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bande dessinee francaise

Les ignorants de Etienne DAVODEAU

Publié le par Hélène

                      ignorants-1.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

« Le vin, c’est un truc pour se détendre, c’est un point de rencontre, un lien entre les gens ! » (p. 111)

 

L’auteur :

Je suis né en 1965 dans les Mauges ( c’est une région du Maine & Loire dont le nom viendrait étymologiquement de "MAUvaises GEns" en latin, vous voyez le tableau) . J’y ai passé une enfance formidable . Elle a principalement consisté à me balader avec mes copains dans les champs, à tirer à la fronde d’innocents moineaux puis à ricaner bêtement sur ma mobylette devant les filles.

Partie sur une courbe idéale qui faisait la fierté de mes parents, ma scolarité a reçu en pleine gueule une adolescence tourmentée. S’en est suivi un piqué en flammes assez spectaculaire. Quand je me suis réveillé au milieu des débris , ma main droite cramponnait un document noirci. Il fallait bien me rendre à l’évidence : J’avais mon bac.
À Rennes, je me suis inscrit à la fac, section Arts Plastiques pour une raison qui m’échappe encore. J’y ai étudié (un peu) et dessiné (beaucoup). Avec quelques gaillards qui nourrissaient le même intérêt que moi pour la bande dessinée, nous avons fondé le studio Psurde, modeste association qui nous permit de publier nos premiers travaux, heureusement aujourd’hui introuvables.
Qui étaient ces vaillants pionniers ? Olivier Maunaye, créateur du présent site, Fred Simon (Rails, Le Poisson clown, Popotka), Jean-Luc Simon (coloriste et dessinateur, pour qui j’ai écrit La Gagne), Joub avec qui j’anime Max & Zoé, ainsi que Christophe Hermenier et Thierry Guyader qui ont lâchement abandonné la bande dessinée pour la peinture et la presse.

Après quelques années d’études approximatives mais fort poilantes, j’ai cédé aux encouragements de la femme de ma vie et j’ai écrit le scénario de ce qui allait devenir mon premier livre. Intitulé L’homme qui n’aimait pas les arbres, il s’est niché comme il a pu dans le catalogue Dargaud en 1992. (Source : babélio)

Son blog : http://www.etiennedavodeau.com/

 

L’histoire :

Par un beau temps d’hiver, deux individus, bonnets sur la tête, sécateur en main, taillent une vigne. L’un a le geste et la parole assurés. L’autre, plus emprunté, regarde le premier, cherche à comprendre « ce qui relie ce type à sa vigne », et s’étonne de la « singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents. »

Le premier est vigneron, le second auteur de bandes dessinées.

Pendant un an, Etienne Davodeau a goûté aux joies de la taille, du décavaillonnage, de la tonnellerie ou encore s’est interrogé sur la biodynamie.

Richard Leroy, de son côté, a lu des bandes dessinées choisies par Etienne, a rencontré des auteurs, s’est rendu dans des festivals, est allé chez un imprimeur, s’est penché sur la planche à dessin d’Etienne…

Etienne et Richard échangent leurs savoirs et savoir-faire, mettent en évidence les points que ces pratiques (artistiques et vigneronnes) peuvent avoie ne commun ; et ils sont plus nombreux qu’on ne pourrait l’envisager de prime abord. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

« Les ignorants » : des hommes vierges de savoir dans un certain domaine, des hommes humbles  prêts à s’ouvrir à un autre monde, des hommes beaux qui vont se lancer corps et âme dans une « initiation croisée ».  Le titre et le sous-titre ont déjà une aura magique et majestueuse en eux : ils portent l’humanité comme une toile de fond de cette histoire vécue si touchante.

ignorants 2

Richard va mener Etienne dans un monde aux mots inconnus : décavaillonnage, ébourgeonnage, palissage, et Etienne va inviter Richard à découvrir son univers artistique peuplé de mots et d’images. Cet enrichissement mutuel se fait dans une tolérance exemplaire, dans la simple volonté d’accéder à la compréhension d’un monde différent du leur. Leur année commune se centre sur l’ouverture, apprentissage de la différence.

Etienne ne comprend pas toujours les logiques de la biodynamie...

 « J’ai l’impression que c’est très subjectif, la biodynamie...

- Mais TOUT est subjectif dans le vin !" (p. 91)

... comme Richard reste hermétique à l’art de Moebius. Mais il fera la rencontre des pages de Gibrat, Guibert, Mathieu, Spiegelman, et bien d’autres auteurs qui le toucheront à des degrés divers. Quant à lui Etienne rencontrera des gars qui travaillent au naturel pas au chimique, parce que «  la proximité physique et donc mentale, du vigneron avec son travail… pense à ça quand tu bois du vin. » (p. 102)

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Les ignorants est truffés de réflexions philosophiques :

« Mais bon, y’a pas de recettes… Il faut de l’attention. Ouvrir les yeux sur les choses élémentaires. » (p.229)

économiques, 

« Rester petit, c’est garder le contrôle sur la qualité de notre travail ! Refusons de croître ! » (p.158)  

réflexions artistiques comme dans ce passage magnifique dans lequel  Marc-Antoine Mathieu évoque sa relation au lecteur :

« Ce qui m’importe par-dessus-tout, c’est qu’ils [ses livres]soient cohérents avec la vision de monde que j’y développe… Ensuite y entre qui veut… »

A la fin de l'album, l’auteur nous livre la liste des vins bus et des BD lues, comme une invitation à nous initier, nous aussi, à ces autres mondes... 

Un joyau d’humanité !

 

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Les deux "ignorants" au milieu des coteaux

© Photo F.Roy - Editions Futuropolis

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien ! 

 

Vous aimerez aussi :

 De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI 

 

D’autres avis :

Blogs : Sylire  Aifelle Joelle - Fransoaz

Presse : Télérama Lire  

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Les ignorants, récit d’une initiation croisée,  Etienne DAVODEAU, Futuropolis, octobre 2011, 272 p., 24,9euros

BD Mango bleuTop-bd-2012

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De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 "A Londres, j'étais comme un roc qui venait battre les vagues. Je me retrouve aujourd'hui dans la même situation mais, en face de moi, je n'ai plus que des vaguelettes." (Charles de Gaulle)

 

L'auteur :

Né dans une cabane en planches en bordure d'un champ d'avoine, il a gardé de ses premières années un amour immodéré pour la glaise du terroir. "Seul, le coquelicot m'enchante, Seule, la libellule m'émeut..." (Labours fous - Poésie Plon 1969). Nombre de ses albums dessinés témoignent de sa frénésie bucolique: ainsi ses Fables autonomes (Fluide Glacial 1996 - 1998 ). Classées à tort dans la catégorie humour, elles célèbrent une ruralité âpre et violente, située à mi-chemin entre le réalisme social des Raisins de la colère et le lyrisme printanier d'Oscar le petit canard. La consécration vient avec le personnage d' Aimé Lacapelle. Héros de la campagne profonde, ce policier du BIT (Bureau d'investigation Tarnais) devient l'idole de toute une génération d'agriculteurs rebelles. Pour Ferri, le succès international est tel, qu'il lui permet de repeindre à neuf plusieurs fois sa cabane. Avec le scénario du Retour à la terre (dessin Larcenet), il tente de réconcilier ville et campagne et d'attirer l'attention sur le sort douloureux des chats déracinés. Dernier album solo de Ferri, De Gaulle à la plage, album anachronique et balnéaire sorti en décembre 2007 où le Général confond sa silhouette avec le Monsieur Hulot de Jacques Tati. Un De Gaulle à Londres est en préparation, et Ferri s’attaque également aux scénarios des irréductibles gaulois. L'auteur partage son temps entre la BD et le bouturage des dahlias. Texte © Dargaud

 

L'histoire :

De Gaulle à la Plage est né dans les pages de Vive la Politique, ce grand homme en short découvrant les tongs et les congés payés nous a fait tellement rire qu'il ne pouvait pas nous quitter aussi vite. Très vite Jean-Yves Ferri s'est senti investi d'une impérative mission, il en allait de l'intérêt supérieur du pays, il fallait raconter l'été 56, celui où le Général, lassé de l'ingratitude de ces veaux de français, décida de se consacrer à l'édification de châteaux de sable, au bonheur des pique-nique et aux joies du volley ball.

 

Ce que j'ai aimé :

 

Le général De Gaulle était un personnage à proprement parlé, le  "sauveur de la france", mais aussi un grand échalas décalé. En 1956 il effectue sa "traversée du désert" : son parti a périclité en 1955, et le général se retire alors pour rédiger ses mémoires. Mais la France s'enferre dans la crise et De gaulle espère être rappelé au pouvoir pour "sauver" à nouveau la France (ce qui sera vrai 2 ans plus tard).

Aussi Le général selon Ferri prend du bon temps durant cet été 56 et apprend la trivialité du quotidien de vacancier. Imprégné de son passé, le général continue néanmoins à user de certains réflexes quelque peu inappropriés à la plage... 

de gaulle a la plage 3 

 Epaulé par son fidèle aide de camp Lebornec, il doit gérer la vie de famille, notamment son fils à qui il conseille un CAP de tourneur-friseur, envoie des messages sybilliques par l'intermédiaire du poste de secours "le singe se parfume à la naphtaline...Je répète...Le singe se parfume à la naphtaline..." (p. 39), tente d'éduquer son chien traumatisé, fils du chien-loup d'Hitler, évite sa femme autant que possible pour aller traquer les belles nymphes, et attend surtout impatiemment que la France le réclame à nouveau pour qu'il puisse accomplir sa seule et unique mission : sauver la France...

DeGaulle-plage_4.jpg

Le général de Ferri ressemble à s'y méprendre à un personnage de Tati et son humour n'est pas tellement éloigné de celui de son confrère : décalé et finalement désopilant...

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Les vacances de Monsieur Hulot, Jacques TATI

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

 

Vous aimerez aussi :

Le retour à la terre de FERRI et LARCENET

 

De-Gaulle-plage-1.jpg

 

D'autres avis :

Mango  Kathel et Alwenn CécileQde9,

 

De Gaulle à la plage, Jean-Yves FERRI, Dargaud, 2007, 46 p., 11.99 euros

 Top-BD-des-blogueurs-v3

BD Mango bleu

 

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3" par Marc-Antoine MATHIEU

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

L’auteur :

Marc-Antoine Mathieu est un dessinateur et scénariste de bande dessinée français.

 

L’histoire :

“Cet ouvrage se propose de relater la trajectoire de la lumière dans une petite portion d’espace-temps. Les 3 secondes qui la constituent forment un récit très court mais aussi très dense, aux allures d’intrigue policière. Observer les détails, enquêter d’une scène à l’autre permet de reconstituer les angles morts et de récolter les indices sur ce qui relie les personnages et les motive. Affaire, crime, complot… A chacun de se faire sa propre idée. Quelques pistes vous mettront sur la voie : Quel scandale secoue la presse ? Qu’a dit Renato Nacci et que fait-il ? Qui est dans l’avion et que lui arrive-t-il ? Qu’a-t-on offert à Carine ? Bonne investigation” (synopsis éditeur).

 

Ce que j’ai aimé :

3 secondes est un album conceptuel très original, sans bulles, constitué uniquement de planches de dessins qui se font échos les unes aux autres. Ce mutisme permet de s'attacher uniquemment aux images qui nous invitent à une enquête policière dans le monde du football. Le lecteur se fait détective, traquant le moindre détail, perçu dans le reflet d'une vitrine, d'une prunelle ou d'une flaque d'eau... Ce jeu de renvoi le mène alors petit à petit vers la solution de l'énigme.

C'est une œuvre hybride pensée à la fois en version papier et en numérique. Sur le site des Editions Delcourt, grâce à un mot de passe que l’on trouve dans l’album version papier, le lecteur peut accéder à la version internet et ainsi zoomer, explorer…

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Ce que j’ai moins aimé :

Il faut avoir une bonne vue pour saisir tous les détails et trouver la clé de l’énigme

 

D’autres avis :

Choco   ;

 Mo' - Noukette - Lunch - Antigone - Yaneck - mec d'Alfie - Lelf  

 

3 secondes, Marc-Antoine Mathieu, Delcourt, septembre 2011, 14.95 euros

 

 

BD-Mango-bleu.jpgTop-bd-2012-copie-1

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Aziyadé de Franck BOURGERON d’après le roman de Pierre LOTI

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Un bel hommage au roman de Pierre Loti

 

L’auteur :

Pierre Loti est un écrivain français, né à Rochefort en 1850. Officier de marine, ses voyages ont inspiré beaucoup de ses romans. On lui doit notamment  Ramuntcho et Pêcheur d’Islande.

En 1879, il écrit Aziyadé et en 1892, Fantôme d’orient, ultime hommage à la femme qui ne cessa jamais de hanter son cœur. Il est mort en 1923 à Hendaye et est enterré dans l’île d’Oléron. 

 

L’histoire :

e passage en Grèce, à Salonique (alors sous domination turque), Loti, jeune et sémillant lieutenant de la marine anglaise aperçoit, derrière les barreaux d'une fenêtre de harem, le visage d'Aziyadé, belle et jeune odalisque aux yeux verts. Dès lors, il ne vit plus que pour elle. « Aziyadé est âgée de dix-huit ou dix-neuf ans, elle est capable de prendre des résolutions extrêmes et de les suivre coûte que coûte, jusqu’à la mort… »

 Leur liaison amoureuse, née au milieu des parfums et des mystères de l'Orient, culminera à Stamboul (quartier de Constantinople) dans le déchirement et le sacrifice.

 

Ce que j’ai aimé :

Le jeune Loti est un homme seul, « sans foi ni espérance », qui a dû quitter sa sœur et sa mère pour débarquer dans un pays inconnu, prêt à se laisser envoûter par les plaisirs que cet orient peut lui offrir.

aziyadé

Il va donc se laisser charmer par la belle Aziyadé, au risque de sa vie et de celles de quelques autres, puisque la jeune femme appartient au harem d’un dignitaire turc. Mais pour lui ces heures de plaisir sont une façon d’exister, de se sentir vivant dans un monde déroutant :

« Mais j’en suis venu à penser que tout ce qui me plaît est bon à faire… il faut toujours épicer de son mieux… le repas si fade…de la vie. » (p. 19)

L’excitation de l’interdit, de ces rencontres volées, de ces éloignements prolongés, de ces retrouvailles fougueuses vont tresser en son cœur des sentiments durables, qui ne pourront malheureusement jamais s’épanouir pleinement. Lui qui n’aimait personne et ne « croyais à l’affection de personne » sera pris aux rets de la belle Aziyadé…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 La typographie, notamment dans les lettres de Pierre Loti à sa famille, n'est pas toujours très fluide.

  

Aziyadé, D'après le roman de Pierre Loti. Récit et dessin de Franck Bourgeron. Couleurs de Claire Champion, Futuropolis, février /2007 , 128 p., 19.3 euros

  Top-bd-2012 

BD du mercredi de Mango 1

 

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Portugal de Cyril PEDROSA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Son blog : http://cyrilpedrosa.blogspot.com/

 

L’histoire :

Quand un retour aux sources imprévu devient renaissance à soi-même.

Plus vraiment d'inspiration, plus d'envies et pas de projets, l'auteur de BD Simon Muchat végète doucement dans son boulot d'animateur scolaire, et exaspère Claire, sa compagne, qui le voudrait plus investi.

Invité à passer quelques jours au Portugal, dont sa famille est originaire et où il n'était plus allé depuis l'enfance, il va y découvrir une autre façon d'exister et d'être - et peut-être le début d'une nouvelle inspiration ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

Cet album est un bijou graphique avec une utilisation de la couleur permettant de toucher au plus près aux sentiments du narrateur : quand son moral frôle le néant, les couleurs sont ternes, sans vie, cette vie qui revient au Portugal quand Simon retourne vers ses racines. Les couleurs et le mouvement affluent alors sur les pages comme dans l'âme des personnages. Les pages consacrées aux souvenirs se teintent d'une coloration sépia mélancolique et triste.

 

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Portugal nous peint le retour à la vie de Simon, jeune adulte perdu, errant dans sa vie en se laissant porter par les évènements, et surtout par les décisions de sa copine, Claire, qui finit bien évidemment à se lasser de la perpétuelle indécision et morosité dans laquelle évolue son compagnon déprimé. Le temps du mariage de sa cousine, Simon va retourner vers ce qui le fonde, son père, sa famille, un pays qu'il connaît peu mais est avide de découvrir, un monde coloré et vif. Là aussi la vie n'épargne guère les êtres, mais Simon y est à sa juste place, il trouve enfin ce qui lui manquait, une identité.

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Le rythme assez lent et profondément mélancolique a instillé sur mon âme une touche amère et un peu déprimante…

 

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D’autres avis :

 

Blogs :

 

Ys ; Mo’; Les 8 plumes  

 

Presse :

 

"Un long et beau récit (...) intime et vagabond, parfaitement universel" (Le Nouvel Observateur)

- "Un roman graphique bouleversant" (Rue89)

- "Une BD intime et flamboyante. Un album fabuleux au graphisme sans cesse mouvant" (Métro)

- "Un magnifique album" (20MN)

- "Cyril Pedrosa signe là une oeuvre tout simplement magistrale" (Télérama)
  

 

- "Un petit bijou de BD" (Ouest France)

- "Un album d'une profondeur et d'une acuité rare" (Livres Hebdo)

 

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Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, septembre 2011, 261 p., 35 euros

 

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Polina de Bastien VIVES

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Un magnifique portrait de danseuse.

   

L’auteur :

 

Bastien Vivès est un auteur de bande dessinée français.

 

L’histoire :

 

Très douée pour la danse, la petite Polina Oulinov est sélectionnée pour suivre les cours de Nikita Bojinski, un maître d’une exigence absolue, à la fois redouté et admiré. Au fil de son enseignement, qu’elle suit des années durant, Polina devenue jeune fille développe avec son mentor une relation complexe, entre antagonisme et soumission – et finit par le quitter pour explorer de nouvelles expériences artistiques, en toute indépendance.

 

Ce que j’ai aimé :

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Polina est une jeune personne fragile et attachante, une jeune danseuse qui mène ses choix avec grâce et intensité. Danseuse dans l’âme, elle assume ses choix artistiques et sentimentaux en parcourant son destin avec légèreté.

 

Les dessins épousent parfaitement la finesse des corps et des mouvements. Les  traits en noir et blanc laissent filer parmi les interstices le désarroi, la souffrance, mais aussi la beauté et la passion de ces jeunes artistes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

D’autres avis :

 

Théoma, Midola

  

Polina, Bastien VIVES, Casterman, 2011, 210 pages,  18 euros

 

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Top-bd-2012

 

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Chroniques de la nécropole de GOLO et DIBOU

Publié le par Hélène

                                        chroniques de la necropole bd futuropolis

♥ ♥ ♥ ♥

 

Les auteurs :

 

Guy Nadaud dit Golo né en 1948 à Bayonne. Avec son complice Franck il a signé des albums chez Futuropolis, Dargaud et Casterman puis a continué seul dans le mensuel A Suivre en adaptant "Mendiants et Orgueilleux" d'Albert Cossery. Depuis plus de 10 ans maintenant, il vit entre le Caire et un village près de Louxor. Dernier livre paru : "B.Traven, portrait d'un anonyme célèbre", éditions Futuropolis.

Dibou est sa compagne.

 

L’histoire :

 

Loin des lieux figurants dans les dépliants touristiques, et pourtant aux abords même de Louxor, Golo et sa compagne Dibou habitent depuis plus de 10 ans dans le village de Gournah.
Ils ont assisté démunis, à sa destruction inéluctable. Tout le monde soupçonne l'existence de projets immobiliers pharaoniques portés par des gens proches du pouvoir...
Dans ce récit de l'impuissance des individus face à la logique financière de l'état, c'est aussi et surtout leur amour immense.profond pour l'Égypte et son peuple fascinant, que Dibou et Golo racontent avec tendresse, émotion et joie de vivre. - Présentation de l'éditeur -

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          - Dibou liquide sa société, déménage à Gournah pour vivre " en artiste" et coudre, sculpter... Si cette décision est mûrement réflechie, elle n'est pas exempt de questions : " Mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? - Faire, faire, faire, vous les Français, vous n'avez que ça à la bouche ! Et ETRE alors, vous n'y pensez jamais ?" (p. 135) lui répond sagement son ami égyptien...

      Et c'est ainsi que Dibou va ETRE, être une femme accomplie oeuvrant pour des causes justes aux côtés des habitants du village, fustigeant le gouvernement en place qui préfère les touristes aux autochtones, critiquant les touristes eux-mêmes, complices.

      "Ils ont l'illusion de faire partie d'une élite aisée, ayant accès à la culture, appartenant à une civilisation supérieure qui maîtrise les techniques, l'espace, le temps... En réalité ils sont des prolétaires en pleine activité, travaillant pour l'industrie du tourisme à des postes subalternes : consommateurs d'appoint dans des pays aux économies en voie de développement." (p. 45)

     Elle et son ami Golo vont s'épanouir dans un pays magnifique au charme envoûtant, ne regrettant nullement le choix radical qui les a amenés à Gournah. Ils vont éveiller les enfants du village à la création et à la culture, mûs par un amour des autres incommensurables. Et même s'ils ne parviendront pas à sauver le village, ils resteront dans les mémoires des habitants et nous laissent ce superbe album, témoin magnifique d'un monde déchu.

 l'   L'alliance subtile entre les dessins de Golo et les photographies apporte puissance et magie aux propos.

      Chroniques de la nécropole chante la vie, exhalte la beauté et parle avant tout d'amour et d'humilité. 

           

      " J'aime les bruits de Gournah, la voix des fellahs qui se répondent d'un champ à l'autre... Le chant des oiseaux qui se tait d'un coup au coucher du soleil... Le rire des enfants... Le chant de la huppe, "Hod hod", qui change lorsqu'elle tourne la tête... Le ramdam des moineaux... le braiement orgasmiques des ânes... la guêpe entrée par mégarde dans la maison qui s'obstine à rester devant les moustiquaires des fenêtres jusqu'à tomber d'épuisement... Les psalmodies du Coran qui reviennent tout au long de la journée pendant les trois jours des obsèques et sont si apaisantes..." (p. 180) 

     

golo

 

    Une Bd à posséder absolument pour ne pas oublier qu'il est possible de créer quelque chose et de ne pas suivre bêtement la masse...

 

golo-1.jpg

U

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Je trouve que les surnoms choisis par les auteurs infantilisent la Bd et en donnent

une golo2.jpgpremière image bien loin du propos tenu.

 

Vous aimerez aussi :

 

Grain de sable Burkina

 

D'autres avis :

 

A voir le reportage sur ARTE

 

Chroniques de la nécropole, Golo et Dibou, Futuroppolis, mai 2011,  208 p., 22 euros

 

 

BD du mercredi de Mango 1

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Les formidables aventures de Lapinot. Tome 0. Slaloms de Lewis TRONDHEIM

Publié le par Hélène

slaloms.jpg 

♥ ♥

 

L’auteur :

Lewis Trondheim de son vrai nom Laurent Chabosy (né le 11 décembre 1964, à Fontainebleau, France) est un dessinateur, scénariste et éditeur français de bande dessinée.

 

La série :

Les Formidables Aventures de Lapinot est une série de bande dessinée réalisée par Lewis Trondheim.

La série met en scène des animaux à forme humaine. Le personnage principal est un lapin, Lapinot, entouré d'une bande d'amis (Richard, Pierrot, Titi, Nadia…). En alternance, les histoires se déroulent dans un environnement urbain habituel ou dans des mondes empruntés à des univers variés : westerns, Spirou et Fantasio, etc.(source : Wikipédia)

 

L’histoire :

Lapinot, Richard, Pierrot et Titi vont aux sports d'hiver. Au début, Lapinot a mal au cœur à cause des virages en bagnole. Après, ils ne peuvent pas faire de ski à cause du loup qui a déjà zigouillé trois skieurs. Après, ils peuvent en faire parce que le loup est parti, mais c'est coton de louer des chaussures et le reste parce que Lapinot chausse du 88 et Pierrot a "juste besoin de gants normaux à quatre doigts". Après, Richard descend tout schuss du matin au soir, et les autres, qui trouvent globalement que le paysage est pentu, comptent leurs abattis quand ils se ramassent. Le reste du temps, ils échangent des vannes poilantes, ils emballent les filles - mollement : Lapinot ne se sent pas d'entamer une relation en ce moment - ou ils jouent à des jeux idiots et dansent sur Cloclo : "Les sirènes du poort d'alee-xandrie chantencore la même méé-lodie…"  (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Les formidables aventures de Lapinot peignent la vie simple de trentenaires : ce sont des êtres sans fioritures à cheval entre la vie adulte et les bouffonneries de l’enfance. Des personnages  dans lesquels tout un chacun se reconnaît :  ici évoluant aux sports d’hiver, on y rencontre celui qui veut dévaler les pistes –noires-  de la première à la dernière heure, celui venu pour se reposer et qui refuse de « s’exciter », celui venu avant tout pour lever des filles,  sur les pistes ou en boîte de nuit…  Des personnes capables de chanter « Etoile des neiges » à tue-tête –ou sa version actualisée assez étonnante… - et capable l’instant d’après de disserter :

 

« Il faut bien admettre qu’on est tous devenus des adultes responsables.

-          Ou en tout cas des adultes…

-          Légalement parlant ;

-          Mm… On est peu de chose…

-          Tu veux dire qu’on est plus que très importants

-          Le fait qu’on existe donne une dimension aux choses.

-          Le fait qu’on existe nous fait nous rendre compte qu’on est nous-mêmes d’une petite dimension. » (p. 31)

 

« Des gens meurent à chaque seconde ! C’est comme si tu découvrais que la mort existe vraiment parce qu’elle a été proche de toi… » (p. 46)

 

Slaloms est un album simple, sans prétention, et ses héros des êtres sympathiques avec qui on passe du bon temps.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Ce n’est pas hilarant, on sourit tout juste, les aventures sont somme toute tellement banales que l’on pourrait leur reprocher de rester trop à plat…

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D’autres avis :

Babélio

 

Slaloms, Lewis TRONDHEIM, Dargaud, 2000, 46 p., 11.55 euros

 BD du mercredi de Mango 1

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Rébétiko de David PRUDHOMME

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Prix « Regards sur le monde » au festival d’ Angoulême 2010

 

L’auteur :

David Prudhomme est un auteur de bande dessinée français.

 

L’histoire :

Athènes, fin des années 1930. Dans les bouges de la ville soumise à la dictature militaire, quelques copains partagent leur vie entre les femmes, le bouzouki et le narghilé en rêvant de refaire le monde. David Prudhomme signe un récit attachant et bercé par la mélopée envoûtante du rébétiko, cette musique populaire née en Grèce au début du siècle passé.

 

Ce que j’ai aimé :

-          Dans ce magnifique album, David Prudhomme rend hommage aux  rébètes, « déracinés de Turquie et des îles grecques survivant dans les bidonvilles aux portes des grande ville. » Ces hommes déclassés se réunissent pour chanter leur mal-être, le Rébétiko, appelé aussi quelquefois « le blues grec ». David Prudhomme erre aux côtés de ces hommes désoeuvrés, souvent anesthésiés par le haschich qu’ils fument, et nous convie à leur rencontre dans une atmosphère nostalgique et comme suspendue. La violence est tapie dans l’ombre, à chaque instant une esclandre peut éclater, des policiers chargés peuvent surgir pour les arrêter et casser leurs instruments de musique, les bouzoukis, parce qu’ils sont devenus les bêtes noires du gouvernement en place :

 

«  Tu sais qui est le général Métaxas ? Il a décrété la loi martiale à la suite des grandes grèves communistes du 4 août. Il a pris le pouvoir, fait de ce pays une dictature. C’est un fasciste, tu sais, un de ces hommes qui apprécient ce qui est en train de faire Hitler en Allemagne, Mussolini en Italie, Franco en Espagne… Métaxas condamne un amollissement moral de notre société, supposée décadente… Sa propagande déisgne les coupables de cette prétendue immoralité… et l’impute à cette part d’Orient qui habite en nous. Il dit qu’il va laver la Grèce de toute influence turque. Tu saisis de que ça signifie ? Non, moi non plus, nous sommes mêlés à l’Orient depuis toujours. Nos origines se confondent… Mais tu le sais bien, rébète, vous servirez de symboles, (…) coupables d’unir Orient et Occident en un chant hypnitique.» (p. 18)

 

REBETIKO-danse.jpg

 

Leur vie n’est que course poursuite, coups, blessures, prison pour certains. Ils tentent de noyer leur malheur dans l’alcool et la drogue, et dans l’amitié surtout qui les réunit autour de leur passion pour la musique. Le soir, ils se racontent en chantant leur journée, dans un chant teinté de mélancolie. Et, un instant, la musique les sauve…

 

« Quelques fumeurs de haschich ont rencontré la mort,

Lui demandent si aux Enfers les gars s’amusent encore.

Dis, la Mort, c’est comment, la vie au fond de la nuit ?

Y’a du fric dans l’Hadès ? On y boit du raki ?

Y’a des chansons ? Du bouzouki ? Des fêtes ?

Des coups fumants ? Des coins sympas pour les Rébètes ?

Dis-nous, y’a des poupées chez toi, des bonnes frangines

Qui prennent leur pied, soufflant le hasch par les narines ?

Dis-nous, la Mort, sois bonne : les clodos, pauvres mecs,

Ils picolent aux Enfers, ou sont au régime sec ?

Ceux qui arrivent chez toi dans la plus noire déprime,

Ils guérissent, dans l’Hadès, ou plongent au fond de l’abîme ?

Prends cette poignée de kif, du fort, du parfumé :

C’est pour nos potes en bas, qu’ils puissent un peu fumer. » (p. 102)

 

 

Concert dessiné Rébétiko : David Prudhomme, Dimitri Katséris, Panos Mentjos - wideo
Concert dessiné, sur le thème de l'album Rébétiko de David Prudhomme "Prix essentiel regard sur le monde".
Dessins : David Prudhomme
Accompagnement musical : Dimitri Katséris, Panos Mentjos, Thomas Gossely
Ce film reprend les dessins réalisé pendant le concert, le titre du morceau est "Pergamé".Video de asso9-33

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien.

 

Vous aimerez aussi :

Chico et Rita de Javier MARISCAL et Fernando TRUEBA

 

Le blog consacré à la BD : http://bderebetiko.blogspot.com/ sur lequel vous entendrez desmorceaux de ce chant hypnotique.

D’autres avis :

Télérama, Midola 

 

Rébétiko, (La mauvaise herbe), David Prudhomme, Futuropolis, 2009, 101 p., 20 euros

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J’aurais voulu être ethnologue de Margaux MOTIN

Publié le par Hélène

                                          j-aurais-voulu-etre-thnologue.jpg

 

L’auteur :

Margaux Motin est une illustratrice française. Elle est connue, entre autres, pour son blog Margaux Motin, où elle expose avec humour des anecdotes de sa vie de trentenaire. Elle a une soeur, Marion Motin, qui est danseuse.

 

L’histoire :

Le quotidien d’une jeune illustratrice : sa petite fille, son mari, ses copines, sa mère, ses achats compulsifs… La vie quoi !

 

Ce que j’ai aimé :

-          Cet album est plutôt drôle, les scènes sont bien vues :

 

"J'aurais adoré être ethnologue ... j'aurais étudié la symbolique de la chaussure à talon chez les pygmées, observé les fréquences d'épilation des femmes en Amazonie, établi une typologie du bébé morue dans les sociétés inuit, j'aurais même probablement appris à construire une pirogue avec une bretelle de soutif et une tong, et pris des cuites à l'alcool de manioc. La vie aurait été une course folle, une nuit d'ivresse interminable, un vaste champ de possibles! Mais je suis une grosse feignasse, je vomis quand je suis soûle et j'ai peur des quêpes. Et puis, de toute façon, tout ce que je sais faire, c'est dessiner..." (4ème de couverture)

 

margaux-motin-1.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien de nouveau sous le soleil, de nombreuses caricatures : les hommes regardent le foot, pendant que les filles font les boutiques, se font les ongles, s’épilent le maillot, et les enfants eux ne sont là que pour pleurer et nous réveiller la nuit :

 

margaux-motin-2.jpg

 

D’autres avis :

Sophie

 

Vous aimerez aussi :

Le blog de Margaux Motin

 

J’aurais voulu être ethnologue, Margaux MOTIN, Hachette, Marabout, 2009, 12.90 euros

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