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34 articles avec bande dessinee etrangere

Père et fils Intégrale de Erich OHSER

Publié le par Hélène

Fauve d'Angoulême 2016 Prix du patrimoine

Un père et son fils, aussi espiègles l'un que l'autre parcourt la vie avec désinvolture et bonheur dans cette bande dessinée muette, classique de la littérature jeunesse en Allemagne.

L'auteur est d'abord connu pour ses caricatures politiques puis pour ces aventures du père et du fils relevant de l'observation amusée du quotidien. A partir de 1935 la dimension critique et l'humour grinçant débordent, même s'ils restent cachés pour éviter la censure. Par exemple dans L'aventure au poisson rouge qui n'en était pas un, le poisson de plus en plus vorace finit par faire exploser le maison des protagonistes et peut être vu aussi comme une métaphore de la montée du nazisme qui, de petit parti sans importance, a crû jusqu'à détruire l'Allemagne. En 1937  les aventures de  Père et fils prennent une nouvelle tournure : grâce à un héritage les deux compères deviennent riches. Ils apprennent alors que l'argent ne fait pas le bonheur :  faute de savoir décortiquer un homard, le père et le fils quittent le château en colère et se retrouvent autour d'une simple saucisse dans la rue, comme au bon vieux temps. Enfin, dans la seconde série ils échouent sur une île déserte et vivent en Robinson.

L'auteur a sciemment renoncé à la parole pour insister sur la force des liens au-delà du langage, non verbalisables ce qui permet aussi de décupler la force des sentiments.

Une bande dessinée que l'on peut lire aussi bien comme des aventures désinvoltes que comme un manifeste politique d'un dessinateur devant écrire sous le nazisme...

Un petit bijou !

 

Ma bd de la semaine chez Mo cette semaine

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Le port des marins perdus de Teresa RADICE et Stefano TURCONI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Je crois que chaque poème désire trouver la voie qui mène au coeur de celui qui l'écoute et qui se l'approprie ! Quand cela arrive... Le poète a rempli sa tâche non ? La tâche du semeur d'émotions."

Automne 1807. Un jeune homme est retrouvé amnésique sur les côtes au large du Siam. Il ne se souvient que de son prénom : Abel. Un navire de sa majesté le recueille et le capitaine du vaisseau prend soin de lui. Ce navire a une histoire particulière puisque son commandant s'est enfui avec le trésor du bord. De retour en Angleterre, Abel est accueilli par les trois filles du commandant déchu. Il fait aussi la connaissance de Rebecca, tenancière de maison close et de Nathan McLeod, son amant capitaine au grand coeur. Tous joueront un rôle essentiel dans le destin du jeune Abel, être perdu dans un monde qu'il ne connait plus. En navigateur aguerri il parcourt la vie comme les mers : en pratiquant ce qu'il nomme la "navigation à l'estime" : sans point fixe il vit dans une incertitude totale "Pas de cap précis, aucune terre en vue". Son seul horizon semble être ce "port des marins perdus" : « Il apparaît et disparaît dans la brume, mais il n'est pas donné à tout le monde de le voir. Parce que ce n'est pas toi qui choisis d'entrer dans le port, c'est le port qui te choisit. »

Le fil rouge du récit est la célèbre La Complainte du vieux marin, composée entre 1797 et 1799 par Samuel Taylor Coleridge, long poème qui décrit les aventures surnaturelles d'un capitaine de bateau qui fit naufrage. Ce poème romantique, tout comme les autres nombreux poèmes de l'ouvrage qu'ils soient de  William Blake, de Lord Byron ou de William Wordsworth permettent au jeune Abel de comprendre le monde, de percer petit à petit le mystère de son existence.

"La vie tend des fils invisibles... Les fils tressés vus de trop près, ne sont que confusion de lignes et de couleurs... Il faut du temps, et la juste distance, pour en deviner le dessin... et le sens."

Des questions essentielles surgissent au fil des textes, mais leur beauté éternelle enseigne également au jeune Abel à s'inscrire dans l'éternité du présent. Lecture après lecture, il apprend à vivre en sachant qu'il va mourir et à prendre confiance pour savourer le parfum et le goût du pain, sans remords ou regrets.
 
"C'est un beau soir, calme et libre ;
Moment sacré, paisible comme une religieuse,
Souffle coupé d'adoration ; le soleil ample
se couche dans la quiétude ;
Le ciel très doux se recueille sur la mer." Wordsworth
 

Mes petits bémols :

L'absence de couleur et la longueur (plus de 300 pages)

Bilan : un très beau conte fantastique aux accents littéraires enchanteurs !

 

Présentation de l'éditeur : Glénat

D'autres avis : Découvert chez Noukette et Jérôme ; Tamara

Télérama

 

Le port des marins perdus, Teresa Radice et Stefano Turconi, Glénat, juin 2016, 22 euros

 

Ma Bd de la semaine, accueillie cette semaine chez Steph

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Les contes de la ruelle de NIE JUN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans un quartier paisible du vieux Pékin, une petite fille prénommée Yu’er vit avec son grand-père, Doubao. La petite fille souffre d'un handicap : elle est paralysée des jambes. Son grand-père par son amour inconditionnel et sa bonne humeur lui apprend jour après jour à surmonter son handicap. Dans Le rêve de Yu'er, il aide sa petite-fille à réaliser son rêve : apprendre à nager pour se sentir légère et libre comme l'air. Le paradis des insectes est un endroit hors du monde que fait découvrir un petit garçon à Yu'er, un petit garçon qui ressemble étrangement à son grand-père enfant. Le grand-père reprend le service de facteur dans La Lettre pour la plus grand joie de la petite, et enfin dans Vieux bambins, les deux acolytes s'intéressent à Xu Xizhi, peintre du quartier méconnu. 

Le cher grand-père fabrique une bulle de tolérance autour de sa petite fille pour la protéger. Son amour permet à l'enfant de s'épanouir comme les autres enfants, au sein d'un monde poétique préservé. L'imagination permet à l'enfant de s'évader et de gambader librement dans les champs infinis des possibles.

Présentation de l'éditeur : Gallimard 

D'autres avis : Découvert chez Noukette ; Luocine Jérôme

Interview de l'auteur sur France Inter

 

Contes de la ruelle, Nie Jun, traduit du chinois par Nicolas Grivel et Qingyuan Zhao, Gallimard, mars 2016, 128 p., 18 euros

 

La Bd de la semaine est accueillie par Moka

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Bookhunter de Jason SHIGA

Publié le par Hélène

Californie, 1973. L'agent spécial Bay, appartenant à la police des bibliothèques se lance dans la traque d'un faussaire de livre. Il met en place tous les moyens dont il dispose pour trouver le coupable, se lançant dans une course poursuite haletante. 

Bienvenue dans un monde dans lequel le livre est un bien précieux affublé d'une véritable police chargée de veiller sur lui ! A l'entrée de la bibliothèque centrale d'Oakland, terrain de jeu de l'agent Bay, trône une scène dans laquelle le livre est comparé au dinosaure, pouvant disparaître rapidement. A chacun de lutter contre l'extinction du livre ! 

Dans cette parodie d'enquête policière, nous plongeons dans le monde des bibliothèques des années 70, avant l'arrivée de l'informatique. Les agents usent de méthodes dignes des Experts, capables de trouver le coupable à partir d'un simple cil retrouvé sur place. 

Jason Shiga a lui-même travaillé à la bibliothèque d'Oakland et cette histoire délirante est née durant ses heures de "faible activité", il s'est alors imaginé ce que pourrait être le quotidien palpitant d'un bibliothécaire. Il s'est inspiré d'un fait divers pour construire ensuite son enquête. 

Ce que j'ai moins aimé :

- Les dessins entre comics et mangas sont assez déroutants (pour ne pas dire que je les ai trouvé assez laids)

- Les détails techniques risquent fort d'endormir le lecteur novice en matière de bibliothèques, des années 70 qui plus est ! 

Bilan : Plus que mitigé !!

 

Présentation de l'éditeur : Cambourakis 

D'autres avis : Babélio ; Télérama . Mo ; Keisha

 

Lu dans le cadre de l'opération Un mois, un éditeur initiée par Sandrine Tête de Lecture 

 

 

 

Ma BD de la semaine chez Stephie cette semaine 

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Tristes cendres de Mikel Begona et Inaket

Publié le par Hélène

♥ ♥

Au coeur de la guerre d'Espagne avec Robert Capa

Ce roman graphique rend hommage au grand reporter Robert Capa, engagé aux côtés des républicains pendant la guerre civile espagnole. L'action se déroule de 1932 à 1940, commençant à Paris aux côtés de Gerda Taro, la femme de sa vie, photographe également. Tous deux veulent témoigner par leurs photos des évènements marquants de leur époque et de leur lutte. Ils incarnent l'avènement du photojournalisme. En 1936, Gerda part pour Barcelone suivie par Capa. Cette guerre les rendra célèbres, ils usent de leur appareil photo comme d'une arme, dénonçant en mitraillant de leur appareil.  "La cause pour laquelle nous luttons va au-delà de notre liberté personnelle, au-delà de nos vies" dira Gerda qui meurt en 1937, renversée par un tank.

Après ce bouleveversement, le succés de Robert Capa aura un goût amer, même si Time et Life le sacre "l'un des meilleurs et des plus grands photographes du monde".

Les dessins proposent une bichromie en noir et bleu turquoise. Certains d'entre eux s'inspirent des clichés de Capa.

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas été sensible aux dessins, ni à la mise en page, avec des textes denses jouxtant des dessins brouillons, peu lisibles. La couverture est trompeuse avec ses traits affirmés. La lecture devient laborieuse, peu agréable, et porte ainsi préjudice à l'histoire passionnante de cet homme emblématique. C'est dommage. 

Il manque en annexes une reproduction de certains des clichés de Capa qui auraient peut-être donné davantage corps à ce destin hors du commun, ici perdu dans des cases éclatées. 

Robert Capa Mort d'un milicien, Cerro Muriano (front de Cordoue) septembre 1936.

Une des photos les plus dramatiques de Capa, prise à l'instant où un soldat loyaliste fut frappé d'une balle en pleine tête pendant la bataille livrée au début de la guerre d'Espagne pour défendre Cadix encercléee par les troupes insurgées. 

© 2001 by Cornell Capa / Magnum Photos.

 

Présentation de l'éditeur : Cambourakis

 

Lu dans le cadre de Un mois, un éditeur opératon initiée par Sandrine de Tête de Lecture

C'était ma BD de la semaine, d'autres titres chez Noukette 

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Venice de Jiro TANIGUCHI

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Travel Books Louis Vuitton présentent des oeuvres d'art de différents artistes. Cet opus présente la Venise de Taniguchi. Le narrateur part sur les traces de son grand-père et erre dans la cité vénitienne. Ses déambulations lui permettent de découvrir et d'apprécier les lieux visités et de rendre hommage au temps présent.

Les aquarelles magnifiques rendent un hommage vibrant à la cité des Doges.

A la fin du livre un index nous liste les lieux mis en images dans ce magnifique album oscillant entre carnet de voyage, bande dessinée, guide touristique...

Un très bel objet à offrir !

Ce que j'ai moins aimé :

L'histoire est très mince, mais là n'est pas l'intérêt de ce très bel album. 

Présentation de l'éditeur :

"La collection de "Travel book" éditée par Louis Vuitton invite au voyage, qu'il soit mobile ou immobile, nourri du plaisir de l'évasion intellectuelle ou émotionnelle. Au fil des pages, les oeuvres d'artistes de renom et de jeunes talents racontent les villes et les pays parcourus, leurs chemins escarpés et leurs architectures rectilignes, les lumières, les jours et les vies qui s'y déploient. 
Héritiers des "carnets de voyage Louis Vuitton" qui ont saisi durant près de vingt ans les aventures urbaines d'une poignées d'illustrateurs et aquarellistes, les Travel Books proposent une nouvelle vision du départ. Une vision contemporaine, où l'on explore aussi bien les mégalopoles sans sommeil que les contrées sauvages et lointaines. Une vision inédite, où l'on ose croiser les cultures en confrontant le regard des artistes à des mondes qui ne leur sont en rien familiers. Paris vue par le congolais Chéri Samba, l'Ile de Pâques sous le trait de l'américain Daniel Arsham, New York dépeinte par le français Jean-Philippe Delhomme ou encore Londres contemplée par la jeune japonaise Natsko Seki, Venise sublimée par l'illustre mangaka Jirô Taniguchi, le Vietnam revisité par l'Italien Lorenzo Mattotti : chaque artiste part à la rencontre d'une histoire qu'il n'a jamais écrite. Son oeil s'aiguise, piqué par la surprise de l'inconnu ou stimulé par le plaisir de la redécouverte. Le lieu devient page blanche, vierge de tout repère. Les points de vue se transforment alors en véritables propos à la fois narratifs, tendres, pittoresques, voire satiriques. 
Au-delà de la vocation iconographique de ces carnets de route, la collection souligne la richesse des horizons esthétiques dont recèle l'art actuel, les univers créatifs proposés répondent d'ailleurs à une même exigence de diversité : au cours de leurs voyages, ces artistes venus du monde entier choisissent librement leur mode d'expression. Le dessin, la peinture, le collage, l'art contemporain, l'illustration, la bande dessinée ou le manga sont autant de prismes à travers lesquels retranscrire leurs regards sur l'ailleurs. Figuratives ou plus épurées, les oeuvres originales nées de ces voyages font l'objet, pour certaines d'entre elles, d'une démarche d'acquisition de la part de la maison Louis Vuitton. Elles intègrent ainsi le fonds d'oeuvres d'artistes contemporains que constitue le malletier enrichissant cette collection par la diversité des visions convoquées."

Louis Vuitton 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L’homme qui marche  ;  L’orme du Caucase  ; Les années douces ; Un zoo en hiver  ; Furari  ; Seton tome 1

 

D'autres avis :

L'express

 

Venise, Jiro Taniguchi, Louis Vuitton travel book, mai 2014, 45 euros

 

BD de la semaine  aujoud'hui chez Jacques

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Le magasin général de Régis LOISEL et Jean-Louis TRIPP Tome 1 Marie

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Dans le petit village Notre-Dame des Lacs au Québec, dans les années 20, le Magasin Général est le point central pour ses habitants. Il est tenu par Félix Ducharme et sa femme, Marie. Mais quand son époux meurt, cette dernière hésite à continuer à tenir le magasin. Poussée par le village qui a besoin d'elle, elle décide de continuer, contre vents et marées. C'est son histoire, centrale comme son magasin, que nous suivrons au cours des 9 tomes que compte la série.

Mais c'est aussi l'histoire du quotidien d'un village québécois, entre le nouveau curé qui vient d'arriver, celui qui a décidé de construire un bateau, le jeune garçon qui se casse la jambe, les bagarres, les jalousies, les émotions, les liens, ténus, qui se tissent entre des êtres proches. 

Dans un patois québecois qui chante aux oreilles, les auteurs restituent à merveille ce qui fait le sel d'un village et d'une vie.

          

Ce que j'ai moins aimé :

Le dessin m'a moins plu.

Vous aimerez aussi :

Les autres tomes de la série

Présentation :

Chez Casterman

Le site de l'auteur 

D'autres avis :

Lecture commune organisée dans le cadre de Québec en septembre chez Karine:)

 

Pioché à la bibliothèque.

 

Le magasin général, tome 1, Marie Régis Loisel, Casterman, mars 2006, 15.50 euros

 

 

 

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Un petit détour et autres racontars de Jorn RIEL, Gwen de BONNEVAL, Hervé TANQUERELLE

Publié le par Hélène

                             

♥ ♥ ♥ ♥

"Dans les grandes lignes, faut bien reconnaître que la vie est surprenante et merveilleuse à vivre."

 

Les auteurs :

Jorn RIEL : Auteur. Né au Danemark en 1931, bercé par les récits de Knud Rasmussen, Jørn Riel a passé seize ans au Groenland, où il a cotoyé Paul-Émile Victor. Écrivain, ethnologue, c’est aussi un conteur fabuleux. Le succès de ses fameux « racontars arctiques », puis celui de trilogies comme Le Chant pour celui qui désire vivre ou Le Garçon qui voulait devenir un Être Humain, tous publiés aux éditions Sarbacane, lui ont apporté la reconnaissance. Il vit actuellement en Malaisie.

Gwen de BONNEVAL : scénariste Gwen de Bonneval est un auteur complet (Basile Bonjour,Monsieur Forme), dessinateur sur des scénarios de Fabien Vehlmann (Samedi et DimancheLes Derniers Jours d’un Immortel), ou scénariste pour des dessinateurs (Frantz Duchazeau, Nicolas Hubesch, Hervé Tanquerelle… ). Primé au Festival d’Angoulême en 2010 pour Messire Guillaume, en collaboration avec Matthieu Bonhomme. Il est aujourd’hui directeur éditorial du mensuel de bd numériques : Professeur Cyclope. Ses deux derniers ouvrages parus sont Bonneval Pacha avec Hugues Micol (Dargaud), et Adam et Elle avec Michaël Sterckeman (Glénat).

Hervé TANQUERELLE : Dessinateur. Hervé Tanquerelle a multiplié les expériences graphiques et narratives : La Ballade du Petit Pendu chez l’Association, puis il reprend le dessin de la série Professeur Bell de Joann Sfar aux éditions Delcourt, suivent La Communauté, éditions Futuropolis, Faux Visages sur un scénario de David B, Les Voleurs de Carthage publié aux éditions Dargaud. Il est également rédacteur en chef de Professeur Cyclope, mensuel de bd et fictions numériques. Hervé Tanquerelle vit à Nantes.

(Présentation de l'éditeur)

L'histoire :

Dans la première partie du XXe siècle, sur le vaste territoire du nord-est du Groenland, des trappeurs vivaient de la chasse et de la vente de peaux d’ours polaires, renards, phoques et autres gibiers… De son séjour dans les années 50 auprès de ces trappeurs, Jørn Riel en a rapporté ses désormais célèbres Racontars. Selon lui, un racontar, «c’est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge. À moins que ce ne soit l’inverse.»

- L’oeuvre majeure de Jørn Riel formidablement adaptée en BD !
- 20 000 exemplaires vendus des tomes 1 et 2

(Présentation de l'éditeur)

 

Ce que j'ai aimé :

Retrouver l'univers délirant de Jorn Riel en Bd, c'est un vrai bonheur. Trois de ses nouvelles sont adaptées dans ce tome :

"La balle perdue" : une fameuse chasse à l'ours orchestrée de main de maître par Siverts.

"Un petit détour" : où Valfred entre deux siestes, et Hanse, entre deux bains, visitent du pays. Mais les deux compères se retrouvent dans une position improbable.

Un petit détour et autres racontars de Jorn RIEL, Gwen de BONNEVAL, Hervé TANQUERELLE
Un petit détour et autres racontars de Jorn RIEL, Gwen de BONNEVAL, Hervé TANQUERELLE

"Ce qu'il advint d'Emma par la suite" où l'indécrottable positivisme de l'Islandais Fjordur. Cette dernière nouvelle reprend le mythe d'Emma, particulièrement fascinant et inventif : les trappeurs, en manque d'affection féminine, ont inventé une femme imaginaire, Emma, dont ils se cèdent "les droits" tour à tour. Jusqu'à Fjordur qui ne comprend pas qu'on ne lui présente pas la femme en chair et en os alors qu'il en a acheté les droits... 

Chaque nouvelle est un trésor d'inventivité et d'intelligence, et cette adaptation parfaitement réussie est idéale pour s'initier au monde particulier de ces hommes du froid, drôles et philosophes à la fois.

"J’ai découvert la série des Racontars par hasard, on m’en avait offert un épisode pour un anniversaire. J’ai trouvé les héros tellement attachants que j’ai eu envie de les faire connaître à mes amis. D’où l’idée d’une adaptation. Jørn Riel est un homme au regard bleu froid, il impose le respect, on n’a pas envie de lui taper sur l’épaule. Aussi, je n’en menais pas large quand on lui a présenté des planches. Mais son regard s’est adouci, puis a pétillé, enfin il a souri en regardant le personnage de Valfred. Quel soulagement ! » (Gwen de Bonneval)

 

Ce que j'ai moins aimé :

Comme toujours dans les BD noir et blanc, j'ai imaginé les pages en couleurs et je me suis dit que cela aurait été magnifique !

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur ; La vierge froide ;  Le roi Oscar et autres racontars

 

D'autres avis :

Télérama

A propos des livres 

 

Un petit détour et autres racontars, Riel, Tanquerelle, De Bonneval, Sarbacane, octobre 2013, 22 euros

 

Reçu dans le cadre de l'opération "La BD fait son festival" chez Priceminister 

Note : 18/20

 

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Blacksad tome 5 Amarillo

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Qui es-tu pour me juger ? Qu'as-tu de plus qui te rende meilleur que moi ?

- La poésie et les couilles."

 

 

 

Les auteurs :

 

Juanjo Guarnido est un dessinateur espagnol qui travaille beaucoup dans le domaine de l’animation

Juan Diaz Canales est un scénariste de bandes dessinées espagnol. Il travaille également pour la télévision

 

 

L'histoire :


Ce cinquième épisode de Blacksad, Amarillo, s'ouvre à La Nouvelle-Orléans : Weekly doit quitter la ville ; il y laisse John qui préfère rester sur place pour chercher du travail. Par chance, celui-ci croise justement un riche Texan qui lui propose de ramener sa voiture chez lui : un boulot simple et bien payé ! Le détective accepte, mais, dans une station-service, il se fait voler la voiture par Chad Lowell et Abe Greenberg – deux écrivains beatniks qui cherchent à rejoindre Amarillo, au Texas. Bientôt, une querelle entre les deux hommes, rivaux, vire au drame : Chad, poussé à bout, tire sur Abe qui meurt sur le coup. Obligé de fuir, Chad trouve refuge dans un cirque. John se lance à sa poursuite sur les routes américaines du Nouveau-Mexique, du Colorado, du Texas et de l'Illinois.

Amarillo est le 5e album de Blacksad, une série qui met en scène un chat détective, dans une ambiance qui évoque furieusement le roman noir de la littérature américaine.

 

Mon avis :

 

 

Dés les premières pages, des références à Artaud donnent le ton : la littérature doit être grande ou ne pas être selon Abe, poète exigeant avec lui-même. Chad, son acolyte, est bien moins exigeant, puisque s'il a publié un premier roman à succés, il s'apprête à livrer son deuxième opus, même s'il n'est pas à la hauteur. 

 

Au même moment, Blacksad, le chat le plus classe de le BD se voit confier une cadillac jaune avec comme mission de la convoyer jusqu'à Tulsa. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu.

 

Ce tome 5 nous offre une belle réflexion sur ce que signifie être soi-même, sur la valeur que l'on s'accorde, mais aussi sur la morale que l'on suit ou que l'on fuit quand la fureur prend le pas sur la raison. Mais les personnages ne seront pas forcément ce quils montrent d'eux-mêmes, nous rappelant cette vérité atemporelle : l'apparence peut être trompeuse.

 

BlacksadTome5_3.jpg

 

Un opus riche, à l'image de son héros, Blacksad, toujours aussi classieux, comme les héros de romans noirs à la Chandler ou Irish. 

 

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

Il est dommage que les pistes partent dans diverses directions, entre le poète incompris, les deux qui veulent la peau de Blacksad, les coulisses du cirque, la belle jeune assistante du lanceur de couteaux très mystérieuse, la disparition de la cadillac après laquelle court Blacksad.

 

Les planches de Guarnido sont moins travaillées que dans les précédents, qui jouaient davantage avec les couleurs.

 

Vous aimerez aussi :

 

Blacksad de DIAZ CANALES et GUARNIDO

 

Blacksad, Amarillo, tome 5, Dias Canales et Juanjo Guarnido, Dargaud, novembre 2013, 54 p., 13.99 euros

 

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La vieille qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien de ZIDROU

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

Les auteurs :

Zidrou, scénariste : Né le 12 avril 1962 à Anderlecht (commune de Bruxelles), Benoît Drousie, dit Zidrou, effectue des études d'instituteur et exercera la profession durant quelque six ans, ce qui ne sera pas sans influence sur ses écrits futurs. Son premier scénario publié est illustré par De Brab dans le numéro de Noël 1991 de SPIROU ("La triste fin du Père Noël"). L'année suivante, il fonde une sorte de studio de scénario avec son ami Falzar et commence à assiéger les éditeurs pour placer ses innombrables projets sous le pseudonyme des Potaches.

Dès 1993, ses productions commencent à envahir les pages d'animation et les récits complets du journal de SPIROU. Par ordre chronologique d'apparition de ses illustrateurs, il fournit ainsi de la matière brillante et bien pesée à Wasterlain, Dan, Godi, Ernst, Clarke, Deliège, Evrard, Blatte, Fournier, Darasse, Bercovici, Glem, Jannin, Saive, Lemaître, Midam, Gazzotti, Mandryka, Éric Maltaite, Borrini, Will, Deth, Arenas, Thiriet, Gauthier, E411, Guilhem, Duclozeau, Piroton, Mazel, Bodart, Bosschaert, Wozniak, Plessix, etc.

Rien d'étonnant à ce que certains de ses complices pour quelques pages exceptionnelles s'engagent ensuite sur de plus longs parcours et créent une série en sa compagnie. En 1992, il lance "Margot et Oscar Pluche" avec l'ami Falzar et la dessinatrice De Brab chez Casterman, où la petite fille et son drôle de chien aligneront six albums jusqu'en 1997. Le sympathique duo et toute sa famille en régulière augmentation ! déménageront l'année suivante chez Dupuis et ouvriront une nouvelle série de beaux albums intitulée "Sac à Puces".

En 1995, il propose à Jean-Claude Fournier d'animer une suite de gags gastronomiques, "Les Crannibales", chronique fortement assaisonnée d'humour noir.

Dans le registre de la parodie iconoclaste, il s'en prend peu après au respectable rédacteur en chef de SPIROU et à ses oeuvres. Le dessinateur se trouvera tellement gêné par tant d'impertinence qu'il signera longtemps du pseudonyme de Thelonius ses grossières caricatures du "Boss". Mais c'est son véritable nom que Bercovici signera les albums, assumant la responsabilité de ses compositions graphiques.

Aux Éditions du Lombard, Godi illustre les albums de son "Élève Ducobu", fruits de souvenirs tant personnels que professionnels.

Zidrou est également l'auteur d'une vingtaine de livres pour enfants publiés par Casterman, Nathan et Hachette, dont la série du "Petit Dagobert", illustrée par Godi, dans la "Bibliothèque Rose".

Les dessinateurs : Collectif - Colombo - Cordoba - Gili - Homs - Hureau - Lafebre - Sempere - Siri - Van Beughen

 

L'histoire :

"Du moment qu'on rit des choses, elles ne sont plus dangereuses." affirmait Raymond Devos.

Comme tous les gens qui savent nous faire rire de nous-même, Benoît Zidrou connaît le poids des choses, la gravité de la vie.

En 1997, Philippe Delerm rencontrait un immense succès avec "La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules". L'évocation simple de petits plaisirs suffisait à lui ouvrir le coeur de milliers de lecteurs.

Benoît Zidrou nous invite à un voyage similaire avec les gens qui nous entourent. Qui ose faire connaissance avec la vieille dame d'en face ? Sait-on qu'elle rêve de jouer sur le court central de Roland Garros ? Qui peut dire que cet homme gris et triste, qui a laissé un fossé se creuser entre lui et ses enfants, sera le premier qui prendra dans ses bras ce petit bout d'homme au corps déformé par la maladie ?

Pour mettre en scène ses quinze nouvelles, Benoît Zidrou a cherché des auteurs sachant manier la bonne dose de réalisme et l'expressivité requise pour être toujours juste : un talent qu'on retrouvait chez tous les auteurs de l'école de Marcinelle (Franquin, Morris, Will...). Les neuf dessinatrices et dessinateurs rassemblés ici (Colombo, Cordoba, Gili, Homs, Hureau, Lafebre, Sempere, Siri, Van Beughen) ont tous cette qualité propre aux grands auteurs de BD : leurs histoires prennent vie sous nos yeux. On les lit la larme à l'oeil et le sourire aux lèvres.
On connaissait Benoît Zidrou pour son talent de gagman, on peut désormais savourer son sens de la vie.

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Mon avis :

"Des nouvelles qui font du bien", même si elles s'inscrivent dans une réalité sociale peu encline au sourire, comme la vieille dame du titre qui vit seule avec ses animaux en ne sortant jamais de chez elle. Les personnages sont denses, à l'image de ce jeune homme qui sort de prison et vient tenir compagnie à son grand-père pour se réinsérer, dans une bulle de bonheur et de tolérance bercée par la musique de son saxophone. Ou encore cette nageuse qui ne veut pas lâcher prise même si le bonheur lui tend les bras. Tous ces personnages ont en commun une humanité lumineuse, débordante qui les pousse quelquefois à des extrémités délirantes, comme de manger des poulets rôtis à tous les repas ou à retrourner en enfance pour ne pas tournebouler une maman atteinte d'Alzheimer.

Beaucoup de poésie également dans ces pages qui nous rappellent que la vie n'est pas gaie, la maladie, la vieillesse, les erreurs nous tendent des pièges, mais que la résilience est possible, qu'il est possible de rebondir, de repartir, porté par l'amour des autres. Une belle leçon de vie.

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D'autres avis :

Babélio

 

La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien, Zidrou et collectif, Dupuis, 2009, 20.50 euros

 

BD Mango bleu

 

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