Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

bande dessinee etrangere

Poulet aux prunes de Marjane SATRAPI

Publié le par Hélène

                                               POULET_AUX.jpg

 ♥ ♥ ♥

Prix du meilleur album au festival d'Angoulême en 2005

 

L’auteur :

Marjane Satrapi est une auteure de bandes dessinées d’origine iranienne. Poulet aux prunes devrait sortir au cinéma en octobre 2011, adapté par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.

L’histoire :

Un beau jour, Nasser Ali retrouve son tar cassé. Il a beau chercher un nouveau tar qui serait à la hauteur de l’ancien, rien n’y fait, les sons qu’il compose que les nouveaux tars restent discordants. Désespéré car la musique est toute sa vie, Nasser Ali décide de se laisser mourir.

Ce que j’ai aimé :

-          Marjane Satrapi analyse très finement les rapports humains, et l’histoire qu’elle nous offre ici reste universelle : un amour contrarié, un mariage convenu sans sentiments, un désespoir sans fond qui fait son lit de l’insatisfaction des uns et des autres…

 

-          Le point de vue adopté est celui de Nasser Ali mais à travers ses souvenirs et ses points de vue, un portrait en creux s’ébauche : celui d’un homme qui fait payer ses erreurs à ses proches et ne comprend pas que ceux-ci lui en veulent, un homme incapable de pardonner, un homme égoïste désespérément replié sur lui-même…

 

-          Une belle interrogation sur l’art transparaît en filigrane : faut-il être désespéré pour être doué ?

« Pour le commun des mortels, être musicien ou être clown, c’est du pareil au même. Ne t’en fais pas mon petit. Dis-toi que tu vis une véritable histoire d’amour. Mais bien sûr. As-tu déjà vu quelqu’un écrire un poème sur la femme qu’il a épousée et qui l’engueule quatre fois par jour ? Crois-tu que si Roméo et Juliette avaient fait six gosses ensemble, on aurait écrit un livre sur eux ? Tu souffres ! C’est pour ça que tu joues si bien maintenant ! « 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Le désespoir de cet homme que rien ne sauve imbibe la bande dessinée d’une teinte très sombre.

Vous aimerez aussi :

Du  même auteur : Persépolis de Marjane SATRAPI

 

Poulet aux prunes, Marjane SATRAPI, L’association, 2007, 14 euros

Partager cet article
Repost0

Là où vont nos pères de Shaun TAN

Publié le par Hélène

                                          laOuVont

  ♥ ♥ ♥ ♥ 

  Prix du meilleur album au festival d'Angoulême en 2008

    

L’auteur :

 

Shaun Tan est un auteur australien de bandes dessinées.

 

L’histoire :

 

Un homme quitte sa femme et sa fille pour s’embarquer vers un pays inconnu. Là-bas, tout lui est étranger et son adaptation n’est pas aisée dans un premier temps. Il va rencontrer d’autres émigrés, qui comme lui doivent s’adapter à l’ailleurs.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Là où vont nos pères est un album magnifique, et particularité originale, il est entièrement muet. Seuls les superbes dessins dans les tons sépia rendent compte de l’histoire émouvante de cet homme plongé dans un univers qui lui est totalement inconnu. Le trait des dessins sont  tellement précis qu'il m'est arrivé de me demander s'il ne s'agissait pas de portraits photographiques plutôt que de dessins... L O VO~1 

-          La façon de peindre ce monde incompréhensible aux yeux d'un étranger est elle aussi très originale : l'homme évolue aux côtés de créatures étranges, inconnues, et les moeurs de ses contemporains sont plus qu'intrigants. L'univers fantastique, onirique ainsi créé est déconcertant, fascinant... 

 

 laouvontnosperes.jpg

 

- Une merveille à découvrir sans tarder...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Quelquefois le dessin est resté hermétique à ma compréhension, l’auteur voulant sans doute faire ressentir au lecteur le trou noir devant lequel se tiennent certains étrangers face à un pays si différent du leur.

 

Vous aimerez aussi :

  

Le site officiel de Shaun Tan

 

Là où vont nos pères, Shaun TAN, Dargaud, mars 2007, 120 p., 15.95 euros 

 

 Ils l'ont lu : Keisha, Laurent, Théoma

Partager cet article
Repost0

Broderies de Marjane SATRAPI

Publié le par Hélène

                                                        broderies

 ♥ ♥ ♥ ♥

« Laisse-la se ventiler le cœur. Il n’y a rien de mieux que de parler. »

« Et ainsi nous débutions une longue séance de ventilation du cœur. »

 

L’auteur :

 

Marjane SATRAPI est une auteur de bande dessinée française d’origine iranienne. Elle publie Broderies en 2003, après la publication de Persépolis.

 

L’histoire :

 

Il s’agit d’une bande dessinée mettant en scène des femmes iraniennes qui, à la fin d'un repas, préparent le thé et desservent la table à l'écart des hommes, qui eux font la sieste. Elles peuvent donc parler librement de ce qui leur tient à cœur (le sexe, l'amour, mais pas seulement), loin des clichés sur les femmes soumises du Moyen-Orient.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          C’est un album doté d’une liberté de ton très humoristique. Les sujets abordés sont plutôt graves (notamment la condition des femmes en Iran, les mariages forcés, la virginité) mais Marjane Satrapi leur instille son humour caustique si bien que l’ensemble paraît léger.

-          Ces femmes apparaissent comme des femmes fortes, capables de résister au plus retors des hommes. Comme le dit justement le grand-père de Marji à la fin du volume : « Quand le serpent vieillit, la grenouille l’encule. »

 

 broderies1

  Elles ont une vision très juste du mariage, même si au fond de leur âme elles continuent de croire en l’amour…

 

« Je n’ai jamais vraiment compris comment c’était possible de se marier trois fois. Moi, un seul mariage m’a suffit pour me rendre compte que vivre avec un homme était impraticable ! 

 

- Marjane Satrapi nous offre un petit bijou d’intelligence et d’humour

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Persepolis

  

Broderies, Marjane SATRAPI, L’association, 2003, 15 euros

 

D’autres avis : Papillon, Damien (Onirik.net)

Partager cet article
Repost0

Blacksad de DIAZ CANALES et GUARNIDO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

 

« Pour moi l’enfer c’est le néant. Un endroit sans mes amis, sans musique, sans paroles qui stimulent l’imagination, sans beauté qui exalte les sens. »

 

blacksad-un.jpg

 

Les auteurs :

 

Juanjo Guarnido est un dessinateur espagnol qui travaille beaucoup dans le domaine de l’animation

Juan Diaz Canales est un scénariste de bandes dessinées espagnol. Il travaille également pour la télévision.

 

blacksad-tome-1.jpg

 

 

Tome 1 « Quelque part entre les ombres »

 

 « Blacksad » est une très belle bande dessinée mettant en scène un chat détective. Il s'agit ici de sa première enquête qui le mène vers l'univers de la mafia et de la corruption. Bel hommage aux romans ou films noirs des années 30 ou 50, cette BD réussit à recréer un univers sombre et intense. Les réflexions sont fines et intelligentes, l'ensemble est bien rythmé, nous avons là une BD incontournable...

 

L’histoire :

 

Blacksad est un détective privé qui se retrouve cette fois-ci devant le cadavre d'une ancienne petite amie. Par respect pour sa mémoire il va chercher à découvrir qui a pu perpétuer un tel meurtre. Il va alors plonger dans le passé de la jeune femme et rencontrer ses fréquentations pas toujours très fréquentables...

 

Mon avis :

 

 « Blacksad » est une série de Bd policière mettant en scène des animaux changés en hommes. Blacksad est un chat noir au museau blanc, rusé et romantique. Souvent les personnages ont les qualités des animaux qui les représentent.
Chaque tome présente une nouvelle enquête de Blacksad, dans l'univers du New York des années 50. On pense à Chandler, Irish, à tous ces auteurs de romans noirs sachant si bien rendre une atmosphère policière intense.

 

Les dessins sont très précis, les animaux admirablement bien dessinés. L'utilisation de l'aquarelle apporte une touche plus douce à cet univers sombre et violent. Les couleurs sont utilisées avec talent pour rendre au mieux cette atmosphère de roman noir des années 50. L'ensemble est très harmonieux.

 

blacksad-tome-2.jpg

 

 

Tome 2 « Arctic-nation »

 

L’histoire :

 

Blacksad, le chat détective, se livre ici à une nouvelle enquête : dans le quartier interlope de « The Line », miss Grey l'institutrice demande à Blacksad d'enquêter sur la disparition d'une fillette. Aidé par un journaliste Weekly, notre héros va mener son enquête, plongeant au coeur d'un quartier et d'une organisation profondément raciste.

 

Les problématiques abordées dans ce tome tournent autour du racisme avec une allusion au Ku Klux Klan.

 

Mon avis :

 

La deuxième enquête du chat enquêteur est plus fouillée que la première, plus travaillée, brouillant les pistes. Le thème est également plus grave puisqu'il s'agit du racisme et de ses organisations sophistiquées. L'action est plus rythmée, les réflexions de Blacksad passant au second plan.

Les animaux sont dessinés de façon très fine, chaque détail est travaillé. Ce tome met en scène de nombreux animaux blancs tels que le renard blanc, la fouine, l'ours blanc... Ceux-ci s'opposent aux animaux sombres dans une réaction nazie. En harmonie avec le scénario, la neige tombe, travestissant la ville de blanc. Les dessins de la ville sous la neige sont magnifiques, le plus beau étant le dessin final montrant New York vu de haut avec la voiture rouge de Blacksad filant vers d'autres aventures.

 

blacksad-3.jpg

 

Tome 3 « Ame rouge »



L’histoire :

 

Blacksad travaille désormais pour Hewitt Mandeline en tant que garde du corps et encaisseur. Il est basé à Las Vegas, mais une lubie de son patron le ramène à New York. Il en profite pour assister à une conférence d’Otto Lieber un ancien de ses professeurs auquel il est attaché. Quand il apprend que son ami est menacé, il décide de le protéger et d'enquêter sur les motivations de ses ennemis.

 

Mon avis :

 

Le personnage de Blacksad prend ici de l'épaisseur au travers d'une histoire d'amour peu simple.
Mon seul bémol tient pour cet opus à l'abondance de thèmes et à leur complexité (le nazisme, le communisme, le maccarthysme, la science à cette époque et notamment la fabrication de la bombe H...)

 

Les personnages sont nombreux si bien qu'on ne sait pas toujours de qui on parle. Néanmoins l'histoire avec la belle Alma rachète ces petites dérives.

 

L'illustration est très fine, comme d'habitude, après le blanc de l'opus précédent, c'est cette fois-ci le rouge qui est à l'honneur (un des thèmes est en effet le communisme). Les clairs obscurs sont à l'honneur avec de formidables effets d'ombres rasantes. Les animaux dessinés sont toujours plus nombreux et détaillés, en adéquation parfaite avec leur caractère ou attributs. Les scènes sensuelles sont elles aussi très réussies.

 

Blacksad-tome4-pg00.jpg

 

Tome 4 « L’enfer, le silence »

 

L’histoire :

 

Dans l’ambiance particulière de La Nouvelle-Orléans, en pleine célébration de mardi Gras, John Blacksad enquête sur la disparition de Sébastian, un pianiste de jazz consommateur de drogues. Son producteur, un certain Faust, s’inquiète de son sort mais aussi des conséquences que sa mort ne manquerait pas d’entraîner sur l’avenir de sa maison de disques.

 

Mon avis :

 

Ce tome 4 est un très bel opus bercé par un jazz triste et mélancolique. Pour cette raison, je pense qu’il est mon préféré. La violence est moins présente, la noirceur lui succédant en se parant de ses atours abandonnés. Condensé, ramassé, il dit l’essentiel en quelques planches et peint la détresse d’êtres humains perdus dans ce monde aux allures de carnaval…

Les auteurs rendent un bel hommage à la Nouvelle-Orléans : « sa musique et son âme imprègnent chaque recoin de cette histoire » (JDC et JG)

 

 

 

Je remercie l’éditeur pour m’avoir permis de découvrir le 4ème opus…

 

 blacksad-ny.jpg

 

Blacksad, Diaz Canales et Guarnido, Dargaud, 13.50 euros environ par tome

Partager cet article
Repost0

Persépolis de Marjane SATRAPI

Publié le par Hélène

persepolis

♥ ♥ ♥ ♥

Une bande dessinée  devenue indispensable...

 

L’auteur :

Marjane Satrapi est une auteur de bandes dessinées française d'origine iranienne. Elle publie les quatre tomes de Persépolis entre 2000 et 2003 et obtient un beau succés et qu'elle adaptera au cinéma en 2007 avec l'aide de Vincent PARONNAUD.

 

L’histoire :

 

Persepolis est une jeune enfant que nous rencontrons pour la première fois en 1978, à Téhéran, où elle vit. Nous allons la regarder grandir, portée par les évènements politiques (la chute du Chah, la République islamique, la guerre contre l'Irak...). En grandissant, sa verve va poser quelques problèmes dans ce régime dictatorial, aussi, ses parents vont-ils l'envoyer pour quelque temps en Autriche.

 

Ce que j’ai aimé :

-       Marjane Satrapi se sert des dessins de bandes dessinées en noir et blanc pour peindre l'horreur d'un régime dictatorial. Heureusement, la verve et l'humour du texte permettent d'alléger cette œuvre grave si réelle. Souvent, le spectateur rit aux réflexions de l'enfant ou de la jeune femme. Il fallait cela pour supporter la réalité décrite et pour écouter cette histoire jusqu'au bout. Tout est dit subtilement et sans pathos inutile. C'est une bande dessinée marquante, inoubliable.

-       La jeune Persepolis est très attachante : enfant qui n'a pas sa langue dans sa poche, elle est douée d'une intelligence qui lui fait comprendre intensément ce qui se passe autour d'elle. C'est un personnage grave et drôle à la fois et qui connaîtra des années noires lors de son éloignement en Autriche.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-       Rien

 

Vous aimerez aussi :

 

Le photographe de Emmanuel GUIBERT

 

 

Persépolis, Marjane SATRAPI, L’Association, 14 euros

 

D'autres avis chez Papillon, Théoma, Sylde

Partager cet article
Repost0

Aya de Yopougon de Marguerite ABOUET et Clément OUBRERIE tome 1

Publié le par Hélène

aya-de-yopougon.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

Une bande dessinée africaine fraîche et intelligente.

« Je vais gazer avec Bintou au « Ca va chauffer ». Tu veux venir ? »

 

Les auteurs :

Marguerite ABOUET est ivoirienne. Elle vit actuellement en France et est assistante juridique dans un cabinet d’avocats.

Le dessinateur Clément OUBRERIE est français.  Il voyage beaucoup, illustre de albums jeunesse et a cofondé un studio d’animation, La Station.

L’histoire :

Aya vit dans le quartier de Yopougon et contrairement à ses amies Bintou et Adjoua, elle préfère étudier pour devenir médecin plutôt que de courir les garçons et les maquis.

Ce que j’ai aimé :

-          L’ambiance du pays si bien rendue grâce aux dialogues vifs  et au vocabulaire de là-bas. Vous aussi, allez décaler dans les maquis et déguster des allocos aux cotés des gazelles…

-          L’humour,  comme dans cette scène dans laquelle le père rentre saoûl et vient vérifier la présence de ses enfants dans leurs lits en comptant les pieds « Un pied… Deux pieds… Ca fait une personne… » (p.14)

-          Les sujets graves qui se cachent subtilement derrière les histoires légères proches des novelas brésiliennes à la mode là-bas. Affleurent des questions comme les grossesses impromptues, les études que les parents poussent à faire, ou pas, les pères souvent absents…

-          Le dessin coloré rend hommage à la beauté de ce pays dynamique.

-          Le bonus ivoirien : on y apprend les expressions typiquement ivoirienne, mais aussi à rouler des fesses, ou encore à concocter une sauce arachide (appelée aussi « aller-retour »).

Ce que j’ai moins aimé :

-          Le prix de la BD : 15 euros

-          Je pense que c’est avant tout une BD destinée aux femmes…

 

Aya de Yopougon, Marguerite ABOUET et Clément OUBRERIE, Gallimard BD, 2005, 15 euros

 Kathel et Sylde en parlent aussi.

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5