me justifier

 

" - Ce n'est pas ma faute, c'est le panda, là...

- Vous avez vu un panda ?

- Mais non, le panda, là, dans le livre...

- Ah oui... Le panda..."

 

De toute façon depuis que je sais que les pompiers ont une formation militaire, je suis résolument tournée vers les cow-boys comme Dahlgren (que je sais très bien écrire -et prononcer- contrairement à certaines...)

 

Bref (comme dit l'autre), j'ai choisi d'être raisonnable et de poser mon livre.

 

Je ne dis pas, je le garde en réserve pour le jour où je chanterai à tue-tête et que j'aurais besoin dun bon rappel à l'ordre parce que quand même, la vie n'est pas une partie de plaisir et qu'elle est même mortelle (dixit Pascal à la page 30).

 

Si malgré tout le livre vous tente, je dois dire pour sa défense que l'écriture est poétique et profonde et que Pascal Garnier est un maître du roman noir, c'est indéniable. Il faut juste avoir envie de plonger dans sa noirceur...

 

 

"C'est un quai de gare désert où s'enchevêtrent des poutrelles métalliques sur fond d'incertitude..." (p.182)

 

D'autres avis : CryssildaTélérama,

drameordinaire

Un drame ordinaire de Anne Barrovecchio

 

Le drame dont parle l'auteur est la perte de l'être aimé. Un drame "ordinaire" décrit dans un style ordinaire avec des images ordinaires et une émotion compréhensible, bref, rien de bien nouveau sous le soleil...

 

Pas de talent particulier à mes yeux, j'ai laissé  la narratrice se consoler avec ses mots...

 

   monsieur-sapiro.gif

  Monsieur Sapiro de Benny BARBASH

 

Quatrième de couverture : Voler au bluff l’identité d’un inconnu dans le lobby d’un hôtel de luxe à la faveur d’un appel téléphonique, c’est la folle aventure dans laquelle s’élance Miki. Pour ce publicitaire mal dans sa peau et dans sa tête, voilà l’occasion ou jamais de changer de vie… et de femme.
On découvre alors dans un même imbroglio la vie de Miki, ses aspirations déçues et le désastre de son couple entre passion et reniement, au moment même où il échafaude, à partir de ces débris, sa nouvelle existence dans la peau de M. Sapiro, génial faussaire disparu semble-t-il dans un crash.  

 

Mon avis : C'est un tel imbroglio dans la vie de ce Miki que je me suis perdue entre les scènes réelles, les scènes fantasmées, les scènes passées dans la peau du faussaire...

C'est dommage car au reste j'ai bien apprécié les réflexions du narrateur, ses élans liés à sa libido, son mal-être, son espoir lié à sa nouvelle vie, puis ses déconvenues, bref je l'ai trouvé très humain et attachant. En tant que narrateur son discours peut ressembler quelquefois à une logorrhée mais le fond reste profond et enrichissant.

Partager cet article
Repost0

Que lire après Harry Potter ?

Publié le par Hélène

Votre enfant a dévoré tous les Harry Potter en une semaine ? Il vous a trainé dans toutes les expos possibles et imaginables sur le sujet ? Il cherche à vous ruiner en vous bassinant avec les studios visitables à Londres ? Il a commencé à vous ruiner d'ailleurs en vous demandant de débourser 40 euros pour une soit disant baguette magique qui finalement ne s'est révélée n'être qu'un vulgaire bout de bois ? Il vous fait manger des bonbons appétissants au goût de vomi ?  Il vous a fait passer des tests ridicules pour savoir dans quelle école vous iriez pour ensuite se moquer pendant 10 jours parce que le résultat était Serpentard ? Il a retapissé sa chambre avec des posters d'Harry alors que vous aviez prévu de jolis posters avec des chevaux crinière au vent ? Ne cherchez plus, j'ai la solution !

Faites lui lire autre chose ! Quoi ? me demanderez-vous alors après avoir essayé en vain "Oui oui au cirque" et autres joyeusetés ? J'ai la solution ! Vous pensez bien que je n'ai pas trouvé cela seule, je me suis adressée pour répondre à cette épineuse question à mon collègue Benoît.

Vous remarquerez que le collègue reste une valeur sûre dans bien des domaines : aller vous chercher un café à 7h du mat au 8ème étage parce que la machine à café du rez de chaussée est en panne et que grimper 8 étages, ça fait haut quand même (collègue de la sécurité), vous suggérez diplomatiquement de refaire votre cv et par la même occasion de faire une formation word et excel, parce que "vraiment là ce n'est pas possible Hélène" (collègue RH) vous apprendre philosophiquement que le gars de la compta couche avec le mec de la créa (assistante de direction), vous expliquer que non les chauffages électriques ne sont pas écologiques, et que mieux vaut rester dans 16°, c''est plus sain pour la planète (collègue maintenance)...

Bref, là où je travaille j'ai un collègue geek acheteur compulsif (à l'origine de mon achat de liseuse dont je vous parlerai une autre fois), des collègues de la sécurité qui ronflent quand j'arrive le matin à 8h, et les collègues de la maintenance qui passent leur temps à se promener avec des échelles pour faire croire qu'ils sont débordés. Benoît est un des gars à l'échelle. Il est jeune, il est sympa, et voici ce qu'il a conseillé à mon fils pour pallier à son manque après la fin d'Harry Potter : 

EragonUn garçon… un dragon… une épopée… Eragon vit avec son cousin Roran et son oncle Garrow dans une petite ferme sur les terres de l’empire de l’Alagaësia. Jusqu’au jour où il découvre une magnifique pierre bleue. Il n’imagine pas alors qu’il s’agit d’un œuf de dragon, et que sa vie va en être bouleversée. Il deviendra Dragonnier, héritier d’une caste d’élite que le démoniaque roi Galbatorix, veut éradiquer… Eragon n’a que 15 ans, et le destin de l’empire est désormais entre ses mains.

Percy JacksonPercy Jackson n’est pas un garçon comme les autres. Ado perturbé, renvoyé de collège en pension, il découvre un jour le secret de sa naissance et de sa différence : son père, qu’il n’a jamais connu, n’est autre que Poséidon, le dieu de la mer dans la mythologie grecque. Placé pour sa protection dans un camp de vacances pour enfants « sangs mêlés » (mi-humains, mi-divins), Percy se voit injustement accusé d’avoir volé l’éclair de Zeus. Afin d’éviter une guerre fratricide entre les dieux de l’Olympe, il va devoir repartir dans le monde des humains, retrouver l’éclair et démasquer le vrai coupable... au péril de sa vie.

-Je précise pour celui-ci que mon fils l'a lu et que j'ai eu droit à mille questions par heure sur la mythologie, si bien que j'ai fini par craquer et lui acheter un dictionnaire avec tous les dieux et déesses grecques pour avoir la paix ! 

A la croisée des mondesPourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée d'une prestigieuse université anglaise, est-elle l'objet de tant d'attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami, Roger, disparaît, victime des ravisseurs d'enfants qui opèrent dans tout le pays, elle n'hésite pas à se lancer sur ses traces... Un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.

Le livre des étoilesGuillemot est un garçon du pays d'Ys, situé à mi-chemin entre le monde réel et le Monde Incertain. Mais d'où lui viennent ses dons pour la sorcellerie que lui enseigne Maître Qadehar ? Et qu'est devenu Le Livre des Étoiles, qui renferme le secret de puissants sortilèges ? 
Dans sa quête de vérité, Guillemot franchira la Porte qui conduit dans le Monde Incertain, peuplé de monstres et d'étranges tribus...

Artemis Fowl Nom : Fowl. Prénom : Artemis. Age : 12 ans 
Signes particuliers : une intelligence hors du commun.
Profession : voleur. 
Recherché pour : enlèvement de fées et demande de rançon. 
Appel à tous les FARfadets, membres des Forces Armées de Régulation du Peuple des fées : cet humain est dangereux et doit être neutralisé par tous les moyens possibles. Un anti-héros pétillant de malice, une galerie de personnages décapants, une histoire au rythme débridé... Découvrez l'univers unique et enchanteur d'Eoin Colfer.

Narmia Au commencement étaient un petit garçon, Diggory, et une petite fille, Ponny, qui passaient leurs vacances en Angleterre dans des maisons voisines. A la suite de leurs pérégrinations enfantines, ils se retrouvent sans l’avoir voulu dans le cabinet de travail d’Andrew, l’oncle bizarroïde de Diggory. Au moyen de bagues magiques, ce dernier envoie Polly… ailleurs : elle disparait en tout cas de la maison londonienne ! Diggory, n’écoutant que son courage, part à son tour « ailleurs », la retrouver, éventuellement la sauver, et surtout la ramener. 

Au vu des commentaires qui suivent je retire Narmia de cette liste !

Quête d'Ewilan En pénétrant accidentellement dans l’univers de Gwendalavir, Camille découvre qu’elle est l’élue sur qui repose la survie de tout un peuple. Après avoir réussi à maîtriser le Don du dessin et terrassé de nombreux ennemis, Camille devient Ewilan… Sa quête lui permet de faire la lumière sur son identité, ses responsabilités, ses aspirations et sa place dans le monde..

 

Récemment, une libraire m'a aussi conseillé ces deux romans (parce que les libraires c'est aussi une valeur sûre...) :

Le premier défi de Mathieu Hidalf de Christophe Mauri Dans le royaume astrien, un royaume de (presque) conte de fée, il existe un enfant déjà très célèbre malgré son jeune âge, c’est Mathieu Hidalf. Il s’apprête à fêter son dixième anniversaire et le royaume est suspendu à ses faits et gestes. Mathieu est né le même jour que le vieux souverain et concocte, chaque année une bêtise particulièrement spectaculaire. Bien sûr, cela entraîne des punitions tout aussi spectaculaires car le père de Mathieu, haut dignitaire du royaume, ne supporte pas que son fils lui vole la vedette.

Tobie Lolness Tobie et sa famille appartiennent au peuple de l'arbre qui réside dans un vénérable chêne, ruche de vie. Le jeune héros mesure quelques millimètres, ce qui lui rend la vie bien difficile. Le père de Tobie, grand savant, refuse de révéler sa dernière découverte scientifique qui pourrait bouleverser non seulement leur vie à tous mais aussi les projets de certains membres du Grand Conseil... Ce refus va entraîner la famille de Tobie dans la déchéance. Emprisonné, le jeune héros va se retrouver propulsé seul dans de terribles aventures...

 

Babelio propose aussi sa liste : Babelio Que lire après Harry Potter ?

Et vous avez-vous trouvé d'autres solutions ? D'autres titres à conseiller ? 

 

Vous pouvez aussi le sortir de cet univers en tentant les romans de Slalom, la semaine dernière il a lu Camp Pikachu et actuellement il est plongé dans le roman de Sophie Adriansen Les grandes jambes , mais comme il a participé à la vidéo de lancement de la maison d'édition et qu'il connaît Sophie, je pense que cela explique son désintérêt passager pour Harry et je ne peux pas vous garantir que cela marche pour le vôtre ... 

 

Publié dans Jeunesse Roman

Partager cet article
Repost0

Mon salon du livre 2015

Publié le par Hélène

Comme je veux rendre ce qui est à César à César, je rends mon mode d'écriture de ce compte-rendu à Moka dont le "Mois après mois" m'a inspirée !

Jeudi 19 mars : Soirée d'inauguration du Salon :

Faire le salon du livre avec Sophie, c'est s'arrêter tous les mètres pour saluer quelqu'un et rencontrer de fait des tas de gens passionnants. Connus ou pas. Enfin surtout pas connus de moi... Mais passionnants.

Stand Ecole des Loisirs. Du bienfait du yoga. Si tu veux vivre sur une île va à Ibiza

Croisé Jaeneda. Lu une fois. Pas aimé.  Il s'en souvient encore. 

Stand Robert Laffont. La foule. Attirée par le fait que les entrées soient filtrées ? Ou par le buffet ? Caroline et ses bracelets bleus. Goûte les macarons. Stephie et sa spontanéité-gentillesse-bonne humeur. Je ne sais plus où j'ai garé ma voiture. Tamara  et ses bientôt presque 10 ans de blog. Pousse-toi t'es devant les millefeuilles. Noukette. Qui s'appelle Anne. L'histoire est trop longue à raconter. Y'a plus d'champagne. Caroline et Didier. Mais il t'a envoyé un SMS ? 

Tiens y'a Tonie Behar ! Lue ! Un amour de fille. Just do it ! Mais ils sont où Lattès ?Tiens si on appelait Anne ?

Stand Gallimard. Tiens y'a Serge. Qui ? Serge Joncour. Pas lu. Attends avant je salue Eric Reinhardt. Pas lu. Attends on fait un selfie. Celle qui ressemblait à Rosanna Arquette. 

Mon salon du livre 2015

Je cherche Michel Lafon. Y'a pas. Mais y'a Robert. Et des macarons à mourir. 

Tiens Ian Manook ! Lu ! Ah non c'était sa photo...

Stand storylab. Mais pourquoi ça s'appelle Iggybook ? Ca a l'air bien, ça me donnerait presque envie de devenir auteur. De l'intérêt de fréquenter les salons de province. Le train du cholestérol. Il fait froid ici, viens on s'en va.

Paul Vacca. Pas lu. Avec Yann Suty. Pas lu mais connu. Et sinon tu lis quoi Yann ? Paul Auster ? Lu !  Tu publies bientôt autre chose ? Allez, je le lirai... Ceux qui se croient au-dessus des lois et fument. Des bobos parisiens...

Pierre et Guillaume de Babélio. Ah bon y'a une rencontre Babélio dimanche ? Le gorille récalcitrant. La sécurité vacillante. Qui éteint les cigarettes mais ne te fouille pas à l'entrée. 

Tout le monde dehors. J'aime pas les gens. On ne sait jamais comment peut finir ta soirée...

Les blogueurs, une grande famille. L'an prochain, promis je lirai plus de romans français. 

 

Journée du samedi 21 mars :

Une journée placée sous le signe des blogueurs et des conseils de lecture.

Espace Presse 11h petit déjeuner Métailié entre blogueurs.

Anne-Charlotte et son sourire éclatant. Des livres de Sepulveda, Indridason, Lidia Jorge, Moussa Konaté, Galsan Tschinag... L'impression d'être chez soi. Sandy, Cryssilda avec qui j'ai tant de goûts communs. Lisez Books les filles ! Jostein, Valérie et son intérêt pour l'itinérance, Marjorie, Laurie, Noukette, Jérôme, Sara ... Framboise Lavabo. Pourquoi Lavabo ? Comme ça. Enfin mettre des visages sur des liens virtuels. Les blogueuses écrivent mal. Rencontre avec une anti-blog. Qui préfère les webzines. Qui venait carotter les pains au chocolat. Qui n'est pas restée longtemps parmi nous... Il faut que tu lises Dominic Cooper. Ah bon vous non plus vous n'aimez pas Thorarinsson...

12h30 Rencontre avec Phili et Une comète

J'adore les crêpes. Une gentillesse débordante. Parcours de vie. De la difficulté de s'échapper de sa zone de confort. Souvenirs heureux de fac. Tour de stands. Rester stoïque devant Transboréal et ses titres tentants. Viviane Hamy et sa libraire enthousiaste. Il faut lire :  Fleur et sang de Vallejo, Le coeur du pélican de Cécile Coulon et L'archange du chaos de Dominique Sylvain. Zulma. Tiens mais j'aime TOUT chez eux ! Rivages poche. Lire Westlake. Rencontre avec un fan de Sjöwall et Wahloo. Celle qui photographiait les couvertures de livres. Verdier. Mon enthousiasme pour Toledo. L'enthousiasme d'un lecteur pour Pierre Silvain. Faisons confiance. Je prends. J'aime l'enthousiasme. Si ça se trouve c'était l'auteur. Non les filles, j'crois pas...

14h Rencontre blogueurs

Des blogueurs que je connais. D'autres non. Ne surtout pas lire le dernier de Lionel Duroy. Nina et son humour. N'envoyez surtout pas vos filles à Gisors. Laure et sa vivacité. Du danger d'être prof et blogueuse. Lire Le principe de Ferrari. Lire Kamel Daoud et son Meursault.

15h Chacun reprend sa route

La leçon d'allemand ou les conseils unanimes : Lionel Duroy, un lecteur l'Express, ma nièce Clémentine, le gars aux yeux bleus qui tenait le stand. Je prends. A cause du gars aux yeux bleus, bien sûr... Lecture commune prévue en 2017... Et sinon après 5 ans de blog tu ne te lasses pas ? Du bon usage des SP. Faire un blog qui nous ressemble. Le Tripode. Celle qui voulait un livre pas plombant. J'adore ce livre. Je te fais confiance. J'aime l'enthousiasme. Tu crois qu'ils attendent Marc Lavoine ? La solitude de Nancy Huston / L'engouement pour Marc Lévy. Quand le monde littéraire ne tourne pas rond.

Bref :

Ma récolte :

Mon salon du livre 2015

Des supers rencontres qui montrent l'adéquation entre vie virtuelle et vie réelle. Merci Phili, notre rayon de soleil de la journée, qui est à l'initiative de cette rencontre de blogueurs ! Merci à Sylvain Bontoux du service com' du salon pour l'invitation du jeudi soir et à Anne-Charlotte Ullmann, du service presse de Métailié pour celle du samedi.

 

D'autres billets sur le salon du livre : Chez Caroline, Laurie,

Publié dans Divers

Partager cet article
Repost0

Rhinocéros de Eugène IONESCO

Publié le par Hélène

                                                rhinoceros.jpg

 ♥ ♥ ♥

« Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas ! » (p.246)

 

L’auteur :

Né à Slatina (Roumanie), le 13 novembre 1909. Né d'un père roumain et d'un mère française, Eugène Ionesco passa sa petite enfance en France. Il y écrivit à onze ans ses premiers poèmes, un scénario de comédie et un « drame patriotique ». En 1925, le divorce de ses parents devait le conduire à retourner en Roumanie avec son père. Il fit là-bas des études de lettres françaises à l'université de Bucarest, participant à la vie de diverses revues avant-gardistes.
En 1938 il regagnait la France pour préparer une thèse, interrompue par le déclenchement de la guerre qui l'obligea à regagner la Roumanie. C'est en 1942 qu'il devait se fixer définitivement en France, obtenant après la guerre sa naturalisation.
En 1950, sa première œuvre dramatique, La Cantatrice chauve, sous-titrée « anti-pièce », était représentée au théâtre des Noctambules. Échec lors de sa création, cette parodie de pièce allait durablement marquer le théâtre contemporain, et faisait de Ionesco l'un des pères du « théâtre de l'absurde », une dramaturgie dans laquelle le non-sens et le grotesque recèlent une portée satirique et métaphysique, présente dans la plupart des pièces du dramaturge. Citons, entre autres, La Leçon (1950), Les Chaises (1952), Amédée ou comment s'en débarrasser (1953), L'Impromptu de l'Alma (1956), Rhinocéros (1959), dont la création par Jean-Louis Barrault à l’Odéon-Théâtre de France apporta à son auteur la véritable reconnaissance. Viendront ensuite Le Roi se meurt (1962), La Soif et la Faim (1964), Macbeth (1972).
Auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur le théâtre, dont le célèbre Notes et contre-notes, Eugène Ionesco connut à la fin de sa vie cette consécration d'être le premier auteur à être publié de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade.
Eugène Ionesco fut élu à l'Académie française le 22 janvier 1970, par 18 voix contre 9 à Jules Roy, au fauteuil de Jean Paulhan. Il fut reçu par le professeur Jean Delay, le 25 février 1971.
Mort le 28 mars 1994. (Source : Académie française)

 L’histoire :

 Rhinocéros est la pièce la plus riche de Ionesco. Elle ne perd rien de l'esprit d'innovation, de provocation, des premières pièces. Comme elles, celle-ci mélange les genres et les tons, le comique et le tragique. Mais l'innovation principale qui s'introduit ici est la réflexion sur l'Histoire, à travers le mythe. La pièce est une condamnation de toute dictature (en 1958, on pense au stalinisme). Ionesco condamne autant le fascisme que le communisme. C'est donc une pièce engagée : « Je ne capitule pas », s'écrie le héros.

Le rhinocéros incarne le fanatisme qui « défigure les gens, les déshumanise ». On sent l'influence de La Métamorphose de Kafka. Dans une petite ville, un rhinocéros fait irruption. Par rapport à lui, les personnages prennent diverses attitudes. Certains se transforment en rhinocéros ; un troupeau défile. Seul Bérenger résiste à la marée des bêtes féroces, symboles du totalitarisme. (Source : éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

 Les situations du début de la pièce et les conversations sont totalement absurdes, pointant également du doigt les errements liés au langage et les quiproquos que cela peut induire. Les scènes sont alors comiques, mais annoncent en filigrane le tragique à venir.

 « JEAN : Vous rêvez debout !

BERENGER : Je suis assis.

JEAN : Assis ou debout, c’est la même chose.

BERENGER : Il y a tout de même une différence.

JEAN : Il ne s’agit pas de cela. » (p. 35)

 Le langage stéréotypé ne peut rendre fidèlement compte des pensées des personnages, piégé, il n’est souvent qu’automatisme :

 « Autre syllogisme : tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat. » (p. 46)

 Le débat qui sévit sur scène est le reflet de celui qui hante ceux qui ont connu la montée des idéologies totalitaires en Europe : confrontés à un débat idéologique grave, ils peuvent ou suivre la masse et devenir tous rhinocéros, ou résister comme Bérenger en prenant le risque d’être les seuls…

 « Peut-on savoir où s'arrête le normal, où commence l'anormal ? Vous pouvez définir ces notions, vous, normalité, anormalité ? Philosophiquement et médicalement, personne n'a pu résoudre le problème. » (p. 195)

 « Vous ne pouvez nier que le racisme est une des grandes erreurs du siècle. » (p. 95)

 L’absurde au sens large nous poussent à réfléchir sur le sens de l’existence et sur l'attitude à adopter face à l'hostilité du monde et à la mort inéluctable... Comme Bérenger, il faut apprendre à se révolter contre la rhinocérite, contre l'absurde d'une existence qui nous ailéne.

  « Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c'est vivre et le plus possible. Là où la lucidité règne, l'échelle des valeurs devient inutile... Le présent et la succession des présents devant une âme sans cesse consciente, c'est l'idéal de l'homme absurde » (Camus)

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

Premières répliques :

 « L’EPICIERE
Ah ! celle-là ! (A son mari qui est dans la boutique.) Ah ! celle-là, elle est fière. Elle ne veut plus acheter chez nous. »

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La cantatrice chauve

Autre : En attendant Godot de Samuel BECKETT

 D’autres avis :

 Canel

 Rhinocéros, pièce en trois actes et quatre tableaux, Eugène Ionesco, Folio, 6.95 euros 

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Le Tag où je me livre

Publié le par Hélène

J'ai été invitée par Caro (Des bouquins sur l'étagère) à répondre à ce tag. Je m'exécute avec plaisir...

    

Le livre que j'ai particulièrement aimé : 

 

Les racontars celtiques de Jorn RIELPetit traité de philosophie naturelle de Kathleen DEAN MOORE et Une année à la campagne de Sue HUBBELL  

 

dernièrement Imaqa de Flemming JENSEN

 

Et beaucoup d'autres encore ici : Coups de coeur

 

      sans oublier La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS ....

 

Le livre qui ne m'a pas plu :

      Je n'ai pas du tout apprécié "D'autres vies que la mienne" d'Emmanuel CARRERE pourtant encensé par la critique. J'ai dû le lire dans le cadre du jury Orange, voici ce que j'en disais :

"Emmanuel Carrere nous offre un récit aux multiples ramifications centré sur les vies bousculées de personnes auparavant sereines. Nous rencontrons un jeune couple qui perd sa fille dans le tsunami, la belle-sœur mourante de l’auteur atteinte d’un cancer, son collègue, lui aussi ex-cancéreux, et d’autres destins satellitaires comme ces personnages cachés derrière les dossiers de surendettement que traitent Juliette et Etienne. Puis, le narrateur, Emmanuel Carrère qui côtoie ces multiples malheurs, décide de les raconter pour laisser une trace de leur passage sur terre.

Je reprocherai principalement à ce roman d’une part la longue description de la fin de Juliette, belle sans doute, mais n’évitant pas le pathos que l’auteur avait esquivé jusque-là, et d’autre part la longueur des chapitres sur le surendettement, tant détaillés qu’ils n’ont rien à envier à un documentaire d’Envoyé Spécial… N’est-ce pas d’ailleurs une façon de surfer sur la vague de la crise ambiante ?
J’ai regretté l’accumulation de destins brisés, une seule histoire - celle de Juliette par exemple - aurait suffi, pourquoi inclure dans ce roman comme un deuxième roman en mentionnant cette expérience du tsunami ?
Aussi je dirais que pour ma part « trop, c’est trop », je n’ai pas apprécié pleinement ce roman. C’est un beau témoignage, avec de réelles qualités littéraires qui célèbre la vie de ceux qui restent et se battent face aux adversités du destin, mais il faut malgré tout avoir envie de plonger dans les multiples malheurs possibles."

 

 

Le livre qui est dans ma PAL :

 

Un des derniers arrivés que j'ai hâte de lire est L'embellie de Audur Ava OLAFSDOTTIR. J'avais beaucoup apprécié son Rosa Candida.

Côté BD je viens de craquer sur Far away des époux Charles , recommandé chaudement dans le top BD de Yaneck...

Sinon une partie de ma PAL est ici : PAL (Pile à lire)

Si vous êtes partants pour des lectures communes, faites-moi signe !

 

Le livre qui est dans ma wish-list :

 Ma wish list est d'une longueur démentielle...  Je dirais les romans de Mario Rigoni Stern chez la Fosse aux Ours qui sont aussi beau à l'extérieur qu'à l'intérieur et Proust en Pléiade. http://www.la-pleiade.fr/Auteur/Marcel-Proust

 

poete-secret.jpg

 

Le livre auquel je tiens :

 La patience des buffles sous la pluie dédicacé par l'auteur (que j'ai en deux exemplaires, j'ai été traumatisée par la faillite de Bernard Pascuito),  A l'ombre des jeunes filles en fleurs de Proust étudié en licence et mon Pléiade de Saint John Perse, souvenir de mon mémoire et qui rassemble de nombreux autres souvenirs personnels... 

a-l-ombre-des-jeunes-filles-en-fleurs.jpg

 

Le livre que je voudrais vendre ou troquer :

      Là encore ils sont nombreux disons Les oubliés de la lande tant il m'a laissé une impression désagréable (je ne regarde plus ma machine à laver du même oeil désormais)

et d'autres ici : http://www.priceminister.com/boutique/helene1hd/nav/Livres

 

Le livre que je n'ai pas réussi à terminer :

Ils sont nombreux en ce moment, le dernier en date étant  "Que le vaste monde poursuive sa course folle" de Colum McCANN, trop glauque pour moi en ce moment...

Les autres sont ici : Déceptions et abandons

 

Le livre dont je n'ai pas encore parlé sur mon blog :

      De nombreux livres que j'ai lus avant la création de ce blog et auxquels j'aimerais accorder une place en ces pages : 

 Là où se trouvait la mer de Rick BASS

La tête dans le carton à chapeaux de CHILDRESS

Ma famille inoubliable de Fred CHAPPEL

les romans de Wilkie COLLINS

Jim Glass de Jim EARLEY

Neige de Maxence FERMINE

1001 femmes blanches de Jim FERGUS

Grâce et dénuement de Alice FERNEY

Les cinq quartiers de l'orange de Joanne HARRIS

Le vent qui souffle dans les grues de Lidia JORGE

L'arbre aux haricots de Barbara KINGSOLVER

Noces indiennes de Sharon MAAS

La rivière du sixième jour de Norman MCLEAN

Blonde de OATES

Brendan prairie de Dan O BRIEN

Best love Rosie de O FAOLAIN

Matin brun de Marc PAVLOFF

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

Un jour avant Pâques de Zoya PIRZAD

En attendant l'aube de Mario RIGONI STERN

De la beauté de Zadie SMITH

Le parfum de SUSKIND
Le sourire étrusque de SAMPEDRO

Luz ou le temps sauvage de OSORIO

L'alchimiste de COELHO

L'allée du roi de Françoise CHANDERNAGOR

C'est beau une ville la nuit de Richard BOHRINGER

L'arrière-saison de BESSON

Dojnaa de Galsan TSCHINAG

En caravane de Elisabeth VON ARNIM

Le joueur d'échecs de Stefan ZWEIG

Les romans de Michel TREMBLAY

A l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel PROUST

Emile de ROUSSEAU

Les vrilles de la vigne de COLETTE

Noces de Albert CAMUS

Que ma joie demeure de Jean GIONO

Les contes des 1001 nuits

Fantasia chez les ploucs de Charles WILLIAMS

La morsure du lézard de Kirk MITCHELL

Le retour à la terre de FERRI et LARCENET

 

Le livre que je vais lire en lecture commune :

Je participe au blogoclub et dans ce cadre nous allons lire pour le 1er décembre : Ma brillante carrière de Miles Franklin

 

Ma-brillante-carriere.jpg

 

Et dans le cadre du prix des lectrices de ELLE je vais lire ce mois-ci L'interprétation des peurs de Wulf DORN, Cher Gabriel de Halfdan W. FREIHOW, Avenue des Géants de Marc DUGAIN avec A propos de livres  ; AkialamAnna Blume ; Audouchoc-Theoma  ; Caroline (Des bouquins sur l'étagère) ; ClaraConstance  ; Jostein  ; MimiPinson  ; Nadael  ; Stieg  et Canel

 

 

Publié dans Tags - challenges...

Partager cet article
Repost0

La diane française de Louis ARAGON

Publié le par Hélène

        diane-francaise_couv.jpg

♥ ♥ ♥

 « Que peut un rossignol si ce n’est sa chanson. »

(La nuit de juillet)

 

L’auteur :

 Né à Paris en 1897, Louis Aragon manifeste très tôt un goût pour l'écriture. En 1917, il rencontre André Breton avec lequel il s'engage dans l'aventure surréaliste. La publication du roman intitulé Le Paysan de Paris (1926) fait de lui un écrivain d'avant-garde. À la fin des années 1920, il s'inscrit au parti communiste et rencontre Elsa Triolet, qui deviendra sa femme. Il s'éloigne alors du surréalisme et s'engage dans l'action politique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la Résistance et publie clandestinement, aux côtés de Pierre Seghers, plusieurs recueils de poèmes. Après la Libération, Aragon poursuit son œuvre romanesque et poétique tout en restant un écrivain engagé. Il meurt à Paris en 1982. Cinq de ses recueils ont été publiés aux Éditions Seghers.
Née Natacha Huttner à Moscou et venue en 1914 à Paris, Dominique Arban est secrétaire de rédaction à L'École de la vie et à Marianne avant la Seconde Guerre mondiale. Après quatre années de clandestinité, elle collabore au journal Combat, dont elle assure ensuite la direction littéraire. Collaboratrice à France-Observateur, au Figaro littéraire, puis au Monde, Dominique Arban produit et anime de 1954 à 1968 une émission hebdomadaire intitulée «Étranger, mon ami » sur les ondes de l'ORTF. Spécialiste de Dostoïevski, elle traduit et publie, entre autres, sa monumentale correspondance. À la fin de sa vie, Dominique Arban rédigera ses Mémoires, Je me retournerai souvent? (Flammarion, 1990). (Source : Editions Seghers)

 

 L’histoire :

Des poèmes devenus le symbole de la résistance littéraire en France.

 

Après Les Yeux d'Elsa, Il ne m'est Paris que d'Elsa et Le Voyage de Hollande, les Éditions Seghers rééditent le grand recueil de résistance de Louis Aragon. Cet ouvrage rassemble en réalité deux recueils qui furent d'abord publiés séparément par Pierre Seghers en 1946 : La Diane française et En étrange pays dans mon pays lui-même.


Composés entre 1941 et 1944, ces poèmes sont indissociables des circonstances dans lesquelles ils furent écrits, publiés et diffusés. En effet, si certains ont été édités légalement, d'autres échappent à la censure de Vichy en paraissant dans des revues clandestines, sous des pseudonymes (François la Colère ou Jacques Destaing).


Avec ce recueil, le poète bat la " diane " et tente de réveiller les Français endormis, comme l'avait fait avant lui Victor Hugo dans Les Châtiments. Il prend également appui sur une tradition remontant aux troubadours de langue d'oc, qui faisaient alterner le parler clair, destiné aux témoins des événements, et le parler clos, réservé aux initiés. Dans l'un et l'autre cas, Aragon veut convaincre ses compatriotes d'entrer dans une lutte commune et juste qui mobilise " toute sa lyre ".

 

Ce que j’ai aimé :

 

Ces poèmes d’Aragon sont un acte de résistance : rédigés entre 42 et 44 sous l’occupation, ils chantent l’amour de la France libérée de ses scories allemandes. Aragon ne concevait pas d’art en dehors des circonstances, pour lui, il était essentiel de témoigner, de lever les masses pour lutter contre l’oppression nazie.  

 

« Il faut libérer ce qu’on aime

Soi-même, soi-même, soi-même » (Marche française)

 

S’il évoque la femme aimée, c’est pour la comparer à la France bafouée

 

« Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur

Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri

Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri

Et pas plus que de toi l’amour de la patrie

Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs » (Il n’y a pas d’amour heureux)

 

Pour déjouer la censure, Aragon utilise des mythes et des légendes médiévales, des figures nationales comme dans la littérature de « contrebande » du Moyen-Age, il crypte les messages. Les héros de la résistance comme Gabriel Péri sont comparés aux chevaliers du Moyen-Age :

 

« Ce poème, écrit pour le second anniversaire de la mort de Gabriel Péri, publié illégalement, relève vraiment de la légende et non de l’histoire : en effet, ce n’est pas à Ivry, mais à  Suresnes et dans une tombe enregistrée et non pas dans la fosse commune que Péri est enterré. L’auteur, alors dans l’illégalité, n’a pourtant inventé aucun de ces détails, ni l’histoire, peut-être controuvée, des hortensias bleus ; mais déjà la tradition orale avait porté jusqu’à lui moins de deux ans après la mort du martyr cette version déformée par quoi naît une légende aujourd’hui comme au temps de la Chanson de Roland, des Troubadours et des poèmes transmis de bouche en bouche à travers une France alors comme aujourd’hui dévastée et livrée aux soudards et aux chimères. » (Légende de Gabriel Péri)

 

 « Trouver des mots à l’échelle du vent

Trouver des mots qui pratiquent des brèches

Dans le sommeil comme au soleil levant

Des mots qui soient à nos soifs une eau fraîche » (Je ne connais pas cet homme)

 

La vocation du poète est de « Trouver des mots que personne n’oublie » (Je ne connais pas cet homme), et nous n'oublierons pas ces mots...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Certains poèmes sont plus hermétiques que d’autres –et pour cause-, ils demandent une étude plus approfondie pour être pleinement apprécié.

 

Premier poème :

 

« De si loin qu’on se souvînt, la vie avait cette couleur d’habitude qui emprunte aux tournantes saisons ses nuances et fait aux hommes une marée d’humeurs qui varie avec le soleil et le vent. De si loin qu’on se souvînt, il y avait des familles de pêcheurs, des chasseurs habiles à tirer au vol les plumes dans le ciel et la bête des taillis débusquant, et des artisans qui, de père en fils, se transmettaient les secrets du bois, savaient courber le fer, tresser l’osier ; il y en avait qui se crevaient pour d’autres ; et l’on voyait passer sur des chevaux habillés d’étranges étoffes des dames et des seigneurs qui parlaient un langage difficile à suivre, non tant à cause de la vitesse de leurs coursiers que pour les idées de bizarrerie nées dans leurs maisons trop grandes (…) »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Les yeux d’Elsa de Louis ARAGON

 

 

La diane Française, Louis Aragon, Seghers, 16.50 euros 

 

Publié dans Poésie française

Partager cet article
Repost0

Le temps où nous chantions de Richard POWERS

Publié le par Hélène

temps-ou-nous-chantions.jpg

♥ ♥ ♥

  L’auteur :

 Adolescent fasciné par les sciences, Richard Powers étudie la physique à l'Université de l'Illinois. Vite rattrapé par le virus de la littérature, il obtient un diplôme dans ce domaine en 1979, avant de travailler à Boston en tant que programmateur informatique. Il y fait la connaissance d'un photographe au musée des Beaux-Arts, rencontre artistique le marquant si profondément qu'il abandonne son emploi afin d'écrire son premier roman, Trois fermiers s'en vont au bal , publié en 1985.

Il déménage ensuite aux Pays-Bas, où il écrit Prisoner's Dilemma, puis The Gold Bug Variations, oeuvre alliant la génétique, la musique et l'informatique. Operation Wandering Soul est rédigé durant un séjour d'un an à l'université de Cambridge, avant son retour en Illinois. Ecrivain reconnu, il publie alors Galatea 2.2 en 1995, relatant les déviations d'une intelligence artificielle, et Gain en 1998, l'évolution parallèle d'une fabrique de produits chimiques et de la vie déclinante d'une femme atteinte d'un cancer.
Plowing the Dark, sorti en 2000, est construit sur le même modèle, abordant le concept de réalité virtuelle. En janvier 2003 est publié. Richard Powers poursuit son travail d'exploration quant aux effets de la science moderne sur les vies humaines, à travers ses romans. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

En 1939, lors d'un concert de Marian Anderson, David Strom, un physicien juif allemand émigré aux États-Unis pour fuir les persécutions nazies, rencontre une jeune femme noire, Delia Daley.

Ils se marient et élèvent leurs trois enfants dans le culte exclusif de la musique, de l'art, de la science et de l'amour universel, préférant ignorer la violence du monde autour d'eux.
Cette éducation va avoir des conséquences diverses sur les trois enfants. Jonah devient un ténor de renommée mondiale, Ruth va rejeter les valeurs de sa famille pour adhérer au mouvement de Black Panthers, leur frère Joseph tentera de garder le cap entre l'aveuglement des uns et le débordement des autres, afin de préserver l'unité de sa famille en dépit des aléas de l'histoire.

Avec des personnages d'une humanité rare, Richard Powers couvre dans cet éblouissant roman polyphonique un demi-siècle d'histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique. Le Temps où nous chantions a été élu meilleur livre de l'année par The NewYork Times et The Washington Post. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

"Je travaillais sur mon premier roman, Trois fermiers s'en vont au bal*, raconte Richard Powers, lorsque j'ai découvert un document décrivant le concert que donna Marian Anderson à Washington en 1939. Ce nom est sans doute peu connu des Français mais c'est un symbole de l'histoire américaine." Ce jour-là, une Africaine de Philadelphie dont la voix fascinait les plus blasés monta sur scène à l'initiative d'Eleonore Roosevelt, la première dame des Etats-Unis, et colla aux Blancs et aux Noirs venus, en pleine ségrégation, assister à ce concert en plein air, le même indéfinissable frisson. "Ce jour-là, poursuit Powers, lorsque cette femme noire se mit à chanter les lieder de Schubert, toute l'Amérique, même la plus sauvage, se rendit compte que quelque chose ne tournait pas rond dans le pays." Ce jour-là, un émigré juif blanc tout juste arrivé d'Allemagne où il fuyait le nazisme rencontra une jeune Noire mélomane ; le roman de Richard Powers pouvait débuter. (Source L’express)

 Roman foisonnant, intelligent  et complet, Le temps où nous chantions compose une symphonie littéraire autour de cet évènement marquant les années de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Il nous plonge au coeur d'une famille dans laquelle se fondent les nationalités : le père est un physicien juif allemand immigré, la mère une chanteuse noire américaine, si bien que parmi les enfants métis pas un n'aura la même couleur que l'autre.

 "L'identité américaine passe par la couleur de la peau, précise Richard Powers. United we stand, proclame l'Amérique. Mais c'est une illusion! La réalité est que l'Amérique est une nation qui n'a jamais été unie. Le racisme est la question centrale de ce pays. Depuis la fin de la ségrégation, le fossé qui séparait les Noirs des Blancs s'est déplacé, mais il existe toujours. Le sort des métis est le moins enviable qui soit." (Richard Powers)

Leur père tente de les guider dans leur quête d'identité :  « à vous de défendre vos propres couleurs. » (p. 39) La musique va se placer au coeur de leur vie et leur permettre de transcender leurs origines, comme un écho à la première rencontre des deux parents. Jonah deviendra un grand ténor, accompagné au piano par son frère Joseph, quant à Ruth, elle choisira un tout autre chemin en rejoignant le mouvement des Black Panthers.  

 L'histoire de cette famille est passionnante et permet de balayer un demi-siècle de l'histoire américaine dans sa lutte pour l'intégration, en passant par le supplice et la mort du jeune Emmett Till, tué pour avoir siffler une femme blanche, la marche de Martin Luther King et son discours, les Black Panthers...   

Un roman symphonique époustouflant élu meilleur livre de l'année par le Washington Post et le New York Times.  

 « On sort de ce fleuve ému, bouleversé et admiratif : sans jamais écrire un roman politique, ni polémique, Richard Powers a décrit, à voix feutrée, l'échec définitif d'un idéal. »

Christophe Mercier, Le Figaro littéraire

 Ce que j’ai moins aimé :

 Ce roman est réellement un pavé, prévoyez du temps devant vous…

 

Premières phrases :

 « Quelque part dans une salle vide, mon frère continue de chanter. Sa voix ne s’est pas encore estompée. Pas complètement. Les salles où il a chanté en conservent encore l’écho, les murs en retiennent le son, dans l’attente d’un futur phonographe capable de les restituer. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La chambre des échos

Autre : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

D’autres avis :

 Lire

 Théoma ; Kathel ; Keisha ; Luocine  

 

Le temps où nous chantions, Richard POWERS, traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard, Le Cherche Midi – mars 2006 – 765 pages

POCHE : Le temps où nous chantions, Richard POWERS, traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard, 10/18, avril 2008, 1045 p., 11.10 euros

 

12 d'Ys

Partager cet article
Repost0

Mapuche de Caryl FEREY

Publié le par Hélène

mapuche.jpg

♥ ♥ ♥

  « Non la cruauté des hommes n’avait pas de limites… »

L'auteur : 

Caryl Férey a grandi en Bretagne, une terre qu'il aime pour ses côtes déchiquetées, ses concerts dans les bistrots et ses tempêtes. Grand voyageur, il a parcouru l'Europe à moto, puis a fait un tour du monde à 20 ans. Il a notamment travaillé pour le Guide du Routard.

En 1994, paraît chez Balle d'Argent, petite maison d'édition rennaise, son premier roman "Avec un ange sur les yeux". Il sort la même année son premier polar, puis quatre ans plus tard le très remarqué Haka. Il écrit aussi pour les enfants, pour des musiciens, le théâtre et la radio. Il se consacre aujourd'hui entièrement à la littérature.


Il a obtenu le Prix SNCF du polar 2005 pour Utu et le Grand prix de littérature policière 2008 pour Zulu.

2010 : Grand chelem avec "Zulu" - dix prix, neuf traductions, film tourné au cinéma à l'été 2012 par Jérôme Salle. (Source : Babélio)

 L'histoire :

Jana est Mapuche, fille d un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.
Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune soeur, durant la dictature militaire.

Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature, et leurs tortionnaires...

Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d'un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d un des hommes d affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l'Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l'ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales...

 http://carylferey.net/rubrique_livre.html

 Ce que j'ai aimé : 

Mapuche est un roman fort, d'autant plus fort qu'il s'appuie sur des évènements réels, servis par une documentation précise, notamment l'enlèvement d'environ 500 enfants durant la dictature en Argentine :  

« Parmi les cinq cents bébés volés durant la dictature, beaucoup n’étaient pas répertoriés à la BNDG, la banque génétique.

La plupart de leurs parents n’avaient jamais réapparu, pulvérisés à la dynamite, brûlés dans des centres clandestins, incinérés dans les cimetières, coulés dans le béton, jetés des avions : sans corps exhumés ni recherchés par les familles, ces enfants resteraient à jamais des fantômes.

On confiait les bébés à des couples stériles, proches du pouvoir, officiers, policiers, parfois même aux tortionnaires, faux documents à l’appui.  » (p. 157)

Ces enfants n’ont pas accès à leur histoire, on leur a volée sans espoir de retrouver la vérité et la trace de leurs véritables parents. Caryl Ferey a imaginé qu'un microfilm existait répertoriant tous les renseignements sur ces enlèvements, et permettant enfin aux grands-mères d'espérer que la vérité soit révélée :

"Pas seulement la vérité sur ce qui était arrivé à leurs enfants et leurs maris : la vérité sur le disparition des trente mille personnes enlevées par la dictature, ce qu'on avait fait de leurs dépouilles, cette aprt volée de l'Histoire argentine." (p. 424)

Cela leur permet de commencer le travail de deuil, de combler les vides et d'espérer se reconstruire.

"Un pays sans vérité est un pays sans mémoire." (p. 425)

Jana et Ruben, réunis pour éclaircir la disparition d'un travesti et de la fille d'un des proches du pouvoir, vont rapidement relier ces disparitions à cette affaire des bébés enlevés, et comme les grands-mères, vont lutter pour que la vérité éclate, sans jamais abandonner. Ils iront jusqu’au bout de leur quête, au péril de leur vie souvent ! Les scènes de ce fait très violentes sont atrocement réalistes, comme pour mieux montrer que l'abandon et la demi-mesure n'est guère possible dans ce monde-là. 

« Les Grands-Mères se battraient jusqu’à leur dernier souffle, sans esprit de vengeance mais sans pardon, ni oubli. « Ils ont peut-être réussi à tuer nos maris et nos enfants, mais ils n’ont pas réussi à tuer notre amour. » répétaient-elles. (p. 193)

   

mapuche-1-copie-1.jpg 

Ce que j’ai moins aimé :

Ames sensibles, s’abstenir, les scènes de torture sont… des scènes de torture ! Rien n’est édulcoré et c’est aussi ce qui fait la force de  ce roman !

L'entrelacement entre l'histoire de l’Argentine et l'intrigue n'est pas totalement fondu, certains paragraphes arrivent en début de chapitres, comme une introduction quelque peu artificielle.

Le style oscille entre envolées lyriques presque naïves quand il s’agit de l’idylle des protagonistes et  passages plus basiques, sans recherche particulière :

« Jana éparpilla ses lèvres sur sa bouche et se sentit fondre comme un bonbon quand il enroula sa langue à la sienne. » (p. 142) « Il lui avait donné le baiser le plus sensuel de sa vie, avant de la planter comme une conne, devant l’aviateur au sourire déboulonné. » (p. 169)

 Ces petits défauts s'effacent néanmoins devant la puissance du sujet...

Premières phrases :

 « Un vent noir hurlait par la portière de la carlingue. Parise, sanglé, inclina son crâne chauve vers le fleuve. On distinguait à peine l’eau boueuse du Rio de la Plata qui se déversait depuis l’embouchure.

Le pilote avait mis le cap vers le large, en direction du sud-est. Un vol de nuit comme il en avait fait des dizaines dans sa vie, bien des années plus tôt. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Zulu

Autre : Luz ou le temps sauvage de Elsa OSORIO

 D’autres avis :

Presse : L'express ;Télérama

Blogs : Pierre Faverolle  ; Jean-Marc ; Jostein Interview  

 

Mapuche, Caryl Ferey, Gallimard, série noire, 2012, 450 p., 19.90 euros

Partager cet article
Repost0