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bande dessinee francaise

L'île au trésor adapté par François CORTEGGIANI et Michel FAURE

Publié le par Hélène

Mon avis : 

Un bilan négatif pour cette adaptation du célèbre roman de Stevenson. L'histoire est condensée, ce qui est nécessaire bien sûr dans une adaptation en bande dessinée, mais certains sauts temporels provoquent des difficultés de compréhension assez désagréables. On ne comprend pas bien cette histoire de marque noire par exemple, ou encore le retournement de John Silver. Les morts sont expédiés ad patres en une bulle et oubliés la bulle suivante. Tout semble haché, manquant de cohérence et de fluidité. 

De plus, détail non négligeable, les dessins sont assez violents, induisant le rendu d'une atmosphère brouillonne et très sombre.  Les effusions de sang sont monnaie courante

Cette adaptation est surtout axée plus sur le côté effrayant du monde des pirates, plus que sur l'aventure.

L'avis de Romain, 10 ans : ♥ ♥

(A noter que contrairement à moi, il venait de relire le roman)

La bande dessinée est moins bien que le roman parce qu'il y a moins de précisions.

Les dessins ne m'ont pas trop plu, ils étaient trop tristes. Je ne voyais pas les personnages comme ça, à part Jim, dans la BD ils sont très laids, je les voyais autrement.

 

Ce fut ma BD de la semaine, accueillie par Mo cette semaine !

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Le jardin de minuit de EDITH

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Rien ne reste figé si ce n'est dans notre mémoire."

Le jardin de minuit est un roman classique anglais de Philippa Pearce qui reçut en 1958 la médaille de Carnegie. Edith en propose ici une adaptation dans laquelle s'entrelacent étroitement réalité et imaginaire.

Tom Long est invité à passer les vacances d'été chez son oncle et sa tante pour éviter d'être contaminé par la rougeole de son frère. Il arrive dans l'immeuble où il loge persuadé que ses journées vont être interminables et que l'ennui sera son seul compagnon. Mais une nuit, alors que l'horloge du hall sonne treize coups, des évènements étranges se produisent : la petite porte du fond du hall ne donne plus sur une petite cour abandonnée, mais sur un gigantesque jardin fleuri. Tom s'y aventure et y rencontre la jeune Hatty, petite fille semblant tout droit sortie du siècle dernier. 

La jeune Hatty serait-elle un fantôme ? Tom interroge son oncle sur les espaces temporels sans parvenir réellement à expliquer ce phénomène étrange, cet espace temps ouvert pour lui sur des amusements sans fin avec la jeune fille aux habits de l'époque victorienne... Il se laisse bercer par les plaisirs de l'enfance, attendre quelqu'un pour jouer, désirer l'endroit où l'on peut s'amuser et passer des heures entières à s'enivrer de cette connivence placée sous le sceau de l'imaginaire et de la surprise. 

Alors peut-être finalement sommes nous tous les fantômes de quelqu'un du moment que ce quelqu'un se souvient de nous...

Cet album aux accents merveilleux chante l'imaginaire sans fin de l'enfance, cet univers et ces décors qui nous influencent et font de nous ce que nous sommes : "les couleurs, les matières, les odeurs, les sons aimés sont des empreintes de nos enfances." Temps de l'enfance comme suspendu entre réalité et mémoire, il est fait de ces heures uniques comme irréelles parce que situées dans un présent éclatant d'innocence et de bonheur... 

 

Présentation de l'éditeur : Soleil Prod 

D'autres avis : Babelio  ; Jérôme ; Noukette ; Mo' ; Jacques

 

Le jardin de minuit, Edith, Soleil prod, 2015, 17.95 euros

 

Lu avec la BD du mercredi accueillie aujourd'hui par Stephie

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Les beaux étés de ZIDROU et Jordi LAFEBRE

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥ ♥

"Avant, on habitait en Belgique. Maintenant on habite en vacances !"

Le premier tome se déroule en août 1973. La  famille Faldérault part en vacances,  "Cap au Sud" une fois que le père aura rendu ses planches de Bd. Et c'est parti pour un voyage enchanté avec les chansons traditionnelles, le pique nique en chemin et son lieu attitré, les taquineries des frères et des soeurs, et surrtout, l'insouciance de ces jours suspendus ... 

En chemin, ils plantent leur tente dans le jardin d'un charmant couple trop heureux de cette visite impromptue qui leur promet des apéros épicuriens : "Les enfants, c'est le meilleur de la vie ! Les enfants... et le rosé bien frais !"

Car oui, c'est le bonheur que chante ces albums, un bonheur fragile, souvent caché dans les détails et dans les liens ténus qui relient les êtres mais un bonheur qui éclate, pur, pendant ce mois de vacances loin des aléas du quotidien. Alors peut-être que le couple bat de l'aile, que la tante est gravement malade, que le travail est difficile, mais ce qui importe avant tout, c'est de vibrer, et de retrouver l'insouciance de l'enfance et des vacances... 

"Je suis fatiguée, Tchouki, fatiguée d'attendre qu'arrive enfin la vie dont Pierre et moi rêvions quad nous avions 20 ans. Ma mère me disait toujours "à 20 ans on rêve sa vie, à 40 on l'assume." Mais moi, j'en ai marre d'assumer ! Je veux ! ... Je veux ! ... En fait je ne sais pas ce que je veux, je sais seulement que je n'ai pas envie de finir comme elle, sèche et amère."

Le deuxième tome remonte le temps, il se déroule en 1969 et relate cette fois-ci un séjour dans les calanques, avec toujours beaucoup de tendresse, de joie de vivre et de justesse dans ces planches qui fleurent bon les vacances. 

"Te raconter ? Te raconter quoi, papa ? Le bonheur ça ne se raconte pas !"

 

Présentation de l'éditeur : Dargaud 

D'autres avis : découvert chez Noukette et Jérôme ; Violette ; Moka

Bd de la semaine chez Noukette 

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L'île Louvre de Florent CHAVOUET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Quel plaisir de retrouver l'inventivité de Florent Chavouet, ses dessins denses, ce sens du détail qui nous enjoint à regarder le monde d'un oeil plus vif !

Dans une coédition avec les éditions du Louvre, Futuropolis propose à des auteurs de livrer leur propre ressenti sur ce lieu mythique. Avant Florent Chavouet, ce sont livrés à l'exercice Jirô Taniguchi,  Enki Bilal, Etienne Davodeau, David Prudhomme, Christian Durieux, et Loo Hui Phang avec Philippe Dupuy. Florent Chavouet imagine que le musée du Louvre est devenu une île et c'est vers un autre monde insulaire que l'auteur se dirige pour passer quelques temps en observation auprès des habitants de l'île (gardiens, personnel du ménage..) et des visiteurs. 

Les gardiens du temple échangent avec bonheur autour de ce lieu de travail si particulier, avouant répondre souvent aux mêmes questions : "Où se trouve La Joconde / la Vénus de Milo / la Victoire de Samothrace / les toilettes ?" Détail incongru, on apprend aussi que les objets les pus volés du musée sont les doigts des statues... 

Pour nourrir ses pages, l'auteur se laisse surtout porter par la magie du lieu et par les discussions des visiteurs, une source d'inspiration sans fin...

"Ah voilà enfin les petits tableaux, je préfère, c'est moins prétentieux."

"Et par rapport à Orsay tu trouves ça comment ?

Oh c'est pareil mais c'est pas les mêmes peintures."

"Tu vois c'est Jacques Louis David pas Jean Louis David"

Les couples sans langue de bois constituent une cible de choix pour le dessinateur, comme cet homme qui dit à sa femme "Attends mets toi à côté des cruches je vais te prendre en photo."

 

Au centre de la bande dessinée, une vue panoramique du musée se déplie, élément ludique qui rappelle les plans immenses fournis dans les musées, clin d'oeil qui nous plonge encore davantage dans le plaisir de la visite !

C'est donc un pari réussi pour Florent Chavouet qui a su rendre un bel hommage au musée, principalement par le biais de ceux par qui vit l'art : les visiteurs, qu'ils soient esthètes ou amateurs.

Une réussite ! 

 

Présentation de l'éditeur : Futuropolis  ; Editions du Louvre 

D'autres avis : Mo ; Leiloona, Jérôme  France inter 

Du même auteur  Manabéshima Petites coupures à Shioguni 

Sur le même sujet :  Le chien qui louche ; La traversée du Louvre , Les gardiens du Louvre

Blog de l'auteurhttp://florentchavouet.blogspot.fr/

 

L'île Louvre, Florent Chavouet, Futuropolis, novembre 2015, 96 p., 20 euros

 

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Va'a, Une saison aux Tuamotu de Benjamin FLAO et TROUBS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Le mythe de la Vahiné a vécu. Personne n'est épargné. Heureusement le temps n'a pas de prise sur la poésie, et tant qu'il y aura des tiarés aux arbres, les filles des îles continueront à les piquer dans leurs beaux cheveux noirs."

L'archipel des Tuamotu est un ensemble de 78 îles ou atolls situés en plein coeur de l'Océan Pacifique, à l'est de Tahiti. En 2014, Julien Girardot et Ato Lissant se mettent en tête de réaliser un rêve commun : celui du retour de la pirogue à voile, la Va'a Motu (littéralement "pirogue des îles"), dans la vie quotidienne des Paumotu. Depuis un demi siècle ces embarcations ont en effet disparu au profit du moteur et de l'essence. Benjamin et Troub's décident de suivre ce projet fou et de fabriquer eux aussi une pirogue à voile...

Les deux hommes partent alors à la rencontre des anciens autochtones, détenteurs du savoir ancestral des pirogues. Ces hommes emplis de sagesse leur racontent leur île et ses mutations. Car le monde a changé sur l'île depuis l'argent du nucléaire en 65, arrivé grâce à la manne financière du Programme Nucléaire Français. Des centaines de nouveaux emplois furent créés pour pouvoir effectuer une série d'essais militaires sur l'atoll de Mururoa entre 1966 et 1996. Les moeurs évoluent. Les gens partent, les enfants ne naissent plus sur l'île, maintenant les autochtones dépendent de Tahiti et ne parviennent plus à produire leurs propres ressources comme le faisaient leurs ancêtres. Malgré tout, la poésie infinie de ces espaces merveilleux perdure :

"Matariva ressemble à un luxueux radeau de sable, de corail et d'arbres. Tout bouge autour. Sans cesse. Tout semble vibrer à l'énergie du courant. Le soleil et l'eau allument des bleus impossibles, turquoise violent et émeraude aveuglants et tout bascule en un clin d'oeil. Le vent incessant nettoie tout. Peindre, manger, dormir, fumer, nettoyer la couteraie, pêhcer lorsqu'on a faim ou ne rien foutre pendant des heures. Comme ce clebs vautré sur le sable. Heureux de son sort. Fermer son clapet comme une vache, un arbre ou un caillou. Passent les jours. Ce soir nous partons aux langoustes. "

Les deux comparses se glissent dans le rythme de cette île millénaire, pêchant des langoustines, naviguant, et rendant un vibrant aux habitants de ces îles paradisiaques. Ils se laissent bercer par le vide du temps qui passe, par les vagues et le vent qui chantent, tendent l'oreille à la parole des anciens, admirent les formes des nuages, et regardent tomber les noix de coco...

A leur manière, dans cet album magnifique, ils rendent hommage à un peuple qui s'éteint doucement, attiré par les sirènes de la civilisation...

 

Présentation de l'éditeur : Futuropolis 

Vous aimerez aussi : Le site de Julien Girardot,

 

Va'a, une saison aux Tuamotu, Troub's et Flao, Futuropolis, 2014, 160 p., 22 euros

 

Ma bd du mercredi chez Noukette 

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Les équinoxes de Cyril PEDROSA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Mais peut-être que c'est pas si mal, tous ces doutes.

- Comment ça ?

- Ben, tu vois... ça crée un déséquilibre... mais qui met en mouvement."

Pendant les équinoxes, la durée du jour égale celle de la nuit, comme si le monde trouvait alors l'équilibre parfait entre l'ombre et la lumière. Un équilibre fugitif, semblable à l'enjeu de nos destinées humaines, sans cesse malmenées. Tel le metteur en scène d'une symphonie humaine, Cyril Pedrosa meut ses êtres à l'équilibre instable et les suit à la trace durant les quatre saisons. 

Qu'il s'agisse de Vincent, de son frère Damien, de sa fille Pauline, de Catherine et de Louis, de Camille, Edith, Antoine, tous ces personnages forment un faisceau de lumière qui éclaire la complexité de la nature humaine. Ils se frôlent, s'interrogent sur l'image qu'ils renvoient aux autres et qui correspond rarement à celle de notre être profond, essaient maladroitement de communiquer, avancent à tâtons dans une vie trop grande pour eux, en cherchant, désespérément, un sens, parce que "Ce serait tellement réconfortant si cela avait un sens."

Leur mélancolie est prégnante, tant leur solitude se répercute dans chaque fibre de leur être. 

"Pourquoi ne peut-on pas retenir cela ? Pourquoi faut-il porter sa vie avec soi comme un spectacle éphémère et invisible aux autres ?"

Malgré tout, certains essaient de laisser une trace et continuent de partager, contre vents et marées : 

"Photographier pour essayer de saisir cette petite part de vérité humaine, singulière et qui pourtant nous anime tous. L'attraper avec précision et prudence.Tout doucement, du bout des doigts. La monter. Lui donner l'importance qui est la sienne. celle d'un atome dérisoire mais nécessaire parmi l'infini des particules en mouvement. Toutes indispensables les unes aux autres."

Parce que l'art reste cette lumière capable d'allumer les âmes et de maîtriser des destinées humaines soumises à une fatalité désespérante...

 

Présentation de l'éditeur : Dupuis 

D'autres avis : Télérama . L'express

Mo ; Saxaoul ; Jérôme

 

Les équinoxes, Cyril Pedrosa, Dupuis, 336 p., 35 euros

 

C'était ma Bd dde la semaine accueillie cette semaine par Noukette

 

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Touriste de Julien BLANC-GRAS et Mademoiselle CAROLINE

Publié le par Hélène

Lors d'un salon littéraire, Julien Blanc-Gras rencontre Mademoiselle Caroline et en s'échangeant leurs livres, ils décident de travailler ensemble en adaptant le roman de Julien, Touriste édité en 2011 au Diable Vauvert. 

"Certains veulent faire de leur vie une oeuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit. Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d'être futile. De s'adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire. Le touriste inspire le dédain, j'en suis bien conscient. Ce serait un être mou, au dilettantisme disgracieux. C'est un cliché qui résulte d'une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu'un."

Commence alors un voyage à travers le monde, quelques planches présentant un pays, puis rapidement -trop- passant dans un autre pays ou un autre continent. Pas d'approfondissement, peu de relations sociales dignes de ce nom, juste une vérification des clichés -comme dans le Pourquoi Tokyo dont je parlais récemment. Dans ce patchwork de ses différents voyages, assez réducteur, on passe de la Colombie à l'Inde, du désert salvateur au bush du Mozambique, du comique des karaokés de Chine au tragique de Madagascar... Même quand Julien revient à Paris, les clichés ne sont pas bien loin : grisaille, embouteillages, routine aliénante...

Les dessins aux tons colorés - beaucoup moins réussis que celui de la couverture qui m'attirée - ont tendance à simplifier les scènes avec ces tons criards, peu poétiques et peu adaptés finalement pour faire rêver le potentiel touriste que nous sommes.

L'ensemble est finalement à mes yeux assez plat, sans  relief ou angle d'attaque particulier qui aurait apporté un intérêt quelconque aux pérégrinations d'un touriste ordinaire.

 

Présentation de l'éditeur : Delcourt 

D'autres avisFrance Inter  ; Page des libraires 

Interview de Mandor ​

Du même auteur : Paradis avec liquidation 

 

Touriste, Julien Blanc-Gras et Mademoiselle Caroline, Delcourt, mars 2015, 23.95 euros

 

Lu dans le cadre de la BD du mercredi accueillie aujourd'hui par Stephie

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Biguden de Stan SILAS

Publié le par Hélène

♥ 

Voyage au pays des korrigans et des fées

Goulwen vit en Bretagne au bord de la mer avec sa maman célibataire et sa grand-mère qui croit encore aux vieilles légendes des bigoudennes. Un beau matin, Goulwen fait une découverte surpenante sur la plage : dans un bateau échoué il tombe nez à nez avec une petite japonaise. Elle est recueillie par la famille de Goulwen mais reste à savoir si mémé acceptera cette petite fille étrange d'une culture radicalement différente ?

Cependant la petite a un don inestimable aux yeux de la grand-mère : elle voit les korrigans, créatures légendaires bretonnes, qui peuvent être à la fois bienveillants et malveillants selon les cas. Peut-être pourra-t-elle alors reprendre le flambeau des bigoudènes et combattre l'Ankou à leurs côtés ... 

Les créatures du folklore breton n'ont qu'à bien se tenir face aux techniques de ninja de la jeune Biguden, un être pétillant de vie profondément attachant. La culture des mangas japonaise s'entremêle savamment à celle des bigoudennes bretonnes teintée de fantastique, prouvant que le choc des cultures peut habilement être surmonté... 

Biguden de Stan SILAS
Biguden de Stan SILAS

La mémé trouve en effet une oreille attentive en Biguden et l'initie avec plaisir à la force des légendes perpétrées par les récits des anciens, légendes peuplées de créatures magiques comme les korrigans, les licornes, les fées morgane...

Stan Silas nous offre ici une BD détonnante dans tous les sens du terme, évoquant avec humour et décalage des sujets plus graves comme la transmission, le handicap et la différence ... 

 

Lu dans le cadre de la Bd de la semaine accueillie par  Stephie

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Les poilus tome 1. Frisent le burn-out de Guillaume BOUZARD

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"Un rire de résistance, un rire de la paix au milieu de la guerre qui trouve un écho, 100 ans plus tard, dans notre monde au bord du chaos. Un rire salutaire pour prouver que, même au cœur de l'enfer, le rire peut nous sauver car il sera toujours le propre de l'homme..." (présentation de l'éditeur)

1916. La fleur au fusil, les hommes se sont mobilisés, et sont partis au front, persuadés que cette guerre ne durerait guère. Et pourtant... Ils s'enlisent dans cette guerre des tranchées comme dans la boue qui les entoure, englués dans des combats qui n'en finissent pas. 

Le soldats de Bouzard ne sont pas très futés, aussi absurdes finalement que cette guerre confuse. Ils se trompent de camp, ils en profitent pour chercher le célèbre trésor des templiers, ils tirent sur ceux de leur propre camp parce que les tranchées ont été dessinées par un architecte novateur qui a voulu tenter les circonvolutions "pour que ce soit moins monotone soi-disant", ils prennent les fours à pain pour des châteaux en ruine à conquérir... 

Mais derrière ce quotidien délirant, se cachent aussi les réalités bien plus dures : les repas frugaux avec comme unique plat de résistance les rats qui trainaient par là, et puis surtout la réalité de la mort, les copains qui disparaissent les uns après les autres quand ils ne deviennent pas fous. Les tons bruns et ocres des dessins sont là pour rappeler la boue dans laquelle s'englue cette guerre, cette boue qui colle et enserre peu à peu les hommes dans une logique meurtrière...

Avec humour et décalage, Guillaume Bouzard nous rappelle que l'ennemi est un homme comme les autres, un homme avec qui on a plaisir à partager une partie de foot pendant le trêve de Noël, un ennemi qu'on reconnait juste à son casque et à sa langue. Ces poilus à l'humour dévastateur sont terriblement humains et attachants...

Présentation de l'éditeur : Fluide Glacial 

D'autres avis : Découvert chez Jérôme France Inter 

 

Les poilus, tome 1. Les poilus frisent le burn-out de Guillaume Bouzard, Fluide glacial, février 2016, 10.95 euros

 

La bd du mercredi est aujourd'hui accueillie par Jacques 

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Impostures de Romain DUTREIX

Publié le par Hélène

♥ 

"Pourquoi s'embêter à acheter des dizaines d'albums pour avoir (presque) tout le meilleur de la bande-dessinée franco-belge, quand il suffit d'en acheter un seul, celui que vous tenez entre les mains ? C'est dans ce souci d'économie et de pragmatisme que j'ai réuni pour vous les personnages les plus emblématiques de cet art mineur et populaire dans un seul ouvrage pratique, ludique et à la portée de toutes les bourses.Romain Dutreix

Ainsi, Romain Dutreix pratique le détournement de personnages célèbres de BD avec talent. Spirou et Fantasio se retrouvent aux prises avec un dessinateur qui part en vacances remplacé par le fils de la concierge, dessinateur digne des meilleurs élèves de maternelle, puis avec un dessinateur en dépression, qui décide ensuite de s'adapter au marché  et propose même d'élargir son lectorat aux gays... Dur dur la vie de héros de papier...

Le schtrompf quant à lui est marié à une Brigit lassé du vocabulaire limité du petit gnome. Malgré une thérapie conjugale, le décalage de langage entre eux deux est trop prégnant, le divorce couve...Titeuf et ses blagues voyagent et s'adaptent à d'autres pays : le jeune hpomme devient obèse aux Etats Unis, prostitué en Thaïlande, lépreux en Inde... Ce bon vieux Lucky Luke est enfermé chez les fous à cause de ses ennemis implacables les Dalton, Astérix et Obélix devenus cannibales s'épanouissent en Amazonie.

Avec un humour déjanté, assez trash, l'auteur offre un panorama décalé de l'univers de la bande dessinée. Graphiquement le changement de style à chaque histoire est également intéressant. Toutefois, pour apprécier tout le sel de cette adaptation très libre des classiques, il est préférable de bien connaître en amont ces indispensables de la BD..

 

Présentation de l'éditeur : Fluide Glacial

D'autres avis : Babelio

 

Impostures, Romain Dutreix, Fluide glacial, 14 euros

 

Bd de la semaine chez Noukette

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